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mardi 17 janvier 2017

Zemmour ne fait pas l'apologie du terrorisme, juge le tribunal

Justice est rendue: les plaintes ne sont pas fondées

Éric Zemmour n'est pas condamnable pour avoir dit "respecter" les djihadistes, malgré la cabale 
auprès du procureur de Paris

Le chroniqueur, journaliste et écrivain Éric Zemmour avait déclaré dans une interview avoir du
Les plaintes contre le chroniqueur, journaliste et écrivain Éric Zemmour s'avèrent malveillantes.
Des poursuites pour apologie du terrorisme ne sont pas justifiées. Le Parquet de Paris a classé sans suite l'enquête visant les propos tenus dans un entretien avec le magazine Causeur, par ce chroniqueur politique diplômé de l'IEP qui avait déclaré "respecter" les djihadistes, ont annoncé mardi ses avocats.  Une source judiciaire a confirmé ce classement sans suite, intervenu début janvier, le Parquet estimant l'infraction "insuffisamment caractérisée" et, par voie de conséuence, les critiques subjectives et la plainte mal-intentionnée. Les avocats d'Éric Zemmour, maîtres Olivier Pardo et Laurence Dauxin, ont fait part dans un communiqué de leur "satisfaction" après le classement de cette procédure qui visait " injustement" leur client, comme l'a décidé le tribunal.
A la suite des déclarations de l'essayiste contestataire de la pensée unique, parues dans le numéro d'octobre du mensuel, le Parquet de Paris avait ouvert une enquête pour apologie du terrorisme.

Une contradiction qui ébouriffe la doxa dominante

"Je ne pense pas que les djihadistes soient des abrutis ou des fous", avait opposé au pouvoir socialiste Éric Zemmour dans le magazine. En effet, au lendemain de l'attaque de Nice, les autorités ont soupçonné une radicalisation rapide de l'auteur de l'attentat. Or, d'autres informations ont révélé qu'il préparait son acte depuis un an. Mais le pouvoir socialiste et sa presse ont constamment présenté les djihadistes opérant sur notre sol comme des "déséquilibrés." "On ne peut pas exclure qu'un individu déséquilibré et très violent, et il semble que sa psychologie témoigne de ces traits de caractère, ait été à un moment, dans une radicalisation rapide, engagé dans ce crime absolument épouvantable," avait estimé Bernard Cazeneuve sur RTL. Alors, aussitôt, le psychiatre Chemceddine Hamouda, révéla que l'auteur du carnage de Nice, Mohamed Lahouiaej Bouhlel, aurait manifesté des troubles psychotiques dès 2004, étayant la thèse officielle et mettant en cause l'état psychologique des terroristes. Zemmour s'était inscrit en faux et avait provoqué la colère du microcosme aliéné au pouvoir.

Zemmour poursuivait : "Et je respecte des gens prêts à mourir pour ce en quoi ils croient – ce dont nous ne sommes plus capables." Au journaliste qui lui demandait s'il respectait "des gens qui roulent en camion sur des enfants", en référence à l'attentat du 14 juillet à Nice responsable de 86 morts, il répondait : "Quand des gens agissent parce qu'ils pensent que leurs morts le leur demandent, il y a quelque chose de respectable. [...] C'est ainsi, les humains sont complexes, donc combattons-les, mais arrêtons de les mépriser !"

L'opinion d'Éric Zemmour, interprétée par plusieurs media bruts de décoffrage, avait suscité des cris d'orfraie de la gauche. La polémique avait détourné l'attention du drame lui-même, comme de la série d'attentats le plus souvent perpétrés depuis janvier 2015 par des djihadistes français qui ont fait 238 morts et des centaines de blessés, mais aussi de la controverse sur les effectifs policiers réellement sur place le jour du massacre de la Fête Nationale du 14 Juillet à Nice
La Société des journalistes (SDJ) de la radio RTL, où Éric Zemmour est chroniqueur depuis six ans, avait condamné ses déclarations, mais la direction lui a gardé sa confiance. Bien dans leur rôle "politiquement correct", une avocate de victimes d'attentats, Samia Maktouf, la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac) et l'association socialiste SOS Racisme avaient dénoncé tour à tour ces propos auprès du procureur de la République de Paris. Ils sont tous, autant qu'ils sont, déjugés.

En février 2016, dans une émission de radio associative marseillaise, mais pour des raisons diamétralement opposées, Jean-Marc Rouillan, militant d'extrême-gauche qui dans les années 1970 et 1980, mena des actions terroristes collectives comme membre d'Action directe avait, lui, déclaré avoir trouvé "très courageux" les djihadistes animés par des convictions. Un hebdomadaire manipulateur avait établi un parallèle audacieux en rappelant que Rouillan a été condamné à huit mois de prison pour apologie du terrorisme en septembre 2016. Evoquant les attentats du 13 novembre 2015 en France, le camarade terroriste avait salué "le courage avec lequel se sont battus les terroristes du 13 novembre, dans les rues de Paris, en sachant qu’il y avait près de 3.000 flics autour d’eux." "On peut dire plein de choses sur eux - qu'on est absolument contre les idées réactionnaires, que c'était idiot de faire ça - , mais pas que ce sont des gamins lâches," insista l'assassin du général René Audran (janvier 1985) et de Georges Besse (novembre 1986), également auteur de deux tentatives d'assassinat.

S'agissant de la condamnation de Rouillan, la LDH a dénoncé une atteinte à la liberté d'opinion. Que pense-t-elle de la décision de justice en faveur de Zemmour ?

Dans son acharnement sur Zemmour, une soi-disant "élite" médiatique -alignée sur l'AFP-  fait l'impasse sur certaines prises de paroles. Et désinforme son lectorat. 
Pour Nicolas Comte, secrétaire général du syndicat général de la police-Force ouvrière : "C'est très clairement de l'apologie des actes terroristes. Il [Rouillan] montre sa sympathie pour une organisation terroriste." 

