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vendredi 31 janvier 2020

Dans l'affaire Mila s'opposent religion et préférences sexuelles, liberté de conscience et liberté d'expression

Après l'incitation à la haine religieuse, les attaques contre les croyants sont interdites 

Mila, lycéenne de 16 ans, est menacée de mort depuis plusieurs jours

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L'aspect homophobie de l'affaire est évacué
Sa faute est d'avoir réagi à des insultes homophobes par des insultes contre l’islam sur les réseaux sociaux, après une vidéo virulente postée sur Instagram. 
Deux enquêtes parallèles sont ouvertes, toutes deux visant la lycéenne (lien PaSiDupes).

Et la plaie de la laïcité est ré-ouverte...
Parmi les acteurs politiques, le CFCM, le premier, déclenche l'incitation à la haine le jeudi 23 janvier. Le délégué général du Conseil français du culte musulman, Abdallah Zekri, lance : "cette fille [sic] sait très bien ce qu'elle fait. Qui sème le vent récolte la tempête", déclare-t-il au micro de Sud Radio.

Marlène Schiappa lui donne raison : ""Des propos criminels, des propos coupables," qui appellent des sanctions, réagit sur France Inter la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes d'abord et les hommes.

De nombreux politiques s'emparent de l'affaire, qui relance le débat autour de la notion de blasphème

Dans une tribune au Figaro, des juristes s'inquiètent du "basculement de tous les dangers pour la liberté d'expression," à la suite de l'ouverture de plusieurs enquêtes à l'encontre de la jeune Mila, une mineure.

Un avis que ne partage visiblement pas la ministre de la Justice. 

Toute ancienne rectrice d'académie qu'elle fut,
 Nicole Belloubet tend le débat. "Dans une démocratie [pas ailleurs ? Et sans doute au 21e siècle...], la menace de mort est inacceptable (...). L'insulte à la religion c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave, mais ça n'a pas à voir avec la menace [de mort]", a estimé la ministre sur Europe 1 le mercredi suivant.

A gauche comme à droite, ces déclarations ont soulevé l'indignation.
Ex-ministre socialiste et sénatrice de l'Oise, Laurence Rossignol, a décerné un "0/20 en droit constit" à la juriste. "En France, il est interdit d'insulter les adeptes d'une religion, s'esclaffe-t-elle, mais on peut insulter une religion, ses figures, ses symboles", a-t-elle souligné dans un tweet visant l'ancienne membre du Conseil constitutionnel (2013-2017).

"Nicole Belloubet invente le délit de blasphème (...) Scandaleux!", a estimé le président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignan.

Face à la polémique, la garde des Sceaux est revenue sur ses propos en reconnaissant une expression juste "maladroite" et en jurant qu'elle n'a pas tenté de remettre en cause "le droit de critiquer la religion".

"Les insultes et les discriminations à raison de l'appartenance religieuse sont des infractions. C'est ça que j'ai voulu dire", a rétro-pédalé Nicole Belloubet, tout en polémiquant, puisqu'elle dénonce une polémique... "ridicule", le sujet lui paraissant tout-à-fait subalterne. 
"Je n'ai absolument pas justifié le délit de blasphème", a-t-elle affirmé. Les Français, Macron ne cesse de le dire, ne comprennent rien à rien des propos de l'exécutif.

Son collègue de l'Intérieur, bien connu pour la finesse de ses analyses, a enfoncé le clou.
"Il n'existe pas dans ce pays et il n'existera jamais - sous l'autorité de ce gouvernement - de délit de blasphème", a assuré Christophe Castaner devant les sénateurs, à l'occasion de la séance des questions au gouvernement.

"Nous devons refuser qu'au nom d'une pseudo dénonciation de l'islamophobie, on ne puisse pas dans ce pays critiquer une religion", a-t-il ajouté.

La lycéenne a sa scolarité brisée.

Edouard Philippe sera tête de liste au Havre sans briguer le poste de maire en 2020

Politique LREM à l'ancienne et retard à l'allumage du "monde nouveau" de Macron

Edouard Philippe sera candidat tête de liste au Havre

Le premier ministre veut reprendre en main Le Havre.
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Philippe veut reconquérir Le Havre: 
il ne craint pas le KO ?
"C'était un secret de polichinelle" : le successeur en qui Edouard Philippe mettait sa confiance à la mairie du Havre a été accusé par plusieurs femmes de leur avoir envoyé des photos à caractère pornographique. Luc Lemonnier a dû démissionner de ses mandats à la suite de la publication de témoignages compromettants.

