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vendredi 26 juin 2020

Municipales: Hulot vote EELV contre les listes LREM de Macron

En optant pour EELV contre LREM, Hulot bascule dans l'écologie radicale, voire ultra

L'ancien ministre d'Etat de Macron souhaite "le triomphe de l’écologie" dans de nombreuses grandes villes comme à Starsbourg, Marseille ou Lyon


Hulot fait le lit des ayatollahs verts.
Contaminé par Europe Ecologie-les Verts, après s'être longtemps fait cavalier seul, l’ancien ministre amer d'Edouard Philippe à la Transition écologique qui avait refusé de donner une consigne de vote pour les élections européennes de 2019, a tombé le masque pour les municipales.
Tout en évoquant ses “divergences” avec Macron sur la préservation du climat, Nicolas Hulot n’avait encore jamais pour autant cédé aux avances d'EELV et à la candidature portée par Yannick Jadot. Mais un an plus tard, Hulot a enfin su prendre une décision. Mais a-t-il pris la bonne, ce mercredi 24 juin, en  se prononçant clairement pour le vote vert aux élections municipales, à Lyon notamment, où son collègue de gouvernement, Gérard Collomb, doit les repousser, ou à Grenoble, où ils tentent de se maintenir. 

L’écologie a le vent en poupe sur le papier, des organes de presse et des sondeurs.
Les Européennes ont gonflé les écolos à bloc, mais ce scrutin n'a jamais eu rien de commun avec des municipales où leur arrogance tombe, tel un soufflet. 
Nicolas Hulot sort de sa réserve dans l'entre-deux tours pour "souhaiter" désormais "un triomphe de l’écologie qui porte une approche intégrale et remette en cause un modèle néolibéral.” C'est ainsi qu'il stupéfait notamment en refusant donc son soutien à Collomb et son alliance avec la droite rhodanienne. 

"Je serais très heureux que des écologistes, quels qu’ils soient, arrivent au pouvoir dans de grandes villes, comme à Marseille ou à Lyon", explique-t-il en qualifiant de “faute politique” les alliances nouées par La République en marche avec les Républicains pour "faire barrage à l’écologie" à Bordeaux, Strasbourg ou Lyon.

Hulot se révèle très critique du président du président

"La classe politique joue un jeu très dangereux en caricaturant l’écologie et en fustigeant les écologistes, assène-t-il. Pourtant, la situation exige l’intelligence de tous. Je ne comprends pas que la droite républicaine soit encore engluée dans ses préjugés", avoue-t-il, à Libération. Il souhaite au passage aux candidats écolos le même avenir que celui d’Eric Piolle, le maire sortant EELV de Grenoble, bien parti pour sa réélection face notamment à la députée LREM Émilie Chalas. 

Hulot rompt avec LREM en se tournant à gauche. Et de saluer les "politiques ou associatifs" qui "portent" l’écologie "depuis longtemps”: “Ils ont été des lanceurs d’alerte. L’histoire leur donne cruellement raison”, estime-t-il, en nuançant toutefois: "Certains, sans être chez EELV, ont fait leur conversion. Il ne faut pas les 'cornériser'."

La République en marche n'a jamais su garder un écolo. Pas mieux que les transfuges juppéistes. La stratégie de la majorité pour ces élections municipales n'arrange rien. L’ancien eurodéputé EELV, Daniel Cohn-Bendit, ancien anarchiste lanceur de pavés en Mai 68, mais soutien de Macron, estimait par exemple, dans un entretien au Journal du dimanche, le 7 juin dernier, qu’il est "vraiment idiot" de la part de LREM d’avoir privilégié des alliances avec la droite plutôt qu’avec les Verts.
"C’est bête, c’est inutile et c’est contre-productif, assénait-il, (...) partout où les écologistes sont en position de prendre la mairie, je voterai écolo."
Une réaction d'humeur, une vexation de trop.

jeudi 25 juillet 2019

123 députés ont sacrifié le CETA pour Greta Thunberg

Ces députés ont choisi le médiatique contre le législatif

Attirés comme des papillons de nuit par Greta Thunberg sous le feu des projecteurs, ils ont laissé passer le CETA le même jour

Résultat de recherche d'images pour "CETA" 

Ce mardi, 
avoir reçu l'écologiste suédoise Greta Thunberg en audition, les députés ont voté l'adhésion de la France au CETA, Comprehensive Economic and Trade Agreement (Accord économique et commercial global, AECG), alors qu'ils avaient la tête ailleurs.
Parmi eux : une majorité de députés LREM, 20 députés MoDem, 7 UDI, 8 Libertés et territoires (notamment membres du Mouvement radical, social et libéral, Les Centristes, Union des démocrates et des écologistes (fondé par François de Rugy, Jean-Luc Bennahmias, Jean-Vincent Placé), Parti radical de gauche, ou Place publique), 7 députés LR, 12 socialistes, 3 non-inscrits et 2 gauche démocrate.

