POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Ce blog est actuellement soumis à des difficultés "techniques" inédites en dix ans:
elles laissent augurer sa disparition prochaine,
"à l'insu de son plein gré"...

Accessoirement, grâce à la complicité active de quelques fidèles, je constate que
tous les articles comportant le mot 'Macron' en titre sont bloqués au compteur !

vendredi 9 janvier 2015

Charlie hebdo et Politis, fauteurs de troubles ?

Et revoilà Val de Fontenelle!

Copié-collé de blogs.lexpress.fr du 27 octobre 2008
par Eric Mettout (rédacteur en chef de lexpress.fr)

autoff9243-04a69.png
Il est gentil, Fontenelle. Prévisible, discutable, mais gentil. 
Par exemple, il assassine L’Express, une fois de plus, dans son dernier billet de chez Bakchich, notre confrère mais néanmoins concurrent. 
Il aime bien, Fontenelle, assassiner L’Express (et là, aussi).
La dernière fois, c’est parce qu’on avait osé écrire qu’entre l’islam et le terrorisme, il y a quelques passerelles. Ca lui avait pas plus, à Fontenelle, et il nous avait bien sûr taxés d’islamophobes. L’adjectif assaisonnait l’inévitable "pensée dominante", qui est aux idéologues alters ce que le "politiquement correct" est aux think tanks conservateurs. C’est creux pareil et ça comble les trous avec du vide quand on n’a rien à dire.
plantu2977.jpg
Je disais donc: Fontenelle est gentil. La preuve, il commence son dernier petit meurtre en rappelant opportunément (mais, rassurez-vous, sans revenir ensuite à ce qu’on pourrait considérer comme une position équilibrée et, allez, j’ose le mot, honnête) qu’à l’époque de l’incommensurable affaire Siné, Plantu avait pris parti, assez brutalement, pour le viré contre le vireur (même position que la sienne à Fontenelle).
Val en nervis néo-nazi, ça avait d’ailleurs fait déborder jusque dans les couloirs de L’Express ce raz-de-marée dans un verre de morgon mojito qui a sévi pendant des semaines dans toutes les bonnes rédactions parisiennes, la nôtre compris.
Et puis Fontenelle continue, et là, c’est tout de suite moins chaleureux.
Je vous passe les détails, mais Fontenelle, qui frise l’élégance en refusant de fourrer son nez dans le "caca de Val" ou en l’accusant de se "tripoter la nouille", accuse en gros le patron de Charlie de mettre tous les antisionistes, les anticolonialistes, les anars et une partie de l’extrême gauche dans le même panier de crabes (crabe, je veux dire cancer) antisémite.
Ca se discute, naturellement. Et sur le site, le nôtre, ça s’est discuté tout le week-end, en des termes le plus souvent injurieux (et modérés a posteriori) entre ultras sionistes et ultras antisionistes, mais parfois aussi structurés et recevables. C’est vrai qu’une partie de l’extrême-gauche française s’est mobilisée pour Dreyfus, que les FTP-MOI étaient d’une gauche plutôt musclée, qu’en 68, les manifestants libertaires chantaient en choeur qu’ils étaient tous des juifs-allemands [suivez mon regard jusqu'au "Je suis Charlie" arboré par les Français vertueux sans références], que tout le monde n’a pas la même conception du sionisme et de l’antisionisme…
Passons, je ne veux pas entrer dans ce débat-là, je n’ai pas les compétences historiques nécessaires et en plus pas envie.
En revanche, là où Fontenelle me gonfle, et ceux qui, comme de bons petits soldats, sont venus relayer son discours sur le site, c’est quand il nous interdit, grosso modo, d’interviewer qui on veut et comme on veut.
philippe-val_366.jpg
Selon Fontenelle, l’entretien avec Val est "promotionnel". Ah ouais? Ca veut dire quoi, une interview promotionnelle, Fontenelle? Qu’on n’a pas photographié Val avec ses cornes et sa queue fourchue?
Ou plutôt, ce serait quoi une "bonne" interview? Un réquisitoire à charge, une opposition permanente, un affrontement viril entre deux voix contradictoires? Et un bon intervieweur? Un procureur, un adversaire, un porte-flingues? Ca, Fontenelle, ça ne s’appelle plus un entretien, ça s’appelle un débat – on en fait à L’Express, mais sous appellation contrôlée.
La brillante et pertinente intervention de Fontenelle ressemble comme un reflet inversé à certains commentaires, ou plutôt à un nombre certain de commentaires dégringolés sur le site après que L’Express avait interviewé Rouillan. En substance, ils reprochaient au journal
1. d’avoir donné la parole
, "sans être jamais contredit" comme aurait pu l’écrire Fontenelle, à l’ancien terroriste d’Action Directe. 
2. de l’avoir piégé et renvoyé en prison.
A quoi j’ai envie de répondre que, comme le disai[en]t Lao Tseu ou Desproges, je me souviens plus, le sage montre le doigt, l’imbécile regarde la lune – je sais, c’est un truisme, mais qui me va bien, pour le coup.
rouillan.jpg
Rouillan n’est pas un ange, mais si les journaux ne devaient rencontrer que [que] des anges, vous n’auriez plus grand chose à lire. Et s’il a répondu à notre journaliste (qui s’est très bien défendu tout seul, d’ailleurs, contre un tacle par derrière venu de chez Libé), c’est en toute connaissance de cause, comme le grand garçon qu’il est. Que ses réponses (et non nos questions) aient conduit son JAP à revenir sur son aménagement de peine, on n’a pas de raisons d’en être fiers, et pas plus d’en être honteux.
Pour finir, deux remarques exaspérantes de Fontenelle, sur l’UMP et le Figaro: sous sa plume, ces deux noms-là sentent la merde (comme, grosso modo, tout ce qui ne prend pas Chavez comme modèle diplomatico-politico-économique de l’avenir qui progresse). Ca dit tout du sens démocratique du bonhomme, qui s’indigne quand on rappelle que le terrorisme islamique se nourrit du coran, mais qui crache son mépris sur un parti politique et un journal (deux, si on y ajoute L’Express), pour l’unique raison qu’il ne partage pas leurs idées. Pour une certaine gauche, être de droite est abject – comme pour une certaine droite, être de gauche est infamant. Et la tolérance, bordel?
Evidemment, Fontenelle n’a toujours pas libéré ses commentaires.
PS, qui n’a rien à voir, quoique: Yves Yann (bien sûr…) de l’Ecotais (l’Européen, ça n’aurait pas plu[s] à Fontenelle) est mort ce week-end. Je suis entré à L’Express trop tard pour bosser avec lui, mais il y a un vrai respect et une vraie émotion chez ceux qui ont eu cette chance – qu’on sent aussi dans les commentaires sur l’hommage de Barbier. Les anciens patrons de rédaction n’y ont pas toujours droit.