Samia Maktouf, avocate de plusieurs familles de victimes du 13 novembre, encore elle, partage cette analyse. L’association française des victimes du terrorisme évoque une "bouillie intellectuelle": condamné en septembre 2016 à huit mois de prison pour apologie du terrorisme, Jean-Marc Rouillan "se vautre […] une fois de plus dans la violence." 

Bernard Cazeneuve, alors ministre de l'Intérieur, indique : "Ces propos sont une offense à la mémoire des victimes et une blessure supplémentaire pour des familles qui ont déjà beaucoup enduré". L'amalgame entre Zemmour et Rouillan est également une "offense à la mémoire des victimes."

mercredi 6 avril 2016

Action directe: des victimes portent plainte contre Jean-Marc Rouillan, assassin anarcho-communiste

Rouillan, terroriste proche de 'Fraction armée rouge', en Allemagne ou des 'Brigades rouges', en Italie

Ses propos sur le "courage" des auteurs des attentats djihadistes de novembre à Paris montrent qu'il n'a pas changé

Des victimes portent plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour apologie du terrorisme.
Jean-Marc Rouillan ne s'est pas amendé et mardi l'Association française des victimes du terrorisme (AFVT) n'a pas loupé le terroriste qui fait l'objet d'une enquête ouverte lundi par le parquet de Paris à la suite de ses propos sur le prétendu courage des auteurs des attentats djihadistes de novembre 2015. L'AFVT a annoncé le dépôt d'une plainte contre le cofondateur d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, pour "apologie du terrorisme", a-t-elle indiqué dans un communiqué. 

Rouillan, terroriste révolutionnaire, se croit-il lui-même courageux ?
"Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement: ils se battent dans les rues de Paris (alors qu'ils) savent qu'il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d'eux", avait déclaré Jean-Marc Rouillan en férvier à l'antenne de la radio marseillaise Radio Grenouille.
Des déclarations qualifiées de "bouillie intellectuelle" par l'AFVT, et de "sinistre imbécilité" par le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll. 

"Indécence absolue à l'égard des victimes"

Ces propos sont "dans une indécence absolue à l'égard des victimes de ce massacre", estime l'AFVT. Lundi, Jean-Marc Rouillan (ci-contre) a dit assumer ces propos, tout en prétendant qu'il ne s'agit "pas d'une valorisation du tout" des djihadistes, dont il dit ne pas partager l'idéologie. 

"Ce qui s'est passé, c'est que des jeunes sont venus en France pour tuer gratuitement (...) Et quelqu'un qui, après l'histoire qui a été la sienne, continue à penser que ce serait courageux de faire ça ? (...) C'est courageux de faire quoi? D'arriver [masqués] avec une kalachnikov au Bataclan et de tirer sur des gens [anonymes] qui n'ont pas d'armes? C'est ça le courage? Mais c'est la négation du courage. C'est pourquoi je dis 'sinistre imbécile' de dire des choses pareilles", a expliqué Stéphane Le Foll. 

Déjà un aller-retour en prison à cause d'un entretien

Jean-Marc Rouillan a été condamné en 1987 à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, notamment pour les assassinats de Georges Besse, patron de Renault, et de l'ingénieur général René Audran,  haut fonctionnaire du ministère de la Défense, en 1985, pendant les "années de plomb" qui ont marqué le premier quinquennat de François Mitterrand. 

Ce terroriste d'extrême gauche révolutionnaire a bénéficié d'un régime de semi-liberté en 2007, révoqué fin 2008, parce qu'il s'était exprimé sur les infractions qui l'ont conduit en prison dans un entretien avec L'Express. Il a été remis en semi-liberté en 2011, mais reste interdit de séjour dans... 38 départements.

Sorti de prison, l’ex d’Action directe profite de la vie, tourne dans un road-movie "burlesque et subversif" et n’abjure rien de ses convictions. A 63 ans et en période d'état d'urgence, il est régulièrement accueilli dans des centres sociaux sympathisants ou des MJC, dont celle de Martigues, ville communiste des Bouches-du-Rhône, pour raconter ses "courageux" exploits et ses vingt-cinq ans passés en zonzon, dont sept à l’isolement.

Alors, prosélytisme révolutionnaire ? 
"J’ai eu la chance d’avoir cette corde à mon arc, de pouvoir lier la poésie et la littérature au témoignage de ce que j’ai vécu. Je ne crois pas que j’ai perdu de temps en prison," confirme cet auteur de plusieurs livres publiés.

Rappelons enfin, au moment où Hollande fait les yeux doux aux ayatollahs d'Iran, que Pierre Péan a écrit que pour "la communauté du renseignement, il ne fait aucun doute que l'assassinat de René-Pierre Audran […] a été planifié à Téhéran par les Gardiens de la Révolution" iraniens.

mardi 8 mars 2016

Le terroriste Rouillan fait l'apologie du terrorisme islamiste

Jean-Marc Rouillan, activiste d'Action Directe, a salué le courage des terroristes du 13 novembre

Il a bien mérité sa "libération conditionnelle" !...

Une enquête préliminaire pour 'apologie du terrorisme' est ouverte contre Jean-Marc Rouillan, cofondateur d'Action directe, organisation armée d'extrême gauche, indique le Parquet de Paris, ce lundi 7 mars. Dans un entretien, Jean-Marc Rouillan, "ancien" activiste condamné pour assassinats, a salué le courage des islamistes assassins du 13 novembre : "Moi, je les ai trouvés très courageux, en fait. Ils se sont battus courageusement : ils se battent dans les rues de Paris (alors qu’ils) savent qu’il y a 2.000 ou 3.000 flics autour d’eux". Le procureur de la République de Paris a été saisi par Samia Maktouf, avocate de familles de victimes du 13 novembre (AFVT, Association française des Victimes du Terrorisme).
L'élection présidentielle s'est déroulée les 22 avril et 6 mai 2012. Taubira a été nommée garde des Sceaux, ministre de la Justice le 16 mai. Le 18, Rouillan bénéficiait de la "libération conditionnelle"... Les lenteurs de la justice de Taubira sont une légende. Et son "laxisme", c'est un mythe ? 
Depuis le 18 mai 2012, Rouillan profite un max de sa liberté conditionnelle 

"AVIS À TOU-TE-S LES INSOUMIS-E-S,
REBELLES ET ARTIVISTES
DE LA RÉGION MARSEILLAISE !
NE RATEZ PAS NOTRE GRANDE TEUF
GRATUITE, CE VENDREDI À MARTIGUES!"

