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jeudi 2 juillet 2020

Municipales 2020: les vainqueurs sont-ils ceux qu'on dit ?

Les mises en lumière des media écrasent la réalité

Les écolos ont bénéficié de coups de projecteurs avant, pendant et après le scrutin, mais la vérité est moins flatteuse 

La "vague verte" n'est pas la déferlante annoncée, puis vantée, le PS et LR n'ont pas disparu, la ville de plus de 100.000 habitants décrochée pour la première fois par le RN est un mirage et le parti présidentiel repart gros-jean comme devant… Mais au lendemain du second tour des élections municipales du dimanche 28 juin, toutes les formations politiques trouvent des raisons de crier victoire, validant sa stratégie en vue de la présidentielle de 2022.

Mais qu'en est-il vraiment ? Pas facile d'y voir clair depuis que le candidat Macron a brouillé les cartes en 2017 avec des traversées de rues hors des clous à la faveur de rideaux de fumée rendant tout raisonnement trouble. Le monde politique était essentiellement bipartite. Macron l'a éclaté, balkanisant le paysage de la France. 

Le soir des résultats a toutefois conservé sont lot habituel de de mauvaise foi et de vérité. Le politologue Martial Foucault, directeur du Cevipof de Sciences Po Paris observe que "le constat peut varier selon que l'on regarde les résultats en nombre de villes gagnées, en nombre de voix ou en nombre de conseillers municipaux. Certains partis peuvent aussi interpréter comme une victoire une défaite moindre qu'annoncé."

La vague verte écolo n'est pas le tsunami prédit

Les candidats écologistes ont réussi en zone urbaine, dimanche, remportant 7 des 42 villes françaises de plus de 100 000 habitants, et parmi les plus "bourgeois-bohême" (bobo-intello) : Lyon, Strasbourg, Bordeaux, Tours, Annecy,  Besançon faisant exception (comme Aix-en-Provence qui, à l'inverse, n'a pas basculé), en plus de Grenoble, déjà conquise en 2014 et conservée.

Pour Martial Foucault, il s'agit d'un "tour de force historique", d'autant que le scrutin municipal et son mode de scrutin majoritaire à deux tours avantage généralement les grandes formations politiques. Or, pour la première fois, EELV a "réussi à enjamber cette barrière institutionnelle", note-t-il. De bon augure à l'approche des élections régionales et départementales en 2021.  Si toutefois leurs alliances municipales ne les entraînent pas sur leur pente naturelle punitive. 

Car cette analyse doit être nuancée, estime Emeric Bréhier : "Hormis à Lyon et à Strasbourg, leurs conquêtes sont le fruit d'unions à gauche dès le premier tour. Et ils n'ont pas réussi à inverser le rapport de force avec le PS dans des villes comme Nantes, Rennes ou Rouen, qu'ils estimaient gagnables."

Surtout, la poussée écologiste est restée cantonnée aux centres-villes. "Leur succès est bien moindre dans les périphéries", observe Emeric Bréhier. Si les Verts ont gagné sept grandes villes, ils n'en dirigeront pas forcément les agglomérations. Or, c'est souvent à cet échelon intercommunal que se prennent les décisions en termes de transports ou d'urbanisme, thématiques incontournables dans les programmes écolos.

Quant aux villes moyennes et aux plus petites communes, le bilan est encore moins flatteur. Sur les 3.168 villes en France qui comptent plus de 3.500 habitants, EELV n'en a remporté qu'une trentaine, soit moins de 1%. Au niveau national, le succès vert tient donc davantage de la vaguelette que du raz-de-marée.

