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dimanche 1 décembre 2019

Retraites : LREM s'étonne d'une offensive populaire contre le gouvernement

Le pouvoir sans partage coupe des réalités du terrain

Avatar de législatives déboussolées, une Chambre toute-puissante: 
le peuple ne s'est laissé d'autre choix que de taper du poing pour se faire entendre


Stanislas Guerini, délégué général de LREM, ne comprend pas ce qui lui arrive et il dénonce une volonté de l'opposition d'attiser "toutes les colères"...
 Le monde à l'envers ! "C'est quand même historique ce qui se passe : le RN sera au côté du PS - on peut aussi dire le PCF au côté du RN ! - pour manifester, là où la CFDT n'appelle pas à la manifestation", s'est offusqué le patron de LREM dans l'émission Dimanche en politique sur France 3, évoquant ensuite sur Twitter "un mur (qui) va tomber". Sommes-nous à Berlin ?
A l'approche de la journée de mobilisation le 5 décembre contre le projet de réforme des retraites, l'opposition pointe en revanche l'opacité des mesures mises en discussion et donc l'absence d'une possibilité de vrai dialogue véritablement ouvert et franc.

Le parti du président est lucide : le pouvoir fait l'unanimité contre lui.
"On voit bien qu'il y a une volonté de faire converger toutes les colères, d'attiser tout ce qui va mal", a-t-il affirmé, dénonçant la forte mobilisation annoncée par les opposants au projet du gouvernement, qui risque de paralyser le pays, quand la stratégie du flou et l'arrogance de la rhétorique se substituent au dialogue.

La mobilisation interprofessionnelle du 5 décembre s'annonce massive, notamment dans les transports, mais aussi à EDF, dans les universités, l'Education nationale ou la Justice.
"Tout cela est orienté contre la politique du gouvernement par ceux qui ont toujours le sentiment qu'on a pris le pouvoir par effraction et qui n'ont qu'un rêve au fond: faire en sorte que nous ne réussissions pas", polémique Guerini, comme si l'enjeu était partisan avant que d'être social et politique.

Les Français prennent conscience de leurs erreurs en mai et juin 2017


Adrien Quatennens, numéro 2 de La France insoumise, avait affirmé auparavant que si "dans le pays, les colères sont nombreuses", la mobilisation du 5 décembre devait se concentrer sur la réforme des retraites. "Il ne faut pas dévier, il faut aller sur les retraites, parce qu'on peut faire reculer ce gouvernement", a-t-il insisté, assuré du relais d'Europe 1, contrôlé à 100 % par Lagardère Active (comme le JDD), Les Echos, pôle média du groupe LVMH, comme Le Parisien et Radio Classique, et de CNews, groupe Canal+, détenu par Vincent Bolloré).

A droite,
Gérard Larcher (LR) a dénoncé "l'opacité totale" autour du projet du gouvernement qu'il a appelé à clarifier les choses.
"Je ne crois pas réellement à une espèce de miracle de réouverture d'un dialogue d'ici jeudi", a affirmé le président du Sénat (RTL, Le Figaro, LCI), mais
"d'ici la fin du mois, il faut que le gouvernement éclaircisse".

Les questions non arbitrées foisonnent et alimentent les inquiétudes.


Ainsi la question essentielle de l'âge de départ à la retraite reste notamment posée. "Il faut regarder les Français en face et leur dire : 'on bougera, on ne restera pas à 62 ans. La réalité, c'est qu'on passera à 63 ans, puis à 64", a mis en garde le président du Sénat.

Pour la présidente de l'Ile-de-France, 
Valérie Pécresse, qui fut au côté du gouvernement sur la loi  Orientation et Réussite des étudiants, puis sur la réforme de la SNCF qui modifie le statut du cheminot, "le vice initial de la réforme des retraites c'est de vouloir changer les règles du jeu en cours de jeu."