Elu au premier tour en 2014 sous l’étiquette UMP, le chef du gouvernement restera à Matignon s’il est élu aux élections municipales au Havre (Seine-Maritime) en mars. "En même temps","ma plus grande ambition" à terme c'est de redevenir maire, prévient-il. Les Français de Lille ou Limoges apprécieront ce dédain affiché... 

"Ma décision est prise. Je l’ai mûrie comme toute décision importante. J’ai décidé d’être candidat à la mairie du Havre comme tête de liste (…). Dans une démocratie, le fondement de la légitimité, c’est l’élection", a déclaré l’ancien maire qui avait préféré Matignon à la cité normande (2010-2017), vendredi 31 janvier, dans un entretien avec le quotidien Paris-Normandie, détenu par le groupe de presse SNIC placée en redressement judiciaire le12 avril 2016 et dont l'actionnaire majoritaire depuis 2017 est Jean-Louis Louvel, candidat aux municipales de 2020 à Rouen, avec le soutien de LREM, du Modem et de LR. "Nos concitoyens ne veulent surtout pas de responsables politiques hors-sol. Je suis heureux de pouvoir me confronter à nouveau au suffrage universel et je pense que c’est très sain". On le voit, tout est "sain", comme il dit.
Outre que LR assume désormais une complicité jusqu'ici honteuse avec le parti du président dans laquelle certains verront de la transparence, d'autres expriment leur malaise face à la collusion éhontée de la presse "libre et indépendante" avec le pouvoir du leader français de la palette de manutention qui se déclare candidat LREM aux élections municipales à Rouen tout en restant propriétaire du quotidien Paris-Normandie auquel Philippe  - sous la menace de la contestation sociale - réserve l'exclusivité de son annonce.
L'Edouard met ainsi fin à plusieurs mois d'un faux suspense autour de sa candidature
Résultat de recherche d'images pour "Edouard Philippe echalas"Il avait avivé l’hypothèse en septembre 2019 en rappelant, dans une déclaration d’amour publique à la ville, que ses "tripes" d’arrière-petit-fils de docker [voyez ci-contre la stature de docker] avaient "un goût d’eau salée". 

L'Edouard avoue non seulement être "hors sol", mais aussi avoir à reconquérir la confiance. "Proposer aux Havraises et aux Havrais un projet pour six ans, obtenir leur confiance, tout cela est indispensable si l’on veut faire bouger les choses", a-t-il ajouté.

Philippe renonce à ses prétentions sur Paris 
Tandis que se retirent les deux candidats rivaux de LREM à Biarritz, et que les frères ennemis LREM à Paris, Villani et Grivaux, à six semaines du scrutin, le Juppéiste recule, assurant n’avoir "jamais envisagé un engagement politique ailleurs qu’au Havre", où il était élu depuis 2001 et a fait carrière, d’abord sous le tutorat de l’emblématique maire Antoine Rufenacht (1995-2010) qui dirigea la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 2002 et soutint Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007.

Sa déclaration d'amour au Havre,  impudeur ou com' politicienne ?

Après une parenthèse parisienne de cinq ans, la Pomponnette est de retour.
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L'Edouard se fera-t-il pardonner des Havrais  ses infidélités parisiennes,
telle la Pomponette dans 'La Femme du Boulanger' de Pagnol ?
"C’est la ville que j’aime. C’est là que sont mes attaches. C’est ici et nulle part ailleurs que je veux me confronter au suffrage universel". 

Modestement élu au premier tour en 2014 sous l’étiquette UMP (désormais Les Républicains, LR) avec 52 % des voix, E. Philippe a souligné que "sa plus grande ambition" est de redevenir maire à terme. Et de baver sur Matignon en privé, vantant la commune, "l’échelon de l’action publique que je préfère"

En attendant, "si le président de la République continue à m’accorder sa confiance [hypothèse?], je continuerai à remplir ma mission de premier ministre, parce qu’on ne se dérobe pas quand il s’agit de servir son pays", a-t-il poursuivi. 

La "plus grande ambition" de l'Edouard ? Etre "cumulard" !

