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mercredi 31 juillet 2019

Castaner qualifie d’"attentat" le saccage d’une permanence LRM à Perpignan

Christophe Castaner continue de tenir des propos excessifs
Le ministre de l'Intérieur énonce ses a priori fâcheux

La permanence du député LRM Romain Grau, endommagée par des manifestants le 27 juillet 2019 à Perpignan.
Jugez de l'ampleur des dommages dans la permanence du député LREM Romain Grau, le 27 juillet 2019 à Perpignan, selon Le Monde
Castaner lance des accusations avant que la justice ait pu se prononcer.
"Ils s’étaient équipés [préméditation] et ont tenté notamment d’attenter à la vie [présomption d'innocence bafouée] d’un parlementaire présent dans la permanence", a jugé le ministre de l’Intérieur lors d’un déplacement à Perpignan.


"De nombreux responsables politiques ont dénoncé, en début de semaine, une nouvelle série de dégradations de permanences de députés La République en marche (LRM), parfois emmurées ou taguées après la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), voire saccagées, comme à Perpignan (photo ci-dessus) lors d’une manifestation de « gilets jaunes » samedi." Telle est la présentation des faits par le quotidien Le Monde. Et qui sont ces nombreux responsables politiques évoqués par ce journal: dans l'ordre, Castaner, Ferrand, Dussopt, Le Gendre, Aurore Berger, Riester, Darmanin, Didier Guillaume et... Schiappa.

Ainsi que 






  •               @louis_aliot


  • Je condamne sans réserve les dégradations perpétrées par quelques individus irresponsables à #Perpignan Il est aussi scandaleux de voir que la permanence parlementaire de mon collègue
    a été dégradée. C’est par le vote que la politique changera !

    Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, est allé jusqu'à assimiler ce saccage "attaque" et "attentat" et à qualifier ses auteurs de "brutes"


    Résultat de recherche d'images pour "twitter permanence Perpignan"
    Permanence d'une superficie imposante
    offrant une surface vitrée importante à la colère citoyenne
    "C’est l’image du coucou. Les violents viennent dans le nid d’une manifestation, quelle qu’elle soit, et ensuite peuvent en profiter pour porter leur haine du système, quel qu’il soit. (…) On voit bien qu’au fond ces gens-là veulent juste détruire," a-t-il affirmé au cours d’une visite surprise à Perpignan, mercredi 31 juillet, quatre jours après les faits.



    Samedi, des manifestants, dont certains étaient cagoulés, avaient brisé toutes les vitres de la permanence où se trouvait le député de la majorité Romain Grau, et tenté d’y mettre le feu. Aucune interpellation n’a toutefois eu lieu pour l’heure.

    Le ministre de l’Intérieur a pas manqué par ailleurs d'affirmer apporter son "soutien à toutes les autres victimes d’attentats tels que celui qui a été commis samedi dernier. Et ce, quelle que soit leur couleur politique", rapporte L’Indépendant

    Castaner a ensuite tenté de justifier l’emploi du terme disproportionné "attentat".
    "Le principe de l’attentat, c’est de préparer l’acte. Là, on a des gens qui sont venus avec des bidons d’essence. Ils s’étaient équipés et ont tenté notamment d’attenter à la vie d’un parlementaire présent dans la permanence." Une corrélation douteuse - mais malveillante - car la possibilité de la présence de l'élu, un mercredi, pouvait-elle être envisagée ?
    LCI
    @LCI
    @CCastaner sur la permanence saccagée à #Perpignan :
    "Cette dégradation est un #attentat, puisque les auteurs ont acheté les bidons d'essence en amont. Ils ont tenté d'attenter à la vie d'un parlementaire qui était présent dans la permanence"


    "Les moyens de la police sont totalement engagés pour trouver les auteurs. (…) Nous identifierons les responsables comme cela a été le cas pour la quasi-totalité des actes de vandalisme, d’attaque, de dégradation, de violence ou de vol qu’on a connus pendant les manifestations des gilets jaunes ", a-t-il assuré sur des images transmises par LCI.



