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mardi 22 janvier 2019

Avec la “nuit jaune”, le mouvement des “gilets jaunes” pourrait franchir un palier

Le mépris affiché de Macron pour les Gilets jaunes conduira-t-il à un durcissement du mouvement ?
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La "nuit jaune", c’est l’intitulé de l’appel à manifester de nuit et sans autorisation. Eric Drouet l'a partagé avec succès sur son mur Facebook, dimanche 20 janvier.
On connaissait les 'actes', distincts des manifestations des 'gilets jaunes' disposant d’une autorisation de manifester de jour, et avec un parcours bien défini à l’avance. En publiant ce post envisageant une première 'nuit jaune', Eric Drouet s’affranchit des gestes de bonne volonté du mouvement : pas de date, pas de parcours ni d’autorisation de la préfecture, seulement un slogan suivant l’intitulé "préparez-vous !".

Une lettre ouverte au président en forme de mise en garde pour l'avenir

Le lendemain de l’annonce de cette 'nuit jaune', Eric Drouet adressait sa lettre ouverte à Emmanuel Macron, renouvelant sa demande d’entrevue. Jupiter, qui se dit à l'"écoute"? raconte qu'il "entend" la colère sociale et n'hésite pas à assurer qu'il la "comprend". Mais rien, dans les faits, ne démontre quoi que ce soit, puisque le "grand débat national" est fermé aux 'Gilets jaunes' et aux contestataires identifiés. Pire, il ne les "calcule" pas : il fait allusion à une protestation populaire, mais il pérore devant des maires choisis et consentants pour justifier sa politique mais il n'envisage pas de faire tomber les  tabous de ses promesses de campagne. Pendant d'interminables shows télévisés sur leur longueur il fait la démonstration qu'il connaît à fond chaque sujet, mais aussi son incapacité à en faire la synthèse et à rencontrer les aspirations du peuple.
 
Accusé de faire campagne pour tenter de s'ancrer dans la France profonde, d'abord dans l'Eure puis dans le Lot - et onze autre meetings sont encore ainsi programmés chaque semaine, il développe sa vision politique sans se remettre en cause, sans donc prendre en compte les revendications exprimées par les Gilets jaunes.

Eric Drouet rappelle les thèmes abordés par le mouvement et fait référence aux nombreux appels au boycott économique
"Une nouvelle ère arrive et les impacts économiques vont s’accentuer", constatant pour les uns que l'autisme de Macron met l'économie du pays en péril, mais, mettant en garde, pour d'autres, contre de possibles actions sociales plus radicales. 
Il souligne en effet que "les gilets jaunes peuvent se manifester à chaque instant et partout. Le jour, la nuit, le week-end, la semaine…" en référence à la "nuit jaune".

Manipulation de l'opinion par les sondeurs et les media 
Image associée

Les entreprises commerciales de sondages sont capables, à chaud, de sortir, dans la nuit, les résultats d'une enquête, sans avoir à apporter de preuves : outre que les questions posées aux sondés sont orientées et les conclusions tirées, partisanes, les données recueillies ne sont  pas publiées...

Le parti-pris dans les choix de témoins ou de tweets par les media irrite la population et provoque les Gilets jaunes
"Une poignée d’internautes n’apprécient pas le ton de cette lettre jugée menaçante" : s'ils sont "une poignée"? leur avis mérite-t-il d'être mis en exergue ? 
Selon l'organe de presse, sans surprise, seuls sont pris en compte les cas de mécontentement, en l'espèce ciblé sur cette 'nuit jaune', qui inquiète certes certains 'gilets jaunes' se disant "constructifs", en écho à l'inquiétude de la macronie. 

Dans l’un de ses live, Eric Drouet lit les inquiétudes d’un internaute qui soulève les risques d’une telle démarche : "la nuit, c’est compliqué, ça va finir mal". Le leader proclamé par les media  répond que "les manifs en journée, c’est bien et tout, mais c’est pas comme ça que ça va bouger. Les gens veulent mettre un bon coup et qu’enfin on soit écouté". 
D’autres remarques sont visiblement téléguidées par l’inquiétude gouvernementale et Drouet ne les ignore pas et leur répond néanmoins : "On pense que c’est important d’avoir des manifs déclarées. Pour les personnes fragiles, qui ont besoin d’être en sécurité. Et puis ça fait le nombre. […] Je conseille pas à tous de venir la nuit".
Selon la presse, la plupart des internautes des groupes de 'gilets jaunes' pro Eric Drouet prévoiraient une certaine violence pour cette 'nuit jaune'.

