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mardi 3 décembre 2019

Les Macron se décident à rembourser les frais de bouche pour leur famille

Les Macron se décident à rembourser les frais de bouche pour leur famille

Macron reçoit 
ses proches et ceux de son épouse, dès qu'il en a l'occasion au palais de l'Elysée 
A Brégançon, Brigitte héberge sa famille, nourrie, logée
Des frais de bouche que le président de la République aurait commencé à rembourser seulement en 2018.
A l’Elysée, on aime d'autant plus recevoir qu'on est isolé. En effet, Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte Macron, sont souvent entourés de beaucoup de monde lors de dîners officiels et ils n’hésitent pas à mettre le prix pour satisfaire leurs convives. Mais ils ne faisaient guère la différence entre argent public et relations privées... 
Or, le palais fait table ouverte à la famille, pour laquelle le montant de l’addition est tenu secret. En avril dernier, le député Régis Juanico s'interrogea sur ces dépenses et posa cette question : le président de la République paie-t-il de sa poche les repas organisés pour ses proches ?

Le premier ministre avait alors pris le temps de répondre à cette question écrite, expliquant que "les dépenses d'alimentation des membres de la famille du Président, qu'il reçoit dans les résidences présidentielles (pavillon de la Lanterne et fort de Brégançon), font l'objet d'un remboursement", comme le rapporte Capital. 

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Non pas spontanément, depuis son élection, le 14 mai 2017, mais sous la contrainte, seulement depuis 2018. Une réponse que René Dosière, qui a mené l’enquête sur les dépenses de la présidence - et dévoilé le résultat dans son ouvrage 'Frais de Palais' - n’a pas manqué de rapporter.

De son côté, Edouard Philippe veillerait désormais à faire également une distinction entre ses frais personnels et professionnels, comme il l’a expliqué lors d’une réponse écrite. Ses dépenses privées "ont fait l'objet d'un remboursement par ce dernier pour les années 2017 et 2018, ainsi que pour l'année 2019 en cours", a-t-il répondu à l’auteur de la question, Régis Juanico, "En particulier, le premier ministre rembourse les dépenses encourues lorsqu'il a l'occasion de recevoir à Matignon sa famille qui n'y habite pas”. Toutefois, les montants n’ont pas été dévoilés.

dimanche 1 décembre 2019

Retraites : LREM s'étonne d'une offensive populaire contre le gouvernement

Le pouvoir sans partage coupe des réalités du terrain

Avatar de législatives déboussolées, une Chambre toute-puissante: 
le peuple ne s'est laissé d'autre choix que de taper du poing pour se faire entendre


Stanislas Guerini, délégué général de LREM, ne comprend pas ce qui lui arrive et il dénonce une volonté de l'opposition d'attiser "toutes les colères"...
 Le monde à l'envers ! "C'est quand même historique ce qui se passe : le RN sera au côté du PS - on peut aussi dire le PCF au côté du RN ! - pour manifester, là où la CFDT n'appelle pas à la manifestation", s'est offusqué le patron de LREM dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, évoquant ensuite sur Twitter "un mur (qui) va tomber". Sommes-nous à Berlin ?
A l'approche de la journée de mobilisation le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites, l'opposition pointe en revanche l'opacité des mesures mises en discussion et donc l'absence d'une possibilité de vrai dialogue véritablement ouvert et franc.

Le parti du président est lucide : le pouvoir fait l'unanimité contre lui.
"On voit bien qu'il y a une volonté de faire converger toutes les colères, d'attiser tout ce qui va mal", a-t-il affirmé, dénonçant la forte mobilisation annoncée par les opposants au projet du gouvernement, qui risque de paralyser le pays, quand la stratégie du flou et l'arrogance de la rhétorique se substituent au dialogue.

La mobilisation interprofessionnelle du 5 décembre s'annonce massive, notamment dans les transports, mais aussi à EDF, dans les universités, l'Education nationale ou la Justice.
"Tout cela est orienté contre la politique du gouvernement par ceux qui ont toujours le sentiment qu'on a pris le pouvoir par effraction et qui n'ont qu'un rêve au fond: faire en sorte que nous ne réussissions pas", polémique Guerini, comme si l'enjeu était partisan avant que d'être social et politique.

