POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est affaire Benalla. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est affaire Benalla. Afficher tous les articles

mardi 11 février 2020

Alexandre Benalla, bientôt assistant parlementaire. Et député ?

Le député non-inscrit Joachim Son-Forget le veut...

Ce non-inscrit a fait la demande d'un badge d'accès à l'Assemblée pour Alexandre Benalla
Résultat de recherche d'images pour "Son-Forget et Benalla"
Benalla bientôt collaborateur d'un proche de Marion Maréchal-Le Pen ?
Sa demande est pour l'heure restée vaine, précise Le Point qui fait cette révélation, mardi 11 février. L'Elysée a longtemps résisté à la pression pour rompre ses liens avec Benalla, mais le garde du corps incrusté risque de retrouver le milieu en passant par une fenêtre de l'Assemblée entr'ouverte par le fantasque Son-Forget. Ephémère candidat à la mairie de Saint-Denis, Alexandre Benalla tente en effet de revenir dans l'arène politique via le Palais Bourbon.

Le Point dévoile que Joachim Son-Forget, député des Français de l'étranger, a fait la demande pour un badge d'accès au palais Bourbon au nom de l'ancien garde du corps omniprésent de Macron, car il veut en faire son assistant parlementaire.

"J'ai déposé une demande pour l'avoir comme collaborateur bénévole, car il est impliqué dans mon parti", a justifié à l'hebdomadaire Joachim Son-Forget. Ancien de la macronie, l'élu a créé son parti baptisé 'Valeur absolue' en 2019, après avoir été chassé de La République en marche fin 2018, à la suite d'une polémique née de tweets sexistes à l'encontre d'Esther Benbassa, sénatrice EELV.

Mais les services de l'Assemblée font la sourde oreille.
Joachim Son-Forget et Alexandre Benalla s'entendent comme larrons en foire sur les réseaux sociaux :
En même temps, le député non-inscrit fait part de son impatience.  
"Cela fait une semaine que l'on devrait avoir les papiers qui sont généralement établis en 48 heures. Une fois de plus, le lynchage prévaut sur la présomption d'innocence".

Avant de crier au scandale.
Alexandre Benalla est "traité comme un coupable" ! "Moi, je suis un soutien du président et on me refuse le badge de mon collaborateur bénévole. Ça n'est pas normal". 

Joachim Son-Forget est d'autant plus froissé qu'il a des "projets politiques" avec Alexandre Benalla : "On prévoit d'aller à la rencontre des gens dans les banlieues et les zones rurales. Oui, il est plus borderline que moi, mais on s'autogère," assure-t-il.

dimanche 19 janvier 2020

Arrestation de Taha Bouhafs: Danièle Obono accuse le macronisme "de racisme"

L'exécutif et ses élus sont-ils racistes ?

Ndiaye se reconnaît caution de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "Obono Bouhafs racisme"

La dernière polémique en date divise la diversité multiculturelle 
L’affaire Taha Bouhafs tire son nom de celui d'un détenteur de carte de presse qui assistait vendredi soir à une représentation dans un théâtre parisien et qui a révélé sur Twitter que les Macron étaient installés bien en évidence dans les premiers rangs du parterre, plutôt que dans une loge. "Je suis actuellement au théâtre des Bouffes du Nord (Métro La Chapelle), 3 rangées derrière le président de la république [le journaliste ne s'embarrasse pas de majuscules]. Des militants sont quelque part dans le coin et appelle tout le monde à rappliquer. Quelque chose se prépare... la soirée risque d’être mouvementée", a-t-il ainsi posté dans la lignée d’autres Twittos. La formulation est un appel à peine voilé à venir manifester aux lieux indiqués avec précision.

Informés, les détracteurs du président et de sa  réforme des retraites se sont rendus sur place et ont "tenté" d’entrer dans le théâtre, provoquant une exfiltration du président et de sa femme, qui ont été hués et dont la voiture a été caillassée. Redite de la visite nocturne de Macron au Puy-en-Velay.

Mais
cet appel à la mobilisation a valu à Taha Bouhafs d’être placé en garde à vue pour "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations" et "organisation d’une manifestation non déclarée". Sans mention de menace sur la personne du président. 