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Ainsi, s’il était élu au soir du 22 mars, Philippe proposerait que l’actuel maire (LR) Jean-Baptiste Gastinne conserve le fauteuil. Gastinne continuera d'honorer le grand amour de Philippe en semaine et l'Edouard, le samedi... "Le jour où ma mission s’achèvera à Matignon, je souhaite, si les Havrais me font confiance, évidemment, redevenir maire, parce que c’est là que je veux continuer à m’investir, parce que je veux que Le Havre poursuive sa transformation. C’est cela l’essentiel", a-t-il glosé.

Déjà resté dans le flou pendant plus de deux ans avec le projet de réforme Macron des retraites, l'Edouard ne précise pas non plus les contours de son programme que le méprisant qualifie d’ "ambitieux". Philippe a déversé des mots creux : il mènera "une campagne intense au Havre", il remplira ses "obligations à Paris", alors que c'est Muriel Pénicaud qui est désormais en charge de la réforme des retraites et veille à la bonne marche des discussions avec les partenaires sociaux sur son financement (toujours pas assuré !) et à son bon examen au Parlement qui ne lui tient pas rigueur de plusieurs recours à l'article 49.3 pour contourner les députés "frondeurs" contre la Loi Travail

Mais, dans ce contexte social tendu, le peu téméraire Philou a récusé toute tentative de "tirer des élections du Havre des leçons nationales". 
"Les commentateurs commenteront, ils adorent cela [c'est juste leur fonction]… Ce n’est pas mon sujet, a-t-il commenté. Je veux parler du Havre et de ce que je veux faire pour la ville", a-t-il précisé. Puisque les Français ne savent toujours pas ce qu'il veut faire pour la France, les chroniqueurs devraient peut-être interroger les Havrais [et les Havraises ! Concession aux féministes...]

Affaire Mila : l'adolescente menacée de mort pour avoir critiqué l'islam

Mila, lycéenne harcelée après avoir usé de sa liberté d'expression sur les réseaux sociaux  

Elle a été aussitôt déscolarisée

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Le 20 janvier, 
en réaction à sa stigmatisation comme "sale lesbienne" par un jeune musulman, Mila, 16 ans, poste des vidéos sur Instagram où elle tient des propos critiques sur l'islamLes images sont enregistrées et massivement diffusées sur Twitter. 
"Je déteste la religion, le Coran est une religion de haine […] Votre religion, c'est de la merde, votre dieu je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir", peut-on l'entendre dire.

S'en suivent un déferlement de haine et des menaces de mort. 
Son identité et son adresse sont révélées. 

Les autorités décident de déscolariser temporairement la jeune lycéenne. 
Un soutien psychologique lui est apporté. Une plainte est déposée.

Ouverture de deux enquêtes

L'ampleur que prend l'affaire pousse la justice à s'en saisir.
Une enquête est ouverte pour "menaces de mort, menace de commettre un crime et harcèlement". "La propagation virale sur les réseaux sociaux d'une vidéo postée par une jeune fille mineure, exprimant dans le fil d'une discussion personnelle des propos virulents et hostiles à la religion musulmane, a suscité une multiplication de réactions prenant la forme de menaces de mort et de crimes", explique le procureur de la République.

En parallèle, le Parquet ouvre une seconde information judiciaire. 
Le gouvernement que représente le procureur inquiète Mila pour "provocation à la haine religieuse"Le procureur veut "vérifier si les propos tenus sur la vidéo" sont "de nature à recouvrir une qualification pénale ou s'inscrivent dans la liberté d'expression reconnue à chacun et constituant un principe à valeur constitutionnelle".

En revanche, le Procureur ne demande pas à entendre le jeune musulman qui jette l'anathème sur la lycéenne pour son homophobie puisqu'il lui reproche ses préférences sexuelles supposées.


La secrétaire d'Etat à l'égalité entre les femmes d'abord et les hommes prend fait et cause pour le musulman : "Des propos criminels, des propos coupables" juge aussitôt Schiappa sur France Inter.