Malgré la victoire à Perpignan, le recul du RN 

La stratégie de l'ex-Front National était de présenter moins de candidats qu'en 2014 pour se concentrer sur des villes prenables. Mais, à l'issue du scrutin, le Rassemblement national est vainqueur à Perpignan (120.000 habitants) et dans la plupart des villes conquises en 2014 (Fréjus, Beaucaire, Hénin-Beaumont, Hayange, etc.), mais perd Mantes-la-Ville (Yvelines) au profit d'un Div C, soutenu par la gauche), Le Luc (Var), également au profit d'une liste Divers Centre, ainsi que le 7e secteur de Marseille, remporté par la liste Les Républicains du général de gendarmerie David Galtier. Les quelques nouvelles prises comme Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) et Moissac (Tarn-et-Garonne) ne compensent pas forcément les échecs enregistrés à Carpentras (Vaucluse), Vauvert (Gard) ou Sète (Hérault).

Derrière la victoire très symbolique de Louis Aliot à Perpignan, le parti de Marine Le Pen subit "une défaite en termes d'ancrage territorial", selon Martial Foucault. Ainsi, en six ans, le RN enregistre-t-il un net recul en nombre d'élus. En 2014, il avait remporté 1.438 sièges dans les conseils municipaux de 463 communes. En 2020, il n'en compte plus que 827 dans 271 villes... Un comparatif trompeur, car si on considère un nombre de villes identique, les élus municipaux sont  équivalents en nombre! .
L\'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020.
L'évolution du nombre de conseillers municipaux du Rassemblement national entre 2014 et 2020. (FRANCEINFO)
Les arrogants de LREM se sont pris une veste 

Les élections municipales n'ont pas permis au parti du président de s'ancrer. En ne gagnant aucune grande ville, LREM prend une gifle magistrale, à la mesure de l'impopularité du président Macron. Le coup d'arrête à la marche de la majorité inquiète l'Elysée, son électorat potentiel se situant précisément dans ces métropoles. Martial Foucault attribue la faute à un casting organisé depuis Paris, évidemment sans connexion avec le tissu associatif local, lequel n'existe pas ! Aux nombreuses candidatures dissidentes se sont ajoutées des stratégies d'entre-deux-tours illisibles ou franchement désastreuses.

Deux jours avant le second tour, le délégué général du parti, Stanislas Guerini maintenait être en mesure d'atteindre le chiffre de 10.000 élus municipaux. Malgré plus de 6.000 adhérents élus dès le premier tour, , iIl n'était même pas certain que cette modeste jauge soit atteinte : la France compte quelque 500.000 conseillers municipaux. 

Pour vérifier ces propos, il faudrait avoir accès au fichier des adhérents LREM... En revanche, lorsqu'on analyse les résultats des élections municipales, en utilisant la nuance politique "LREM" attribuée par le ministère, on est (très) loin du compte. Seules 9 villes ont été remportées par des candidats qui ne dissimulaient pas leur allégeance à LREM. L'étiquette LREM avait un effet repoussoir: à Paris, Buzyn, Schiappa et Pannier-Runacher, membres du gouvernement, ont compris leur douleur...
Et du côté des élus municipaux, on en compte seulement... 693: 150 de moins que le RN.... 
Bon nombre d'élus soutenus ou investis par La République en marche étaient dissimulés sous une étiquette centriste. Les comptes sont donc encore plus trompeurs qu'il apparaît.

Les partis historiques, à gauche et à droite, maintiennent leurs positions

Les Républicains comptaient sur le temps et ces élections municipales pour retrouver leur bonne mine. "On renoue avec la victoire", s'est exclamé Christian Jacob. Le patron du parti peut revendiquer la victoire dans "plus de la moitié des villes de plus de 9.000 habitants". Les villes données perdues d'avance sont restées dans le giron de la droite républicaine: Aix-en-Provence ou Toulouse

Au PS, le premier secrétaire, Olivier Faure, a salué un "immense élan social-écologique".

Les résultats montrent une très grande stabilité. 
La proportion de maires sortants réélus "est encore plus importante que d'habitude"83% selon les calculs du Figaro -, note Emeric Bréhier. "Les alternances reçoivent davantage d'attention médiatique, surtout dans les métropoles, mais concernent une minorité de villes", confirme Martial Foucault.