    Cibles d’insultes ou de violences au plus fort de la crise des Gilets jaunes cet hiver, les parlementaires se sont de nouveau mis en situation cibles : singulièrement les députés LREM qui ont voté le 23 juillet en faveur de la ratification du CETA, controversé jusqu'à l'intérieur même de la majorité.

    Il s’agit du premier déplacement seul du ministre de l’Intérieur depuis la confirmation de la mort de Steve Maia Caniço suite à une charge de police lors de la Fête de la musique, à Nantes, dans la nuit du 21 au 22 juin. 

    Castaner est sous le feu des critiques de l’opposition et d'une partie de la majorité présidentielle  dans plusieurs affaires successives. Le premier ministre, Edouard Philippe, lui a apporté mercredi matin "tout son soutien".


    Castaner, récidiviste de l'agression langagière


    Christophe Castaner avait fustigé une "attaque" à propos d'une intrusion de manifestants dans l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière
    situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, en marge du 1er mai 2019. Sous le feu des critiques indignées, encore quatre jours plus tard, certains l'appelèrent à démissionner et, lors d'un point presse, le ministre de l'Intérieur avait été amené à regretter ses excès de langage.  

    Sa propension à envenimer les situations aurait déjà justifié des excuses plutôt que de simples regrets car, depuis les faits, de nombreux témoignages ont montré que bon nombre des manifestants avaient pénétré dans le site hospitalier pour se protéger des gaz lacrymogènes.  La déclaration du ministre de l'Intérieur était mensongère, puisque des documents publiés peu de temps après révélèrent qu'il s'agissait d'un mouvement de manifestants pacifistes cherchant à fuir une charge policière. "Je n'aurais pas dû employer ce terme (d'attaque)", a-t-il admis lors d'un déplacement dans le Var. Christophe Castaner a notamment concédé qu'il aurait plutôt dû évoquer, comme la directrice générale de l'hôpital, "une intrusion violente", encore que les intrus ont rebroussé chemin lorsque des personnels hospitaliers leur avait signifié leur erreur : ils étaient entrés par l'arrière du bâtiment sans en avoir conscience.

    Castaner en avait repassé une couche, assurant que "
    lors de ma visite, le personnel hospitalier m'a raconté les insultes, les dégradations. Ils m'ont raconté l'intervention rapide des forces de l'ordre". "Attaque, c'est le mot qui m'est venu, a reconnu simplet. La directrice a utilisé le mot d'intrusion violente, c'est en effet mieux adapté".
    "Je ne souhaite qu'aucune polémique ne puisse exister sur ce sujet. Entrer de force dans un hôpital, ce sont des actes inadmissibles et des actes très graves, a-t-il insisté. […] Cet incident, au lieu d'être nié dans une polémique absurde devait nous émouvoir, nous ouvrir les yeux sur la nécessité d'en finir avec ce climat de violence", a-t-il commenté.

    Plus récemment, début juillet, l’intervention musclée des forces de l’ordre pour déloger des manifestants écologistes sur le Pont de Sully à Paris était "parfaitement légitime", avait jugé Christophe Castaner. 
    Le ministre de l'Intérieur reconnaît cependant "des doutes" sur ses "modalités". Une enquête judiciaire a par ailleurs été confiée à... l'IGPN.

