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lundi 30 mars 2020

Municipales: Macron ne décide plus de rien, suggère Bayrou

"Macron voulait reporter le scrutin," assure le maire de Pau

Qui décide à l'Elysée ? Les oppositions ?

Le passage à l'heure d'été serait donc fatal au "maître des horloges" : alors que le 1er tour s'est tenu malgré l'épidémie de coronavirus et que la décision du président est lourde de conséquences en vies humaines, le maire de Pau assure que le "chef de guerre" s'est laissé dicter sa conduite par l'opposition, en dépit des mesures de confinement décrétées par le premier ministre. 

Deux semaines après les municipales qui ont contribué à la propagation du virus, le maintien du premier tour des élections municipales malgré l’épidémie de coronavirus continue de susciter l'indignation, puisque que nombre d’assesseurs ont été testés positifs au Covid-19 et que plusieurs responsables politiques dénoncent un scandale.

Bayrou a mis le temps, mais il a mûri la contre-offensive

Résultat de recherche d'images pour "girouettes artisanales ...
Dans Le Figaro de ce lundi 30 mars, le président du MoDem François Bayrou tente de maquiller les faits. Le mis en examen continue de sévir, malgré des faits de "complicité de détournement de fonds publics" dans l’affaire des assistants parlementaires européens du parti centriste. Il ne craint pas d'affirmer que l’option du report avait non seulement sa préférence, mais aussi celle d’Emmanuel Macron. Que ne l'a-t-il clamé plus tôt, et surtout avant la prise de décision de Macron qui a envoyé des Français au casse-pipe

Le Monsieur Propre jauni se donne le beau rôle. 
"Dès lors qu’on devait fermer les écoles, puis les bars et les restaurants, il était évident pour moi que la conclusion logique et immédiate ne pouvait être que le report des élections.
"C’était précisément l’avis du président de la République”, assure celui qui sonde les reins et les coeurs

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Macron a eu ceux que
le LBD 40 de Castaner a manqués
Et l'aigri qui a foiré tout ce qu'il a tenté de pointer les pressions exercées sur l’exécutif: “les oppositions ont poussé de hauts cris en criant [ce ministre de l'Education souille l'image de l'agrégation de lettres] au déni de démocratie. Le consensus nécessaire est devenu impossible et la décision n’a pas été prise”. Le chef de guerre n'en impose plus qu'à ses godillots de l'Assemblée. 

Sans consensus politique sur le sujet, tout utilisateur de l'article 49;3 et des ordonnances qu'il soit, Jupiter ne pouvait obtenir l’union nationale qu’il appelait de ses voeux, alors que celle-ci s'est depuis concentrée sur le Covid-19. 

Le matin même, "devant les responsables politiques du pays”, Macron n'avait pas envisagé le maintien, explique Larcher, du fait, précise-t-il que "le stade 3 n’est alors pas d’actualité".  

Le tordu-de-Pau ne rappelle pas que, le même soir, l'exécutif avait viré casaque et que le maintien devenait incohérent:  “Samedi soir, la situation change: intervention du premier ministre, confirmation du stade 3 avec ses restrictions”. 

mercredi 18 décembre 2019

Un partisan LR de "l'union des droites", menacé d'exclusion

LR lance une procédure d'exclusion contre Erik Tegnér

La direction de Les Républicains a lancé une procédure d'exclusion contre un militant


Erik Tegnér est en effet partisan d'une "union des droites" allant de la droite jusqu'à l'extrême droite.
"Une procédure est en effet engagée", a confirmé vendredi le LR Aurélien Pradié, qui va "recevoir (E. Tegnér) le moment venu pour respecter la procédure contradictoire". 
A. Pradié a envoyé jeudi une lettre à la présidente de la fédération LR de Paris, Agnès Evren, dans le cadre de cette demande d'exclusion formulée au niveau des instances nationales, a-t-on appris auprès du parti.
Cette démarche est "une suite logique de ses prises de positions publiques", a ajouté A. Pradié, insistant sur le fait qu'il reste diverses étapes juridiques "pour arriver à l'issue" de la procédure, et que celle-ci est "banale, car il n'est qu'un simple adhérent sans mandats électifs".
Pradié affirme toutefois qu'"Erik Tegnér sera exclu d'ici la fin de l'année. Ce monsieur est le porte-parole de Marion Maréchal. Il n'habite pas chez nous, donc on va le soulager".