La présentation est de PaSiDupes, y compris quelques corrections de fautes de frappe ou d'étourderie comme nous en faisons tous et surtout dans les billets d'humeur).

Fusillade à la Porte de Vincennes: le tireur est retranché dans une épicerie casher

Les milieux musulmans donnent du fil à retordre à Hollande et Valls

"L'homme qui a ouvert le feu, jeudi à Montrouge, est soupçonné d'être impliqué dans une nouvelle fusillade" 

Ce texte tordu du journal Le Monde en dit long sur les ambiguïtés de la gauche. 
L' "homme" qui est retranché dans une supérette casher au 23, avenue de la porte de Vincennes (12e) a ouvert le feu vendredi  vers 13 heures, selon la préfecture de Paris.
Le "déséquilibré" a été identifié comme étant Amedy Coulibaly, né en 1982. La police, pense qu'il s'agit de l'homme qui a abattu une policière, jeudi à Montrouge, au sud de Paris. Un appel à témoin a été lancé pour cet homme considéré comme "dangereux" et pour sa compagne, une femme prénommée Hayat Boumeddiene. 

Selon un témoin présent dans une boutique voisine, deux hommes armés ont pénétré dans cette supérette casher et des coups de feu ont été échangés. Selon ce témoin, l'un des deux suspects se serait rendu et aurait été interpellé par la police rapidement arrivée sur les lieux.

Le terroriste présumé était porteur d'un gilet pare-balles, d'une arme de poing et d'un fusil-mitrailleur au moment des faits. Il s'est enfui à bord d'une Clio qui a été retrouvée à Arcueil (Val-de-Marne) et sa trace a été perdue "dans le quartier de la Défense". L'enquête pour assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique [la policière stagiaire de couleur assassinée au sol] en relation avec une entreprise terroriste a été confiée à la section antiterroriste du parquet de Paris."

Cet homme avait été condamné pour le projet d'évasion d'un autre djihadiste présumé, Smaïn Ait Ali Belkacem (sans lien avec la ministre Najat Vallaud-Belkacem), en 2010, un dossier dans lequel Chérif Kouachi avait été mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu
Smaïn Ait Ali Belkacem a été condamné en novembre 2002 à une peine de prison à perpétuité pour sa participation à l'attentat de la station RER Musée d'Orsay, en octobre 1995.