Comme le montre le graphique, ci-dessous, la droite et la gauche maintiennent globalement leurs positions, avec peu de bascules dans un sens ou dans l'autre par rapport au scrutin de 2014, lors duquel la droite avait enregistré une victoire probante sur la gauche. Parmi les 3.168 communes de plus de 3.500 habitants concernées par le nuançage politique,  83 passent de gauche à droite, comme ce fut le cas à Metz. Et 115 passent de droite à gauche, comme Villejuif ou Quimper.

A noter toutefois, en 2020, une plus grande proportion de listes gagnantes sous l'étiquette "divers gauche" ou "divers droite", "un signe de l'affaissement des structures partisanes", selon Emeric Bréhier. Ou de la confusion créée par Macron et ses listes masquées.

Au final, la droite reste la principale force municipale, surtout dans les villes moyennes. La gauche, elle, conserve ses bastions et progresse dans les grandes villes.


La recomposition politique voulue par Macron, inconnu en 2017, a-t-elle vécu ?
"Il ne faut surtout pas tirer de conclusions nationales. Les résultats des élections municipales sont un très mauvais critère pour prédire le vainqueur de l'élection présidentielle suivante", met en garde Martial Foucault (CEVIPOF, rattaché au CNRS ).

"On est en train d'assister (peut-être provisoirement) à la fin du parallélisme entre la vie politique nationale et les vies politiques locales. Il y a une décorrélation de plus en plus forte", estime Emeric Bréhier. 

Interrogeant sur la validité des schémas figés de l'IFOP, son sondage paru le 22 juin sur l'élection présidentielle de 2022 tient toujours absolument à placer d'ailleurs Emmanuel Macron et Marine Le Pen loin devant les autres prétendants éventuels. 
"Les trois partis qui ont perdu ces municipales (LREM, le RN et La France insoumise) totalisent 65% à 67% des intentions de vote au premier tour de la présidentielle," annonce déjà Emeric Bréhier, deux ans avant l'heure.

lundi 29 juin 2020

Avec les municipales, Buzyn est-elle arrivée au bout de son calvaire à Paris ?

Le parcours imposé par Macron à son ancienne ministre, suppléante du détraqué sexuel Benjamin Griveaux, aura été un long calvaire

Les choix de Macron sont catastrophiques

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L’échec d'Agnès Buzyn à Paris est une baffe pour Macron
En plus d’être arrivée derrière Anne Hidalgo et Rachida Dati, l'indigence de son score prive la candidate LREM de Jupiter du gîte et du couvert au Conseil de Paris

Loin de conquérir la capitale, malgré le bon score de l’élection présidentielle en 2017 – 34,83 % des Parisiens avaient soutenu le quasi inconnu Macron au premier tour –, puis aux législatives, avec 12 députés 'marcheurs' sur les 18, et enfin aux Européennes, où 32,92 % de Parisiens s'étaient accrochés à leurs illusions, en dépit de la personnalité controversée de Nathalie Loiseau, cette fois, pour les Parisiens qui vivent un enfer quotidien avec la succession de manifestations violentes incontrôlées, la coupe était pleine.. Avec seulement 13,30 % des suffrages, l’ancienne ministre de la Santé est tombée face contre terre contre ses adversaires crédibles, la maire socialiste sortante Anne Hidalgo et la maire LR d'arrondissement, Rachida Dati s, ce dimanche 28 juin.

Trois femmes envoyées au casse-pipe, c'est de la misogynie !