Citons en vrac:
Villani, Bournazel, Lagarde, Chassaigne, Falorni, Garot, Pompili, Questel, Renson, Adam, Alauzet, Baichère, Balanant, Bareigts, Belhaddad, Belhamiti, Berville, Diard, Elguerrab, Juanico, Lambert,  Letchimy, Nadot, Orphelin, Rabault, Son-Forget, Taché, Thill, 

L'invitation de l'adolescente était à l'initiative des 135 membres de "Accélérons la transition". 
Résultat de recherche d'images pour "Greta Thunberg"
Kapo, dans une vie antérieure ?
Parmi eux, 123 députés (dont 96 LREM) n'ont pas fait barrage à ce traité de libre échange "climaticide", comme on dit "féminicide" ou "infanticide". Une incohérence inexcusable : s'ils avaient voté conformément à leurs convictions de façade, le texte ne serait pas passé.
Mardi 23 juillet au matin, Greta Thunberg, 16 ans, activiste de "Youth for climate", cornaquée par son papa, était invitée par le collectif transpartisan de députés 'accélérons la transition' lancé par Matthieu Orphelin pour alerter sur l'urgence climatique absolue. La donzelle était, entre autres, escortée de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, qui a rappelé les conclusions du GIEC et plaidé pour des actions politiques immédiates. 
Désormais, la prise de décision dans l'urgence est un 'must', sans rapport avec les condamnations de la précipitation par nos sages anciens. On nous explique en effet qu'en matière climatique, les décisions précipitées n'ont rien de commun avec une décision de crise, car nos "urgentistes" du climat, néo-Atlas de la planète, sont dotés d'une fulgurante rapidité d'analyse...
Ces jeunes de Youth for climate militent en faveur d'une mobilisation face au réchauffement climatique, organisant en particulier des grèves scolaires pour le climat dans de nombreux pays. Mais, au même titre que des "lights off" (extinctions sauvages d'enseignes lumineuses), ou "clean walks" (marches de ramassage de déchets et mégots sur l'espace public) ou des actions diverses de désobéissance civile, a précisé la militante, en même temps que des dizaines de membres de Youth for Climate France ont bloqué un restaurant McDonald's toute la journée de ce dimanche 14 juillet ...

Double hasard du calendrier, en pleine vague de canicule, comme en 1947 ou en 2003 (point besoin d'être paléontologue pour en avoir connaissance), ces mêmes députés étaient appelés le jour même à se prononcer sur le très controversé accord CETA entre l'UE et le Canada.
Résultat de recherche d'images pour "CETA"
Selon Nicolas Hulot ou Gaël Giraud, dans leurs tribunes respectives, cet accord, que certains déclarent totalement contradictoire avec les contraintes climatiques telles qu'elles nous sont imposées par quelques activistes écolos déclinistes et radicaux, vise à abaisser les normes environnementales et sanitaires - qui conviennent aux Canadiens - et renforce significativement les émissions de CO2 par l'accélération d'un commerce de masse.

La veille, Emmanuel Macron répondait sèchement à la tribune de Nicolas Hulot et défendait le CETA "qui va dans le bon sens"

Macron assure "moi, j'ai le sens des responsabilités"
et Pollux défend l'accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, dirigé par son ami Castor, Justin Trudeau, et rédigé selon lui par Nicolas Hulot lorsqu'il était au gouvernement.

Par ce soutien, le président contredit sciemment les conclusions d'un rapport d'experts (rapport Schubert) qu'il avait pourtant lui même nommé ! Ce rapport conclut de manière formelle à la nocivité du CETA pour le climat.
Le CETA a été ratifié de justesse : 266 voix pour, 213 contre et 74 abstentions

L'accord est combattu par les agriculteurs comme les ecologistes, au nom notamment des risques sanitaires.Parmi les députés qui ne se sont pas opposés au CETA, les membres de "Accélérons le transition" sont particulièrement à blâmer :
Ils ont eu le cynisme d'inviter le matin des spécialistes du climat, qui ont réitéré les alertes à l'unisson, laissant passer, l'après midi, un texte aux impacts désastreux, en connaissance de cause.
L’objectif de ce collectif 'Accélérer la transition écologique et solidaire.'? Tenez-vous bien... Les élus détaillent ainsi leur ambition : «Nous, députées et députés élus de sensibilités politiques variées, mais réunis par la conviction que la transition écologique et solidaire ne peut plus attendre, avons décidé d’unir nos forces pour que soient portées et votées des avancées nouvelles à la hauteur des enjeux. Nous serons guidés par la prise en considération de la transition dans l’ensemble des politiques publiques menées. Une seule boussole : l’intérêt général présent et futur.»