    Des décorations a des policiers suspects 
    Mi-juillet, le site Mediapart a révélé qu'en juin dernier Castaner a décoré de la médaille de la sécurité intérieure des policiers pour leur "engagement exceptionnel dans le cadre des Gilets jaunes"
    Or, parmi les médaillés, au moins cinq agents sont impliqués dans des enquêtes judiciaires concernant des violences policières.
    Parmi ces policiers, on remarque le chargé des opérations de maintien de l'ordre lors d'un rassemblement en mars dernier à Nice, au cours duquel la militante Geneviève Legay a été projetée au sol, grièvement blessée à la tête. Même la compagne du policier, chargée de l’enquête sur les violences commises ce jour-là, a été décorée. 
    Un capitaine de police auditionné dans le cadre de l'enquête sur le décès de Zineb Redouane a également été décoré, tout comme le commissaire de police qui aurait donné l'ordre d'utiliser des gaz lacrymogènes lors de la Fête de la musique sur le quai Wilson à Nantes, soirée durant laquelle Steve Maia Caniço a disparu dans le fleuve. Ce n'est qu'un mois après que le corps du jeune Nantais a été retrouvé noyé.

    Pourtant du côté des policiers, le bilan des premiers mois de Christophe Castaner est catastrophique. Depuis le début de l'année, 45 policiers se sont donné la mort, c'est 10 de plus que pour l'ensemble de l'année 2018.

    Mort de Steve Maia Caniço à Nantes : les oppositions réclament la vérité et la justice

    Les élus de la majorité et sa presse se satisfont d'un rapport interne de police

    Les circonstances de la mort du jeune fêtard restent confuses

    Le corps en état de décomposition avancée retrouvé dans la Loire le 29 juillet est bien celui de Steve Maia Caniço, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin, au cours d'une opération de police controversée le soir de la Fête de la musique
    Les forces de l'ordre qui ont chargé sur le quai Wilson à Nantes, le soir de la Fête de la musique, ont-elles une part de responsabilité dans la mort de Steve, un jeune animateur périscolaire.

    Une information judiciaire "contre X" pour "homicide involontaire" a été ouverte après que les analyses dentaires ont confirmé l’identité du corps retrouvé plus d’un mois après la disparition du jeune homme de 24 ans. Deux magistrats instructeurs vont être saisis pour rechercher d’éventuelles responsabilités pénales. 

    Sans attendre leurs conclusions, le service interne d'inspection de la Police nationale et de la préfecture de police de Paris, l'IGPN, a rendu, mardi 30 juillet, un rapport publié dès le lendemain de la découverte du corps, le 29. Et il conclut que l'intervention policière, qui devait mettre un terme au rassemblement, "était justifiée et n'est pas apparue disproportionnée"

    Voici dans le détail ce qu'il faut en retenir.

    "Aucune charge" de la police, mais des affrontements

    Selon le rapport de la police des polices, les violences survenues ce soir-là sur le quai Wilson se sont concentrées entre 4h31 et 4h52 du matin, après écoute des "échanges radio des policiers intervenus". Les forces de l'ordre tentent, à ce moment-là, de faire éteindre le dernier des "dix sound systems"installés à l'occasion de la Fête de la musique, mais se confrontent à la résistance des fêtards. C'est là que les premiers affrontements ont lieu. Le rapport insiste sur le nombre important de "voies de faits" survenus ce soir-là et pointe d"très nombreux projectiles en tout genre [jetés] sur les policiers".

    En se fondant sur les vidéos collectées des événements de la nuit du 21 au 22 juin, le rapport de l'IGPN assure qu'"aucune charge [de la police] n'était mise en évidence". Le rapport fait néanmoins état du nombre de munitions utilisées par les forces de l'ordre : en vingt minutes, trente-trois grenades fumigènes, douze balles de défense et dix grenades de désencerclement ont été utilisées.

    Le rapport pointe aussi le cas de quatre CRS blessés par les jets de projectiles. S'il "n'y a pas à remettre en cause l'intervention collective des forces de l'ordre", estime l'IGPN, le rapport précise toutefois qu'une autre enquête "spécifique" et "distincte" sera menée pour un "usage de la matraque sur une personne au sol pendant l'intervention""Des coups de matraque montrés par une vidéo sur une personne au sol pourraient constituer à l'égard de son auteur, non identifié pour le moment, un usage disproportionné de la force", est-il écrit.

