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mardi 24 mars 2020

Didier Raoult et son traitement à base de chloroquine sous les coups des lobbies

"Génie ou charlatan?", interroge la presse sous contrôle

Héros des Français, il est suspect aux élites du système

Ce scientifique est-il plus dangereux que les chapelains de la pensée officielle ?


Et Macron sous la coupe des "scientifiques"?
Des témoins tels que Christian Estrosi ou Valérie Boyer assurent que le traitement proposé par le virologue français est efficace, au moins dans leurs cas, mais les athées dévots à la Science refusent de crore aux miracles, donc à ce remède à base d’un dérivé de chloroquine qui affaiblit le coronavirus. Il est efficace pour lutter contre le Covid-19 dans un certain nombre de cas avérés, mais le docteur Jean-Paul Hamon administre un contre-exemple, le sien. Saisi de nausées, ce réfractaire a interrompu son traitement en auto-médication. Il ne précise pas s'il a, ou non, sur-dosé sa prise journalière, mais présente son expérience dissuasive sur toutes les télévisions et radios, depuis son domicile où il est confiné, avec toute l'indépendance d'un syndicaliste de la profession : il est président de la FMF, syndicat représentatif des médecins libéraux. En déclarant la guerre au Covid-19, Macron se serait-il trompé d'ennemi ?

Didier Raoult est-il un “génie ou un charlatan ?” questionne Il Foglio, quotidien milanais dont la plupart des articles ne sont pas signés. Son fondateur et propriétaire est un mutant: ancien membre du Parti communiste italien, puis élu du Parti socialiste, "en même temps", il a soutenu Silvio Berlusconi. 
Le quotidien italien s’interroge puisque le virologue a commencé à tester sur des patients un traitement à base d’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine – cet antipaludéen connu depuis la fin des années 1940. “Lequel produit des effets positifs sur les trois quarts des patients, selon le spécialiste", qui exerce à l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, indique Le Temps, mais "n’en demeure pas moins controversé".

Alexis Kohler, le directeur de cabinet de Macron, est-il impliqué dans le dénigrement du professeur marseillais?
La mère d'A. Kohler, Sola Hakim, est issue d’une famille de 'sabras' de Palestine et sa grand-tante a pour fille Rafaela, mariée à Gianluigi Aponte, fondateur et propriétaire de la société MSC - Mediterranean Shipping Company, le 2e plus grand armateur de porte-conteneurs du monde et numéro quatre international des croisières (dont les bateaux de croisière sont connus, tel l’Achille Lauro : navire victime d'un détournement le 7 octobre 1985 et qui subit quatre incendies; en 1965, en 1972, en 1981 et en 1994, le dernier occasionnant son naufrage dans l′océan Indien en décembre 1994). Sola Hakim fit ses études en Europe, y rencontra Charles Kohler et l’épousa. Ainsi, Sola Kohler et Rafaela Aponte sont cousines germaines et Alexis Kohlera des liens étroits avec l'Italie.  Sa famille fait-elle pression sur Il Foglio?
Une communauté scientifique qui a tout son temps

Les résultats de cet essai clinique, publiés dans l’International Journal of Antimicrobial Agents, IJAA, doivent être pris avec extrême prudence, selon Courrier International' (groupe Le Monde) qui fait référence à "de nombreux experts", sans les nommer. Le protocole lui-même est critiqué, mais on ne sait par qui, qui serait indépendant et digne de foi : on ne dira pas que Courrier International propage la rumeur; il a le bras long... : l’essai n’est pas mené en double aveugle (c’est-à-dire que les patients et les médecins connaissent le traitement qui est administré), le nombre de patients est très limité et quelques personnes dans un état grave ont été exclues de l’étude.

