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mercredi 20 mars 2019

Sondage BFMTV-Elabe : 84% des Français condamnent les violences de l'ultra gauche, samedi dernier

A l'instar de Macron, Elabe et BFMTV mélangent les torchons et les serviettes

Pourtant spécialistes de l'instrumentalisation, les comparses ne distinguent pas les casseurs et les Gilets jaunes


Ils font se prononcer les Français sur des bases fausses.
Quelle différence d'intention avec les fake-news ou un complot anti-social, quand l'entreprise commerciale de sondage Elabe - en recherche de respectabilité introuvable en se qualifiant d' "institut" - a "exploré" [sic] l'évolution de la perception que les Français ont des gilets jaunes après la mobilisation particulièrement mouvementée de samedi dernier. A chaud et en contexte non représentatif, puisque les manipulateurs décrédibilisés assuraient que le mouvement s'essoufflait. Les pompiers professionnels savent quant à eux qu'un feu peut couver, mais que la reprise d'un vent de colère peut enflammer la zone inondée (de gaz lacrymogène). Les élites autoproclamées sont en revanche aveuglées par leur auto-suffisance condescendante et les arrogants néophytes se sont fait encercler par les flammes.

L'approbation du mouvement reste majoritaire (53%), mais BFMTV ne fournit pas ce chiffre.
Si la chaîne de Drahi occulte cette information issue d'une enquête qu'elle a pourtant elle-même financée, Elabe établit une comparaison avec la mobilisation  qui devait signer la mort du mouvement et peut ainsi annoncer une baisse de 8 points. 
Mais celles-ci importent peu face aux plaintes des commerces de luxe des Champs-Elysées. Casser des vitrines de bijouterie-joaillerie-horlogerie, de téléphonie ou de banques, c'est s'en prendre respectivement à Bernard Arnault et donc au groupe LVMH (Brigitte Macron est un cintre de Vuitton), à la maison de couture Christian Dior, à Chaumet, Bvlgari ou Fred, et et aux journalistes de Les Echos, Investir, Le Journal des Finances, Radio Classique et le quotidien Le Parisien : pourquoi, croyez-vous, Jannick Alimi est-elle si virulente ? la famille Pinault et donc aux marques de luxe Gucci, Yves Saint-Laurent, Boucheron, etc , comme au magazine Le PointPatrick Drahi (Altice France est (co-)propriétaire de plusieurs media dont Libération, L'Express, BFM TV et RMC) et Alain Weill (NRJ, Chérie FM, Nostalgie et Rire et Chansons)) qui détiennent entre autres BFM Business, RMC Story, RMC Découverte, BFM Parisà Free et à Xavier Niel, donc au groupe Le Monde, comme à Mediapart ou Bakchich, et Le Monde diplomatiqueTélérama, La Vie, Courrier internationalau banquier Matthieu Pigasse et encore au Groupe Le Monde (et au Huffington Post).
Cette presse insiste donc sur des "chutes" cycliques,  sans jamais constater de rebond de participation, comme le 16 mars pour l'Acte XVIII pourtant annoncé comme un "ultimatum" au pouvoir autiste.

Ils sont 70% à juger que les manifestants ont pris leurs distances - non pas avec les Gilets jaunes radicalisés - mais avec les premières revendications sociales et politiques de l'ensemble. 

Les mouvements inscrits dans la durée, après avoir éclos spontanément, depuis la base et sans encadrement politique ou syndical, s'exposent toujours à une perte de vue leurs aspirations originelles. Soit dérive, soit évolution selon les circonstances, les objectifs initiaux peuvent changer ou se perdre en route. A plus forte raison quand une mobilisation est historique en dépassant quatre mois. 
Selon ce sondage Elabe "L'Opinion en direct" que diffuse BFM ce mercredi matin, 6% de Français ont le sentiment que les manifestations de gilets jaunes se sont éloignées de leurs premières revendications, en quasiment un mois, par rapport au 13 février dernier. Ils sont 30% à affirmer au contraire que les mécontents campent fermement sur leurs volontés initiales.

Recueillir par Internet le ressenti des sondés n'est pas très scientifique.
Elabe évoque une "impression générale d'éloignement"... 
L'impression que les gilets jaunes se seraient "dégagés de leurs buts de novembre dernier est générale," assure la chaîne d'info en continu. Elle est particulièrement forte chez les personnes de 65 ans et plus qui en font part à hauteur de 81%, et les classes sociales supérieures - sans surprise - avec un score de 73%. L’opposition et l’hostilité au mouvement est la plus forte chez les sympathisants de La République en Marche (73%, -1). On ose espérer que le quota de députés LREM ou de hauts-fonctionnaires est infinitésimal...

Géographiquement, cette analyse est très partagée dans l'agglomération parisienne, 75% des Franciliens se prononçant en le sens du questionnaire Elabe, et parmi les populations des grandes agglomérations, avec à nouveau un taux de 73%.


Comme le "grand débat" de Macron retransmis semaine après semaine est un lavage de cerveau, les images des chaînes d'info en continu pèsent sur l'opinion

En république, ce diagnostic est presque unanime dans le paysage politique, si on examine la question électorat par électorat. 90% des Français proches des Républicains pointent cet éloignement supposé. 88% des sympathisants de La République en marche en font autant. 68% des Français sans affiliation partisane, et une proportion égale de socialistes, le disent également. Même au sein des familles politiques les plus favorables au mouvement, on reconnaît majoritairement cette évolution: 61% des électeurs du rassemblement national et 56% des partisans de la gauche non socialiste, dont bien sûr ceux de la France insoumise. La violence fait le buzz mais les sympathisants du mouvement se désolidarisent-ils des Gilets jaunes ou de l'ultra-gauche ?