Il a assassiné au nom d'un antifascisme et se livre aujourd'hui à l'apologie du terrorisme dans la presse, mais aussi, selon une lectrice de ce blog, auprès des jeunes, dans les MJC, par exemple, notamment "la joyeuse bande de la MJC Martigues, notamment Michel (Gazi, directeur depuis 1980 et à Martigues depuis 2012), Capucine et Vincent !" de Martigues (PCF Bouches-du-Rhône): les réseaux sociaux ne sont donc pas seuls en cause dans les départs d'adolescents pour le djihad.

Tristement célèbre pour ses crimes politiques dans les années Mitterrand et notamment les assassinats de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et de Georges Besse, le patron de Renault, qu'on ne peut soupçonner de fascisme, il jouit d'une retraite "normale" sous Hollande. 
La presse diffuse les messages de ce retraité de 63 ans mais éternel extrémiste de la gauche violente vantant le courage des djihadistes coupables de crimes de masse: cet ex-activiste d'Action directe a été relayé par "une radio associative" qu'une certaine presse solidaire ne nomme pas... Dans un entretien au mensuel régional de PACA Le Ravi (comme çà, c'est dit), dédié depuis 10 ans à l’enquête et à la satire, le terroriste politique salue le courage avec lequel se sont battus les terroristes du 13 novembre, dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d’eux. Dérapage confidentiel ou provocation d'ampleur quand on sait que l'audience de l'émission "La Grande Tchatche" de ce mensuel libertaire est en fait élargie par les ondes de Grenouille, la radio de la Friche de la Belle de Mai à Marseille, de tels propos pourraient ramener Jean-Marc Rouillan derrière les barreaux.

Voici le verbatim du portrait que Le Ravi dresse du terroriste : 

"Les lendemains qui chantent sont devant nous"

Un entretien avec Jann-Marc Rouillan, ex-Action Directe
le 7/03/2016
Parler de politique avec des politiques (mais pas que !), tel est le miracle que le Ravi réalise chaque mois sur radio Grenouille. L’émission avec Jann-Marc Rouillan a été enregistrée le 23 février 2016. Elle est maintenant en écoute sur notre site. De larges extraits de l’entretien sont publiés dans le Ravi n°138, daté mars, actuellement chez les marchands de journaux.
"Pourquoi Rouillan ?" Le making-off de l’entretien "polémique" avec l’ex-militant d’Action Directe, c’est en cliquant par ici...
C’est une sacrée ruse de l’Histoire ! Communiste libertaire, farouche partisan de l’action collective, hostile à toute forme de starification, voilà maintenant Jann-Marc Rouillan héros de cinéma où il interprète son propre rôle. Le filmIl faut savoir se contenter de beaucoup lui vaut même les honneurs de la presse « bourgeoise » et d’un portrait élogieux dans Libé. Et le voici aujourd’hui interrogé par un journal gentiment satirique à la ligne idéologique confuse…
Ne lui déplaise, Jann-Marc Rouillan n’est pas un militant ordinaire. Sans doute parce que la mémoire d’Action Directe, ses attentats, son logiciel politique guerrier, reste toujours clivante. Certainement aussi parce que, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour terrorisme, il a passé un quart de siècle en prison dont sept ans en isolement total. Peut-être enfin parce que l’enfer carcéral l’a meurtri mais ne l’a pas brisé : ses livres, écrits derrière les barreaux et après sa libération, en témoignent. Militant révolutionnaire il demeure.
Placé en liberté conditionnelle depuis 2012, il reste sous surveillance étroite. Il est assigné à résidence à Marseille. Il est interdit de séjour dans 38 départements. Il n’a pas le droit d’évoquer les faits pour lesquels il a été condamné. Mais en fin de compte, dans une France aux accents sécuritaires et martiaux, nous sommes peut-être finalement tous en liberté conditionnelle…
M. G.

A noter que les derniers invités du 'Ravi' sont à titre d'exemple représentatif :
- le 26 janvier 2016: Mohamed Bensaada, du collectif "Quartiers Nord, quartiers forts"; Mathieu Laurentin, Attac Marseille, Alternatiba,...
- le 16 décembre 2015: Frédéric Vigouroux, conseiller départemental et maire de Miramas, n°2 de la fédération socialiste du "13",avec Pierre Dharreville, secrétaire de la fédération PCF du,13 et Guy Benarroche, secrétaire régional EELV en Paca,...
- le 24 novembre 2015: Jean-Marc Coppola (PCF), tête de liste "coopérative" (Front de Gauche, EELV,...) pour les élections régionales 2015 en Paca,... 
Et ainsi de suite !

Et voilà le document audio de l'entretien

Un entretien avec Jann-Marc Rouillan, ancien militant d’Action Directe, écrivain... (émission enregistrée le 23 février 2016)
Pour lire le making-off de l’entretien avec Jann-Marc Rouillan, cliquez ici


Pour écouter l’émission, cliquez sur le player ci-dessous :


Non repenti, l'activiste assume ses propos
Mais il affirme qu'il ne s'agit "pas d'une valorisation du tout" des djihadistes, dont il dit ne pas partager l'idéologie. 
"Ces propos sont une offense à la mémoire des victimes et une blessure supplémentaire pour des familles qui ont déjà beaucoup enduré", a en revanche réagi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, lors de son audition, lundi, par la commission d'enquête parlementaire mise en place après les attentats.

vendredi 9 janvier 2015

Charlie hebdo et Politis, fauteurs de troubles ?