Pour son avocat, Me Arié Alimi, qui s’apprête à déposer plainte contre X pour dénonciation calomnieuse, "ce n’est pas une affaire d’Etat, mais c’est grave: c’est un aveu de faille du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR)", en charge de la sécurité du président désigné sous de nom de code 'Vega'. 
Le jeune homme, qui assume être "journaliste des luttes" dans sa biographie Twitter, a été défendu par de nombreux militants, parmi lesquelles Danièle Obono, députée La France Insoumise

Le "jeune homme" avait été arrêté par racisme, a estimé la députée d'extrême gauche Danièle Obono (LFI)

Image illustrative de l’article Taha BouhafsInvitée samedi de BFM TV, cette dernière a ainsi estimé : "Informer n’est pas un délit, manifester non plus. Monsieur Taha Bouhafs est un journaliste, je sais que ça en défrise beaucoup qu’un jeune homme arabe, sans être sorti des grandes écoles [sans bénéficier d'aucune filière réservée aux quartiers], puisse avoir ce statut mais il l’est". Depuis décembre 2018, sur le site web d’information 'Là-bas si j’y suis'. Problème des critères de l'attribution d'une carte de presse...
Cet activiste franco-algérien participe à différents mouvements protestataires depuis 2016, notamment à 19 ans, en tant que militant du comité Adama. Il est un des déclencheurs de l'affaire Benalla - c'est lui qui filme la première vidéo publiée, place de la Contrescarpe à Paris - et, en tant que journaliste, couvre différents mouvements protestataires.

Elue naturalisée française en 2011, Obono a poursuivi en envoyant un tacle à BFM TV et autres chaînes d’info en continu. 
Appelée par la chaîne privée du franco-israélo-libanais Patrick Drahi à réagir sur la garde-à-vue du journaliste Taha Bouhafs, né en Algérie et pourtant français, Danièle Obono, députée La France Insoumise, n'a pas épargné BFM.
"Il n’est pas plus militant que tous les éditorialistes que l’on voit sur votre plateau et qui prennent des positions politiques sans assumer qu’il s’agit de positions politiques", a-t-elle lancé, avant d’être coupée par la journaliste de BFM TV,  Sandra Gandoin.
"C’est de notoriété publique que des journalistes ont des points de vue politiques (...) [La "notoriété publique est bonne juge, comme la rumeur] J'imagine Madame que vous avez des points de vue politiques. Certains de vos collègues se sont retrouvés candidats et même eurodéputés pour la République en marche. (...) A moins de souscrire à un mépris de classe et de racisme, c'est un journaliste", a malgré tout ajouté Danièle Obono.

Se prenant en exemple d'intégration, la porte-parole franco-sénégalaise du gouvernement soutient que le pouvoir ne peut être taxé de racisme 

Résultat de recherche d'images pour "ndiaye accoutrement" Ndiaye s'est invitée à l'émission politique de BFM Politique ce dimanche pour défendre les siens contre les accusations de racisme proférées par la députée, mais au prétexte de dénonciation des actions menées contre les lieux et personnes emblématiques de la macronie, lesquelsà mesure que l'avant-projet se précise, sont de plus en plus ciblés par les opposants à la réforme Macron des retraites, comme les permanences d'élus de la majorité par des Gilets Juanes
La majorité diffuse un élément de langage faux sur la base d'une soi-disant légitimité du projet que les électeurs du président auraient appelé de leurs voeux dans les urnes. Or, en choisissant Macron - d'ailleurs par défaut - les Français n'ont pas pu voter pour cette réforme des retraites, puisque les discussions ont duré deux ans à compter de 2017 son contenu est resté flou jusqu'en décembre 2019 et qu'il ne contenait pas la notion d'âge pivot. 
La porte-parole du gouvernement s'est notamment exprimée sur la manifestation qui a eu lieu vendredi soir au théâtre des Bouffes du Nord, où le couple Macron faisait de la provocation en prenant du bon temps, pendant que les Franciliens galéraient dans les grèves, notamment des transports. L'ex-chargée des relations du locataire de l'Elysée avec la presse s'est aussi exprimée sur l'arrestation du journaliste militant Taha Bouhafs, interpellé, puis placé en garde à vue pour avoir partagé une vidéo montrant le couple présidentiel assistant au spectacle de ce théâtre du 10e, un arrondissement populaire, La Mouche, histoire, pour l'ex-banquier Rothschild, de se faire voir partageant quelques minutes avec des Bidochon.

