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samedi 4 avril 2020

L'exécutif fait taire les ministres spécialistes des bavures verbales

Les membres du gouvernement devront obtenir l'autorisation de parler

Matignon leur accorde ou non la permission, uniquement dans leur domaine de compétence

Ils ne pourront plus s'exprimer sur tous les sujets et enfiler couacs sur bavures.
Ndiaye, la première porte-parole priée de la boucler... Elle a dû s'excuser pour avoir déclaré que les enseignants ne travaillent pas pendant le confinement,
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, s'est pareillement vu privé de la parole, après avoir appelé les Français à aller travailler dans les champs en plein confinement... 
Après une semaine de mensonges (carabistouilles, dans le langage daté du promoteur d'un "monde nouveau" à son image, et de couacs de membres de son gouvernement, le premier ministre a appelé ses ministres à plus de vigilance, voire de maîtrise de leurs propos.
En Conseil des ministres, ce vendredi, Edouard Philippe a sommé ses troupes d'arrêter de dire n'importe quoi. Les ordres sont clairs, selon Le Figaro: à Olivier Véran seul l’expression sur les sujets sanitaires, et une parole restreinte pour les autres ministres. "Plus vous multipliez les canaux de communication, plus vous êtes dans le risque de la contradiction. Or, nous n’avons aucun droit à l’erreur", abonde un député anonyme de La République en marche. "Il faut concentrer la parole sur Edouard Philippe et Olivier Véran, c’est le système mis en place", valide Erwan Balanant, député MoDem du Morbihan.

Les divagations des uns et des autres passent d'autant plus mal en temps d'épidémie mortelle. 

Plusieurs "imbéciles heureux" dans le viseur

Épinglé sur city
Immaturité ou infantilisation ?
En visio-conférence, le locataire de Matignon a coupé le sifflet aux prétentieux je-sais-tout: c'est le cas de la secrétaire d'Etat Sibeth Ndiaye, qui commence toutes ses phrases par un "nous" semblant l'inclure, en toute modestie, dans la prise des décisions du gouvernement, mais qui n'a pas craint d'avoir à présenter des excuses après plusieurs prises de parole foirées.
Ou Jean-Michel Blanquer qui change son fusil d'épaule à vue: le matin, il menace d'un zéro les bloqueurs d'une quarantaine de lycées où enseignants, parents et élèves s'opposent aux épreuves du nouveau baccalauréat, les E3C (épreuves communes de contrôle continu), en vigueur dans les classes de premières, mais l'après-midi, il lève la sanction de "bulle".
Le même, qui s'était cru maître de ses décisions à l'Education nationale, a dû revoir sa copie. Le 13 mars, il a d'abord refusé d’envisager une fermeture des écoles, mais ne les fermait plus quelques heures plus tard... "Il y a eu une réunion de scientifiques autour du président de la République et ils ont estimé qu’il fallait qu’on passe à une nouvelle étape, qui nécessite de fermer les écoles, les collèges, les lycées et les universités. C’était une façon de mettre fin à l’accélération de l’épidémie." Pour lui, du point de vue de l’école, "on est au stade 3, on a changé de paradigme". 

A chaque fois, ces déclarations ont déstabilisé et désorienté les Français. "Il était temps d’y mettre bon ordre", s’agace un conseiller ministériel anonyme, qui déplore que ces sorties de membres du gouvernement brouillent le message de l'exécutif qui se veut 'déflouté', à défaut de transparence réelle. Les règles sont désormais claires : seul Olivier Véran évoque les sujets santé, les autres ministres doivent se cantonner à leur champ  de compétence supposée.

Pas de place pour le 'stand-up" ministériel

Les membres du gouvernement doivent attendre les arbitrages avant de faire des annonces: Edouard Philippe n'est pas un adepte de l'improvisation. Il s'agissait d'un rappel en urgence de Macron que les conseillers d’Edouard Philippe ont relayé sans délai auprès de leurs homologues dans tous les ministères.