"On joue sur les peurs", estime aussi Roland Lescure qui rappelle que seules 36 fermes canadiennes peuvent exporter dans le cadre des normes européennes, les porte-parole MoDem criant aussi aux 'fake news'.

Voici ici la liste des 123 députés à la fois membre du collectif Accélérons la transition  et n'ayant pas voté contre le CETA.
Un vote conforme à leur conviction de façade aurait suffi à faire basculer le scrutin : leur responsabilité est totale.
Voici aussi leurs emails & téléphone pro et compte Twitter : laissons aux citoyens la liberté de leur réclamer des comptes. 
L'histoire et leurs enfants se souviendront certainement de ce vote comme du symbole de l'hypocrisie politique.

Les photos de ces 123 députés figurent aussi sur une galerie "mur de la honte" 


Attention  : cette liste ne comporte que les députés ayant aussi invité Greta le matin même.
Pour la liste complète des députés ayant voté pour ou s'étant abstenu : consultez ce tableur en ligne 

Saluons au passage les 9 députés LREM qui ont eu le courage de s'opposer à la consigne de vote de leur groupe présidé par Gilles Le Gendre et de voter contre le CETA : 
Benoit Potterie, 
Xavier Paluszkiewicz, 
Jean-François Mbaye, 
Sandrine Le Feur, 
Albane Gaillot, 
Olivier Gaillard, 
Yves Daniel, 
Lionel Causse,
Eric Alauzet.

Négocié pendant plus de sept ans, le Ceta avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. 
Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe, d'où son passage par l'Assemblée, puis au Sénat à une date qui reste à définir. Treize Etats l'ont déjà ratifié, dont l'Espagne de Sanchez et ...le Royaume-Uni.

lundi 22 juillet 2019

Ceta: Nicolas Hulot exhortait les députés à "dire non" au traité de libre-échange avec le Canada

Les députés de la majorité ont répondu "non" à Hulot...

Si Macron dit "oui", ses députés disent "oui"

Manifestation contre le traité CETA en février 2017 lors du vote au parlement européen à Strasbourg. 

L’ex-ministre d'Etat, ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot a publié une tribune exhortant les élus à voter contre ce traité.

"Ayez le courage de dire non" au CETA,  
exhorte N. Hulot, ministre démissionnaire,
 dans une lettre ouverte aux députés 
A la veille du vote solennel à l'Assemblée nationale du Ceta, le traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada - déjà mis en oeuvre depuis dix-huit moiis - Nicolas Hulot met  les députés face à leurs responsabilités d'hommes et de femmes libres et indépendants. "Ayez le courage de dire non", lance le président d'honneur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme, dans une tribune publiée lundi 22 juillet. Le Ceta prévoit de supprimer notamment les droits de douanes sur 98% des produits échangés entre l'UE et le Canada. En France, il suscite de nombreuses réticences à droite comme à gauche et le texte a déjà donné lieu à de vifs débats entre les députés lors d'une première discussion mercredi 17 juillet. 

Lettre ouverte aux députés
Demain chacun de vous aura plus de pouvoir que tous les ministres de l’écologie réunis. Demain chacun de vous sera libre de voter contre la ratification du Ceta et exiger ainsi la réouverture des négociations. Demain la voix forte d’un pouvoir législatif unanime pourra éclairer utilement un exécutif qui agit comme si ratifier le Ceta allait de soi. "Ayons collectivement l’honnêteté de dire que la réalité de cet accord est beaucoup plus complexe."
Il était essentiel à l’origine de démontrer que les craintes de certains étaient non fondées. Mais reconnaissons que cela n’a jamais été possible. Le plan d’action, que j’ai moi-même endossé à l’automne 2017, n’a pas produit les résultats escomptés et les attentes légitimes n’ont pas été comblées. Nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne...
Nous avons échoué à réformer la politique commerciale européenne. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Sourde à nos attentes, l’Union européenne a préféré conclure rapidement des accords avec le Japon ou le Viêtnam et un accord catastrophique avec le Mercosur. Et délivrer des nouveaux mandats de négociation avec les États-Unis de Donald Trump, l’Australie et la Nouvelle-Zélande sans faire plus de cas de nos alertes.