    8 à 14 chutes dans la Loire

    Le télégramme de fin de mission, remis par la DDSSP à l'issue de l'intervention policière sur le quai Wilson, fait uniquement état de quatre personnes tombées à l'eau entre 3 heures et 5 heures du matin. Le rapport de l'IGPN tient cependant compte des déclarations des pompiers et de l'association Sécurité Nautique Atlantique, affrétée par la mairie de Nantes pour patrouiller dans la zone ce soir-là. "Durant cette nuit, entre huit et quatorze personnes sont tombées dans la Loire sans que l'on puisse être certain du décompte effectué par les sauveteurs", explique le rapport. La première personne a chuté à 3h34, soit une heure avant les affrontements. 
    Entre 4h36 et 4h39, plusieurs appels signalent des personnes tombées dans la Loire. Le chef scaphandrier de la Sécurité Nautique Atlantique est ensuite informé "qu'une personne aurait coulé et deux autres auraient été à la dérive. [...] A 7h54, la police informait que la personne disparue avait été retrouvée dans la ville de Nantes"
    Selon le rapport toujours, "aucune des personnes repêchées" ce soir-là n'a par ailleurs déclaré être tombée à l'eau du fait de l'action de la police. "La seule certitude étant que trois personnes étaient tombées préalablement à l'intervention des forces de l'ordre", ajoute l'IGPN.

    La disparition de Steve Maia Caniço signalée au petit matin

    "Les premières investigations confirment que l'intéressé était présent à proximité des lieux de l'opération de police", selon le rapport de l'IGPN. A 5h52 du matin, un jeune homme appelle le 17 pour faire état "de la disparition de son 'copain' sur l'île de Nantes", explique le rapport, qui poursuit : "Il s'était fait gazer vers 4h30 pas très loin du 'Warehouse' et il n'avait plus donné de nouvelles depuis".
    Mais selon le document, "il ne peut être établi de lien entre l'intervention des forces de police [...] et la disparition de M. Steve Maia Caniço après 4 heures dans le même secteur"
    Le rapport de l'IGPN cite, au sujet de Steve Maia Caniço, un télégramme de police du 23 juin 2019, qui relate la disparition du jeune homme : "Le téléphone de la personne disparue déclenchait un dernier relais téléphonique à 3h16, le 22 juin 2019", est-il noté.
    "On ne peut pas dire que Steve serait tombé à l'eau du fait de l'intervention de la police. On ne peut pas dire qu'il est tombé en dehors de l'intervention non plus", estime un cadre de l'IGPN, cité par l'AFP, qui renvoie vers "l'enquête judiciaire".

    L'organisation de la mairie critiquée

    Dans ses observations, l'IGPN relève également que la mairie de Nantes "n'avait mandaté que deux agents d'une société privée de sécurité afin d'empêcher la foule attirée par les sound systems de tomber dans le fleuve proche" et qu'elle "avait fait positionner des barriérages le long d'une partie seulement du quai Wilson alors que les sound systems ont été installés jusqu'au bout du quai, ce qui a généré un risque pour le public".

    Le rapport reconnaît néanmoins que c'est le fait d'avoir fait éteindre les neuf premiers sound systems qui a entraîné "un déplacement des fêtards vers le dernier de ces points d'émission de musique situé au bout du quai, en zone non couverte par des barriérages".


    Le premier ministre lui-même demande que les responsabilités soient établies 

    Le lendemain de la découverte du corps sur les lieux même de la charge de police, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé les conclusions de l’enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) lors de sa conférence de presse en milieu d'après-midi, en présence muette du ministre contesté de l'Intérieur: selon ce service d'inspection des polices du ministère de l'Intérieur, "il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de M. Steve Maia Caniço". Edouard Philippe  a lui aussi pointé "des interrogations sur la préparation de cet événement" et a annoncé qu’il saisit l’inspection générale de l’administration (IGA), au motif que "le déroulement de cette soirée, l’enchaînement des faits restent confus". 
    , le Premier ministre, Edouard Philippe,Il a ainsi annoncé saisir l'Inspection générale de l'administration, pour "faire toute la lumière" sur la mort de Steve Maia Caniço.