Les Français prennent conscience de leurs erreurs en mai et juin 2017


Adrien Quatennens, numéro 2 de La France insoumise, avait affirmé auparavant que si "dans le pays, les colères sont nombreuses", la mobilisation du 5 décembre devait se concentrer sur la réforme des retraites. "Il ne faut pas dévier, il faut aller sur les retraites, parce qu'on peut faire reculer ce gouvernement", a-t-il insisté, assuré du relais d'Europe 1, contrôlé à 100 % par Lagardère Active (comme le JDD), Les Echos, pôle média du groupe LVMH, comme Le Parisien et Radio Classique, et de CNews, groupe Canal+, détenu par Vincent Bolloré).

A droite,
Gérard Larcher (LR) a dénoncé "l'opacité totale" autour du projet du gouvernement qu'il a appelé à clarifier les choses.
"Je ne crois pas réellement à une espèce de miracle de réouverture d'un dialogue d'ici jeudi", a affirmé le président du Sénat (RTL, Le Figaro, LCI), mais
"d'ici la fin du mois, il faut que le gouvernement éclaircisse".

Les questions non arbitrées foisonnent et alimentent les inquiétudes.


Ainsi la question essentielle de l'âge de départ à la retraite reste notamment posée. "Il faut regarder les Français en face et leur dire : 'on bougera, on ne restera pas à 62 ans. La réalité, c'est qu'on passera à 63 ans, puis à 64", a mis en garde le président du Sénat.

Pour la présidente de l'Ile-de-France, 
Valérie Pécresse, qui fut au côté du gouvernement sur la loi  Orientation et Réussite des étudiants, puis sur la réforme de la SNCF qui modifie le statut du cheminot, "le vice initial de la réforme des retraites c'est de vouloir changer les règles du jeu en cours de jeu."

"Si la grève est ultra suivie, si le service minimum n'est pas assuré aux heures de pointe, on va plonger des millions de Français dans la détresse", a  déploré la présidente de région 
(une ex-LR qui participe à Libres! et se construit un avenir présidentiel) sur BFMTV, indiquant que "si le service minimum n'est pas assuré" dans les transports publics, elle demandera "un remboursement" des usagers. Revendication électoraliste ? 
Qui financera les remboursements ? La SNCF est en effet un établissement public à caractère industriel et commercial. Détenu à 100% par l'Etat et le contribuable, l'usager paiera son propre remboursement ! Et avec lui tous les Français...  

mercredi 30 octobre 2019

SNCF : malveillant, le pouvoir sanctionne les grévistes, mais populiste, il rembourse les usagers

Pas de paiement des jours de grève, lance Pépy, celui qui, avant de partir, indemnise les clients

"Aucun client, aucun Français ne comprendrait que l’on paye les jours de grève", a affirmé mercredi le président de la SNCF
Mépris de classe sur le visage de Macron avec Pepy à sa droite,
face à un cheminot seul face à eux, en février dernier
Ils ne comprennent pas davantage que les usagers soient remboursés lorsque les perturbations à la SNCF durent : c'est une chose d'indemniser les voyageurs pris par surprise et laissés à quai, comme le 21 octobre, premier jour des vacances de la Toussaint, mais c'en est une autre pour les jours suivants. Comme c'est encore le cas avec le nouveau conflit au centre de maintenance de Châtillon qui, comme chacun sait, se poursuit. Ce ne sont pas "200 cheminots d'un centre de maintenance de Châtillon [qui sont] à l'origine des blocages," comme l'écrit TF1 sur son site. Si leur grève reconduite ce lundi en assemblée générale - "deuxième mouvement social intempestif à la SNCF", selon Olivier Bost (RTL) - bloque une partie du trafic des TGV Atlantique - 8 TGV sur 10 circuleront en fait chaque jour de ce jeudi jusqu'à dimanche sur l'axe Atlantique - ,  c'est suite à des infrastructures obsolètes et à risques, à force de gaspillage démagogiques et de l'insuffisance des recrutements de personnels et d'investissements de maintenance. 
"80% des places prévues initialement seront disponibles", a précisé Gwendoline Cazenave, la directrice du TGV Atlantique, entre Paris et la Bretagne, les Pays-de-la-Loire et le Sud-Ouest, alors que 200 des 700 salariés du techni-centre de Châtillon, en région parisienne, sont toujours en négociations.
  - Visactu