Sibeth Ndiaye a asséné que le racisme de l'exécutif n'a "aucun sens".
"Honnêtement [ça commence mal !], accuser le Macronisme de racisme, je crois que c’est un non-sens évident", a-t-elle lâché, en se montrant. "Je me montre moi même parce que dans le gouvernement, vous avez eu Mounir Mahjoubi, vous avez Cédric O, Sibeth Ndiaye... C’est ridicule. Il y a plus de députés noirs car il y a eu un élan important de renouvellement porté par La République en marche (...) Ce n'est pas à la hauteur de Danièle Obono", a conclu la porte-parole.


Cette dénonciation d'un racisme de la macronie est-elle la réponse de la bergère au berger qui accusait les Gilets Jaunes de "fascisme" dans ses évocations des "heures les plus sombres de notre Histoire"



BHL les avait assimilés au nazisme avant d'appeler à soutenir Macron. "la peste brune qui a manifesté" sur les Champs-Elysées à Paris, selon Gérald Darmanin, faisant écho à Macron qui le premier remonta le temps de l'Histoire.



Taha Bouhafs est ressorti libre samedi soir sans être mis en examen, mais l'enquête se poursuit. Il a été placé sous le statut de témoin assisté.

vendredi 5 juillet 2019

Castaner suspend le patron d'un syndicat de policiers

Le gouvernement frappe à la tête le syndicat Vigi, émanation de la CGT, minoritaire chez les flics et partie civile dans le dossier Benalla

Alexandre Langlois a été sanctionné pour avoir offensé sa hiérarchie

Résultat de recherche d'images pour "syndicat policier Vigi"



Castaner vise haut et tape fort. 
Alexandre Langlois, secrétaire général de Vigi, "syndicat de la colère des policiers", a été sanctionné le 21 juin dernier d'une d'exclusion temporaire de douze mois, dont six avec sursis pour avoir tenu des propos jugés "injurieux" envers  son ministre et la haute hiérarchie policière. Une décision effective depuis jeudi.

Eric Morvan, nouveau Directeur Général de la Police Nationale.
Des "accusations impertinentes", des "articles indignes", des "critiques outrancières", des "remises en cause injurieuses" ou "offensantes" et des "sous-entendus infamants", du point de vue de l'ancien préfet des Pyrénées Atlantiques... Entre le patron du syndicat minoritaire Vigi Alexandre Langlois (photo ci-contre) et le directeur général de la police nationale Eric Morvan, Directeur Général de la Police Nationale (DGPN), la coupe est pleine. Nommé à ce poste à 60 ans par Collomb, il reproche au syndicaliste d'extrême gauche, depuis au moins le début de l'année 2018, des attaques répétées à l'égard de l'institution et de la haute hiérarchie policière, à grand renfort de tracts syndicaux et de déclarations fracassantes sur les plateaux télé. 

Des "critiques outrancières et injurieuses"
La directrice-adjointe des ressources et des compétences de la police nationale, Martine Sanchez-Coudert, inspectrice générale de la police nationale, auteure de la décision de suspension, pour le compte du ministre de l'Intérieur,  reproche au patron de Vigi  de nombreux manquements "à ses devoirs de réserve, de loyauté et d'exemplarité" dans ses prises de position publiques. En "formulant à plusieurs reprises des critiques outrancières et injurieuses nominatives" envers la haute hiérarchie policière, le fonctionnaire a notamment porté "atteinte au crédit et au renom" de l'institution.

950-x-500-Morvan-Salanova-criminels
Tract de Vigi, en date du 16 octobre 2017, donnant des conseils aux collègues marseillais
de pas céder aux pressions de demande de "trucage" des statistiques.

Un tract de Vigi, daté du 10 janvier 2018, est à l'origine du conflit, ouvert par les violences policières avec énucléations et amputations 
Il accuse le directeur général de la police nationale (DGPN), Eric Morvan, et le directeur de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône de l'époque, Jean-Marie Salanova (devenu depuis directeur central de la sécurité publique), "d'avoir falsifié des statistiques de la délinquance". En illustration, un photomontage des deux hommes porte la mention "Criminels ?", à la forme interrogative. Un texte assorti d'un signalement pour faux en écriture publique auprès de l'IGPN, la police des polices. Ces accusations, est-il notamment écrit dans la décision de la place Beauvau, mettent "gravement en cause la probité des deux autorités".