Photo © Capture d'écran Facebook
Mais ce tweet émane d'un entrepreneur en terrassement à Quimper, fief de Jean-Yves Le Drian et rien n'autorise cette presse à conclure qu'il est au nombre des "internautes des groupes de 'gilets jaunes' pro Eric Drouet [qui] prévoient une certaine violence pour cette 'nuit jaune ' ". Le tweet est récupéré à des fins de propagande. 
Si on peut lire de nombreux commentaires conscients de cette possibilité de violences, ils n'en pas moins favorables pour autant à cette manifestation. Le soupçon de radicalité n'en est plus au stade de l'affleurement, dès lors qu'à l'évocation des "années 30" succède maintenant la peur d'une "nuit des longs couteaux intra gilets jaunes  - expression généralement utilisée en référence aux assassinats perpétrés par les nazis à l'intérieur de leur propre mouvement, (29 juin-2 juillet 1934) - ou nuit de Cristal revue et corrigée  - pogrom contre les Juifs du Troisième Reich, dans la nuit du 9 au 10 novembre 1938 - en mode peste jaune ?"... Ou encore la riposte vindicative menaçant "un défi dont la répression sera proportionnelle". 

Une fois planté le décor de la "nuit de cristal', il restait à envoyer les gaz
Aux yeux de certains français, qu'ils n'est même plus besoin d'identifier, étiqueter, Eric Drouet s’est décrédibilisé pour de bon avec cette initiative, jugent les anonymes: au point que le hashtag 'nuit jaune' est devenu en même pas vingt-quatre heures le signe distinctif de ceux qui tournent les 'gilets jaunes' en ridicule. Aucun tweet, même non représentatif, ne vient en appui de cette assertion. La presse est passée au-delà du secret des sources...
Voyons donc s'il y a du niveau : 

Photo © capture d'écran Twitter
Photo © capture d'écran Twitter
Est-il permis de penser que ça aussi ça fait peur ?

Le Gilet jaune Eric Drouet interpelle le président Macron dans une "lettre ouverte"

"Nous ne craignons rien! Certains ne resteront pas calmes indéfiniment"

Le mépris du président a assez duré


Cette nuit, Eric Drouet a publié une lettre ouverte à Emmanuel Macron, signée du nom de son groupe Facebook "La France en colère !". Le Gilet jaune demande au chef de l'Etat de le recevoir lui et d'autres Gilets jaunes. "Vous persistez à ne pas entendre la gronde", peut-on lire, "Monsieur le président, écoutez-nous !".

Selon les résultats d'un sondage interne au groupe Facebook "La France en colère" (300.000 membres), les internautes privilégient la mise en place de manifestations de 48 heures (7.624 votes). Le deuxième proposition la plus plébiscitée s'intitule: "On ne s'arrête pas tant que l'on n'obtient rien: les forces de l'ordre sont à bout" (5.292 votes).
Ensuite, la proposition d'une "nocturne" semble convaincre (2357 votes).
L'idée d'une grève générale est classée 6e (924 votes).
D'autres actions plus radicales mais moins soutenues sont aussi envisagées. Pêle-mêle, on trouve l'idée "d'hacker les merdias en faisant défiler les vraies images de violences policières et les mensonges de l'Etat" (388 votes)..

Un élu pro-Macron coupé du monde à son domicile par de la mousse polyuréthane

Cet isolant est un symbole fort de la coupure des élus macroniens avec la vraie vie 

Philippe Bouty a-t-il vraiment été surpris de se découvrir piégé à son domicile, portes et garage bloquées à la mousse polyuréthane, rapporte le quotidien départemental Charente libre

Confolens: le domicile et la voiture de Philippe Bouty vandalisés, les DAB de la ville aussi

L’élu, qui assume être "un soutien d’Emmanuel Macron", pourra désormais se vanter d'avoir payé son engagement de sa personne. Il n’a pas pu sortir de chez lui, à Confolens (Charente), ce lundi matin 21 janvier, non pas parce que son épaisse porte d'entrée ancienne et cloutée avait cédé à des malfaiteurs lourdement équipés, mais suite à une intervention technique fine. 

