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dimanche 11 octobre 2020

Champigny-sur-Marne : l'attaque du commissariat ne suscite aucune demande de la majorité

La droite appelle en revanche Macron à des mesures fortes

LREM courbe l'échine quand l'opposition scandalisée par l'attaque au mortier d'un commissariat réclame à l'exécutif une réponse ferme et exemplaire.



Si Jupiter prétend terroriser les islamistes et Erdogan en Grèce, il doit pouvoir mater la délinquance sous ses fenêtres.
 
 

"Scènes de guerre", "attaques en règle".  "guerre civile", etc...: la droite et le Rassemblement national ont multiplié dimanche les appels à la fermeté après l'attaque samedi d'un commissariat de Champigny-sur-Marne (mairie communiste et Conseil départemental PCF du Val-de-Marne), symbole de l'autorité de l'Etat.

"Soyons lucides, il ne s'agit pas de petite délinquance mais bien d'attaques en règle menées par des bandes organisées. L'éradication de ces bandes doit être une priorité pour l'Etat", a affirmé sur Twitter le président (ex-LR) des Hauts-de-France Xavier Bertrand, régulièrement cité pour représenter la droite en 2022.

"Ces scènes de guerre, littéralement, sont intolérables" et "il faut que le ministère de l'Intérieur renforce ses effectifs dans les quartiers les plus gangrénés par la grande criminalité", a affirmé sur BFMTV la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse (Libres), autre potentielle candidate de droite, qui s'est rendue dans l'après-midi au commissariat visé.
"L'Etat doit créer un régime juridique d'exception pour ces quartiers devenus incontrôlables. Il faut y envoyer des brigades républicaines dotées des moyens pour boucler et sécuriser ces zones de non droit", a affirmé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, qui souhaite lui aussi représenter son camp en 2022.

Pour un retour des "peines planchers"

L'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a plaidé sur Europe 1 pour "des peines planchers pour le premier acte commis à l'égard des dépositaires de l'autorité publique", tandis que le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti réclamait "un couvre-feu garanti par l'armée".

Côté Rassemblement national, sa présidente Marine Le Pen a plaidé pour "un tour de vis absolument considérable sur la criminalité". Selon elle, il faut, pour cela, "renforcer le renseignement territorial, donner des instructions aux procureurs pour poursuivre systématiquement" et "que les étrangers coupables de délits ou de crimes soient renvoyés à l'issue de leur peine dans leur pays d'origine".

Le vice-président du RN Jordan Bardella a pour sa part appelé sur twitter à "remettre la France en ordre", tandis que l'eurodéputé RN Gilbert Collard a considéré que "la guerre civile est déjà là et l'on en est encore à faire des commentaires". Une quarantaine de personnes se sont attaquées samedi soir au commissariat de Champigny-sur-Marne avec des tirs de mortiers d'artifice, sans faire de blessés.

Les élu(e)s de la majorité présidentielle auront peut-être des propositions au sortir de leur week-end...
 

Val-de-Marne: nouvelle attaque d'un commissariat de police

Des tirs de mortier contre un commissariat aux portes de Paris, ce samedi



Plusieurs dizaines d'individus s'en sont prises samedi soir au commissariat de police

Ce symbole de l'Etat républicain a été pris pour cible de tirs de mortiers d'artifice, sans faire de blessés, trois jours après une violente agression de deux policiers dans le Val-d'Oise.

L'opinion est encore sous le choc de l'attaque très violente mercredi soir dont ont été victimes deux policiers passés à tabac et blessés par balle dans le Val-d'Oise alors qu'il étaient en mission. D'après une source proche de l'enquête, le policier le plus gravement blessé est dans un état stable, mais toujours en coma artificiel.

Deux agents étaient devant le commissariat en temps de pause lorsqu'une quarantaine de délinquants, visages dissimulés et armés de barres de fer, est arrivée, cassant notamment des vitres de véhicules de police et la porte vitrée de l'entrée, selon une source policière. 

Les deux fonctionnaires ont tout juste eu le temps de se mettre à l'abri dans le sas de sécurité de l'entrée du commissariat, situé au coeur de la cité de Bois-L'Abbé, l'un des trois quartiers en Zone de sécurité prioritaire (ZEP) de cette ville proche du bois de Vincennes. Les agressions ont débuté peu avant minuit et se sont achevées une heure plus tard. 

Exprimant par tweet son "soutien total" aux policiers, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a semblé lier les échauffourées de Champigny au trafic de drogues parlant des "petits caïds" qui "n'impressionnent personne et ne découragent pas notre travail contre les stupéfiants". 

Aucune interpellation n'a encore été signalée, a indiqué le Parquet de Créteil en milieu de journée, précisant que les bandes de vidéosurveillance étaient "en cours d'exploitation".

De possibles représailles 

Selon Laurent Jeanne, le maire de centre droit nouvellement élu en juillet 2020, sur un fief communiste depuis 1951, l'origine de ces tensions, dans un quartier de 10.000 habitants en proie au trafic de drogue, n'est pas claire: "On est sur un quartier de reconquête républicaine, est-ce que ça dérange? Possible"Le maire soupçonne des représailles consécutives à un récent accident de scooter dans le quartier dont "la responsabilité a été imputée à la police nationale alors que ce n'est pas avéré".  

En avril, ce commissariat, le seul de cette commune de plus de 77.000 habitants, avait déjà été la cible, à une moindre échelle, de tirs de mortiers d'artifice mais "c'était juste des jeunes qui avaient du mal à vivre le confinement", a estimé l'élu.

"Là, on est sur quelque chose de complètement différent: on a voulu attenter à l'intégrité physique de deux policiers", a estimé le maire, disant sa "sidération" face à ses actes. Ce quartier enclavé doit subir à compter de l'an prochain une complète rénovation dans le cadre de l'Anru 2.

Le président du conseil départemental Christian Favier (PCF) a demandé la création d'un second commissariat dans la ville, déplorant dans un communiqué que "depuis le mois de juillet et l'incendie volontaire (d'un) gymnase, Champigny ait connu "plusieurs autres événements particulièrement inquiétants".

Le syndicat Alliance a dénoncé cette attaque. "Il est grand temps que le gouvernement se saisisse des violences commises contre les forces de l'ordre  (...) Plus personne ne respecte les forces de l'ordre", a réagi son délégué général, Frédéric Lagache.

Sur la même ligne, à la différence de la majorité présidentielle et de la gauche, évidement, l'opposition de droitedénonce ces attaques contre la police et demande une réaction forte du gouvernement. 

"Ces scènes de guerre sont intolérables", pour Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France et proche du maire. "Stop à l'impunité et à la haine anti flics!", a réagi le député LR Eric Ciotti (LR). 

Quant à l'eurodéputé RN Gilbert Collard, il parle de "guerre civile".

Lors d'une soirée de réveillon en 2018, deux policiers avaient eux aussi été violemment agressés dans cette ville "populaire" du Val-de-Marne, qui n'a pas de police municipale. Le président du Conseil département est Christian Favier (PCF).