A cette époque, Coulibaly (ci-contre, jeune) avait pour habitude de rendre visite toutes les trois semaines à Djamel Beghal dans le Cantal, auprès duquel il cherchait des conseils "d'ordre religieux". D'après cette source policière, Amedy Coulibaly affirmait à l'époque : "J'essaie d'avancer avec la religion, mais je vais doucement." S'il disait "pratiquer le minimum obligatoire comme la prière et le ramadan", les investigations ont montré qu'il était déjà dans la radicalité.

La probabilité d'une prise d'otages est grande, malgré le filtrage de l'information. On ignore actuellement si des personnes ont été blessées dans la fusillade.
Il y aurait un blessé, selon une source policière.

La police parisienne a la quasi-certitude qu'il s'agit de l'homme qui a tué une policière à Montrouge

L'individu est identifié comme un proche des frères Kouachi, eux-mêmes actuellement retranchés dans une petite entreprise de Dammartin-en-Goële, en Seine-et-Marne. La préfecture de police suspecte fortement qu'il s'agit du tireur de Montrouge et, avant midi,  le lien était formellement établi entre le suspect de Vincennes et l'attentat de Charlie Hebdo dans lequel 12 personnes ont trouvé la mort mercredi.  Des sources proches de l'enquête affirment que le principal suspect dans l'attaque de Montrouge est un proche des frères Kouachi. Il est connu des services de lutte antiterroriste. Des interpellations ont eu lieu dans son entourage très proche.

Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête en flagrance "sur les événements " survenus, a annoncé le Parquet sans donner plus de détails sur les faits. L'enquête a été confiée à la section antiterroriste (SAT) de la PJ parisienne, à la sous-direction antiterroriste de la PJ et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

La police a fermé toute la zone de la porte de Vincennes.
Le trafic était partiellement interrompu sur les lignes 3 (A et B) du tramway, entre les arrêts Porte de Charenton et Porte de Vincennes, et entre les arrêts Porte de Bagnolet et porte de Vincennes, "en raison de mesure de sécurité", a annoncé la RATP. Le périphérique intérieur et extérieur était coupé au niveau de la porte de Vincennes.
Le rectorat de Paris a annoncé que les élèves étaient confinés dans les établissements aux alentours.
Fusillade de Montrouge :
la police lance un appel à témoins sur une femme et un homme "dangereux"
La police a lancé vendredi après-midi un appel à témoins dans le cadre de l'assassinat d'une policière à Montrouge (Hauts-de-Seine) jeudi. Il s'agit d'un homme, Amedy Coulibaly, 32 ans, suspecté d'être le tireur et de sa compagne, Hayat Boumeddiene, 26 ans.
Ils seraient également impliqués dans une fusillade qui a eu lieu porte de Vincennes, vendredi midi. ("Le Monde")

.

"Il n'y a pas lieu de s'apitoyer sur les journalistes (...)", selon Rokhaya Diallo

Manifeste de 2011 après les caricatures de Mahomet et l'incendie de CharlieHebdo

La Liberté D’Expression N’Est Pas À Défendre : Elle Est À Conquérir



Sébastien Fontenelle avait publié ce texte le 5 novembre 2011 dans Politis
(Le collectif signataire de ce texte est composé de Saïd Bouamama, Youssef Boussoumah (PIR et militant de la cause palestinienne), Houria Bouteldja (appointée par l'Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, et pourtant auteure de l' "ouvrage" ci-contre), Henri Braun, Abdelaziz Chaambi, Ismahane Chouder, Olivier Cyran, Christine Delphy, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo, Sébastien Fontenelle, Nawel Gafsia, Laurent Lévy, Hassina Mechaï, Ndella Paye, Faysal Riad, Arielle Saint Lazare, Karim Tbaili, Pierre Tevanian, Sylvie Tissot, et Najate Zouggari.)



Sont-ils les invités de Julien Dray et défileront-ils dimanche?

Parce que la liberté d’expression est pour nous un principe précieux, nous refusons catégoriquement
l’instrumentalisation bouffonne et intéressée qui en est actuellement faite par le couple Guéant-Charb, par la classe politique et par les grands médias.

Nous affirmons :


• qu’un cocktail molotov lancé la nuit dans des locaux vides et n’occasionnant que
des dégâts matériels ne mérite pas une mobilisation médiatique et politique supérieure à celle, pour le moins discrète, qu’occasionne l’incendie ou la mise à sac d’une mosquée ou d’un cimetière musulman.


• que la disproportion entre les unes alarmistes sur l’incendie de Charlie Hebdo et les brèves de dix lignes sur les saccages de lieux de culte musulmans entretient une vision du monde raciste : si un saccage est plus grave qu’un autre, c’est que les biens des uns sont plus précieux que les biens des autres, et c’est en définitive que les uns valent plus que les autres.