Des "premiers effets en matière de coopération alimentaire"
Pourtant ces accords commerciaux de nouvelle génération, le Ceta étant le premier d’entre eux, emportent toutes nos batailles et leurs conséquences dépassent largement nos frontières. Le gouvernement a dû finalement reconnaître que les normes qui s’appliquent sur le sol européen et celles qui s’appliquent à l’importation ne sont pas les mêmes en matière sanitaire et phytosanitaire. Ainsi, le Ceta produit déjà ses premiers effets concrets en matière de coopération réglementaire. Pour permettre l’accès au marché intérieur européen à des produits canadiens, la Commission Européenne a commencé à relever nos limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour certaines substances et produits. En les multipliant par 10 par exemple pour la clothianidine, un pesticide néonicotinoïde interdit en Europe, utilisé au Canada sur les pommes de terre.
Le Parlement européen a bien fait une première objection mais la Commission n’a pas désarmé et compte revenir à la charge. De la même façon, elle se prépare à relever les LMR pour le 2,4-D, un herbicide entrant dans la composition de l’agent orange, considéré en France comme perturbateur endocrinien, et qui devrait en théorie être interdit en Europe suite à la définition adoptée en 2017.
La convergence vers le haut a du plomb dans l’aile. Il suffit de visionner les comptes rendus succincts des comités de suivi du Ceta pour constater que si le Canada est à l’offensive quant à la rigueur de nos normes, l’Union européenne ne montre aucune volonté de questionner l’utilisation par le Canada de 46 substances interdites en Europe.

Perturbateurs endocriniens
Le Canada ne fait lui pas mystère de ses intentions. S’il utilise déjà à son avantage les mécanismes peu transparents associés au Ceta, il n’a pas hésité non plus à s’allier au Brésil et aux États-Unis pour demander le 4 juillet devant l’OMC des comptes à l’Union européenne sur son application du principe de précaution quant aux perturbateurs endocriniens et autres substances cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques (CMR). Ce n’est pas nouveau. Déjà en 2016, le Canada avait fait pression avec succès sur la Commission européenne pour affaiblir sa proposition de définition des pesticides perturbateurs endocriniens. Car ce qui se joue est immense. Dans la continuité des actes précédents, l’Union européenne doit aujourd’hui faire évoluer sa doctrine de tolérance à l’importation pour aller vers une logique de tolérance zéro résidu pour les substances les plus dangereuses. Et c’est là tout l’enjeu car le marché européen est structurant pour de nombreux pays exportateurs.
Quand nous interdisons des substances dangereuses en France et a fortiori en Europe pour protéger la santé de nos populations, nous portons plus largement atteinte aux intérêts de BASF, Bayer-Monsanto, Syngenta, Dow Chemicals etc. qui, pour pouvoir vendre leurs pesticides, doivent garantir aux agriculteurs exportateurs brésiliens, américains ou canadiens que leurs produits pourront pénétrer le marché intérieur européen. Toujours prompts à défiler dans les ministères pour expliquer combien ils investissent, créent de l’emploi et pourraient le faire partout ailleurs, ce sont ces firmes qui font pression pour que l’Europe abandonne son approche unique au monde, qui considère que les substances les plus toxiques doivent être interdites sans autres considérations que leur danger intrinsèque.

Aujourd’hui, et je l’ai expérimenté, être ministre de l’écologie et vouloir faire respecter le principe de précaution est une lutte de tous les instants. 
Quand tous les lobbys essayent déjà d’enfoncer la porte, pourquoi leur donner un bélier avec le Ceta ? Demain, ces firmes qui ont toutes des filiales au Canada pourront menacer de recourir directement à l’arbitrage. Mais alors pourquoi et pour qui ratifier le Ceta ? Pourquoi maintenant ? Pas pour notre santé, pas pour nos agriculteurs ni pour le climat, on l’aura compris.
Parce que les Canadiens sont nos amis ? S’ils le sont vraiment, pourquoi ne pas renégocier politiquement cet accord avec eux pour en supprimer les risques dispensables ? Ces accords de nouvelle génération sont loin du commerce comme facteur de concorde entre les peuples. Parce que quelques centièmes de points de croissance sont en jeu ? Parce que le commerce c’est important et qu’il faut être bon élève en Europe ? En réalité, au-delà des éléments de langage, qui sait vraiment pourquoi il faut ratifier absolument et maintenant le Ceta ?
Demain, comme le voudraient tant de Français, ayez le courage de dire non. Faisons enfin preuve de cohérence.
Le vote sur ce traité de libre-échange controversé a été repoussé en raison de débats houleux à l'Assemblée

Le vote solennel des députés pour la ratification du CETA, traité de libre-échange entre la France (mais plus largement l’UE), et le Canada, doit avoir lieu mardi à l’Assemblée nationale, alors qu'il est déjà en cours d'application et que les produits canadien arrivent en France, via des pays européens. 