Brigitte Macron, personne vulnérable, n'est plus mobilisable
Après le couac du refus par la majorité présidentielle de l'allongement du  congé parental consécutif au deuil d'un enfant, en février dernier, les députés de la majorité et le gouvernement ont fait de la surenchère : le président avait en effet stigmatisé le "manque d'humanité" de ses députés. 
En déplacement à Metz, après l'épisode catastrophique de ce rejet du bout du pied, Brigitte Macron en avait profité pour se propulser sur le devant de la scène. A l'Institut national des jeunes sourds, l'ex-prof de théâtre a incarné le rôle de la bonne fille - air penché et tête dans les épaules, dans l'attitude cauteleuse de l'hypocrite, livrant un message de soutien à... la majorité insensible! 
Confinée, elle ne se montre plus. Mais pourvu qu'elle aussi se taise. 

mercredi 29 janvier 2020

Municipales: ces ministres qui redoutent le verdict des urnes

Des acteurs politiques incapables de prendre des décisions

Si Gérald Darmanin a mis fin à un faux suspens de plusieurs mois, plusieurs autres membres de l’exécutif, tel Edouard Philippe, tergiversent




Le ministre de l’Action et des Comptes publics a clarifié sa position pour les municipales en mars prochain, dans un entretien avec La Voix du Nord paru mardi : Darmanin sera tête de liste à Tourcoing (Nord). Le premier ministre Edouard Philippe, en revanche, joue les coquettes: il va se déclarer ce vendredi au Havre, ville dont il a été maire de 2010 à 2017.

"Je suis tête de liste." Gérald Darmanin a fait l'annonce de son ras le bol du gouvernement et re-traversera la rue pour reprendre la mairie de Tourcoing (Nord) dans moins de deux mois, lors des élections municipales des 15 et 22 mars prochain.

Edouard Philippe, chef de gouvernement, mais indécis. 
Le premier ministre se rend vendredi au Havre (Seine-Maritime) pour le lancement de la campagne de la majorité sortante. Annoncera-t-il une candidature ? Pour son entourage, cela ne fait guère de doute : "Il a besoin de cet ancrage local," raconte son entourage. 
En clair, il n'en peut plus des embrouilles de la majorité et ni Macron, ni les Français ne lui manqueront. Le chef de l’exécutif n’a toutefois pas levé le voile quant à sa position sur la liste.

Décriée, Agnès Buzyn fait savoir qu'elle n'a qu'une "envie".
A Paris, la candidature d’Agnès Buzyn dans le 15e arrondissement est également toujours à l’ordre du jour. Dimanche, elle a fait part sur RTL de son " envie de rejoindre la campagne de Benjamin Griveaux" et de jouer les rôles d'appoint. Inappropriée aux charges que Macron lui a imposées, la réforme des retraites ou le combat contre le coronavirus, la mule ne rêve que du pré d'en face. "Je préfère être concentrée sur mes dossiers ministériels", a toutefois ajouté la ministre de la Santé, se voulant plus grosse que le boeuf.

Dans l’entourage du candidat investi par le président et non les militants face à Anne Hidalgo, une socialiste comme François Hollande qui lui a mis le pied à l'étrier (à l'Elysée, puis au gouvernement), ceux qui la préfèrent loin du pouvoir soulignent les "grandes qualités" d’Agnès Buzyn, comme si sa nécrologie politique était déjà rédigée. 


Deux sous-ministres usées rejoindraient une mairie d'arrondissement parisien : la Mancelle Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes d'abord et les hommes, et Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances et ex-salariée de Compagnie des Alpes, respectivement candidates dans les très chics 16e et 17e arrondissements, pour gonfler, pensent-elles, le candidat essoufflé au siège de maire, l'ex-député rural de Saône-et-Loire, Benjamin Griveaux.

Lecornu et Riester candidats


Plusieurs autres ministres restent incertains. 
Plus jeune conseiller ministériel du gouvernement de François Fillon et proche de Bruno Le Maire, député (UMP) de l'Eure (comme lui), dont il a intégré le cabinet au secrétariat d'Etat aux Affaires européennes, comme conseiller chargé des affaires institutionnelles, Sébastien Lecornu se présentera à Vernon (Eure): "C’est sûr', indique l’entourage du ministre chargé des Collectivités territoriales de Macron. 
En tant que tête de liste ou comme simple colistier ? Le candidat compte se prononcer au cours de la dernière quinzaine de février, ce qui n'est guère respectueux de l'électorat. C'est qu'il se sait impopulaire depuis la révélation de son implication dans l'ascension d'Alexandre Benalla et sa responsabilité dans le "Grand débat" bidouillé de Macron  en janvier 2019

Franck Riester pose un problème identique. Le ministre de la Culture devrait, quoi qu’il en soit, être candidat à Coulommiers (Seine-et-Marne) dont il fut le maire. Il n'aura été qu'à peine plus d'un an le locataire insignifiant du ministère. Paradoxalement, il est l'un des membres fondateurs du parti... Agir, un parti croupion qui n'existe que sur le papier !