Se disant "totalement abasourdi" et "sidéré", il qualifie cette décision de "chasse aux sorcières", contre laquelle il compte "évidemment faire un recours".
"En m'excluant, ils disent aux militants de la droite assumée: vous n'avez pas votre place chez LR", a-t-il déploré, en ajoutant qu'"évidemment", il ne rejoindra pas le RN, si la procédure d'exclusion allait à son terme.

"La droite est censée défendre la liberté d'expression et pourtant chez LR on tombe dans le délit d'opinion, la chasse aux dîners, aux fréquentations", a-t-il polémiqué, assurant qu'"à une autre époque, Aurélien Pradié aurait été avec McCarthy aux États-Unis".

Cette démarche a rapidement fait réagir les deux candidats malheureux à la présidence de LR.
Le député souverainiste du Vaucluse Julien Aubert, qui avait recueilli 21% des voix en octobre, s'est déclaré sur Twitter "pas favorable à exclure sur des idées, sauf à prouver qu'Erik Tegnér a franchi la ligne rouge en rejoignant le RN".

"Lors du dernier 'conseil stratégique' Les Républicains, j'ai exprimé mon désaccord avec les procédures d'exclusion que l'actuelle direction du parti, semble-t-il, souhaite engager contre des militants qui débattent et dialoguent, à droite, hors des murs partisans", a de son côté twitté le député de l'Yonne Guillaume Larrivé, qui avait totalité 16% des voix sur son nom face à Christian Jacob.

La question de "l'union des droites" s'est imposée à LR en crise avec les désertions de juppéistes, qui ont traversé la rue pour conserver leurs mandats avec La République en marche qui phagocyte ses thématiques et le Rassemblement national pariant sur sa disparition. En juin, un dîner organisé par Marion Maréchal avec plusieurs élus LR après la défaite annoncée des européennes avait semé la zizanie à droite, le président du Sénat Gérard Larcher affirmant que ces élus s'étaient mis "en dehors" de leur parti.
A noter que, dès 2008, au cours de son premier mandat de président du Sénat, il a mené la plus importante réorganisation du Sénat depuis 1958, en réformant notamment les systèmes de rémunérations, retraites et privilèges des sénateurs (fin des grosses retraites et des prêts immobiliers à 0 %, réduction du parc automobile, suppression du deuxième appartement de fonction du président du Sénat). En juillet 2011, il peut se féliciter d’être le premier président de la haute assemblée à ne pas avoir demandé à l'Etat d'augmenter le budget du Sénat.

"Il n'y a pas de procédures massives engagées", a précisé A. Pradié.
Pour Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et ancien allié de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle de 2017, "Christian Jacob soutient les investitures communes LR-LREM mais exclut Erik Tegnér qui assume ses valeurs. D'autant plus lâche que la procédure ne touche pas les +grands+ élus pro-union".

Cet adhérent a un pedigree qui n'aurait dû tromper personne


Proche de Marion Maréchal, E. Tegnér est l'un des trois organisateurs de la "convention de la droite" qui avait fait grand bruit en septembre avec l'intervention d'Eric Zemmour sur l'islam.
Il est issu issu d'une famille liée au Front national.
Son grand-père Marcel Chéreil de la Rivière, ainsi que sa cousine, Marie d'Herbais, sont des amis proches de Jean-Marie Le Pen. Jean-Marie Le Chevallier, son oncle par alliance,  fut maire FN de Toulon (1995-2001).

Il n'a lui-même jamais fait mystère de ses convictions. 

Après avoir étudié le droit à l’université Panthéon-Assas, il a intégré une école de management à Grenoble. pour entrer, en 2018, en formation continue à l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP), dont la directrice générale est Marion Maréchal.

Son parcours politique est un zig-zag droitier.

Adhèrent au Front national en 2011,
il se déclare déçu du "virage social" de Marine Le Pen et se tourne vers Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012. En 2014, il rejoint l’UMP devenue Les Républicains (LR) en 2015.
En 2017, il est responsable des jeunes de DroiteLib, mouvement de Virginie Calmels, première adjointe au maire de Bordeaux, Alain Juppé, vice-présidente de Bordeaux Métropole.


