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mercredi 31 juillet 2019

Castaner qualifie d’"attentat" le saccage d’une permanence LRM à Perpignan

Christophe Castaner continue de tenir des propos excessifs
Le ministre de l'Intérieur énonce ses a priori fâcheux

La permanence du député LRM Romain Grau, endommagée par des manifestants le 27 juillet 2019 à Perpignan.
Jugez de l'ampleur des dommages dans la permanence du député LREM Romain Grau, le 27 juillet 2019 à Perpignan, selon Le Monde
Castaner lance des accusations avant que la justice ait pu se prononcer.
"Ils s’étaient équipés [préméditation] et ont tenté notamment d’attenter à la vie [présomption d'innocence bafouée] d’un parlementaire présent dans la permanence", a jugé le ministre de l’Intérieur lors d’un déplacement à Perpignan.


"De nombreux responsables politiques ont dénoncé, en début de semaine, une nouvelle série de dégradations de permanences de députés La République en marche (LRM), parfois emmurées ou taguées après la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), voire saccagées, comme à Perpignan (photo ci-dessus) lors d’une manifestation de « gilets jaunes » samedi." Telle est la présentation des faits par le quotidien Le Monde. Et qui sont ces nombreux responsables politiques évoqués par ce journal: dans l'ordre, Castaner, Ferrand, Dussopt, Le Gendre, Aurore Berger, Riester, Darmanin, Didier Guillaume et... Schiappa.

Ainsi que 






  •               @louis_aliot


  • Je condamne sans réserve les dégradations perpétrées par quelques individus irresponsables à #Perpignan Il est aussi scandaleux de voir que la permanence parlementaire de mon collègue
    a été dégradée. C’est par le vote que la politique changera !

    Le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, est allé jusqu'à assimiler ce saccage "attaque" et "attentat" et à qualifier ses auteurs de "brutes"


    Résultat de recherche d'images pour "twitter permanence Perpignan"
    Permanence d'une superficie imposante
    offrant une surface vitrée importante à la colère citoyenne
    "C’est l’image du coucou. Les violents viennent dans le nid d’une manifestation, quelle qu’elle soit, et ensuite peuvent en profiter pour porter leur haine du système, quel qu’il soit. (…) On voit bien qu’au fond ces gens-là veulent juste détruire," a-t-il affirmé au cours d’une visite surprise à Perpignan, mercredi 31 juillet, quatre jours après les faits.



    Samedi, des manifestants, dont certains étaient cagoulés, avaient brisé toutes les vitres de la permanence où se trouvait le député de la majorité Romain Grau, et tenté d’y mettre le feu. Aucune interpellation n’a toutefois eu lieu pour l’heure.

    Le ministre de l’Intérieur a pas manqué par ailleurs d'affirmer apporter son "soutien à toutes les autres victimes d’attentats tels que celui qui a été commis samedi dernier. Et ce, quelle que soit leur couleur politique", rapporte L’Indépendant

    Castaner a ensuite tenté de justifier l’emploi du terme disproportionné "attentat".
    "Le principe de l’attentat, c’est de préparer l’acte. Là, on a des gens qui sont venus avec des bidons d’essence. Ils s’étaient équipés et ont tenté notamment d’attenter à la vie d’un parlementaire présent dans la permanence." Une corrélation douteuse - mais malveillante - car la possibilité de la présence de l'élu, un mercredi, pouvait-elle être envisagée ?
    LCI
    @LCI
    @CCastaner sur la permanence saccagée à #Perpignan :
    "Cette dégradation est un #attentat, puisque les auteurs ont acheté les bidons d'essence en amont. Ils ont tenté d'attenter à la vie d'un parlementaire qui était présent dans la permanence"


    "Les moyens de la police sont totalement engagés pour trouver les auteurs. (…) Nous identifierons les responsables comme cela a été le cas pour la quasi-totalité des actes de vandalisme, d’attaque, de dégradation, de violence ou de vol qu’on a connus pendant les manifestations des gilets jaunes ", a-t-il assuré sur des images transmises par LCI.



    Cibles d’insultes ou de violences au plus fort de la crise des Gilets jaunes cet hiver, les parlementaires se sont de nouveau mis en situation cibles : singulièrement les députés LREM qui ont voté le 23 juillet en faveur de la ratification du CETA, controversé jusqu'à l'intérieur même de la majorité.