Classes moyennes et retraités prennent leurs distances
Les mesures gouvernementales qui filtrent ne s'adressent pas à eux. Si ré-indexation des retraites il doit ainsi finalement y avoir, elle ne concernera qu'un frange infime des retraités.

Mais ne nous y trompons pas: cette prise de distance avec les origines ne se traduit nullement par un isolement des gilets jaunes vis-à-vis du reste de la population. L'approbation du mouvement est toujours majoritaire parmi les Français bien qu'un glissement significatif se soit évident opéré à chaud ces derniers jours. Ainsi, 53% de sondés volontaires par Internet approuvent le mouvement, soit qu'ils le "soutiennent" soit qu'ils aient de la "sympathie" pour lui, rappelons-le !  En revanche, 35% des Français, en hausse de sept points, se disent opposés ou hostiles aux gilets jaunes désormais. 12% assurent être indifférents. 

Le soutien des classes populaires ne se dément toujours pas. 
65% accordent toujours leur soutien aux manifestants, en baisse de deux points à peine. Le trou d'air se situe ailleurs. On l'observe en premier lieu au sein des classes moyennes où l'approbation tombe à 49%, après une perte de cinq points. Les personnes âgées sont plus craintives encore, n'étant plus que 44% aux côtés des gilets jaunes, après un décrochage de 16 points. Le decrescendo est important dans l'agglomération parisienne où 44% des habitants approuvent toujours le mouvement, contre 55% précédemment. 

Si on observe le prisme politique, ce sont les Français sans préférence partisane qui expriment le plus grand malaise envers les gilets jaunes présentés comme des casseurs. La cote d'approbation y passe à 53%, après un chute de 19 points. L'approbation n'est plus que de 40%, en baisse de cinq points, parmi les électeurs de LR, tandis que la désapprobation gagne 73% des sympathisants de La République en marche. Les électeurs du Rassemblement national sont toujours 69% à appuyer les cortèges, ne lâchant que deux points. La gauche non socialiste présente l'approbation la plus forte, à hauteur de 70%. 


Angle d'attaque : violences et dysfonctionnements 

Le spectacle des violences sur les Champs-Elysées le 16 mars et les commentaires - tous tendancieux, sans débat - des chaînes d'info en continu samedi dernier ont pu peser sur les impressions des Français. Le 18 mars, 84% des Français condamnent  - faut-il s'en étonner - les violences (leurs auteurs ne sont pas identifiés) et 28% les comprennent, 17% les condamnant et les comprenant à la fois. Condamner les violences n'équivaut pas à condamner les Gilets jaunes: dans leur malveillance durable, Elabe et BFMTV ne portent pas leur attention sur les auteurs des troubles. 

L'institut Elabe a interrogé son panel sur des sujets plus vastes encore. 
Et il apparaît que le tableau de la situation est sombre lorsque les Français sont dirigés dans leur description. Ils sont 67% à déclarer que la démocratie fonctionne mal en France, dont 20% très mal. Ce niveau atteint même 74% au sein des classes populaires, ce qui valide l'action des Gilets jaunes pacifistes,  et 88% parmi les électeurs de Marine Le Pen et 75% parmi ceux de Jean-Luc Mélenchon. 
74% de nos compatriotes posent enfin que les inégalités sociales se sont aggravées ces dernières années. Les violences de l'ultra-gauche n'apportent rien de plus dans ce domaine.

Sondage Elabe pour BFMTV réalisé sur un échantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 18 et 19 mars 2019.

On attend l'enquête Elabe consacrée au "sentiment" des Français sur la responsabilité du pouvoir macronien dans la gestion irresponsable de l'Acte XVIII...

Castaner sur un siège éjectable : la presse a déjà le doigt sur le bouton

Castaner, un bon bilan à l'Intérieur ? "Pas sûr", estime Jean-Michel Aphatie  

Le limogeage de Michel Delpuech à la suite de la foirade de Castaner, son donneur d'ordre, est une lâcheté de l'exécutif

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"Casta m'a tuer" !
Les annonces négligées d'un regain de participation et de promesses de violences mettent en évidence l'incurie du ministre de l'Intérieur. Les "mesures fortes" frappant les subalternes de l'irresponsable Christophe Castaner ne masquent pas les négligences de sa gestion condescendante de l'Acte XVIII des Gilets jaunes infiltrés par l'ultra-gauche

Mercredi matin, le préfet de police Michel Delpuech est officiellement remplacé par Didier Lallement, le préfet d'Aquitaine. Un changement annoncé lundi par Edouard Philippe, dans la foulée des émeutes parisiennes sur les Champs-Elysées. L'éditorialiste Jean-Michel Aphatie met l'entière responsabilité sur le compte d'une mauvaise communication entre les différentes pièces de la maison police dont Castaner a la charge...

"Le limogeage de Michel Delpuech est mille fois justifié, commente le suppôt du pouvoir et caisse de résonance du ministère. Ce n'est pas moi qui le dit, se défend l'antenne-relais, il faut écouter Christophe Castaner, qui s'était invité mardi matin sur la radio de service public France Inter. Là, on se dit vraiment que Michel Delpuech est nul." Ce qui est énorme, si on songe que le sexagénaire est ancien préfet de Corse dont la carrière est jalonnée de fonctions sensibles sous les présidences de Jacques Chirac, puis de Nicolas Sarkozy, et de François Hollande comme préfet de Paris et de la région Ile-de-France le 27 février 2017.
 
