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dimanche 19 avril 2020

Covid19: pointé par le Washington Post, le laboratoire franco-chinois de Wuhan nie toute fuite de virus

La France rejette les soupçons américains de fuite du virus depuis le laboratoire franco-chinois de Wuhan 

Le Washington Post fait état de forts doutes anciens sur la sécurité du laboratoire P4


Aux Etats-Unis, une partie de la presse, à la suite du journal démocrate The Washington Post, explore l'hypothèse d'une pandémie de Covid-19 issue d'un accident dans un laboratoire de Wuhan, à l'origine de l'épidémie de nouveau coronavirus, et non pas d'un marché de la ville où un pangolin infecté aurait transmis le virus Covid-19. 

Ce mammifère menacé par le braconnage est un gibier consommé en Chine pour soulager des rhumatismes, favoriser la circulation sanguine et chassé pour ses écailles qui font partie de la pharmacopée traditionnelle chinoise. 
L'hôte du coronavirus était-il une chauve-souris, un serpent, une civette ? La question est
D'autres soupçonnent la chauve-souris, véritable nid à virus en tout genre, notamment du groupe de coronavirus apparenté au Sras” de 2003, et porteur sain. Fin janvier,  la presse "bien informée" - qui en fait supputait - affirmait présomptueusement qu'"on sait que l’épidémie a débuté sur un marché de Wuhan où s’échangent des animaux vivants. Le génome du virus, récolté sur des patients, a également été entièrement séquencé. Il s’agit clairement d’une nouvelle forme de coronavirus, baptisé 2019-nCov. Et il est également clair qu’il a été transmis à l’Homme par un animal, encore non identifié [tout aussi possiblement un serpent], que l’on appelle communément un “réservoir”. Mais pour qu’un coronavirus infecte l’Homme, il faut qu’il mute plusieurs fois.

Dès 2018, l’ambassade des Etats-Unis à Pékin a alerté les autorités américaines sur des mesures de sécurité apparemment insuffisantes
Le quotidien Washington Post en a fait état après plusieurs visites "dans un laboratoire" qui étudiait les coronavirus issus de chauves-souris, sans mise en cause de l'institut franco-chinois P4.

La presse française a aussitôt décrédibilisé l'information, citant la chaîne américaine Fox News, qu'elle diabolise systématiquement. Or, la chaîne pointait le laboratoire P4 (pour pathogène de classe 4, les maladies infectieuses à haut pouvoir de dissémination et à haut taux de mortalité, par exemple la variole) du site. Et d'assurer qu'il s’agit d’une installation "de très haute sécurité" qui héberge les souches les plus dangereuses des virus connus ― comme Ebola.
Cette réactivité s'explique: ce lieu ultrasensible a été réalisé avec la collaboration de la France. Il permet de mener des recherches de pointe, avec pour ambition de prévenir toute nouvelle épidémie et de réagir plus rapidement à l’apparition de maladies infectieuses.
D’un coût d’environ 40 millions d’euros, le laboratoire a été financé par la Chine. Les chercheurs y travaillent en confinement absolu. Il existe moins d’une trentaine de P4 dans le monde, dont la moitié aux Etats-Unis.

L’Institut de virologie de Wuhan possède par ailleurs la plus grande collection de souches de virus en Asie, avec 1.500 spécimens différents, selon son site internet. L'IHU de Marseille possède quant à lui le plus important d'Europe, constitué par le Professeur Raoult.

Interrogé, l’institut a refusé de répondre aux questions de l’AFP. Le chercheur français qui y travaille n’a pas voulu non plus s’exprimer, invoquant son “devoir de réserve”... Face à ce black-out, l’AFP n’est donc pas en mesure de confirmer formellement que des coronavirus ont bien été étudiés dans ce laboratoire avant l’épidémie.

Les sources communes au Washington Post et à Fox News font part de leur inquiétude quant à une potentielle fuite accidentelle du virus.
Selon Fox News, le “patient zéro” à l’origine de l’épidémie pourrait être un employé de l’institut, contaminé, qui aurait ensuite diffusé sans le vouloir l’agent pathogène ailleurs dans Wuhan.
Interrogé sur cette hypothèse, le président américain Donald Trump a déclaré qu'elle fait actuellement l’objet d’un “examen très approfondi” de Washington. Quand l’épidémie a commencé à se propager en Chine, Mike Pompeo déclare alors que  les autorités locales “se sont demandées si l’Institut de virologie était son lieu d’origine"
“Nous savons qu’ils n’ont pas autorisé les scientifiques du monde entier à aller dans ce laboratoire pour rendre compte de ce qu’il s’y était passé”, a-t-il précisé, il y a deux jours. 
"Nous menons une enquête exhaustive sur tout ce que nous pouvons apprendre sur la façon dont ce virus s'est propagé, a contaminé le monde et a provoqué une telle tragédie", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo sur la chaîne Fox News.

La presse institutionnelle française s'attache alors à discréditer les déclarations, les raillant en distillant les mots "théories" qui "fleurissent" sur internet, "complot" ou "fantaisiste" pour incriminer ce laboratoire.
Pour BFM, ce vendredi 17 avril, leur correspondant aux Etats-Unis, Jean-Bernard Cadier, a fait de l'émergence de cette "théorie" de la fuite une synthèse qui ne fait pas de vagues dans l'état des connaissances dont il a le secret :
"C’est venu de la presse [que serait-on sans elle?] et d’un certain nombre de parlementaires américains qui révèlent une information que visiblement les gouvernements occidentaux connaissaient depuis des années. Il y a dans la ville de Wuhan un ou plusieurs laboratoires [impasse sur le P4 franco-chinois et amalgame] qui travaillent sur le coronavirus des chauves-souris, ce qui bien sûr suscite un soupçon. Est-ce que l’épidémie ne serait pas partie de ce laboratoire [toujours non identifié?] et non pas du fameux marché comme le dit le gouvernement chinois [et la France !] ? Un tiers des premières personnes infectées dans la ville n’étaient jamais allées à ce marché."
En février, l’institut était sorti de son mutisme pour démentir les premières rumeurs. 
Par un communiqué, il précise avoir reçu, dès le 30 décembre, des échantillons du virus alors inconnu qui circulait à Wuhan (identifié ensuite comme le SARS-CoV-2), puis avoir séquencé son génome, le 2 janvier, et enfin avoir transmis ces informations à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le 11 janvier. L’OMS confirme avoir reçu de la Chine la séquence du génome, le 11 janvier.
Il faut attendre le vendredi 18 avril pour qu'un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, rejette les accusations américaines visant l’institut.