Des "sous-entendus infamants"

Score-Morvan-criminelAlors que l'institution policière est secouée par une série inédite de suicides, elle a un autre grief. Dans un tract du 19 février 2018, Alexandre Langlois écrit, que la hiérarchie policière pourrait être jugée coupable de "provocation au suicide", voire de "complicité de meurtre de fonctionnaires de police". Là encore, les formulations, cinglantes, sont jugées "particulièrement indignes" par la direction de la police nationale.
game-of-trhone-dans-la-police-nartionale-950-x-500

Troisième motif,
des "critiques outrancières et des sous-entendus infamants" formulées dans un tract, daté du 24 octobre 2018, évoquant les agissements du médecin-chef de la police de Metz (qui a depuis été condamné pour agressions sexuelles et interdit définitivement d'exercer). Le Parisien en rend compte en ces termes "Christian Frey, un médecin-chef de la police, a été condamné mardi à Reims à un an de prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer pour avoir agressé sexuellement des élèves d'une école de police, a-t-on appris auprès de l'avocate d'une des victimes."

Dans le tract syndical, Vigi caricature notamment plusieurs huiles de l'institution policière sous les traits des personnages de la série 'Game of Thrones', à renfort de surnoms peu amènes : "le traître", le "seigneur des sangsues" ou encore " l'enfant-roi capricieux". Des caricatures dont ne se prive pas par ailleurs LREM dans son opération de main mise sur les socialistes les moins couillus  : Lien PaSiDupes - Municipales 2020 : l' "Anschluss" de LREM sur le PS, révélée: La méthode aggressive du parti du président pour saigner le PS
Le tract demande leur "expertise psychiatrique", pour savoir si ceux-ci sont, ou non, des "pervers narcissiques". "On me fait payer le fait d'avoir révélé le scandale", rétorque Alexandre Langlois.

"Nous resterons acides et irrévérencieux"

Résultat de recherche d'images pour "castaner eric morvan"
Castaner en visite au Pays basque,
sous la houlette d'Eric Morvan,
ancien préfet des Pyrénées Atlantiques
Le syndicaliste estime être également être sanctionné pour deux autres raisons, qui ne sont pas mentionnées. Tout d'abord, pour ses "prises de position" syndicales sur "la gestion du maintien de l'ordre pendant la crise des Gilets jaunes". Ensuite, la place Beauvau ne lui pardonnerait pas d'avoir "déposé plainte" et de s'être constitué "partie civile dans le dossier Benalla", affirme-t-il.

Dans sa décision, le ministère de l'Intérieur reconnaît toutefois qu'Alexandre Langlois a exprimé ses "regrets" lors de son conseil de discipline le 20 janvier, et qu'il "s'est engagé à modifier la ligne éditoriale de son site syndical en supprimant les propos infamants y figurant". 
"Nous ne sommes pas là pour blesser, mais nous resterons acides et irrévérencieux", prévient Alexandre Langlois, qui entend bien poursuivre ses activités syndicales le temps de sa mise à l'écart. 
Pour faire face à sa perte sèche de revenus, ce père de deux enfants a lancé une cagnotte, qui a déjà récolté, pour l'heure , plus de 20.000 euros. Contactés, ni la direction générale de la police nationale, ni le ministre de l'Intérieur ne communique.

Vigi dénonce une "discrimination syndicale" envers un satellite de la CGT.
Le patron du syndicat policier Vigi va porter plainte contre le ministre. Affecté au Renseignement territorial des Yvelines, le gardien de la paix va contester devant le tribunal administratif en référé, a-t-il indiqué ce vendredi.

L'un de ses avocats, Me Yassine Bouzrou, confirme qu'il va déposer plainte ce vendredi contre le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, pour " discrimination syndicale aggravée". "Ce sont des sanctions extrêmement lourdes, alors que je suis très bien noté par ma hiérarchie", souligne Alexandre Langlois, ce vendredi. "C'est uniquement pour mes prises de position syndicales que je suis attaqué."

jeudi 27 juin 2019

Nouvel épisode de l'affaire Benalla : le portable caché...

Révélations sur le portable caché du collaborateur de Macron

L'ancien proche du président Macron aurait délibérément cherché à soustraire à la justice son téléphone personnel.