L'exécutif s'aligne ainsi sur la position d'Abdallah Zekri, délégué général du Conseil français du culte musulman (CFCM), qui jette le jeudi 23 janvier la première pierre du caillassage qui s'en suit. "Cette fille [terme lapidaire et péjoratif qui aurait dû indigner la sous-ministre] sait très bien ce qu'elle fait. Qui sème le vent récolte la tempête", assène-t-il au micro de Sud Radio, appel à la haine et à la lapidation.



jeudi 30 janvier 2020

Le cardinal Barbarin, relaxé en appel

Les juges rendent justice au bouc émissaire des furies anti-cléricales exemplaires 

La Cour d'appel de Lyon a relaxé jeudi le cardinal Philippe Barbarin, jugé pour son appréciation laxiste des abus sexuels passés d'un ex-prêtre du diocèse.

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Film d'André Cayatte, sorti en 1971, inspiré d'une histoire vraie,
les amours entre une professeure, Gabrielle Russier, 
et l'un de ses élèves âgé de 16 ans.
Le 7 mars dernier, le tribunal correctionnel présidé par Brigitte Vernay avait condamné l'archevêque de 69 ans à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé les agressions sexuelles commises par Bernard Preynat sur de jeunes scouts entre 1971 et 1991. En première instance, les juges avaient estimé qu'en ne dénonçant pas à la justice les actes qui lui avaient été rapportés par un militant en 2014, Philippe Barbarin avait choisi de "préserver l'institution".

Les faits reprochés au prêtre sont antérieurs à l'arrivée de Mgr Barbarin à la tête du diocèse, en 2002. 
Ordonné prêtre en décembre 1977, Philippe Barbarin aujourd'hui âgé de 70 ans, était prêtre du diocèse de Créteil pendant la durée des faits reprochés à Bernard Preynat à Lyon, au temps de Mgr Decourtray,  archevêque de Lyon (1981-1994) et académicien français (1993-1994: prédécesseur, Jean Hamburger, et successeur, Jean-Marie Lustiger). A l'époque, Philippe Barbarin était vicaire paroissial à Saint-Maur (Val-de-Marne).



"Cette injustice est aujourd'hui réparée (...) le cardinal Barbarin est innocent"
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s'est félicité l'un de ses avocats, Me Jean-Félix Luciani, après le rendu de l'arrêt de la Cour d'appel. Les plaignants en pointe dans l'accusation, Alexandre Dussot-Hezez (premier plaignant en date et cofondateur de l'association La Parole libérée, qui déclara "J'avais 15 ans; j'ai dit à mes parents que j'avais été victime,mais ça ne les a pas interloqués"), Laurent Duverger, 50 ans, et professionnel de la communication, raconte avoir évoqué cette question avec sa mère sans obtenir son soutien : "N'en parle surtout pas à ton père !" lui a-t-elle demandé, ou Pierre-Emmanuel Germain-Thil, lequel a participé au film de François Ozon, "un brulôt contre l'Eglise", selon 20 Minutes et, de ce fait,récompensé par le prix du Jury au festival de Berlin.

Le Primat des Gaules en titre, dont le pape a refusé la démission, avait immédiatement interjeté appel
ne s'estimant pas coupable devant la justice des hommes - il avait en revanche demandé "pardon pour (ses) propres fautes" lors d'une messe.
"Je n'ai jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles", a toujours dit le prélat, tandis que les victimes dénonçaient une "omerta" dictée par le Vatican. De fait, archevêque depuis 2002, Mgr Barbarin a été sollicité pendant son ministère pour des prêtres mis au cause pour des agressions sexuelles, et sa réaction a été à chaque fois sans ambiguïté, y compris dans un cas où la justice civile avait prononcé un non-lieu, comme dans le dossier du Père Eric Pepino, en mai 2014.

Lors du procès en appel fin novembre, l'avocat général Joël Sollier avait réclamé la relaxe, dissociant le "cas individuel" du cardinal Barbarin et les "fautes morales et pénales" commises par l'Eglise face à la pédo-criminalité dans ses rangs.


