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dimanche 14 juin 2020

Des "anti-racistes" en flagrant délit d'antisémitisme dans la manifestation pour Adama Traoré

Des manifestants anti-racistes traitent de "sales juifs" des contre-manifestants: la préfecture saisit la justice

Jean-Luc Mélenchon accuse la préfecture de Police de colporter des "ragots antisémites"...
 
 
La séquence dure 1 minute et 6 secondes, mais n'a pas été spontanément relayé par la presse anti-sioniste.

VOIR et NE PAS ENTENDRE les insultes antisémites: Le Parisien les recouvre d'une musique guillerette, mais interrompt sa musique pour Assa Traoré...


La scène a été relayée sur le compte Twitter de l’hebdomadaire Valeurs actuelles. Une information que la presse institutionnelle aurait volontiers dissimulée: Le Parisien (groupe LVMH) a tenté le coup, en accusant son confrère d'extrémisme...
On y voit la foule s’indigner de "la provocation" faite par le "groupuscule" Génération identitaire", écrit le HuffPost, venu "perturber" la manifestation "en hommage" à Adama Traoré," ce samedi 13 juin place de la République à Paris.
  
Au milieu du brouhaha et des cris de protestation, l’insulte “sale juif” est entendue à, au moins, six reprises. Qui l’ "assène" [?]? 
Impossible de le savoir. La vidéo ne permet pas de voir si ces insultes antisémites sont proférées par une ou plusieurs personnes et celle du Parisien ne simplifie pas la tâche de la justice.... 
En outre, impossible également de percevoir dans cette séquence la réaction des manifestants, "assène" le HuffPost. L’article publié sur le site de l’hebdomadaire [ne pas le nommer deux fois?] ne donne pas plus d’informations et attribue ces cris à “des manifestants” mêlés au reste de la foule. 

Le HuffPost passe à l'offensive, en soutien des indigénistes anti-sémites.
"Sans attendre davantage d’explications, la droite et l’extrême droite ont désigné l’ensemble des participants comme complices de ces insultes," mais le site du groupe Le Monde - dont Anne Sinclair fut un temps directrice éditoriale de cette version française de la maison-mère américaine (groupe Oath) -  n'observe pas que les anti-racistes ne tentent nullement de faire taire les brebis galeuses dans leurs rangs : sont-ils aussi indulgents, au Monde, s'agissant des policiers égarés?

“L’antiracisme qui hurle ‘sales juifs’ fait la preuve de son ignoble racisme! Et bravo aux jeunes de Génération identitaire qui ont le courage de dénoncer le racisme anti-blancs”, a tweeté l’eurodéputé RN, Gilbert Collard, indignant le journaliste Romain Herreros, beaucoup moins sévère avec les antisémites
"‘Sales juifs’, c’est ce qu’on peut entendre dans les fausses manifestations anti-racistes vrais rassemblements haineux d’extrême gauche", a "renchéri" [Herreros] le député LR Eric Ciotti.

A en croire le HuffPost, aucun acteur politique de gauche n'a condamné cette manifestation antisémite. 

De son côté, la préfecture de police de Paris a immédiatement réagi. 
"Le préfet de Police signale ces propos antisémites [le mot est faible] à la justice”, a tweeté la préfecture.  
 Préfecture de Police ✔@prefpolice "Sales juifs" scandé par les manifestants. Le préfet de Police signale ces propos antisémites à la justice. 5 803 17:27 - 13 juin 2020

VOIR et ENTENDRE la scène sans manipulation du document, avec le son litigieux, pour accéder à l'information que le HuffPost tente d'occulter:

Ce qui a fait perdre ses nerfs à Jean-Luc Mélenchon. 
"Un communiqué de la préfecture de police incite à la haine," assure-t-il... 
Et il accuse le ministère de l'Intérieur de "colporter des ragots antisémites". Méthodes indignes pour diviser, semer la haine et défigurer la marche pacifique des antiracistes”, a "réagi" [accusé ?] le leader de la France insoumise (LFI). 