Résultat de recherche d'images pour "Benalla dissimulation de preuves"Alexandre Benalla a refusé de remettre son téléphone portable aux enquêteurs, prétextant l’avoir perdu. Les investigations démontrent qu'il a menti.
Après son coffre-fort personnel disparu, un autre mystère de l'affaire Benalla est élucidé. C'est précisément avec ce téléphone portable soi-disant perdu que l'ancien protecteur du président a averti l'Elysée qu'il avait été filmé, le 1er mai 2018, à Paris, en train de tabasser des manifestants. 
Entendu en garde à vue le 21 juillet, Alexandre Benalla l'indique lui-même aux enquêteurs : "J'ai adressé ce message avec un appareil téléphonique que je n'ai plus, je l'ai perdu. J'ai conservé les données sur une clé USB que je compte communiquer mais, pour l'instant, je ne souhaite pas dire où elle se trouve."

Mythomane, provocateur et dissimulateur, l'ancien adjoint au chef de cabinet de l'Elysée se montre peu bavard sur ce portable, "personnel et non sécurisé", dont il "ne souhaite pas donner d'éléments". 
Il accepte seulement de remettre aux policiers son téléphone professionnel – placé sous scellé. L'appareil perdu contenait-il des messages ou documents susceptibles de faire éclater la vérité dans l'enquête ? 
Les juges d'instruction sont intriguées, mais tenues en échec. A plusieurs reprises, elles ordonnent à Benalla la restitution de la fameuse sauvegarde de son contenu sur clé USB. "Il faut que je la trouve dans mon déménagement, dans mes affaires qui sont en Normandie", raconte le Franco-marocain de 27 ans, lors d'un interrogatoire, le 5 octobre. "Qu'attendez-vous pour nous la remettre ?" s'agacent les juges. Réponse : "Que vous me la demandiez" ! 
Relancé en février dernier par courrier, puis lors de son audition, Alexandre Benalla assure finalement avoir "perdu la clé USB dans les déménagements successifs".

Le numéro utilisé retracé

En revanche, il fournit une capture écran imprimée du message Telegram envoyé à Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, l'informant des incidents du 1er mai. Message qu'il aurait sauvegardé de son téléphone égaré. Dans cette correspondance du 2 mai, le garde du corps du couple Macron explique avoir intégré en tant qu'observateur "une équipe de policiers en civil". "Je ne me suis pas cantonné à mon rôle et j'ai porté assistance aux policiers qui essayaient d'interpeller deux personnes ayant jeté des projectiles et violenté les policiers en civils, écrit-il. La scène assez violente a été filmée et même si l'on ne m'identifie pas très nettement, je suis reconnaissable."

Mais les magistrates ne se contentent pas de ce message. 
Résultat de recherche d'images pour "Alexis Kohler A Benalla"
Elles veulent à tout prix identifier le portable avec lequel il a été envoyé. Un renseignement décisif leur parvient grâce à l'audition… d'Alexis Kohler, ci-contre, plus proche collaborateur d'Emmanuel Macron. Entendu par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 17 avril au palais de l'Elysée, le haut fonctionnaire confirme l'existence de cet échange.

A la demande des enquêteurs, Kohler révèle le numéro qu'a utilisé Alexandre Benalla. "Pour quelles raisons, selon vous, M. Benalla ne souhaite pas communiquer les informations contenues dans son téléphone ?" l'interrogent les policiers. "Je n'ai aucune explication […] sur la discrétion entretenue sur ce téléphone", répond Kohler. Grâce au numéro fourni par le bras droit d'Emmanuel Macron, les enquêteurs retracent l'historique du téléphone personnel de Benalla.

Ils découvrent que le portable prétendument égaré émet le matin même de sa garde à vue, dans le XVIe arrondissement de Paris. Un appel est détecté vers le numéro de Ludovic Chaker, conseiller du chef d’Etat-Major particulier du président de la République, puis l'appareil est coupé. Celui-ci est ensuite rallumé le lendemain soir, à l'heure de la fin de garde à vue de Benalla.
Surnommé le 'ninja', Ludovic Chaker, "amateur d’arts martiaux et amoureux de la culture asiatique", est le premier salarié permanent d’En Marche ! Ex-secrétaire général du parti, il est un proche d’Emmanuel Macron et c’est à lui qu’on doit l’embauche d’Alexandre Benalla pendant la campagne présidentielle. Le ruban rouge au revers de sa veste indique qu'il est médaillé de la défense nationale.
Un appel au cabinet de Brigitte Macron
Un appel est également émis vers le numéro du directeur de cabinet de Brigitte Macron. Selon les expertises techniques, Alexandre Benalla change ensuite à deux reprises de modèles de téléphones portables ces derniers mois, une fois chez sa mère dans l'Eure, une autre au Maroc, mais conserve la carte SIM associée à son numéro personnel. 
Les policiers ont la preuve  que "l'assertion de M. Benalla, cet appareil, je l'ai perdu, est fausse" et "ses déclarations mensongères".