    Il s’agit du premier déplacement seul du ministre de l’Intérieur depuis la confirmation de la mort de Steve Maia Caniço suite à une charge de police lors de la Fête de la musique, à Nantes, dans la nuit du 21 au 22 juin. 

    Castaner est sous le feu des critiques de l’opposition et d'une partie de la majorité présidentielle  dans plusieurs affaires successives. Le premier ministre, Edouard Philippe, lui a apporté mercredi matin "tout son soutien".


    Castaner, récidiviste de l'agression langagière


    Christophe Castaner avait fustigé une "attaque" à propos d'une intrusion de manifestants dans l'hôpital de La Pitié-Salpêtrière
    situé dans le XIIIe arrondissement de Paris, en marge du 1er mai 2019. Sous le feu des critiques indignées, encore quatre jours plus tard, certains l'appelèrent à démissionner et, lors d'un point presse, le ministre de l'Intérieur avait été amené à regretter ses excès de langage.  

    Sa propension à envenimer les situations aurait déjà justifié des excuses plutôt que de simples regrets car, depuis les faits, de nombreux témoignages ont montré que bon nombre des manifestants avaient pénétré dans le site hospitalier pour se protéger des gaz lacrymogènes.  La déclaration du ministre de l'Intérieur était mensongère, puisque des documents publiés peu de temps après révélèrent qu'il s'agissait d'un mouvement de manifestants pacifistes cherchant à fuir une charge policière. "Je n'aurais pas dû employer ce terme (d'attaque)", a-t-il admis lors d'un déplacement dans le Var. Christophe Castaner a notamment concédé qu'il aurait plutôt dû évoquer, comme la directrice générale de l'hôpital, "une intrusion violente", encore que les intrus ont rebroussé chemin lorsque des personnels hospitaliers leur avait signifié leur erreur : ils étaient entrés par l'arrière du bâtiment sans en avoir conscience.

    Castaner en avait repassé une couche, assurant que "
    lors de ma visite, le personnel hospitalier m'a raconté les insultes, les dégradations. Ils m'ont raconté l'intervention rapide des forces de l'ordre". "Attaque, c'est le mot qui m'est venu, a reconnu simplet. La directrice a utilisé le mot d'intrusion violente, c'est en effet mieux adapté".
    "Je ne souhaite qu'aucune polémique ne puisse exister sur ce sujet. Entrer de force dans un hôpital, ce sont des actes inadmissibles et des actes très graves, a-t-il insisté. […] Cet incident, au lieu d'être nié dans une polémique absurde devait nous émouvoir, nous ouvrir les yeux sur la nécessité d'en finir avec ce climat de violence", a-t-il commenté.

    Plus récemment, début juillet, l’intervention musclée des forces de l’ordre pour déloger des manifestants écologistes sur le Pont de Sully à Paris était "parfaitement légitime", avait jugé Christophe Castaner. 
    Le ministre de l'Intérieur reconnaît cependant "des doutes" sur ses "modalités". Une enquête judiciaire a par ailleurs été confiée à... l'IGPN.

    Des décorations a des policiers suspects 
    Mi-juillet, le site Mediapart a révélé qu'en juin dernier Castaner a décoré de la médaille de la sécurité intérieure des policiers pour leur "engagement exceptionnel dans le cadre des Gilets jaunes"
    Or, parmi les médaillés, au moins cinq agents sont impliqués dans des enquêtes judiciaires concernant des violences policières.
    Parmi ces policiers, on remarque le chargé des opérations de maintien de l'ordre lors d'un rassemblement en mars dernier à Nice, au cours duquel la militante Geneviève Legay a été projetée au sol, grièvement blessée à la tête. Même la compagne du policier, chargée de l’enquête sur les violences commises ce jour-là, a été décorée. 
    Un capitaine de police auditionné dans le cadre de l'enquête sur le décès de Zineb Redouane a également été décoré, tout comme le commissaire de police qui aurait donné l'ordre d'utiliser des gaz lacrymogènes lors de la Fête de la musique sur le quai Wilson à Nantes, soirée durant laquelle Steve Maia Caniço a disparu dans le fleuve. Ce n'est qu'un mois après que le corps du jeune Nantais a été retrouvé noyé.