Sur les réseaux sociaux, plusieurs participants à la marche s’offusquent de l’amalgame fait par leurs détracteurs, notent le journaliste Herreros.
Depuis son ordinateur, il souligne, comme les images du HuffPost en attestent, que ce sont surtout des chants antifascistes qui étaient scandés quand Génération identitaire déployait sa banderole. Dommage que la bande-son n'atteste pas le bien-fondé de cette accusation.      

"Reste maintenant à la justice de faire toute la lumière sur ce qu’il s’est passé sur le parvis de la place de la République," note finement Herreros. 

Du côté des identitaires, 12 "activistes" (pour le coup !) ont été interpellés et placés en garde à vue après leur action menée sur le toit d’un immeuble, a indiqué une source policière à BFMTV. 

mercredi 10 juin 2020

BlackLivesMatter met à genoux Mélenchon, Jadot, Faure et Roussel

L'ultra-gauche anti-flics racisée américaine met à ses pieds la gauche française 

LFI, EELV, PS et PCF mettent un genou à terre devant George Floyd

Place de la République, ce mardi 9 juin

A Paris, des manifestants se sont rassemblés place de la République en mémoire de George Floyd. Des têtes d'affiches de la gauche - radicale, voire extrême et de l’écologie totalitaire, comme Jean-Luc Mélenchon (LFI) ou Yannick Jadot (EELV) - ont même posé un genou à terre, geste de capitulation, à l'imitation du candidat démocrate à la présidentielle américaine, Joe Biden, 
Joe Biden relance sa campagne dans une Amérique embrasée par la ...

ou le démagogue Québécois Justin Trudeau (ci-dessous).

 Justin Trudeau pose un genou à terre contre le racisme (vidéo)

A l’appel notamment de SOS Racisme, des manifestations se sont rassemblés en France, pendant les obsèques de George Floyd à Houston, Etats-unis. A Paris, ils n'étaient que quelques centaines, place de la République. 
Ce mardi 9 juin, certains meneurs de la gauche rose,  rouge, noire et verte ont pris parti contre les policiers de leur pays, tels Jean-Luc Mélenchon (LFI), Yannick Jadot (EELV), Fabien Roussel (PCF) ou encore Olivier Faure (PS). Ils se sont même agenouillés durant les 8 minutes 46 de silence, pour s'associer à cet Afro-Américain décédé à la suite d’une interpellation policière à Minneapolis le 26 mai dernier. 
Image
Les suiveurs socialistes Faure et Kanner

Cette mobilisation à Paris était soutenue par plusieurs syndicats de lutte - dont la CGT, la FSU et l’Unsa - mais aussi par des partis politiques de gauche et d’extrême gauche (EELV, PS, LFI, PCF). Des organisations étudiantes et lycéennes (Fage, Unef, UNL) et des associations et ONG, comme la Ligue des droits de l'homme, le MRAP ou le CRAN,participaient aussi à la démonstration médiatique. 

Mélenchon, heureux des récents propos de Castaner 


Une "prise de conscience" émerge "contre l'horrible contamination du racisme
, là où on ne voudrait pas le voir, dans un corps important, la police," a pointé le chef de La France insoumise.
 
Jean-Luc Mélenchon, qui critiquait encore récemment la lâcheté de Macron resté muet face aux manifestations de rue, ajoute : "Il faut en finir avec le déni." 

L’ancien candidat à l’élection présidentielle n'hésite pas à stigmatiser la police: "la police nationale doit être reprise en main". Pour cela, Mélenchon "invite les policiers à dénoncer leurs collègues quand ils sont racistes et violents". 
Une incitation similaire à la tonte des femmes qui avaient eu des relations avec des occupants allemands. Cette marque d'opprobre qui, à la Libération de la France, a eu "pour fonction d'enlaidir ces femmes" et pour volonté, leur désexualisation, visait à détruire en elles l'image de la féminité. La dénonciation des policiers préconisée par Mélenchon a desrelents pareillement nauséabonds, quand il désigne les policiers à la vindicte populaire ou quand Castaner porte atteinte à leur virilité en les privant des moyens s'assurer le maintien de l'ordre.  

