POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est FNSEA. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est FNSEA. Afficher tous les articles

samedi 12 octobre 2019

Lubrizol : la préfecture, cible des agriculteurs en colère

Des agriculteurs en colère déversent du lait à Rouen, geste symbolique d'hostilité au gouvernement

Une trentaine d'agriculteurs a déversé du lait devant la préfecture de Seine-Maritime, vendredi soir à Rouen
L'usine Lubrizol de Rouen en feu, le 26 septembre 2019.
Capture d'écran d'une vidéo de l'AFPTV du 11 octobre 2019

Un agriculteur déverse du lait devant la préfecture de Seine-Maritime à Rouen, pour protester contre la consignation de  produits laitiers en raison de la contamination probable liée à l'incendie de produits chimiques à l'usine Lubrizol France, première filiale du groupe américain à avoir produit hors des Etats-Unis..Ce site industriel est classé au titre des risques pour l’environnement et la santé, selon la directive Seveso, seuil haut avec servitudes. 

A l'appel de la FNSEA de Seine-Maritime, des producteurs ont lancé du lait à travers les grilles de la préfecture vers 21h30.

Le préfet pourrait dès cet après-midi "lever les séquestres sur le lait", avait dit le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, lors d'une conférence de presse vendredi, selon l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation), "tous les prélèvements étaient négatifs".

Or, "à cette heure, aucune décision de l'administration n'a été prise"...

Pire, "les délais seraient même repoussés à lundi,"fait savoir un communiqué de la FNSEA diffusé vendredi en début de soirée.
"Les éleveurs ne comprennent pas pourquoi ils sont encore obligés de détruire du bon lait", indique le syndicat agricole.

Ce report de la commercialisation du lait a également suscité la colère de la Chambre d'agriculture de Seine-Maritime. 
"Les résultats sont bons; on est sous blocus depuis 15 jours et il faut encore attendre lundi ! Et on va encore jeter notre lait samedi et dimanche, moralement, c'est compliqué", a-t-elle déclaré sa vice-présidente, Aline Catoire.

mardi 26 septembre 2017

Nouvelle cacophonie gouvernementale, sur le glyphosate : l'UE gronde

Macron peine à énoncer clairement une stratégie de remplacement et une date butoir


La France a confirmé lundi son intention de réduire progressivement l'utilisation agricole de l'herbicide controversé glyphosate

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"Alors que l'herbicide le plus vendu au monde suscite toujours la controverse du fait d'un risque potentiel sur la santé, le Premier ministre Édouard Philippe n'a pas su comment pacifier la tension entre agriculteurs et associations de défense de l'environnement et de la santé publique: il a demandé lundi aux deux ministères concernés - et antagonistes - de lui présenter "d'ici la fin de l'année" un rapport sur "les conditions d'un plan de sortie" de ce produit.  "Compte tenu de l'état de la recherche et des alternatives disponibles pour les agriculteurs" ajoutait le communiqué de Matignon.

Les prises de parole en tous sens nuisent à la pédagogie.
Le président Macron a clamé sa volonté de changement de stratégies, abandonnant son silence olympien pour intervenir sans cesse, notamment depuis l'étranger, où il fustige volontiers quiconque ne parvient pas à cerner sa "pensée complexe"

Mais, dans un effort pédagogique parallèle, il  multiplie le nombre des porteurs de sa parole. Après la journaliste franco-israélienne Laurence Haïm, qui fut porte-parole du candidat Macron à la présidence, l'Elysée a engagé un autre journaliste, Bruno Roger-Petit, détesté par le milieu, au poste de porte-parole de la présidence, laissé inoccupé depuis 2008 par David Martinon : RGP devra amplifier la Voix de son Maître. Ce rôle était occupé par Sibeth Ndiaye, la conseillère presse, récemment épinglée pour son écart de langage en off au moment de confirmer la mort de Simone Veil : "la meuf, elle est dead", avait lâché la vulgaire franco-sénégalaise, en mastiquant son éternel chewing-gum.
Et puis, le gouvernement a son propre porte-parole stakhanoviste, Christophe Castaner qui, malgré une vie passée dans les ministères, enchaîne les déclarations que les ministres craignent de faire, à l'instar du pusillanime Nicolas Hulot, mais accumulant avec aisance les bulles, les affirmations péremptoires et les rétropédalages en danseuse. La parole présidentielle est donc inaudible.