Lors du congrès des Républicains de 2017, il dit avoir rencontré une majorité de jeunes LR prêts à s’allier avec le FN mais n’osant pas l’affirmer publiquement par crainte de sanctions de la direction du parti.
Il rompt avec Virginie Calmels en mai 2018, indiquant : "Quand j'étais avec elle, j'ai menti. Mais tout le monde ment. Une majorité de la base LR pense comme moi sur l'union des droites mais dit le contraire." Il s’affiche dès lors en partisan d’une "union des droites" allant jusqu'au Rassemblement national (ex-FN), une prise de position qui l’oppose à la majorité des dirigeants de LR.En 2018, lors de sa candidature à la présidence des Jeunes Républicainsil dénonce "une forme de bien-pensance" au sein du parti et souhaite faire de l’élection "un référendum pour ou contre l’union des droites". Il commence sa campagne avec une réunion à laquelle participent 300 personnes, dont Sébastien Chenu (Rassemblement national), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), Jean-Frédéric Poisson (Parti chrétien-démocrate), Charles Millon (Droite libérale-chrétienne) ou encore Paul-Marie Coûteaux. Il voit finalement sa candidature écartée par la direction du parti.

Repoussé vers Marion Maréchal, qu’il qualifie de "seule chance de survie de LR ", il décline l’offre de Nicolas Dupont-Aignan de figurer sur la liste de Debout la France aux élections européennes de 2019. 


En septembre 2019, après avoir lancé le mouvement Racines d'avenir, il est l’un des trois organisateurs de la "Convention de la droite" visant à construire "une alternative au progressisme" et où s’expriment notamment Eric Zemmour et Marion Maréchal. Il apporte ensuite son soutien à la candidature du souverainiste Julien Aubert au congrès des Républicains.

dimanche 1 décembre 2019

Retraites : LREM s'étonne d'une offensive populaire contre le gouvernement

Le pouvoir sans partage coupe des réalités du terrain

Avatar de législatives déboussolées, une Chambre toute-puissante: 
le peuple ne s'est laissé d'autre choix que de taper du poing pour se faire entendre


Stanislas Guerini, délégué général de LREM, ne comprend pas ce qui lui arrive et il dénonce une volonté de l'opposition d'attiser "toutes les colères"...
 Le monde à l'envers ! "C'est quand même historique ce qui se passe : le RN sera au côté du PS - on peut aussi dire le PCF au côté du RN ! - pour manifester, là où la CFDT n'appelle pas à la manifestation", s'est offusqué le patron de LREM dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, évoquant ensuite sur Twitter "un mur (qui) va tomber". Sommes-nous à Berlin ?
A l'approche de la journée de mobilisation le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites, l'opposition pointe en revanche l'opacité des mesures mises en discussion et donc l'absence d'une possibilité de vrai dialogue véritablement ouvert et franc.

Le parti du président est lucide : le pouvoir fait l'unanimité contre lui.
"On voit bien qu'il y a une volonté de faire converger toutes les colères, d'attiser tout ce qui va mal", a-t-il affirmé, dénonçant la forte mobilisation annoncée par les opposants au projet du gouvernement, qui risque de paralyser le pays, quand la stratégie du flou et l'arrogance de la rhétorique se substituent au dialogue.

La mobilisation interprofessionnelle du 5 décembre s'annonce massive, notamment dans les transports, mais aussi à EDF, dans les universités, l'Education nationale ou la Justice.
"Tout cela est orienté contre la politique du gouvernement par ceux qui ont toujours le sentiment qu'on a pris le pouvoir par effraction et qui n'ont qu'un rêve au fond: faire en sorte que nous ne réussissions pas", polémique Guerini, comme si l'enjeu était partisan avant que d'être social et politique.

Les Français prennent conscience de leurs erreurs en mai et juin 2017


Adrien Quatennens, numéro 2 de La France insoumise, avait affirmé auparavant que si "dans le pays, les colères sont nombreuses", la mobilisation du 5 décembre devait se concentrer sur la réforme des retraites. "Il ne faut pas dévier, il faut aller sur les retraites, parce qu'on peut faire reculer ce gouvernement", a-t-il insisté, assuré du relais d'Europe 1, contrôlé à 100 % par Lagardère Active (comme le JDD), Les Echos, pôle média du groupe LVMH, comme Le Parisien et Radio Classique, et de CNews, groupe Canal+, détenu par Vincent Bolloré).