A noter que le rédacteur en chef de l'IJAA est Jean-Marc Rolain
, professeur en Microbiologie à la, Faculté de Médecine et de Pharmacie Marseille, France. 
Il n'est pas anecdotique de savoir qu'il est praticien Hospitalier des Disciplines Pharmaceutiques, qui dirige une équipe de recherche spécialisée dans l’étude de la résistance aux agents antimicrobiens et sur l’émergence des maladies infectieuses au sein de l’Unité de Recherche sur les Maladies Infectieuses et Tropicales Emergentes (URMITE, CNRS-INSERM-IRD) de l’Institut Hospitalo-Universitaire Méditerranée Infection à Marseille... CNRS-INSERM qui tient le professeur Raoult pour un pestiféré . Et INSERM, dont le patron fut Yves Lévy, second époux de l'ex-ministre Agnès Buzyn.
Je dis ça, je dis rien : je ne veux ni l'incendie, ni le naufrage de ce blog !
Par ailleurs, l’hydroxychloroquine n’a pas été testée seule, mais en association avec un antibiotique. Et, relaie le site suisse Heidi News  - une internationale ? - “la biologiste néerlandaise Elizabeth Bik, spécialiste de la fraude scientifique, relève dans un tweet que l’un des rédacteurs en chef de la revue [dans laquelle a été publiée l’étude] est également coauteur de l’étude marseillaise”. Un "conflit d’intérêts ?" questionne Le Temps, quotidien suisse, détenu par le groupe Springer (cf. PaSiDupes). "Dans l’ensemble, la prudence est bien la tonalité dominante au sein de la communauté des spécialistes”, suggère Heidi News, dont le rédacteur en chef, Serge Michel, oeuvra en Seine-Saint-Denis pour le Bondy Blog pendant les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises, après avoir été directeur adjoint des rédactions au journal Le Monde.

De son côté, 'Science' relaie un avis de la Société américaine de médecine en soins intensifs (SCCM), publié le 20 mars, selon lequel "les résultats ne sont pas suffisamment probants pour que nous recommandions le recours à la chloroquine et à l’hydroxychloroquine chez les adultes souffrant d’une forme grave du Covid-19”. 
Notons que 'Science', revue généraliste qui diffuse le dogme scientifique, est aux mains de l'Association américaine pour l'avancement des sciences, laquelle, ironiquement, a pour objectif déclaré de promouvoir la coopération entre scientifiques et de défendre la liberté scientifique...

Et Didier Raoult bénéficie pourtant d'une  renommée internationale

En dépit de ce tir de barrage, le chercheur inspire le respect à d'autres "scientifiques", 
Agnès Buzyn et Yves Lévy.
tous aussi compétents et respectables, mais qui n'appartiennent pas à la même obédience que le couple Lévy-Buzyn. En attendant, le virologue français est présenté sur les chaînes d’information comme un guérisseur qui a développé la première thérapie prometteuse en pleine pandémie”, explique la Frankfurter Allgemeine Zeitung. 
Or, en février, lorsqu’il avait affirmé avoir obtenu des résultats pour lutter contre le Covid-19, "le médecin aux cheveux longs et argentés avait été considéré, par beaucoup, comme un dingue". Lui-même se définit comme "un avant-gardiste", note le journal allemand. Rien à voir avec En Marche !

On l’appelle, et ce n’est pas un hasard, le ‘pêcheur de microbes’, ce chercheur en virologie à l’accent méridional, bourreau de travail plutôt que des buffets de salons parisiens, méprisé par la crème du monde médico-scientifique parisien pour son look à mi-chemin entre Panoramix et un fan de heavy metal, d'autres penseront à Einstein, mais dont les travaux dans le domaine des maladies infectieuses et tropicales sont parmi les plus appréciés au monde." Notre problème, c'est que le Paris centralisateur et décisionnaire n'est pas le monde...
Didier Raoult, 68 ans, cheveux rebelles,  ne fait pas partie de la bande

Son arme, la Chloroquine, ses deux ennemis, le Covid-19 et les lourdeurs françaises.



Et si le ministre de la Santé français Olivier Véran n'a pas sa liberté de mouvement en matière de généralisation de la chloroquine et si Edouard Philippe a répété que "le médicament ne sera pas mis sur le marché [pour cette application]”, la “pression sur le gouvernement est telle”, relate The Irish Times, que le traitement à base de chloroquine a été intégré à l’essai européen Discovery, dirigé par l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), sous l’égide de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

A l'OMS, la France oppose "des résultats non étayés"

Alors que le mot d'ordre officiel est à l'unité, notre presse dénigre sur ordre. Il n’y a pourtant pas que dans l’Hexagone que la chloroquine suscite l’intérêt des chercheurs. Des travaux ont déjà été menés en Chine. Même si "les résultats obtenus chez les patients atteints du Covid-19 sont obscurs", selon Science, il ne le sont pas plus que les chiffres officiels des morts chinois par coronavirus. "Des chercheurs chinois, qui affirment avoir traité plus de 100 patients avec de la chloroquine, ont vanté ses avantages," indique la revue, narquoise Or, “les données qui sous-tendent leur avis n’ont pas été publiées”.