Un règlement de comptes au sommet
D'abord, Christophe Castaner a commencé par accuser le préfet de police de n'avoir pas appliqué les consignes pour l'utilisation des forces de l'ordre, donc il a été limogé.
Mais surtout, Castaner a raconté deux histoires à propos des LBD, les lanceurs de balles de défense. Ce sont deux histoires sidérantes. On savait déjà que les policiers qui préposés aux LBD avaient été dotés de munitions courtes, moins efficaces que les munitions traditionnelles. Le jour où on attendait beaucoup de casse, le jour de l'"ultimatum", doter les policiers de munitions moins performantes est parfaitement irresponsable. Sauf pour les élus LREM, que rien n'étonne. 
Or, le 23 juillet 2018, dans l'affaire Benalla et des violences commises par les Pieds-Nicklés à la solde de Macron du 1er mai, Delpuech est entendu par la commission d'enquête de l'Assemblée Nationale. Il répond alors aux révélations du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, en niant toute implication. Il explique l'absence de réaction en rejetant la responsabilité sur l'autorité exécutive. Il y dénonce, en outre, des dérives liées, selon lui, à des "copinages malsains". Impardonnable ! D'où le limogeage en différé.
Castaner a expliqué mardi qu'il n'est ni responsable ni coupable de rien Place Beauvau

C'était un membre de l'état-major de la préfecture de police qui en avait décidé ainsi avant la manifestation de samedi, bien qu'elle ait été annoncée comme "historique". "Et le préfet de police n'était pas au courant. Quand on entend ça, on se dit qu'il n'est pas très bon," conclut Aphatie, en parlant, bien évidemment, du sous-fifre.

Alors, d'où viennent les consignes de laisser-faire dans la "chaîne de commandement" ?
Le "kéké" de Forcalquier a raconté une deuxième anecdote. Il dit : 'dimanche matin, j'étais sur le terrain et je croise un policier [anonyme et, par chance, tenu au secret professionnel] qui me prend à part et me dit que c'est dommage d'avoir donné des consignes restrictives pour l'utilisation des LBD samedi. Je suis très étonné', dit Christophe Castaner, 'parce que moi je n'ai donné aucune consigne de ce type', raconte le  joueur de poker marseillais.

Christophe Castaner raconte avoir enquêté dimanche après la manifestation et assure avoir découvert qu'il y avait une consigne à la préfecture de police d'utilisation restrictive des LBD et que Michel Delpuech n'était pas au courant. Effectivement, si le préfet de police ne sait pas ce qui se passe, il vaut mieux en changer. Et si le ministre ne s'intéresse pas à ce que fait son préfet, qu'est-ce qu'on fait ?

Le préfet de police de Paris avait-il reçu carte blanche ?

Car Christophe Castaner n'était au courant de rien non plus. Qui est le patron réel de l'administration ? Aphatie répond : "C'est Christophe Castaner, et il fait l'aveu qu'il ne sait rien de ce qui se passe à la préfecture de police. Il y a deux décisions crétines qui sont prises avant la manifestation et personne n'alerte le cabinet du ministre de l'Intérieur ? 
Le ministre de l'Intérieur n'a-t-il aucun correspondant [des yeux et des oreilles] à la préfecture de police ? Le cabinet du ministre et la préfecture de police ne se parlent-ils pas ? On se rend compte, quand on écoute Christophe Castaner, que peut-être parmi toutes les administrations françaises, celle de l'Intérieur est peut-être la plus mal gérée. Dans la période actuelle, c'est quand même un problème." 

Macron a-t-il confié à une arsouille la charge de fonctions régaliennes ? 
Certes relégué  au 11e rang, après le démission de Gérard Collomb, son prédécesseur,  numéro 2 du premier gouvernement et ministre d'Etat?

Le responsable devant le président, c'est Castaner.
Et devant le peuple, c'est Macron. 

Le préfet de police est remplacé et Christophe Castaner peut continuer à déléguer à ses collaborateurs. Alors Aphatie estime qu' "on peut se poser la question ce matin de savoir si c'est un bon bilan ou pas. Personnellement, je n'en suis pas sûr."

Si Castaner demande au premier ministre, Philippe lui répond-il : "ça va ma poule ?" 
Mais Aphatie commence à douter de l'exécutif, c'est un très mauvais signal. Quand  les rats quittent le navire.

mardi 19 mars 2019

Le pape refuse la démission de Mgr Barbarin, qui se met néanmoins en retrait

Pas de boucs-émissaires sous la pression du moment

Le pape François invoque le droit français pour refuser la démission du cardinal Philippe Barbarin

Résultat de recherche d'images pour "art bouc emissaire"Le Saint Père applique au prélat le respect de "la présomption d'innocence," a annoncé mardi le cardinal français dans un communiqué.
"Lundi matin, j'ai remis ma mission entre les mains du Saint Père. En invoquant la présomption d'innocence, il n'a pas voulu accepter cette démission", a annoncé Mgr Barbarin. A Rome, le Vatican a confirmé par communiqué que "le Saint-Père n'a pas accepté la démission présentée par le Cardinal Philippe Barbarin".

Monseigneur Philippe Barbarin reste donc archevêque de Lyon en attendant son procès en appel, mais il a précisé que son état de fatigue le contraint à se mettre "quelque temps" en retrait de son diocèse de Lyon.
Il laissera "la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten", sur "suggestion" du pape "et parce que l'Eglise de Lyon souffre depuis" qu'a éclaté voici trois ans le scandale de pédophilie du diocèse de Lyon.
"Conscient des difficultés que connaît actuellement l'archidiocèse, le Saint-Père a laissé le cardinal Barbarin libre de prendre la décision la plus appropriée pour son diocèse", ajoute le texte.