Une "grève-sauvage", "démarrée sans préavis", souligne Pauline de Saint-Rémy (RTL), dans le centre de maintenance de Châtillon, situé sur une commune de gauche (SFIO, puis PCF, de 1947 à 1983, et UMP-LR depuis), dans les Hauts-de-Seine (département présidé par le juppéiste Devedjian qui fut promu ministre de Jacques Chirac par l'entremise de Raffarin). Mais, pour tous, un dialogue de sourds. "On est au contact des grévistes, on parle reconnaissance du travail, travail du week-end, travail de nuit, mais il y a une revendication qu’il est impossible de satisfaire : c’est le paiement des jours de grève", a asséné Guillaume Pépy. "Il n’est pas légitime de payer les jours de grève, chacun le sait." "En même temps", est-il "légitime" de rembourser les usagers avec billets qui se sont aventurés dans les gares en connaissance des perturbations ?

Motifs de la grève ?

Un accord prévoyait de supprimer douze jours de repos par an, initialement prévus pour compenser le travail de nuit et de week-end des agents de maintenance du centre. Bien qu’il ait été très vite retiré, la grève dure maintenant depuis plus de dix jours, les salariés demandant une prime exceptionnelle.

Le 30 au soir, à la suite de la conférence de presse de 18h30, une délégation de grévistes a pu rencontrer la direction pour des négociations de 4 heures sans qu’aucune concession ne soit faite d’un côté comme de l’autre. Un communiqué publié par les grévistes dénonce alors le "jusqu’auboutisme de la direction du site", tout comme le refus de la part de la SNCF de les recevoir dans son siège national. 

La menace de suppression des douze jours de repos supplémentaires par an visait à aider les bas salaires qui travaillent de nuit et les weekends est levée, mais la grève au Technicentre de Châtillon continue et s'étend, bien que le projet déclencheur de la grève le 21 ait été retiré le 22 octobre par la direction du TGV Atlantique.

Les grévistes réclament désormais un paiement des jours de grève, que la direction leur refuse, la garantie de ne pas faire l'objet de sanctions disciplinaires en raison de leur arrêt de travail et une "revalorisation", c'est-à-dire une prime de 3.000 euros.

Jean-Baptiste Djebbari, le secrétaire d'Etat aux Transports a exclu mardi tout paiement d'une prime et des jours de grève, lors des questions à l'Assemblée nationale.

Ce "mouvement social est aujourd'hui sans objet, a décrété le nouveau petit collaborateur d'Elisabeth Borne (présidente de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) de 2015 à 2017), dans la mesure où le projet de réorganisation qui était demandé a été retiré par la direction régionale. Dès lors, la demande de prime pour reprendre le travail paraît a minima hors sujet, en tout cas injustifiée", avait-il asséné.

"Concernant la demande de paiement des jours de grève il n'y a de la même façon aucune raison d'y donner suite, c'est ce que nous a dit la SNCF et c'est la position du gouvernement", avait-il martelé, se retranchant derrière l'avis de l'entreprise publique.