Cette défaite LREM publique en dissimule une autre, plus personnelle
Le sacrifice de Buzyn n'est pas encore consommé. Non seulement elle n’a pas été élue au Conseil de Paris, faute d’avoir suffisamment rassemblé voix, mais l'ex-numéro 4 du gouvernement Philippe - auquel aucun des trois ministres d'Etat  (Collomb, Hulot et Bayrou) ne s'est maintenu - "ne sera pas au Conseil de Paris, elle sera conseillère d’arrondissement et siégera seule", a indiqué Geoffroy Boulard, le maire LR sortant du 17e arrondissement, réélu avec 55,92 % des voix face à l'épouse du professeur Yves Lévy (13,02 %). 
Telle une pestiférée ou une malade de la Covid-19 pour une quarantaine de 24 mois...

C’est aussi une sévère défaite pour Macron et son parti.
La République en Marche ne finit en tête que dans deux arrondissements parisiens. 
Le 9e arrondissement, qui était susceptible de basculer, est conservé par la maire sortante LREM Delphine Bürkli, avec 43,67 % des voix. 
Idem pour le 5e, où la maire sortante Florence Berthout (soutenue par LREM, mais repassée à LR) a été réélue à 51,91 %. 

A 22 heures, dimanche, LREM n’aurait obtenu entre 6 et 9 sièges au Conseil de Paris, sur 163. La secrétaire d’Etat Marlène Schiappa, candidate sur la liste LREM dans le 14e arrondissement de Paris, et Gaspard Gantzer, candidat? quant à lui dans le 6e, et ancien proche de François Hollande à l'Elysée, ne décrochaient déjà pas de siège de conseiller de Paris.

Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances, Agnès Pannier-Runacher a également pris une gamelle: comme Marlène Schiappa, arrivée quatrième dans le 14e arrondissement, elle ne sera même pas conseillère d’arrondissement où elle était septième sur la liste soutenue par LREM, découvrant ce que sont les violences électorales.

"Ce soir, nous éprouvons une déception", a euphémisé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. "Il y a des endroits où notre propre division interne nous a conduits à des scores extrêmement décevants."
Ils en sont à la phase 'harakiri" ?

En l'état des dépouillements, Agnès Buzyn n'obtiendrait pas de siège au Conseil de Paris. Elle n'obtiendrait qu'un siège de conseillère d'arrondissement dans le 17e. #Municipales2020
10:27 PM · 28 juin 2020Twitter for Android 
<br>Coup de grâce: La France insoumise (LFI) obtient 1 siège sur 163.

Municipales à Paris: Schiappa, appelée à se taire

Les électeurs déclarent indésirable à Paris la parachutée LREM du gouvernement

Coup d'arrêt aux femmes En Marche! à Paris

Attal, Pannier-Runacher, Philippe, Schiappa

La ré-élection d'Edouard Philippe est l'arbre malade qui cache la forêt-fossile. 

La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes n'obtient même pas un L'ansiège de conseillère d'opposition dans le 14e arrondissement de Paris. 
https://cdn-media.rtl.fr/online/image/2020/0109/7799863628_marlene-schiappa-est-l-une-des-figures-les-plus-mediatisees-du-gouvernement-macron.jpg
Ancienne adjointe au maire socialiste du Mans, Marlène Schiappa figurait pourtant en deuxième position sur la liste LREM, conduite à Paris par Eric Azière. Arrivée en troisième position au premier tour (15,7%), la majorité présidentielle a encore fait moins au second, avec 8,6% des suffrages, dans une quadrangulaire remportée par la liste d'union de la gauche de la maire sortante Carine Petit (47,9%).  Le 14e n'a pas les mêmes valeurs que Schiappa: elle repart avec ses rillettes sur les hanches...
Quant à Cédric Villani, qui avait décidé de se maintenir, il ne fait pas tellement moins (13,29%) et il ne siégera pas non plus au conseil municipal.

Les hommes avait bénéficié d'un temps de répit face aux attaques féministes de la sous-ministre: le virus s'est réveillé dimanche 28 juin et la deuxième vague de propagation va de nouveau menacer l'égalité entre les sexes. Les électeurs ont pourtant assuré une équité exemplaire entre les genres: à méditer !