D’autres membres du gouvernement sont également pressentis sur des listes de la majorité. 
C’est notamment le cas d’Elisabeth Borne à Marrakech Montrouge (Hauts-de-Seine), d’Emmanuelle Wargon à Saint-Mandé (Val-de-Marne) ou encore d’Aurélien Taquet à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine). 
S’ils confirment leur candidature sur une liste, ces derniers rejoindront dans la bataille des municipales leurs collègues Geneviève Darrieussecq, candidate à Mont-de-Marsan, Jean-Baptiste Djebbari à Limoges, Christelle Dubos à Sadirac (Gironde), Marc Fesneau à Marchenoir (Loir-et-Cher) et Gabriel Attal à Vanves (Hauts-de-Seine). 
S'ils sont élus, ils doivent quitter le gouvernement. S'ils sont battus, ils seront assez bons encore pour gouverner la France de Macron...

Le duel fratricide et vieille tambouille politicienne à Biarritz

Comme Paris, Biarritz est une épine dans le pied de Macron.
L'ex-socialiste Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, a d'abord été tête de liste LREM face au sortant Michel Veunac (MoDem), qui compte parmi ses colistiers Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, le belliqueux Le Drian. "Avoir deux ministres qui se font face n’est pas souhaitable", reconnaît-on à Matignon. Edouard Philippe et Emmanuel Macron devraient ainsi trancher rapidement. Mardi matin, Didier Guillaume semble avoir négocié son retrait : "J’attends leur arbitrage, qui va se produire à mon avis dans les heures et les jours qui viennent, et je respecterai l’arbitrage", a-t-il déclaré sur BFMTV.

"Didier Guillaume a fait le pari que Veunac ne se représenterait pas, mais son pari ne marche pas, car Veunac y retourne, raconte un ministre qui préfère rester sous couvert d’anonymat. Oui, il a 72 ans [comme Le Drian aux Affaires étrangères], mais LREM a bien investi le maire sortant de Pamiers (Ariège), qui a 93 ans; c’est osé !" Et d’ajouter : "Jean-Baptiste Lemoyne [ex-LR] a eu une autre idée : soutenir Veunac pour reprendre le mandat en cours de route." Classique !
L'essentiel qu'il ne faut pas manquer de dire, c'est que Biarritz est  un champ de bataille entre concurrent appartenant tous deux à la même écurie. Veunac est MoDem et Bayrou entend imposer un centriste à Macron, lequel a tellement besoin de son soutien qu'il a accepté la candidature de Lemoyne contre Guillaune, son ministre de l'Agriculture. Le "monde nouveau" de Macron, quoi !

Qui trouvera un point de chute à Sibeth Ndiaye ?

samedi 7 décembre 2019

Encore deux ministres LREM en concurrence pour la mairie d'une même ville

Au pot-pourri LREM, ils se présentent l'un contre l'autre à Biarritz

L'ex-socialiste et ministre LREM de l’Agriculture Didier Guillaume a annoncé son parachutage de la Drôme sur le pays basque

Ministre en charge des agriculteurs, mais avant tout au service de ses propres intérêts.
Avec la ministre de la Ville, Jacqueline Gourault, le ministre de l’Agriculture avait assisté à une corrida à Bayonne le 14 août 2019 provoquant la colère des associations de défense des animaux : sept mois à l'avance, il était déjà entré en campagne !

"Je serai candidat"!.  Didier Guillaume a annoncé qu'il se lance vendredi en terre inconnue dans la course à la mairie de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), apprend-on par le journal Sud-Ouest vendredi 6 décembre. Selon le site internet du quotidien, il ne demandera pas l’investiture du parti présidentiel, La République En Marche et officialisera sa candidature en janvier. L’ancien sénateur de la Drôme s’appuiera sur une liste de cent personnalités locales, engagées ou non en politique.