Mélenchon confie également avoir apprécié le fait que Christophe Castaner se soit rendu compte que "des gestes peuvent tuer". 
Pour mémoire, lundi 8 juin, le ministre de l’Intérieur a tenu un discours prônant notamment une "tolérance zéro" contre le racisme jugé "inacceptable", exigence qu'il n'impose pas à l'encontre des délinquants. 

Ce mardi matin, il a aussi annoncé qu’il sera "parfaitement à l’aise" - ce dont on ne doute pas ! -  à l'idée de poser un genou à terre. Le ministre tolère d’ailleurs d'autant mieux ces mobilisations anti-racistes racisées, que, "dans les faits", elles restent interdites dans toute la France, en vertu d'un décret interdisant en effet les rassemblements de plus de dix personnes dans l’espace public en raison de l’épidémie de coronavirus !

dimanche 7 juin 2020

Manifestations anti-racistes: LFI et LR divergent sur les accusations de violences policières

Mélenchon juge les syndicats de police "indignes", Abad s'inquiète d'une montée de "haine anti-flics"

La photo de l'accolade. C'était en janvier dernier. / © f3nord
Cambrai, janvier 2016 : la photo de Thierry Keup,
 qui avait embrassé un CRS

Le chef des Insoumis Jean-Luc Mélenchon a dénoncé samedi le comportement "indigne" des syndicats de police
Le patron des Républicains à l'Assemblée nationale, Damien Abad, alerte en revanche contre une poussée de "haine anti-flics", alors que des manifestations inspirées des USA en campagne des présidentielles contre des violences policières se sont tenues dans plusieurs villes de France.

"Les syndicats de police se comportent d'une manière indigne", a affirmé le leader de la France Insoumise lors d'une conférence de presse à Marseille.
Et de suggérer que nos policiers ne sont pas républicains... "On a besoin de policiers républicains," avant de se reprendre: "et en effet il y a des policiers républicains et heureusement pour nous tous. Il y en a plein à la police, mais ceux-là ils souffrent", a discriminé le député d'extrême gauche des Bouches-du-Rhône.

"Ce n'était pas comme ça il y a encore une période récente", a-t-il insinué, estimant que "la racine de tout ça, c'est un pouvoir politique qui est dans la main des syndicats de police qui font ce qu'ils veulent". Comme le font les enseignants dans la main du SNES-FSU, responsable du formatage des jeunes esprits malléables jetés dans la rue, poings levés. 

Mélenchon fait les questions-réponses; "Et pourquoi le font-ils ? Parce que dans la période 'Gilets jaunes', ce sont eux qui ont tenu à bout de bras la survie du régime. Le pouvoir politique visé est donc celui de Macron. Et depuis cette date, M. Castaner leur dit +oui+ à tout ce qu'ils disent et à tout ce qu'ils font et est incapable d'avoir de l'autorité", a-t-il estimé.

Mélenchon s'est également attaqué la Garde des Sceaux "qui ne fait rien" ou qui appelle à des "consignes d'injustice et de sévérité pour les peines qui ont été prononcées contre les 'Gilets jaunes'".

La droite républicaine s'inquiète davantage de la mise à mal du vivre ensemble

Il n'y a "pas de racisme systémique, au sens de l'organisation par la police ou par la gendarmerie d'un racisme institutionnalisé et organisé, " a jugé Damien Abad, député de l'Ain, sur Europe 1.
En revanche, la police n'échappe pas aux critiques du fait de "certains individus qui effectivement présentent une expression raciste" et doit faire face en effet à des agressions toujours plus violentes, comme d'ailleurs dans la plupart des autres corps de métiers, dont l'enseignement.

"Ce qui m'inquiète, c'est cette fracture qu'il y a dans la société française, avec ce double risque, ce double écueil: d'un côté, cette haine anti-flics qui va poser beaucoup de problèmes en termes de sécurité et de maintien de l'ordre public, et de l'autre, effectivement des excès dans ce qui peut parfois être des dérives individuelles sur des formes de racisme qui sont tout à fait inacceptables", a-t-il poursuivi.