La riposte de l'Elysée consiste à y ajouter des considérations géopolitiques mettant aux prises Américains et Chinoise

X-Men 2 (Tous les mutants doivent mourir) - Cinéma Choc
Tous les mutants doivent mourir !
Et c'est BFMTV qui s'y colle, titrant sur une"guerre d'influence" par presse américaine interposée enflammant les rapports diplomatiques. 
La chaîne pro-gouvernementale française d'info en continu oppose le Washington Post, propriété de Jeff Bezos (Amazon) à Fox News, situé à droite et bête noire de son venimeux correspondant aux Etats-Unis, Jean-Bernard Cadier.
La presse, critique des sources anonymes, n'en démord pas et on y lit que "de l’avis de nombreux chercheurs," le pangolin est la source primaire. Point-barre ! Seulement voilà, des études publiées par d’autres chercheurs chinois dans des revues scientifiques réputées affirment que le premier patient connu n’a pas fréquenté le marché de Wuhan incriminé.
Une seule chose serait alors tenue pour certaine, c'est que rien ne vient accréditer l’hypothèse d’une fuite de virus depuis un laboratoire, martèle Filippa Lentzos, chercheuse en biosécurité au King’s College de Londres. "En même temps", cette savante avoue qu'il n’existe “aucune vraie preuve” que le nouveau coronavirus provienne bien du marché de Wuhan... “L’origine de l’épidémie est toujours une question en suspens,” lâche-t-elle: libre donc à la presse de de zoomer sur l'une ou l'autre affirmation pour soutenir la thèse officielle de son pays... 

Si ils soutiennent la thèse de la transmission du nouveau coronavirus à l'homme par le pangolin, les scientifiques français peinent donc toujours à trouver l'origine du Covid-19, ce qui n'empêche pas les "sociétés savantes" de rejeter catégoriquement la possibilité d'une fuite par négligence  - mais intentionnelle, selon certains autres - depuis ce laboratoire de Wuhan créé avec la participation de la France qui avait désigné conseiller scientifique sur place le professeur Yves Lévy, époux d'Agnès Buzyn, ministre de la Santé de Macron, en qualité de patron de l'INSERM.

Que penser des soupçons américains pesant sur le laboratoire P4 de Wuhan ? 

La presse hexagonale s'applique à détourner l'attention du labo franco-chinois sur l'entourage de Trump et le président lui-même.
La proximité du marché suspect avec l'Institut de virologie serait une piste de diversion, alors que, depuis des mois, grossit l'hypothèse d’une fuite du SARS-CoV-2 depuis ses installations sensibles.

La semaine dernière, le Washington Post à l'origine de la divulgation des soupçons sur la place publique a amené le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo à évoquer une "enquête" pour étayer cette hypothèse, "qui ne s’appuie pour l’instant sur rien de très tangible", maintient notre presse aux ordres, soumise aux pubs pour "dispositif médical" en tout genre.

Etrangement discret depuis le début de la crise sanitaire mondiale, le directeur du laboratoire [P4 sino-français, rappelons-le] pointé du doigt par les révélations convergentes des media américains a donné  samedi un démenti catégorique de toute responsabilité d'un quelconque labo, franco-chinois ou non.
"C’est impossible que ce virus vienne de chez nous", a déclaré dans un entretien avec la chaîne étatique CGTN, Yuan Zhiming, directeur de l’Institut de virologie de Wuhan, ville épicentre de la pandémie.

Selon "la plupart des scientifiques" [sic: au premier rang desquels le "comité scientifique" de Macron ?], le nouveau coronavirus a probablement été transmis à l’homme par un animal. Un marché de la ville de Wuhan a été incriminé car il aurait vendu des animaux sauvages vivants. Retour à la case départ...

"Les gens ne peuvent pas s’empêcher de faire des associations”, a déploré le directeur de cet institut, accusant des media qui "essayent délibérément de tromper les gens" avec des informations "entièrement basées sur des spéculations", sans "preuves".

D
ès lors,
comment expliquer que les "scientifiques" en lien avec l'INSERM et le professeur Yves Levy soient si agressifs sur le sujet d'une fuite, même involontaire",  de virus ?
Il est permis de s'interroger sur un possible lien entre la révélation de la fuite du CoVid19 du laboratoire P4 et la décision du tribunal judiciaire de Nanterre de faire fermer pour cinq jours, du 16 au 20 avril inclus, les sites français Amazon, société détenue par Jeff Bezos, propriétaire du Washington Post.

Combien d'autres virus se sont-ils aussi échappés ?

mardi 31 mars 2020

Essai clinique de quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine, en cours en Europe

A l'écart des assauts menés contre le Pr Raoult, Florence Ader dirige un essai clinique crucial

Cet étude coordonnée par... l'INSERM doit tester quatre protocoles, dont celui à base d'hydroxychloroquine, sur 3200 patients en Europe

20minutes - vous allez en parler en format webapp!Au travail à l'abri des querelles faites au professeur Raoult, la professeure Florence Ader pilote à Lyon un essai clinique visant à trouver un traitement contre le Covid19. Elle est depuis un mois à la tâche au coeur d'un "projet fou", loin de son quotidien habituel d'infectiologue-pneumologue.