D'autres mouvements pourraient voir le jour


La grève du techni-centre de Châtillon pourrait s'étendre à celui du Landy. 
Dans cet autre techni-centre d’Ile-de-France, à Saint-Denis (93), Sud Rail explique que les délégués syndicaux du site protestent contre leurs conditions de travail. "On a des démissions tous les jours; on est obligé d'aller négocier avec les collègues parce qu'ils veulent partir. Ils en ont marre des conditions de travail qui se dégradent. [...] Moi, j'ai 20 ans d'ancienneté et je suis à 1.600 euros", déplore Fabien Monteille, délégué syndical sur le site. 
[Ceux de Landy se sont mis en grève le 31 octobre, comme ceux du technicentre Est Européen (TGV) à Pantin et Bobigny, en Seine-Saint-Denis également, alors que le couple Macron prend des vacances à Honfleur sous la haute protection d'une centaine de policiers qu'on a vus particulièrement nerveux à la télévision]
Pour le syndicaliste révolutionnaire au Landy, les cheminots sont à bout : "les collègues en ont tellement ras-le-bol qu'ils disent : 'c'est aujourd'hui qu'on est pas content, c'est aujourd'hui qu'on veut en découdre' ". 
C’est donc par solidarité et pour dénoncer, eux-aussi, des conditions de travail qu’ils jugent indignes, que les deux autres techni-centres franciliens ont débrayé. La SNCF se félicitait jusqu’à présent de pouvoir faire rouler 80% des trains à l’approche du week-end de la Toussaint, mais la propagation du mouvement met en péril la réalisation de cet objectif.

lundi 21 octobre 2019

SNCF : reprise partielle du trafic ce lundi 21 octobre, sur fond de remise en cause du "droit de retrait"

Vers une amélioration du trafic ce lundi 21 octobre

Le conflit entre syndicats et direction n'est pas réglé pour autant



Le gros week-end des départs en vacances de la Toussaint passé, la SNCF mise sur une nette amélioration du trafic ferroviaire ce lundi 21 octobre, avec des perturbations limitées aux TER et Intercités, sans que le conflit entre syndicats et direction sur les “problèmes de sécurité” soit résolu.
Les syndicats jugent "légitime" le droit de retrait qu'ils ont exercé après la collision d'un TER avec un convoi exceptionnel bloqué à un passage à niveau dans les Ardennes, mais une grève "sans préavis" selon la compagnie, voire "surprise" d'après son patron, et même "sauvage" pour le chef du gouvernement, Edouard Philippe... Alors que le trafic des trains a été très perturbé au premier week-end des vacances scolaires, les 19 et 20 octobre, les conducteurs et contrôleurs sont attaqués par leur direction et par leurs tutelles conjointes sur la légitimité de leur action. 
"Dès lors qu'un conducteur gréviste a été qualifié en absence irrégulière, il y aura naturellement une retenue sur son salaire, de l'ordre de 70 à 100 euros par jour", a lancé, dans un entretien au Parisien, Guillaume Pepy, patron de la SNCF pendant encore dix jours.

Dans l’ensemble et selon la SNCF, ce lundi matin, 
les trains Ouigo circulent “normalement”, de même que les TGV.
Les TER (trois trains sur quatre) et les Intercités (deux trains sur trois) continuent à être impactés, au quatrième jour de ce bras de fer entre syndicats et direction autour du "droit de retrait".
🔵 Trafic du lundi 21 octobre
➡️TGV : normal
➡️OUIGO : normal
➡️Transilien : normal
➡️Intercités: 2/3 trains, selon les régions
➡️TER : 2/3 trains, selon les régions

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Des disparités existent d’une région à l’autre, avec des "problèmes résiduels" sur des TGV province-province relevés dans l’Ouest et très peu de TER circulant en Champagne-Ardenne, où l’accident à l’origine de l’arrêt de travail a eu lieu mercredi.
Gare Saint-Lazare à Paris, l’affluence ressemblait à celle d’un lundi matin ordinaire, avec seulement un TER supprimé vers Giverny, et un Intercités vers Le Havre.
A Marseille, gare Saint-Charles, la plupart des TER étaient affichés à l’heure, même si un panneau prévient que "le trafic sera perturbé jusqu’à la mi-journée".