Interrogé sur l'ouverture d'une enquête par le Parquet de Paris sur des messages racistes attribués à des forces de l'ordre sur sur un compte privé Facebook, il a estimé qu'il faut "d'abord de la pédagogie et ensuite de la sanction". "Si les faits sont avérés", les policiers mis en cause devront "s'expliquer" devant le conseil disciplinaire "sur un certain nombre de propos", a-t-il ajouté.

L'onde de choc provoquée par la mort de George Floyd aux Etats-Unis continuait de se propager samedi dans le monde. 
En France, l'extrême gauche a animé, contre les violences policières, des manifestations anti-racistes dans plusieurs villes, à l'imitation de la gauche américaines, mais interdites du fait de l'état d'urgence sanitaire Covid19 et des mesures de distanciation physique.

samedi 18 avril 2020

Union nationale: Julien Bayou tente de se blanchir en accusant Mélenchon

Julien Bayou répond à Mélenchon "pour en finir avec la fable de l'union nationale"

Mélenchon a reproché à EELV de soutenir la mise en place d'un "gouvernement d'union nationale"

Madinin'Art | Page 52

Yannick Jadot a émis l'idée d'un "Grenelle du monde d'après". 
Dans le JDD du 5 avril, il a présenté l'idée de l'union de partis (à l'exception du Rassemblement national), syndicats et ONG, reprise par Europe Ecologie-Les Verts (EELV) quelques jours plus tard. 
Les pseudo-intellos, mais vrais bobos perchés, de l'écologie craignent en effet pour l'après-coronavirus un retour au "libéralisme béat" du monde d'avant.

Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon a accusé Julien Bayou de vouloir "un gouvernement d'union nationale". 
Dans une lettre ouverte que nous publions, le secrétaire national d'EELV - ex-amateur d'agitprop, notamment dans le collectif Jeudi noir - lui répond longuement. S'il rejette le terme, l'écologiste affirme ne pas vouloir se poser "comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit" qui touche le gouvernement, mais "chercher à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur". Julien Bayou s'interroge aussi sur la stratégie de La France insoumise et appelle ses militants à "rompre les rangs".

La lettre ouverte de Julien Bayou est d'une violence rare

"Cher Jean Luc,

Dans un billet de blog du 10 avril, tu m'accuses, il n'y a pas d'autres termes puisque tu campes en procureur, de vouloir construire 'un gouvernement d'union nationale'. Je laisse de côté le fait que si tu avais des doutes sur l'orientation politique qui est la mienne, nous aurions pu en discuter. C'est accessoire, mais éloquent sur ta volonté de nous disqualifier. Ton affirmation est d'une mauvaise foi qui confine au baroque. Je prends donc la plume pour, en te répondant, exposer ma pensée politique. Tu pourras la juger frustre. Elle sera claire.

Pour dire les choses brièvement : je ne défends pas l'idée d'un gouvernement d'union nationale. Ce n'est pas ma volonté, ni celle de la direction politique issue de notre dernier congrès, ni celle de nos mandant-es, celles et ceux qui dans notre mouvement ont le dernier mot [allusion perfide]. Voilà la vérité simple et drue. Toutes les fictions du monde n'y changeront rien, malgré tes talents de narrateur.

Un gouvernement d'union nationale, dont le macronisme serait le centre, aggraverait les problèmes du pays

Amazon.fr - Désobéissons pour sauver l'Europe - Bayou, Julien - Livres
Les écologistes que nous sommes ne défendent pas l'idée d'alliances bâties de bric et de broc et basées sur la supposée bonne foi des contractants. Les lois de la physique politiques sont immuables : la question du centre de gravité de toute alliance est la question fondamentale. Un gouvernement d'union nationale dont le macronisme serait le centre aggraverait les problèmes du pays, nous en avons la conviction profonde. Nous proposons non pas une coalition politique, mais un dialogue social de grande envergure sur l'avenir du pays. Un Grenelle du monde d'après. Ce n'est pas la même chose. Nous proposons de réunir dans une négociation large l'ensemble des acteurs politiques et sociaux du pays. Pourquoi en exclure le Rassemblement national? Parce que mon idée est que le Rassemblement National n'est pas un parti républicain.[16,14% des électeurs français - 7.679.493 - ne sont donc pas des Républicains...] Comme je ne pense pas un instant que toi qui militait pour son interdiction dans les années 90 tu souhaites les convier à discuter de l'avenir du pays, tu comprendras que je les exclue du champ des participants au Grenelle du monde d'après.