A droite,
Gérard Larcher (LR) a dénoncé "l'opacité totale" autour du projet du gouvernement qu'il a appelé à clarifier les choses.
"Je ne crois pas réellement à une espèce de miracle de réouverture d'un dialogue d'ici jeudi", a affirmé le président du Sénat (RTL, Le Figaro, LCI), mais
"d'ici la fin du mois, il faut que le gouvernement éclaircisse".

Les questions non arbitrées foisonnent et alimentent les inquiétudes.


Ainsi la question essentielle de l'âge de départ à la retraite reste notamment posée. "Il faut regarder les Français en face et leur dire : 'on bougera, on ne restera pas à 62 ans. La réalité, c'est qu'on passera à 63 ans, puis à 64", a mis en garde le président du Sénat.

Pour la présidente de l'Ile-de-France, 
Valérie Pécresse, qui fut au côté du gouvernement sur la loi  Orientation et Réussite des étudiants, puis sur la réforme de la SNCF qui modifie le statut du cheminot, "le vice initial de la réforme des retraites c'est de vouloir changer les règles du jeu en cours de jeu."

"Si la grève est ultra suivie, si le service minimum n'est pas assuré aux heures de pointe, on va plonger des millions de Français dans la détresse", a  déploré la présidente de région 
(une ex-LR qui participe à Libres! et se construit un avenir présidentiel) sur BFMTV, indiquant que "si le service minimum n'est pas assuré" dans les transports publics, elle demandera "un remboursement" des usagers. Revendication électoraliste ? 
Qui financera les remboursements ? La SNCF est en effet un établissement public à caractère industriel et commercial. Détenu à 100% par l'Etat et le contribuable, l'usager paiera son propre remboursement ! Et avec lui tous les Français...  

jeudi 7 novembre 2019

Le président du Sénat dénonce des propos injurieux adressés à plusieurs sénateurs

Gérard Larcher (LR) a procédé à "un signalement" au procureur de la République 

Des sénateurs qui ont voté en conscience l'interdiction des signes religieux pour les accompagnantes voilées de sorties scolaires ont été 

victimes de "propos virulents, injurieux, voire violents" sur Internetrévèle le président du Sénat.

Il a également informé le Parquet "des menaces, y compris des menaces de mort, individuelles ou collectives", reçues par des sénateurs, apprend-on d'un communiqué publié par la présidence à l'issue de la réunion du Bureau du Sénat jeudi. Le président du Sénat les a "incités à porter plainte". 
L'enquête IFOP stigmatisant les mécréants, et la tribune publiée dans Libération dénonçant des "lois liberticides" qui sont votées "depuis des années" à l’encontre des musulmans tombent fort mal et se révèlent malveillantes: la première est commandée par la Dilcrah (dépendante d'Edouard Philippe), et par la fondation Jean-Jaurès (socialiste), qui tente d'accréditer les soi-disant discriminations et agressions des Blancs sur les musulmans et la seconde, à l'initiative du CCIF, Collectif contre l'islamophobie en France, appelle ce dimanche à un défilé communautariste et islamo-politique. Pendant la campagne présidentielle de 2012, lors d'un meeting le 11 mars, Nicolas Sarkozy, président sortant s'appuyant sur une note interne des renseignements généraux, déclara que le CCIF et Tariq Ramadan ont conjointement appelé à voter pour François Hollande. Le CCIF est clairement un acteur de l'islam politique. Marwan Muhammad, porte-parole du CCIF, considère que les raisons d'opposition à l'islam diffèrent selon les préférences politiques, mais sont toutes condamnables en France: "A droite, l'islamophobie est alimentée par un discours sur l'identité ou la sécurité ; à gauche, par la défense de l'égalité hommes-femmes et la laïcité." Tous sataniques au regard de la charia ? Lien PaSiDupes
Le président du  Sénat  a enfin signalé un message qui circule sur Facebook. 
Gérard Larcher demande au Parquet d'examiner si cet appel à la collecte d'informations sur des sénateurs s'étant exprimés en faveur du texte, "constitue un délit de provocation à commettre un délit". S'agit-il d'appels à intimidation, violences physiques ou assassinats ?