    Pourtant du côté des policiers, le bilan des premiers mois de Christophe Castaner est catastrophique. Depuis le début de l'année, 45 policiers se sont donné la mort, c'est 10 de plus que pour l'ensemble de l'année 2018.

    lundi 29 juillet 2019

    Permanences LREM saccagées: Aurore Bergé y voit un complot

    "ON cherche à générer un sentiment de peur," soupçonne la porte-parole LREM

    Mieux vaut-il mieux des taggages de permanences ou des dommages à caténaires ? 

    Résultat de recherche d'images pour "aurore berger"
    Michel Serre n'a pas survécu à cette exhib de la trentenaire
    La porte-parole de LREM Aurore Bergé a réagi aux récentes violences qui ont touché les permanences de parlementaires de la majorité, ces deux dernières semaines, comme ce samedi 28 le local de Romain Grau à Perpignan, dernier exemple en date. "Un peu moins de 200 personnes, dont 50 à 70 violentes", selon la préfecture, on démontré que le mouvement des Gilets jaunes ne s'essouffle pas. Leur mouvement converge avec celui des agriculteurs et des écologistes remontés contre la ratification du CETA. et députée des Yvelines Invitée ce lundi matin sur les antennes de BFMTV et RMC,  

    "On cherche à générer un sentiment de peur parmi les parlementaires," assure Aurore Bergé, ci-dessus en Perrette court vêtue, pour dire que ces violences sonnt inacceptables. Par la suite, l'élue des Yvelines n'a pas hésité à pointer du doigt une partie violente des manifestants Gilets jaunes, mobilisés depuis novembre dernier.
    "Je ne sais pas si ce mouvement violent et radical dans ses méthodes est encore un mouvement social. J'ai vu mes collègues subir des attaques, des voitures personnelles brûlées, des tirs à l'arme réelle en pleine rue, et des enfants assistent à ça, analyse-t-elle, se fantasmant à Beyrouth. C'est dangereux pour la démocratie". Et sûrement pour la planète !

    Le complotiste 
    Mélenchon, désigné à l'opprobre populaire

    Par la suite, Aurore Bergé n'a pas hésité à égratigner certaines personnalités politiques, dont Jean-Luc Mélenchon qui, selon elle, "laissent entendre le petite musique selon laquelle nous somme illégitimes." "Nous ne sommes pas entrés par effraction, nous avons été choisis par les Français", a assuré cette ex-membre de l'équipe de campagne d'Alain Juppé.
    Pendant deux ans, des parlementaires laissent croire cela et donnent des arguments, ils chauffent à blanc.Je considère qu'à partir du moment où il se passe cela contre les parlementaires, journalistes ou magistrats, il y a une responsabilité, c'est mauvais pour tout le monde."
    Avant de préciser le fond de sa pensée: 
    "Rien ne légitime la violence; on a le droit de débattre, mais pas de contraindre par la force. Nous avons été élus et avons travaillé sur le Ceta et nous avons le droit d'avoir des divergences en démocratie. Nous ne sommes pas entré par effraction, nous avons été choisis par les Français" 
    Et de pointer également du doigt un blog de Mediapart qui, reprenant une liste complète des députés qui ont voté en faveur du CETA, publiant les adresses des permanences et qui, selon elle, incitait à la violence.

    La bienveillante Berger craint pour sa personne consensuelle... 

    Quant à sa situation personnelle, Aurore Bergé a expliqué qu'il n'est "pas anodin quand un préfet vous dit qu'il vous faut une protection, qu'il y a un certain nombre de raisons de penser qu'il peut y avoir des attaques". L'origine de cette opération de dénonciation d'un complot se trouve clairement dans l'entourage de Castaner...

    "J'ai une collègue dont l'école des enfants a été mise sous surveillance. C'est un climat nauséabond. On n'a pas le droit de me faire peur en démocratie ni de me faire changer mon vote par la force", conclut-elle. 

    Quand la SNCF avait dû faire face à des sabotages.
    Soupçonné d'être le cerveau charismatique et idéologue d'une cellule clandestine "anarcho-autonome", Julien Coupat, 34 ans, établi sur le plateau de Millevaches, à Tarnac en Corrèze, avait été mis en examen le 15 novembre 2008 pour direction d'une entreprise terroriste et destructions en réunion: on avait des raisons matérielles de parler d' "attaques" et d' "attentats", puisqu'une dizaine de dégradations de caténaires avaient été dénombrées dans l'été... Il était soupçonné d'avoir commis des dégradations de caténaires contre des lignes à grande vitesse fin octobre et début novembre. Des neuf mis en examen du dossier, il fut le seul à être maintenu en détention.