La liste de la droite, emmenée par Marie-Claire Carrère-Gée, arrive devant le parti du président totalisant 30,18% des voix. 

Gabriel Attal conserve son siège de conseiller municipal dans l'opposition à Vanves

Il se présentait donc dans les Hauts-de-Seine.

  
Gabriel Attal est réélu conseiller municipal dans l'opposition au maire sortant UDI, Bernard Gauduchau. Seul membre du gouvernement à figurer sur une liste nuancée LREM, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse était en deuxième position sur la liste Vivre Vanves, menée par Séverine Edou. 
De la troisième, elle passe à la quatrième place au second tour, avec 19,87% des voix dans cette triangulaire remportée haut la main par le maire sortant Bernard Gauducheau (UDI), qui conserve son siège avec 53,35% des voix. 

La troisième liste, conduite par l'écologiste Pierre Toulouse et qui talonnait la liste LREM après le premier tour, lui est passé devant, avec 26,77% des voix au second. L'effet "membre du gouvernement" n'a pas opéré... 

En revanche, Vanves n'aura pas pour maire la femme de paille de Gabriel Attal: il forme avec Stéphane Séjourné un couple-pacsé et son échec à la prise de la mairie leur permettra de dégager du temps pour réaliser leur désir d'enfant via une GPA "éthique".

Ce score est toutefois suffisant pour que les trois premiers de la liste de Séverine Edou, dont l'ex-socialiste Gabriel Attal de Couriss, siègent au conseil municipal.

Agnès Pannier-Runacher échoue dans le 16e arrondissement à Paris

 
La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances se présentait dans le 16e arrondissement. Mais la liste Ensemble pour Paris avec Agnès Buzyn, menée par Hanna Sebbah ne glane que 23,79% des voix.

Elle est sèchement battue par celle de l'avocat Francis Szpiner, soutien de la candidate LR Rachida Dati (elle-même ré-élue dès le premier tour), qui obtient 76,2% des suffrages. 

Le bon score de LREM aux dernières élections européennes aura donc fait illusion et Agnès Pannier-Runacher, en septième position, ne siégera donc pas au conseil municipal de Paris. Adieu veaux, vaches, cochons...

Elle pourra "travailler" à la reprise de l'économie endommagée par la Covid-19: "regarder" les dossiers ne semblait pourtant pas être la tâche prioritaire de cette candidate de la majorité présidentielle.


mercredi 24 juin 2020

Municipales à Paris: Dati (LR) refuse toute contamination par Buzyn (LREM)

LREM a en revanche accepté la candidate Florence Berthout venue à Paris de la "droite conservatrice" ou le soutien de la "droite dure" à Lyon  

La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes


Invitée de Franceinfo ce mardi 23 juin, Agnès Buzyn, candidate aux Municipales à Paris, avoue que Dati rejette une alliance avec elle, alors que, dans plusieurs villes de France, des alliances entre candidats La République en marche et Juppéistes de LR se sont noués pour le second tour des élections municipales. Mais la conversation téléphonique qu'a eu mercredi 3 juin Emmanuel Macron avec la candidate Les Républicain Rachida Dati n'a pas convaincu la candidate LR.

A la peine dans les sondages, derrière Anne Hidalgo (PS, 45% des intentions de vote) et Rachida Dati (LR, 34%), Agnès Buzyn (LREM, 18%) a nié catégoriquement vouloir faire alliance avec sa rivale de droite. A quelques jours du second tour des Municipales de ce dimanche 28 juin, la candidate du parti présidentiel était sur le plateau de franceinfo ce mardi 23 juin où elle a expliqué qu'elle "souhaite que la voix du gouvernement soit entendue et existe à Paris".

Réplique méprisante d'une arrogante blessée
"Je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris (...) il y a une différence de valeurs fondamentales", assure Agnès Buzyn, comme dans une pub pour les rillettes...