"Si la grève est ultra suivie, si le service minimum n'est pas assuré aux heures de pointe, on va plonger des millions de Français dans la détresse", a  déploré la présidente de région 
(une ex-LR qui participe à Libres! et se construit un avenir présidentiel) sur BFMTV, indiquant que "si le service minimum n'est pas assuré" dans les transports publics, elle demandera "un remboursement" des usagers. Revendication électoraliste ? 
Qui financera les remboursements ? La SNCF est en effet un établissement public à caractère industriel et commercial. Détenu à 100% par l'Etat et le contribuable, l'usager paiera son propre remboursement ! Et avec lui tous les Français...  

mercredi 27 novembre 2019

Elabe et BFMTV, à l'offensive contre les grévistes du 5 décembre, au côté de Macron

Le soutien des Français à la mobilisation du 5 décembre serait en "net recul", selon  BFM

La paire BFM-Elabe aurait-elle pris la peine d'annoncer que la mobilisation est massivement approuvée ? 



L'entreprise de sondages Elabe, pilotée par BFM, a sondé par internet des Français sélectionnés (cookies ou adresse IP repérées) sur leur appréciation de la mobilisation du 5 décembre prochain. Et si les sondés sont encore majoritaires à soutenir les grévistes, ce soutien semble s'étioler au fil du temps, selon l'entreprise commerciale de sondages à la demande. 

A quelques jours de la grève du 5 décembre, l'homme d'affaires propriétaire de BFM a investi dans un sondage de complaisance envers la majorité, alors que les sondés ne savent rien, ni du projet flou de réforme, ni de l'ampleur et de la durée des grèves reconductibles annoncées. Alors que les salariés des transports et des services publics ont prévu une journée de mobilisation qui  s'annonce extrêmement suivie, de l'aveu même du premier ministre, ce jour, plusieurs syndicats, dont la CGT, FO, la FSU et Solidaires et quatre organisations satellites de la jeunesse (Unef, UNL, MNL et FIDL) ont également confirmé leur présence afin de s’opposer à la réforme des retraites voulue par le gouvernement. Sans compter une partie de la CFDT (Cheminots et RATP), menacée de scission. 

Ce mercredi, si, soulignant sa volonté de mener cette réforme jusqu'au bout sans transiger sur les régimes spéciaux, tout en assurant "en même temps" être "prêt à la discussion," le premier ministre Edouard Philippe a assuré qu'il n'est pas "tétanisé" par la grève interprofessionnelle qui s'annonce pourtant massive,  Macron la craint et la caricature d'avance. Plus offensif, il s'applique d'avance à la caricaturer, polémiquant sur la défense des acquis sociaux et des régimes spéciaux.

Elabe participe à la pression médiatique de l'Elysée sur l'opinion, mettant en oeuvre un nouveau sondage "L’Opinion en direct" publié ce mercredi. Sans surprise, il assure que les Français sont divisés sur cette grève comme sur les précédentes, mais que leur soutien est en net recul depuis la rentrée de septembre.

Un soutien "encore" (sic) majoritaire 

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A une semaine de la mobilisation, cette nouvelle enquête affirme, malgré une marge d'erreur non précisée, que 53% des Français interrogés approuvent la mobilisation contre la réforme des retraites. Un chiffre en baisse de 11 points en comparaison d'une étude datant de début novembre.
Seulement 30% s'y disent opposés, soit grosso modo les inconditionnels actuels du régime selon les sondages, voire hostiles (+6%), selon les sondages. 
Et 17% indifférents (+5%). 

Parmi les catégories socioprofessionnelles d'actifs interrogées, ce sont les ouvriers et les employés qui semblent les plus enclins à soutenir la mobilisation (66% et 64%) : ils sont aussi les plus vulnérables et exposé à la valeur accordée dans l'avenir au point de retraite. En revanche, les retraités semblent plus incertains puisque 48% la désapprouvent et 42% la soutiennent : ils ne semblent pas être directement visés et menacés. 