Le porte-parole du gouvernement a ajouté du désordre au désordre des déclarations

Le produit incriminé, "ainsi que tous ceux qui lui ressemblent et qui menacent la santé des Français", sera interdit en France "d'ici la fin du quinquennat", soit 2022, a cru bon de préciser Christophe Castaner sur BFMTV et RMC.

Mais le porte-parole a dû faire marche arrière et revenir sur son affirmation en milieu de journée, en indiquant que le gouvernement "s'engage à des progrès significatifs" d'ici 2022, pour tous les pesticides, dont le glyphosate, en précisant qu'il "n'y a pas d'autre date arrêtée par le Premier ministre". 

"L'objectif est qu'on puisse trouver des produits de substitution d'ici la fin du quinquennat," a nuancé Castaner, sans donner de date-butoir pour un retrait.

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
La FNSEA avait vivement réagi entre ces deux déclarations du porte-parole du gouvernement. Le principal syndicat agricole avait affirmé qu'il était "hors de question" que la France prenne une position "unilatérale", différente de ses partenaires européens. 
Les experts de chaque pays doivent d'ailleurs se réunir début octobre à Bruxelles, sachant que l'emballement du gouvernement n'était pas justifié puisque l'autorisation de cette substance expire fin 2017. D'autant que, pour l'heure, aucun vote européen n'est programmé, selon la Commission.

La Commission européenne a proposé aux Etats de renouveler pour 10 ans la licence d'exploitation du glyphosate. Fin août, le ministère de la Transition écologique avait annoncé que la France s'y opposerait, comme elle l'avait fait en 2016. L'exécutif européen a plusieurs fois insisté pour que la décision revienne aux Etats membres, représentés au sein d'un comité d'experts. 
En l'absence d'une majorité qualifiée en faveur du renouvellement, la licence du glyphosate serait révoquée dans toute l'UE, laissant un temps limité (douze mois) pour mettre progressivement un terme à l'utilisation de produits qui en contiennent.

"Distorsion de concurrence"


L'ONG Générations futures dénonce la "cacophonie au gouvernement" français sur le glyphosate et, bien que supranationale et illégitime, l'organisation lui a réclamé "un éclaircissement rapide". Fondée en 1996 et refondé en 2008 par un ingénieur agronome et un enseignant, François Veillerette, c'est une association de défense de l'environnement agréée par le ministère de l'Ecologie et reconnue d'intérêt général en 2008
Veillerette est un militant de Greenpeace, élu conseiller régional de Picardie en mars 2010 sous l'étiquette Europe Écologie-Les Verts, créé à l'automne 2008 à l'initiative du parti Les Verts sous l'impulsion de Cécile Duflot.


"Quelle est la position du gouvernement sur un renouvellement du glyphosate pour 10 ans? On ne sait plus", a aussi grondé la députée européenne écologiste Michèle Rivasi.

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
En France, l'utilisation du glyphosate par les collectivités dans les espaces ouverts au public est interdite depuis le 1er janvier 2017 et son emploi par les particuliers doit être proscrit à partir de 2019.
Classé "cancérogène probable" en 2015 par le Centre international de recherche sur le cancer (OMS) et non cancérogène par deux agences européennes, le glyphosate est très utilisé comme herbicide par les agriculteurs, qui craignent une baisse de rendement et de revenus en cas d'interdiction.

Vendredi à Paris, des membres de la FNSEA avaient manifesté pour s'opposer à un éventuel abandon unilatéral par la France.

La présidente de la FNSEA, a relevé d'autres "incohérences" gouvernementales chez Nicolas Hulot 

Résultat de recherche d'images pour "glyphosate"
"La même semaine, on parle interdiction du glyphosate en France, mais on laisse venir, via le CETA [accord de libre échange commercial entre l'UE et le Canada], des produits d'autres pays, avec 43 substances non autorisées en France," explique Christiane Lambert, lundi.

Vendredi, Stéphane Travert, le ministre de l'Agriculture, avait quant à lui évoqué une période de transition possible "de cinq à sept ans", précisément pour laisser le temps de mettre en place des mesures alternatives ou de faire émerger des produits alternatifs.