Quelle est notre démarche? Nous avons choisi, dans le moment de crise que nous traversons de ne pas ajouter à l'effarement qui a saisi notre pays, en déclenchant un bras de fer avec le pouvoir en place. Les sujets de désaccords ne manquent pas entre nous et le gouvernement actuel. Mais notre pari n'est pas de nous poser comme seule opposition valable aujourd'hui, en espérant profiter demain du discrédit qui touche un pouvoir dont la politique apparaît chaque jour davantage comme un accélérateur de nos maux.

Nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective

Nous faisons au contraire le pari d'une sortie de crise collective pour enclencher le sursaut dont la France et notre planète ont besoin. Deux visions s'affrontent ici. Soit on pense que tout se réduit à la question des desiderata du locataire de l'Elysée, et dans ce cas, on ne prône qu'une seule chose, le remplacement de l'actuel président de la république par un autre Jupiter en 2022. Dans cette vision le changement d'homme est tout : il suffit de remporter la présidentielle pour que les planètes s'alignent et que le monde change. Soit on pense que le changement de modèle dont nous avons besoin ne pourra provenir que d'un effort collectif pour sortir notre système de l'orthodoxie libérale dans laquelle il s'est engoncé au fur et à mesure des années, y compris sous des gouvernements qui se réclamaient de la gauche.

Notre proposition d'un Grenelle du monde d'après ne vaut absolument pas quitus pour le macronisme. Elle représente même l'inverse. Nous voulons contraindre l'actuel gouvernement à changer de cap pour se mettre au diapason de la demande sociale du pays et de l'urgence environnementale. Mais nous ne prétendons pas imposer seul-es ce changement. Nous croyons à la société mobilisée. A la délibération collective. Au jeu des acteurs sociaux. Au choc des intelligences. Voilà pourquoi nous demandons des discussions publiques, transparentes, ou chaque organisation, politique, syndicale, associative défendrait ses positions. Nous pensons, par exemple, que les propositions portées par la convention citoyenne sur le climat, pour parcellaires qu'elles soient, ne doivent pas rester lettres mortes. Elles représentent même une bonne base de discussion pour engager la transition écologique sans plus attendre. [Soit quitus donné à EELV]

Il en va de même des propositions portées par le pacte du pouvoir de vivre ou la coalition 'plus jamais ça' qui ont en commun de refuser la fracture entre les enjeux environnementaux et les questions sociales. La société fourmille d'initiatives. Il ne s'agit pas de remplacer un Jupiter par un autre, pas plus que de marcher sur les corps intermédiaires et syndicats en prétendant les récupérer, les organiser ou en prendre la tête : il faut se mettre à leur service pour construire ensemble le débouché dont le pays a besoin.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change.


Je peux entendre que le mot 'Grenelle' soit galvaudé, discrédité par les trompe-l'œil environnementaux de Sarkozy ou plus récemment la piteuse tentative de ce gouvernement de gagner du temps au lieu d'agir face au fléau des violences faites aux femmes. Mais qui peut dire que les Accords de Grenelle de 1968 n'ont pas apporté aux travailleur-ses la satisfaction de revendications de longue date, quand bien même ces négociations expresses se sont tenues à l'initiative d'un gouvernement de droite? Si Matignon n'est pas le bon endroit pour accueillir ces discussions, pourquoi ne pas imaginer que le Conseil Economique Social et Environnemental puisse accueillir ces négociations s'il offre un terrain plus favorable, comme le suggère entre autres France nature environnement?