La direction de la SNCF joue les usagers contre les cheminots
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Les billets seront remboursés "à 100%", a annoncé le président de la SNCF, Guillaume Pepy, dimanche soir, précisant que cela concerne aussi ceux normalement non remboursables... 
Il a annoncé la mise en place rapide d’un fonds d’indemnisation d’un million d’euros pour les voyageurs qui ont subi "des dommages exceptionnels", notamment ceux qui ont dû acheter d’autres billets de transport à des tarifs plus élevés ou se loger à l’hôtel.

Polémique gouvernementale sur le "droit de retrait" qualifié de "grève-surprise qui ne respecte pas la loi"

A l’origine du mouvement  de colère cheminote, l'accident du TER reliant Charleville-Mézières à Reims qui a fait 11 blessés dont plusieurs hospitalisés, soulève la
question de la sécurité des passagers et des personnels lorsque le conducteur est seul agent SNCF  à bord du train, face à l'obligation de porter secours aux passagers alors qu’il était lui-même blessé, et qu'il doit dans le même temps sécuriser la voie contre le risque de collision avec un autre train, donc abandonner le train et ses passagers.

Les syndicats contestent ce mode de fonctionnement, qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur, évoquant des risques de sécurité pour les voyageurs. Ils pointent aussi des problèmes de sécurité particuliers à l’engin accidenté, un autorail grande capacité (AGC).
Lors d’une réunion dans la nuit de vendredi à samedi, la direction a fait trois propositions qui n’ont pas satisfait les organisations syndicales: modification de "certains équipements" spécifiques de l’AGC (autorail grande capacité); mise en place de... groupes de travail sur les procédures de sécurité "dans les jours qui viennent" et "accélération" des recrutements, a résumé samedi Guillaume Pepy.

Dans le même temps, le patron de l'entreprise publique a également dénoncé une "grève-surprise qui ne respecte pas la loi", puisqu’à la SNCF le préavis est obligatoire. 
Pour les syndicats au contraire, il s’agit bien d’un droit de retrait, une procédure exercée par un salarié lorsqu’il considère que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa vie et sa santé, ou s’il constate une défectuosité dans les systèmes de protection.

Sur les voies à la place de Macron, Edouard Philippe,
le premier ministre a dénoncé un "détournement du droit de retrait qui s’est transformé en grève sauvage" et a "demandé à la SNCF d’examiner toutes les suites qui pouvaient être données, et notamment judiciaires." Le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, lui a fait écho, estimant que la SNCF pourrait prononcer des sanctions individuelles et saisir la justice.
Guillaume Pepy précise dans un entretien avec Le Parisien ce lundi que, "dès lors qu’un conducteur gréviste a été qualifié en ‘absence irrégulière’, il y aura naturellement une retenue sur son salaire, de l’ordre de 70 à 100 euros par jour".
Alors que la direction prévoit une réunion "avec les partenaires sociaux dès jeudi", selon Guillaume Pepy, l’Unsa (2e syndicat SNCF) va organiser des réunions en interne à partir de lundi "pour décider de la stratégie à adopter", a souligné Didier Mathis, son numéro un. Mais le syndicat écarte d’emblée l’idée de déposer un préavis de grève.

En revanche,
les trotskistes de SUD-Rail (3e) vont "continuer de soutenir les cheminots qui vont exercer le droit de retrait car la direction ne propose rien de concret pour la sécurité”, selon Julien Troccaz.

L
iant les revendications, la CGT (1er syndicat) appelle à participer “massivement” à la journée d’action du 5 décembre contre la réforme des retraites. Elle accuse le Premier ministre de vouloir “le pourrissement”.

mercredi 10 juillet 2019

Transport routier : le gouvernement va sucrer une partie du remboursement de la taxe sur le gazole

Le gouvernement va reprendre d'une main plusieurs centimes par litre du remboursement de la taxe sur le gazole cédé de l'autre 

Ce remboursement sera réduit de 2 centimes d’euros par litre, 
soit un total de 140 millions

Ce pactole pourrait être réaffecté à l’agence de financement des infrastructures..., 
  
établissement public administratif national (EPAN) chargé de coordonner le financement de grands projets d'infrastructures de transport et dont la tutelle de l'Etat est exercée par le ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie....