Pour autant, cet intérêt grandissant pour la chloroquine (des Etats-Unis à l’Afrique) a mobilisé l’OMS qui, abandonnant sa posture hautaine et méprisante,  insiste désormais sur "la nécessité d’examiner les preuves émergentes pour éclairer une décision sur son rôle potentiel"
Alors qu’un nombre important de personnes se rassemble devant l’établissement marseillais où exerce Didier Raoult pour être dépisté, le directeur général de l’OMS a souhaité mettre à nouveau en garde contre de faux espoirs, mais le CHU de Caen teste la chloroquine depuis vendredi...



lundi 16 décembre 2019

Delevoye a démissionné, malgré la confiance du premier ministre

Macron perd son haut-commissaire aux retraites

Depuis la révélation de
plusieurs omissions dans sa déclaration d’intérêts, M. Delevoye a décidé de partir "de sa propre initiative," selon l’Elysée.



Le président Macron perd l'un de ses proches.
Le porteur de son projet controversé de réforme des retraites se retire sous la pression de l'opinion, au 12 jour de grèves, suite à la série de révélations successives d'emplois (13) dont deux rémunérés, non portés sur sa déclaration d'intérêts.
Cette démission s'ajoute à une liste déjà longue dans l'entourage direct du président à l'Elysée. Outre Bayrou qui a facilité l'accession au pouvoir de Macron (qui l'a récompensé du poste de la Chancellerie, mais rapidement poussé à la démission dans l'affaire des emplois fictifs du MoDem au Parlement européen, et mis en examen), Ismaël Emelien, conseiller spécial au palais de l'Elysée, mais cité dans l'affaire Benalla, ou Sylvain Fort, responsabilité du pôle communication de l’Elysée, ou Patrick Strzoda (nommé chef de cabinet en mai 2017, mais mis à la retraite dès juillet 2018, suite à un 'faux témoignage' dans l'affaire des 'flashball'). Et va de nouveau se poser la question d'une démission du secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée depuis mai 2017, visé par de nouveaux soupçons de prise illégale d'intérêts dans l'affaire MSC sur le dossier STX à Saint-Nazaire.
Kohler est d'ailleurs à nouveau sur la sellette, cette fois dans l'affaire Delevoye, puisque certains pointent sa responsabilité pour n'avoir pas alerté l'entrant au gouvernement sur la nécessité de se mettre en conformité avec l'article 23 de la Constitution.

Le chapelet de couacs, bavures et "légèretés coupables" de l'exécutif sont un véritable calendrier de l'avent pour Macron. Mis sous pression après la révélation de nouvelles omissions dans sa déclaration d’intérêts, le haut-commissaire en charge de la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, a finalement décidé de jeter l’éponge. Selon nos informations, l’ancien médiateur de la République a présenté sa démission, lundi 16 décembre, a-t-on appris auprès de différentes sources au sein de l’exécutif.

L’ex-chiraquien était, depuis un peu plus d’une semaine, au cœur d’une controverse qu’il a lui-même provoquée en omettant de mentionner plusieurs mandats dans sa déclaration d’intérêt à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) et, surtout, en continuant d’occuper des fonctions rémunérées après son entrée au gouvernement. Un cumul interdit par l’article 23 de la Constitution.

« Il ne voulait pas gêner le gouvernement »

Ces derniers jours, l’opposition comme les syndicats s’étaient montrés très critiques vis-à-vis de Jean-Paul Delevoye. Il est « disqualifi[é] totalement », a lancé, dimanche 15 décembre, Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national. « Quand on a autant d’implication dans les assurances (…), quand on touche beaucoup d’argent dans une série d’activités, je pense qu’il n’est plus crédible », avait abondé le même jour Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, sur BFM-TV.

Selon l’Elysée, c’est « de sa propre initiative » que Jean-Paul Delevoye a décidé de partir. « Il a estimé qu’il n’était plus à même de poursuivre sa tâche. Il ne voulait pas gêner le gouvernement au moment où se déploie la réforme pour laquelle il a travaillé avec acharnement depuis deux ans », explique un proche du chef de l’Etat. Emmanuel Macron et Edouard Philippe devaient se réunir, lundi en fin de matinée à l’Elysée, pour prendre acte de cette démission et organiser la suite des événements, notamment les prochaines rencontres avec les syndicats.