Le président de la Communauté de communes de Charente Limousine, 52 ans, a pu aisément s’exfiltrer par la fenêtre, mais il est tombé sur la même mousse de haute qualité dans le pot d’échappement de sa voiture. 
Peu banal pour un administrateur de l' Office public de l'Habitat de la Charente. "J’ai fait démarrer ma voiture et je ne me suis pas rendu compte du bruit. Au bout d’un moment, des gaz d’échappement sont remontés dans la voiture", a témoigné ce gérant de pompes funèbres, qui a également annoncé avoir porté plainte.

La mousse polyuréthane est un isolant composé de fines cellules emmagasinant un gaz à faible conductivité thermique. Lorsqu’elle sèche, elle gonfle et se solidifie. Cet isolant est réputé pour son efficacité et son coût moindre. 

Quatre distributeurs d’agences bancaires ont également été pris pour cible la même nuit, avec le même procédé. 

Ces dégradations signent l'origine anti-libérale de leurs auteurs, qu'il sera difficile de ranger parmi les factieux nostalgiques des "années 30", encore que Castaner en soit tout-à-fait capable, tout comme l'immense spécialiste de la "peste brune" à Bercy. 
Résultat de recherche d'images pour "Charente Non aux eoliennes Conflens"Les habitants de Charente n'ont pas oublié, pour leur part, que Bouty s'est fait de solides inimitiés parmi les opposants aux éoliennes à Confolens. En 2016, ce sont 350 personnes qui ont manifesté un samedi matin dans les rues de Confolens, à l'initiative d'associations organisatrices, parmi lesquelles Rapasse de Saint-Laurent-de-Céris, Bon Vent de Brillac, Brise Vent de Saulgond... Les manifestants avaient voulu rencontrer Philippe Bouty, président de la communauté de communes du Confolentais.
L'élu jupitérien s'écrie que ces anti-républicains se sont attaqués […] au "symbole de la République". 
"On s’attaque au domicile d’un élu, on s’attaque quelque part au symbole de la République", a estimé son fossoyeur. "On ne peut pas laisser passer ça parce que ce sont des actes gratuits [si on admet que les symboles républicains n'ont pas plus de prix] et ce n’est pas comme ça que l’on arrive à résoudre les problèmes, c’est par le dialogue", a-t-il poursuivi,  bien que ce soit précisément cette absence de dialogue qui est reprochée à Macron.

Et de se défendre d'être "ni un soutien, ni un opposant à ce mouvement" des Gilets jaunes.
Macron a des amis de convictions...

lundi 21 janvier 2019

La CNIL inflige une amende record de 50 millions d'euros à Google

Dans le même temps, le schizophrène Macron fait des mamours à 150 patrons étrangers à Versailles 

Le gendarme français des données personnelles reproche au géant américain son manque de transparence sur l'exploitation des données personnelles de ses utilisateurs.

Résultat de recherche d'images pour "CNIL"
Ce gendarme arrive après la bataille
Commission nationale de l'informatique et des libertés, la CNIL devient ainsi la première instance de régulation européenne à sanctionner une grande plateforme internet mondiale en utilisant les dispositions du nouveau règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) entré en vigueur le 25 mai.
Le nouveau texte permet d'infliger des sanctions allant jusqu'à 4% du chiffre d'affaires mondial pour manquement aux obligations de protection des données personnelles des citoyens européens.

Pour son enquête, la CNIL a accompli le parcours que doit faire un nouvel utilisateur de smartphone Android (le système d'exploitation pour smartphone de Google), pour établir un compte Google et se servir de son appareil.
"Nous ne nions pas que Google informe" l'utilisateur qui ouvre un compte de l'exploitation qui sera faite de ses données, a expliqué Mathias Moulin, le directeur de la protection des droits et des sanctions à la CNIL. "Mais l'information n'est pas aisément accessible, elle est disséminée dans différents documents" que l'internaute ne prendra jamais le temps de consulter, a-t-il reproché.
"Il faut parfois jusqu'à cinq clics pour accéder à une information", a-t-il ajouté, estimant qu'au final, Google ne proposait pas une information "claire et compréhensible".

"Les manquements constatés privent les utilisateurs de garanties fondamentales concernant des traitements pouvant révéler des pans entiers de leur vie privée, car reposant sur un volume considérable de données, une grande variété de services et des possibilités de combinaison de données quasi-illimitées", a résumé la CNIL dans son communiqué de presse.