D'emblée, elle élude les questions polémiques autour de l'efficacité de la chloroquine (associée à un antibiotique, avec des risques faibles de troubles du rythme cardiaque, insiste le professeur Philippe Gabriel Steg, co-président du comité de pilotage spécial Covid au sein de l'AP-HP) proposée par le Pr Didier Raoult et plébiscitée par la population de la région de Marseille. "Il faut s'extraire du buzz et privilégier les démarches de recherche médicale", coupe sagement la chercheuse lyonnaise. La Pr Ader est une des rares femmes présentes dans le débat médical actuel et, à la différence de sa consoeur Karine Lacombe, choisit la discrétion face à certains porte-parole politisés qui tentent de décrédibiliser le chercheur marseillais en faisant circuler des rumeurs complotistes ou alarmistes, quand des acteurs politiques sur le retour, tel Daniel Cohn-Bendit ne tombent pas dans les insultes. Lien PaSiDupes"Qu’il ferme sa gueule," lance le trublion Daniel Cohn-Bendit au Professeur Raoult

Directrice du programme européen REACTing, un consortium multidisciplinaire rassemblant des équipes et laboratoires d’excellence, dont les travaux sont coordonnés par l'INSERM et ses partenaires d’Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, laquelle a travaillé sur les épidémies de grippe H5N1 et H1N1, SRAS, Mers-Co, Chikungunya, Ebola et Zika), Florence Ader préfère donc parler de la "prouesse" que le service public français a, selon elle, réussi à réaliser avec Discovery, un essai clinique coordonné par l'Inserm qui doit tester quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine, sur 3.200 patients en Europe, dont au moins 800 en France. Uniquement des patients hospitalisés et gravement atteints. "C'est l'une des grandes leçons de la crise d'Ebola de 2014. Le seul et unique essai randomisé avait été mis en place trop tard, avec seulement 72 patients", explique-t-elle. Notons que le mari Buzyn, Yves Levy, a dirigé l' Aviesan de 2014 à 2018 et l'Inserm (2014-2018 également)...
L'Hexagone est le premier pays européen à avoir mis sur pied et lancé un tel essai. Son budget : quelques millions d'euros, financé par la Direction générale de l'offre de soins du ministère de la Santé. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) doit aussi lancer son grand essai, "Solidarity", mais il en est encore à la phase préparatoire.

Le professeur Ader, face à l'exigence malgré l'urgence

L'essai clinique Discovery a commencé il y aune semaine. 
Il inclut à ce jour 123 des 800 patients dans sept centres hospitaliers. Chaque participant se voit allouer soit l'un des quatre traitements testés, soit des soins standard, de manière aléatoire, après une randomisation numérique (méthode de répartition fondée sur le hasard).

Sont testés : le remdesivir (antiviral conçu initialement pour Ebola), le lopinavir en combinaison avec le ritonavir (des anti-VIH), la même combinaison mais associée à l'interféron bêta pour tenter de baisser le processus inflammatoire et l'hydroxychloroquine (cousin de la chloroquine, mais présentant moins de risque de toxicité, cet anti-paludéen a l'avantage d'être connu et bon marché). 

"Nous n'avons pour l'heure aucune confirmation de la réalité de l'efficacité de ces traitements," insiste Florence Ader. "Nous n'avons que des données disparates sur ces molécules. On a des données in vitro pour certaines, pas pour d'autres; des données sur des modèles animaux pour certaines, mais pas pour toutes, d'autres données sur des petites séries de patients, pas pour d'autres".

D'où pour elle l'importance de ne faire "aucune concession" et assurer le même niveau d'exigence malgré l'urgence d'une pandémie qui a déjà tué quelque 30.000 personnes dans le monde, selon un bilan établi par la presse. "Plus les résultats seront significatifs et méthodologiquement robustes, plus le niveau de preuves sera élevé et plus on rendra service aux gens", souligne Florence Ader.

Aucune échéance précise

Cet essai est mené avec toute la rapidité et l'adaptabilité nécessaires au contexteassure cette chercheuse, même s'il est lourd. La Pr Ader est entourée d'une vingtaine de personnes qui travaillent d'arrache-pied. D'abord une cheffe de projet qui gère la très lourde logistique depuis un centre dans le sud.

Sur le terrain, des centaines de techniciens, d'attachés de recherche, de médecins d'essai clinique collectent les données. Et à charge de l'équipe de méthodologie de l'Inserm de les exploiter. Les premières évaluations de patients vont commencer après 15 jours de traitement, dans une semaine environ. On pourra notamment estimer si leur état clinique s'est amélioré, s'ils ont toléré le traitement.

samedi 28 mars 2020

Coronavirus et hydroxychloroquine : Le Monde se consacre à la défense du couple Buzyn-Lévy

Les Décodeurs accusent leurs accusateurs 

Les fact-checkers du journal de Xavier Niel et Matthieu Pigasse ciblent et jugent des "publications mensongères"

Buzyn-Lévy, un couple serein
Des messages accusent l’ancienne ministre de la santé et son mari, l’ex-directeur de l’Inserm, d’avoir saboté le travail de Didier Raoult et empêché le recours à l'hydroxychloroquinepossible médicament de lutte contre le Covid-19 et la pandémie. La journaliste Assma Maad mène l'opération de déminage du scandale d'Etat du siècle. Elle est aussi la signature de "Tiphaine Auzière et la CFDT, Sébastien Auzière et l’IFOP : les intox visent aussi les enfants de Brigitte Macron" ou de "Non, Brigitte Macron ne gagne pas 450 000 euros par an". Voici le plaidoyer des partisans, assorti de commentaires: 

"Si tous ces faits sont confirmés, nous allons vers un des plus grands scandales d’Etat que la France ait connus." Sur les réseaux sociaux, des partisans de Didier Raoult, défenseur de l’hydroxychloroquine comme remède à l’épidémie de Covid-19, sont convaincus que si les résultats de son essai clinique ont été froidement accueillis par la communauté scientifique, la "caste médiatique" n’y est pas pour rien [deuxième jugement péremptoire (après l'accusation de mensonge, en titre, avant même le début de l'ombre d'une preuve]. Selon eux [qu'on ne se méprenne pas!], les coupables sont tout trouvés [ironie à visée de décrédibilisation, dès le préambule] : l’ancienne ministre de la santé [Santé?], Agnès Buzyn, et son mari, l’ex-directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy [on peut aussi fournir des éléments d'appréciation qui sont des faits : elle est l'ex-épouse d'un fils de Simone Veil, dont elle a plusieurs enfants; il était conseiller spécial pour la santé au cabinet de la ministre socialiste de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, dont le suppléant aux élections législatives de 2012 était Olivier Véran, successeur de Buzyn au ministère ].