    Pour nombre d'élus d'opposition tous partis confondus, la justice doit répondre aux nombreuses questions encore posées 

    Quelques minutes après que l'identification du corps de Steve Maia Caniço après un mois de recherches infructueuses, alors que la dépouille n'a pas bougé, plusieurs élus d'opposition ont exprimé leur indignation sur les réseaux sociaux.
    "Voilà ce qu’est devenu notre pays", a tonné Jean-Luc Mélenchon, chef LFI dans une publication Facebook ce mardi soir. "Un pouvoir qui ne contrôle plus la police parce qu’il l’a sollicitée pour des tâches dont il ne veut pas assumer la responsabilité politique".
    "À présent je lis qu’on ne 'saurait établir de coïncidence' entre la disproportion de la charge de police et la mort de Steve. Ils nous diront ensuite, je suppose, qu’on ne peut établir de lien entre sa chute dans l’eau et sa noyade, non plus", a-t-il encore ironisé sur le réseau social.

    C'est le député LFI de Seine-Saint-Denis qui a dans un premier temps eu une pensée pour la famille du défunt, avant d'exiger "la justice pour Steve." À l'antenne de BFMTV, il a détaillé sa pensée en assurant que l'IGPN ne va pas "régler la question" et Eric Coquerel a exigé l'ouverture d'une "commission d’enquête sur les circonstances de ce qui s’est passé ce soir-là".
    "Pourquoi y a-t-il eu des charges, alors que les jeunes rappelaient aux policiers que la Loire était derrière eux? Pourquoi le préfet a laissé faire? Pourquoi en arrive-t-on à la mort d’un jeune pour 30 minutes de musique supplémentaire? La vérité doit être faite sur cette terrible affaire", a-t-il encore détaillé
    Eric Coquerel
    @ericcoquerel
    Nous savons malheureusement maintenant où était Steve. A cette heure je m’associe à la détresse de sa famille et de ses proches. Mais viendra ensuite le temps d’exiger la justice pour Steve. #JusticePourSteve

    Demande déposée le 17 juillet 

    Eric Coquerel est rejoint par le député LFI de l'Ariège Michel Larive qui souligne que "nous devons vérité et justice à ses proches." En illustration de son message, ce dernier a également publié une proposition de résolution du 17 juillet passé, signée par Jean-Luc Mélenchon et l'ensemble des députés du parti d'extrême-gauche, qui réclamait déjà cette commission d'enquête.
    Michel Larive
    @Michel_Larive
    On sait mntnt où était #Steve : mort dans la Loire. Avec mes collègues de #LFI, nous réclamons une commis° d'enquête s/ l'opérat° de maintien de l’ordre du 21/6 à Nantes. Nous devons vérité et justice à ses proches à qui j'exprime mes sincères condoléances http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion2176.asp …

    Cette proposition de commission d'enquête trouve un écho chez le porte-parole du PCF et ancien candidat à la dernière élection européenne, Ian Brossat. Ce mardi après-midi, après la prise de parole d'Edouard Philippe et ce dernier a estimé qu'"à nier l'évidence, on se (couvre) de honte"... Le candidat communiste à la Mairie de Paris souhaite que "toute la lumière soit faite sur ce qui s'est passé et qui restera, pour toujours, une honte."
    Ian Brossat
    @IanBrossat
    Mourir à 24 ans, en France, un soir de Fête de la musique après une intervention policière.
    Pensées pour la famille de Steve et pour ses proches.
    Toute la lumière devra être faite sur ce qui s'est passé et qui restera, pour toujours, une honte. #justicepoursteve
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    Plusieurs personnalités politiques ont également réagi à l'instar de l'eurodéputé Yannick Jadot (EELV) qui a exigé que "la vérité et la justice s'imposent".
    "Toute la lumière doit être faite rapidement (...) c'est indispensable pour nous toutes et tous, à Nantes et bien au-delà de notre ville, dans toute la France", a aussi demandé la maire socialiste de Nantes, Johanna Rolland.
    Pour Ensemble!44, mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire (Les Alternatifs, Convergences et alternative FASE et Gauche anticapitaliste, avec trois députées: Autain, Fiat et Obono), "Steve est mort des suites de l'action insensée de la police contre des jeunes en train de finir de faire la fête de la musique" initiée par Jack Lang. 