Samedi, le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a pour sa part placé les agriculteurs français face au temps long: "La justice et l'histoire nous rattraperont" si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire, a-t-il dit. 

jeudi 27 juillet 2017

Le gouvernement provoque tous les syndicats agricoles sur la PAC

Les agriculteurs remontés contre le gouvernement sur la PAC

Annonce du ministre de l'Agriculture unanimement condamnée 

Les syndicats d'agriculteurs dénoncent comme inacceptable la mesure de transfert de crédits de la Politique agricole commune (PAC) 2018.
L'Etat va notifier le 1er août à la Commission européenne le transfert de 4.2% des montants des crédits du premier pilier de la PAC, qui concerne les aides à la production, vers le pilier qui regroupe des dispositifs de soutien ciblés pour aider les zones difficiles ou encore l'agriculture biologique.
"C'est un très mauvais signal", déplore la FNSEA, évoquant un "hold-up inacceptable".

"Stéphane Le Foll et le précédent gouvernement ont laissé en héritage une énorme ardoise de 853 millions d'euros ! (...) 
Pour sortir de cette impasse, plutôt que d'honorer la continuité de l'engagement de l'Etat en trouvant les ressources nécessaires sur le budget national, Stéphane Travert annonce un prélèvement de 4,2 % sur les soutiens directs perçus par les agriculteurs", dénonce dans un communiqué le syndicat majoritaire.

Le gouvernement divise le monde agricole

Ancien député socialiste de la Manche passé au service du président Macron et successeur du fugitif Mézard (ci-contre à la gauche de Richard Ferrand, désigné par l'Elysée pour prendre la tête des députés de la majorité), appelé à remplacer au super ministère de la Cohésion des territoires (Logement, Ville et Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales), après à peine plus d'un mois, Richard Ferrand poursuivi dans une affaire d'emploi parlementaire familial et une autre, politico-financière, un "arroseur arrosé qui "souille tous les élus de France" - , 
l'actuel ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation a justifié ses choix par "sa volonté que les crédits de la PAC servent l’ensemble de l’agriculture française, avec une attention particulière aux zones les plus défavorisées et aux secteurs fragiles comme l’élevage, et qu'ils accompagnent encore mieux les différents modèles de production".

Résultat de recherche d'images pour "PAC Le Foll"Au contraire, le gouvernement "fait le choix dangereux de léser la grande majorité des paysans au bénéfice d’une minorité (...) en ne majorant pas davantage" les petites exploitations, estime la Confédération paysanne, marquée à gauche et représentant moins de 20% des voix lors des dernières élections aux chambres d'agriculture en 2013. 
Ses porte-parole les plus médiatisés sont José Bové (2000-2004) connu "démonteur" de MacDo et faucheur de champs OGM, Jean-Émile Sanchez (2004-2005) éleveur de brebis du Larzac connu comme "faucheur volontaire" condamné par la cour d'appel d'Orléans à 2 mois de prison ferme et 48 autres à deux mois de prison avec sursis, pour avoir participé à des fauchages sur des parcelles de maïs transgénique de Monsanto en 2004 et 2005, dans le Loiret, ou Laurent Pinatel, éleveur bovin de la Loire révélé par la lutte contre la 'ferme des mille vaches'  dans la Somme.
Ce transfert "revient à prendre dans la poche des agonisants pour soutenir les mourants !" explique également la Coordination rurale, syndicat agricole apolitique créé en 1992, en réaction à la réforme de la PAC.

"Ce n'est plus aux agriculteurs de continuer à payer les erreurs politiques de leurs gouvernants. (...) 
C’est à l'État - donc la solidarité nationale des seuls contribuables, seulement 1 Français sur 2 - d’assumer ses responsabilités - notamment Stéphane Le Foll, ci-contre, arrogant ministre intermittent et pourtant ré-élu PS dans la Sarthe aux législatives de 2017 - tant dans ses mauvais choix en matière de politique agricole commune que dans la gestion délibérément cavalière de ses budgets agricoles", ajoute le syndicat dans un communiqué au ministre de l'Agriculture, un homme qui a fait sa carrière comme commercial dans ...l'industrie.