Archevêque de Lyon depuis 2002, cardinal depuis 2003, primat des Gaules (titre honorifique conféré à l'archevêque de Lyon depuis le XIe siècle), Mgr Philippe Barbarin 68 ans est de ce fait le plus haut dignitaire de l'Eglise de France. 

Un procès pour l'exemple face aux actes pédophiles
 
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Le 7 mars, Mgr Barbarin a été condamné à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles imputées au père Bernard Preynat dans les années 1980/1990 par des scouts aujourd'hui trentenaires et dont il n'avait été informé avant 2014 par une victime. 
Le cardinal a pourtant expliqué durant le procès n'avoir "jamais cherché à cacher, encore moins à couvrir ces faits horribles".

Mais le jugement considère qu'il a choisi de ne rien dire aux autorités françaises "pour préserver l'institution" de l'Eglise, empêchant ainsi "la découverte de très nombreuses victimes d'abus sexuels par la justice". 

Les avocats du religieux harcelé par les associations militantes politiques et laïques ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

Le pape argentin qui n'est pas dupes des atteintes anti-cléricales prend en compte que l'homme d'église n'est pas personnellement soupçonné d'avoir commis les actes mis en procès. Il soutient donc le cardinal français dans l'épreuve. Lorsque l'affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une démission du prélat, faisant valoir qu'elle serait "un contresens, une imprudence", avant l'issue de son procès.

Ratés de Castaner lors de l'Acte XVIII  : Macron sous le feu des critiques

Gilets jaunes  : l'exécutif poussé à se montrer à la hauteur

Edouard Philippe fera "ses propositions d’adaptation à Emmanuel Macron lundi à 11 h 30"

"Tous ceux qui étaient là se sont rendus complices de ça."
Jusque-là, ces gueux n’étaient que des antisémites, des homophobes, 

des xénophobes, des ultras de gauche et des ultras de droite.
Cette fois, pour Macron, ce sont des terroristes-casseurs-assassins.

Quatre mois après le début du mouvement social pour la défense du pouvoir d'achat contre la sur-fiscalisation incarnée par les Gilets jaunes et au moment où s’achève le grand débat national, l’acte XVIII de la mobilisation met de nouveau Emmanuel Macron sous la pression de la rue et de l’opposition laquelle dénonce "le laxisme sécuritaire" de l’exécutif. La manifestation du samedi 16 mars a été marquée par un regain de participation - multipliée par quatre, par rapport à la semaine précédente - et de violences en marge de la manifestation, principalement sur les Champs-Elysées à Paris, contraignant  le président à écourter ses vacances à la neige, une légèreté vécue comme du mépris, alors que deux manifestation avaient lieu conjointement. D'autant que la seconde, la Marche du siècle pour le climat, a détourné d'importants effectifs policiers, en plus de ceux affectés à la protection d'un palais présidentiel déserté.

Une réunion d'urgence de plusieurs membres du gouvernement, autour du premier ministre Edouard Philippe, a débuté dimanche peu après 17h30. 
Au terme de cette réunion, le gouvernement a admis des "dysfonctionnements" dans le dispositif de sécurité mis en place samedi à Paris. Edouard Philippe fera "ses propositions d’adaptation à Emmanuel Macron lundi à 11 h 30", lundi, a annoncé Matignon.
"L’analyse des événements d’hier met en évidence qu’il s’est révélé insuffisant dans son exécution pour contenir ces violences et éviter les agissements des casseurs. Il faut tirer toutes les conséquences de ces dysfonctionnements", a ajouté, mais un peu tard, Matignon dimanche.

Les éléments les plus exaspérés avaient adressé un "ultimatum" au pouvoir.
Des Gilets jaunes avaient alerté samedi sur un "regain de mobilisation" pour leur acte XVIII intitulé "l'ultimatum". Le pouvoir et sa presse - tout aussi méprisante - en avaient conclu que le mouvement s'apprêtait à vivre son épilogue. Eric Drouet, l'une des figures les plus écoutées, avait prévenu dès le soir de l'acte XVII : "Maintenant, on va passer aux choses sérieuses : l'acte XVIII arrive et ça, Macron, tu peux te méfier parce que ça va être un regain de mobilisation."

Le président Macron n'a encore pas entendu le message.
La date du 16 mars avait été annoncée depuis quelques semaines comme une journée cruciale, et ce, alors que le nombre de manifestants est en baisse constante ces dernières semaines. Selon les chiffres minimalistes du ministère de l'Intérieur, dont les Gilets jaunes ont démontré qu'ils sont justifiés à contester les interprétations malveillantes, ils étaient 28.600 manifestants en France pour l'acte XVII, soit dix fois moins - après 17 semaines - que les 282.000 du 17 novembre lors de l'acte inaugural du mouvement. 
Le Point n'a pas l'honnêteté déontologique de choisir des références révélatrices:

"Le chauffeur routier de Seine-et-Marne" (un portrait quelque peu réducteur, voire méprisant, par le magazine de François-Henri Pinault, s'agissant du "meneur" du mouvement) avait invité les sympathisants à converger vers la capitale et Castaner ne pouvait l'ignorer (sauf s'il a passé toutes ses nuits en boîte): "On attend les Toulousains avec impatience, les Bordelais, les Marseillais, les Rouennais...", évoquant même le renfort de sympathisants d'Italie, Belgique, Pays-Bas, Pologne. Le Point omet-il à dessein l'Allemagne et son "Black bloc" ou est-il incompétent ? 


Combien de fois faut-il le dire à Macron, Philippe et Castaner ?
Une autre tête connue des Gilets jaunes, Maxime Nicolle, avait promis une journée "mémorable", "un week-end à la neige parmi les plus importants depuis le début de cette mobilisation". Or, trois samedis de décembre et janvier avaient déjà donné lieu à des scènes d'émeutes urbaines, dont les images, notamment sur les Champs-Elysées, ont effaré le monde entier. 