    Le 12 avril 2018, Julien Coupat et Yildune Lévy, sa compagne, sont relaxés par le Tribunal correctionnel de Paris. Le 8 décembre 2018, lors de l'acte IV des manifestations de Gilets jaunes, il fut interpellé et placé en garde à vue et remis en liberté.

    mardi 12 mars 2019

    A Tarbes, un temple maçonnique dégradé

    Tous les méfaits du samedi soir sont-ils imputables aux Gilets jaunes ?

    L'AFP invente un complot, sans apporter de preuves: fake news malveillant ou diffamation ?

    Résultat de recherche d'images pour "loge maconnique Tarbes"La Dépêche du Midi et Midi Libre ont-ils vérifié leurs informations diffusée par l'AFP au national? 
    "Dans la nuit de samedi à dimanche, des gilets jaunes se sont introduits dans le temple maçonnique du centre de Tarbes", affirme l'AFP, sur la foi de ses confrères régionaux, propriétés respectivement de la famille Baylet, franc-maçonne, et du Groupe Sud Ouest, détenu à 80 % par la famille Lemoîne. La loge du Grand Orient de France a certes été dégradée, mais l'enquête judiciaire ouverte n'a pas livré ses conclusions. Si donc la presse ne participe pas à un complot, quoi d'autre ?

    Le Parquet de la ville révèle les faits, mais ne désigne pas les coupables. 
    "Des gilets jaunes s'y étaient introduits dans la nuit de samedi à dimanche," accuse l'AFP, dans la fiction rédigée par Clémentine Piriou, "aspirante journaliste et ex-constitutionnaliste", c'est-à-dire rien, mais tout aussi compétente - ou inspirée - pour faire le récit, repris par Libération, d'un attentat à la voiture piégée à Bogota, Colombie: le droit constitutionnel mène à tout et très loin...

    Vers minuit, "alors qu'il ne restait qu'une petite centaine de gilets jaunes dans le centre-ville, un ["homme" quand il s'agit d'un islamiste ou d'un voyou] individu masqué [donc un Gilet jaune !] a arraché l'interphone de la loge maçonnique du Grand Orient de France, selon La Dépêche du Midi, qui a diffusé l'affaire. Il s'est ensuite introduit dans le bâtiment, après en avoir ouvert le portail [la méthode est originale].
    Lors de la campagne présidentielle de 2017, le patron de presse Jean-Michel Baylet a annoncé son soutien à Macron, en dépit du soutien à Benoît Hamon du Parti Radical de Gauche (PRG) ,parti qu'il a présidé.

    "Quand la bêtise rivalise avec l'intolérance la plus crasse" (Castaner, la crasse, l'intolérance et la bêtise)

    "Plusieurs personnes se sont engouffrées dans les lieux dans un bruit de vitres brisées pour un saccage qui aura duré seulement quelques minutes", rapporte encore le quotidien régional.
    "Après les juifs, les francs-maçons... Quand la bêtise rivalise avec l'intolérance la plus crasse", a réagi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, dans un tweet insultant, dimanche. Ainsi, de manière obsessionnelle, le ministre énumère-t-il une série de cibles habituelles en temps de troubles politiques, évoquant à demi-mots les années 30. 
    Il a par ailleurs salué "l'intervention rapide de la @PoliceNationale qui a mis fin aux exactions de ces individus qui n'ont d'autre projet que la haine". Un leitmotiv.
    Avant de faire grossir la rumeur, Castaner les a-t-il identifiés ? Sont-ils de mèche ?
    Les Gilets jaunes pointés par la presse régionale de gauche sont-ils d'authentiques Gilets jaunes ou des hommes de mains au service du discrédit du mouvement ? L'enquête le dira...

    Les Frères-maçons évitent, quant à eux, d'accuser sans preuves.
    De son côté, la Grande Loge Mixte de France déplore, dans un communiqué de presse, des "actes inqualifiables (qui) s'inscrivent dans un contexte de déferlement de menaces et propos haineux à l'encontre des francs-maçons".
    Résultat de recherche d'images pour "loge maconnique Tarbes"
    "Le combat doit être encore plus ardent contre tout ce qui contribue à éroder le pacte social: remise en cause des valeurs et des principes républicains, régressions sociales, précarité, repli sur soi et dérives communautaristes", poursuit le texte.
    Cette loge mixte a été créée en 1982 avec le soutien du Grand Orient de France. 