dimanche 28 août 2016

Crise laitière: la Confédération Paysanne vise Bruxelles et non Lactalis

Bruxelles aussi concentre la colère des éleveurs

Etrangement, les éleveurs de la FNSEA s'en prennent à Lactalis

Une partie des producteurs laitiers, derrière le puissant syndicat FNSEA, a déclaré la guerre à Lactalis (Lactel, Bridel, Salakis, Galbani, Président, …), premier groupe laitier mondial, qu’ils accusent de pratiquer des tarifs trop bas. 
La FNSEA cible Lactalis qui serait donc le principal responsable du marasme dans lequel se trouvent de nombreux producteurs. 
Un blocus de la société a d’ailleurs été mis en place la semaine dernière.
Avec la crise laitière, la colère paysanne gronde à nouveau, notamment en Bretagne, à quelques semaines seulement du début du salon agricole, le SPACE de Rennes, qui pourrait être animé.
Lactalis, anciennement Besnier, est une entreprise française du secteur de l'agroalimentaire. Elle s'est hissée aux rangs de premier groupe laitier et fromager mondial, et de deuxième groupe agroalimentaire français, en volume de production en 2014, derrière le groupe Danone.

Toutefois,
la FNSEA n’est suivie dans son action ni par la Coordination rurale, ni par la Confédération paysanne.

Tous les sites français du groupe Lactalis sont visés
La Confédération paysanne est d’habitude beaucoup plus radicale dans ses formes d’action comme dans ses propositions. Il suffit de citer ses meneurs, l'altermondialiste Joseph (dit José) Bové,  membre fondateur d'ATTAC, "démonteur" (destructeur) du  McDonald's de Millau (1999), saccage de plants de riz transgénique en  "faucheur" de plants de riz transgénique et, en 2006, d'un champ de maïs OGM en Haute Garonne, condamné à de nombreuses reprises ("violence en réunion" pour séquestration de fonctionnaires de la préfecture de Rodez), ou Laurent Pinateléleveur bovins bio près de Saint-Étienne dans la Loire, en première ligne de la lutte contre la Ferme des mille vaches dans la Somme, placé en garde à vue à deux reprises , poursuivi pour "incitation à la dégradation" et pour "recel". Ces mêmes neuf militants ont vu leurs peines allégées en appel.

La première, la Coordination rurale, interroge: "Pourquoi ne cibler que Lactalis?"
Selon ces producteurs, les mauvais élèves ne sont pas forcément ceux qui sont montrés du doigt. "Pourquoi ne cibler que Lactalis ? Cette entreprise ne paye certes pas le lait à un prix rémunérateur pour les producteurs, mais quasiment aucune laiterie aujourd'hui ne le fait ! [en France et en Europe] Pire, certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis en tenant compte des prix A et B, sans être attaquées !".
La Coordination rurale (CR, deuxième syndicat agricole national) est un syndicat agricole apolitique qui a été créé en 1992, en réaction à la réforme de la Politique agricole commune (PAC): l'un des slogans de la CR est "des prix, pas des primes".

Le groupe Lactalis a dénoncé de son côté dans un communiqué publié jeudi les propos "irresponsables" des représentants de syndicats agricoles qui ont pris l'industriel pour cible principale. 
"La production laitière est très excédentaire en France et le groupe Lactalis est l'entreprise de transformation qui traite le plus d'excédents produits par les producteur de lait", a précisé l'industriel, qui souligne que le prix payé en France est "nettement supérieur" à celui pratiqué par les autres pays européens, notamment l'Allemagne, premier producteur en Europe.
Quant au MODEF (Mouvement de défense des exploitants familiaux, classé à l'extrême gauche)il déplore dans le journal communiste L'Humanité que Lactalis (qui produit les marques Bridel, Lactel ou encore Président) jouisse "d’une santé économique insolente" et qu'un PDG d'entreprise comme Lactalis soit classé 13e fortune de France. Sur le fond, le Modef constate que l’offre de lait a dépassé la demande, mais ne pousse pas l'analyse jusqu'à la condamnation de la politique de Hollande qui a plombé les exportations vers la Chine, mais aussi la Russie, du fait de son soutien au gouvernement rebelle en Ukraine.