Des messages partagés des centaines de milliers de fois accusent la candidate à la Mairie de Paris  [et ersatz de Benjamin Griveaux, candidat LREM de Macron, disqualifié par ses sex-tapes de harcèlement sexuel] et son époux d’avoir torpillé les travaux de Didier Raoult et de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection qu’il dirige à Marseille. Le tout [condescendant?] sur fond de soupçons de conflits d’intérêts. Parmi la multitude de publications, nous en avons sélectionné deux [sur quels critères? la démonstration ne risque-t-elle pas d'être biaisée à la base?], extrêmement [expression de rancoeur] virales sur Facebook.

[A l'inverse,
la macronie et sa presse se mobilisent pour diffamer le chercheur : video]
Cabale et chasse aux infox

Ce que disent les rumeurs
 
[qualification partisane de l'information non officielle]

Dans un premier texte [références?], il est notamment écrit [qui l'auteur?] qu’Yves Lévy aurait inauguré [le document s'exprime-t-il au conditionnel?] le laboratoire P4 de Wuhan "d’où le virus est sorti", que celui-ci était en conflit avec Didier Raoult et qu’il a refusé des labels à son établissement, l’IHU de Marseille.

Le deuxième texte [même remarque sur la fiabilité des assertions du Monde] vise à son tour Yves Lévy, mais également Agnès Buzyn qui, "au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses".

Ces publications ont un but : prouver que Didier Raoult a trouvé avec la chloroquine (il s’agit en réalité [qui dit le contraire?] de l’hydroxychloroquine, un de ses dérivés) le remède pour lutter contre le nouveau coronavirus, et que le couple Yves Lévy-Agnès Buzyn aurait agi pour le décrédibiliser. Encore faut-il le prouver [observation valable pour tous... Assma Maad passe à l'offensive à visage découvert]. Ici, les techniques sont bien connues [suggestion de complot, vs déni]: mêler de vraies informations avec des faits détournés, voire inventés. Les peurs et incertitudes engendrées par cette épidémie assurent à ces diatribes un succès certain [on a tout: méthode incriminée, motivations suspectes et mensonges: on attend toujours les preuves].

Yves Lévy était-il en conflit avec Didier Raoult, au point de "retirer leur label aux nouvelles unités de l’IHU de Marseille en 2018" ? Les Décodeurs est maintenant dans la peau d'Yves Lévy]

PLUTÔT VRAI
Yves Lévy est un médecin reconnu [D. Raoult est-il un professeur internationalement écouté?], spécialiste dans le domaine du VIH [rapport? On parle en fait de virus extrêmement différents et Mme Maad suggère une similitude avec les porteurs du sida: il suffisait d'évoquer sa compétence en virologie ]. En 2014, il a pris la tête de l’Inserm [en fait, il y est nommé par décret du président Hollande en Conseil des ministres]. Cette institution est placée sous la cotutelle des ministères de la santé et de la recherche [Mme Fiorasso]. Lorsque sa femme, Agnès Buzyn, a été nommée ministre de la santé en mai 2017, des soupçons de conflits d’intérêts ont émergé. Dès la prise de fonctions de cette dernière [sous la pression de la "rumeur" et des media], un décret avait été pris pour retirer au ministère de la santé la cotutelle de l’Inserm. Mais la situation a continué à créer l’embarras, poussant M. Lévy à retirer en 2018 sa candidature pour un second mandat. [l'anguille sous roche macronienne était délogée]

Entre Didier Raoult et Yves Lévy, il y a bien eu un différend. L’infectiologue marseillais a été l’un des premiers à dénoncer un possible conflit d’intérêts entre l’Inserm et le ministère de la santé. Il s’est aussi montré très critique envers l’institution, comme l’explique le journaliste Hervé Vaudoit, auteur de L’IHU Méditérranée Infection. Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (éd. Michel Lafon, 2018) : "Avec des articles (…) pour déplorer que l’Inserm ait, depuis trente ans, fait sortir la recherche médicale des hôpitaux universitaires, il pouvait difficilement espérer le soutien indéfectible d’Yves Lévy."

Le conflit s’est cristallisé autour des statuts et labels [et de ce q'ils impliquent] de l’IHU de Marseille [financé par l'ANR, notamment dotée par l'Etat]. Ces instituts hospitalo-universitaires bénéficiaient, depuis leur création en 2010, d’un statut de fondation de coopération scientifique, qui leur accordait une large autonomie et liberté de recherche. Or Yves Lévy plaidait pour l’abandon de ce statut, selon le journaliste Hervé Vaudoit [Les Décodeurs le met en cause, sinon il écrirait "précise H. Vaudoit"]. Quand Mme Buzyn a annoncé [sans colère aucune, s'agissant d'elle] vouloir changer ce statut en septembre 2017 [peut-on préciser le motif, au cas où?], l’annonce a provoqué la colère de M. Raoult, qui s’en est ému [euphémisme moqueur] dans la presse. Matignon a été contraint d’intervenir.

Autre motif de courroux [indignation?], en 2018 [A. Buzyn est ministre depuis mai 2017], l’Inserm et le CNRS [sous tutelle de qui ?] ont retiré leur label aux unités de recherche de l’IHU de Marseille. Une conséquence de cette bataille engagée entre les deux hommes, selon le camp Raoult [à juste titre?]. L’Inserm explique au Monde que cette décision n’émanait pas d’Yves Lévy seul [toute la nuance est dans le mot "seul"!]:

"Les projets d’unités de recherche sont évalués par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, puis par les instances d’évaluation de l’Inserm : commissions scientifiques spécialisées et conseil scientifique. Ces dernières émettent un avis sur lequel la direction de l’Inserm se base pour accepter ou non la création ou le renouvellement de l’unité avec un label Inserm. La décision a été prise à la suite du processus décrit." ["selon" l'Inserm ou "selon" Le Monde?]