"Nous sommes la majorité présidentielle, nous défendons le bilan du gouvernement et du président de la République, nous préparons également l'élection présidentielle à venir, indique-t-elle, se trompant se scrutin, et je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris", a martelé Agnès Buzyn. 
Puis de justifier : "Je rappelle le positionnement de madame Dati sur un certain nombre de sujets qui me tiennent à coeur, notamment sur les sujets LGBT et la PMA, que j'ai portés au Parlement avec la loi bioéthique. Il y a une différence de valeurs fondamentale avec cette droite conservatrice. Madame Dati a soutenu Sens commun pendant la Manif pour tous", a aussi raconté l'ancienne ministre de la Santé, qui ne mentionne pas l'abstention de sa rivale sur ce vote.


La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes

A Lyon, Gérard Collomb, maire depuis 2001, déçu par Macron après seulement quelques mois de pouvoir et candidat LREM aux Municipales, s'est allié avec la droite pour faire barrage à la gauche. Or, Agnès Buzyn l'a taclé : elle ne compte pas l'imiter ! Facile: personne ne veut d'elle... "C'est une alliance que je n'ai pas souhaitée. Je pense qu'il y a une place pour une autre alternance. (...) Je ne suis pas venue faire campagne pour Paris pour m'allier avec cette droite conservatrice et je l'ai dit je ne voterai ni pour madame Dati, ni pour madame Hidalgo", a fait savoir celle qui fut l'épouse d'un fils de Simone Veil.
<br>Dès fin mai,Dati avait rejeté toute idée de « fusion » avec LREM

Vendredi 29 mai, la candidate Les Républicains avait déjà balayé les supputations de L'Express, lui répétant qu'il n'y aurait pas de fusion" avec la liste LREM de la maire sortante du 5e arrondissement, Florence Berthout, juppéiste si flexible qu'elle a rallié LREM pour le second tour... 

Les Parisiens "veulent un changement profond à Paris", avait alors souligné Dati.
Et l'ancienne Garde des Sceaux de vilipender "les hésitations et les états d'âme" de l'ancienne ministre controversée de Macron à la Santé.
Buzyn n'est en campagne "que pour pouvoir se justifier" de sa gestion catastrophique de l'épidémie de coronavirus. Ses états d'âme "ne sont pas un projet pour Paris et n'intéressent pas les Parisiens", a-t-elle asséné.

"Toute abstention favorisera le déclin de Paris"

Dati a également dénoncé la politique d'Anne Hidalgo, qualifiant la socialiste de "maire du béton".
"Je veux des espaces de respiration et d'apaisement pour les Parisiens", a-t-elle réaffirmé. 

"La dynamique est pour notre équipe et notre projet", a ajouté Rachida Dati, en reprenant ses thématiques de campagne sur la propreté, la lutte contre la délinquance et le maintien des familles à Paris. 
Mais "toute abstention ou dispersion des voix favorisera l'immobilisme et même le déclin de Paris", a-t-elle mis en garde.
 

vendredi 5 juin 2020

Une note de Le Gendre (LREM) à Macron scandalise la majorité présidentielle

Le Gendre met le feu au parti du président

La fuite dans la presse d'une de ses notes révèle sa prétention à être un influenceur de l'ombre