Plusieurs appels de cadres de la Préfecture de Police

Peu après la révélation du scandale du 1er mai, Alexandre Benalla a obtenu un CD contenant des images de surveillance de la préfecture de police censées le dédouaner de son agression sur deux manifestants, le 1er mai. 

Il a ensuite remis ce CD au conseiller spécial d'Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, pour qu'il diffuse la vidéo trafiquée sur Internet. Or, selon les factures détaillées de son téléphone caché, il apparaît que Benalla "ne pouvait ignorer la difficulté légale que représentait la détention de ces images", au moment de cette remise, selon les conclusions de l'IGPN. Ace moment-là, il a en effet déjà reçu les appels de trois cadres de la Préfecture de police lui intimant de restituer le CD…
Contactée, Me Jacqueline Laffont, son avocate, indique "ne pas souhaiter faire de commentaires, n'ayant pas connaissance de ces éléments". Ces révélations intéressent le Parquet de Paris, qui a déjà ouvert une enquête pour "dissimulation de preuves"dans l'affaire de la disparition de son coffre-fort.

jeudi 20 juin 2019

Une proche du couple Macron a hébergé Alexandre Benalla

"Mimi" Marchand a-t-elle entravé la bonne marche de la justice, de son propre chef ?

L’ancien collaborateur de Macron affirme avoir été aidé par la patronne d’agence photographique en 2018

Résultat de recherche d'images pour "mimi marchand Macron"

'Mimi' va-t-elle à son tour mettre en péril le couple Macron dans l’affaire Benalla? Selon une enquête du magazine "Envoyé spécial" de France 2, qui devait être diffusée jeudi 20 juin, Michèle Marchand, patronne de l’agence photographique 'Bestimage', a hébergé Alexandre Benalla en juillet 2018, au plus fort du scandale, dans un appartement de l’Ouest parisien. 

Anciennement mariée à un gangster surnommé Hafed et à un braqueur, Maurice Demagny, qu'elle a rencontré pendant sa détention dans la prison de Fleury-Mérogis, Mimi Marchand est désormais la redoutable gardienne de l’image du couple Macron depuis l’été 2017.

Résultat de recherche d'images pour "Macron Mimi Marchand"
Mimi a-t-elle élu domicile à l'Elysée
et, avec elle, Alexandre ?
Chokri Wakrim, un militaire impliqué dans le contrat négocié par Benalla avec un oligarque russe, a dénoncé cet hébergement aux journalistes d’"Envoyé spécial". Selon lui, M. Marchand aurait même mis à la disposition de l’ex-adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron un des "sous-marins" de Bestimage – une camionnette à vitres teintées permettant de "planquer" ou de se déplacer sans être repéré, dans le jargon de paparazzi comme de policier. "On utilisait une camionnette de la société Bestimage (…) qui sert d’habitude à spoter [photographier] les gens", explique cette balance à la presse dite d'investigation.
Résultat de recherche d'images pour "Benalla Mimi Marchand"
Après la démission de Marie-Elodie Poitout, la chef du Groupe de sécurité du Premier ministre (GSPM), son compagnon, militaire, Wakrim, a été suspendu, a-t-on appris en février dernier du ministère des Armées.
Le militaire Chokri Wakrim, impliqué selon la presse dans un "contrat russe" négocié par Alexandre Benalla, a été suspendu par le ministère des Armées "en attendant que la lumière soit faite sur ces allégations" parues dans Libération.
En décembre dernier, Mediapart a révélé qu'un contrat de sécurité avait été conclu entre l'homme d'affaires russe Iskander Makhmoudov et le groupe de Vincent Crase, Mars. A l'époque, V. Crase
- ci-dessus assis au côté de Mimi - était encore chargé de la sécurité du parti LREM et Alexandre Benalla faisait sa vie à l'Elysée. Le parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour "corruption" sur ce contrat de sécurité.
Interrogée à deux reprises par l’équipe de France 2, solidaire de ses confrères grévistes de Radio France, Michèle Marchand a seulement reconnu avoir "peut-être prêté [sa] voiture deux ou trois fois fin juillet", mais jamais accueilli Alexandre Benalla, "même pas pour prendre l’apéritif", nargue-t-elle...
 
