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jeudi 11 décembre 2014

UMP: l'équipe Sarkozy

L'essentiel du nouvel organigramme du parti a été constitué cette semaine

Nicolas Sarkozy réalise la quadrature du cercle familial 
"C'est une semaine réussie pour l'UMP. Ça n'arrive pas si souvent que ça", sourit Eric Woerth. Le député de l'Oise et ancien ministre est plutôt satisfait de la façon dont Nicolas Sarkozy a arbitré les équilibres internes et bouclé l'essentiel du nouvel organigramme du parti. Bien qu'il ait été largement élu à la tête du parti, l'ancien chef de l'Etat avait une tâche compliquée : composer une équipe sur laquelle il ait suffisamment de prise, tout en ménageant les sensibilités. L'organigramme qu'il a sorti du four présente une belle pâte dorée de sarkozystes en support d'une garniture des fruits divers du jardin UMP.
Les fidèles de l'ancien chef de l'Etat occupent les places que leur attribue un scrutin incontestable et incontesté, avec en partage les postes les plus opérationnels du parti. Frédéric Péchenard, le "grand flic" qui était son directeur de campagne, sera directeur général de l'UMP nouvelle version. Le député Daniel Fasquelle devient le trésorier du parti, poste très exposé depuis l'affaire Bygmalion. Quant à Christian Estrosi, il présidera la commission nationale des investitures.

Un tandem improbable


Aux deux postes les plus en vue, Nicolas Sarkozy a placé un tandem très antagoniste. Après de longues négociations, Nathalie Kosciusko-Morizet a finalement été nommée vice-présidente déléguée et "numéro 2 du parti". Elle sera également chargée de la refonte des statuts, des relations avec les autres partis et de la stratégie électorale. Autant de lots de consolation pour n'avoir pas obtenu le poste stratégique de secrétaire général, qui échoit à Laurent Wauquiez. Toute la question est de savoir si les deux rivaux, qui s'étaient ralliés à Sarkozy pour la présidence de l'UMP, sauront cohabiter sans casser la vaisselle. 

Une savoir-faire politique salué
"Nicolas Sarkozy n'a pas été ingrat : les gens qui l'ont soutenu sont récompensés", commente le député Julien Aubert, qui soutenait Bruno Le Maire (ci-contre). "Et en même temps, il a pris soin d'externaliser le sujet de la primaire". Le patron de l'UMP a en effet confié à un proche de Le Maire, le député Thierry Solère, la présidence d'un "groupe de réflexion sur l'organisation des primaires". Un groupe auquel participeront notamment Edouard Philippe, fidèle d'Alain Juppé, ou Bernard Accoyer, soutien de François Fillon. Les prétendants à l'investiture présidentielle sont donc théoriquement servis.

Vendredi, Nicolas Sarkozy a aussi nommé quatre secrétaires généraux adjoints, là aussi en ménageant les clans. Le député Edouard Courtial, copéiste rallié à Nicolas Sarkozy, sera en charge de la formation. Le porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, Gérald Darmanin, soutien de Xavier Bertrand pour la primaire, s'occupera des élections. Et deux fillonistes, le député Eric Ciotti et la sénatrice Sophie Primas seront respectivement en charge des fédérations et des adhésions.


Contraint aux équilibres instables, Nicolas Sarkozy s'expose à la déstabilisation. "C'est un point faible de l'organisation", souligne un député UMP. "Par exemple, sur le sujet des élections régionales, plusieurs personnes de sensibilités différentes sont susceptibles d'intervenir: Pécresse, parce qu'elle est en charge de leur coordination, Estrosi, parce qu'il préside la commission des investitures, Wauquiez, parce qu'il est secrétaire général, NKM, parce qu'elle est en charge de la stratégie électorale…" L'UMP entre dans une phase de débats permanents qu'elle aura probablement à coeur de mener en interne, plutôt que sur la place publique.

Sarkozy travaille à l'apaisement 

Mais les amateurs de scènes de ménage prévoient de la vaisselle cassée. Ils se refusent à admettre que Sarkozy a réalisé un plan de table aussi improbable que réussi, puisque les invités ont accepté les invitations.  "L'organigramme, c'est du pipeau. Sarkozy prendra toutes les décisions seul", assure un cadre influent, mais anonyme, si toutefois le secret des sources n'en fait pas une création de journaliste. Des commentateurs envisagent même que les participants puissent mettre les coudes sur la table. Un pronostic qui rejoint celui d'un sarkozyste cité par Le Point : "il va les enfermer dans la  réunionite, les noyer dans des machins auxquels il ne participera pas lui-même, bref, il va les occuper avec des trucs inintéressants".

La presse malveillante fait déjà une rechute dans les a priori
Sarkozy, le retour de l'hyper-président ? "Contrairement à l'élection de 2012, ce n'est pas un 'ticket' qui a été élu, mais une seule personne, qui dispose donc seul de la légitimité", souligne Eric Woerth. "Il y a un chef élu, il va cheffer", résume Julien Aubert. 
Nul doute en effet que les candidats déclarés à la présidentielle, Alain Juppé, François Fillon et Xavier Bertrand, se mordent déjà les doigts de ne pas être passé par la case départ.

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