A Paris, et suite aux dénonciations par La Haut-commissaire aux Droits de l'Homme à l'ONU, par le Conseil de l'Europe et par le Défenseur des droits en France des violences policières par usage disproportionné de LBD, la préfecture de police avait révélé "un retour au principe de non-déclaration des manifestations", malgré le "risque de cortèges sauvages". Un seul rassemblement a été déclaré malgré les événements créés sur Facebook, dont un "Acte XVIII - Ultimatum - La France entière à Paris". 
Il y avait, selon une source policière, "des indications que des éléments radicaux vont se mobiliser à Paris".

Des gentils "marcheurs du siècle pour le climat" ont-il rejoint les Gilets jaunes, samedi ?
Le même jour, étaient prévues à Paris plusieurs autres manifestations : la Marche du siècle pour le climat, une journée d'action des forains qui appellent les Gilets jaunes à les rejoindre (et inversement ?), ainsi que la Marche des solidarités contre les violences policières et le "racisme d'Etat".
Des éléments de ces deux dernières catégories ont-ils convergé sur les Champs-Elysées ?

"Samedi [16 mars], ce sera vraiment le début du mouvement", "le premier jour d'un nouveau combat"

Des « gilets jaunes » rassemblés au péage du Boulou, le 21 décembre 2018. Les manifestants avaient rendez-vous aux abords de plusieurs gares, place du Châtelet, sur les Champs-Elysées, etc avant de "converger vers un même objectif : faire le siège de l'Elysée". 
Sébastien Paturel (au centre sur la photo) et d'autres représentants du mouvement des Gilets jaunes, lors d'une conférence de presse à Marseille, annonçant le départ d'une "marche pacifiste" de Marseille à Paris, le 8 février 2019. AFP / GERARD JULIEN
Dans les Hauts-de-France, une dizaine de Gilets jaunes approchent de Paris, suivis par leur voiture-balai et encadrés par des gendarmes. Un premier départ avait eu lieu le dimanche 10 février du Boulou (Pyrénées Orientales), en passant par le Vaucluse, le Gard ou l’Ardèche, mais le gros de la troupe était au départ de Marseille, le 16 février, les marcheurs devant converger sur la capitale le 17 mars en sensibilisant les Français au référendum d’initiative citoyenne. "C’est la deuxième marche que nous organisons", précise Sébastien Paturel (au centre sur la photo ci-dessus), parti du Boulou ... 
En effet, celle-ci a été montée sur le modèle breveté de la Marche solidaire pour les migrants 2019 au départ de Vintimille en Italie en direction de Calais, en franchissant la frontière à trois reprises: à Fanghetto, au col de Tende et au col de l’Echelle. C'était la seconde marche citoyenne de soutien aux migrants et demandeurs d’asile après celle de 2018, initiée par L’Auberge des Migrants. Depuis quelques semaines les Gilets jaunes marseillais ont fait du Théâtre Toursky – fondé dans les années 1970 par l’auteur et comédien libertaire, Richard Martin, dans le 3e arrondissement de Marseille – le siège régulier de leurs réunions. "On ne lâchera absolument pas le mouvement tant qu'on aura pas obtenu la justice fiscale, la justice sociale et la démocratie par le RIC !" clame l'une des marcheuses, Patricia Boulan, 61 ans.

Des actions étaient annoncées en régions, de Bordeaux à Lyon en passant par Montpellier, Dijon ou encore Caen... 
Pour Jocelin, chauffeur-livreur de 48 ans dans le Var, "le mouvement n'est pas fini, et si Macron ne lâche pas plus que ce qu'il a déjà lâché, ça va mal finir, ce sera Mai 68 en pire". "Je suis toujours à fond, je fais partie de la poche de résistance", affirmeait de son côté Luc Benedetti, à Marseille, qui estime que "samedi [16 mars] ce sera vraiment le début du mouvement", "le premier jour d'un nouveau combat".

Une mobilisation annoncée en hausse, mais prise à Paris avec condescendance.
"Sortez, sortez, sortez le 16 mars", a de son côté exhorté le député La France insoumise (LFI), François Ruffin. Relayée par l''Agence France-Presse, une source policière reconnaissait qu'il y avait "beaucoup de facteurs qui permettent d'envisager une mobilisation supérieure à celle des précédents samedis". 

Le pouvoir et sa presse aux mains d'hommes d'affaires défendent le business
Vendredi, le ministre de l'Intérieur Castaner avait confirmé "une certaine inquiétude sur des ultraviolents qui pourraient se mobiliser, mais nous serons présents partout où le risque peut apparaître", avait-il promis. "Demain, nous serons extrêmement vigilants et totalement mobilisés, à Paris comme partout en France", a affirmé Christophe Castaner, expliquant ne pas "mobiliser trop de forces de tel côté" pour se déployer "le plus rapidement possible". 

Quatre mois après, certains ont remisé le gilet jaune dans la boîte à gants, ruinés par les frais de déplacements, déçus par la diabolisation médiatique du mouvement ou lassés des violences de l'ultra-gauche et des voyous venus des quartiers qui ont nui aux manifestations. La presse s'est livrée à une sélection tendancieuse des témoignages. Ainsi Le Point cite-t-il Elodie Labat de Bordeaux, qui a "rendu" son gilet jaune fin janvier  "C'est l'usure qui nous a eus, la fatigue, les tensions... C'est compliqué de passer deux mois et demi dans la rue". Mais ce type de lassitude a été également entendu sur France Info, comme si les media institutionnels s'étaient donné le mot ou suivaient les consignes du service de presse de l'Elysée...