    Olivier Besancenot, président du NPA, a exprimé son indignation dans un tweet: "Steve est mort! Assez de violences policières et de mensonge d'État! Castaner dehors!", a écrit le révolutionnaire trotskiste.
    Olivier Besancenot@olbesancenot
    Steve est mort. Assez de violences policières et de mensonges d’État ! Castaner dehors !#JusticePourSteve https://npa2009.org/communique/steve-est-mort-assez-de-violences-policieres-et-de-mensonges-detat-castaner-dehors …
    La droite n'est pas moins indignée que la gauche

    Le prénom Steve écrit avec des bougies, au pied de la fontaine de la Place Royale à Nantes, le 30 juillet 2019.
    "Personne ne devrait trouver la mort dans un tel événément", a observé mardi 30 juillet sur franceinfo le député LR Julien Aubert. Contrairement à ce qu'en dit Ouest France, la droite a exprimé sa compassion et réclamé des éclaircissements. 


    Les Républicains veulent que les responsables rendent des comptes."Pourquoi on a laissé organiser ce type de festival en bordure de fleuve ?", a lancé Julien Aubert, invité également de franceinfo. Le député du Vaucluse, secrétaire général adjoint des LR et candidat à la présidence du parti, exige qu'une responsabilité soit "endossée". "On ne peut pas sortir de cette affaire, en disant que ce n'est de la faute de personne," a insisté le secrétaire général adjoint LR.
    Et c'est la mairie de Nantes qui est visée.

    Le RN considère que Christophe Castaner est "dépassé".
    Du côté du Rassemblement national, le porte-parole du parti, Sébastien Chenu voit dans cette affaire un aveu de faiblesse du ministre de l'Intérieur? Christophe Castaner. "Nous voyons simplement que le ministre de l'Intérieur et sa stratégie, ou plutôt son absence de stratégie en ce qui concerne le maintien de l'ordre, que ce soit lors des manifestations de gilets jaunes ou pendant cette Fête de la musique (...) semblent complètement dépassés par les événements."
    Et d'ajouter que le fait que, dans cette affaire, "le premier ministre s'engage à la transparence, c'est le minimum"...


    Castaner fragilisé par son application obtuse des consignes de fermeté données par Macron

    Corbière souligne que Castaner est "très silencieux" sur la mort de Steve Maia Caniço. 
    Ce mardi 30 juillet, c'est Edouard Philippe qui,   a été envoyé en première ligne pour livrer les conclusions du rapport de l'IGPN, solennellement, depuis la cour de Matignon pendant que le ministre de l'Intérieur, renfrogné, l'écoutait au premier rang, sans dire un mot.
    Le PS élargit le débat à la politique répressive du gouvernement.

    "Je suis pour que nous puissions assurer la sécurité dans ce pays, mais
    la sécurité, ça n'est pas la surenchère, ça n'est pas la répression aveugle, ça n'est pas l'utilisation de n'importe quel moyen", a critiqué sur BFMTV Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste qui réclame, comme LFI, une commission d'enquête parlementaire.

    Le député a dénoncé une doctrine de maintien de l'ordre "effectivement flottante, pour ne pas dire inexistante", qui conduit à des "drames", avec par moments des "forces de l'ordre livrées à elles-mêmes", alors que, par le passé, "nous avons été un exemple pour le monde entier, les champions de maintien de l'ordre sans casse".
    "Désormais la question qui se pose, c'est est-ce que si je laisse mes enfants aller dans une fête, ils pourront en revenir vivants, c'est quand même incroyable d'avoir cette question qui se pose aujourd'hui dans un pays comme le nôtre", a-t-il déploré.