• que le climat d’état d’urgence et d’union sacrée qui s’instaure aujourd’hui autour de Charlie Hebdo est d’autant plus odieux qu’il tombe au même moment qu’un silence et une indifférence quasi générale face à un autre incendie, lui aussi parisien, lui aussi d’origine criminelle, à ceci près qu’il visait un bâtiment occupé par des Roms et qu’il a entraîné une mort d’homme : Ion Salagean.

• que Charlie Hebdo, en acceptant la visite intéressée de Claude Guéant, qui incrimine avec empressement des « extrémistes musulmans », en l’absence du moindre élément de preuve, participe, comme il l’a déjà fait dans le passé en publiant des articles ou des dessins antimusulmans, à la confusion générale, à la sarkozisation et à la lepénisation des esprits.

• qu’il n’y a pas lieu de s’apitoyer sur les journalistes de Charlie Hebdo, que les dégâts matériels seront pris en charge par leur assurance, que le buzz médiatique et l’islamophobie ambiante assureront certainement à l’hebdomadaire, au moins ponctuellement, des ventes décuplées, comme cela s’était produit à l’occasion de la première « affaire des caricatures » - bref : que ce fameux cocktail molotov risque plutôt de relancer pour un tour un hebdomadaire qui, ces derniers mois, s’enlisait en silence dans la mévente et les difficultés financières.

• que, contrairement à ce qui dit et se répète jusqu’à la nausée à la faveur de ce nouveau buzz antimusulman, la liberté de critiquer l’islam est tout sauf menacée, et que toute personne dotée d’un minimum de bon sens peut même constater, en inspectant semaine après semaine la devanture de son kiosque ou les programmes de télévision, que concernant l’islam, non seulement la critique mais aussi la caricature et l’injure prospèrent en toute tranquillité et en toute bonhomie depuis au moins une décennie.

• qu’en revanche, il est une liberté d’expression qui est bel et bien menacée, et même plus d’une : celle pour commencer des femmes qui voudraient s’habiller comme bon leur semble, sans qu’un État national-laïque [laïc] leur impose par la loi un dress-code de bonne musulmane cheveux aux vents ; celle de ces mêmes femmes lorsqu’elles voudraient faire entendre leur ras-le-bol des regards, injures et discriminations qu’elles subissent quotidiennement au motif qu’elles portent un foulard ; celle des sans-papiers qui aimeraient avoir la parole et informer le public sur la réalité de leurs conditions de vie ; celle des SDF, des chômeurs, des précaires, qui sont les perpétuels recalés de l’espace public officiel - cet espace de « libre expression » qu’il s’agirait aujourd’hui de défendre, main dans la main avec Charb, Luz, Riss et leurs supporteurs [Claude Guéant, Ivan Rioufol et Marine Le Pen].

• que les leçons de tolérance adressées par l’élite blanche aux musulmans, présumés coupables de l’incendie, sont pour le moins malvenues puisque, contrairement à ce qui se dit et se répète, le délit de blasphème existe en France : depuis les lois Sarkozy de 2003, de très lourdes amendes et peines de prison sont prévues contre toute "offense au drapeau ou à l’hymne national".

• que la liberté d’expression consiste à donner la parole aussi à la masse de celles et ceux, musulmans ou pas, qui n’éprouvent absolument aucune sympathie pour Charlie Hebdo, y compris « dans ce moment difficile », à toutes celles et ceux qui n’ont, depuis des années, aucun espace dans les grands médias pour dire leur écoeurement face à la nouvelle marque de fabrique de cet hebdomadaire : un anticléricalisme primaire doublé d’une obsession islamophobe.

• que, pour commencer, la liberté d’expression consisterait, pour que les amis de Charlie Hebdo retrouvent une once d’honneur, à donner abondamment la parole aux proches de Ion Salagean, à ses amis résidents du 163 rue des Pyrénées, et plus largement aux Roms qui subissent depuis de nombreux mois, et depuis bien plus longtemps en fait, le plus brutal et le plus assumé des racismes d’État.

P.-S. 
Saïd Bouamama est sociologue et militant antiraciste ; Youssef Boussoumah et Houria Bouteldja (sa compagne franco-algérienne) sont membres du Parti des Indigènes de la République ; Abdelaziz Chaambi est porte parole du Collectif contre le racisme et l’islamophobie ; Ismahane Chouder et Ndella Paye sont membres du Collectif des Féministes Pour l’Egalité, de Mamans Toutes égales et de Participation et Spiritualité musulmanes ; Christine Delphy est sociologue et militante féministe ; Olivier Cyran, Thomas Deltombe, Rokhaya Diallo (photo ci-dessus: suggestion que Marianne devrait être blanche...), Sébastien Fontenelle et Hassina Mechaï sont journalistes ; Henri Braun et Nawel Gafsia sont avocats ; Sylvie Tissot est sociologue et militante féministe ; Arielle Saint Lazare est militante féministe ; Laurent Lévy, Faysal Riad, Karim Tbaili, Pierre Tevanian et Najate Zouggari sont militants antiracistes.