En outre, la même année, un autre organisme de recherche, le CNRS, a également retiré son label aux unités de l’IHU dirigé par M. Raoult. Or, le CNRS [à la différence de l'Inserm] n’a jamais été dirigé par M. Lévy [Et par qui alors ? Il est placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et du ministère... des Solidarités et de la Santé]
Au final, la question sans réponse des Décodeurs était plutôt de savoir si le professeur Raoult et son IHU ont été menacés d'étouffement par le couple Lévy-Buzyn.  La démonstration du Monde plaide en faveur de "VRAI"

Yves Lévy a-t-il participé à l’inauguration du laboratoire P4 à Wuhan "d’où le virus est sorti" ?

A NUANCER [!]
Un laboratoire P4 est un établissement de haut confinement consacré à l’étude des micro-organismes "pathogènes de classe 4", c’est-à-dire très dangereux. En Chine, ce centre de recherche, sis à Wuhan [aucun rapport avec la propagation du Covid-19?], a été conçu en coopération avec la France, au lendemain de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère de 2003.
Un accord entre les deux pays a été signé en 2004, afin de développer la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses émergentes. Le projet a été mené en collaboration avec le laboratoire P4 Inserm Jean-Mérieux à Lyon. L’inauguration s’est déroulée le 23 février 2017 en présence du premier ministre d’alors, Bernard Cazeneuve, et d’Yves Lévy, qui faisait partie de la délégation française.

Jusque-là [on aime cet aveu du bout des lèvres !], les publications Facebook disent vrai. Mais elles tombent dans le complotisme [sic] lorsqu’il est écrit que le nouveau coronavirus serait né dans ce centre de recherche chinois [Les Décodeurs apporte-il la preuve du contraire?], situé à Wuhan, la ville où est apparu le SARS-CoV-2. Les chercheurs du laboratoire P4 de Wuhan ont démenti cette fausse information [est-ce encore une preuve?]: "Ces rumeurs ont gravement nui à nos chercheurs, en première ligne, et sérieusement perturbé notre mission de recherche pour combattre l’épidémie." [citation qui n'apporte rien sur le fondement de la "rumeur"]

L’Inserm précise d’ailleurs [connivence d'Etat ?] que "les coronavirus sont des agents pathogènes de classe 3 et pas de classe 4 : il n’y a donc pas de nécessité de les étudier dans un laboratoire P4" [donc le coronavirus n'a pas muté ??]. Les travaux se poursuivent toujours pour déterminer avec certitude l’origine de ce nouveau virus [Les Décodeurs assure en revanche que le lien n'existe pas]. Mais comme l’indique [Le Monde indique ici de quel côté il se situe] l’Institut Pasteur, il est très probablement d’origine animale [une probabilité n'est qu'une hypothèse scientifique?]Ensemble "à nuancer", pour ne pas dire "faux".

Agnes Buzyn a-t-elle classé la chloroquine dans les substances vénéneuses le 13 janvier, "alors que l’épidémie se répandait en Chine"?

L’ancienne ministre de la santé est accusée [tournure passive complotiste qui dissimule les identités des accusateurs et prudence journalistique] d’avoir barré volontairement l’accès à l’hydroxychloroquine, "alors que cela fait cinquante ans qu’elle est en vente libre". Les auteurs de ce message [que ne le cite-t-on encore pas?] s’interrogent : "Comment ne pas voir aussi le conflit d’intérêts avec la décision d’Agnès Buzyn qui, au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses ?"

FAUX
Un arrêté a bien été pris le 13 janvier [par qui? Merci la tournure passive !] afin de modifier la liste des substances vénéneuses, des substances aux principes actifs dangereux pour la santé [pour quel motif avoué ??]. L’hydroxychloroquine est depuis en effet "classée sur la liste II". Vendue sous la marque Plaquenil, le médicament est délivré désormais obligatoirement sur ordonnance.

Mais Agnès Buzyn n’a pas agi en pleine épidémie de Covid-19 [la belle affaire! Elle a simplement été mue par l'hostilité du milieu médical parisien contre le Marseillais, ce qui  justifie les accusations à l'encontre du couple et de leur cercle de confrères]. Cette décision n’a pas été prise en début d’année, mais quelques mois avant [ce calendrier ne change rien à la réalité de la cabale anti-Raoult]. L’Agence nationale de sécurité sanitaire avait donné son feu vert à cette nouvelle classification le 12 novembre, quelques semaines avant l’apparition du nouveau coronavirus [L'ANSES est placée sous la tutelle des ministères de la Santé, de l'Agriculture, de l'Environnement, du Travail et de la Consommation].
[Au total, rien ne permet donc au Monde de juger fausse l'accusation d'un ciblage de la chloroquine par le couple Lévy-Buzyn: bien au  contraire, les intervenants sont en lien de dépendance avec le ministère de la Santé].

Agnès Buzyn a-t-elle déclaré que "ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède" ?

FAUX
"Il y a quelques semaines, Agnès Buzyn a dit avoir su que ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède", lit-on sur les réseaux sociaux [coup de grâce: ils ne répondent à aucune contrainte des autorités et des chapelles, à la différence des organes de presse subventionnés]. Cette phrase n’a jamais [sic] été prononcée telle quelle [italiques de l'auteur] par l’ancienne ministre. Il s’agit d’une interprétation de ses "regrets" [et du mot "tsunami" qu'elle a prononcé] rapportés dans un article du Monde publié le 17 mars. Celle qui avait quitté [été exfiltrée] son ministère pour être candidate [de substitution] à la Mairie de Paris, après le retrait [à dire vrai, une démission] de Benjamin Griveaux, avait confié, deux jours après le premier tour des municipales : "Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous."