Rattrapée par sa critique partisane des religions, Nicole Belloubet fait marche-arrière

Plus qu'une imprudence politique, sa "phrase maladroite" sur l'affaire 'Mila' est une faute

Une petite jeune fille peut être plus nuancée qu'une ministre de la Justice



 La garde des Sceaux s'est mise en difficulté et l'opposition, trop peu à gauche, l'étrille pour des propos trahissant sa pensée. Elle a dû se défendre concédant une phrase "maladroite" remettant en cause le droit au blasphème. "Quand on est Garde des Sceaux on n'a pas le droit d'être maladroit avec le droit" a-t-elle admis à propos de l'affaire Mila, du nom de cette adolescente de l'Isère déscolarisée après avoir été menacée de mort sur les réseaux sociaux en raison de propos hostiles à l'islam radical.
Pour sa défense, après avoir assimilé mercredi matin la critique des religions à "une atteinte à la liberté", la ministre ne suit pas la méthode Macron consistant à accuser ses interlocuteurs d'inaptitude à comprendre sa "pensée complexe." "Je n'avais pas à dire ça, c'est sûr"', concède t-elle, à la suite du scandale provoqué par sa phrase sur la critique des religions.

La ministre de la Justice certifie maintenant qu'elle n'a pas l'intention de remettre en cause "le droit de critiquer la religion"

VOIR et ENTENDRE 
la repentance de Belloubet sur Radio Classique :

Après l'auto-flagellation de Benjamein Griveaux pour récupérer l'électorat parisien de Cédric Villani, La République en Marche ne manquerait-elle pas de dignité ? 

"Dans une démocratie, la menace de mort est inacceptable (...). L'insulte à la religion, c'est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c'est grave [jugement moral], mais ça n'a pas à voir avec la menace [de mort]", avait déclaré la ministre, une ancienne... rectrice d'académie (à Toulouse, il est vrai !), sur Europe 1. "On peut critiquer les religions. Pas inciter à la haine", avait-elle ensuite ajouté.
Ce jeudi 30 janvier, la ministre - une ancienne encartée au PS - a choisi une radio du Groupe Les Echos-Le Parisien, dirigé par l'homme d'affaires Bernard Arnault (l'homme le plus riche du monde, avec des actifs évaluésen janvier 2020, à 117 milliards de dollars), propriétaire du groupe LVMH : "Je n'avais pas à dire ça, c'est sûr", a t-elle reconnu à l'antenne de Radio Classique. "La phrase prise en tant que telle, c'est une erreur, évidemment, il n'y a aucun doute là-dessus". "Mon propos, il était et il est forcément général".

"On ne rétablit pas le blasphème. Jamais ni dans ma pensée ni dans mes propos on ne peut lire ça. On a le droit de critiquer une religion, c'est très clair, ça fait partie de la liberté d'expression et il n'est pas question de revenir là-dessus", a t-elle poursuivi. 
Pourtant, entre autres "anecdotes", AlloCiné cite un moment fort du film La Lutte des Classes (2019) qui contient, parmi les musiques originales "grand public" se trouve une chanson censée être l'oeuvre d'un personnage, Paul, interprété par Edouard Baer en "vieux punk", et intitulée "J'encule le Pape". Michel Leclerc, qui en est l'auteur, confie qu'avec sa compagne, la scénariste Baya Kasmi, il a réellement connu à Bagnolet en 2015, au moment de Charlie, dans cette même école Jean Jaurès où j’ai tourné La Lutte des classes…" Cette scénariste est notamment connue pour le scénario du film Le Nom des gens, inspiré de sa propre vie et pour lequel elle a remporté en 2011 le César du meilleur scénario original.



"Vous aggravez votre cas!"
lui répond  la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.



Le chef de file des députés LR Damien Abad n'a pas laissé passer la légèreté de Nicole Belloubet