Au sommet de l’Etat, on souligne avant tout « la qualité et l’ampleur de la tâche » menée par Jean-Paul Delevoye, qui a préparé la réforme des retraites depuis septembre 2017, avant de rejoindre le gouvernement deux ans plus tard. L’ex-chiraquien avait rallié très tôt Emmanuel Macron lors de la campagne électorale de l’élection présidentielle et était l’un des rares poids-lourds d’expérience dans son entourage. « C’est cruel et tragique pour lui de devoir s’effacer au moment où ses efforts arrivent à terme », estime un conseiller.

Le  casse-tête de son remplacement

Selon nos informations, M. Delevoye sera remplacé au poste de haut-commissaire chargé de la réforme des retraites, pour défendre le projet de loi devant le Parlement mais surtout continuer les négociations avec les syndicats. « La semaine est décisive, on ne peut pas attendre », concède une source au sein de l’exécutif. La nomination du nouveau responsable de la réforme doit être avalisée en conseil des ministres et le dernier de l’année se tient dans deux jours, le 18 décembre.

Le remplacement de M. Delevoye – l’un des rares à connaître la réforme dans le détail – n’a néanmoins rien d’évident. « Au gouvernement, il n’y en a pas un qui maîtrise le sujet », estime le dirigeant d’une centrale syndicale. Agnès Buzyn, la ministre des solidarités et de la santé, dont dépendait M. Delevoye, pourrait-elle le remplacer au pied levé ? « Elle a déjà beaucoup à faire sur l’hôpital, estime-t-on de source syndicale. Et puis la retraite, c’est pas son truc. »

Avant même cette annonce, Frédéric Sève, le « monsieur retraites » de la CFDT, anticipait les difficultés à venir si le départ de M. Delevoye venait à se concrétiser. « Ce que je craindrais s’il partait, c’est la dispersion de son équipe, ce serait une perte énorme », soulignait-il.


lundi 11 novembre 2019

Où en est l'affaire Alexis Kohler pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive"?

L''affaire Benalla a-t-elle servi à détourner l'attention de l'affaire Kohler ? 

Une enquête reste actuellement ouverte pour des soupçons de conflits d’intérêts visant le bras droit d’Emmanuel Macron à l'Elysée

Le président Macron a redit sa confiance en son bras droit à l'Élysée.

L’association Anticor a-t-elle lâché l'affaire ? Voilà trois mois que, mercredi 8 août, elle a déposé une plainte pour "prise illégale d’intérêt" contre le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler. Ancien directeur de cabinet de Pierre Moscovici, puis d'Emmanuel Macron au ministère des Finances sous la présidence de Hollande, Kohler est celui à qui on devait chaque mois, pendant cinq ans, la promesse pour la fin décembre suivante de l'inversion de la courbe du chômage.

Comme haut-fonctionnaire, Kohler avait approuvé des contrats avec l’armateur italo-suisse MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère, selon Mediapart.
En mars 2019, l’association anticorruption en était à sa troisième plainte : elle accusait alors le numéro 2 de l’Elysée de "faux et usage de faux" et d’"omission substantielle de ses intérêts", en l’occurrence d’avoir dissimulé deux points dans différentes déclarations sur l’honneur : ses liens familiaux avec l’armateur et le fait d’avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant MSC, selon la plainte rédigée le 18 mars.

Si elles sont confirmées, ces accusations pourraient une nouvelle fois ébranler la présidence de la République, déjà à l'origine du scandale de l’affaire Alexandre Benalla. Mais, selon plusieurs spécialistes, si de nouvelles révélations concernant le secrétaire général de l’Elysée continuent de sortir dans la presse, l’affaire Alexis Kohler pourrait avoir un impact plus grave que celle qui vise l’ancien collaborateur et garde du corps d’Emmanuel Macron. Or, la justice prend son temps... Le pas de la justice est-il celui de la politique ? 

La justice a en effet ouvert une enquête fin mai après la première plainte de l’association anticorruption auprès du Parquet national financier (PNF), une institution judiciaire qui ne manque pas de moyens. Déposée pour "prise illégale d’intérêt", "trafic d’influence" et "corruption passive", la plainte s’appuyait sur les premières révélations de Mediapart.