L'auteure de la proposition de loi adoptée en première lecture le 29 octobre au Sénat n'a pas attendu que Castener se bouge

La sénatrice LR Jacqueline Eustache-Brinio, a déposé plainte contre la publication de posts sur la page "HKM" de  Facebook  appelant à publier la liste des sénateurs ayant voté en faveur du texte "avec leur photo, leur fonction, leur ville de résidence"

Le président du Sénat a présenté au Bureau un "vademecum" à destination des sénateurs "afin qu'ils connaissent les procédures à leur disposition s'ils ont été l'objet de propos menaçants ou d'injures". Ils ne sont à l'évidence pas préparées aux nouvelles moeurs dans le "monde nouveau" de Macron, pour qui le voile islamiste n'est "pas son affaire"......

Interrogé lors des questions au gouvernement du Sénat, suite à des posts sur les réseaux sociaux appelant à "afficher au mur de la honte" les noms des sénateurs ayant voté en faveur du texte, Christophe Castaner avait dénoncé mercredi des "intimidations totalement inacceptables".

Le ministre de l'Intérieur avait indiqué avoir saisi la plateforme de signalements de contenus illicites en ligne, Pharos, et avoir adressé un signalement auprès du procureur de la République.

dimanche 2 juin 2019

Laurent Wauquiez démissionne de la présidence des Républicains

Pouvait-il redresser le parti en 18 mois ?

Le défi était difficilement surmontable, dès l'instant où les battus de 2017 ne serraient pas les rangs

Résultat de recherche d'images pour "Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires"Une semaine après le nouveau revers de la droite - aux européennes, deux ans après celle de la présidentielle -, de nombreux élus avaient appelé à un changement de direction. Telle est la règle, bien que ni Mélenchon à La France insoumise (LFI), ni Benoît Hamon à Génération.s ne se l'applique. 

Une semaine jour pour jour après le score décevant des Républicains aux élections européennes (8,48%), la pression était devenue intenable. Le patron de LR a accédé à la demande des anciens et des modernes, face aux sondages dépeignant une image de plus en plus contestée auprès des Français - contrairement à celle de François-Xavier Bellamy ; aux critiques répétées en Bureau politique et en réunion de groupe sur sa ligne stratégique ; à l’échec de sa proposition de lancer des "états généraux de la refondation" en attendant la rentrée de septembre; et aux appels du pied de la majorité présidentielle aux élus LR pour qu’ils quittent le parti, le patron de Vaugirard a préféré rendre son tablier à ceux et celles qui n'en auraient voulu pour rien au monde au lendemain de la présidentielle. Il pourra se consacrer entièrement à la région Auvergne-Rhône-Alpes, la plus peuplée de France métropolitaine. 

Depuis sa région, il a toutefois tenté d’échanger avec plusieurs ténors de LR au téléphone ce week-end.
Mais son sort était scellé : sa démission semblait être un préalable à la reconstruction du parti, depuis qu'en 1999, Sarkozy avait quitté la présidence du RPR après l’échec du parti aux européennes, déjà.

Ce mardi, le président du Sénat a d'ailleurs prévu de lancer un "travail de reconstruction collective" autour des présidents de région - à l’exception de Xavier Bertrand (Hauts-de-France), qui n’a pas l’intention de s’y rendre -, ainsi que des présidents d’associations d’élus et des présidents de groupe de la droite et du centre. "Il faut bien trouver une solution! Ça prend l’eau de toute part", s’inquiétait un élu anonyme en fin de semaine dernière, alors que les municipales de 2020 approchent à grands pas et qu'il faut tenir de grandes villes LR, comme Marseille ou Bordeaux, à l'écart du grand doute actuel. "Laurent Wauquiez, c’est François Fillon en pire," se réjouissait d’ailleurs un ex-LR rallié à LREM, convaincu de pouvoir bénéficier «de l’effet repoussoir» du président de LR pour attirer de nombreux élus de droite dans le camp pro-Macron.