Une dénonciation par les journalistes les plus "libres" du pays : "du marxisme de bazar et du talibanisme de salon," selon l'éditorialiste Jean-Michel Aphatie sur Europe 1 (Lagardère SCA)."Ces manifs, pardon, mais elles devraient être désormais interdites," affirme Alba Ventura, éditorialiste sur RTL (groupe M6, propriété du groupe allemand Bertelsmann). "Les gens, qui sont les casseurs avant tout, qui rejoignent les "gilets jaunes", sont quelque part des sortes de terroristes", prévient Gérald Barbier, vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris sur BFMTV (Altice). Rejoint par le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, pour qui "ce sont des assassins."
Castaner et Le Maire entendus par le Sénat

L’opposition interpellait encore dimanche sur "le laxisme sécuritaire" voire le laisser-faire de l’exécutif face aux "casseurs professionnels" qui ont saccagé une partie des Champs-Elysées, le gouvernement dénonçant une "polémique" inutile et "de la petite politique politicienne".

Les ministres de l’intérieur Christophe Castaner et de l’Economie Bruno Le Maire seront auditionnés mardi par les commissions des Lois et des Affaires économiques du Sénat, pour s’expliquer sur les violences "d’une réelle gravité" qui ont émaillé la mobilisation de samedi.
Les deux ministres seront entendus par les deux commissions réunies "sur les moyens mis en place pour faire face à ces troubles et sur les conséquences de ces nouvelles dégradations sur la situation du commerce et l’attractivité économique de notre pays", a précisé dimanche, dans un communiqué, le Sénat dominé par l’opposition de droite.
La commission des Lois et la commission des Affaires économiques, présidées respectivement par Philippe Bas (LR) et Sophie Primas (LR), procéderont chacune "à des auditions complémentaires", dont la liste sera publiée "dans les prochains jours". Le Sénat affirme haut et fort sa mission de "contrôle" du gouvernement, face à une Assemblée nationale impassive: elle est massivement dominée par la majorité présidentielle...

La colère de la maire socialiste de Paris
Dans un entretien au journal macronien Le Parisienla maire d'opposition, Anne Hidalgo, se dit "extrêmement choquée par ces violences" : "J’ai assisté à des scènes incroyables", comme si elle était présente parmi les casseurs.... Et d'ajouter à l'attention de l'électorat : "J’ai vu le nombre de boutiques dévastées…" Sans oublier l'incontournable couplet en langue de bois : " Je pense aux forces de l’ordre, aux pompiers, aux citoyens." Elle n'a oublié personne.
Elle entend demander des comptes au pouvoir. "Je souhaite rencontrer le premier ministre : "J’attends du gouvernement des explications, des réponses, qui n’excuseront en rien ces violences. Mais il faut sortir de ce cauchemar. Cette fois, ça suffit. (…) Mon sentiment, c’est qu’on devrait effectivement être capables de maîtriser une situation comme celle que nous venons de vivre. (…) Nous sommes au cœur d’une crise sociale et politique majeure. Ces fractures ne peuvent pas durer. On ne peut plus continuer comme ça ! »

L’Elysée promet des "décisions fortes"
Critiqué par les oppositions qui dénoncent "l’incompétence" de l’exécutif, Emmanuel Macron a froncé le sourcil, promettant samedi soir, à son retour des pistes de ski, des "décisions fortes" en réponse aux dégâts commis sur les Champs-Elysées.
"Nous avons aujourd’hui des gens qui essayent par tous les moyens (…) d’abîmer la République pour casser, pour détruire au risque de tuer", a affirmé le skieur, venu à la cellule de crise du ministère de l’Intérieur pour faire le point sur ces nouvelles scènes de violence rappelant des épisodes précédents du mouvement social. "Beaucoup de choses ont été faites depuis novembre, a-t-il affirmé, mais très clairement la journée d’aujourd’hui montre que, sur ces sujets-là et ces cas-là [!], nous n’y sommes pas", a-t-il admis.


Macron réagit aux critiques de l’opposition unanime

Samedi soir, le chef des Républicains (LR), Laurent Wauquiez


Eric Ciotti a de son côté critiqué la volonté du président de la République de demander au Conseil constitutionnel de se prononcer sur la loi anticasseurs. 

Bruno Retailleau (LR) dénonce la démarche présidentielle visant la loi votée par sa propre majorité : 

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR pour les élections européennes, a appelé à "mettre fin à l’impuissance de l’Etat".


"Maintenant, il faut qu’il parte, tacle le député LR, Philippe Gosselin. Au bout de 18 semaines de manifestations, on est retourné à la case départ et l’image que la France renvoie à l’extérieur est déplorable".

Président de la région des Hauts-de-France et ex-LR, Xavier Bertrand estime que les forces de l’ordre auraient du d’avantage "faire usage de la force":
"Ça ne s’arrêtera pas comme ça. Le gouvernement ne doit pas avoir peur de faire usage de la force et de la force du droit. Pourquoi les forces de l’ordre ne sont pas intervenues, quelles consignes ont été données ?" 

Le centriste (UDI) Jean-Christophe Lagarde a fait valoir que "personne ne peut croire que les moyens nécessaires à la sécurité ont été mis. Si la loi anticasseurs, votée au Parlement, n’était pas bloquée par @EmmanuelMacron on serait plus efficace !.

Marine Le Pen publie sciemment sur Twitter une photo du 1er mai 2018 : "Les black blocs détruisent, brûlent, violentent toujours en toute impunité", évoquant les violences des hommes de main de Macron, Crase et Benalla.
A gauche, Olivier Faure, premier secrétaire du PS s’est interrogé "sur la stratégie du gouvernement, on voit bien qu’ils sont entrés dans une logique sécuritaire et que ça leur permet d’esquiver un autre débat, le débat social".