Kohler mis en examen, c'est l'Elysée qui vacillerait

Si cette enquête conduisait à une mise en examen, l'affaire pourrait faire chanceler Macron. 
"A mon sens, si les faits sont avérés pour Alexis Kohler, je pense que sur le plan politique, l’affaire est plus grave que celle d’Alexandre Benalla", souligne Jean Garrigues, un historien qui, le 25 avril 2017, a pourtant fait partie des signataires d'une tribune de chercheurs et d'universitaires  - évidemment neutres et apolitiques - clamant leur soutien à Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle française de 2017 et appelant à voter pour lui au second, en raison notamment de son projet pour l'enseignement supérieur et la recherche.
Un avis partagé par Jérôme Fouquet de l’Ifop. 
"C’est politiquement et institutionnellement bien plus grave", tranche le sondeur sur France 5, rappelant qu’Alexis Kohler est le bras droit du président, son homme de confiance fidèle parmi les fidèles. "C’est le pivot de la République. D’autant plus qu’Emmanuel Macron a manifestement une très fort proximité avec lui. Une toute confiance en lui. C’était le cas sous les précédents quinquennats mais là c’est très fort", explique-t-il.
Et Jérôme Fouquet d’estimer qu’on est "très loin d’un collaborateur qui a joué les policiers et est allé mettre un coup de poing a des manifestants." Il s’agit ici d’une affaire qui touche l’ancien directeur de cabinet d’Emmanuel Macron quand il était ministre, "principale cheville ouvrière de la création d’En marche! en 2015" et grand artisan de sa campagne présidentielle.

Les oppositions suivent-elles le dossier ?
"Nous sommes face à "un phénomène oligarchique", fustige le député Ugo Bernalicis (LFI) dans Le Figaro, tandis que Sébastien Chenu (Rassemblement national) parle d’un pouvoir "bâti sur le mensonge et la dissimulation"

Du côté des Républicains, on dénonce "l’hypocrisie de la majorité" sur la moralisation de la vie publique, engagement fort de la présidence d’Emmanuel Macron.

VOIR et ENTENDRE l'audition sénatoriale de Kohler sur l'affaire Benalla :

Quels sont les faits reprochés à Alexis Kohler par Anticor et les grands partis politiques d'opposition ?



Alexis Kohler aurait approuvé en 2010 et 2011 
des contrats entre l’armateur MSC, fondé et dirigé par des cousins de sa mère, et le port du Havre, dont il était alors membre du conseil de surveillance, selon des documents révélés par Mediapart. 

Le site d’investigations avait déjà accusé le numéro 2 de l’Elysée de conflit d’intérêts au motif qu’il a siégé à partir de 2010 au conseil d’administration de STX France - les chantiers navals de Saint-Nazaire -, dont MSC était le principal client, et qu’il avait rejoint l’armateur quelques années après.
STX France était une société de construction navale (branche française de STX Europe, filiale du groupe sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding). Elle regroupait les chantiers de Leroux Naval à Lorient qui ont été vendus en octobre 2016, et les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire qui appartiennent à 51 % au constructeur naval italien Fincantieri. Le 18 juillet 2018, STX France devient les Chantiers de l'Atlantique.
Le bras droit du ministre de l'Economie était devenu après août 2016 directeur financier de la filiale croisières de MSC, grâce au feu vert de la commission de... déontologie de la fonction publique. Cette dernière s’était opposée en 2014 à une première tentative du haut fonctionnaire de travailler pour l’armateur. 
Marianne croit d’ailleurs savoir que, pour cette deuxième demande, fructueuse cette fois-ci, "Alexis Kohler a pu bénéficier du soutien d’Emmanuel Macron", alors ministre de l’Economie, lequel se serait alors "porté garant de l’intégrité de l’énarque."

Le problème est que le numéro 2 de l’Elysée a affirmé s’être toujours écarté des débats quand il a eu à connaître des dossiers concernant MSC, comme haut-fonctionnaire. 
Or, Mediapart a ouvert un nouveau front en publiant deux procès-verbaux du conseil de surveillance du "Grand Port maritime du Havre" qui affirment le contraire. 
Or, de 2010 à 2017, Le Havre a eu Edouard Philippe pour maire. Et Macron en a fait son premier ministre, verrouillant un peu plus l'affaire...  

Des allers-retours dans le privé qui alimentent les soupçons.
Selon les documents, de 2010 à 2012, Alexis Kohler y siégeait, comme représentant de l’Agence des participations de l’Etat, au côté d'Edouard Philippe, alors maire du Havre qui doit peut-être sa nomination à Matignon par Macron en échange de son silence. Or, lors de deux réunions, en septembre 2010 et 2011, Kohler a pris la parole et a voté en faveur de contrats à venir entre le port du Havre et Terminal Normandie MSC, filiale française de l’armateur et acteur majeur de l’extension du port alors en cours.
Plusieurs ex-membres du conseil ont d’ailleurs affirmé à Mediapart qu' "ils ignoraient tout de la situation familiale d’Alexis Kohler et qu’ils sont tombés des nues quand ils ont découvert très récemment ses liens avec MSC", l’un des plus gros transporteurs maritimes de conteneurs au monde.