Julien Dray (SOS Racisme): "Le Front National n'a pas sa place dans la manifestation" de solidarité avec Charlie hebdo

"Unité nationale"? Le socialiste ostracise 25% des Français électeurs du FN aux Européennes

Dray, combien de compagnies? 14% des suffrages exprimés

"Une vaste escroquerie politicienne" (Marine Le Pen)
"Une marche républicaine et silencieuse" aura lieu dimanche, à l'appel de l'ensemble des partis de gauche et de droite -sauf le FN-de syndicats (CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC, Unsa, FSU) et d'associations de défense des droits de homme (LDH, Licra, Mrap, SOS Racisme). 
Cet appel, lancé jeudi soir, on ne sait d'où, est conforme à la position adoptée par les partis (PS, PCF, EELV, PG, PRC, PRG, MoDem, UDI, UMP) réunis plus tôt dans la journée à l'Assemblée nationale, où les élus du FN n'étaient pas conviés. Debout la France de Nicolas Dupont-Aignan participera aussi au rassemblement. 

Julien Dray fait l'unité par l'exclusion
"L’unité, c'est autour d'un certain nombre de valeurs", a opposé le conseiller régional d'Ile-de-France, face à Arlette Chabot, Catherine Nay et Olivier Duhamel dans "Le Club de la Presse" d'Europe 1 pour parler de l'attentat contre les auteurs de caricatures de Mahomet à Charlie Hebdo et de la manifestation en hommage aux victimes du journal assassinées par les frères Kouach.

Insinuation sectaire de J. Dray: "c'est sur les replis communautaristes que se développe le fléau du terrorisme et du djihadisme."


Qui sont les organisateurs anonymes de la marche ?

Julien Dray déplore que ce ne soit pas les associations qui aient initié la démonstration d'"unité nationale".
Dray, co-fondateur du SOS Racisme, a choisi ce moment de rassemblement national pour recommander de stigmatiser les "stigmatiseurs". Il faut, selon lui, combattre tous les communautarismes et intégrer tous les musulmans, intégristes et modérés, mais exclure certains Français considérés comme "les loups au milieu des brebis", se défend J. Dray. 
Pour (tenter de) suivre le raisonnement de ce socialiste proche du président Hollande et qui dit avoir lutté 30 ans de sa vie contre le racisme, l'antisémitisme et plus généralement contre toutes les formes de discrimination, faut-il exclure le FN de la marche de dimanche, ainsi que du paysage politique français, en l'interdisant purement et simplement ?
A cette "marche républicaine", cette flèche socialiste de l' "arc républicaininclut en revanche les révolutionnaires trotskistes du NPA ou les anarcho-syndicalistes de la CNT et les totalitaires communistes... 

Le socialiste Julien Dray propose une fois de plus l'unité de la haine.
Quant à la participation de François Hollande, elle était jeudi soir envisagée, mais "pas décidée", indiquait-on dans l'entourage du président de la République, une autre source précisant que le sujet est "en débat", mais non tranché.

L'opération politique de l'exécutif "divise les Français"

Peut-on rire de tout,
si c'est avec finesse ?...


Après François Fillon, le secrétaire général de l'UMP Laurent Wauquiez a affirmé que l'UMP est "unanime" pour s'opposer à l'exclusion du FN de la "marche républicaine".

De même, le président du MoDem, François Bayrou, a jugé que c'est "une mauvaise décision d'exclure qui que ce soit" de ce rassemblement  de solidarité avec les victimes de l'attentat contre Charlie Hebdo, dont est tenu à l'écart le Front national. "L'unité nationale, pour exister, doit se donner comme règle qu'on n'exclut personne", a déclaré le maire de Pau.

Or, paradoxalement, pour un proche de Martine Aubry, François Lamy, qui organise le rassemblement pour le PS, les choses sont formelles: "Il n'y a pas de place pour une formation politique qui depuis des années, divise les Français, stigmatise les concitoyens en fonction de leur origine ou de leur religion, ou ne se situe pas dans une démarche de rassemblement des Français."

Peu avant, un des porte-parole du PS, Olivier Faure, avait jugé qu'il ne fallait "exclure personne", avant de rétro-pédaler en précisant qu'il parlait des "citoyens appelés à manifester et en aucun cas du Front national qui ne peut compter sur nous pour lui donner un brevet républicain en l'invitant".