Le groupe LREM est entré dans le cauchemar de la fin de règne. 
Le patron du groupe LREM aurait soumis plusieurs noms au chef de l'Etat en vue du changement de gouvernemental qui se profile, tout en laissant entendre que la majorité ne compte aucun candidat crédible, révèle le magazine Marianne.
"C’est vrai que cette semaine, on n’avait pas encore eu de nouveau groupe, ni de création de courant, ni de plainte pour harcèlement contre un député", rit jaune l’un d’entre eux, mais l'article de Marianne publié, ce vendredi, par Marianne, ramène le groupe dans le réel. 
Les députés LREM consternés ne dissimulent plus guère leur indignation face à leur chef de file depuis la révélation de ses notes adressées fin mai à Emmanuel Macron. Gilles Le Gendre lui livre ses pistes "sur le casting d’un nouveau gouvernement", en distribuant des bons points et des avertissements, notamment dans la perspective du remplacement à Matignon d'un Edouard Philippe à qui il adresse plusieurs remontrances.
Dans sa note, le député de Paris soumet rien de moins qu'une liste de noms pour le changement de gouvernement de cet été
"A toi la vision, la stratégie, la relation aux Français, au PM [Premier ministre], l’opérationnel et l’animation de la majorité", développe le député de Paris en s'adressant à Emmanuel Macron. On peut également lire que "le gouvernement doit être un vrai collectif, ce qui n’a jamais été le cas pendant trois ans".
Le Gendre y suggère pêle-mêle les noms de Jean-Yves Le Drian, Manuel Valls, Bruno Le Maire, et même le sien, pour des postes importants, Gilles Le Gendre s'appuyant, à en croire les passages cités par le magazine, sur une analyse cynique du contexte politique méprisante des "gens qui ne sont rien" à LREM. 
Dans l'esprit du patron du groupe LREM, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire devraient être les "favoris" pour le poste de premier ministre. L'envoi du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères à Matignon enverrait "le bon signal politique", écrit le patron du groupe LREM, selon Marianne. L'ancien socialiste "saura gérer la majorité, dans la complexité actuelle de sa composition", mais, "en même temps",  l'ex-socialiste se voit reprocher son potentiel manque de dynamisme. <br>Quant à Bruno Le Maire, il "porterait parfaitement la reconstruction" post-crise sanitaire, défend une "pensée et un discours limpides", mais l'ex-LR  dispose d'un "faible charisme". 
Les députés LREM ne décolèrent pas contre l'initiative intempestive et prétentieuse de leur président de groupe, déjà fragilisé, qui s'attribue en catimini la fonction de conseiller du prince. De quoi rallumer les brandons à peine éteints précédents.

"Soit c’est un fake soit c’est très grave", envoie une élue dans la boucle Telegram des députés marcheurs

"Je ne peux pas le croire. Si aucun député du groupe n’est crédible qu’en est-il du président de ce même groupe ?," interroge anonymement un député, tandis q'un autre grince : "J’hésite entre affligeant et accablant #teampascredible"

Une remarque citée dans l’article les a particulièrement ulcérés. 
Au poste de premier ministre, Gille Le Gendre, 62 ans, cite entre autres Jean-Yves Le Drian, 73 ans en juin, ou Bruno Le Maire, 51 ans, mais, dans les rangs LREM de l’Assemblée nationale "aucun candidat crédible" n'est à la hauteur, selon l'ancien journaliste (directeur de la rédaction de Challenges, 1995-2001, et président du directoire du groupe Expansion, successivement détenu par Vivendi, puis la Socpresse, le groupe Express-Roularta, racheté en janvier 2015 par Marc Laufer et Patrick Drahi, propriétaire notamment de SFR et BFM).

Et encore Le Gendre ne parlait que de Matignon, assure l' entourage de Gilles Le Gendre, qui, bizarrement, refuse de s'exprimer. "Cet article comporte de nombreuses contre-vérités et interprétations tendancieuses, dont chacun pourra comprendre les intentions politiques", leur a-t-il affirmé en toute franchise et transparence sur... Telegram, application de messagerie cryptée. 
"Par ailleurs, comme cela a toujours été le cas, je ne commenterai pas le contenu de mes discussions avec le chef de l’Etat, inhérentes à mes responsabilités de président de groupe. Elles sont privées et, pour ce qui dépend de moi, le demeureront."

Gilles Le Gendre s'est assis sur un siège éjectable.

Qui a fait fuiter ses notes ? Cette question obsède l'orgueilleux député de Paris. "Soit il l’a organisé lui-même et c’est suicidaire soit quelqu’un l’a exécuté", analyse un parlementaire qui craint pour son avenir. "La fuite est soit à l’entrée, soit à la sortie. Si ça vient de l’Elysée, ça ressemble un peu à une mise à mort", envisage un autre député stratège.