Membre actif de la campagne présidentielle pour le candidat Macron, Alexis Kohler avait rejoint l’Elysée en mai 2017 après moins de neuf mois passés chez MSC. Dans l’intervalle, comme cadre de l’armateur, il était revenu à Bercy en mars 2017 pour participer  à une "réunion sur la reprise de STX France alors en faillite", alimentant les soupçons de conflit d’intérêts.
Michel Sapin et Christian Eckert se sont-ils exprimés sur ce dossier ?

"Passer de la haute fonction publique au privé est insupportable; il faut couper toute relation entre le pouvoir politique et économique", s’indigne à ce sujet le député communiste Stéphane Peu, avant de s’étonner sur Franceinfo, que son amendement interdisant ces pratiques ait été refusé par la majorité... 

De son côté, ne souhaitant pas commenter ces faits, l’Elysée se retranche derrière "une affaire judiciaire en cours." Et qui pourrait encore durer encore trois ans, voire huit, si besoin...

L'Elysée assure en août dernier qu'"il n'y a jamais eu dissimulation"



Macron savait... 
Kohler "a toujours, tout au long de sa carrière, informé sa hiérarchie de ses liens familiaux avec les actionnaires de MSC. Il n'y a jamais eu dissimulation", rapporte le JDD du 12 août, quand le Palais est sorti de son mutisme avec la plainte complémentaire déposée le 8 août par l'association Anticor pour "prise illégale d'intérêts" contre le secrétaire général de l'Elysée. Les allers et venues du secrétaire général de l'Elysée entre le public et le privé étaient donc approuvées, voire facilitées. C'est ce qu'il ressort de l'édition du Journal Du Dimanche.

Vers une possible démission de Kohler ?
Bruno Bézard et Dominique Comolli, ses deux supérieurs de l'époque à l'APE, "avaient été informés de l'existence de ces liens familiaux," confirme l'Elysée. De plus, les décisions sur les chantiers navals étaient prises par la Direction générale du Trésor et non pas par Alexis Kohler. Reste à démontrer que la Direction Générale du Trésor, rattachée notamment au ministère de l'Economie et des Finances, d'habitude si bien informée, ignorait tout des liens familiaux de Kohler. 

Kohler, sur un siège éjectable ? Futur démissionnaire ou démissionné ?
La démission est la règle en cas de mise en examen: elle s'applique aux ministres. L'Elysée se veut pourtant serein sur l'avenir de celui qui était devenu en octobre 2017 directeur financier de la filiale croisières de l'armateur : "Il n'y a pas de raison que ce qui s'applique à un ministre ne s'applique pas à un collaborateur du président. Mais la question ne se pose pas". 

jeudi 27 juin 2019

Nouvel épisode de l'affaire Benalla : le portable caché...

Révélations sur le portable caché du collaborateur de Macron

L'ancien proche du président Macron aurait délibérément cherché à soustraire à la justice son téléphone personnel.

Résultat de recherche d'images pour "Benalla dissimulation de preuves"Alexandre Benalla a refusé de remettre son téléphone portable aux enquêteurs, prétextant l’avoir perdu. Les investigations démontrent qu'il a menti.
Après son coffre-fort personnel disparu, un autre mystère de l'affaire Benalla est élucidé. C'est précisément avec ce téléphone portable soi-disant perdu que l'ancien protecteur du président a averti l'Elysée qu'il avait été filmé, le 1er mai 2018, à Paris, en train de tabasser des manifestants. 
Entendu en garde à vue le 21 juillet, Alexandre Benalla l'indique lui-même aux enquêteurs : "J'ai adressé ce message avec un appareil téléphonique que je n'ai plus, je l'ai perdu. J'ai conservé les données sur une clé USB que je compte communiquer mais, pour l'instant, je ne souhaite pas dire où elle se trouve."