La Coordination Rurale, elle, mène d’autres actions coup de poing

A Marmande, des milliers de litres de lait ont récemment été déversés, 
avec pour cible bien précise le domicile du ministre lot-et-garonnais Matthias Fekl, secrétaire d'État chargé du Commerce extérieur. "Les politiques nous lâchent..." assure Sylvie Girard, responsable régionale de la Coordination rurale., mais rappelle (et PaSiDupes l'a indiqué plus haut) "quasiment aucune laiterie aujourd’hui ne paie un prix rémunérateur aux producteurs", visant (le blog le souligne à nouveau, à la différence de la presse étatique) certaines coopératives payent chez beaucoup de producteurs le même prix que Lactalis, sans être attaquées !". Les journalistes d'investigation peuvent se tourner vers LAÏTA, la première entreprise coopérative laitière du Grand Ouest, sise dans le Finistère qui compte huit députés PS (ou DVG) sur huit, dont Jean-Jacques Urvoas et Marylise Lebranchu.

Pourquoi  la Confédération Paysanne s'attaque-t-elle à Bruxelles et non au gouvernement français ?

Avec l’APLI, association des producteurs de lait indépendants, mais qui conteste vivement la légitimité de la FNSEAla Confédération Paysanne se refuse à partager la même cible que la FNSEA. Conscients de la globalisation du marché, ses adhérents réclament une régulation et une harmonisation européenne des règles et des prix.


Le 18 juillet dernier, le Conseil agricole de l’Union Européenne a présenté de nouvelles mesures qui permettent à Hollande de rester les bras croisés. Le commissaire européen à l’Agriculture l’Irlandais Phil Hogan, a annoncé le déblocage d’une nouvelle enveloppe de 500 millions d’euros d’aides d’urgence, afin d’enrayer la spirale de baisse qui emporte les cours du lait depuis... deux ans et met en péril la situation de nombreux éleveurs.

Ces financements européens seront répartis dans deux enveloppes. 
La première, de 150 millions d’euros, pour inciter les producteurs de lait à réduire leurs volumes, avec un objectif d’une diminution de 1,4 million de tonnes de lait. Les agriculteurs seront rémunérés au prorata des litres non produits (soit environ 10,7 centimes d’euro le kilo de lait) .

La seconde tranche, de 350 millions d’euros, sera versée aux 28 Etats membres, qui pourront ajouter jusqu’à 100 % des sommes reçues, si cela n’encourage pas la hausse de la production mais plutôt des actions environnementales ou de formation.

De nouvelles "perfusions" donc, qui dispensent le gouvernement Valls de soutenir ses éleveurs et  qui font suite à aux millions dépensés chaque année en faveur des agriculteurs, sans que la courbe des prix du lait ne s'inverse, signe d’un modèle à bout de souffle.

Produire moins pour gagner plus, réclame l
a Confédération paysanne

Avec seulement 19,7 % des voix lors des dernières élections aux chambres d'Agriculture en 2013, la Confédération est particulièrement remontée contre sa rivale, la FNSEA, de Xavier Belin qui a validé le projet européen, stigmatise un "gigantesque plan de licenciement des éleveurs laitiers"
"Alors que tout le monde parle enfin de régulation, il est temps de mettre en place de véritables mesures pour les éleveurs avec une réduction imposée de la production couplée à des prix renforcés sur les premiers litres", explique la Confédération dans un communiqué diffusé par la presse.

Actuellement, les prix du lait sont descendus sous les 0,25€ le litre, alors que 0,35 € minimum sont nécessaires pour un revenu correct selon le syndicat paysan. "Les éleveurs sont déjà acculés par un système qu’aucun gouvernement européen n’a réellement souhaité remettre en cause. Désormais, des milliers d’entre eux pourraient être poussés vers la sortie."

Le syndicat exhorte aussi les gouvernants à cesser la distribution d’aides et de perfusions aux paysans, mais prennent les mesures pour que ces derniers puissent vivre de leur production : "il est temps de penser le soutien aux éleveurs pour engager la transition vers des modes de production plus autonomes, plus cohérents avec la réalité du métier et des besoins alimentaires. L’agriculture est un secteur qui peut créer de l’emploi si on ne le vend pas à un libéralisme éperdu qui ne se préoccupe pas des travailleurs, ni de l’environnement, des paysages, de l’alimentation, de la société dans son ensemble !".