Il y a dix-huit mois, les mêmes l'avaient élu avec près de 75% des suffrages.
Le 10 décembre 2017, il remporta l'élection dès le premier tour l'élection pour la présidence du parti Les Républicains (LR), contre le juppéiste Macron-compatible Maël de Calan (9,25%). Avec 74,64%, Laurent Wauquiez démontrait sa popularité parmi les militants LR.
Alors qu'en 2017 de nombreuses personnalités de droite poussaient Laurent Wauquiez au renouvellement des idées et des personnes, Bruno Retailleau avait exprimé un avis contraire. Le chef de "Force Républicaine" avait jugé que le nouveau président des Républicains devait "s’appuyer" sur les idées qui ont fait le succès de François Fillon durant les primaires de la droite et du centre.
"Je veux qu’on s’appuie sur le socle de François Fillon, qui est un socle libéral," avait-il défendu, ajoutant : "je suis en train de dire que je veux peser dans ma propre famille politique avec des idées qui ont montré qu’au moment des primaires, elles étaient capables de rassembler une très grande partie de l’électorat de droite et du centre autour de la liberté, de l’autorité de l’Etat et d’un certain nombre de valeurs, la fierté française, la famille et d’autres".

"Les victoires sont collectives, les défaites sont solitaires"
(Wauquiez, le 2 juin 2019) 
"Si j’étais à sa place, et vu la situation, sans doute que je démissionnerais", avait indiqué la présidente LR de la région Ile-de-France sur RTL, avant de rappeler que Nicolas Sarkozy, en 1999, avait "pris très courageusement et avec beaucoup de panache la décision de démissionner" de la présidence du RPR, après avoir obtenu 12,9% des suffrages. 
"J’espère qu’à sa place j’aurais démissionné", avait abondé, quelques heures plus tard, le patron de la droite sénatoriale, Bruno Retailleau. Si Gérard Larcher n’avait, quant à lui, "appelé à la démission de personne", le président du Sénat avait toutefois observé que Laurent Wauquiez avait à faire face à un "sacré défi" qui exige de se "remettre très profondément en question". "La logique gaulliste voudrait qu’il démissionne, mais s’il ne le fait pas, les statuts le protègent", avait ajouté le deuxième personnage de l’Etat.

Ce dimanche encore, dans un entretien avec le JDD , le président de la Commission des finances de l’Assemblée, Eric Woerth, avait appelé Laurent Wauquiez à "prendre ses responsabilités". "Ce n’est pas en mettant la poussière sous le tapis, en ayant peur des débats que nous nous en sortirons. Oui, il faut le dire. Il y a aussi un débat sur le leadership. Oui, il y a un rejet des Républicains aujourd’hui. Il faut affronter ce sujet de façon claire, sereine et responsable", insistait l’ex-ministre du Budget.

Au-delà de ces déclarations, quelques élus ont traversé la rue pour préserver leur emploi (le maire de Quimper, Ludovic Jolivet, quitte LR et rejoint la droite pro-Macron d'Agir animé par Franck Riester, ministre 'constructif' de la Culture), ainsi que de menaces de scission d'une vingtaine de membres du groupe LR à l’Assemblée. Ce qui faisait dire à nombre d’élus que le parti est "de plus en plus rétréci". "Il n’y a plus de droite", aurait même estimé Nicolas Sarkozy dimanche soir dernier, en découvrant les résultats des européennes en petit comité. Si rien dans les statuts de LR ne pouvait contraindre Laurent Wauquiez à quitter son poste, c’est donc cette pression des parlementaires et des maires qui l’aura emporté... Un an et demi seulement après son élection à la tête du parti.
La vingtaine  de députés ne quitte pas le navire, quant à eux. Parmi eux, Jean-Carles Grelier (53 ans, Sarthe), Robin Reda (28 ans, Essonne, soutien de Florence Portelli en 2017), Eric Pauget (49 ans, Alpes-Maritimes, membre de 'Libres !', le mouvement de Valérie Pécresse), Stéphane Viry (séguiniste de 50 ans, Vosges) ou encore Arnaud Viala (44 ans, qui parraina Laurent Wauquiez en 2017, Aveyron) ont prévu de se réunir une nouvelle fois mardi matin et d'attendre l’initiative de Gérard Larcher, mardi en fin de journée, pour "observer ce qui se passe". "On n’est pas pressé. On envisage de créer un groupe mais rien n’est encore totalement décidé", précise un élu.
Un nouveau groupe qui ne serait pas sans rappeler
le 'RUMP" mis en place par François Fillon au plus fort de sa guerre avec Jean-François Copé, en 2012. Au RUMP, se retrouvaient Baroin, Bussereau, Chartier, Ciotti, Bernard Debré, Estrosi, Goujon, Lamour, Lellouche, Léonetti, Pécresse, Vigier, Woerth et Wauquiez. 
"
Ce n’est pas une déclaration de guerre; c’est fait sans rancœur, ce n’est pas contre Christian Jacob [président de groupe à l'Assemblée], mais on a besoin d’un second souffle", explique un autre député.
Parmi les ambiguïtés du paysage politique, notons le groupe "UDI-Agir" à l’Assemblée, dès lors que l'UDI a présenté son propre candidat aux Européennes, Jean-Christophe Lagarde, face à la liste présidentielle menée par Nathalie Loiseau, soutenue par Agir!. Pourquoi un Jolivet préfère-t-il se rallier à LREM plutôt qu'à l'UDI, si ce n'est par opportunisme ?