Valls essaie de ménager la chèvre et le chou
L'ex-trotskiste éternel et actuel Premier secrétaire coopté du PS, Jean-Christophe Cambadélis a tenté de désamorcer la polémique en déclarant jeudi soir sur BFMTV que "vient qui veut et qui se sent concerné", même si la marche est organisée par "les partis républicains". Et si Marine Le Pen se présentait dimanche? "Elle fait ce qu'elle veut. Ce n'est pas le centre de la situation française", a lancé le dirigeant socialiste. "Pas de polémique, pas de nouveaux débats", s'est-il agacé, "cette manifestation appartient à la France"... 

Le commentaire Manuel Valls, interrogé par RTL, a été ambigu: il ne peut "pas y avoir d'exclusion à l'unité nationale", a-t-il dit, soulignant que "l'unité nationale, c'est aussi [se rassembler] autour des valeurs. De valeurs profondément républicaines, de tolérance, de refus d'amalgames."

Le choc de l'unité de la République"
Interrogé en fin de journée, l'entourage du Premier ministre a entretenu l'hypocrisie, appelant à "ne pas céder aux penchants de la polémique politicienne. Chaque citoyen peut se rendre librement à la manifestation de dimanche afin de défendre des valeurs telles que la liberté, l'égalité, la tolérance, la lutte contre le racisme et l'antisémitisme".
Estampillé "républicain" par le PS et Julien Dray,  le totalitaire Jean-Luc Mélenchon, leader du Parti de gauche (PG), a indiqué qu'il ne reconnaît "pas d'autorité" au Premier ministre pour organiser cet événement, son parti, par la voix d'Eric Coquerel refusant par ailleurs la présence du FN au défilé.

Dernière Une de Charb:
provocation révolutionnaire?
La manifestation partira à 15h de la place de la République vers la place de la Nation, en passant par le boulevard Voltaire -un symbole puisqu'il croise le boulevard Richard Lenoir, à proximité des locaux de Charlie Hebdo (11e).

Outre les chefs de partis, dont vraisemblablement Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon (UMP) seront aussi dans le défilé parisien. 
Côté PS, on cite Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault.
Initialement prévue samedi, la manifestation, aura finalement lieu dimanche, afin de permettre la plus grande participation possible, et d'offrir à la police un délai un peu plus long pour se préparer.

jeudi 8 janvier 2015

Tuerie de Charlie hebdo: France-Télévisions avait donné la vedette à l'un des frères suspects

Quand Chérif Kouachi faisait déjà parler de lui il y a dix ans

Un reportage de Pièces à Convictions, diffusé en 2005, citait l'un des deux frères suspectés d'avoir participé à la tuerie de Charlie Hebdo

"Un avis, une référence, c'est ce que recherchait ce garçon, Chérif Kouachi", âgé de 22 ans lors d'un reportage de 2004 par l'émission de France 3, Pièces à conviction, diffusé en 2005. 
Ce magazine d'investigation, diffusé en seconde partie de soirée, fut produit et présenté par Elise Lucet d'octobre 2000 à août 2005. Cette journaliste -qui fut ensuite promue du 19/20 de France 3 au journal de 13 heures sur France 2- soutint durant toute leur captivité Hervé Ghesquière (journaliste sans escorte enlevé et détenu par des taliban à la fin de leur reportage pour le magazine Pièces à Conviction de France 3 en Afghanistan (29 décembre 2009-29 juin 2011), et recruté par France Télévisions en 2005) et Stéphane Taponier (journaliste de France 3 pareillement enlevé en Afghanistan et libéré). Au moment de leur capture, les deux journalistes préparaient un reportage en Afghanistan pour l'émission Pièces à Conviction dont Elise Lucet poursuivit la présentation sur France 3, cumulant sur deux chaînes différentes du service public de France Télévisions -pendant près de six ans, sous la présidence de Patrick de Carolis- jusqu'en juin 2011, alors qu'elle était passée sur France 2 en août 2005...

On découvre des images de l'un des deux frères suspectés d'avoir participé à la tuerie de Charlie Hebdo. Sur les images, qui ne sont pas sans rappeler les vidéos amateur de Mohammed Merah diffusées sur France 2, le documentaire présente un jeune de banlieue normal. Dans ce film d'une association, tourné en 2004, le jeune homme né en 1982, "a alors les rêves de beaucoup de jeunes de quartier. C'est un fan de rap, plus prêt à profiter de la vie et des jolies filles que d'aller à la mosquée", raconte la journaliste. 
En quelques mois, ce jeune normal va toutefois rapidement tomber dans l'Islam radical au contact d'un 'émir', Farid Benyettou, qui pilotait "la filière des Buttes-Chaumont". Ce réseau organisait l'envoi de djihadistes en Irak, au profit de la branche irakienne d'Al-Qaïda, dirigée à l'époque par Abou Moussab al Zarkaoui.