La sanction fait suite à deux plaintes séparées déposées à la CNIL contre Google par deux associations de défense des internautes, la Quadrature du Net, militant pour le logiciel libre et contre le fichage (France), et None Of Your Business (NOYB), fondée par le militant autrichien de la protection des données, Max Schrems, et qui a déjà porté plainte contre Facebook, WhatsApp et Instagram, aussi bien que Google LLC.
Si Google veut faire appel de cette sanction, il devra saisir le Conseil d'Etat.

Fin 2018, des amendes significatives s'abattirent sur d'autres têtes de turc: l'Américain Uber et le Français Bouygues Télécom pour des failles de sécurité. C'était sous la présidence d'Isabelle Falque-Pierrotin, née Boulin.

Opération séduction de Macron auprès de grands patrons américains

Satya Nadella, le directeur général de Microsoft, en compagnie d'Emmanuel Macron en mai dernier à Paris.
Satya Nadella, le directeur général de Microsoft,
en compagnie d'Emmanuel Macron en mai dernier à Paris
La deuxième édition du sommet "Choose France" sur l'attractivité de l'Hexagone se déroulera lundi au château de Versailles. Voici la liste des invités les plus prestigieux d'Emmanuel Macron.
En janvier 2018, Emmanuel Macron avait inauguré un nouvel axe de sa stratégie économique en recevant au château de Versailles près de 140 patrons de grandes entreprises étrangères. Ce sommet, nommé "Choose France", avait atteint son objectif : l'annonce de trois milliards d'euros d'investissements pour les cinq ans à venir. Après le succès de cette première édition, le château de Versailles accueille une nouvelle fois, ce lundi 21 janvier 2019, 150 patrons étrangers. La plupart font étape à Paris avant de rejoindre, à partir de mardi, le forum économique mondial de Davos, en Suisse.

Six  prestigieux chouchous sont invités.
Comme l'an dernier, Emmanuel Macron, VRP de l'entreprise France le temps d'une journée, rencontrera en tête à tête les dirigeants de six groupes mondiaux, les plus importants parmi ceux qui ont été invités.
Dans la journée, le président de la République recevra donc à l'Elysée Satya Nadella, directeur général de Microsoft. À partir de 17 heures, il s'entretiendra à Versailles avec Aliko Dangote, à la tête du conglomérat nigérian Dangote et première fortune africaine ; Lakshmi Mittal, fondateur du groupe Mittal ; Larry Culp, PDG de General Electric ; Evan Spiegel, cofondateur de l'application Snapchat ; et David Taylor, directeur général de la multinationale Procter & Gamble.
Google n'est pas représenté...

La loi "anti-casseurs" arrive à l'Assemblée, plongeant la majorité dans l'embarras

La proposition de loi anti-casseurs voulue par Edouard Philippe sera à l'ordre du jour de la commission des lois de l'Assemblée, mercredi

Certains dans la majorité craignent une atteinte à la liberté et réclament des modifications

Après deux mois de mobilisation des Gilets jaunes et de manifestations que des éléments radicaux incontrôlés ont pu faire dégénérer en décembre, le gouvernement a sauté sur l'opportunité pour légiférer contre la violence de rues. Le 7 janvier, Edouard Philippe avait appelé de ses voeux et défendu la création d'un nouveau texte censé venir muscler l'arsenal répressif contre les casseurs

Prévue pour début février, cette loi permettrait en particulier de durcir les sanctions contre les casseurs venant cagoulés ou les organisateurs ne respectant pas l’obligation de déclarer des manifestations. Un fichier de recensement de ces individus avait alors été mis sur la table. Un de plus, sachant que les 'fichés S' courent les rues.

Dès mardi 22 janvier, cette promesse du premier ministre sera bien examinée en commission de l'Assemblée. Elle passera ensuite par l'Hémicyle dès le mardi 29. Or, seulement une partie des députés LREM semble approuver ce texte en l'état. Ces mesures voulues par le gouvernement, en vérité déjà existantes contre le hooliganisme dans le sport, sont aujourd'hui attribuées - pour certains axes - au Républicain Bruno Retailleau. 
Celui-ci avait en effet proposé une loi sur la question, votée au Sénat le 23 octobre dernier. Dans les grandes lignes, le texte prévoyait des fouilles à l'entrée des cortèges de manifestants, ce qui a déjà été mis en application, notamment sur les Champs-Elysées, un fichier national de personnes interdites de manifestations ou encore de faire du port de la cagoule un délit passible de prison. 
Des supporters se battent en tribune lors du match Angleterre-Russie au stade Vélodrome de Marseille, en phase de pools de l\'Euro de foot de 2016.
En fait, depuis, Edouard Philippe l'a ardemment désirée, répétant trois fois en dix minutes, lundi 7 janvier, au 20h de TF1 : les casseurs "n'auront pas le dernier mot", dans la crise des "gilets jaunes". Et pour cela, il voulait déjà une loi dédiée qui permettrait, notamment, la création d'un fichier national recensant les auteurs de violences pendant les manifestations. Un document dont le chef du gouvernement a précisé qu'il se ferait sur le modèle de ce qui existe déjà contre les ...hooligans.