La rentrée pourrait s’annoncer chaude et agitée,
particulièrement dans l'électorat de Bretagne !

vendredi 11 décembre 2015

Barrage de Sivens: l'Etat achète les exploitants pour les faire renoncer à leur projet

Le contribuable paiera 3,4 millions d'euros au Tarn (PS), en compensation de l'abandon du projet de barrage à Sivens

2,1 millions pour les dépenses en pure perte et 1,3 pour réhabiliter la zone humide. 
Duflot et Mamère sur le site
du réservoir de Sivens
Après avoir accepté le 6 mars de renoncer en partie à son projet de retenue d'eau, malgré l'état d'avancement des travaux, le conseil du Tarn a adopté le "projet transactionnel" proposé par l'Etat. Ce projet vise à indemniser le département socialiste pour les dépenses déjà engagées avant la décision prise à la mi-janvier par la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, d'abandonner le chantier où est mort le 26 octobre 2014 Rémi Fraisse, jeune activiste. Pour ces dépenses "en pure perte", le département recevra 2,097 millions d'euros. 

Le département socialiste prend l'argent du contribuable...

Le Tarn a acquiescé, "bon gré mal gré"
. Mais il s'est empressé d'adopter un autre projet de retenue d'eau. 
Un projet gagnant-gagnant: réduit de moitié et à construire construit non loin du projet initial, soit il répond à la demande pressante en eau des exploitants agricoles, soit il déclenche de nouvelles violences altermondialistes, mais dans tous les cas, le Conseil départemental rentre dans ses frais ! 

Compenser la destruction de la zone humide 
En contrepartie de l'abandon du premier chantier, le Tarn s'est engagé à "compenser les atteintes environnementales" résultant de la destruction de la zone humide: la vallée de la petite rivière Tescou a en effet été totalement arasée. Près d'une centaine d'espèces protégées y vivaient.
Le projet de retenue d'eau est toujours défendu par le syndicat agricole FNSEA qui l'estime nécessaire à l'irrigation des terres de la zone mais il est vivement combattu par des écologistes et résidents. En outre, plusieurs centaines d' activistes, des "zadistes", squatteurs de la "zone à défendre", ont été délogés par les gendarmes, le 6 mars. 

Les "djihadistes verts" restent vigilants

Activiste écologiste à Nantes
Ces extrémistes ont décidé que le barrage est inutile et que les petites retenues d'eau collinaires alentours sont suffisantes aux besoins d'irrigation. Les opposants sont vent debout contre le nouveau projet qui doit être lancé dans les plus brefs délais, selon les autorités locales et Paris, et qu'ils estiment n'être qu'un "Sivens light". "On se méfie d'un nouveau passage en force", a déclaré Ben Lefetey, porte-parole du Collectif Testet, qui regroupe des opposants. "Car ils n'ont toujours pas accepté l'abandon du projet initial", a-t-il dit. 

"C'est un sujet lourd qui n'est pas terminé. J'espère que le bon sens, la légitimité et la légalité pourront coïncider", a répondu Thierry Carcenac, président socialiste du Conseil départemental du Tarn. Selon Ben Lefetey, le nouveau projet de retenue d'eau ne pourra voir le jour avant "deux ou trois ans". 2
La guerre de l'eau reprend en ...2017 !

jeudi 3 septembre 2015

Mais pour qui roule vraiment la CFDT ?

C'est -à l'inverse- l'étrange question que se posent l'AFP et ses suiveurs de la presse

"Mais pour qui roule vraiment Xavier Beulin, le patron de la FNSEA?" s'interrogent l'AFP et L'Express, de conserve !...
Xavier Beulin a le poil noir, mais les yeux bleus :
l'AFP lui reproche donc sa réussite
Bon orateur et à l'aise dans les media, à la différence de Laurent Berger (CFDT), Xavier Beulin a satisfait a demande des agriculteurs -après des mois de colère en régions- de monter sur Paris. Une foule d'agriculteurs mécontents -seulement ceux proches de Paris- se sont donc rassemblés aux portes de Paris, ce jeudi. Le patron du principal syndicat, la FNSEA, est très écouté du fait qu'il a su développer un géant agro-industriel, le groupe Avril, dont les intérêts sont partagés par la base qui l'a élu.
  