Quelques joggings aux Buttes-Chaumont pour s'entraîner

Benyettou lui aurait ainsi inculqué "les bienfaits" de la violence: dans son témoignage, le jeune homme explique ainsi que "Farid m'a dit que les textes donnent des preuves de bienfaits des attentats-suicides. C'est écrit dans les textes que c'est bien de mourir en martyr". Selon le magazine d'investigation, Chérif Kouachi est rapidement convaincu et se prépare alors pour la guerre. D'une façon très étonnante: quelques joggings dans le parc parisien des Buttes-Chaumont, une rencontre "fugace" avec un "spécialiste des armes qui lui enseigne le maniement d'une Kalachnikov". Le territoire dirigé par un émir -ou prince- se nomme... émirat.

Au moment de la diffusion du document sur France 3, Chérif Kouachi venait d'être arrêté, en compagnie de son 'émir'. Il avait été interpellé juste avant de s'envoler à destination de la Syrie, puis de l'Irak, il avait été jugé en 2008 et condamné à trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis. Pourtant, toujours dans Pièces à conviction, un éducateur social raconte que Kouachi disait avoir conscience de s'être fait "rouler dans la farine" par son maître, et qu'il avait pris conscience d'avoir été embrigadé, "sans s'en être aperçu", en somme, à l'insu de son plein gré !

Suite à la fusillade meurtrière à Charlie Hebdo, la police a diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi les photos de deux suspects, Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ansNés à Paris et de nationalité française, les deux frères, sont "susceptibles d'être armés et dangereux", prévient la Préfecture de police de Paris et "toute personne détenant des informations" les concernant est invitée à joindre le numéro vert 0805 02 17 17.



Carnage de Charlie hebdo: Hollande a appelé Sarkozy à le rencontrer à l'Elysée

Sarkozy appelle "à s'unir contre la barbarie"
Le président Hollande a souhaité consulter son prédécesseur

François Hollande a rencontré Nicolas Sarkozy à l'Elysée 
F. Hollande a appris à descendre les marches
du perron de l'Elysée pour Sarkozy

Suite à l'attaque ciblée des caricaturistes de Charlie Hebdo à son siège, le président de la République recherche le plus large consensus national, à l'exclusion du FN. A 9h30, il a consulté l'ancien président de la République, son prédécesseur immédiat à l'Elysée, Nicolas Sarkozy, contre lequel une partie de la gauche, comme Robert Badinter dans Le Monde, polémique sur son droit à siéger au Conseil constitutionnel. Pourtant, quand la nécessité l'y oblige, la majorité présidentielle fait appel aux responsables compétents, d'autant que la sphère politique se montre divisée: le député socialiste J.-J. Urvoas, président de l'Observatoire "Thémis" de la Fondation Jean Jaurès, juge ainsi que la question "n’a vraiment pas lieu d’être".

"Les hommes civilisés doivent s'unir pour répondre à la barbarie"
a estimé l'ancien chef de l'État sur le perron de l'Élysée, à l'issue de l'entretien de 45 minutes.
Nicolas Sarkozy a salué " l'attitude de nos compatriotes, et les démonstrations spontanées d'unité", se déclarant "impressionné, bouleversé", selon ses mots. 

L'ancien président de la République a également expliqué avoir donné ses recommandations à François Hollande sur les mesures à prendre
"Je lui ai indiqué combien il serait utile de faire un travail précis sur ce qui s'est passé". "Une sécurité à 100% n'existe pas, mais on peut travailler à améliorer nos dispositifs dans un souci partagé de protection des Français". Le nouveau président de l'UMP a laissé entendre que le président de la République devrait détailler de nouvelles mesures dans l'après-midi.

Le président Sarkozy a renouvelé son appel à l'unité nationale de la veille, 
demandant la "hausse notre niveau de vigilance".
VOIR et ENTENDRE l'ancien chef de l'Etat:

Nicolas Sarkozy se dit également prêt à participer à la grande manifestation prévue dimanche, "sous condition".
"Cette manifestation doit se faire dans un climat de recueillement", souhaite-t-il. "Si les conditions sont réunies, nous appellerons à la tenue de cette manifestation. Nous avons prévu d'en reparler après cet après-midi", a poursuivi  Sarkozy.