Selon leurs préférences politiques, les sympathisants semblent également dans l'expectative et la réforme des retraites "polarise les électorats de l’élection présidentielle de 2017", estime Elabe, dont la référence ne tient pas la route, qu'il s'agisse de l'électorat socialiste ou ex-UMP. Ainsi, l'approbation est plus forte parmi les électeurs de Jean-Luc Mélenchon (81%), de Marine Le Pen (65%) et de Benoît Hamon (64%), ce qui ne fait pas davantage sens en termes de pourcentages. 
En revanche, elle est minoritaire chez les sympathisants de Macron (31%) président apprécié de la "société civile" et des privilégiés et de François Fillon (32%). Cette dernière identification semblant dépassée depuis des années : que les sondés s'en réclament paraît plus que suspect et jette un peu plus le discrédit sur Elabe.

Une grève reconductible ? 

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Le syndicat CFDT-Cheminots a annoncé, jeudi 21 novembre, qu'elle déposera un préavis de grève reconductible à partir du 5 décembre
La durée de la mobilisation est une inconnue qu'Elabe et ses sondés ne semblent pas prendre en compte, relativisant donc ainsi l'intérêt de cette commande par BFM.
Les Français interrogés sont une très large majorité à penser subjectivement que le mouvement va s'inscrire dans la durée (73%), un chiffre en nette hausse, +7%, en comparaison de l'enquête Elabe du 7 novembre pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne, danseuses médiatiques de Bernard Arnault, l'homme d'affaires propriétaire de LVMH, groupe de luxe
A l'inverse, ils sont 26% à estimer que la mobilisation sera courte.

L'enquête à huit jours de la mobilisation est tendancieuse, voire fallacieuse, puisque fondée sur des a priori et des ressentis et motivée par la volonté de manipuler les Français. 
Elabe prend toutefois des précautions. Le clivage "semble" s'estomper, puisque pour une très large majorité des électeurs de l'élection présidentielle de 2017, comme si le paysage politique n'avait pas été profondément bouleversé, le mouvement sera le début d'une mobilisation d'ampleur dans le temps: 85% (+11) des électeurs de Benoît Hamon, 84% (+6) de ceux de Jean-Luc Mélenchon, 77% (+15) de ceux de François Fillon (faut-il dire à Elabe que le spectre de Fillon ne fait peur à personne et que LR n'est pas son enfant ?), 71% (=) de ceux de Marine Le Pen et 65% (+12) de ceux du banquier Macron.

Macron et son gouvernement pointés du doigt 

La réforme des retraites est un puissant levier de la contestation sociale du régime.
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Sur le fond de la mobilisation, les Français ne font pas confiance à Macron qui, pour 42% des sondés, est l'unique responsable du conflit social provoqué par sa réforme des retraites. 
Ils sont en revanche 24% à estimer que la responsabilité (de la mobilisation ?!) est imputable aux syndicats de salariés et 34% à penser que la responsabilité est partagée, bien qu'ils n'aient rien demandé. Elabe doit relire sa copie !

Et - pendant qu'on en est à intoxiquer l'opinion - cette ambiguïté se retrouve quand on interroge les sondés sur la cause de cette mobilisation. En effet, ils sont à l'évidence nombreux (46%) à penser que la journée du 5 décembre est en réalité une mobilisation globale d'opposition à la politique menée par Macron et le gouvernement (et non par les syndicats ou les partis comme suggéré par les questions précédentes du sondeur).

Ils ne sont que 29% à estimer que cette grève est organisée "avant tout pour défendre les régimes spéciaux" et 24% seulement à penser que cette mobilisation est organisée "contre l'ensemble de la réforme des retraites prévue par le gouvernement." Le mécontentement est donc profond, au-delà même du sujet hyper-sensible des retraites.