Deux centimes de moins qui risquent de relancer la grogne des automobilistes et de justifier la reprise du mouvement des Gilets jaunes en septembre. Dès 2020, "le remboursement partiel sur le gazole dont bénéficie le transport routier français de marchandises sera réduit de deux centimes par litre, ce qui représente une contribution de 140 M€ en année pleine", a annoncé ce mardi la ministre des Transports, Elisabeth Borne, à l'issue d'un Conseil de défense écologique à l'Elysée.

"Ce sera entièrement affecté à l'agence de financement des infrastructures", a-t-elle promis lors d'une conférence de presse, précisant qu'elle va "réunir les organisations professionnelles" dans la journée pour discuter des enjeux de cette mesure.
Qu'ils transportent des marchandises ou des voyageurs en grand nombre, convoient des fonds, des animaux ou des déménagements, les professionnels de la route peuvent, tous les semestres, obtenir un remboursement partiel et forfaitaire de la TICPE, la taxe intérieure sur les carburants qui grève le prix du litre à la pompe. Le pouvoir avait amadoué la profession au moyen de cette faveur que leur envient les particUliers, notamment les Gilets jaunes.

La suppression pure et simple avait été envisagée au printemps

Cette exonération a été accordée le 1er janvier 2004 pour apaiser les entreprises de transport frappées par la hausse continue de la fiscalité sur le gazole, du fait de la volonté actuelle de convergence écologique avec le prix de l'essence.

En 2017, 7,6 milliards d'euros de remises ont été accordés au gazole, tous secteurs économiques confondus. Cette même année, selon les chiffres de l'INSEE, 600.000 poids lourds étaient immatriculés en France - sans compter, donc, les camions d'autres pays traversant la France qui paient plein pot, sans  ristourne gouvernementale - et chacun effectuait en moyenne 33.200 km.

Or, le transport routier ne cesse de gagner en importance, reprochent les associations environnementales et les partisans du ferroutage. 
Les chiffres d'embauche du secteur le confirment : la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) a récemment estimé qu' il faudra former 45.000 chauffeurs en 2019 pour répondre à toutes les demandes. Tandis que la SNCF supprime des emplois et confie la vente de ses billets à des buralistes.

Mais que la profession se réjouisse : ces deux centimes représentent moins, finalement, que ce qu'envisageait le gouvernement au printemps, une technique éprouvée consistant à inquiéter, d'abord, pour apaiser plus facilement, ensuite.
En avril dernier, l’avantage fiscal sur le gazole non routier était de nouveau dans le collimateur de Bercy.
 Raboter le taux réduit sur le gazole non routier arrivait en tête des scénarios pour financer la baisse de l’impôt sur le revenu. Cette mesure avait pourtant mis le feu aux poudres au début du mouvement des Gilets jaunes… L'idée était de réaliser 900 millions d'économies pour financer la baisse de 5 milliards de l'impôt sur le revenu promise par l'exécutif pour répondre à la crise des Gilets jaunes. 

A l'issue du Conseil de défense écologique, en juillet, Elisabeth Borne a aussi annoncé une écotaxe sur les billets d'avion au départ de la France, de 1,5 à 18 euros, à partir de 2020. Lien PaSiDupes : "Macron veut imposer une écotaxe punitive dès 2020"
Tant que ce sont les taxes qui augmentent, et non pas les impôts, les engagements de campagne de Macron sont respectés, vont nous assurer les candidats du parti du président aux municipales... 

vendredi 29 décembre 2017

SNCF : Guillaume Pepy met au défi le pouvoir de lui reprendre son mandat

Le patron de la SNCF met son mandat "à la disposition" du gouvernement

Le patron de la compagnie ferroviaire et le président de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, sont tous deux convoqués

Fait rarissime, les départs en vacances d'hiver coïncident avec le week-end de Noël, samedi 23 et dimanche 24 décembre : les responsables du tourisme et de l'hôtellerie, de l'Education et des collectivités territoriales n'avaient pas prévu que 1,2 million de places à petits prix seraient vendues pour ce seul weekend, soit 50% de plus qu'en 2016... SNCF attendait 5 millions de voyageurs pour cette période de vacances de fin d'année. La SNCF n'a visiblement pas suffisamment anticipé cet afflux. Un trafic SNCF en hausse et le succès du TGV low-cost  ont fait de cette fin d'année une galère pour les usagers.