"Vu la situation, il faut un souffle nouveau. Je ne ferai pas du neuf avec du vieux", a déclaré  cet ancien président du Conseil général de la Drôme et fils d'un éleveur drômois de brebis, 60 ans, souvent présent ces derniers mois à Biarritz, où avait eu lieu fin août le sommet du G7.

Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Lemoyne figure sur une liste rivale

Cette candidature de D. Guillaume s’ajoute à celle du secrétaire d’Etat au tourisme et au commerce extérieur
, Jean-Baptiste Lemoyne.
Lemoyne est assis à la gauche de Sarkozy
Sauf que ce rallié au parti du président figurera sur une autre liste, conduite par le maire sortant de la cité balnéaire, Michel Veunac (MoDem). 

M. Veunac avait annoncé mardi qu’il espérait très prochainement pouvoir "porter les couleurs" de LREM, se prévalant de la présence sur sa liste de Jean-Baptiste Lemoyne. Selon ce dernier, sa présence au côté de Veunac est un "indice" sur son investiture à venir : le maire-sortant de 73 ans ne tarderait pas à se retirer pour laisser la place à son adjoint de 43 ans, sénateur (apparenté Les Républicains) de l'Yonne. Le "monde nouveau" de Macron n'échappe pas aux magouilles politiciennes grossières.
Michel Veunac, 73 ans, avait également ironisé mardi sur une possible candidature de Didier Guillaume face à lui et J.-B. Lemoyne, affirmant : "Quitte à avoir un ministre à Biarritz, il vaut mieux avoir celui du tourisme que de l’agriculture".

Une situation embarrassante pour Emmanuel Macron, singulièrement après l'officialisation du duel fratricide à Paris entre Benjamin Griveaux, choix du président, et Cédric Villani, candidat LREM lui aussi.

samedi 12 octobre 2019

Lubrizol : la préfecture, cible des agriculteurs en colère

Des agriculteurs en colère déversent du lait à Rouen, geste symbolique d'hostilité au gouvernement

Une trentaine d'agriculteurs a déversé du lait devant la préfecture de Seine-Maritime, vendredi soir à Rouen
L'usine Lubrizol de Rouen en feu, le 26 septembre 2019.
Capture d'écran d'une vidéo de l'AFPTV du 11 octobre 2019

Un agriculteur déverse du lait devant la préfecture de Seine-Maritime à Rouen, pour protester contre la consignation de  produits laitiers en raison de la contamination probable liée à l'incendie de produits chimiques à l'usine Lubrizol France, première filiale du groupe américain à avoir produit hors des Etats-Unis..Ce site industriel est classé au titre des risques pour l’environnement et la santé, selon la directive Seveso, seuil haut avec servitudes. 

A l'appel de la FNSEA de Seine-Maritime, des producteurs ont lancé du lait à travers les grilles de la préfecture vers 21h30.

Le préfet pourrait dès cet après-midi "lever les séquestres sur le lait", avait dit le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lors d'une conférence de presse vendredi, selon l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), "tous les prélèvements étaient négatifs".

Or, "à cette heure, aucune décision de l'administration n'a été prise"...

Pire, "les délais seraient même repoussés à lundi,"fait savoir un communiqué de la FNSEA diffusé vendredi en début de soirée.
"Les éleveurs ne comprennent pas pourquoi ils sont encore obligés de détruire du bon lait", indique le syndicat agricole.

Ce report de la commercialisation du lait a également suscité la colère de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime. 
"Les résultats sont bons; on est sous blocus depuis 15 jours et il faut encore attendre lundi ! Et on va encore jeter notre lait samedi et dimanche, moralement, c'est compliqué", a-t-elle déclaré sa vice-présidente, Aline Catoire.

dimanche 14 juillet 2019

Une arme pointée sur le ministre de l'Agriculture

Plus de peur que de mal: la menace était réelle, mais l'arme factice 

Deux personnes ont été placées en garde à vue samedi soir 

L'une d'entre elles est suspectée de menace de mort pour avoir pointé une arme, certes factice, mais dans la direction de la voiture du ministre de Macron

Samedi 13 juillet, vers 21h10, le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume circulait à bord d'une voiture officielle, dans le XIVe arrondissement de Paris, quand son officier de sécurité a repéré un homme mimant un geste menaçant en direction du véhicule, rapporte l'AFP.