Les idées neuves doivent trouver leur place dans le moment que nous traversons. Cela ne se fera pas sans une mise en mouvement de l'ensemble de la société. Chacun sait par exemple que je me bats depuis longtemps pour un revenu universel. Je voudrais que dans la situation de fragilité sociale du pays révélé et exacerbée par la pandémie qui nous frappe, les uns et les autres soient mis au pied du mur et soient sommés de dire les yeux dans les yeux aux Françaises et aux Français pourquoi une telle mesure leur est refusée. Dans le cadre d'un Grenelle du monde d'après, je gage que ce serait possible, tout comme la mise en place d'une garantie sur les loyers ou la mise en place de conditionnalités sociales et environnementale aux aides aux entreprises.

Malgré tes quolibets, je persiste et je signe donc. Nous ne voulons pas attendre la prochaine élection présidentielle pour que la politique menée change. Nous ne faisons l'impasse sur aucune occasion de transformer la société. Nous voulons réorienter maintenant le cours des choses. Sans attendre une élection que tu as déjà perdue à deux reprises mais qui t'obsède au point d'obstruer ta lucidité.

Nous devons proposer un imaginaire [sic] post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance

Jeudi noir
Une bonne partie de ce qui va structurer l'état de la planète de l'Europe et de la France se joue dans les prochains mois. Nous devons proposer un imaginaire post-crise qui ouvre d'autres solutions que le dogme de la croissance, que la priorité donnée au court terme sur le long terme, que l'obsession pour la rentabilité. Investissements dans les services publics, dans la transition écologique, lutte contre la pauvreté et création de nouveaux droits, indépendance des médias… Nous devons proposer un sursaut.

Je pourrais conclure ici, mais je veux vider la querelle définitivement que tu engages, pour permettre demain un dialogue plus constructif.

A l'appui de ce qui te tient lieu de démonstration, concernant ma soi-disant adhésion à l'idée d'union nationale, tu cites la 'groko' [grande coalition, en Allemagne]. L'insinuation remplace ici toute forme de raisonnement : si d'aventure outre-Rhin, les écologistes soutiennent une grande coalition alors c'est que les Verts français y sont aussi favorables. Ce quasi-syllogisme est vieux comme l'injustice : si ce n'est toi, c'est donc ton frère… Si la germanophilie qu'on te connaît te conduit à penser que les verts allemands constituent un modèle, libre à toi. Mais nous savons pour notre part que l'organisation politique de l'Allemagne permet et favorise des configurations politiques qui ne correspondent ni à notre culture démocratique ni à nos inclinaisons. C'est un objet de discussion permanente avec nos partenaires verts allemands. Nous leur souhaitons le meilleur et serions ravis qu'ils arrivent au pouvoir en Allemagne dans le même temps où nous-mêmes le ferions en France. Mais notre solidarité n'exclut ni la vigilance ni la lucidité. Nous n'envisageons aucune combinaison de ce type.

Il faut aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. 

Notre projet, et c'est, je le pressens, la raison pour laquelle tu nous poursuis de ta mauvaise foi, est plus ambitieux. Tu nous vois, à raison, comme des concurrents sérieux. Nous voulons construire l'écologie politique comme force motrice du changement qu'il nous faut conduire. Nous n'avons vocation à être les supplétifs de quiconque. Ni ceux du macronisme qui aggrave la crise qu'il faudrait endiguer, ni ceux du dégagisme que tu prônes.

Nulle arrogance ni volonté d'hégémonie de notre part, mais devoir d'entraînement : nous cherchons à créer les conditions d'un basculement politique de grande ampleur. Pour y parvenir, il faut et nous l'assumons, aller chercher celles et ceux que nous n'avions pas encore convaincu mais qui aujourd'hui ont le cœur disponible et l'esprit disposé. L'intelligence collective chemine à dos de catastrophe : la volonté d'échapper au désastre décille les yeux des plus récalcitrants. Nous assumons donc de nous dégager du clivage droite gauche défini par des siècles de lutte politique et sociale. Il demeure, mais ne peut être le clivage unique. De la même manière le clivage entre le peuple et la caste, qui recèle sa part de vérité inexorable, ne nous semble pas être susceptible de créer les conditions du sursaut car il n'indique aucune direction. Pour nous c'est la conscience écologique grandissante qui peut arracher des millions de personnes au confort de leurs certitudes anciennes, les amenant ainsi à choisir une alternative politique au système destructeur en place. En clair, l'écologie n'abolit aucun clivage. Elle appelle cependant à les redéfinir. 