    Stupéfiant commentaire du préfet Blondel des Hautes-Pyrénées : une "agression contre la République"
    Contre les églises, c'est un fait divers.

    jeudi 6 décembre 2018

    Les "Gilets jaunes" ne sont pas des Talibans, destructeurs du patrimoine

    Dijon possède une copie du moulage de La Marseillaise détruit à l’Arc de Triomphe
    Des dégradations ont eu lieu en marge du rassemblement contraint 
    de l'Arc de Triomphe de l'Etoile à Paris, le samedi 1er décembre 2018 
    Parmi les "gilets jaunes" parqués à l’Arc de Triomphe en haut des Champs-Elysées, samedi 1er décembre, des "casseurs" infiltrés ont endommagé un moulage de la sculpture 'La Marseillaise' du Dijonnais François Rude, à l’intérieur du monument.

    Empêchés de manifester sur les Champs-Elysées barrés par plusieurs cordons de forces de l'ordre déployées pour protéger le palais présidentiel et l'Assemblée nationale, les manifestants ont été repoussés sur la Place de l'Etoile autour de l'Arc de Triomphe et du Tombeau du Soldat qui n'étaient protégés par aucune force de police, samedi 1er décembre 2018.
    Des éléments incontrôlés ont tagué les murs de graffitis, à l'extérieur, et ont abîmé des œuvres d'art, à l'intérieur. "J'estime que les dégâts représentent plusieurs centaines de milliers d'euros, voire un million", indiquait dimanche Philippe Bélaval, le président du Centre des monuments Nationaux, lequel n'avait pas anticipé cette tournure des événements. Le monument "restera fermé au public pour plusieurs jours".
    Une enquête a été ouverte par la police pour identifier les personnes qui se sont introduites dans le monument pour le saccager. Des prélèvements ADN ont été effectués dès samedi soir, a indiqué le Centre des monuments Nationaux.

    Un moulage d'une partie d'une sculpture de François Rude représentant La Marseillaise a été endommagé à l’intérieur de l’Arc de triomphe.
    "Le Départ des volontaires de 1792", aussi appelé 'La Marseillaise' ou 'le Chant du départ', a été sculpté par l'artiste dijonnais François Rude entre 1834 et 1836. Installée sur le pilier nord de l'Arc de Triomphe, cette sculpture d'une rare puissance est connue dans le monde entier.

    'La Marseillaise' représente en effet une allégorie de la victoire. 
    "C'est une incarnation de l'allégorie de la patrie qui appelle les hommes à venir se joindre à elle", explique Delphine Christophe, directrice de la conservation du centre des monuments nationaux à France 2.
    On ne peut donc imaginer que ce saccage soit dû à un individu imprégné de la culture de ce pays, mais plutôt à un casseur que son patrimoine irrite.

    Des Talibans observent la destruction du Bouddha géant à Bamiyan, le 26 mars 2001.
    Mars 2001, dans une vallée reculée d’Afghanistan. Suite à des tirs d’artillerie et à des explosions de roches, les statues géantes des Bouddhas de la vallée de Bâmiyân furent entièrement dynamitées par les Talibans, s'en prenant déjà à des symboles religieux et culturels. La destruction de ces sculptures provoqua l'indignation du monde entier qui l'a unanimement condamnée.
    Avant les Talibans, les bouddhas géants avaient survécu à plus de 15 siècles. Au XIIIe siècle, les envahisseurs mongols saccagèrent la vallée, mais les statues furent respectées. Bien plus tard, les rois perses et afghans tentèrent de les détruire, mais ne parvinrent qu’à endommager les visages. Enfin, les multiples conflits avec les colons britanniques criblèrent les statues d’impacts de balles et de canons. Mais il faudra l’acharnement destructeur des talibans pour achever ces monuments archéologiques. Le mollah Omar avait ordonné leur destruction, jugeant les sculptures "idolâtres".


    "La Marseillaise", un symbole de la République saccagé








    "Cette œuvre a vraiment fait date, souligne Naïs Lefrançois, conservatrice du patrimoine au musée de Dijon à France 3 Bourgogne. Elle a été reprise par de nombreux artistes, surtout la figure hurlante, parce que c'est vraiment la synthèse de la sculpture romantique qui est très expressive. Ce cri qui déforme la bouche n'était à l'origine pas du tout accepté par les critiques. On se devait de représenter des visages beaucoup plus impassibles, beaucoup plus stoïques."