Nul n'a oublié que, lorsqu'ils étaient aux affaires, les socialistes et la gauche radicale dans son ensemble refusaient de faire un délit du port de capuches et de cagoules. 
En février 2015, des hommes cagoulés et armés ont ouvert le feu sur la police, dans les minutes précédent le passage du premier ministre socialiste, Manuel Valls, en pleine rue dans une cité sensible des quartiers Nord de Marseille, la cité de la Castellane, en quasi-état de siège. Sept kalachnikovs et plusieurs kilos de drogue ont été retrouvés, a annoncé le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, en fin d'après-midi. 
En octobre 2016, une dizaine d'activistes d'extrême-gauches encagoulés a pourtant détruit le local de la permanence du PS à Saint-Etienne.

Avant le phénomène Gilets jaunes, le 23 octobre dernier, les sénateurs socialistes et communistes s'étaient alors opposés au projet de loi, arguant qu'une telle loi ne pouvait qu'être une atteinte à la liberté de manifester, certains faisant même le rapprochement avec la loi anti-casseurs de 1970 supprimée par François Mitterrand.

Du côté de la majorité, on se montre donc plus qu'incertain, écrit le JDD, comme le résume le responsable du texte pour la majorité Jean-François Eliaou, député LREM de l'Hérault, candidat de l'Union de la droite aux Élections départementales de 2015 et pédiatre, qui proposa à François de Rugy, alors président de l'Assemblée, une feuille de route pour la création d'une agence d’évaluation parlementaire permanente.
"Il y a un équilibre à trouver entre les outils à mettre à la disposition de nos forces de l'ordre et la tentative de liberticide qui limiterait le droit constitutionnel de manifester".

Car c'est bien ce qui effraie les députés: comment appliquer un système initialement mis en place dans le cadre d'interdictions de stade lié à l'anti-hooliganisme, à des manifestations?

Des amendements déposés par les élus LREM

Plusieurs députés  majorité présidentielle ont donc déposé des amendements dont l'un propose par exemple de supprimer deux des mesures principales du texte. En outre, celle qui autorise des fouilles lors de filtrages et celle qui permet aux maires ou préfets d'interdire de manifestations certains individus. Parmi la douzaine à l'étude, celui porté par Sacha Houlié, 31 ans, ex-militant du Parti socialiste, qui propose de renforcer le contrôle par le Parlement de ces dispositions, avec le soutien d'une cinquantaine d'élus.

Si la doxa socialiste entraîne une réticence du côté des députés LREM qui sont issus du PS, certains renégats concèdent tout de même que sur le principe, une telle loi permettrait "de répondre à une demande d'ordre public qui émane de la population", nuance Sacha Houlié dans le JDD. Les macroniens se préparent à trouver  un consensus, de gré ou de force, toute idéologie passée bue.

Après la réponse économique, la réponse sécuritaire. 
La loi dite "anti-casseurs" est examinée en commission des lois à partir de mercredi matin, et débattue la semaine suivante dans l'Hémicycle. Le texte, qui comporte huit articles, vise à sanctionner plus durement les auteurs de violences lors des manifestations et à identifier les "casseurs", notamment par la création d'un fichier dédié. 

"Reprendre un texte proposé pendant notre semaine de niche parlementaire, au départ, on n'était pas vraiment contents", reconnaît un député macronien. D'autant que les récents questionnements sur l'utilisation du Flash-Ball par les forces de l'ordre risquent d'agiter un peu plus les débats. "Je pense que ce texte ne pose aucune difficulté, rassure la présidente de la commission des lois, Yaël Braun-Pivet, une ex-socialiste et avaleuse de couleuvres...