Et revoilà Val de Fontenelle!

Copié-collé de blogs.lexpress.fr du 27 octobre 2008
par Eric Mettout (rédacteur en chef de lexpress.fr)

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Il est gentil, Fontenelle. Prévisible, discutable, mais gentil. 
Par exemple, il assassine L’Express, une fois de plus, dans son dernier billet de chez Bakchich, notre confrère mais néanmoins concurrent. 
Il aime bien, Fontenelle, assassiner L’Express (et là, aussi).
La dernière fois, c’est parce qu’on avait osé écrire qu’entre l’islam et le terrorisme, il y a quelques passerelles. Ca lui avait pas plus, à Fontenelle, et il nous avait bien sûr taxés d’islamophobes. L’adjectif assaisonnait l’inévitable "pensée dominante", qui est aux idéologues alters ce que le "politiquement correct" est aux think tanks conservateurs. C’est creux pareil et ça comble les trous avec du vide quand on n’a rien à dire.
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Je disais donc: Fontenelle est gentil. La preuve, il commence son dernier petit meurtre en rappelant opportunément (mais, rassurez-vous, sans revenir ensuite à ce qu’on pourrait considérer comme une position équilibrée et, allez, j’ose le mot, honnête) qu’à l’époque de l’incommensurable affaire Siné, Plantu avait pris parti, assez brutalement, pour le viré contre le vireur (même position que la sienne à Fontenelle).
Val en nervis néo-nazi, ça avait d’ailleurs fait déborder jusque dans les couloirs de L’Express ce raz-de-marée dans un verre de morgon mojito qui a sévi pendant des semaines dans toutes les bonnes rédactions parisiennes, la nôtre compris.
Et puis Fontenelle continue, et là, c’est tout de suite moins chaleureux.
Je vous passe les détails, mais Fontenelle, qui frise l’élégance en refusant de fourrer son nez dans le "caca de Val" ou en l’accusant de se "tripoter la nouille", accuse en gros le patron de Charlie de mettre tous les antisionistes, les anticolonialistes, les anars et une partie de l’extrême gauche dans le même panier de crabes (crabe, je veux dire cancer) antisémite.
Ca se discute, naturellement. Et sur le site, le nôtre, ça s’est discuté tout le week-end, en des termes le plus souvent injurieux (et modérés a posteriori) entre ultras sionistes et ultras antisionistes, mais parfois aussi structurés et recevables. C’est vrai qu’une partie de l’extrême-gauche française s’est mobilisée pour Dreyfus, que les FTP-MOI étaient d’une gauche plutôt musclée, qu’en 68, les manifestants libertaires chantaient en choeur qu’ils étaient tous des juifs-allemands [suivez mon regard jusqu'au "Je suis Charlie" arboré par les Français vertueux sans références], que tout le monde n’a pas la même conception du sionisme et de l’antisionisme…
Passons, je ne veux pas entrer dans ce débat-là, je n’ai pas les compétences historiques nécessaires et en plus pas envie.
En revanche, là où Fontenelle me gonfle, et ceux qui, comme de bons petits soldats, sont venus relayer son discours sur le site, c’est quand il nous interdit, grosso modo, d’interviewer qui on veut et comme on veut.
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Selon Fontenelle, l’entretien avec Val est "promotionnel". Ah ouais? Ca veut dire quoi, une interview promotionnelle, Fontenelle? Qu’on n’a pas photographié Val avec ses cornes et sa queue fourchue?
Ou plutôt, ce serait quoi une "bonne" interview? Un réquisitoire à charge, une opposition permanente, un affrontement viril entre deux voix contradictoires? Et un bon intervieweur? Un procureur, un adversaire, un porte-flingues? Ca, Fontenelle, ça ne s’appelle plus un entretien, ça s’appelle un débat – on en fait à L’Express, mais sous appellation contrôlée.
La brillante et pertinente intervention de Fontenelle ressemble comme un reflet inversé à certains commentaires, ou plutôt à un nombre certain de commentaires dégringolés sur le site après que L’Express avait interviewé Rouillan. En substance, ils reprochaient au journal
1. d’avoir donné la parole
, "sans être jamais contredit" comme aurait pu l’écrire Fontenelle, à l’ancien terroriste d’Action Directe. 
2. de l’avoir piégé et renvoyé en prison.
A quoi j’ai envie de répondre que, comme le disai[en]t Lao Tseu ou Desproges, je me souviens plus, le sage montre le doigt, l’imbécile regarde la lune – je sais, c’est un truisme, mais qui me va bien, pour le coup.
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Rouillan n’est pas un ange, mais si les journaux ne devaient rencontrer que [que] des anges, vous n’auriez plus grand chose à lire. Et s’il a répondu à notre journaliste (qui s’est très bien défendu tout seul, d’ailleurs, contre un tacle par derrière venu de chez Libé), c’est en toute connaissance de cause, comme le grand garçon qu’il est. Que ses réponses (et non nos questions) aient conduit son JAP à revenir sur son aménagement de peine, on n’a pas de raisons d’en être fiers, et pas plus d’en être honteux.
Pour finir, deux remarques exaspérantes de Fontenelle, sur l’UMP et le Figaro: sous sa plume, ces deux noms-là sentent la merde (comme, grosso modo, tout ce qui ne prend pas Chavez comme modèle diplomatico-politico-économique de l’avenir qui progresse). Ca dit tout du sens démocratique du bonhomme, qui s’indigne quand on rappelle que le terrorisme islamique se nourrit du coran, mais qui crache son mépris sur un parti politique et un journal (deux, si on y ajoute L’Express), pour l’unique raison qu’il ne partage pas leurs idées. Pour une certaine gauche, être de droite est abject – comme pour une certaine droite, être de gauche est infamant. Et la tolérance, bordel?
Evidemment, Fontenelle n’a toujours pas libéré ses commentaires.
PS, qui n’a rien à voir, quoique: Yves Yann (bien sûr…) de l’Ecotais (l’Européen, ça n’aurait pas plu[s] à Fontenelle) est mort ce week-end. Je suis entré à L’Express trop tard pour bosser avec lui, mais il y a un vrai respect et une vraie émotion chez ceux qui ont eu cette chance – qu’on sent aussi dans les commentaires sur l’hommage de Barbier. Les anciens patrons de rédaction n’y ont pas toujours droit.