Toujours sur le fond de la mobilisation, 7 Français sur 10 se disent pessimistes sur les effets réels de la phase de "concertation" bilatérale du gouvernement avec les parties ces dernières semaines, puisque, selon eux, "tout est déjà décidé" et cette phase "ne sera pas prise en compte." Un chiffre en augmentation, +9%, depuis la précédente étude.
A l'inverse, ils ne sont que 30% (les macroniens) à croire que cette phase de concertation sera prise en compte (-8%).  La défiance des Français grandirait-elle ?

Sondage Elabe réalisé pour BFMTV sur un échantillon de 1006 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 26 et 27 novembre 2019.

jeudi 21 novembre 2019

Grève du 5 décembre : Buzyn dénonce "des revendications très corporatistes" des syndicats

La ministre remue le couteau de la polémique dans la plaie sociale ouverte

Les syndicats rejettent la réforme "parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux"


Ces propos polémiques de 
la ministre de la Santé révèlent une fébrilité grandissante parmi les membres du gouvernement, jeudi matin sur Franceinfo, à deux semaines de la grève interprofessionnelle contre la réforme des retraites que le pouvoir macronien veut imposer par décrets.

Alors que la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites s'annonce très suivie, voire reconductible dans certains secteurs, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a perdu son éternel sourire de Joconde pour s'en prendre aux syndicats, dont la CFDT, réformiste qui menace de se joindre aux autres. 

"Ce sera une mobilisation importante, nous le savons", a répondu la ministre. 
Cette grève interprofessionnelle est prévue par la CGT, FO, la FSU et Solidaires aux côtés de plusieurs syndicats de la RATP et de la SNCF, d'Air France ou encore du Conseil national des barreaux, qui représente les avocats.

Le gouvernement en tiendra-t-il compte ? 
La ministre n'a manifesté aucun signe d'ouverture:  "Nous verrons", a répondu Buzyn, rappelant que des discussions étaient en cours avec les organisations syndicales sur le futur système universel de retraites à points voulu par Macron en lieu et place des 42 régimes existants. 
Or, le système par points n’est pas une garantie contre la baisse des pensions, puisque leur montant dépend de la valeur accordée au point.

"Ils ne veulent même pas d'une réforme par points, 
Ou plus, du fait du flou entretenu
Buzyn désigne les syndicats à la la vindicte populaire. "Les Français doivent quand même réaliser que ce sont aujourd'hui des syndicats qui défendent des régimes spéciaux extrêmement déficitaires qui sont payés par nos impôts et donc ce sont des revendications très corporatistes", a estimé Buzyn, plus populiste que jamais. "Ce sont des gens qui ne connaissent pas la réforme et qui juste ne veulent pas d'une réforme parce qu'ils ne veulent pas la disparition d'un régime extrêmement avantageux", a-t-elle polémiqué.

La poudre aux yeux gouvernementale plus égalitariste qu'égalitaire 
Interrogée pour savoir si les cheminots sont du niveaux des employées de GAD, selon Macron, et ne connaissent pas la réforme, la ministre s'est esclaffée : "ils ne veulent même pas d'une réforme par points". "Ils ne veulent pas de réforme qui vise à l'universalité, c'est-à-dire que tous les Français soient traités pareil"
En vérité, tous perdants, sauf ceux et celles qui peuvent financer une mutuelle complémentaire privée, de celles qui ne redistribuent d'ailleurs que 60% de ce qu'elles collectent. 