Un bureau politique de l'UMP ce jeudi après-midi
Le nouveau président de l'UMP va réunir dans l'après midi un bureau politique extraordinaire de l'UMP, rue de Vaugirard.
Comme d'autres responsables de l'UMP, Nicolas Sarkozy a parlé de la "guerre" à mener et de la "question de civilisation" que pose l'attaque terroriste à Charlie Hebdo. "Il faut que les gens civilisés s'unissent face à cette barbarie. C'est une guerre déclarée à la civilisation. La civilisation a la responsabilité de se défendre.
"Le député UMP et maire de Nice Christian Estrosi, interrogé sur RMC, considère que la France entière a été attaquée. "Il y a une guerre globale qui est déclarée contre la France", juge-t-il.
Même réaction d'Éric Ciotti, également élu UMP des Alpes-Maritimes et proche de François Fillon (qui ne s'est pas encore exprimé), qui déclare le pays en guerre juste après avoir fait part de son "émoi" et de sa "stupéfaction".
— Geoffroy Didier (@GeoffroyDidier) 7 Janvier 2015


Nouvelle fusillade ce matin, contre des fonctionnaires de police de Montrouge

Une fusillade a éclaté ce matin dans les Hauts-de-Seine à Paris 

Deux employés municipaux ont été pris pour cible

Au lendemain de l'attentat qui a coûté la vie à 12 personnes à Charlie Hebdo et alors que la police a diffusé les noms de deux suspects recherchés, une nouvelle fusillade a éclaté ce jeudi matin rue Pierre Brossolette à Montrouge (Hauts-de-Seine), au sud de Paris.
"Il n'y a pas de lien établi" avec l'attentat contre Charlie Hebdofaisant 12 morts mercredi au siège de Charlie Hebdo, se sont empressées d'affirmer les sources proches du dossier. "Aucun lien formel ne peut être établi à ce stade", selon Pierre-Henri Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Deux fonctionnaires sont dans un état critique

Il s'agit d'
une policière municipale blessée par des tirs d'arme automatique
et d'un agent de voirie, appelés sur les lieux d'un accident de la circulation. Il n'est pas exclu qu'ils aient pu être attirés dans un guet-apens.
Deux douilles ont été retrouvées. Selon les informations, le tireur, âgé de 53 ans et bien connu des services de police, était muni d'un fusil mitrailleur.  

L'un des deux suspects impliqués dans la fusillade à Montrouge a été interpelléPorteur d'un gilet par balles, selon une source proche de l'enquête, il a ouvert le feu à 8h19 au fusil d'assaut - type kalachnikov -   sur les fonctionnaires de police.

Bernard Cazeneuve est accouru sur place.



Attentat contre Charlie hebdo: seulement des proches des suspects en garde à vue

La police travaille: à preuve, les gardes à vue 

Sept individus ont été placées en garde à vue


Les principaux suspects de la tuerie à la rédaction du journal satirique Charlie Hebdo courent toujours, apprend-on jeudi de source proche de l'enquête sur l'attentat qui a décimé le quotidien d'extrême gauche, mercredi en plein Paris.

Dès les premières heures de l'enquête, la police avait publié un appel à témoins avec les photos de Chérif et Said Kouachi, 32 et 34 ans (photo ci-dessus) qui étaient, savait-on, "susceptibles d'être armées et dangereux". 7 personnes de leur entourage sont également en garde à vue ce jeudi matin, à titre préventif.

Le Premier ministre, Manuel Valls, a déclaré sur RTL que des milliers de policiers, gendarmes et enquêteurs sont mobilisés pour retrouver les deux principaux suspects, identifiés par la police comme étant les frères Chérif et Said Kouachi, déjà connus des services de police.

L'un des individus en garde à vue est un jeune homme de 18 ans, identifié sous le nom de Hamyd Mourad, un des trois suspects soupçonné d'avoir aidé les deux tireurs dans la fusillade qui a fait 12 morts et 11 blessés. Il s'est présenté de lui-même au commissariat de Charleville-Mézières, dans les Ardennes, "vers 23h00 après avoir vu que son nom circulait sur les réseaux sociaux".

Les six autres personnes en garde à vue sont des proches ou des membres de l'entourage des frères Kouachi.

L'une d'elles à été interpellée à Charleville-Mézières, ville des Ardennes prise en 2014 au PS par l'UMP Boris Ravignon, quatre l'ont été à Reims (Marne), ville reprise à la gauche (Adeline Hazan, PS) par l'UMP Arnaud Robinet, et une dernière a été arrêtée mercredi à Gennevilliers (PCF, Hauts-de-Seine) par la brigade antigang, précise-t-on de sources policières.

La "principale préoccupation" des autorités françaises est que les principaux suspects passent de nouveau à l'action, a admis Manuel Valls.

"C'est pour cela que des milliers de policiers et de gendarmes, d'enquêteurs, sont mobilisés pour appréhender ces individus", a précisé le Premier ministre, pour rassurer la population.