"Demain, comme le voudraient tant de Français, ayez le courage de dire non. Faisons enfin preuve de cohérence", lance Nicolas Hulot, ex-ministre de Macron : il regrette le manque de garanties apportées par le traité en l’état. "Nous avons échoué à apporter les garanties nécessaires sur le veto climatique, les farines animales, les nouveaux OGM, la sauvegarde du principe de précaution à l’européenne, déplore-t-il. Il était essentiel à l’origine de démontrer que les craintes de certains étaient non fondées. Mais reconnaissons que cela n’a jamais été possible."

46 substances interdites en Europe.
L’écologiste dénonce dans ce texte les "premiers effets concrets" du Ceta, qui entérine une régulation à deux vitesses. "Pour permettre l’accès au marché intérieur européen à des produits canadiens, la Commission européenne a commencé à relever nos limites maximales de résidus (LMR) autorisées pour certaines substances et produits. En les multipliant par 10 par exemple pour la clothianidine, un pesticide néonicotinoïde interdit en Europe, utilisé au Canada sur les pommes de terre. De la même façon, elle se prépare à relever les LMR pour le 2,4-D, un herbicide entrant dans la composition de l’agent orange, considéré en France comme perturbateur endocrinien, et qui devrait en théorie être interdit en Europe suite à la définition adoptée en 2017", ajoute-t-il, déplorant aussi les traités conclus "rapidement" par l’UE avec le Japon, le Vietnam ou l’Amérique Latine (Mercosur).

"Si le Canada est à l’offensive quant à la rigueur de nos normes, l’Union européenne ne montre aucune volonté de questionner l’utilisation par le Canada de 46 substances interdites en Europe", dénonce-t-il. Nicolas Hulot appelle à prendre le temps de négocier le Ceta, en prenant en compte les risques environnementaux, agricoles et sanitaires.

Son texte vient s’ajouter à des débats déjà houleux à l’Assemblée. Ce texte controversé supprime notamment les droits de douane sur 98 % des produits échangés entre les deux zones. Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d’Europe, d’où son examen à l’Assemblée, puis au Sénat à une date qui reste à définir. Après des protestations de vives oppositions, le vote des députés initialement prévu ce lundi 22 juillet a été repoussé in extremis à mardi.
Prochaine séance de vote, le mardi 23...

mardi 25 septembre 2018

Budget 2019: Macron fait des économies sur le plan climat, à peine Hulot a-t-il tourné le dos

Quand Macron rivalise avec Trump sur le plan climat

Le projet de loi de Finances présenté ce matin renonce à transformer le CITE en prime pour la rénovation thermique


Le CITE, crédit d'impôt pour la transition énergétique, est maintenu mais l'enveloppe est rabotée de 33%! Ce projet était pourtant ardemment défendu par l'ex-ministre de la transition écologique. Son successeur, François de Rugy a-t-il entrepris d'effacer toute trace du passage de Nicolas Hulot ? 

L'une des mesures phares du plan climat de l'ancien ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, la transformation du CITE (Crédit d'impôt pour la transition énergétique) passe à la trappe au détour du projet de loi de Finances pour 2019, présenté ce lundi matin par Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et son collègue Gérald Darmanin en charge des Comptes publics. 

Jugé trop coûteux et inefficace, il est transformé en un système de primes davantage ciblé sur les ménages les plus modestes - ceux logeant dans les fameuses passoires thermiques - et sur des matériaux plus performants. 
Surtout, l'enveloppe de ce crédit d'impôt est rabotée, passant à 800 millions d'euros seulement en 2019 contre 1,2 milliard en 2016, une baisse d'un tiers en trois ans ! L'enjeu énergétique est pourtant de taille. 

3,5 millions de ménages en précarité énergétique
Sont concernés, les bâtiments,  notamment les logements représentent 45% de la consommation d'énergie en France et 27% des émissions à effets de gaz. Entre 7 et 8 millions de ménages vivent dans des logements très mal isolés et près de 3,5 millions disent souffrir du froid l'hiver, selon une étude de l'ADEME. 