    "Nous devons interroger la doctrine de maintien de l'ordre dans notre pays", a affirmé de son côté Boris Vallaud, député des Landes et porte-parole du Parti socialiste. 
    Et c'est Castaner, ministre de l'Intérieur, qui est ainsi projeté sur la sellette.

    Pour Maître Cécile De Oliveira, l'avocate de la famille de Steve Maia Caniço, qui 
    s'est exprimée après que le premier ministre a annoncé que le rapport de l'IGPN dédouane la police, sa mort devient "une affaire d'Etat" et il "faut continuer à enquêter".

    lundi 29 juillet 2019

    Macron, conscient qu'il n'a pas apaisé la colère sociale

    Macron, "ce qui a créé la colère sincère d’une partie de la population n’est pas derrière nous "

    On dit même qu'il s'est vu dans la glace et s'est reconnu...

    Résultat de recherche d'images pour "langue tirée image"
    Le chef de l’Etat a estimé samedi qu’il "y a des problèmes profonds dans notre pays liés à l’injustice". Son sens aigu de la justice et sa compassion à fleur de peau le pousseraient presque à enfiler un gilet jaune... Mais le double langage est, on le sait, la marque de sa stratégie puisqu' "en  même temps", il avait provoqué les Français, dès mars 2018, estimant que les mouvements sociaux n'avaient aucun impact sur les réformes en cours en France et qu'ils ne modifieraient pas la politique de son gouvernement"L'impact" des mouvements sociaux "n'existe pas, car il est normal" qu'un pays qui mène des réformes ait à faire face à des mouvements sociaux, avait théorisé le chef de l’Etat au cours d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles. Personne alors n'était encore parvenu à le suivre dans les méandres de sa "pensée complexe" corrélant la nécessité de mener des réformes et son assurance que la colère sociale qui en résulte aurait sur elles un impact nul. 

    Résultat de recherche d'images pour "double langage de Macron"Depuis le Fort de Brégançon où le président - qui est en villégiature avec la famille de sa femme - est revenu, samedi 27 juillet, sur la "colère sincère" qui s’est exprimée ces derniers mois en France," une sincérité sanctionnée par des brutalités policières et des mutilations... 
    Il cite notamment les sept mois de manifestations des Gilets jaunes", avec une volonté de masquer tous les autres conflits sociaux en cours, telle la crise hospitalière dans les services des Urgences, ou non résolus, tel celui des fonctionnaires ou des fermetures d'usines (à Cherbourg, dans la Manche, 'Naval Group' a annoncé la fermeture de son site d’assemblage d’hydroliennes, en dépit des belles paroles des écologistes, tel Matthieu Orphelin ("Accélérons la transition écologique et solidaire") et de leur égérie, Greta Thunberg : moins de deux mois après son inauguration, le groupe dénonçant le manque de soutien public de Le Maire et Macron pour justifier son retrait, ou la fermeture des trois usines Arjowiggins, (950 emplois) fin mars 2019, ainsi que l'usine de CKB Connectivity (162 emplois, d'ici 2020), également près du Mans (cf. Stéphane Le Fol et Marlène Schiappa), ou l'absorption ds magasin Tati par le groupe Gifi, un un important investisseur publicitaire de C8 (Canal+, du groupe Bolloré), et à venir, comme l'hécatombe de salariés laissés au bord de la route, avec la relance du projet de fusion entre les deux constructeurs Renault-Fiatet le risque de cessation d'activité de l'usine Ford de Blanquefort (850 emplois) près de Bordeaux, l'usine du Japonais Ibiden (300 emplois) dans le Loiret, et le site historique de Peugeot à Hérimoncourt dans le Doubs (200 emplois) dont les salariés seront reclassés, mais dispersés sur un rayon de 80 km entre Vesoul, Sochaux et Mulhouse, ou le mouvement social qui va s'ajouter pour la protection des régimes de retraite Nul besoin donc d'être grand clerc pour considérer comme il l'a fait à plusieurs reprises que ce qui a déclenché cette colère n’est "pas derrière nous".Sans impacter les réformes, selon Macron...