Le temps des faux-culs et des faux-semblants


Le dialogue se tend entre le gouvernement et sa majorité à l’Assemblée nationale autour de la proposition de loi anticasseurs. Désireux d’accentuer la répression, le gouvernement s’est appuyé sur une proposition de loi (PPL) déjà votée en octobre au Sénat à l’initiative de Bruno Retailleau (Les Républicains).Les députés doivent commencer à en débattre mercredi 23 janvier en commission, après l’audition la veille du ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. 
Mais, dégainé début janvier par le premier ministre, Edouard Philippe s'expose à  la fronde de députés de La République en marche (LRM) qui redoutent des dispositions "liberticides". Dimanche soir, ces derniers envisageaient la suppression de trois des dispositions phares de la PPL. Les velléitaires tiendront-ils tête jusqu'au vote ?

Premier élément de crispation, l’article 1 qui instaure un périmètre de sécurité autour des lieux de manifestation. Lors d’une première rencontre avec Christophe Castaner, mardi 15 janvier, les députés l’ont interrogé sur l’intérêt d’une telle mesure. "Je n’ai toujours pas compris", lâche le blanc-bec Sacha Houlié, avocat par protection. 

Autre mesure clivante : la création d’un fichier de "casseurs". La députée LRM Paula Forteza, élue d'Amérique latine et Caraïbes et partisane de la participation citoyenne, a déposé un amendement pour supprimer cette disposition. Dimanche soir, l’élue était soutenue par une vingtaine de ses collègues.

"Risque arbitraire" ?
Mais la principale pierre d’achoppement reste l’article 2 de la proposition de loi. Celle-ci prévoit un dispositif-clé : l’interdiction administrative de manifester. Lors de la première rencontre avec Christophe Castaner, plusieurs députés LREM et MoDem s’en sont inquiétés. Tel qu’il est actuellement rédigé, le texte permet aux préfets d’interdire de manifester à toute personne déjà condamnée pour violences, appartenant à des groupes "incitant, facilitant ou participant" à de tels faits, mais aussi "à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public".  
C’est ce dernier point qui suscite la frilosité de la majorité. "Nous avons une réserve majeure sur ces interdictions administratives qui ne sont pas fondées sur une condamnation", estime la députée MoDem Laurence Vichnievsky, ancienne magistrate. "Le risque d’arbitraire existe !", insiste une députée LREM anonymée, face au manque de "critères" précis permettant d’encadrer ces interdictions. On sait pourtant que la précision est un obstacle à toute application. 
Si plusieurs élus demandent la suppression de cet article, ils pourraient se heurter à l’opposition du gouvernement. "Le ministre a l’air de vouloir le préserver", observe ainsi L. Vichnievsky. Et elle ne convoque pas encore le Conseil constitutionnel en appui à ses réserves...

Les cagoules des casseurs sont interdites par décret depuis ...2009
Les cagoules, foulards et lunettes de piscine étaient tolérés
par les socialistes et leurs alliés d'extrême gauche
Sarkozy avait dû défendre Nice de nouvelles mesures pour endiguer la violence des bandes. Le président de la République y défendit son plan contre les bandes qui pourrissent la vie des quartiers de la Seine-Saint-Denis à Marseille, en passant par la périphérie de Strasbourg.
Alors que les images de Black Bloc saccageant la capitale alsacienne lors du Sommet de l'OTAN étaient pourtant encore fraîches à la mémoire, Nicolas Sarkozy a déjà fait savoir qu'à sa demande, son ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait transmis un projet de décret à Matignon pour faire interdire le port d'une cagoule ou d'une capuche servant à dissimuler les traits du visage lors des manifestations de rue. L'objectif était de permettre à la police d'identifier les casseurs, en les distinguant des manifestants paisibles. "C'est pour séparer le bon grain de l'ivraie que nous sommes contraints d'adopter ces mesures que d'autres pays européens, comme l'Allemagne, ont mises en application depuis longtemps", soulignait-on dans l'entourage du chef de l'Etat.
La capitale des Alpes-Maritimes s'était imposée pour ce déplacement, puisque son député-maire, Christian Estrosi, devait être le rapporteur de la proposition de loi contenant l'arsenal anticasseur voulu par le chef de l'Etat. Un texte dont le Parlement doit se saisir avant la fin du mois. 
Dans sa mouture initiale, il devait permettre de punir de trois ans de prison et 45.000 euros d'amende quiconque fait partie "en connaissance de cause", d'un groupement, "même formé de façon temporaire", dès lors que cette bande "poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou des destructions ou dégradations de biens".