Alors que que les prix du fioul domestique se sont envolés ces derniers mois, Monique, une septuagénaire célibataire, propriétaire d'une maison isolée non loin d'Argenton-sur-Creuse dans l'Indre, est au nombre des Français en situation de précarité énergétique qui redoutent l'arrivée des premiers frimas. Cette retraité vient de débourser un peu plus de 900 euros pour remplir sa cuve : "C'est 150 euros de plus qu'il y a un an. Avec ça, j'espère tenir jusqu'en janvier. Tout dépendra des températures mais c'est difficile à encaisser quand on a une pension de 1100 euros seulement par mois". Pourquoi ne pas changer de système de chauffage ? "Trop coûteux", répond-t-elle. Certes, après avoir généralisé cette année le "chèque énergie" destiné aux ménages en situation de précarité énergétique, le gouvernement a prévu d'augmenter cette subvention de 150 euros à 200 euros par an en 2019. Une rallonge toujours bonne à prendre, mais qui ne résout pas la question du financement des travaux. 

"L'avantage de la prime proposée par Hulot, c'était d'abord d'effacer le problème du décalage de trésorerie entre le paiement des travaux l'année n et le remboursement du crédit d'impôt l'année n+1", fait valoir Alain Grandjean, économiste et fondateur du cabinet Carbone 4. 

La raison de cette reculade de Macron ? 
"Une problème essentiellement technique, raconte un conseiller de Bruno Le Maire. La conversion du crédit d'impôt nécessitait de mettre en place une infrastructure informatique qui aurait permis de gérer le remboursement des frais engagés en temps réel". Dans les faits, ni l'Agence de services et de paiement (ASP), qui gère les aides de la politique agricole commune et les aides à l'emploi, ni l'Anah (Agence nationale de l'habitat) ne sont outillées pour prendre en charge une telle mission. Ces résistances de l'ASP et de l'Anah font ainsi que le CITE prolongé d'une année, au détriment des précaires. 

Le CITE, trop coûteux, mal ciblé, inefficace

Jupiter a pris l'habitude de faire les choses à moitié.
Macron fait des choix contestables de dépenses. En juillet dernier, le rapporteur général de la commission des Finances de l'Assemblée Nationale tirait pourtant à boulets rouge sur ce crédit d'impôt, reprenant largement les conclusions d'un rapport publié un an plus tôt par l'Inspection Générale des Finances : trop coûteux, mal ciblé, inefficace. "Le dispositif fiscal dont un million de Français ont bénéficié au cours des dix précédentes années semble [propagande merveilleuse: du nanan pour les "fact-checkers"...] avoir été concentré sur les foyers les plus aisés" peut-on ainsi lire. De fait, les 20% de Français les plus riches ont capté près de 50% de la dépense fiscale. Des "cadeaux fiscaux" qui dans 90% des cas sont utilisés par les propriétaires pour leur résidence principale. Les bailleurs sont en réalité peu incités à réaliser des travaux de rénovation thermique dans les logements qu'ils louent alors que la facture d'énergie est supportée par les locataires. Autre point noir du dispositif : les travaux ne sont pas concentrés sur les logements les plus anciens, ceux pourtant théoriquement les plus mal isolés. 

Enfin et surtout " le rapport coût-efficacité énergétique" du CITE est limité. Ce que confirme Yamina Saheb, économiste en charge du chapitre sur le logement dans le prochain rapport du GIEC. "C'est une gabegie d'argent public avec des résultats en terme de réduction de la consommation d'énergie qui ne sont pas du tout à la hauteur des sommes engagées", ne cache pas la jeune femme, justifiant la réduction soudaine de Macron. En cause : l'éparpillement des travaux - une année, la toiture, une autre les fenêtres - réalisés sans aucune réflexion systémique ou globale. 

Impossible de rénover toutes les passoires thermiques d'ici 2025
Difficile dans ces conditions de respecter les engagements pris dans la loi sur la transition énergétique votée en 2015, éliminer toutes les "passoires thermiques" à l'horizon 2025. "Compte tenu du retard pris, il faudrait rénover près de 1 million de logements chaque année, alors qu'on arrive difficilement à en traiter 300.000", déplore Romain Riollet, responsable des projets d'efficacité énergétique au Cler-Réseau. "Comme on ne prend pas au sérieux les objectifs de rénovation thermique, on ne parviendra pas à tenir les engagements de diminution de la consommation d'énergie. Il ne faudra pas alors s'étonner qu'on soit moins ambitieux en matière de fermetures du nombre de centrales nucléaires. Tout est lié", s'agace Alain Grandjean.  Donc, le meilleur choix serait de ne rien faire, ou le moins possible...