    Rejetant le qualificatif de "crise" (un "coup de chaleur" sociale?), l'ancien conseiller économique de Hollande à l'Elysée (2012-2014), puis ministre de l'Economie (et de l'Industrie) au gouvernement (2014-2016) a découvert (après six années au pouvoir) qu’ "il y a des problèmes profonds dans notre pays qui sont liés à l’injustice, aux difficultés économiques qu’on connaît depuis très longtemps, parfois aux doutes qui existent, aux défis qu’on a devant nous, liés au vieillissement, au numérique, à l’écologie."
    @BFMTV
     En vacances, Macron affirme que la "crise" n’est "pas du tout derrière nous"
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    "Je pense que ceci crée des peurs, parfois ces peurs sont exploitées [!] et donc notre défi est d’y répondre", a raisonné Macron, "vigilant" et "à la tâche", lors d’une sortie promotionnelle à Bormes-les-Mimosas, où se situe le Fort de Brégançon, lieu de villégiature de certains présidents qui se nourrissent sur la bête. "Je ne crois pas du tout que ce qui a, à un moment, créé la colère sincère d’une partie de la population soit derrière nous", a insisté le président à qui personne ne demandait rien.

    "Je pense qu’il y a une partie à laquelle nous avons su répondre, il y a une partie à laquelle nous n’avons pas encore répondu, parce que ça prend du temps. Il y a aussi une colère à laquelle il n’y a pas forcément de réponses immédiates," estime-t-il, ce qui n'est pas fait pour réconforter les gens qui ne voient pas arriver les effets de ses réformes.

    Son objectif au sortir de la canicule, c'est de "redonner une perspective"

    "Il faut continuer à agir concrètement pour nos concitoyens à la rentrée", a indiqué le vacancier, en termes on ne peut plus généraux. "C’est ce que j’ai demandé au gouvernement et à redonner du sens à l’action, parce qu’il faut, non pas chercher à éteindre les peurs, mais à redonner une perspective, un cap de ce qui est vivre ensemble entre Français de manière apaisée." Bref, que du du vent et du flou, quand les Français attendent du concret. Une tâche que le président dit aborder "avec beaucoup de détermination et d’humilité" : il resterait juste à préciser ce que contiennent ces boîtes entr'ouvertes. Du vide entouré d'un beau ruban ?

    "Il y a une aspiration à un sens profond [lequel ? de quoi ?] dans notre pays et on ne l’a pas encore trouvé." 
    Evidemment, si on ne sait pas ce qu'on cherche ! Mais les vacances portent conseil...

    Interrogé sur la démission de François de Rugy, Macron qui préconise la fermeté avec les plus défavorisés en colère a prôné la "modération" au profit de son ex-ministre d'Etat, et mis en garde contre "les tweets, les polémiques, les invectives qui montent" et "parfois nous conduisent à agir et à sur-réagir".

    On notera qu'il y a l'avant et l'après Rugy: avant, les Français ne comprenaient rien à rien et il leur fallait de la pédagogie à hautes doses (les claques de Griveaux, puis les fessées de Schiappa et maintenant les cris d'orfraie (aigle à queue blanche et ample silhouette des pineraies) de la Franco-sénégalaise hyper-sensible, Sibeth Ndiaye, l'effraie à lunettes du gouvernement frappant ses proies blanches, sans discernement aucun, de l'anathème du sexisme et du racisme. 
    L'après Rugy, c'est la consigne de Macron à ses sbires de laisser les tweets vindicatifs et les excès de l'invective, pour apprendre la frugalité modération...