Benalla vient pourtant de confirmer, le 15 juin, le témoignage de Chokri Wakrim: "Chez “Mimi”, je suis resté une semaine facile. Elle m’a aussi proposé de l’argent mais j’ai refusé." 

Et Benalla d’ajouter : "Franchement, je vois pas pourquoi elle assume pas. C’est elle qui m’a proposé de m’aider; moi je ne lui ai rien demandé !"

Jawad Bendaoud, qui avait logé deux terroristes des attaques du 13 novembre 2015, a été jugé en appel en mars 2019 et a finalement écopé de quatre ans de prison...

Et attention, les "pièces jaunes" sont-elles passées dans de bonnes mains ?

samedi 25 mai 2019

Pour "aller chercher Macron chez lui", plus d'un millier de Gilets jaunes s'est rassemblé à Amiens ce samedi

Au 7e mois, c'est peu, mais c'est beaucoup pour Amiens
"Puisqu'on nous empêche de prendre le palais de Macron, nous prendrons donc sa ville : Amiens"

Amiens : des centaines de "gilets jaunes" dans la rue pour "aller chercher Macron chez lui"
"Qu'ils viennent me chercher", avait lancé Macron en juillet 2018
, depuis la cour fermée de la Maison de l'Amérique et à propos de l'affaire Benalla. Mais les Gilets jaunes n'ont pas oublié la provocation et ont relevé ce matin le défi lancé en s'invitant au plus près de la résidence du couple Macron, gardée par plusieurs rangs de forces de police. Les réfractaires à la politique de Macron ont fait le déplacement en réponse à 
un "appel national" des Gilets jaunes occulté par la presse institutionnelle, mais largement diffusé sur les réseaux sociaux.


A l'occasion de l'Acte XXVIII des Gilets jaunes, qui continuent de se rassembler dans quelques villes de France, plusieurs centaines de manifestants se sont rassemblés samedi 25 mai à Amiens, déterminés à "aller chercher Macron chez lui", en "prenant" sa ville natale. Ils étaient entre 800, selon la préfecture de la Somme, et 2.000 selon les organisateurs.


François Ruffin et Xavier Mathieu parmi les "réfractaires"

Manifestation de "gilets jaunes", le 25 mai 2019 à Amiens  ( AFP / FRANCOIS NASCIMBENI )

Dès 9h samedi,
des centaines de Gilets jaunes venus de Normandie, de Bretagne, des Hauts-de-France ou de la région parisienne, ont convergé vers le parc de la Hotoie où était installé un "village festif", constitué notamment de stands associatifs et syndicaux. 

Plusieurs élus, comme le député LFI de la Somme François Ruffin, l'ancien délégué CGT de Continental Xavier Mathieu, ou l'ex-Goodyear (CGT) Mickaël Wamen, étaient présents.

18 interpellations, 2 gardes à vue

En début d'après-midi, le cortège s'est dirigé vers la maison de Brigitte Macron, dans une ambiance festive.
Les forces de l'ordre étaient très visibles à proximité du centre ville, interdit aux manifestants. En début d'après-midi, quelques personnes ont jeté des projectiles sur une agence bancaire et sur l'hôtel Carlton dans le secteur de la gare. Les forces de l'ordre les ont dispersées au moyen de gaz lacrymogènes.

Plusieurs commerces et banques avaient par ailleurs été appelés à se barricader, tout comme la radio 'France bleu Picardie'. Le 18 mai, une dizaine de "casseurs" avaient en effet vandalisé à Reims la façade de France Bleu, autre radio partisane de service public.