Bayou et Génération précaire
Si je réponds longuement et publiquement à tes calomnies, et non dans le secret d'un sms, c'est parce que tu as choisi d'inoculer le poison du doute dans les esprits. Or, la période réclame de la clarté. Puisque tu prétends édifier sur mes supposées intentions le public qui te lit, qu'il me soit permis d'apprécier et qualifier en retour la stratégie que tu poursuis.

Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes?

Tu fais de la division permanente le moteur de ton renforcement politique. Ce faisant tu creuses à belle pioche le tombeau de l'alternative que tu dis appeler de tes vœux. Après l'élection présidentielle de 2017, au lieu de chercher à rassembler les forces qui pouvaient s'opposer au nouveau pouvoir, tu as préféré renforcer ton seul mouvement, avec les conséquences que chacun connaît. Plutôt que de gloser sur les tristes intentions dont tu nous affubles, peut-être pourrais-tu faire le bilan politique de la perspective que tu proposes? Pardon d'user d'une métaphore guerrière dont je ne suis guère familier, mais si personne ne peut mettre en doute la vaillance des troupes militantes de la France Insoumise, on peut s'interroger sur la stratégie du général.

Dans un monde confiné par le coronavirus, tu t'avances en majesté, tenant en tes mains un programme qui n'est pas le fruit du travail d'un seul, mais la somme du labeur de toutes celles et ceux qui ont fait don de leur contribution intellectuelle à l'avenir en commun. Tu dis 'voilà ma contribution', mais chacun comprend que c'est pour toi bien davantage. Rappeler à chaque occasion ton score de la dernière élection présidentielle ne fait pas sens. Beaucoup pensent, certes, que tu as ramené au vote humaniste et de transformation sociale des personnes qui, ne se sentant pas représentées, auraient pu s'abstenir, ou voter RN. Nous t'en faisons crédit. Mais on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve. Nous respectons les millions d'électrices et d'électeurs qui ont porté leurs suffrages sur ta candidature en 2017. Mais ces voix ne te confèrent aucun magistère moral, aucune sorte d'autorité naturelle, aucun passe-droit. Ni césar ni tribun ne nous seront d'aucune utilité pour le fardeau joyeux qui nous incombe. Nous devons reconstruire l'ordre du monde.

La crise que nous traversons révèle que nous avons besoin de collectif et d'humilité. Elle nous appelle à respecter l'humus et à nous méfier de l'hubris. Hier, dans un emportement évident, tu disais 'la République c'est moi'. Désormais, dans un entêtement solitaire, tu prétends incarner l'alternative à toi tout seul. Cette pente égotiste est mortifère.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : 'insoumises et insoumis, rompez les rangs'.

Les prétendants à la magistrature suprême ont tendance à penser qu'ils doivent affirmer une identité politique distincte de celle de tous les autres candidats pour délimiter le champ de leur légitimité. Cette pensée relève du marketing. Pas de la construction d'un bloc politique et social porteur d'une alternative majoritaire. Pour qui veut réellement la victoire de nos idées, la question essentielle est celle de la construction lente mais déterminée d'une convergence démocratique inédite. Je gage qu'il n'y a pas d'autre chemin.

Pour que les choses soient claires, je dis donc la chose suivante : “insoumises et insoumis, rompez les rangs'. Cessez de répéter les arguments bilieux que nous devons subir ad nauseam. Finissez-en avec l'acharnement de meute en ligne qui vire au pilonnage des journalistes ou militant-es qui ont le malheur de vous déplaire. Votre révolte vaut mieux que ça. Ce que nous avons à accomplir ensemble est grand.
La "méthode Collomb", une politique anti-réfugiés qui ne dit pas ...
Les migrants accueillis à l'université Lyon II manifestent
devant le lieu d'expulsion 
N'attendons pas les consignes : affrontons les sujets qui fâchent, car il y en a. Et travaillons les points de convergence, car ils sont encore plus nombreux. Cultivons le commun davantage que le séparatisme de chapelle. Réfléchissons sans œillères. Discutons sans détours. Rassemblons sans relâche."


mardi 17 mars 2020

Coronavirus : Mélenchon craint le recours aux "pleins pouvoirs" par Macron

Mélenchon veut que "l'Assemblée nationale puisse continuer son travail"

"La démocratie ne doit pas être mise au placard" pendant la crise du coronavirus, insiste le chef de La France Insoumise. 