Des policiers parisiens ont interpellé deux suspects dont l'un était porteur d'un pistolet factice à amorces. Ils ont été placées en garde à vue mais leurs motivations étaient encore inconnues, selon cette source policière.

Lors de son déplacement, le ministre ne s'est aperçu de rien et il n'a pas, cette nuit, encore porté plainte, a-t-on précisé.

mercredi 30 janvier 2019

Des centaines de produits alimentaires vont flamber, dès vendredi, en pleine crise des "gilets jaunes"

Conséquence de la loi alimentation votée en octobre 2018, les prix vont augmenter de 5% à 6% en moyenne

C'est la méthode de la majorité macronienne  pour tenter de rééquilibrer les relations entre agriculteurs, industriels et distributeurs

Résultat de recherche d'images pour "hausse prix produits alimentaires"
Dans les supermarchés, des produits alimentaires de grandes marques vont augmenter ce vendredi par centaines
, mais ceux des marques de grandes enseignes pourraient baisser : un pari pour défendre l'agriculture, sur fond de grogne des "gilets jaunes" pour le pouvoir d'achat.

Le 1er février, des hausses de tarifs vont intervenir sur 4% des produits alimentaires de grande consommation, a confirmé le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, un ex-socialiste, mercredi matin.

C'est l'effet induit du relèvement à 10% du "seuil de revente à perte", imposé par la récente loi alimentation. Le projet de loi Egalim sur l'agriculture et l'alimentation a été porté par l'ancien socialiste Stéphane Travert qui a conduit les Etats généraux de l'alimentation, puis a fait face aux 2.300 amendements déposés après quatre mois, Libération estimant qu'il défendait une "vision très agro-industrielle et productiviste du secteur". "Ce texte est loin des espoirs, des ambitions et des propositions des Etats généraux de l’alimentation", a estimé l'ancien ministre socialiste Guillaume Garot.

Le gouvernement compte ainsi obliger les distributeurs à vendre même leurs produits d'appel à des prix supérieurs d'au moins 10% à ceux auxquels ils les ont achetés et à cesser les ventes à perte. Or, environ 20 % du chiffre d'affaires des distributeurs était jusqu'ici réalisé avec moins de 10 % de marge. "L'effet inflationniste varierait entre 14 et 38 euros par an et par ménage", estime l'Autorité de la concurrence.

L'Etat espère que la distribution pourra ainsi mieux rémunérer les producteurs issus de toutes les filières agricoles et aquacoles, qui sont asphyxiés et disparaissent, régulièrement rémunérés en dessous de leur prix de revient.
Car paysans et producteurs sortent chaque année KO debout de la grande négociation rituelle des prix qui se tient d'octobre à fin février, face aux géants de l'agroalimentaire et surtout aux incontournables centrales d'achat de la distribution.

"Des produits agricoles vendus à leur juste valeur"

"Ce que je demande aux grandes surfaces, c'est de trouver moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l'objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur", a lancé le ministre au micro de Franceinfo. 

Dans les supermarchés, "500 produits sur 13.000" devraient augmenter vendredi, alors que, dans les hypermarchés, a-t-il ajouté, "c'est 800 produits sur 20.000" qui sont concernés. Il a toutefois déploré :"Il y a 4% des produits qui vont augmenter beaucoup, je le regrette. J’aurais préféré que ça se fasse différemment."

"Lorsque les gens achètent de la viande, du poisson", les prix "seront protégés, contrairement à avant", a-t-il poursuivi, "surtout sur les marques de distributeurs (MDD)". "Ce qui m'importe, c'est que les consommateurs et les agriculteurs s'y retrouvent."

Message reçu par la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), regroupant tous les acteurs de la distribution, à l'exception de Leclerc, qui a mené la fronde contre la loi alimentation au nom de la lutte pour le pouvoir d'achat.
"Ce sur quoi tous les acteurs économiques, sauf Leclerc, se sont mis d'accord, c'est qu'il faut changer le système, de façon à ce qu'on revienne à des prix normaux, et que ça permette d'améliorer le sort des agriculteurs. Et, de ce point de vue, je trouve qu'il n'y a rien de choquant à ce que le prix du Ricard puisse augmenter un peu si ça permet d'augmenter le prix payé aux éleveurs laitiers pour un litre de lait", a réagi le délégué général de la FCD, Jacques Creyssel, .
prenant cet exemple au hasard...