Si la gauche colle à son laïcisme du 20e siècle, Les Républicains sont très critiques des partis-pris de Belloubet, malgré le devoir de réserve qui s'impose à tout ministre. "Cela laisse perdurer l'idée qu'il y aurait un délit de blasphème en France, ce qui est totalement faux: on a le droit de critiquer une religion, et heureusement, ça s'appelle la liberté d'expression", a réagi le modéré Damien Abad à l'antenne de France Inter. Les propos de la ministre, même si elle est revenue dessus par la suite, "montrent surtout une arrière-pensée avec une dérive assez dangereuse et inquiétante. Ce gouvernement aujourd'hui a du mal parfois à mettre des mots à une réalité: sur ce sujet, ce qui est d'abord condamnable en premier, même si on a eu les propos très vulgaires de Mme Mila, ce sont les menaces de mort qu'elle a encourues et qui sont inacceptables". Il a donc plaidé pour "lever l'anonymat sur les réseaux sociaux", pour tous, y compris les modérés, car cet anonymat "permet tout". Une position sans nuance qui met tout le monde dans le même sac, torchons et serviettes dans le même bain. "La loi du numérique ne doit pas être la loi de la jungle dans un Etat de droit". La presse se garde d'applaudir, mais elle boit du petit laid, elle qui adopte des comportements douteux, que ce soit pour faire le buzz ou pour meubler un temps d'antenne dont elle ne sait que faire. 
LR se place ainsi au côté du pouvoir de l'argent contre les réseaux sociaux, alternatives à la désinformation institutionnelle : intox contre intox, avatar de la liberté d'expression et stimulus au développement du jugement individuel. Tandis que la chaîne d'info en continu de l'homme d'affaires libano-israélo-et un peu français Patrick Drahi fait des économies sur le dos des internautes en leur demandant de lui livrer leurs clips d'amateurs, Le Parisien et Les Echos qui appartiennent au groupe de Bernard Arnault sont bien classés parmi les organes de presse subventionnés (respectivement 10e et 13e rangs) pour empocher une aide directe de l'Etat, tout en exigeant du lecteur particulier de leurs sites internet de contribuer à la fortune du groupe LVMH.

Le président du groupe LR au Sénat Bruno Retailleau avait, lui, fustigé mercredi "une totale inversion du sens": "qui menace la liberté de conscience? Mila ou bien cet islam politique qui tord nos valeurs? Cessons d'être naïfs et surtout cessons d'être faibles !", avait-il grondé dans un tweet.




Le député Eric Ciotti avait de son côté dénoncé le gouvernement pour avoir "légitimer la haine des islamistes contre Mila", appelant sur Twitter "la République" à "se lever face à l'islamisme" et Emmanuel Macron à "sortir de sa torpeur et de son silence" sur ce sujet.





mercredi 29 janvier 2020

Municipales: ces ministres qui redoutent le verdict des urnes

Des acteurs politiques incapables de prendre des décisions

Si Gérald Darmanin a mis fin à un faux suspens de plusieurs mois, plusieurs autres membres de l’exécutif, tel Edouard Philippe, tergiversent




Le ministre de l’Action et des Comptes publics a clarifié sa position pour les municipales en mars prochain, dans un entretien avec La Voix du Nord paru mardi : Darmanin sera tête de liste à Tourcoing (Nord). Le premier ministre Edouard Philippe, en revanche, joue les coquettes: il va se déclarer ce vendredi au Havre, ville dont il a été maire de 2010 à 2017.

"Je suis tête de liste." Gérald Darmanin a fait l'annonce de son ras le bol du gouvernement et re-traversera la rue pour reprendre la mairie de Tourcoing (Nord) dans moins de deux mois, lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochain.

Edouard Philippe, chef de gouvernement, mais indécis. 
Le premier ministre se rend vendredi au Havre (Seine-Maritime) pour le lancement de la campagne de la majorité sortante. Annoncera-t-il une candidature ? Pour son entourage, cela ne fait guère de doute : "Il a besoin de cet ancrage local," raconte son entourage. 
En clair, il n'en peut plus des embrouilles de la majorité et ni Macron, ni les Français ne lui manqueront. Le chef de l’exécutif n’a toutefois pas levé le voile quant à sa position sur la liste.

Décriée, Agnès Buzyn fait savoir qu'elle n'a qu'une "envie".
A Paris, la candidature d’Agnès Buzyn dans le 15e arrondissement est également toujours à l’ordre du jour. Dimanche, elle a fait part sur RTL de son " envie de rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux" et de jouer les rôles d'appoint. Inappropriée aux charges que Macron lui a imposées, la réforme des retraites ou le combat contre le coronavirus, la mule ne rêve que du pré d'en face. "Je préfère être concentrée sur mes dossiers ministériels", a toutefois ajouté la ministre de la Santé, se voulant plus grosse que le boeuf.

Dans l’entourage du candidat investi par le président et non les militants face à Anne Hidalgo, une socialiste comme François Hollande qui lui a mis le pied à l'étrier (à l'Elysée, puis au gouvernement), ceux qui la préfèrent loin du pouvoir soulignent les "grandes qualités" d’Agnès Buzyn, comme si sa nécrologie politique était déjà rédigée. 