L'homme n'a rien reçu en héritage; il s'est construit: 
il a dû arrêter ses études à 17 ans à la suite du décès de son père et décrochera malgré tout un BEPA, en formation accélérée.

Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, à son arrivée à l'Elysée pour une réunion avec le Premier ministre et le ministre de l'Agriculture, le 24 août 2015 crédits : afp.com/KENZO TRIBOUILLARDVALLS, il

A la façon de Manuel Valls a posé sa veste sur l'estrade de la Place de la Nation ce jeudi après-midi. Mais, à sa différence, il a gardé son sang-froid conservant sa chemise, impeccable, et n'a pas transpiré comme un veau, quand des agriculteurs ont bruyamment manifesté leur volonté de garanties fortes pour l'avenir.

L'AFP discrédite la réussite

L'ascension sociale dérange l'agence de presse marxisante qui reproche à Xavier Beulin d'être à la fois leader du 1er syndicat agricole depuis 2010, céréalier dans la Beauce et président d'un grand groupe industriel, Avril (7 milliards d'euros de chiffre d'affaires), numéro un des huiles en France, qui détient notamment les marques Lesieur, Puget ou Matines (oeufs). En fait, ce que néglige de signaler la presse partisane, c'est qu'il est Associé en Exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) avec son frère et deux cousins.

S'il est aussi Administrateur de Crédit Agricole S.A, il la doit à une nomination "par arrêté conjoint des ministres en charge de l'Economie et de l'Agriculture", souligne pourtant la fiche qui lui est consacrée sur le site de la banque et que l'AFP n'a pourtant pas manqué de lire. 
Ce comportement de la presse, ce serait comme reprocher au milliardaire franco-israélien Patrick Drahi d'être le principal actionnaire de l'opérateur français SFR-Numericable, Virgin Mobile, etc... et patron de presse, depuis janvier 2015, des magazines les plus importants du groupe en France. Vertueux, les journalistes de L'Express réussissent à critiquer l'un sans égratigner l'autre, son propriétaire: chacun aura ainsi compris d'où vient cette différence de traitement.
Puissante bien avant que X.Beulin n'en prenne la tête, la FNSEA a joué son rôle syndical en encadrant la convergence -à 40 km/h-  des tracteurs des agriculteurs d'Ile-de-France et la traversée de la France par leurs familles pour se faire entendre.
Parce qu'il a la compétence des hommes d'affaires, les agriculteurs l'ont choisi comme représentant syndical. Hollande n'a pas fait autrement en choisissant le banquier d'affaires, Emmanuel Macron, pour ministre...  
L'un - à 36 ans-  est étranger au monde politique et n'a reçu aucun mandat électoral; l'autre - à 56 ans - est non seulement agriculteur, mais syndicaliste...depuis plus de 25 ans.
Gros travailleur, réputé aussi à l'aise avec les problèmes concrets des agriculteurs que dans les négociations à Bruxelles 
Xavier Beulin est un homme d'expérience. 

Il expose inlassablement et posément ses vues et les propositions de son organisation syndicale, en tentant de ne pas être "trop techno". Selon lui, une "erreur fondamentale" serait de ne pas prendre le temps de réfléchir à une nouvelle orientation de l'agriculture française pour les 20-30 prochaines années, expliquait-il fin juillet. Un reproche récurrent adressé à S. Le Foll, ministre de l'Agriculture sans aucune vision - ni intérêt - pour la cause agricole.

Il faut "privilégier une agriculture qui reste à taille humaine" (histoire d'apaiser la gauche qui condamne l'industrialisation de l'agriculture), "tout en regroupant les moyens de production" pour rester compétitif face à nos voisins européens, plaide-t-il, notamment l'Allemagne, dont les Verts ne sont pas archaïques comme peut l'être la Confédération paysanne qui voit en lui le promoteur de fermes-usines, sur le modèle de la ferme des 1.000 vaches, qui laisserait à terme des milliers d'agriculteurs sur le carreau, selon ce syndicat agricole ultra-minoritaire (19,7 % des voix lors des dernières élections aux chambres d'agriculture en 2013) et labellisée à gauche. "Pendant que la FNSEA a mobilisé les agriculteurs à Paris, son président Xavier Beulin fait la tournée des popotes pour obtenir ce qu'il veut, regrettait le porte-parole de "La Conf'", Laurent Pinatel, placé en garde à vue trois fois pour des dégradations commises à l'instigation de Bové (Joseph, comme Staline), ce matin sur... L'Express. Connivence ? L'hebdomadaire et le syndicat font front commun. "Il passe au Sénat, à l'Assemblée, chez Manuel Valls (qui a fait des annonces en début d'après-midi). Mais la modernisation, selon la FNSEA, cela consiste à faire grandir les fermes pour les rendre plus compétitives. La volonté de dialogue  de Beulin ulcère cette Confédération d'extrême gauche.