    La ville de Dijon possède un moulage de La Marseillaise,exposé au musée François Rude, situé dans l'église Saint-Etienne près du musée des Beaux-arts de Dijon. "Ce moulage de la sculpture originale a été commandé en 1938 pour prévenir les éventuelles destructions dans une guerre mondiale, avec notamment le développement de l'aviation et des bombardements", précise la conservatrice du patrimoine au musée de Dijon.

    Comment ce moulage est-il arrivé à Dijon ?

    L'œuvre 'Le Départ des volontaires' de 1792 mesure 11,6 mètres de haut pour 6 mètres de large. Évidemment, le moulage en plâtre réalisé à la demande du ministère de la culture en 1938 est tout aussi imposant. Il n'est pas resté longtemps dans les galeries du musée des monuments français.

    "C'est tellement grand qu'on décide de le donner à une ville qui en aurait complètement la légitimité, explique Naïs Lefrançois. On choisit Dijon parce que François Rude est né à Dijon. On attribue dès 1941 ce moulage à la ville." C'est en 1947 qu'il est installé au musée François Rude, où il est encore visible aujourd'hui. 

    L'œuvre détruite samedi à Paris à l'intérieur de l'Arc de Triomphe est également un moulage de La Marseillaise, mais il se concentre sur la tête du personnage féminin de la sculpture. 
    "Ce moulage a été réalisé plutôt à la fin du XIXe siècle, entre 1896 et 1899. Il y avait une campagne de moulage, toujours pour le musée des monuments français, parce que le moulage avait une vocation à la fois pédagogique et artistique en diffusant des œuvres qui ne peuvent pas être déplacées".

    "Le musée de Dijon possède également un moulage de la tête, qui a été fait sensiblement à la même époque, vers 1899. Il a déposé ce moulage au musée d'Orsay dans les années 1980, au moment de l'ouverture du musée. Il y a également au moins un autre moulage qui est conservé au musée des monuments français", ajoute la conservatrice.

    Comment l'œuvre détruite à Paris sera-t-elle restaurée ?


    Fichier:La Marseillaise 06-2012.jpg
    Il est peu probable qu'on fasse à nouveau un surmoulage directement sur l'œuvre originale installée à l'extérieur de l'Arc de Triomphe. "Il faudrait voir avec le musée des monuments français, qui est vraiment l'institution historique qui a réalisé ces moulages, s'il a conservé des moules. C'est très rare qu'on conserve des moules de cette taille là parce que c'est très encombrant, indique Naïs Lefrançois. On peut aussi prendre des empreintes des moulages qui existent actuellement avec de nouvelles techniques 3D et ensuite aider à restaurer cette oeuvre là."

    Un des moulages existants est-il plus fidèle qu'un autre ? "C'est justement ça qu'il faut définir. Il y a eu des moulages faits à différentes périodes. Le moulage qui a été détruit [samedi 1er décembre] datait de 1899. Fatalement, une oeuvre qu'on voit en 1899 n'a pas forcément la même tête en 2018. La pierre s'est érodée, la pollution a pu dégrader certaines oeuvres. Donc il va falloir travailler assez finement avec les spécialistes de l'artiste pour définir le meilleur moulage, le plus adapté, qui pourrait le remplacer."

    Résultat de recherche d'images pour "GROS PLAN FEMME La Marseillaise Rude"

    mardi 17 juillet 2018

    Chez Collomb à Lyon, la justice affiche sa fermeté après les scènes de pillage lors de France-Croatie

    Le ministre de l'Intérieur sera-t-il candidat à la municipale?

    Scènes de guérilla urbaine, dimanche 15 juillet 2018 à Lyon 

    Une vingtaine de prévenus, arrêtés dimanche lors de la finale France-Croatie, pour des pillages de magasins, des vols avec effraction ou des actes de rébellion sur des policiers ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel de Lyon. Les premières condamnations sont tombées 

    Le tribunal correctionnel de Lyon a affiché sa fermeté mardi, alors que comparaissaient les individus arrêtés pour la plupart en flagrant délit dimanche, que la victoire de la France sur la Croatie a déchaînés. Poursuivis les uns pour vols par effraction en réunion, d'autres pour vols ou recels, d'autres encore pour rébellion sur personne dépositaire de l'autorité publique, ils étaient accusés d'avoir pillé des magasins ou d'avoir commis des actes de violences au coup de sifflet de la victoire des Bleus




    Cette vidéo ne montre pas que les violences ont eu lieu "en marge" de la retransmission du match.