Deux sous-ministres usées rejoindraient une mairie d'arrondissement parisien : la Mancelle Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes d'abord et les hommes, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances et ex-salariée de Compagnie des Alpes, respectivement candidates dans les très chics 16e et 17e arrondissements, pour gonfler, pensent-elles, le candidat essoufflé au siège de maire, l'ex-député rural de Saône-et-Loire, Benjamin Griveaux.

Lecornu et Riester candidats


Plusieurs autres ministres restent incertains. 
Plus jeune conseiller ministériel du gouvernement de François Fillon et proche de Bruno Le Maire, député (UMP) de l'Eure (comme lui), dont il a intégré le cabinet au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, comme conseiller chargé des affaires institutionnelles, Sébastien Lecornu se présentera à Vernon (Eure): "C’est sûr', indique l’entourage du ministre chargé des Collectivités territoriales de Macron. 
En tant que tête de liste ou comme simple colistier ? Le candidat compte se prononcer au cours de la dernière quinzaine de février, ce qui n'est guère respectueux de l'électorat. C'est qu'il se sait impopulaire depuis la révélation de son implication dans l'ascension d'Alexandre Benalla et sa responsabilité dans le "Grand débat" bidouillé de Macron  en janvier 2019

Franck Riester pose un problème identique. Le ministre de la Culture devrait, quoi qu’il en soit, être candidat à Coulommiers (Seine-et-Marne) dont il fut le maire. Il n'aura été qu'à peine plus d'un an le locataire insignifiant du ministère. Paradoxalement, il est l'un des membres fondateurs du parti... Agir, un parti croupion qui n'existe que sur le papier !

D’autres membres du gouvernement sont également pressentis sur des listes de la majorité. 
C’est notamment le cas d’Elisabeth Borne à Marrakech Montrouge (Hauts-de-Seine), d’Emmanuelle Wargon à Saint-Mandé (Val-de-Marne) ou encore d’Aurélien Taquet à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). 
S’ils confirment leur candidature sur une liste, ces derniers rejoindront dans la bataille des municipales leurs collègues Geneviève Darrieussecq, candidate à Mont-de-Marsan, Jean-Baptiste Djebbari à Limoges, Christelle Dubos à Sadirac (Gironde), Marc Fesneau à Marchenoir (Loir-et-Cher) et Gabriel Attal à Vanves (Hauts-de-Seine). 
S'ils sont élus, ils doivent quitter le gouvernement. S'ils sont battus, ils seront assez bons encore pour gouverner la France de Macron...

Le duel fratricide et vieille tambouille politicienne à Biarritz

Comme Paris, Biarritz est une épine dans le pied de Macron.
L'ex-socialiste Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, a d'abord été tête de liste LREM face au sortant Michel Veunac (MoDem), qui compte parmi ses colistiers Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le belliqueux Le Drian. "Avoir deux ministres qui se font face n’est pas souhaitable", reconnaît-on à Matignon. Edouard Philippe et Emmanuel Macron devraient ainsi trancher rapidement. Mardi matin, Didier Guillaume semble avoir négocié son retrait : "J’attends leur arbitrage, qui va se produire à mon avis dans les heures et les jours qui viennent, et je respecterai l’arbitrage", a-t-il déclaré sur BFMTV.

"Didier Guillaume a fait le pari que Veunac ne se représenterait pas, mais son pari ne marche pas, car Veunac y retourne, raconte un ministre qui préfère rester sous couvert d’anonymat. Oui, il a 72 ans [comme Le Drian aux Affaires étrangères], mais LREM a bien investi le maire sortant de Pamiers (Ariège), qui a 93 ans; c’est osé !" Et d’ajouter : "Jean-Baptiste Lemoyne [ex-LR] a eu une autre idée : soutenir Veunac pour reprendre le mandat en cours de route." Classique !
L'essentiel qu'il ne faut pas manquer de dire, c'est que Biarritz est  un champ de bataille entre concurrent appartenant tous deux à la même écurie. Veunac est MoDem et Bayrou entend imposer un centriste à Macron, lequel a tellement besoin de son soutien qu'il a accepté la candidature de Lemoyne contre Guillaune, son ministre de l'Agriculture. Le "monde nouveau" de Macron, quoi !

Qui trouvera un point de chute à Sibeth Ndiaye ?