"Sanctuariser" l'école
Ses rédacteurs avaient même voulu rendre ces sanctions "également applicables à la personne qui, sans être elle-même porteuse d'une arme, participe volontairement à un attroupement dont une ou plusieurs personnes portent des armes apparentes". Mais cette rédaction fit débat dans la majorité. "D'autant que le Code pénal contient déjà une définition des bandes dans son article L 132-71", assurait-on à la commission des lois de l'Assemblée nationale. Le chef de l'Etat dut lever les éventuelles ambiguïtés sur ce point. 

A Nice, il entendait surtout réaffirmer les axes forts de son plan qui visait aussi à "sanctuariser" l'école, en augmentant les peines en cas d'intrusion en bande dans les établissements scolaires. Elles pouvaient aller jusqu'à sept ans de prison et 100.000 euros si le groupe de voyous concerné comprenait ne serait-ce qu'un membre porteur d'une arme. Même le fait d'agresser les proches d'un professeur ou d'un agent de vie scolaire deviendrait, selon les nouvelles dispositions, une cir­­constance aggravante.

Sarkozy en profita aussi pour "rétablir certaines vérités"
, renvoyant les adeptes de la "police de proximité" à leur bilan, en quelques chiffres : depuis 2002 et Jospin, la délinquance avait baissé de 15 %, faisant 600.000 victimes de moins, quand, durant les cinq années de gestion socialiste, juin 1997-mai 2002, elle avait fait 600.000 victimes de plus.

"Acte X", les gilets jaunes ont comptabilisé 147.365 manifestants

Les Gilets jaunes publient le détail de leurs relevés : et si l'Intérieur se prêtait à cette transparence ?

Des contestataires ont réalisé ce samedi 19 janvier leur premier comptage national de la participation à "l'acte X" de la mobilisation.

Deux mois après le début de la fronde, le mouvement des Gilets jaunes se structure peu à peu, alors que certaines manifestations sont désormais déclarées et encadrées par des services d'ordre, ce qui a eu pour effet de limiter les dégradations par endroits. 

Comment le chiffrage des Femmes Gilets jaunes est-il pris en compte ?

La mobilisation des femmes avait lieu, pour la deuxième fois, le dimanche suivant celle des autres. Retranché du samedi par la force des choses, leur nombre est-il décompté avec celui de la veille ou est-il négligé ?

Comme le 6 janvier, date de sa première édition, l’appel à une "marche des femmes" a essaimé un peu partout en France. Le 19 janvier, elles étaient 300 à Toulon et 150 à Parisau pied de la Tour Eiffel, avant d’entamer une marche vers la place de la Bastille à la mi-journée. Certaines avaient écrit sur leur gilet "mamans en colère", d’autres étaient venues coiffées du bonnet phrygien de Marianne.
"C’est un beau message de dire que les femmes ont aussi le droit de s’exprimer sur les sujets de société", a commenté Priscillia Ludosky, l’une des principales initiatrices du mouvement des Gilets jaunes, venue soutenir leur marche.
A Bordeaux 120 personnes, encore une fois selon la préfecture, femmes et hommes, ont pris le départ du défilé. "Le dimanche, il y a moins de CRS pour nous trousser", a plaisanté Geneviève Deyres, dit 'Zezette'. 

A Toulouse, environ 130 personnes, dont quelques hommes, ont défilé dans le calme dimanche matin, au lendemain d’un cortège record qui a réuni quelque 10.000 personnes.
Quelque trois cents Gilets jaunes ont manifesté dans le centre-ville de la préfecture du Var ce dimanche dès 13 heures.
Femmes Gilets Jaunes, à Toulon
Les gilets jaunes relèvent le défi de Macron de tenir jusqu'au-delà de son "grand débat national", en mars. 

Vendredi après vendredi, le président mène sa campagne de terrain, en vue des Européennes, mais aussi de l'implantation territoriale de son parti "La République en marche'. Par le biais de ses grands shows rediffusés sur leur longueur par les chaînes d'information en continu, il s'attire les maires consentants (deux cents à chaque fois, sur 600 invités sélectionnés) qui se prêtent à un dialogue dit "national" dont sont pourtant exclus les Gilets jaunes, puis à l'organisation d'échanges encadrés avec la population. 