    De nombreux blessés, atteints par des jets de projectiles divers sont a déplorer.
    Un mineur de 17 ans a été grièvement blessé au visage. Il pourrait perdre l'usage de son oeil. Une plainte contre X a été déposée lundi matin.
    D'autres victimes font état de blessures sévères sur jets de canettes de bière projetées en l'air ou de gros pétards balancés sur la fan-zone. L'une d'entre elles a perdu trois doigts, un autre explique qu'il a dû se faire recoudre la poitrine sur plusieurs centimètres après avoir reçu une bouteille ... Cet habitant de Villeurbanne ne comprend pas comment des bouteilles en verre ont pu échapper à la vigilance sur cet espace dit "sécurisé" 




    Les forces de l'ordre ont dû intervenir à de nombreuses reprises dimanche, aussitôt la retransmission terminée, place Bellecour. Des "anarchistes" se sont mêlés à la foule en liesse. Juchés sur un camion "plateforme" de la ville de Lyon, utilisé pour empêcher les intrusions sur la zone sécurisée, ils ont commencé à le vandaliser et ont brisé vitre et pare-brise.
    On n'appelle pas "casseurs" ceux qui vont à l'affrontement avec les forces de l'ordre. Ceux-là ont ensuite affronté les forces de l'ordre massées rue de la Barre. Les canettes de bière ont alors fusé de toutes parts atteignant à la tête une passante qui se trouvait là. La police a alors riposté à coups de lacrymogènes pour disperser ce groupe d'une centaine d'individus, dont certains cagoulés.
    Les affrontements se sont aussi cristallisées un moment place Bellecour où le mineur de 17 ans a été grièvement blessé au visage dans un mouvement de foule sous la statue de Louis XIV. Selon les premiers témoignages, il aurait été atteint par un tir de flash-ball de la police. Son avocat, Me Michel Tallent a porté plainte contre X dès lundi matin. Il demande la saisie de la vidéo-protection pour préciser ses accusations.

    Questionné à ce sujet, le préfet de région Stéphane Bouillon est réservé : "On verra si c'est un tir des forces de l'ordre, un tir direct par rebond ou si c'est le fait des casseurs". Pour lui, toute la difficulté consistait à isoler "les trublions" des supporteurs, leur jeu consistant précisément à se fondre dans la foule en liesse, pour échapper aux poursuites. "Notre priorité, explique-t-il, était d' interdire aux casseurs l'accès à la place des Terreaux et à la place des Jacobins " pour limiter les troubles à l'ordre public.

    De fait, tout au long de la soirée, les anarcho-révolutionnaires cagoulés se sont livrés à une guerre de position avec la police entre la rue de la République et la place de la Bourse. Ici des poubelles, du mobilier urbain, un deux roues ont été brûlés . Plusieurs voitures ont été incendiées Cours Gambetta , 26 au total dont certaines par propagation.

    Plusieurs vitrines ont été vandalisées, des magasins pillés. La plupart des arrestations concernent des individus d'une vingtaine d'années ayant déjà eu affaire avec la justice pour vols, violences sur personnes dépositaires de l'ordre public et dégradation de véhicules. Ils ont été placés en garde à vue. 
    370 policiers , gendarmes mobiles, CRS et policiers de la BAC avaient été mobilisés pour la soirée. Onze d'entre eux ont été légèrement blessés dans les différentes interventions. 

    Le compte-rendu de Jean Perrier et Mathieu Boudet (JT 12/13)

    Les précisions d'Isabelle Gonzalez et Laure Crozat (JT 19H) :  

    Les premières condamnations sont tombées en milieu d'après-midi

    La police a attendu le milieu de la nuit pour procéder à une trentaine d'interpellations, dont 18 pour vols par effraction.
    Prison ferme pour les récidivistes. Prison avec sursis ou travaux d'intérêt général pour les autres. 

    "J'ai pas réfléchi ": Lenny H. est l'un des premiers à passer devant l'une des deux chambres correctionnelles réquisitionnées pour la circonstance. Ce Villeurbannais, tout juste majeur, semble un peu éberlué, surpris de se trouver là devant des magistrats ! Il reconnaît le vol d'un portefeuille de marque dans une vitrine du Printemps, qui avait déjà été préalablement défoncée."J'ai pas réfléchi", explique Lenny, qui n'a encore jamais été condamné. Un électeur ?