Le gouvernement souhaite "que nous ayons un seul système de retraite unique pour chacun d'entre nous et là, avant même d'avoir un texte de loi [il serait tant en effet de savoir de quoi on parle depuis dix-huit mois], ces régimes spéciaux font grève parce qu'ils veulent garder évidemment leurs avantages acquis" a répété Buzyn en boucle. "Ils ne disent pas 'on n'est pas d'accord avec votre réforme', ils disent 'nous n'en voulons aucune'", a-t-elle caricaturé.
Syndicat réformiste favorable à un système universel à points, la CFDT, a appelé de ses vœux une réforme des retraites systémique qui soit "porteuse de progrès". Mais son patron, Laurent Berger, voit venir une réforme paramétrique et conteste le constat pessimiste sur l'aggravation du déficit des régimes de retraite d'ici 2025 et réfute toute réforme paramétrique sur la durée de cotisation ou l'âge-pivot.
"C'est une réforme porteuse de progrès et
à la condition qu'elle soit juste que soutient la CFDT" a affirmé Laurent Berger à l'issue de la réunion du bureau national de la confédération, qui s'est tenue ce jeudi. Partisane d’un système universel par points pour les retraites, la CFDT a mis la pression sur le gouvernement. Le syndicat réclame "qu'il se positionne clairement et rapidement sur le projet de réforme des retraites qui est en cours de préparation". "Nous demandons au président de la République qu'il applique son programme en mettant en oeuvre une réforme systémique sans réforme paramétrique qui serait inutile, anxiogène et source d'inégalité" a insisté Laurent Berger.
La date d'application de la réforme reste également indéterminée.
Dans cette future réforme des retraites, "tous ceux qui ont acquis des droits jusqu'à la mise en œuvre de la réforme (...), et qui sont entrés dans un système, auront leurs droits totalement préservés", a par ailleurs assuré Buzyn. La réforme des retraites "ne touche pas les retraités actuels, ni ceux qui sont à moins de 5 ans de la retraite", explique-t-elle. Cette réforme a pour but de défendre "les jeunes qui entrent dans la vie active aujourd'hui, qui vont avoir des parcours beaucoup plus diversifiés et qui ne vont pas avoir de statut pérenne toute leur vie", a-t-elle raconté. C'est pour cela qu'"il faut leur assurer un système de retraite qui leur garantisse une retraite correcte". Et on ne sait toujours pas quel système !
"Si le gouvernement veut s'en tenir à une réforme paramétrique, la CFDT s'y oppose," a déclaré Laurent Berger. "Il est grand temps que le gouvernement sorte de son 'ambiguïté. (...) On a besoin de clarté et de lisibilité", a-t-il souligné, dénonçant la "construction politique" que constitue le retour à l'équilibre financier du régime en 2025.
"Nous allons décider de la génération à laquelle" cette réforme "va s'appliquer", lâche Agnès Buzyn, visiblement dans le brouillard, alors que la "clause du grand-père" - qui signifierait que la réforme ne s'applique qu'à ceux qui ne sont pas encore entrés dans la vie active - est rejetée par Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites et porteur de la réforme en cours. "Si on fait la 'clause du grand-père' pour une profession, il faut la faire pour tout le monde, question d’équité; ça veut dire que l’on renonce à la réforme." (phrase issue d’un entretien publié dans Le Parisien, le 6 novembre). Il défend l’instauration d’un "régime universel" et on n'en sait guère plus.
Dans le rapport de Jean-Paul Delevoye, il était prévu que la réforme s'applique à ceux nés après 1963, mais la ministre n'a pas écarté la possibilité que ça puisse "être décalé dans le temps". A quel point ? 

En fait, Delevoye et Buzyn évoquent des mesures qui ne sont pas arbitrées.
Mais ils sont à fond pour la réforme que décidera Macron, quelle qu'elle soit! 
Quant aux députés de la majorité, n'en parlons même pas...

lundi 18 novembre 2019

La réforme des retraites fait regimber des alliés de Macron

Des élus centristes demandent l'organisation d'une "grande" conférence sociale

Des élus du MoDem souhaitent que cette conférence sociale soit organisée avant la grève interprofessionnelle du 5 décembre. 

Leur objectif est de tenter de répondre aux souffrances des Français, de réduire les "inégalités" et éviter une convergence des luttes, alors que plusieurs syndicats ont lancé  pour le 5 décembre un appel à la grève illimitée contre la réforme des retraites, voulue par le gouvernement. Macron et les siens, eux, assurent être sereins et déterminés....