Mythomane, provocateur et dissimulateur, l'ancien adjoint au chef de cabinet de l'Elysée se montre peu bavard sur ce portable, "personnel et non sécurisé", dont il "ne souhaite pas donner d'éléments". 
Il accepte seulement de remettre aux policiers son téléphone professionnel – placé sous scellé. L'appareil perdu contenait-il des messages ou documents susceptibles de faire éclater la vérité dans l'enquête ? 
Les juges d'instruction sont intriguées, mais tenues en échec. A plusieurs reprises, elles ordonnent à Benalla la restitution de la fameuse sauvegarde de son contenu sur clé USB. "Il faut que je la trouve dans mon déménagement, dans mes affaires qui sont en Normandie", raconte le Franco-marocain de 27 ans, lors d'un interrogatoire, le 5 octobre. "Qu'attendez-vous pour nous la remettre ?" s'agacent les juges. Réponse : "Que vous me la demandiez" ! 
Relancé en février dernier par courrier, puis lors de son audition, Alexandre Benalla assure finalement avoir "perdu la clé USB dans les déménagements successifs".

Le numéro utilisé retracé

En revanche, il fournit une capture écran imprimée du message Telegram envoyé à Alexis Kohler, secrétaire général de l'Elysée, l'informant des incidents du 1er mai. Message qu'il aurait sauvegardé de son téléphone égaré. Dans cette correspondance du 2 mai, le garde du corps du couple Macron explique avoir intégré en tant qu'observateur "une équipe de policiers en civil". "Je ne me suis pas cantonné à mon rôle et j'ai porté assistance aux policiers qui essayaient d'interpeller deux personnes ayant jeté des projectiles et violenté les policiers en civils, écrit-il. La scène assez violente a été filmée et même si l'on ne m'identifie pas très nettement, je suis reconnaissable."

Mais les magistrates ne se contentent pas de ce message. 
Résultat de recherche d'images pour "Alexis Kohler A Benalla"
Elles veulent à tout prix identifier le portable avec lequel il a été envoyé. Un renseignement décisif leur parvient grâce à l'audition… d'Alexis Kohler, ci-contre, plus proche collaborateur d'Emmanuel Macron. Entendu par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) le 17 avril au palais de l'Elysée, le haut fonctionnaire confirme l'existence de cet échange.

A la demande des enquêteurs, Kohler révèle le numéro qu'a utilisé Alexandre Benalla. "Pour quelles raisons, selon vous, M. Benalla ne souhaite pas communiquer les informations contenues dans son téléphone ?" l'interrogent les policiers. "Je n'ai aucune explication […] sur la discrétion entretenue sur ce téléphone", répond Kohler. Grâce au numéro fourni par le bras droit d'Emmanuel Macron, les enquêteurs retracent l'historique du téléphone personnel de Benalla.

Ils découvrent que le portable prétendument égaré émet le matin même de sa garde à vue, dans le XVIe arrondissement de Paris. Un appel est détecté vers le numéro de Ludovic Chaker, conseiller du chef d’Etat-Major particulier du président de la République, puis l'appareil est coupé. Celui-ci est ensuite rallumé le lendemain soir, à l'heure de la fin de garde à vue de Benalla.
Surnommé le 'ninja', Ludovic Chaker, "amateur d’arts martiaux et amoureux de la culture asiatique", est le premier salarié permanent d’En Marche ! Ex-secrétaire général du parti, il est un proche d’Emmanuel Macron et c’est à lui qu’on doit l’embauche d’Alexandre Benalla pendant la campagne présidentielle. Le ruban rouge au revers de sa veste indique qu'il est médaillé de la défense nationale.
Un appel au cabinet de Brigitte Macron
Un appel est également émis vers le numéro du directeur de cabinet de Brigitte Macron. Selon les expertises techniques, Alexandre Benalla change ensuite à deux reprises de modèles de téléphones portables ces derniers mois, une fois chez sa mère dans l'Eure, une autre au Maroc, mais conserve la carte SIM associée à son numéro personnel. 
Les policiers ont la preuve  que "l'assertion de M. Benalla, cet appareil, je l'ai perdu, est fausse" et "ses déclarations mensongères".

Plusieurs appels de cadres de la Préfecture de Police

Peu après la révélation du scandale du 1er mai, Alexandre Benalla a obtenu un CD contenant des images de surveillance de la préfecture de police censées le dédouaner de son agression sur deux manifestants, le 1er mai. 