    Le procureur bisounours décrit une soirée de fête, où des opportunistes profitent de l'allégresse générale pour dévaliser les magasins. Il réclame 6 mois d'emprisonnement dont 4 mois avec sursis. "Ce réquisitoire me paraît excessif" décrète son avocate, qui explique qu' "il ne faudrait pas qu"il porte sur ses épaules tout ce contexte". Le tribunal le condamne à 4 mois de prison avec sursis ou 160 heures de travaux d'interêt général. 

    "C'est pas moi !"Au tour de Sofiane S. de comparaître. Pour lui, ça va être plus compliqué. Il a été interpellé à 23h30 après avoir lancé une bouteille sur les forces de l'ordre. Avec son polo très voyant, il a été formellement reconnu par un policier, qui l'a même suivi pour faciliter son arrestation. "Il a dû se tromper, c'est pas moi" riposte l'abruti. Mais son passé judiciaire ne plaide pas en sa faveur. Déjà neuf condamnations, dont une en janvier 2016 pour des faits identiques.
    Le procureur est inflexible (si ! Il n'est pas juge...) : "On assiste à des violences commises par une minorité qui prend en otage la foule pour mener une véritable guérilla urbaine". Il requiert 8 mois d'emprisonnement et un retour direct à la case prison. D'autant plus qu'il n'a pas respecté son suivi judiciaire (et il n'y a pas été contraint...). Dans sa plaidoirie, la défense estime que le témoignage du seul policier est sujet à caution et qu'il n'est corroboré par aucun autre. Un grand frère de Sofiane ferait mieux l'affaire ? Le tribunal condamne en définitive Sofiane S. à 4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt. "Là, tout de suite?" demande -t-il. Il ne comprendra jamais. 

    "Un cadeau de la rue". Les affaires s'enchaînent. Trois jeunes hommes, 26 ans et 23 ans, font leur entrée dans la cage vitrée. Entourés par de nombreux policiers, deux d'entre eux semblent familiers des tribunaux. Jounaïd S.et Foued L. ont déjà fait de la prison. "J'en suis pas fier," dit en préambule Foued, qui connaît la musique. A 26 ans, "ce jeune" a déjà 19 condamnations à son actif, parce que la société lui veut du mal. Mais il ne veut surtout pas retourner en prison. C'est sa hantise... 

    Avec un troisième larron, Saïd G, ils voulaient simplement, expliquent - ils," fêter la victoire" et rentrer chez eux à Givors par le premier train. Ils ont beaucoup bu et prétendent avoir trouvé dans la rue des maillots "Lacoste", abandonnés là. "Un cadeau de la rue", selon une formule poétique qui agace. Ils essaient quand même les vêtements quand une patrouille de police les surprend, la main dans le sac. "Je ne savais pas qu'on ne pouvait pas ramasser simplement un pull sur le sol," explique le candide Saïd. 

    Le procureur le reprend : "Il ne s'agissait pas d'un cadeau de la rue mais bien de vêtements volés avec des antivols et des étiquettes arrachées (...) Vous ne pouvez nier leur origine". Rien ne permet pourtant d'établir que les trois compères sont à l'origine du pillage du magasin. Les faits sont donc requalifiés en "vol simple". Trop belle la vie en démocratie.

    Le procureur requiert 4 mois de prison ferme pour les deux récidivistes, de la prison avec sursis pour le troisième, qui n'a pas de casier judiciaire. La défense essaiera bien d'établir que "l'infraction de vol n'est pas constituée" mais le tribunal en a entendu d'autres... Jounaïd S. et Foued L. ont droit à deux mois de prison ferme, Saïd L. de quatre mois de prison avec sursis ou 160 heures de travaux d' intérêt général. Aider les seniors à traverser la rue ?

    Derrière la vitre, Foued L. interpelle le président du tribunal : "J'ai pas compris ma peine". Une vieille habitude qui marche bien avec les profs...  Il répète à qui veut l'entendre qu'il ne veut pas repartir à la prison de Villefranche, dont il est ressorti il y a un an. Vingtième condamnation. Il dormira pourtant ce soir en prison. 
    La justice affiche ostensiblement sa fermeté et sanctionne sans tarder les auteurs des violences commises à Lyon dimanche soir. A Caen ou Rouen, il faudra voir !