Dans un billet publié par Marianne le 18 mars, un avocat a commenté ses déclarations en employant le terme d’hécatombe : "On peut déduire de ses propos le caractère criminel du comportement des décideurs publics dont c’était la responsabilité de prendre toutes les mesures permettant d’affronter la catastrophe et d’éviter une hécatombe." Ce texte a été très relayé sur Facebook, et repris dans d’autres messages. Contactée par Le Monde, l’équipe d’Agnès Buzyn a indiqué que cette dernière avait "repris son activité de médecin le temps de la crise", et que "la campagne est suspendue ainsi que toute activité de communication liée".
Puisque Mme Saad lit Marianne, ce passage du même article (18 mars 2020) n'a pu lui échapper et nous rappelons à ses lecteurs d'autres des propos de la ministre, ci-dessous]

Il n’existe toujours pas de "remède" [agréé] contre le nouveau coronavirus [la nuance, c'est que sa prescription n'est pas interdite]. Le traitement à base d’hydroxychloroquine, préconisé par Didier Raoult dans son essai clinique, divise encore. Actuellement, le Haut Conseil de santé publique recommande de ne l’utiliser que dans les cas sévères de Covid-19, à l’hôpital et avec l’avis des médecins.

Plus d’une centaine d’études sont en cours ou en passe d’être lancés dans le monde pour trouver un traitement contre le Covid-19. Un essai européen de grande envergure coordonné par l’Inserm, Discovery, a démarré le 22 mars. Les résultats préliminaires devraient être connus d’ici environ deux semaines.
["Hécatombe" ou "tsunami", rien qui autorise Le Monde à accuser qui que ce soit de mensonge.]

Non, "Le Monde" n’a pas qualifié de «'fake news' les recherches du professeur Raoult sur la chloroquine
Le 16 février, le professeur Didier Raoult diffusait une vidéo sur YouTube et sur le site de l’institut qui l’emploie (l’IHU Méditerranée Infection) dans laquelle il expliquait l’état de ses recherches et l’espoir qu’il mettait dans un traitement à base de chloroquine contre le coronavirus.

Cette vidéo était intitulée "Coronavirus : fin de partie". Nous avons qualifié ce titre de « trompeur » et l’avons signalé comme tel à Facebook, avec qui nous avons noué un partenariat de lutte contre les fausses informations. A aucun moment nous n’avons parlé de « fake news » comme le prétend M. Raoult aujourd’hui.

L’article que nous avons écrit relatait les recherches de M. Raoult (qui estimait alors "que le coronavirus était l’infection la plus facile à traiter") [précisons -puisque Le Monde s'en garde -  que le professeur évoquait le Covid-2, tout en enjoignant à nos lecteurs d’avoir « une lecture prudente de cette annonce ». Cette évaluation n’a pas abouti à une quelconque censure de la vidéo de M. Raoult, mais à une simple mise en garde à l’attention des utilisateurs de Facebook avant qu’ils décident de la visionner.

Le professeur Raoult s’est ému [il est très émotif ?] du fait que nous ayons signalé sa vidéo – et en l’occurrence son titre – par la voix du chargé de communication de l’IHU Méditerranée Infection. Ce dernier a cependant convenu que le titre d’origine pouvait poser problème, et l’a remplacé par un autre, plus mesuré. Cette rectification nous a amenés à retirer notre avertissement sur la vidéo.

Plus largement [sic] Didier Raoult a relativisé à plusieurs reprises aux mois de janvier et février 2020 la portée de l’épidémie en cours : "Ce virus n’est pas si méchant", déclarait-il notamment au JDD début février. [Il évoquait la pandémie causée par le coronavirus SARS-CoV-2 (SRAS) - 7 cas et un décès en France - en 2002-2003 et syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) à partir de 2012) - niveaux 3 ou 4 de dangerosité et moins de 100 décès pour moins de 1.000 cas - qui n'a donc pas eu la virulence du Covid-19].

[Vendredi 17 janvier, Macron s'est fait repérer au théâtre des Bouffes du Nord de son ami Jean-Marc Dumontet et le spectateur qui a relayé sa présence a été placé en garde à vue dans la nuit pour "outrage" et "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations" : le président avait dû se faire exfiltrer avec son épouse]. 
[Si le président ne croyait pas au risque d'épidémie et faisait le matamore, le chercheur marseillais, quant à lui, avait confiance aux vertus de la hydroxychloroquine] 

Assma Maad [qui n'est pas responsable des couleurs, ni de la video, des tweets ou capture]...
Image
Le professeur est le co-fondateur de l'institut "qui l'emploie" !...


jeudi 26 mars 2020

Coronavirus : patients pris en otages par les rivalités entre le milieu médical parisien et Didier Raoult, le Marseillais

Histoire d'une détestation réciproque

"Il n’était pas bon soldat, cela ne plaisait pas"

Les photos choisies par Marianne conditionnent le lecteur:
le Bien, le pouvoir central, à droite,
confronté, au Mal, la Région, à gauche 
"Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament." 

Didier Raoult et le milieu médical, 
Publié le 26/03/2020 à 08:01
Il est l'homme dont tout le monde parle. Celui qui suscite toutes les théories, même les plus complotistes. Ce mardi 24 mars, il a encore créé l’événement. Alors que le gouvernement a donné son accord pour étendre les essais cliniques sur la chloroquine, dont il dit qu'elle soignerait le coronavirus, le professeur Didier Raoult s'est mis en retrait du Conseil scientifique, et s'en explique à Marianne : "Je parle toujours au président de la République et respecte les institutions, mais nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes avec le Conseil scientifique, qui souhaite attendre six semaines pour avoir les résultat des études cliniques sur la chloroquine..."
La polémique sur les possibles bâtons dans les roues reçus par le professeur marseillais des plus hautes sphères de l’État va enfler. Forcément. Et si cela avait pu ralentir l’émergence d’un potentiel traitement du Covid-19 ? Sur les réseaux sociaux, dans des chaînes d'e-mails qu'on se transmet d'un rapide copier-coller, la relation entre l'iconoclaste infectiologue et le couple Agnès Buzyn-Yves Lévy, longtemps aux commandes du ministère de la Santé et de l’Inserm, agite les fantasmes. Non, la chloroquine n'a pas été classée comme vénéneuse parce qu'il fallait faire taire le médecin franc-tireur. En revanche, il ressort de l'enquête de Marianne que les rapports entre le scientifique et le milieu médical parisien confinent effectivement à la détestation. Ce qui ne facilite pas les rapports de travail.