Bien qu'Emmanuel Macron ait reculé sur le CITE, renoncé à interdire formellement le glyphosate à l'horizon 3 ans, et joué la montre sur le projet de Montagne d'Or en Guyane, le rétropédaleur devrait être sacré "Champion of the Earth", mercredi prochain à New York, lors de la deuxième édition du "One Planet Summit", parce que la terre ne tourne pas rond... 
Du fond de son domaine breton, Nicolas Hulot pourra-t-il se féliciter d'avoir fait confiance à Macron ? 

mardi 18 septembre 2018

Collomb a programmé sa fin de vie gouvernementale

Collomb annonce sa candidature à Lyon en 2020 et envisage de quitter le gouvernement dès 2019

Programmer sa démission, est-ce choisir une mort politique dans la dignité ?

"L'affaire Benalla a laissé des traces" entre Emmanuel Macron et Gérard Collomb, selon un familier de l'Elysée.Gérard Collomb a choisi son Ehpad : il sera candidat en 2020 aux municipales à Lyon, ainsi qu'à la métropole. Pour mener sa campagne, le futur ex-ministre d'Etat envisage de quitter le gouvernement après les européennes de juin 2019, annonce-t-il dans un entretien avec L'Express paru mardi. Numéro 2 du gouvernement, ce fidèle parmi les fidèles du chef de l'Etat a décidé de lâcher la longe et de laisser son poulain gambader dans le pré présidentiel.
En 2017, Emmanuel Macron l'avait récompensé d'une nomination au poste stratégique de ministre de l'Intérieur.

"C'est loin, les municipales. Si d'ici là on ne m'a pas diagnostiqué de maladie grave , je serai candidat à Lyon", affirme le septuagénaire à l'hebdomadaire qui l'interrogeait sur son implication dans les futures municipales lyonnaises, objet de spéculations.
Collomb avait dirigé pendant seize années la capitale des Gaules, après qu'elle lui a échappé pendant autant de longues années.

Collomb incite les membres du gouvernement à aller coloniser les communes

"Je pense que les ministres qui veulent être candidats aux municipales de 2020 devraient pouvoir quitter le gouvernement après la bataille des européennes" en juin 2019, a exhorté le ministre âgé de 71 ans.

"Je ne serai pas ministre de l'Intérieur jusqu'à l'avant-dernier jour. A partir d'une certaine période, il vaut mieux être totalement disponible pour la campagne", a-t-il ajouté.

Après la récente démission surprise de Nicolas Hulot, le gouvernement perdrait donc un autre poids lourd même s'il aura cette fois plusieurs mois pour s'y préparer et trouver un successeur à G. Collomb.

Voyant son étoile pâlir, Gérard Collomb briguera un quatrième mandat à la mairie de Lyon où il sera tête de liste en 2020.

"On se dit les choses en face", a assuré le ministre à propos de Macron

Les relations entre le président et son ministre de l’Intérieur ne semblent plus aussi confiantes qu’au début du quinquennat.  Ainsi, la lecture de l’agenda du chef de l’Etat est-elle révélatrice : depuis son élection, celui-ci recevait son ministre toutes les semaines, le lundi, pour un entretien bilatéral, mais le rendez-vous, depuis cet été, n’a plus eu lieu. 
Habituel relais discipliné de la "pensée complexe" élyséenne, Collomb fait cette annonce alors qu'il vient de pointer un "manque d'humilité" de l'exécutif,  début septembre, sur fond de chute de popularité d'Emmanuel Macron et de couacs en série des ministres contredits par le président. 
"L’hubris, c’est la malédiction des dieux quand, à un moment donné, vous devenez trop sûr de vous, que vous pensez que vous allez tout emporter", avait épinglé Gérard Collomb sur BFM-TV et RMC. Or, de sources concordantes, cette sortie au canon sur l’arrogance de l’exécutif n’était pas concertée avec Jupiter.
La sortie du septuagénaire a provoqué l'ire de Jupiter qui a invité son ami à un dîner de rupture, lundi 17 septembre. 

Le ministre de l’Intérieur, qui a dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas dans la majorité présidentielle, a pour sa part reçu des SMS de soutien de proches du chef de l’Etat. "Gérard, tu as bien fait", lui a écrit l’un d’eux. C’était un reproche "collectif", assure le locataire de la place Beauvau.

Résultat de recherche d'images pour "Macron collomb"Cet été, le ministre de l'Intérieur s'était déjà fait prendre dans la tourmente de l'affaire Benalla. Le franc-maçon était sorti politiquement déconsidéré de la Commission d'enquête parlementaire dirigée par une députée de la majorité présidentielle, pour avoir juré ne pas connaître l'ex-chargé de mission de l'Elysée et semblant renvoyer les responsabilités aux autres, le  préfet de police et le directeur de cabinet de Macron. 