La présentation est de PaSiDupes, y compris quelques corrections de fautes de frappe ou d'étourderie comme nous en faisons tous et surtout dans les billets d'humeur).

mercredi 21 mars 2012

Christian Etelin, avocat militant du djihadiste, tueur de Montauban et Toulouse

Le journal communiste L'Humanité vantait les louanges de l'avocat

"ILS CHANGENT LE QUOTIDIEN " (le 9 Octobre 1999)

Christian Etelin, avocat militant (sic)

Membre du barreau de Toulouse depuis vingt ans (en 1999), il s'est fait une spécialité de la défense des " causes perdues ", sans-papiers, squatters, victimes du racisme...

Aussi à l'aise dans la rue qu'à la barre d'un tribunal, Christian Etelin, petit bonhomme de quarante-six ans au rire tonitruant et à la plaidoirie redoutée, est l'avocat toulousain des causes perdues. " Si j'ai choisi d'être avocat, c'était pour rester militant. Cela fait vingt ans que je le fais et je ne suis toujours pas fatigué. "

Issu d'un milieu " simple et humble ", Christian est prédestiné à devenir enseignant. " En 68, j'étais un étudiant engagé, marxiste-libertaire, non encarté. J'y croyais vraiment. " Jusqu'en 1974, il sera maître auxiliaire à Bordeaux, sa ville natale. Sa femme est alors avocate. C'est elle qui l'influencera à se recycler dans le droit. Dès ses débuts, en 1979, Christian devient le défenseur des sans-papiers. Plus tard, des squatters, des antinucléaires, des jeunes victimes de bavures policières, " ils sont en garde à vue, ils m'appellent, j'y vais ". Mais aussi, des jeunes Beurs du Mirail, " qui sont victimes du racisme et d'un grand abandon social ".


En 1989, il défend les militants anarchistes d'Action directe dans l'affaire Besse
(PDG de Renault assassiné), dont Jean-Marc Rouillan.

Ce qui lui vaudra d'être mis sur écoutes téléphoniques, et de voir son cabinet perquisitionné. Dans les années quatre-vingt-dix, il est poursuivi pour avoir confié des pièces pénales à un de ses clients, " j'ai toujours pensé qu'on devait le faire ". Relaxé en 1995, par la cour d'appel de Toulouse, il a contribué à faire progresser les droits de la défense ; " aujourd'hui, le Code de procédure pénale reconnaît cette pratique ". Autre avancée en matière d'État de droit, Christian fait condamner l'État espagnol devant la Cour européenne des droits de l'homme. Pour une affaire de fausses preuves envers des autonomistes catalans.

Quand il ne plaide pas, il manifeste.
Pour les sans-papiers, contre la venue de Le Pen... À tel point que le Parquet de Toulouse l'a un jour menacé de poursuites : " Un gendarme affirmait m'avoir vu m'opposer à l'expulsion d'un sans-papiers algérien. C'est vrai, j'étais à l'aéroport, mais je n'étais pas sur le tarmac. Étant donné que le jeune a été expulsé vers l'Algérie où on l'a assassiné et coupé en morceaux, les poursuites ont été arrêtées. Ce qui en dit long sur le nombre de gens qui ont voulu se farcir Etelin ", plaisante-t-il. En effet, du maire de Toulouse, Dominique Baudis, jusqu'au préfet, tous ont rêvé d'avoir sa peau. Sans succès.

Boycotté par la Dépêche du Midi pour avoir poussé un coup de gueule contre un journaliste, il se fait traiter de stakhanoviste de la correctionnelle. " C'est vrai, je fais partie du plus gros cabinet d'aide juridictionnelle de Toulouse. Je suis l'avocat à quatre sous. "

Christian collectionne les aides juridictionnelles, payées 500 francs. Alors que l'intervention d'un avocat avoisine normalement les 5 000 francs. " L'État pose lui-même une justice à deux vitesses, avec une défense au rabais, qui n'est économiquement pas tenable. Heureusement, mes associés acceptent que mon chiffre d'affaires soit de loin inférieur aux leurs. "

Des regrets, Christian n'en a pas.
Ou plutôt si. Un seul : " J'aimerais avoir du temps pour participer à la défense des droits de l'homme au niveau international. " Et de conclure, " mais on ne peut pas plaider pour le quart-monde et le tiers-monde en même temps. "

samedi 26 février 2011

Savoie: vandalisme contre la SNCF et les vacanciers

Un câble sectionné près d'Albertville perturbe fortement tout le réseau Rhône-Alpes

Forte perturbation du chassé-croisé des vacances de février en Rhône-Alpes

Au moment du fort trafic des vacances de février,
environ 40.000 voyageurs risquent d'être affectés dans la journée.
En cause, un acte de vandalisme sur une ligne dans les Alpes, a annoncé la SNCF. «Un acte de malveillance a été commis ce jour (...) à proximité d'Albertville. Des câbles ont été sectionnés à la scie, perturbant gravement les trafics dans la vallée de la Tarentaise», précise la SNCF dans un communiqué. «Des retards de trois à cinq heures sont prévisibles, qui vont toucher les 40.000 voyageurs circulant aujourd'hui et des perturbations sont attendues dans la région lyonnaise», met en garde la SNCF.
«S'agissant d'un week-end annoncé de longue date comme particulièrement chargé, la SNCF déplore et condamne fortement ce nouvel acte de malveillance. Une enquête est en cours», conclut-elle. «Trois câbles, de signalisation et d'alimentation, ont été sectionnés» dans la matinée sur la ligne Chambéry-Bourg-Saint-Maurice, extrêmement chargée en cette période de retours et de départs en vacances, précise une porte-parole régionale de la SNCF. En début d'après-midi, les travaux de réparation étaient toujours en cours. Le retour à la normale n'est pas attendu avant la soirée.