DES CRITIQUES ANCIENNES CONTRE L'INSERM

Chez Didier Raoult, il n'y a pas que le style - à mi-chemin entre Panoramix et Gandalf - qui est iconoclaste, il y a aussi la pensée. Toutes les sources interrogées l'affirment : l'homme de 68 ans méprise les "médecins parisiens donneurs de leçon" autant que le "système" de recherche médicale qu'ils incarnent. Le Marseillais, qui ne cultive pas la modestie et se targue d'être le numéro un mondial dans sa catégorie selon un classement du site "Expert scape", a un "goût prononcé pour l'irrévérence et l'affrontement", souffle l'un de ses proches. Le cocktail adéquat pour ne pas s'entendre avec Yves Lévy, PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale de 2014 à 2018, époux de l'ex-ministre Agnès Buzyn et sommité si représentative du milieu de la recherche médicale parisienne. Car l'Inserm, pour Raoult, c'est l'establishment médical par excellence. Qu'il exècre.
Depuis de nombreuses années, le chercheur attribue à l'institution la perte d’influence de la recherche médicale française dans le monde. A partir de l'arrivée à sa tête d'Yves Levy, Raoult a même redoublé de violence à l'égard de l'Inserm. Ses tribunes dans la presse en sont pleines : "De Gaulle créa l'Inserm. Hélas ! Les structures dérivent et les CHU ont fini par oublier que la recherche était un élément essentiel de leur existence." (Le Point, septembre 2016) ; "L'Inserm recrute essentiellement des fondamentalistes qui ne sont pas des praticiens du soin. Il faudrait donc, soit réformer l'Inserm, soit créer un nouvel institut afin de recruter des 'infirmières scientifiques'" (Le Point, janvier 2017) ; "Tant que le même candidat à un poste de chercheur se présentera à la fois au CNRS et à l'Inserm, le paysage ne sera pas clarifié. Et la recherche médicale continuera à décliner, comme les chiffres." (Les Echos, avril 2017).
Dans un livre paru ce lundi 23 mars, Épidémies : vrais dangers et fausses alertes (Michel Lafon), il juge que lorsque des données importantes lui sont adressées, "l’Inserm fait un rapport un an et demi plus tard". Sa conclusion ? Cruelle, forcément : "Il est d’ailleurs passé à côté de toutes les surcauses de mortalité pendant trente ans." Aujourd'hui, il nous précise sa pensée : "L’Inserm ne finance pas la recherche médicale, mais la recherche à propos de la médecine. Il y a un problème de fond derrière cela, que j'ai mis en lumière."
Cette façon de penser n'a guère plu à Yves Levy. Mais en réalité, les divergences entre le Gandalf de la médecine marseillaise et l'immunologue parisien de 62 ans remontent à plus loin. A leurs domaines de recherche. Voilà des années que Didier Raoult critique l'engagement de fonds colossaux dans la recherche d'un vaccin contre le Sida. "C'est un fantasme qui a coûté des milliards et qui n'arrivera pas : Yves Lévy a été scandalisé que je le dise", explique aujourd'hui à Marianne l'infectiologue, pour qui les propriétés spécifiques du virus VIH rendent cette recherche illusoire. Or, le traitement contre le VIH, c'est justement le domaine d'expertise d'Yves Lévy depuis le début de sa carrière. Ce dernier n'a, pour l'heure, pas répondu à nos sollicitations.

LA QUERELLE DES IHU

Le conflit entre Yves Levy et Didier Raoult prend un tour plus personnel à l'occasion d'une tentative de réforme des statuts des instituts hospitalo-universitaires (IHU). L'infectiologue dirige celui de Marseille. Créés en 2010, les IHU incarnent un modèle de recherche médicale pour lequel le Marseillais a longtemps manifesté son attachement : dans un rapport au ministre de la Santé d’avril 2003 qu'il conclut en affirmant que nous sommes "un des pays les moins bien préparés à un problème d’épidémie massive", le médecin en appelle à la création de telles structures, extraites des carcans de la recherche médicale en vigueur. Le fonctionnement des IHU ? Ils profitent du statut de "fondation" pour obtenir des financements privés et une plus grande liberté de recherche par rapport à l’État.
Mais l’arrivée d’Agnès Buzyn au ministère de la Santé en 2017 bouleverse les choses : si, déjà, le soupçon du conflit d’intérêts plane sur elle parce que son époux Yves Lévy dirige l’Inserm, une décision interministérielle du 2 octobre 2017 enfonce le clou. La ministre décide de torpiller les IHU en les transformant en groupements d’intérêt public (GIP). Concrètement, il s'agit de mettre fin au modèle "fondation" des IHU, et d'abaisser leurs crédits de 400 à 200 millions d’euros. Le tout selon les critères souhaités par son mari Yves Lévy, qui voulait la peau des IHU et comptait les ramener dans le giron de l’Inserm, comme le Canard enchaîné et Marianne le révélaient à l'époque dans de longues enquêtes.
C’est là que Didier Raoult se rebiffe publiquement. L'infectiologue n’hésite pas, alors que le couple Buzyn-Levy est au faîte de sa puissance, à dire ce qu'il pense dans les médias. "Les IHU sont un enjeu d’autorité et de territoire pour Yves Lévy. Il voudrait les diriger depuis Paris", déclarait-t-il sans détour auprès de Marianne. Si la décision a suscité la colère de nombreux chercheurs, c’est bien Raoult qui est monté en première ligne, déclarant la guerre. Il persiste et signe aujourd'hui : "Yves Lévy donnait des ordres à tout le monde, il croit qu’il peut nous faire obéir. Les grands scientifiques n’obéissent à personne."
Sur la question du conflit d'intérêts impliquant le couple Buzyn-Lévy, la ministre aura alors la réponse toute trouvée : ce n’est pas son ministère mais Matignon qui a opéré cette décision. La même pirouette qui lui avait permis, à son arrivée à la Santé, de balayer d'un revers de la main les critiques en annonçant qu’elle se déporterait de tout dossier concernant l’Inserm.