Pinatel et Le Foll, détendus et souriants
Marquée à droite (selon le bouclage à l'oreille par la gauche), la FNSEA a en revanche l'ambition de créer des exploitations plus grandes, plus en phase avec ce qui se fait chez nos voisins européens.

Les agriculteurs reprochent au ministre des discussions  qui s'éternisent avec les services du Premier ministre. Selon L'Express qui n'a toujours pas pris la mesure pas la détresse des agriculteurs, "la belle mobilisation" n'aura pas activé la sortie du train de mesures d'urgence et des solutions à long terme attendues

L'AFP et L'Express accusent Xavier Beulin de faire de la politique

Rendez-vous compte, "il tente de pousser son avantage pour obtenir un maximum de chose[s] de la part du gouvernement", s'indigne (avec AFP) Sébastien Pommier pour L'Express. "Il souhaite notamment voir les normes et les charges s'alléger pour aider la filière à grandir", s'agacent-ils dans leurs bureaux parisiens. Et les fielleux d'ajouter: "et son groupe à prospérer" ! 

La presse ne prend pas la peine de masquer son parti-pris anti-FNSEA 
"C'est en tout cas ce que lui reproche le président de la Coordination rurale [12,5% et anti-PAC], autre formation syndicale agricole (à droite cette fois)  qui s'est désolidarisé[e -deuxième faute du journaliste]  "du déploiement de force du roi Beulin avec sa casquette de groupe à 7 milliards", polémique son président, Bernard Lannes. Doit-on pour autant suggérer qu'elle s'aligne sur La Conf' ? Or, si la paire AFP-L'Express classe la Coordination rurale à droite, c'est qu'elle est apolitique.

Beulin parle aussi "compétitivité" et "OGM" 
Sous le feu des critiques de la gauche radicale depuis le début de l'été, la "holding Beulin" s'est défendu[e -encore une faute de Sébastien Pommier] fin juillet, ripostant qu'elle réinvestit systématiquement "tous ses résultats dans le développement des filières nationales"

L'AFP et L'Express retracent son itinéraire et passent enfin aux aveux, de mauvaise grâce
Le Roi du Maroc Mohammed VI serrant la main 
du patron de la FNSEA Xavier Beulin 
lors d'une visite présidentielle de F.Hollande 
à Casablanca en avril 2013
"Autodidacte, Xavier Beulin a dû reprendre -en partage- l'exploitation familiale en 1976, au décès de son père. Alors en terminale et aîné de quatre enfants , il fait une croix sur le bac. Son seul diplôme est donc son permis moto, son péché mignon, comme il aime à le rappeler. Très jeune, il s'implique en militant au Centre départemental des jeunes agriculteurs (CDJA) du Loiret, et grimpe rapidement les échelons, multipliant les casquettes dans des organisations du secteur agricole. Associé avec son frère et deux cousins, l'agriculteur, marié et père d'un fils, co-dirige une exploitation de céréales (colza, tournesol, blé, orge) d'environ 500 hectares au sud-est d'Orléans.
  
Xavier Beulin n'hésite pas à utiliser des mots tabous dans l'agriculture française: "compétitivité" ou "OGM", sur lesquels il voudrait même dialoguer. Le patron de la FNSEA cherche à adapter le monde agricole au monde du XXIe siècle et recherche des solutions. Ainsi s'emploie-t-il à introduire dans le débat agricole des concepts jusque-là réservés au domaine financier, comme la titrisation, qui pourrait permettre à des fonds d'investir davantage dans l'agriculture. 
Sous la critique, Xavier Beulin reste droit dans ses bottes.