Les vacanciers pour cible

«Jusqu'à 13h30, une vingtaine de trains ont été impactés. Le problème, c'est qu'on est en période de très fort trafic», a-t-elle précisé. Des retards compris entre trois et cinq heures sont attendus. L'incident survient en plein chassé-croisé de vacanciers et de skieurs des différentes zones de vacances scolaires.
«Mon TER qui devait partir à 11 heures de Bourg-Saint-Maurice est parti avec trente minutes de retard. Le train a ensuite été immobilisé une heure », explique un témoin coincé dans un train à destination de Lyon, sans information sur l'heure à laquelle son train arrivera. « Le TER est plein. Tous les vacanciers qui descendent de Tignes et d'autres stations sont montés à Bourg-Saint-Maurice. Il y a plein de gens qui vont rater leurs correspondances pour Toulon ou Paris...», conclut-il avec philosophie.

La SNCF évoque bien un acte de vandalisme, et non un vol. La société est de plus en plus souvent confrontée à des vols de câbles, particulièrement en cuivre, qui ont doublé avec l'envolée des cours, provoquant des retards pour les trains. En septembre 2010, la SNCF dénombrait quarante vols de câbles par semaine et évaluait son préjudice à plusieurs dizaines de millions d'euros.
Plus d'informations sur les retards ICI.
http://www.gares-en-mouvement.com/infos_temps_reel.php?gare=frxav&tab=arr

Un sondage qui ne prend pas les causes en compte...
Huit Français sur dix (80%) estiment qu'au cours des derniers mois, la qualité des services s'est détériorée, selon l'IFOP cette semaine pour le journal Dimanche Ouest France.

La mouvance Action directe / NPA, en cause ?

On est en droit d'établir un rapprochement avec deux-trois faits d'actualité récente:

- La remise en semi-liberté du chef d'Action directe, Jean-Marc Rouillan, annoncée pour le début du mois prochain: cf.libellé vers PaSiDupes

- Et les tracts de menaces adressés par le groupe terroriste Action directe à 7 commissariats de police des Hauts-de-Seine (92): cf. libellé vers PaSiDupes

A noter que l'ex-attaché parlementaire de Krivine, le trotskiste Olivier Besancenot (meneur depuis 2000 du NPA, ex-LCR) est facteur SUD-PTT (depuis 1997) à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine et impliqué dans la méchante affaire de violences au centre de tri de La Poste à Nanterre (Hauts-de-Seine).

VOIR et ENTENDRE le reportage sur le mouvement de grève en Savoie mené par la CGT Cheminots au premier trimestre 2010:

Le dimanche 9 janvier 2011, le président de la SNCF, Guillaume Pépy, désigna 12 lignes ferroviaires malades, dans la liste desquelles il citait celles de la région de Lyon qui posent problèmes dans notre réseau, mais aussi l’état extrêmement préoccupant des infrastructures de Savoie et certaines gares du Bugey.

Au passage, le président de la SNCF avait pointé les
difficultés "du fait d'une grève de l'ensemble des personnels de manoeuvre de l'escale à Dijon
lors des week-ends de Noël et du 1er janvier", selon le rapport de la SNCF. Pour Guillaume Pepy, cette grève locale, à l'initiative du syndicat SUD-Rail, était "légale, mais choquante". "Ce n'est pas une affaire de loi, c'est une affaire de morale, c'est l'affaire des cheminots, notre affaire. Le fait qu'il y ait des préavis de grève qui visent spécifiquement le jour de Noël, le jour de l'an, c'est la négation du service public", a souligné le patron de la SNCF. "Je sais que la quasi-totalité des organisations syndicales de la SNCF sont contre ces préavis", a-t-il ajouté. D'autres syndicats avaient néanmoins déposé des préavis locaux, comme l'UNSA en Midi-Pyrénées.

Dans un communiqué, SUD-Rail a accusé Guillaume Pepy de "démagogie antisyndicale".
Or, le vandalisme cible à nouveau les vacances, de février, cette fois.

Action directe repasse à l'action

Envoi de menaces à des commissariats
alors que J.-M. Rouillan sera en semi-liberté le 4 mars

Annonce de la réactivation du groupe armé d’extrême gauche


Ce tract du groupe armé anarcho-communiste a fait l'effet d'une provocation dans les commissariats des Hauts-de-Seine, voire d'une déclaration de guerre.

Termes du tract
« À la mémoire de Jean-Marc Rouillan (ci-contre à gauche), Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Réactivation du mouvement anarchiste. À bas la dictature capitaliste. La victoire et la liberté sont pour demain. Nous donnerons les shérifs modernes aux vermines. Vos heures sont comptées. Nous commencerons l'extermination par le 92. »
Des phrases lapidaires pour une idéologie primaire et violente.
Lien PaSiDupes vers les terroristes d'Action directe

Ce libelle a été posté dans des courriers non oblitérés et sans timbre

Les lettres sont néanmoins parvenues aux commissariats de Sèvres (maire François Kosciusko-Morizet), Clichy-la-Garenne (maire PS, ancien conseiller technique au cabinet de Louis Mexandeau, un fidèle de Mitterrand et ministre PS des ...PTT en 1981) et Vanves (maire Nouveau Centre), ainsi qu'aux postes de police de Chaville (maire UMP) , Malakoff (maire PCF) et du Plessis-Robinson (maire UMP).