"TENSION ENTRE PARIS ET LA PÉRIPHÉRIE"

Raoult aura finalement gain de cause. Le 6 octobre 2017, le neurologue suisse Richard Frackowiak, président du jury international des IHU, censé sélectionner les projets et attribuer les subsides, démissionne avec fracas pour dénoncer ce changement du mode de gouvernance des IHU : l’indépendance du jury est remise en cause à ses yeux. Il explique aujourd’hui à Marianne : "J’avais vu les liens entre le ministère et l’Inserm. J’ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position était intenable."
"Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament."
Le professeur se souvient du conflit en gestation avec Yves Lévy : "Ce que Didier Raoult défendait à l’époque face à Yves Lévy, c’était l’idée de centres d’excellence en dehors de Paris." Richard Frackowiak insiste sur la "tension entre Paris et la périphérie" qu’il dit voir alors : "On discerne le même genre de choses aujourd’hui dans les attaques que reçoit l’IHU de Marseille des médecins parisiens, alors qu’ils ont raison d’agir ainsi." Il tient à nous livrer une anecdote : "Je me souviens des propos véhéments contre la personnalité iconoclaste de Raoult. Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament. Il n’était pas bon soldat, cela ne plaisait pas." Didier Raoult peste en effet contre l'hyper-centralisation de la recherche médicale qui contribue, selon lui, au retard du pays dans le domaine. Interrogé, il ne peut s'empêcher une punchline égo-centrée : "Ce pays a un problème depuis quelques années, pas avec moi, mais avec les stars en général. Il fait chier les bons. C’est un vrai problème. Moi je m'en fiche, ma cour de jeu n'est pas la France mais le monde."

LA QUERELLE DES LABELS

Tensions entre Paris et la périphérie. C’est dans ce contexte que débute l’année 2018, et le transfert des laboratoires de recherche du professeur Raoult dans le nouvel IHU de Marseille. Il réorganise ses pôles de recherche et doit alors obtenir leur labellisation venant des grands établissements publics scientifiques, un gage d’excellence. Sauf que, en plus de l'affaire du statut des IHU, l’année 2017 a été émaillée d’accusations de harcèlement à l’IHU de Marseille, avec des remous médiatiques et le passage des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'Inserm et du CNRS, notamment.
Sur la base de ces événements, Yves Lévy dit vouloir analyser méticuleusement la labellisation des unités de recherche de Didier Raoult. Ce dernier ne reçoit pas le label de l'Inserm, huit ans après avoir remporté le grand prix de l'institut en 2010. Une vengeance après l’échec de la réforme des IHU ? "Yves Lévy a toujours détesté Raoult et n’a pas supporté cet échec, il s’est servi de ces accusations de harcèlement contre des membres de l’équipe de Raoult pour le décrédibiliser auprès du monde scientifique", estime le journaliste Hervé Vaudoit auteur du livre-enquête L’IHU méditerranée infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (Michel Lafon).
Par ailleurs, l’inauguration du nouvel IHU de Marseille en mars 2018 se fera sans la présence ministérielle d’Agnès Buzyn. Lorsqu'elle était en poste, la candidate à la mairie de Paris a toujours ignoré l'infectiologue. "J'ai demandé des rendez-vous, on m'a répondu que la ministre n'avait pas le temps", raconte-t-il.
"A cause des critiques qu'il lui a portées, Yves Lévy a toujours détesté Raoult."
Ces querelles auraient-elles un lien avec le classement de l’hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses en janvier 2020 ? Didier Raoult assure que ce médicament est efficace contre le Covid-19. Dans l'esprit de certains internautes un brin paranos, cela ne fait donc aucun doute. Mais les faits montrent qu’il s’agit surtout d’un curieux hasard : cette décision a été motivée par une demande de l’ANSM de 2018 pour faire classer l’hydroxychloroquine au même standard que la chloroquine, molécule dont elle est dérivée. Pour Didier Raoult, il est "sidérant, estomaquant" de classer ainsi l'hydroxychloroquine au niveau d'une drogue. Pour autant, "le savant ne se risquerait pas à établir un lien de causalité" entre cette décision et ses recherches sur la molécule, nous fait-il savoir.
En réalité, c'est surtout l’absence de labellisation de l'IHU marseillais par l'Inserm et le mépris affiché par Didier Raoult à l'encontre du monde de la recherche médicale qui peuvent en partie expliquer l'indifférence avec laquelle l'annonce réalisée par l'infectiologue le 25 février dernier a été accueillie. Ce jour-là, il affirme que des résultats sur la chloroquine sont "prometteurs". Telle est du moins l'analyse d'Hervé Vaudoit : "Cette absence de labellisation et le profil atypique de Didier Raoult ont créé les conditions du tir de barrage reçu par ce dernier de la part de ceux qu'il appelle les 'médecins parisiens' et les journalistes établis au moment où il évoque la chloroquine."

ICONOCLASTE

Les "décideurs parisiens", justement, attendront presque un mois pour intégrer l'hydrohychloroquine à un test clinique européen, le 22 mars. Ironie du sort : c'est l'Inserm (dont Yves Lévy, qui a obtenu le Conseil d'Etat entre-temps, n'est plus le PDG depuis octobre 2018) qui conduira le test pour la France. Égal à lui-même, Didier Raoult réagit au quart de tour : "L'Inserm, aujourd'hui, je m'en fous." Avant de déblatérer sur le Conseil scientifique : "Je suis trop occupé pour passer deux heures à écouter des couillonnades. Il faut faire des choses efficaces si c'est une guerre. Faire une étude dont on aura les résultats dans six semaines, nous sommes avec des fous."
La conclusion de cet étrange feuilleton en milieu médical est suspendue à la révélation finale de l'efficacité de la chloroquine. "Si la molécule fonctionne, pourquoi les familles des victimes ne pourraient-elles pas questionner juridiquement les raisons du retard à l'allumage du gouvernement ?", conclut un proche de Didier Raoult. Sûr de la force de son champion. A croire que l'orgueil est un virus contagieux.