De nombreux voyageurs n'ont pas pu prendre leur train samedi. 
Les gares d'Austerlitz, Lyon et Bercy étaient particulièrement encombrées. Les voyageurs ont une nouvelle fois été pris au piège d'une importante pagaille dans plusieurs gares. Entre les quais bondés, les trains saturés et les changements de gare, les voyageurs font part de leur exaspération sur les réseaux sociaux.


Panne géante à la Gare Montparnasse, le 3 décembre.
Le trafic était totalement interrompu dans la gare parisienne ce dimanche 3 décembre. Tous les trains au départ et à l’arrivée de la gare Montparnasse à Paris ont été supprimés, suite à une panne technique qui a débuté vers 13h30. Le directeur général de SNCF Transilien mit la panne sur le compte d'un ..."problème informatique" dans la mise en service prévue ce week-end d’un nouveau système permettant d’augmenter le nombre de TGV au départ de Montparnasse. La SNCF avait dû dérouter sur Austerlitz 6 trains au départ de Bordeaux. 
"Ce nouvel incident est inacceptable, quelques mois seulement après celui de juillet et alors que les travaux étaient pourtant prévus de longue date", indique dimanche soir un communiqué du ministère. Une panne de signalisation, dans l’alimentation électrique d’un poste d’aiguillage à Vanves (Haut-de-Seine), avait déjà provoqué trois jours de pagaille fin juillet, en plein chassé-croisé estival, pénalisant des dizaines de milliers de voyageurs. Cela avait conduit la SNCF à annoncer un gros plan d’investissement de 150 millions d’euros investis dans l’information.

Le 26 décembre, la série noire continuait pour les usagers.
A Saint-Lazare, le trafic a été totalement interrompu pendant plus de deux heures. "Je n'en peux plus, les Français n’en peuvent plus, tonne une voyageuse excédée. Il y a un problème électrique. Ils ne sont pas capables de nous donner des infos. C'est ça le problème". 

Un plan d'investissement sur dix ans
La compagnie ferroviaire  - qui, à l'instar de l'exécutif, prend les Français pour des billes - a tenté de minimiser la portée de l'incident assurant que l'événement est "arrivé après l'heure de pointe à une période de l'année, entre Noël et le Nouvel an, pendant laquelle la fréquentation des trains est traditionnellement beaucoup plus faible". Circulez, il y a si peu à voir... 

Un bug informatique, ça va une fois...  
L'incident de mardi 26 est "très différent des difficultés rencontrées en gare de Paris-Bercy" samedi, a assuré la SNCF, en affirmant en outre que l'événement était aussi "totalement différent de celui survenu l'été dernier à Montparnasse" l'été dernier, quand une panne dans l'alimentation électrique d'un poste d'aiguillage avait provoqué trois jours de pagaille. Début décembre, c'est une panne informatique qui avait encore paralysé l'installation et la SNCF avait alors promis une "profonde réorganisation" de son fonctionnement.

La vétusté du réseau, vieux de plus de 30 ans, est pointée du doigt depuis des années : 30.000 km de rails souvent obsolètes, la moitié des ponts et tunnels vieux de plus de cent ans. Ce réseau en piteux état serait la conséquence des choix d'investissement de l'Etat, qui a préféré pousser la SNCF à favoriser le TGV, selon Fabienne Keller, sénatrice juppéiste (LR) du Bas-Rhin. Pour les associations d'usagers, ce déséquilibre est d'autant plus incompréhensible que la majorité du trafic ne se concentre pas sur les TGV. 
Pour sortir de cette spirale du prestige, la SNCF va investir 34 milliards d'euros d'ici 2026.