Dans une tribune publiée dimanche 17 novembre dans Le Parisien, Patrick Mignola, le président du groupe MoDem à l'Assemblée nationale, Hervé Marseille, le président du groupe Union Centriste au Sénat et Jean-Christophe Lagarde, le président du groupe UDI-AGIR à l'Assemblée, ont appelé le gouvernement à organiser une "grande conférence sociale" rassemblant "les forces vives et en particulier les représentations patronale et syndicale" pour se montrer à l'écoute des Français à l'approche des municipales. 

"Les Français souffrent toujours et peinent à croire en un espoir collectif", soulignent les élus centristes. "Le travail doit mieux payer", poursuivent les élus. "Le gouvernement a augmenté le pouvoir d'achat [de certains] en allégeant la feuille d'impôt, les entreprises et les syndicats doivent s'accorder pour augmenter la feuille de paie", estiment les élus.

"Car il s'agit bien sûr d'argent pour vivre mieux et pouvoir participer au grand défi de  la transition écologique : manger mieux, se déplacer mieux, habiter mieux, nécessite d'être mieux payé", expliquent-ils. "Nous devons bâtir ensemble un élan national, qui réconcilie les Français autour de la lutte contre les inégalités", concluent-ils, soudainement lucides, mais clairement démagogues.

Les partenaires sociaux doivent d'ores et déjà être reçus par Edouard Philippe la semaine du 25 novembre sur le projet de réforme des retraites. Les syndicats représentatifs de la SNCF sont invités à une réunion jeudi avec le haut-commissaire aux Retraites Jean-Paul Delevoye et le secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari.



Vers une convergence des luttes ?

Dimanche, au lendemain d'un premier anniversaire du mouvement des Gilets Jaunes, notamment à Paris, Edouard Philippe n'a pas apaisé les inquiétudes en  assurant que la "volonté" de l'exécutif de "transformer" la France est "intacte", et estimant que si le pays reste "immobile", il sera "dans une situation dangereuse". Sur la réforme des retraites, "en même temps", il a dit respecter et "prendre au sérieux" une "certaine forme de scepticisme", voire de "résistance"...

En écho, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye a rejeté l'hypothèse d'une "coagulation" des conflits. Une "martingale" destinée à "alimenter le désordre", selon elle
Elle a aussi polémiqué en jugeant que le mouvement des Gilets Jaunes est depuis plusieurs mois "gangrené" par l'ultragauche violente.

Au contraire, le chef de la France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon compte sur une convergence des mécontentements, entre ceux qui défileront le jeudi 5 décembre et les Gilets Jaunes qui manifesteront deux jours plus tard. "J'espère que ceux qui auront été dans la lutte le 5 viendront aussi le samedi, dans la rue", a lancé l'élu sur France 3. 
Il s'agit pour lui de mettre la pression sur Macron chez qui, selon le député, "seul le rapport de force arrive jusqu'à son cerveau".

Pour sa part, l'eurodéputé LR François-Xavier Bellamy a jugé "possible que les colères se rejoignent" mais sans le souhaiter. Pour lui, les Gilets Jaunes sont "le symptôme du fait qu'aujourd'hui beaucoup de Français ont le sentiment que pour être entendus il faut passer par l'attention, la confrontation, et parfois par la violence". 

vendredi 8 novembre 2019

Retraites : près d'un Français sur deux ne marche pas dans la réforme Macron

La "pédagogie" suffira-t-elle à aveugler les Français: alors, peut-être le LBD 40 ?

Seuls 29% des Français sont favorables au régime universel de retraite par points, que Macron tente d'imposer par décrets


Et à l'approche des grèves du 5 décembre, qui s'annoncent massivement suivies,
37% se déclarent être prêts à se mobiliser 
contre la réforme dans les semaines et mois à venir, confirme le dernier sondage Elabe. 