Cette campagne de propagande hors normes et de collecte de soutiens ruraux financée par l'Etat et les organes de presse aux mains d'hommes d'affaires (Bouygues pour le groupe TF1 et LCI, Vincent Bolloré pour Cnews et Canal+, et Patrick Drahi pour BFMTV) ne réussit pas à enrailler le phénomène contestataire. Le nombre de manifestants fourni par  Samedi après samedi, le ministère de l'Intérieur a présenté des chiffrages de participants dégressifs jusqu'aux fêtes de fin d'année, concluant que le mouvement s'essoufflait, puis s'éteignait. Mais il a rebondit dès le premier samedi de janvier et se maintient depuis. 
La manipulation de l'opinion par les chiffres sortis du chapeau de Castaner et commentés par la presse aux ordres n'a pas démobilisé les contestataires, ni convaincu les Français qui continuent d'approuver majoritairement les actions menées pour la défense de leur pouvoir d'achat et pour plus de justice sociale. 

Un collectif de contestataires avait annoncé dans la semaine la mise en place de leur propre système alternatif de décompte, via une page Facebook appelée "le Nombre jaune".
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Ce dimanche 20 janvier, le groupe a ainsi dénombré "147.365 manifestants (minimum) dans les rues" de France, lors de la mobilisation nationale de ce samedi. Comme c'est le cas lors des mobilisations syndicales, cette estimation est nettement supérieure à celle fournie par le ministère de l'Intérieur  la veille à 20h : les services gouvernementaux n'avaient vu que 84.000 manifestants, chiffre passé à l'écumoire, un chiffre similaire à celui fourni pour l'acte IX de la semaine précédente. Refus d'admettre que le mouvement a repris son envol ?

Ce samedi, mettant déjà à mal les chiffres officiels, la page avait diffusé un premier décompte non-définitif de 86.110 participantsPour procéder au décompte "pragmatique" et "impartial", selon leurs propres mots, d'un mouvement aussi spontané que désorganisé, les organisateurs de la page "le Nombre jaune" se sont appuyés sur plusieurs référents régionaux sur le terrain et des méthodes "artisanales", notamment un système de comptage à l'aide de cailloux ou de bouchons.

Les organisateurs ont également déclaré qu'ils s'appuient sur des "vidéos/photos personnelles" et celles de "témoins directs sur le terrain". Outre les groupes locaux de GJ, ils disent comptabiliser aussi des "articles de presse régionale", des chiffres diffusés par les préfectures et ce "pour réaliser un comptage au plus proche de la réalité".
"Nous avons passé la nuit et la matinée à affiner et recouper tous les chiffres qui nous parvenaient. Lorsqu'il y avait un doute, nous avons pris les valeurs basses pour éviter les exagérations", expliquent les responsables sur la page.

Dans l'après-midi, la page "Le Nombre jaune" a également publié le détail de son décompte, en promettant de rééditer l'expérience samedi prochain.


19 h · 

Comme promis, voici l'album photo (4 pages) du détail ville par ville de notre chiffrage définitif, pour l'Acte X des #GiletsJaunes ce samedi 19 janvier 2019 ! (sources fournies sur notre groupe facebook : https://www.facebook.com/groups/478289132699442/ dans la rubrique "fichiers").

Rappel du total définitif : 147 365 personnes minimum, partout en France.

Comme chaque semaine, si vous constatez que votre ville, village, péage gratuit, rond-point, opération escargot, distribution de tracts, stand sur le marché ou toute autre action du weekend n'est pas recensée ou chiffrée, n'hésitez pas dès samedi prochain à nous envoyer vos chiffres ainsi qu'une source vidéo/photo d'ensemble ou lien presse exploitable !
Nous avons commencé à lister les rassemblements non chiffrés que nous repérions dans la presse locale. Si vous connaissez des Gilets Jaunes dans ces secteurs, passez-leur le mot pour qu'ils nous envoient leur chiffrage pour les prochains Actes ;)

NB : Ce chiffrage est définitif, nous ne ferons aucun ajout. Nous avons tous des obligations personnelles et nous sacrifions déjà un temps conséquent à cette tâche, bénévolement. Mais vous êtes les bienvenus dès samedi prochain pour nous aider à compléter ce tableau, et nous permettre de coller au mieux à la réalité !
Merci de votre compréhension :)