Des militants de La Poste, de SUD
, par exemple, auraient-ils mis le service public à contribution et détourné des heures ?

=> 2008 - Le faceur Besancenot (NPA) s'acoquine avec Action directe :
lien PaSiDupes
=> Polémique sur l'éventuelle adhésion de Rouillan à la NPA (alors LCR)

A Paris en décembre dernier 2010, SUD-PTT mobilisait ses militants qui n'avaient rien constaté: « La Fédération SUD PTT tient à vous alerter concernant des dérives qui ont lieu dans votre métier concernant la liberté syndicale. » Cet appel, soutenu par le Front de gauche (Mélenchon), faisait suite à la sanction de 2 ans d’exclusion de service, dont 6 mois avec sursis envers Olivier Rosay, secrétaire départemental SUD des postaux Paris, un permanent entretenu aux frais de la princesse, c'est-à-dire les Français même défavorisés.

En juillet 2010, les Hauts-de-Seine étaient visés par environ 150 postiers rassemblés devant la direction départementale du courier à Nanterre, en soutien à Gaël Quirante, salarié de La Poste et secrétaire départemental adjoint SUD-PTT qui faisait l'objet d'une procédure disciplinaire pour des actes commis lors de la grève qui a opposé la direction et une partie des salariés pendant ...dix semaines.

La section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris a été saisie

La justice, qui prend l'affaire au sérieux, a saisi la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle de Paris. « Dans ce tract, on ne parle pas de jours, mais d'heures qui sont comptées pour des membres des forces de l'ordre. Cela incite sans attendre à prendre des mesures de prudence », confie un haut fonctionnaire de la préfecture de police de Paris. Les policiers et gendarmes des Hauts-de-Seine et, plus généralement, tous ceux d'Ile-de-France ont été invités à se montrer «vigilants» dans les heures et les jours qui viennent.

Devoir de mémoire

Action directe est responsable de plusieurs dizaines d’attentats
, dont l’assassinat, en 1986, de Georges Besse, PDG de Renault et en 1985, de René Audran, ingénieur général de l’armement. Le groupe terroriste avait été démantelé en 1987.

Liens PaSiDupes:

Jean-Marc Rouillan
:
=> 2008: il rompt ses engagements et retourne en prison

=> Mise en semi-liberté à compter du 7 mars 2011

Nathalie Ménigon (épouse Rouillan):
peine commuée

Joelle Aubron: lien Wikipedia

Juin 2009 – Florence Rey: elle est quitte de ses quatre crimes

Juillet 2009 – Georges Schleicher (ci-contre à droite): il est libéré par la Cour d'Appel

Georges Cipriani: lien Wikipedia

Action directe, les années sanglantes, pour ceux qui auraient oublié

Terrorisme: la poudre et l'allumette



Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, deux chefs de file du groupe armé d'extrême gauche Action Directe (photo non datée)



1982.
L'Express consacrait un article à la résurgence de groupes comme Action directe (lien Wikipedia), avec l'aide d'un historien, Xavier Raufer, auteur d'un livre où il donnait de nouvelles perspectives sur le terrorisme.

Le 27 mai, au début de l'après-midi, une voiture roule à très (trop?) vive allure sur l'autoroute A1 en direction de Paris. Près de la sortie de Compiègne (Oise), son conducteur en perd le contrôle; embardée, tête-à-queue, tonneaux, le véhicule termine sa course folle contre le bas-côté droit. A bord de l'épave, une passagère grièvement blessée, Nathalie Ménigon, 25 ans.

Pour la police, elle n'est pas une inconnue. Pasionaria du groupe Action directe, elle a participé, au côté son compagnon Jean-Marc Rouillan, à diverses opérations de ce réseau terroriste dont il est le leader.

Libérée, le 17 septembre 1981, pour raison médicale, elle est venue occuper un immeuble du quartier de la Goutte-d'Or (Paris XVIIe), "squattérisé" au profit d'immigrés turcs.
Au moment de son accident, elle revenait de Belgique avec un stock de 15000 affichettes appelant à une "manifestation armée" contre la venue du président américain Ronald Reagan au Sommet de Versailles : une silhouette en tenue de combat brandissant un pistolet-mitrailleur. L'appel est signé Action directe. Il dit: "Le terroriste Reagan, voyageur de l'impérialisme U.S., ennemi des peuples, doit être accueilli par la haine, devant des poings levés et des armes chargées."

Détail important: ce texte est rédigé en français, en turc et en arabe, tout comme le tract de la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl) diffusé, le 7 avril dernier, par des militants d'A.d., tract qui revendiquait l'assassinat quatre jours plus tôt du diplomate israélien Yaakov Barsititllatov.

La résurgence d'un tel groupe risque de démentir l'analyse rassurante des autorités françaises [PS]. A la recrudescence du terrorisme international, contre lequel il tient de véritables conseils de guerre depuis le sanglant attentat de la rue Marbeuf (22 avril 1982 - lien Wikipedia vers les attentats meurtriers en France), le pouvoir socialiste oppose souvent la baisse des violences politiques d'origine intérieure, une baisse de 40 %.

Distinguo simpliste aux yeux d'un observateur professionnel comme
Xavier Raufer. Exerçant dans l'enseignement supérieur privé, cet historien de 36 ans, qui a longtemps animé l'étude des mouvements révolutionnaires à l'Institut d'histoire sociale, publie cette semaine le fruit de ses travaux: Terrorisme: maintenant la France? (Editions Garnier). Au moment même où se tiennent à l'Institut de criminologie de Paris les Journées d'étude sur le terrorisme.