Les Français s'arc-boutent un peu plus à mesure qu'ils en savent davantage sur la réforme des retraites, dont les détails restent à dessein plutôt flous pour l'instant, indique ce dernier sondage publié ce jeudi par 'Les Echos' (Groupe Les Echos-Le Parisien, détenu par LVMH). Selon l'entreprise commerciale Elabe, 47% des Français sont opposés à la réforme des retraites, une hausse de 4 points en un mois

Seuls 29% sont favorables à cette réforme dont les modalités font débat au sein même de l'exécutif.
L'opposition est notamment en forte hausse chez les actifs entre 25 et 49 ans, signe que la tentative du gouvernement de faire la pédagogie de la réforme - comprendre de la com' par l'entremise des media soumis -  est un fiasco. 
Le soutien à la réforme a aussi reculé de 10 points en un mois dans les catégories sociales populaires, qui ne sont plus que 19% à être favorables au projet du gouvernement. La seule catégorie sociale favorable à la réforme est celles des retraités, qui ne seront pas touchés par les changements à venir.

Les appels contre la réforme se multiplient pour le 5 décembre

Plusieurs secteurs se sont déjà mobilisés contre le projet, dès septembre, dont les employés de la RATP, avec une grève très suivie le 13 septembre, puis les professions libérales qui ont défilé à Paris le 16 septembre.

Depuis, la CGT, FO, FSU, Solidaires et quatre organisations de jeunesse ont appelé à "une première journée de grève interprofessionnelle" le jeudi 5 décembre. 
Ce même 5 décembre, les syndicats de la SNCF et de la RATP ont appelé à une grève illimitée dans les transports en commun. Lors d'une "assemblée des assemblées", le 3 novembre, des représentants des Gilets Jaunes se sont quant à eux prononcés pour une convergence des luttes ce même 5 décembre.

44% des employés et des ouvriers affirment être prêts à se mobiliser.
Le spectre d'une mobilisation massive du type de celle qui a renversé le gouvernement Juppé en 1995 ne semble donc plus exclue. Selon le sondage Elabe, 37% des Français déclarent être prêts à se mobiliser dans les semaines à venir contre ce changement du système de retraite.

Chez les actifs, 44% des employés et des ouvriers y sont prêts, mais aussi 31% des cadres. "Ce n'est pas encore décembre 95, mais les ingrédients d'une mobilisation forte se mettent en place", a commenté Bernard Sananès, président d'Elabe, cité par Les Echos.

Macron, condamné à une introduction progressive de la réforme 

Face à la montée des colères syndicale et sociale, l'exécutif s'est dit prêt en octobre à étudier la piste d'une mise en place différée pour les perdants de la réforme

Suite au fuitage organisé d'un document de travail dont Les Echos avait trouvé une copie dans sa boîte aux lettres, la mise en place du régime universel par points pourrait être repoussée, voire applicable aux seuls nouveaux entrants  et seulement dans certaines professions très mobilisées.
Le gouvernement, qui a promis de prendre le temps pour élaborer le nouveau régime universel des retraites promis par Macron dans ses engagements de campagne, prévoit son adoption d'ici la fin de la session parlementaire de l'été 2020 en vue d'une mise en oeuvre à partir de 2025.

Jean-Paul Delevoye opposé à "la clause du grand-père"

Toutefois, ce jeudi, le haut commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, s'est dit opposé à la " clause du grand-père", qui réserverait le futur régime universel de retraites aux seuls nouveaux entrants sur le marché du travail. "J'ai toujours dit que si on appliquait de façon généralisée la 'clause du grand-père', cela reviendrait à créer un 43e régime. C'est impossible !", a asséné Jean-Paul Delevoye dans un entretien accordé jeudi au  journal Le Parisien (encore LVMH, comme Les Echos).


"Moi, je ne transigerai pas sur l'objectif", a insisté J.-P. Delevoye. 
"Si la grève du 5 décembre est une grève catégorielle, si elle vise à s'opposer au régime universel, je ne l'entends pas." "C'est ma position. Après, c'est au premier ministre d'arbitrer", a-t-il conclu.