Le PCF a présenté samedi '10 propositions pour la France', à l’occasion de l’acte XVIII des Gilets jaunes et de la grève nationale de la CGT et de FO. 
D’abord, lors d’un meeting place Chassaigne-Goyon, à Paris (8e), puis directement auprès du premier ministre Edouard Philippe, à Matignon. "Nous avons entendu les revendications des gilets jaunes, que nous portons depuis des années dans la plupart des cas. Nous ferons tout pour les rendre incontournables dans le pays", explique le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. C’est d’ailleurs la "citoyenne gilet jaune de l'Essonne" Eva Ageorges, qui s’est exprimée en premier à la tribune. "Savez-vous ce que veut dire avoir peur du lendemain ?" lance-t-elle au gouvernement, avant de pousser un cri du cœur pour que ses enfants puissent "faire des études, manger à leur faim, être soignés", et un jour avoir un "salaire digne". 

Après cinq mois seulement à Beauvau, dont quatre de crise sociale,
Christophe Castaner concentre les critiques de la gauche, comme de la droite, pour sa gestion du mouvement des Gilets jaunes, oscillant entre répression et laxisme.
La purge sans précédent à la tête de la préfecture de police de Paris, avec notamment l’éviction du préfet Delpuech, non seulement est injuste en frappant les lampistes, mais place désormais le ministre de l’Intérieur en première en ligne en cas de nouvelles violences des "assassins" ou d’une éventuelle bavure policière.

Mardi à l’Assemblée nationale, le ministre a été hué par des députés d’opposition, qui ont réclamé sa démission, avant que la majorité parlementaire qui lui est encore acquise ne lui apporte du soutien. "Tout le monde est assez inquiet du degré de violence atteint. Inconsciemment, on se dit que samedi prochain, ça va castagner dur. Si t’as un mort, tu fais quoi ?", s'inquiète toutefois un député anonyme (et ils sont nombreux) de la majorité.
Si l’exécutif assume depuis samedi soir un tournant de la fermeté dont le corollaire est aussi davantage de «risque» de blessés lors d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants, le "premier flic de France" et "premier pilier des bars de discothèques de France" doit éviter toute sortie de route.

Depuis quelques semaines, le ministre de l’Intérieur est critiqué par la France Insoumise et des Gilets jaunes pour une répression jugée brutale de la mobilisation et un usage immodéré des lanceurs de balle de défense (LBD), avec à la clef de nombreuses blessures graves parmi les manifestants ou même des badauds. 

"Il est plus que jamais au premier rang des personnes exposées", résume David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police (SCPN-Unsa)." Le vrai sujet pour +Casta+, ce sera samedi prochain", prévient un proche du président de la République.

lundi 18 mars 2019

Maître Mignard plaide pour l'interdiction des manifestations de Gilets jaunes

"Interdire ces manifestations est la seule solution raisonnable," selon ce proche des Segollande

L’avocat Jean-Pierre Mignard, ex-socialiste, parrain de deux enfants de Hollande et Royal, milite pour la limitation de la liberté de manifester 

Il serait préférable à un durcissement des affrontements, assure ce désormais proche d’Emmanuel Macron, après les violences perpétrées par l'ultra-gauche infiltrée dans le rassemblement de l'Acte XVIII des Gilets jaunes du samedi 16 mars 2019. Des Gilets jaunes sont accusés de  "radicalisation" et  qualifiés d' "ultra-jaunes" qui auraient fait leurs les méthodes violentes du Black bloc, parce qu'exaspérés par les attaques policières avec tirs au LBD...

En février, ce proche d’Emmanuel Macron sonnait le tocsin dans Libération contre la loi dite "anti-casseurs" : l’avocat Jean-Pierre Mignard jugeait  liberticide ce texte tentant de circonscrire les débordements en marge des rassemblements de gilets jaunes. Un mois plus tard, après un rebond de la participation multipliée par quatre à Paris et un nouvel accès de violence urbaine samedi 16 mars, cet opportuniste de la macronie se prononce en faveur d’une interdiction très encadrée des manifestations et réclame de nouvelles avancées économiques et sociales.

Comment analysez-vous les débordements de "l’acte XVIII" ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Royal Hollande"Alors que depuis le début du mouvement des gilets jaunes nous avons connu des Champs-Elysées totalement fermés et des boutiques barricadées, cette fois ils sont restés ouverts. Même s’il était protégé, l’Arc de triomphe était accessible toute la journée en dépit de remontées du terrain qui étaient, semble-t-il, alarmantes. [On s'attendrait donc logiquement que ce rallié à Macron réclame des mesures fortes de re-structuration des forces de police]  Certains manifestants radicaux parlaient d’un "acte définitif", donc quel choix a été fait par le ministère de l’Intérieur en matière de maintien de l’ordre ? Des syndicats policiers attribuent l’embrasement aux consignes de modération sur l’usage des lanceurs de balle de défense (LBD) mais, enfin, entre le tout et le rien… Ou alors nous aurions tout essayé et serions au bout de nos moyens ?

L’exécutif parle de nouvelles "réponses fortes" à apporter en matière de maintien de l’ordre, que recommandez-vous ?

Le climat politique et social est très lourd en France depuis quatre mois, mais on peut se résoudre à y répondre sans nouvelle loi. Il existe une jurisprudence constante du Conseil d’Etat qui fait de la liberté de manifester le principe, sauf lorsque les risques sont trop élevés et que les pouvoirs publics motivent cette décision après avoir épuisé tous les moyens existants pour permettre l’exercice de ce droit. Ce serait la seule solution raisonnable.