Raufer se méfie du terme trop générique de terrorisme, qui masque la hiérarchie réelle des périls guettant notre société. Ainsi la diminution des attentats à l'explosif depuis le 10 mai 1981 n'est-elle due qu'à la trêve corse, alors que l'actualité montre une tendance à la radicalisation de l'extrême gauche, bien plus dangereuse sur le plan national.

A l'
escalade de la violence banalisée (on est passé en vingt ans du cocktail Molotov au lance-roquettes) s'ajoute une dimension internationaliste: "la recherche d'une classe ouvrière de substitution". D'où interactions entre terrorisme importé et terrorisme indigène, des attentats d'origine étrangère provoquant, par contagion, l'émergence de structures de guérilla urbaine sous couvert de lutte anti-impérialiste.

"Voilà le péril majeur, nous dit Raufer. D'un côté, des viviers de jeunes ballottés entre le chômage et les emplois précaires, dépourvus de toute perspective, se constituent à la périphérie des grandes villes : c'est le tonneau de poudre. Et, de l'autre, la boîte d'allumettes : ces groupuscules - heureusement fort réduits, et jusqu'ici efficacement marqués par la police - qui se veulent des partis communistes combattants, en lutte armée contre leur propre Etat."

Paradoxe souligné par Raufer: c'est en France qu'a été théorisé le recours aux armes en démocratie, alors que notre pays s'est trouvé épargné plus longtemps que nos voisins. En 1963, l'ex-avocat du F.L.N. algérien Jacques Vergès est le premier à formuler la doctrine du "pouvoir au bout du fusil", qui sera intellectualisée par le philosophe Louis Althusser et popularisée par les groupes "maos" avec la caution de Jean-Paul Sartre, légitimant la violence au service des "bonnes causes".

Ces groupes se tiennent à l'écart du "happening" de Mai 1968 pour fonder, sur ses décombres,
la Gauche prolétarienne (G.P., militants marxistes-léninistes à l'origine nanterriens, Hauts-de-Seine - lien Wikipedia), puis constituer son bras armé, la Nouvelle Résistance, premier embryon d'un parti communiste combattant. A son apogée, en 1970-1971, l'ex-G.P. passe très près de la lutte armée : rapts du député gaulliste Michel de Grailly et d'un cadre de Renault [Georges Besse, cf. libellé, ci-dessous], etc.

Mais, au dernier moment, un sursaut moral retient les "maos" de basculer de l'action symbolique à la violence meurtrière. Refusant de "se substituer aux masses", ils vont se disperser dans des militantismes sectoriels: dans l'écologie, le féminisme, l'antipsychiatrie, la défense des prisonniers et des droits de l'homme, la fondation du quotidien Libération, etc.

Pourquoi cette autodissolution ? D'abord, leurs guides intellectuels ont, après la phase initiale de fascination, joué un rôle salutaire de garde-fou. Ensuite, la dénonciation des « méthodes fascistes » de l'O.A.S. était encore présente dans tous les esprits.

Enfin, deux faits ont contribué à bloquer l'engrenage terroriste: une rencontre avec
Andréas Baader (lien Wikipedia vers le groupe terroriste "la bande à Baader"), qui apparut aux responsables "maos" français comme un dangereux psychopathe; et le massacre des athlètes israéliens aux Jeux de Munich, en septembre 1972.

Mais, au moment précis où les "maos" français renoncent à suivre les modèles italien et allemand, des rescapés de réseaux antifranquistes catalans créent dans le midi de la France des Groupes d'action révolutionnaire internationalistes (Gari), qui, de février à juillet 1974, vont perpétrer une dizaine d'attentats, de rapts et surtout de hold-up. Avec une telle maladresse que la police rafle la dizaine d'activistes - dont J.-M. Rouillan déjà - qui forment l'équipe dirigeante.

Une troisième tentative n'aura guère plus de longévité: celle des Noyaux armés pour l'autonomie populaire (Napap), fondés, en 1977, par les laissés-pour-compte de l'ex-G.P. surnommés les "veuves maos". En neuf mois, une douzaine d'arrestations met fin à une série d'actions non sanglantes commencée pourtant par un meurtre: celui d'un vigile de Renault, Jean-Antoine Tramoni, lui-même meurtrier du militant "mao" Pierre Ovemey.

Deux ans plus tard, les rescapés des Gari et des Napap, forts de l'expérience de la clandestinité, fusionnent dans Action directe. Les "branquignols" font place à du professionnel, les intellectuels de l'ex-G.P. à des militants au profil plus fruste, mais aussi plus proche de celui des brigadistes italiens et des desesperados allemands.

De 1979 à 1981, Action directe ne revendique pas moins de vingt attentats immobiliers et financiers: la revendication devient plus importante que l'acte lui-même, encore que le butin des différents hold-up dépasse les 100 millions. La logistique se développe : pas moins de quarante planques d'armes et de faux papiers, de caches pour fugitifs dans la seule région parisienne. Les connexions internationales aussi.

Pratiquement démantelés en 1980, les groupes d'Action directe se sont reconstitués depuis l'automne de 1981 en véritables noyaux armés branchés sur les filières terroristes de Beyrouth. Ils transforment les "squats" en une sorte de "piste Hô-Chi-Minh", à mi-chemin entre délinquance et politique.

Plus d'encadrement intellectuel, de garde-fou, plus d'issues non plus, de solutions de repli dans une société dont les capacités d'intégration se sont affaiblies. Mais un isolement croissant, avec, à terme, une menace complémentaire : celle de voir la décomposition d'une structure de ce type fournir, cette fois, des mercenaires aux groupes internationaux, style Carlos, pour lesquels la France a cessé d'être un sanctuaire.

Menace qui n'a rien de fatal: il est encore temps, selon Xavier Raufer, d'enrayer la formation d'un parti communiste combattant. A condition de la prendre au sérieux et de ne pas se tromper d'adversaire.

(Article de L'Express, par Jacques Déroguy, publié le 11/05/1982)