Plusieurs accords avec des grandes enseignes
Pour Jacques Creyssel :"Le consommateur verra bien, quand l'ensemble de tout ceci sera terminé, c'est-à-dire dans quelques mois, qu'en réalité, c'est une opération positive pour tous," a-t-il promis.

Selon lui, plusieurs enseignes ont déjà annoncé dans la presse, en compensation, des baisses de prix sur leurs MDD, lesquels ne sont pas des produits de qualité équivalente à ceux de grandes marques qui les ont inspirés. Pour redorer leur image de marque, certaines enseignes vont aussi tenter d'actionner le levier de la fidélisation de leurs clients en proposant des avantages ciblés sur des produits "préférés", selon Cédric Chéreau, spécialiste de la promotion dans la grande distribution.

Aspect positif indiquant un changement d'attitude dans cette guerre de tranchées, la multiplication d'accords très médiatisés entre géants de la distribution et géants laitiers, permettant une revalorisation des prix du lait payés aux agriculteurs et éleveurs français.
Après Bel et Intermarché le 12 décembre, puis Leclerc et Danone le 2 janvier, c'est Leclerc et Lactalis qui ont annoncé mercredi un accord portant sur les prix de 200 millions de produits laitiers.

A un mois de la fin des négociations commerciales, les ministres feront le point le 7 ou le 8 février à Bercy autour de Bruno Le Maire et Didier Guillaume, avec la distribution, l'agroalimentaire et les producteurs autour de la table.
"On constate de vrais changements positifs en cours pour mieux rémunérer certaines filières organisées, comme le lait. Mais dans le secteur de la viande, cela ne part pas très bien", soulignait une source au ministère de l'Agriculture mercredi.

A l'heure où la question du pouvoir d'achat est très sensible, cette hausse effraie les enseignes. Et même le gouvernement. 

Chez Carrefour, la hausse de prix sera en moyenne de 35 centimes par produit. "Il y a environ 1. 000 références qu'on vendait jusque-là avec des marges très faibles, entre 0 et 10 %, car ce sont les produits les plus bataillés", explique Élodie Perthuisot, directrice marketing et clients Carrefour. 
Chez Intermarché, 5 % de l'assortiment affichera des hausses, ce qui correspondrait à une inflation de 0,8 % sur le panier de la ménagère en 2019. 
Annoncé comme le grand perdant de cette inflation, Leclerc assure maîtriser la situation. "Environ 3.000 produits auraient dû augmenter mais, au 1er février, on aura réussi à juguler l'essentiel de la hausse. Restent 1.000 produits qui augmenteront de 3 %", assure Michel-Édouard Leclerc, président des Centres E. Leclerc.

mardi 16 octobre 2018

Hier, ces nouveaux ministres de Macron tapaient encore sur ...Macron

Le pire de l'ancien monde est de retour

Franck Riester, Marc Fesneau, Didier Guillaume récompensés pour leur critiquesou opportunistes réduits au silence

En 15 jours d'attente de la formation de la nouvelle équipe gouvernementale, par communiqué et la 3° en moins de 18 mois, ce mardi,
certains media ont eut le temps de sortir de leurs archives de vieilles déclarations de Didier Guillaume, Marc Fesneau et Franck Riester

Et elles ne manquent pas de sel.
Ce nouveau gouvernement compte ainsi huit nouveaux entrants, parmi lesquels trois qui avaient des mots très cruels pour l'auteur de leur promotion : l'ex-Républicain Franck Riester, nommé ministre de la Culture, le chef de file des députés MoDem Marc Fesneau, ministre des Relations avec le Parlement, et le sénateur ex-socialiste Didier Guillaume qui remplace Stéphane Travert à l'Agriculture, pour tenter de rallier les écologistes. D'un bord politique différent d'Emmanuel Macron, pour deux d'entre eux, les trois hommes avaient épinglé le chef de l'Etat. 