"A mon avis, Les Républicains sont morts. On devra recréer autre chose", se met à penser un élu défaitiste, et pourtant membre de la direction, mais qui préfère garder l'anonymat. 
En attendant, selon les statuts de LR, c’est au vice-président délégué Jean Leonetti d’assurer l’intérim, le temps que la Haute Autorité organise une nouvelle élection. Il va devoir faire surgir des hommes de convictions.

mercredi 27 mars 2019

Affaire Benalla: Ferrand poursuit sa guerre des boutons au Parlement

Le premier ministre fait du boudin

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a confirmé mercredi la bouderie au sommet de l'Etat macronien

L'Edourad tire la gueule : sa conception du débat républicain...
Le premier ministre, personnage de l'Etat n° 2, continue de bouder à Matignon. Le n° 3 sera accompagné du n° 4 qui viendra "seul" à une conférence prévue vendredi avec son homologue du Sénat, Gérard Larcher. Edouard Philippe entend ainsi "marquer" son mécontentement après que le Bureau du Sénat a saisi la justice du cas de trois proches collaborateurs du président Macron, Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lavergne, pour soupçons de "faux témoignages" sous serment devant la Commission d'enquête du Sénat.

Résultat de recherche d'images pour "La guerre des boutons affiche"
Avec Richard Ferrand (LREM) cette fois-là, l'Edouard avait déjà boycotté une conférence commune prévue vendredi dernier avec Gérard Larcher (LR) devant des étudiants à Lille pour protester contre cette même décision sénatoriale, dans le cadre de l'affaire Benalla.

Ferrand tacle l'Edouard

"Je lui ai téléphoné [à Gérard Larcher] et je lui ai dit 'écoutez président voilà, vous irez à Lille tout seul et moi j'irai à Créteil tout seul' ", a raconté sur Europe 1 Richard Ferrand, qui doit se rendre vendredi à la faculté de droit de Créteil pour débattre - ironie du sort - de "la démocratie représentative" et "participative".

Ferrand fait (involontairement ?) la leçon à Philippe : "la franchise des actes, c'est mieux que l'hypocrisie des faux-semblants", a-t-il expliqué à qui veut l'entendre.
Résultat de recherche d'images pour "auberge des culs tournés""Il faut bien marquer le coup lorsqu'on a le sentiment profond qu'une procédure démocratique est utilisée à des fins politiciennes, de son point de vue. On ne peut pas faire semblant d'être dans une coopération joyeuse lorsqu'il y a un coup de canif dans la confiance qui est mis. Mais il ne faut pas parler de guerre", a plaidé le président de l'Assemblée. En résumé, Larcher et Ferrand ont rendez-vous vendredi à "L'Auberge des culs-tournés"...

L'Elysée vit mal la formation au Sénat d'une poche de résistance à sa politique sans partage. Depuis la saisine de la justice par la Chambre haute jeudi dernier, la mauvaise humeur de Philippe et Ferrand témoigne du mauvais caractère de Macron.
Sur Europe 1, Ferrand s'en inquiète et met de l'eau dans son vin. "Mes collègues sénateurs ont eu raison" de saisir la justice des cas d'Alexandre Benalla et de son acolyte Vincent Crase, a estimé celui qui doit tant à la clémence des juges, notamment dans son implication dans l'opération immobilière réalisée en faveur de sa compagne auprès des Mutuelles de Bretagne qu'il dirigeait.