Vous êtes un défenseur des libertés publiques, une telle décision ne vous choquerait pas ?

Ce qui est inquiétant, c’est d’entendre certains policiers dire que l’étape suivante, c’est "d’aller au contact" et donc de prendre le risque de beaucoup de blessés, voire pire, parmi les manifestants [esquive l'avocat]. Si on ne peut empêcher que les mobilisations se terminent par des incidents graves, violents, voire meurtriers, on est alors fondé à les interdire. Ce qui est au cœur de telles interdictions - qui doivent être solidement motivées sur le fond -, c’est la question de la proportionnalité entre le droit fondamental de manifester et les dommages objectivement prévisibles de l’exercice de ce droit. C’est la position du Conseil d’Etat et de la Cour européenne des droits de l’homme. Vu le niveau de violence redouté, la restriction de la liberté est un dommage moins grave que ceux éventuels lors d’une manifestation qui dégénère et que l’on ne pourrait pas empêcher. [Mignard ne répond pas à l'interrogation concernant sa flexibilité morale et politique]

Existe-t-il des solutions non sécuritaires ?

Résultat de recherche d'images pour "Mignard Segolene Royal"Nous sommes dans une crise sociale gravissime, dans une atmosphère de haine sociale qui ne s’apaise pas [le pourrait-elle quand Castaner, Darmanin et Macron lancent des accusations injustes et injurieuses : les Gilets jaunes en lutte pour la défense de leur pouvoir d'achat et contre la fiscalité sont-ils des "factieux" et des "assassins", mêmes potentiels, des porteurs de "peste brune" ou la mise en garde du président contre la "lèpre nationaliste" et un retour aux années 1930, sans parler de BHL qui voit réapparaître les ligues du 6 février 34], qui n’est pas sans rappeler le mouvement chartiste au Royaume-Uni au XIXe siècle, quand des artisans, petits patrons et employés se sont organisés contre les élus, les élites, pour la justice fiscale et contre les inégalités… [Une évocation qui occulte encore la ruralité, notamment frappée par la sur-fiscalité sur les carburants]. Toute doctrine de maintien de l’ordre la plus raffinée soit-elle ne peut pas venir à bout d’un mouvement social et il n’est pas question de multiplier les textes de loi indéfiniment. Une crise politique et sociale se résout sur le plan politique et social [pontifie Mignard].

Vous réclamez donc de nouveaux gestes ?

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Les Marianne sont apparues dans les rues de Paris 
lors de l'acte X des Gilets jaunes du 15 décembre 2018, 
contre les violences sécuritaires faites aux manifestants
On ne peut pas dire que rien n’a été fait. Certaines mesures annoncées cet hiver sont justes et efficaces, comme la suppression d’une partie de la hausse de la CSG frappant les retraités [seulement les plus démunis d'entre eux, et alors que  la désindexation des pensions de retraite frappe toujours la totalité d'entre eux, faut-il le rappeler à ce converti tendancieux au macronisme ?]
Il y a eu beaucoup de débats de qualité dans les mairies [assure Mignard bien qu'il s'agisse d'un entre-soi dont sont exclus les Gilets jaunes] et cela aura des répercussions sur l’administration communale et la gestion des finances locales [les participants qui ne refusent pas leur participation à cette mascarade sont pris en charge à l'hôtel]
Mais on a peu parlé de salaires et de revenus. Il faut maintenant, comme le réclame la CFDT, un Grenelle social [c'est l'ancien socialiste qui parle], une conférence nationale sur les salaires. Les manifestants veulent de l’Etat, toujours plus d’Etat. Je pense que c’est au tour des entreprises d’entrer dans le jeu de l’apaisement [sic]. Elles ne peuvent pas se contenter de verser une prime exceptionnelle. Les gens qui descendent dans la rue depuis mi-novembre - qu’on soit d’accord ou pas avec eux - veulent sortir de l’aléatoire. C’est compréhensible et c’est juste.

Homme de réseaux, maître Jean-Pierre Mignard sert Macron en mobilisant des soutiens. 
Mais il se défend de vouloir "créer une tendance" au sein du parti du président, il y a un pas que cet ex-socialiste ne franchit pas. Il s'en explique :"Ce n'est pas Emmanuel Macron qui en a eu l'idée, c'est moi. J'ai eu un bref entretien avec le président de la République, qui ne m'en a pas dissuadé..."

S'agit-il d'organiser des courants à l'intérieur de La République en Marche (LREM) ?
Résultat de recherche d'images pour "racoleuse"
Mignard veut plutôt contribuer à agréger des familles politiques, "dans le sens de ce qu'a accompli Emmanuel Macron depuis des années". Il précise :"La question n'est pas de réunir des personnalités connues pour leur engagement à gauche. C'est comment le débat démocratique peut avoir lieu au niveau de La République en Marche, de ses électeurs, de ses adhérents, de ses élus. Le débat doit se déployer pour que ce parti joue pleinement son rôle." Agrégateur, plutôt que débaucheur: c'est plus flatteur...

L'avocat proche de François Hollande souhaite un élargissement de la majorité.
"La question, c'est quelle famille politique voulons-nous construire dans la durée ? Je défends depuis longtemps la thèse selon laquelle la structuration de La République en Marche correspond à une séquence de la recomposition politique en cours. Sa vocation est de s'élargir afin de constituer un grand arc allant des socialistes jusqu'aux républicains sociaux. Je vais militer en ce sens."
Sur son compte Twitter, Mignard explique : "les socialistes pro-européens devraient, en tant que tels, devenir une composante majeure de la majorité présidentielle".