Quand Didier Guillaume voulait qu'Emmanuel Macron participe à la primaire de gauche.
En novembre 2016, alors futur directeur de campagne de Manuel Valls, Didier Guillaume avait aligné Emmanuel Macron pour son refus de se soumettre à la primaire de gauche.lors de la campagne présidentielle,  "S'il était si sûr de lui, il l'aurait gagné", estimait-il, comme le relève Le Huffpost.
Le vainqueur de la primaire fera plus de voix que de personnes aux meetings d'Emmanuel Macron", raillait également le socialiste en janvier 2017.

Le sénateur de la Drôme n'en est pas à son premier "volte-face", relève le site d'informations. 
En janvier 2018, celui qui présidait le groupe socialiste au Sénat depuis 2014 avait annoncé son départ de la vie politique, pour prendre la tête du comité d'organisation chargé de piloter la coupe du monde 2023 de rugby, avant de changer d'avis, de planter les sportifs et de revenir au Sénat, au groupe du Rassemblement démocratique et social européen.

Quand Marc Fesneau émettait des doutes sur la politique de Macron à Bercy

Centriste proche de François Bayrou, le nouveau ministre des Relations avec le Parlement n'a pas toujours été sur la même ligne qu'Emmanuel Macron, surtout lorsqu'il était ministre de l'Economie (2014-2016). Il était notamment de ceux qui considérait que la loi Macron n'était pas "une révolution".
Fesneau a changé son fusil d'épaule en 2017, quand le MoDem s'est allié au candidat En Marche! pour les présidentielles. Après la victoire d'Emmanuel Macron, Marc Fesneau, a été élu député du Loir-et-Cher, soutenu par le parti présidentiel, grâce à un accord d'appareils.

Quand Franck Riester ne pariait pas un seul fifrelin sur Macron, un candidat "flou"

ncien cadre des Républicains,
 le député de Seine-et-Marne, Franck Riester est devenu soutien "constructif" de la majorité après l'élection d'Emmanuel Macron, en tant que chef de file du parti juppéiste 'Agir' à l'Assemblée. 

Mais avant ce revirement de situation et de veste, le garagiste devenu ministre de la ...Culture ne roulait pas pour le locataire de Bercy : il lui cassait sa caisse. Selon lui, la démission du ministère de l'Economie était "logique vu son bilan catastrophique comme conseiller et ministre de l'Economie".
"Emmanuel Macron c'est plutôt flou. Sa grande loi, on en retient la libéralisation des bus. Ce n'est pas extraordinaire", constatait-il par ailleurs fin octobre 2016.

Remaniement : aucune surprise après quinze jours d'arrêt d'urgence du char de l'Etat

Quinze jours pour finir par un jeu  de chaises musicales

Aucune tête nouvelle dans le "nouveau monde" macronien

Un joueur de poker à l'Intérieur et un garagiste à la Culture
Le nouveau gouvernement a été publié en catimini ce mardi 16 octobre. Les services de l'Elysée ont dévoilé les nouveaux noms à 9h30. C'est à Christophe Castaner qu'échoue le ministère de l'Intérieur, tandis que Françoise Nyssen, visée par une enquête, est remplacée par Franck Riester à la Culture.

Dans son communiqué, l'Elysée évoque "une équipe renouvelée mais dont le mandat politique reste le même".

Les entrants ne sont pas des faces inconnus et les grands perdantes sont la société civile et les femmes 

Les nouveaux venus ou nouveaux nommés du gouvernement sont :

  • Christophe Castaner, qui devient ministre de l’Intérieur
  • Franck Riester, proche de Juppé ('Agir'), nommé ministre de la Culture
  • Didier Guillaume, ex-PS vallsien, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • Jacqueline Gourault, poids lourd du MoDem, ancienne "madame Corse" du gouvernement, prend la tête du ministère de la Cohésion des Territoires
  • Marc Fesneau, MoDem, qui devient ministre auprès du Premier Ministre, chargé des Relations avec le Parlement

Les sortis

  • Françoise Nyssen, qui quitte le ministère de la Culture
  • Jacques Mézard, anciennement à la Cohésion des territoires
  • Stéphane Travert, jusqu'alors ministre de l’Agriculture


Un remaniement a minima qui laisse présager un changement de gouvernement après les européennes du printemps.