Alors qu'Anticor porte une nouvelle plainte contre Alexis Kohler, autre proche collaborateur de Macron, pour conflit d'intérêts, notamment, le partisan continue  : "Ce qui est dommage, c'est d'utiliser des instruments de contrôle démocratique [mieux que ça, constitutionnels non sujets à débat] pour en vérité mettre en cause des hauts fonctionnaires qui eux, du propre aveu du Sénat, n'ont strictement pas menti. (...) C'est politicien. Du coup ça abaisse un peu l'enjeu du contrôle et de l'évaluation démocratiques qui est le rôle des deux assemblées", a-t-il polémiqué, alors que la justice est saisie.


Richard Ferrand pose un lapin à l'ensemble des métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomération et grandes villes de France.

La présidence du Sénat a confirmé que Gérard Larcher n'ira pas à Créteil vendredi et qu'il sera à Toulouse pour deux jours au congrès de "France urbaine", à l’invitation de son président, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, président de Toulouse Métropole.
A la différence de l'ex-socialiste Ferrand, Larcher est dispensé de la conférence de Créteil (PS) sur "la démocratie représentative" et "participative"...

mercredi 23 janvier 2019

Schiappa “décrédibilise la vie publique”, observe Estrosi

Démarche racoleuse pour s'attirer les jeunes et les beaufs

Le maire de Nice a regretté une "gadgétisation de la vie politique" par la participation de la secrétaire d'Etat à une émission de Cyril Hanouna.
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Marlène Schiappa suinte la polémique, comme Voici, Closer ou Public sentent le caniveau. Sa participation à une émission sur le "grand débat" animée par Cyril Hanouna souille l'opération et fait vivement réagir la classe politique, tous bords confondus. 
La dernière critique en date vient de Christian Estrosi, qui a reproché à Marlène Schiappa de "décrédibiliser la vie publique" du pays, fustigeant sur Sud Radio une "gadgétisation de la vie politique".

"Peut-être que Madame Schiappa irait au Journal du hard"

On y trouvait les pré-adolescents boutonneux. "Moi, j’ai de la sympathie pour les émissions de divertissement. Je les regarde même. J’ai du respect. Elles sont là pour nous amuser," a raillé Christian Estrosi, ajoutant : "Mais si le 'Journal du hard' existait encore, peut-être que Madame Schiappa irait, je n’en sais rien". Le maire de Nice faisait ainsi référence à une émission de Canal +, qui existe toujours, consacrée à la diffusion de films pornographiques après minuit.


Une petite phrase qu'il ne fallait pas prononcer, au risque de lâcher sur le web tous les frustrés du bas ventre : la misère sexuelle devrait d'ailleurs être évoquée dans le "grand débat national"... Nombre d'internautes estiment qu’elle est sexiste. Une valeur sûre de la critique politique. 

Un début de polémique qu’a voulu éteindre le malicieux Christian Estrosi en présentant ses excuses à Marlène Schiappa. "Si vous avez été choquée par mon interrogation, je tiens à m’en excuser, mais votre participation à une émission de divertissement contribue à décrédibiliser la vie publique", a-t-il expliqué à la féministe dans un tweet pédagogique.

.@MarleneSchiappa si vous avez été choquée par mon interrogation je tiens à m’en excuser mais votre participation à une émission de divertissement contribue à décrédibiliser la vie publique.
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Elisabeth Borne se prêterait-elle à cette mascarade ?
Il a encore fallu que ce soit Schiappa qui s'y colle... Christian Estrosi n’est pas le premier élu à vivement critiquer Marlène Schiappa. 

Mardi 22 janvier, elle a essuyé les sifflets et les remarques de plusieurs sénateurs, Gérard Larcher allant jusqu’à lui demander de faire "dans la modération, pour une fois". L’émission de Cyril Hanouna, intitulée "La parole aux Français", sera diffusée vendredi en seconde partie de soirée. 
Après minuit ? Sex toys de rigueur ?