A 14h, la préfecture de la Somme comptabilisait
18 interpellations au total, à la suite de contrôles préventifs. Parmi ces personnes, deux ont été placées en garde à vue pour détention de matériel jugé offensif.

samedi 18 mai 2019

Affaire Benalla : Macron achète le silence du général Lavergne

Mis en cause dans le dossier, le chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République obtient pourtant une promotion

Le général Lavergne aurait "retenu une part significative de la vérité" pendant ses auditions
Le général lors d'une de ses auditions devant la commission d’enquête du Sénat 
chargée d’examiner l’affaire Benalla, le 30 juillet 2018

C'est ce qu'estime la sénatrice Muriel Jourda (LR), co-rapporteur de la commission d’enquête du Sénat créée à la suite de l’affaire Benalla, et ce qui pose problème, puisqu'il n'a pas fait l’objet d’un signalement au Parquet de Paris pour faux témoignage. 

Chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) jusqu'au 18 mai, le général de brigade Lionel Lavergne quitte son poste  avec une promotion, selon certains : il va exercer les responsabilités d’adjoint au directeur des opérations et de l'emploi de la Gendarmerie nationale. 
Le GSPR est une structure du Service de la protection (SDLP) dépendant de la Police nationale et, "en même temps", un service de gendarmes et de policiers d'élites au nombre de 80, affectés à la sécurité de la Présidence de la République et placé sous la tutelle du ministère de l'Intérieur.
L'Elysée confirme "une promotion puisqu’il a été nommé adjoint au directeur des opérations de la Gendarmerie nationale". Les services de la présidence tient à préciser par ailleurs que la nomination de l’officier, nommé général en août 2018, intervient "dans le déroulement normal de sa carrière". 
En vérité, l'homme fort reste le général de brigade (2017) Eric Bio-Farina qui a été nommé directeur de la sécurité de la présidence de la République (DSPR), tout en restant commandant militaire de l’Elysée. Il a fait partie de la garde rapprochée de François Hollande et aurait diligenté la fouille des archives de Nicolas Sarkozy, à la demande de son maître, alimentant les "révélations" de la presse dite d'investigation en 2013.
Difficile de considérer ce 'recasage' comme une promotion
D’abord parce que le Directeur des opérations et de l’emploi (DOE) n'est que l'un des numéros 3 de la gendarmerie et qu'il pourrait rester sur cette voie de garage. La DOE est l'une des trois grandes directions centrales de la direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN)
Ensuite, parce que si c’est un poste très opérationnel, c'est aussi celui d'un second, donc un placard possible. 

Son ascension fulgurante interpelle néanmoins. 
Avec ce poste, Lavergne, général de brigade depuis moins de deux ans, ne va pas bénéficier d’une montée en grade, comme l'affirme un "connaisseur avisé  [mais anonyme] des arcanes [?] de la gendarmerie" cité dans Libération par Luc Peillon pourtant chargé précisément de traquer ...l'infox, puisque c'est le directeur de la DOE qui est généralement fait général de division l’année suivante, et non son adjoint.
Des "incohérences" et des "contradictions"

Mis indirectement en cause dans le dossier Benalla pour des "omissions", des " incohérences" et des "contradictions" pendant ses auditions devant la commission d’enquête du Sénat, le général Lavergne n’a toutefois pas été accusé de "faux témoignages", comme l’ont été Alexandre Benalla, Vincent Crase et Alexis Kohler (secrétaire général de l’Elysée) qui sont sous le coup d’une enquête préliminaire ouverte par le Parquet de Paris début avril après un signalement de la commission au ministère public. Mais ces charges d'incohérences et de contradictions doivent encore faire l’objet d’investigations complémentaires de la part du Parquet de Paris.

Le Sénat a en effet demandé au Parquet de procéder à des "investigations supplémentaires" concernant Lionel Lavergne, dans l’optique "de déterminer s’il y a lieu de donner des suites judiciaires à ces déclarations".
Membre de la commission d’enquête qui examine le dossier Benalla, la sénatrice du Morbihan Muriel Jourda disposait d'éléments lui permettant d'affirmer dans le rapport d’information enregistré à la présidence du Sénat le 20 février que le général Lavergne, Alexis Kohler et Patrick Strzoda (directeur de cabinet d’Emmanuel Macron) avaient "retenu une part significative de la vérité" pendant leurs auditions.
Et le rapport de la commission d’enquête de préciser : "il reviendra au ministère public de procéder, s’il y a lieu, à des investigations complémentaires qui pourront également concerner d’autres personnes et d’autres faits que celles et ceux évoqués dans ce rapport"
Les sénateurs ont mis des gants blancs pour éviter d'éclabousser l'Elysée davantage.