En affirmant à L'Express vouloir être candidat "à la Ville et à la Métropole", Gérard Collomb n'a cependant pas levé toutes les incertitudes concernant son retour dans l'arène politique lyonnaise. En connaisseur des collectivités locales, Il sait qu'en 2020, la loi n'autorisera plus  le cumul des fonctions de maire et de président de la Métropole de Lyon.

lundi 13 août 2018

Les dossiers de Hulot sont "bloqués par l'Elysée", selon les propos du ministre révélés par Bardot

Brigitte Bardot flingue Nicolas Hulot

Brigitte Bardot a vivement critiqué le "bon à rien" sur Twitter

L'actrice a qualifié de "lâche" le ministre de la Transition écologique. Ce dernier lui a adressé une réponse cinglante.
L'icône du cinéma international a dit ce week-end sa façon de penser au ministre pusillanime, le qualifiant de "trouillard" à propos de la chasse. Elle l'a d'ailleurs appelé à sa démission. 

Dans un entretien accordé samedi à Var Matin, la star de la protection des animaux a critiqué la concertation publique lancée par Nicolas Hulot "concernant plusieurs arrêtés liés aux quotas de chasse traditionnelle", qui n'a, selon elle, pas lieu d'être. Selon BB, le ministre n'est qu'"un trouillard de première classe. Un indécis. Un type qui ne sert à rien". 

Après avoir été reçue par Emmanuel Macron en juillet, elle a même suggéré un nom pour le remplacer, celui de Yannick Jadot, député écologiste européen. L'entretien a visiblement déplu au 3e personnage du gouvernement Philippe. 

Dans un tweet publié dimanche, Brigitte Bardot a affirmé avoir reçu un appel "d'un Nicolas Hulot en rage, en me traitant de lâche, de mielleuse vis-à-vis du Président" Macron. D'après son tweet, BB affirme que Nicolas Hulot lui aurait dit qu'il était impuissant car ses dossiers étaient "bloqués par l'Elysée". 

Les propos privés expriment la pensée réelle des hommes publics 

Résultat de recherche d'images pour "Bardot et Hulot"Hulot enrage qu'ils soient publiés. L'entourage du ministre affirme donc qu'il s'agirait selon lui de "propos manipulatoires issus d'une conversation privée", qualifiant les déclarations de Brigitte Bardot d'"injurieuses". "Le Ministre se concentre sur son action au service des Français [ritournelle usée depuis le quinquennat Hollande] et de la planète [ambition jupitérienne !] et ne veut pas rentrer ["entrer", en langage correct, n'est pas usité par les hauts fonctionnaires] dans des polémiques stériles et démagogiques", a-t-on ajouté. 
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"Mais enfin, où est la lâcheté quand on injurie à distance tranquillement de sa propriété tropézienne et qu'on fait de la démagogie sur les animaux?", s'est indigné dans des déclarations à France Info (Radio France) le ministre millionnaire aux six voitures, en "face-à-face" par ...téléphone. "Il y a un moment ou un autre où il faut arrêter de céder à la simplicité, de donner des conseils à distance, tout ça avec vue sur la Méditerranée, a-t-il commenté depuis sa propriété bretonne 1.610 000 euros lors de son acquisition en 2004 (sans compter 800.000 € de travaux réalisés par la suite), à Saint-Lunaire, sur la côte d’Emeraude, sur la Manche. C'est très sympathique, mais ça ne fait pas avancer la cause", a polémiqué le cachottier qui a fait des omissions dans sa déclaration de situation patrimoniale déposée en décembre 2017. "Je ne supporte plus les démagos de tout poil", a martelé le chatouilleux ministre, inconscient d'un possible retour de boomerang. 
Par ailleurs, en sommeil depuis le printemps 2009, le dossier a été enterré en 2010. Le président du Conseil général, Eric Ciotti, a annoncé, parmi d’autres mesures d’économies, l’abandon du projet d’implantation au fort de la Revère de la fondation de Nicolas Hulot. 

L'ours et la louve s'affrontent

Résultat de recherche d'images pour "Bardot et Hulot"Le ministre lui a "proposé de prouver (son) courage en venant avec lui [à 84 ans] réintroduire des ours dans les Pyrénées," a également révélé l'artiste. "Je lui ai rétorqué que je suis contre la réintroduction d'ours qui vont se faire flinguer! et j'ai raccroché", a expliqué la pasionaria. 

Image associéeCe n'est pas la première fois que Brigitte Bardot tient tête à Nicolas Hulot, en qui elle avait cru et dont elle avait même salué la nomination. 
Dans une entretien au Monde en janvier, elle avait ensuite affirmé avoir plongé dans une "détresse indicible" après la décision de ministre "d'autoriser l'abattage de 40 loups", assurant lui avoir "écrit en le traitant de tous les noms".