Il a ensuite remis ce CD au conseiller spécial d'Emmanuel Macron, Ismaël Emelien, pour qu'il diffuse la vidéo trafiquée sur Internet. Or, selon les factures détaillées de son téléphone caché, il apparaît que Benalla "ne pouvait ignorer la difficulté légale que représentait la détention de ces images", au moment de cette remise, selon les conclusions de l'IGPN. Ace moment-là, il a en effet déjà reçu les appels de trois cadres de la Préfecture de police lui intimant de restituer le CD…
Contactée, Me Jacqueline Laffont, son avocate, indique "ne pas souhaiter faire de commentaires, n'ayant pas connaissance de ces éléments". Ces révélations intéressent le Parquet de Paris, qui a déjà ouvert une enquête pour "dissimulation de preuves"dans l'affaire de la disparition de son coffre-fort.

mercredi 27 mars 2019

Affaire Benalla: Ferrand poursuit sa guerre des boutons au Parlement

Le premier ministre fait du boudin

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a confirmé mercredi la bouderie au sommet de l'Etat macronien

L'Edourad tire la gueule : sa conception du débat républicain...
Le premier ministre, personnage de l'Etat n° 2, continue de bouder à Matignon. Le n° 3 sera accompagné du n° 4 qui viendra "seul" à une conférence prévue vendredi avec son homologue du Sénat, Gérard Larcher. Edouard Philippe entend ainsi "marquer" son mécontentement après que le Bureau du Sénat a saisi la justice du cas de trois proches collaborateurs du président Macron, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lavergne, pour soupçons de "faux témoignages" sous serment devant la Commission d'enquête du Sénat.

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Avec Richard Ferrand (LREM) cette fois-là, l'Edouard avait déjà boycotté une conférence commune prévue vendredi dernier avec Gérard Larcher (LR) devant des étudiants à Lille pour protester contre cette même décision sénatoriale, dans le cadre de l'affaire Benalla.

Ferrand tacle l'Edouard

"Je lui ai téléphoné [à Gérard Larcher] et je lui ai dit 'écoutez président voilà, vous irez à Lille tout seul et moi j'irai à Créteil tout seul' ", a raconté sur Europe 1 Richard Ferrand, qui doit se rendre vendredi à la faculté de droit de Créteil pour débattre - ironie du sort - de "la démocratie représentative" et "participative".

Ferrand fait (involontairement ?) la leçon à Philippe : "la franchise des actes, c'est mieux que l'hypocrisie des faux-semblants", a-t-il expliqué à qui veut l'entendre.
Résultat de recherche d'images pour "auberge des culs tournés""Il faut bien marquer le coup lorsqu'on a le sentiment profond qu'une procédure démocratique est utilisée à des fins politiciennes, de son point de vue. On ne peut pas faire semblant d'être dans une coopération joyeuse lorsqu'il y a un coup de canif dans la confiance qui est mis. Mais il ne faut pas parler de guerre", a plaidé le président de l'Assemblée. En résumé, Larcher et Ferrand ont rendez-vous vendredi à "L'Auberge des culs-tournés"...

L'Elysée vit mal la formation au Sénat d'une poche de résistance à sa politique sans partage. Depuis la saisine de la justice par la Chambre haute jeudi dernier, la mauvaise humeur de Philippe et Ferrand témoigne du mauvais caractère de Macron.
Sur Europe 1, Ferrand s'en inquiète et met de l'eau dans son vin. "Mes collègues sénateurs ont eu raison" de saisir la justice des cas d'Alexandre Benalla et de son acolyte Vincent Crase, a estimé celui qui doit tant à la clémence des juges, notamment dans son implication dans l'opération immobilière réalisée en faveur de sa compagne auprès des Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait.

Alors qu'Anticor porte une nouvelle plainte contre Alexis Kohler, autre proche collaborateur de Macron, pour conflit d'intérêts, notamment, le partisan continue  : "Ce qui est dommage, c'est d'utiliser des instruments de contrôle démocratique [mieux que ça, constitutionnels non sujets à débat] pour en vérité mettre en cause des hauts fonctionnaires qui eux, du propre aveu du Sénat, n'ont strictement pas menti. (...) C'est politicien. Du coup ça abaisse un peu l'enjeu du contrôle et de l'évaluation démocratiques qui est le rôle des deux assemblées", a-t-il polémiqué, alors que la justice est saisie.


Richard Ferrand pose un lapin à l'ensemble des métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomération et grandes villes de France.

La présidence du Sénat a confirmé que Gérard Larcher n'ira pas à Créteil vendredi et qu'il sera à Toulouse pour deux jours au congrès de "France urbaine", à l’invitation de son président, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole.
A la différence de l'ex-socialiste Ferrand, Larcher est dispensé de la conférence de Créteil (PS) sur "la démocratie représentative" et "participative"...