Résultat de recherche d'images pour "pleins pouvoirs""Nous ne votons pas les pleins pouvoirs au gouvernement," a-t-il martelé.
Devant la grave crise sanitaire du coronavirus qui s'annonce et la tentation d'autoritarisme de Macron, Jean-Luc Mélenchon s'inquiète pour la démocratie, alors que l'hypothèse d'un report du second tour des élections municipales est devenue un fait. Réclamée par une partie de l'opposition - dont deux députés LFI, François Ruffin et Alexis Corbière -, la mesure a été prise par l'exécutif en lien avec le conseil scientifique - dont on ne connaît pas l'identité des membres - et l'opposition, lundi. 
Mélenchon dénonce un mensonge :
"La démocratie ne doit pas être mise au placard", a mis en garde de son côté le chef des Insoumis dimanche 15 mars après l'annonce des premiers résultats du premier tour.

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France Insoumise, s'est exprimé à l'issue du premier tour des municipales.
"Ne pas mettre la démocratie entre parenthèses"
Résultat de recherche d'images pour "pleins pouvoirs""Je demande que l'Assemblée nationale puisse continuer son travail", a-t-il également demandé, alors qu'une dizaine de député(e)s étaient déjà déclarés contaminés au Covid-19, jeudi, ainsi que quatre membres du personnel et deux collaborateurs de l'Assemblée. Les quatre derniers en date sont les LREM Sandrine Mörch et Raphaël Gérard, après le chef de file des communistes André Chassaigne et la députée UDI Maina Sage, tous les cas confirmés étant "en situation d'isolement". Les députés précédents sont les socialistes Michèle Victory et Sylvie Tolmont, les marcheurs Guillaume Vuilletet et Elisabeth Toutut-Picard, ainsi que Jean-Luc Reitzer, du groupe LR, seul député à être sévèrement atteint. La LREM Claire O'Petit s'est d'elle-même placée en quarantaine. "Dans des conditions de protection sanitaire et de responsabilité, cela va de soi, mais il ne peut pas être question de mettre la démocratie entre parenthèses", a également soutenu Jean-Luc Mélenchon. 

L'Insoumis a prévenu que les parlementaires ne votent pas "les pleins pouvoirs au gouvernement".
"Nous votons les pleins pouvoirs au peuple et à ceux qui les représentent. Nous votons les pleins pouvoir à notre capacité à être un peuple uni et rassemblé», a-t-il affirmé. "Et pour que nous puissions l'être, il faut que nous restions libres et que nous soyons en condition d'exprimer nos opinions pour apporter toute la richesse de notre concours au travail commun", a expliqué l'ancien candidat à l'élection présidentielle.

Mélenchon met en garde le gouvernement.
Pour être efficaces, il faut que "les gens puissent s'organiser en connaissance de cause", a-t-il demandé. Le chef des Insoumis a toutefois prévenu : "La discipline n'est acquise qu'à la condition qu'on consente à l'autorité. Il faut qu'elle soit légitime et aussi cohérente que possible". 

Ainsi, le député des Bouches-du-Rhône prévient que l'exécutif n'a pas intérêt à "tirer profit de la situation pour passer, comme la dernière fois, des mesures impromptues comme ce 49-3 entre deux dispositions sur le coronavirus". Le recours à cet article de la Constitution, permettant de faire passer un texte de loi "en force" - tout en soumettant au vote la responsabilité du gouvernement - a été utilisé fin février pour adopter en première lecture le projet de loi sur la réforme des retraites.

"Le plus important, c'est notre vie commune, c'est notre démocratie, c'est notre patrie", a conclu Jean-Luc Mélenchon.