Et le surbooking, parlons-en...
Il est, notamment, pointé du doigt. Des personnes qui avaient réservé leur billet se trouvent dans l'incapacité d'accéder à leur place. Selon eux, des trains surbondés sont partis même avec de l'avance, obligeant ceux qui n'ont pu y accéder à prendre le suivant.
Les gares parisiennes d'Austerlitz, Bercy et Lyon sont tout particulièrement touchées.
Les passagers sont redirigés en nombre vers d'autres gares, d'autres se sont vus remettre des billets de réduction.



Les images de couloirs et de wagons bondés se multiplient sur les réseaux sociaux.
Ce journaliste de France Info qui a bloqué à PaSiDupes
l'accès à son compte Twitter est-il un démocrate
partisan des libertés d'opinion et d'expression ?


La SNCF reconnaît "une situation difficile" : elle parle peu mais, au moins, que ce soit intelligemment ! 


La ministre des Transports leur demandera des comptes le 8 janvier à midi. 

Elisabeth Borne leur réclame des explications
,
après les incidents qui ont perturbé le trafic depuis plusieurs gares parisiennes ces dernières semaines. Mais "il s'agira d'une réunion de travail, pas plus," assure l'entourage de la ministre, qui fut directrice de la stratégie de la SNCF en 2002.

Pourtant, dans la lettre qu'elle leur a adressée mercredi, Elisabeth Borne somme Guillaume Pepy et Patrick Jeantet de présenter des "analyses" et les "actions engagées".

Le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, déclare vendredi dans 'Le Parisien' que son "mandat est à la disposition du gouvernement". "Mon boulot, avec Patrick Jeantet, c'est de trouver des solutions. Le temps n'est pas aux états d'âme", lance Guillaume Pepy dans cet entretien. La SNCF est une entreprise publique, dont le président est nommé par décret.

Guillaume Pepy ne nie pas les problèmes : il désigne même les coupables.
"Sur la voie, ça va mieux. Avec l'alimentation électrique et la signalisation, on attaque un sujet plus difficile. L'âge moyen du réseau commencera à baisser en 2025", explique-t-il. Il estime cependant que les voyageurs ont été au rendez-vous cette année. "2017, c'est le retour en force du train, assure Guillaume Pepy. On gagne des clients, +3,2% sur Transilien, +4,6% sur les TER".

"Ce sont des causes différentes qui provoquent des conséquences différentes"

Le directeur général adjoint de l'entreprise, Mathias Vicherat, s'est défendu de son impéritie vendredi matin sur Europe 1, tout en valorisant l'impact du plan de rénovation du réseau, qui représente cinq milliards d'euros par an sur les dix ans à venir.

Pour la première fois depuis les incidents en série à la SNCF pendant ce mois de décembre calamiteux pour les usagers, Guillaume Pepy est sorti de son silence dans les colonnes du Parisien."Ces gigantesques travaux, en pleine exploitation, comportent des risques de bugs, d'incidents électriques, des risques de travaux qui ne sont pas suffisamment préparés", déclare pour sa part Guillaume Pepy dans Le Parisien. 


En un an, les pannes se sont multipliées dans les gares parisiennes et en province où on ne compte plus les incidents d'aiguillage ou de signalisation. Conséquences : des centaines de trains bloqués, des milliers de voyageurs exaspérés.
"Cela fait dix ans qu'on répète que le réseau classique est en piteux état. Eh bien là, on est dans le dur", explique Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa-Ferroviaire, deuxième syndicat cheminot. Le mal est connu : pendant trente ans, la SNCF, sous l'égide de l'Etat, a privilégié le TGV au détriment des trains du quotidien et de l'entretien des infrastructures. Pas étonnant qu'au plus haut sommet de l'Etat, on fasse profil bas.

Les voyageurs des grandes lignes ont la possibilité de demander un remboursement partiel du voyage, au-delà de 30 minutes de retard imputable à la SNCF. 
Le contribuable devra être solidaire... au détriment d'investissements salutaires qui éviteraient les pannes et la gabegie des ...remboursements !