Le président du groupe majoritaire a été affaibli par le processus de dislocation de LREM, ces dernières semaines. 
Certains députés se sont sentis quantité négligeable et frustrés d'avoir été tenus éloignés de l’Assemblée nationale pendant le confinement. Puis la création du groupe Ecologie démocratie solidarité, composé de marcheurs et ex-marcheurs déçus a été un coup dur pour le patron de LREM qui ne croyait pas à cet acte de défiance qui l'atteint dans sa majorité absolue.
En commun, un courant, sur le même créneau écolo-social, s’est lancé en interne. 
Au lendemain d’une houleuse réunion de crise, un autre groupe s’est créé à l’initiative de députés juppéistes d'Agir !, exfiltrant encore une poignée d’élus LREM. 

"Là, c’est l’estocade", observee un pilier du groupe qui condamne l’initiative de Le Gendre. "Des notes au Président, on en envoie tous mais il faut se souvenir d’où on parle.» "Quand on voit le sens politique de Gilles, tous les pièges qu’on n’a pas vu venir, s’il y a un casting à ne pas faire ce serait bien celui que propose Le Gendre", cingle un rival masqué qui estime que sa position à la tête du groupe "devient intenable". "Vous le voyez accueillir le premier ministre en réunion de groupe en lui donnant du "Edouard mon cher ami" ? Ce sera pas crédible pour deux balles", ajoute un troisième prétendant à sa succession.
"C'est d'une nullité", se borne à commenter - comme nombre d'autres - un député macronien qui s'esclaffe en apprenant que son chef se verrait bien cumuler le porte-parolat du gouvernement et le ministère des Relations avec le Parlement. "Il est dans la merde", poursuit cette source. 
"Il va avoir le goudron et les plumes". Cet épisode ne fait que renforcer et couronner la fronde du groupe contre son patron, Le Gendre ne jugeant aucun membre de la majorité suffisamment "crédible" pour rejoindre cette future équipe gouvernementale. 
"S'il avait une once d'esquisse de dignité, il annoncerait sa démission dès ce soir. Mais il n'en a pas, de dignité", assène un autre. "Il nous décrédibilise tous au passage, c'est pas possible. Il va avoir le goudron et les plumes", dit un troisième, qui poursuit: "Il se tire plusieurs balles dans le pied: d'abord le PM va le mépriser encore plus, donc il ne pourra passer aucun deal avec lui; ensuite le président ne va jamais lui répondre de peur que ça fuite; il méprise sa propre majorité, ce qui va poser un gros problème; et enfin il passe pour un débile. Je ne sais pas comment il va s'en sortir cette fois-ci." Un décryptage qui n'a pas effleuré l'ex-journaliste. 
Le Gendre va devoir affronter les reproches des députés LREM
Mardi matin, ils ont réunion de groupe... "On est plusieurs à considérer que mardi, il faudra une expression forte pour demander son départ, s’il est encore en fonction, avertit Bruno Questel, à visage découvert. Il y avait déjà, depuis un moment, un sujet de crédibilité. Il l’a confirmé"... 
Sa nécrologie politique est déjà prête...

La rumeur d’un changement à la tête du groupe se précise.
Certains envisagent une éventuelle exfiltration de Le Gendre vers le gouvernement, alimentant les paris sur les noms de remplaçants. D'autres imaginent un simple un intérim jusqu’au changement de gouvernement, suivi d’une élection interne. "Gilles a accéléré sa marche vers la sortie", raille une députée. 
Parmi les courtisans de Le Gendre, on explique à BFMTV que le député de Paris échange régulièrement avec le président de la République. "C’est une fuite avec une volonté de lui nuire", le mettre en porte-à-faux et susciter l’émoi au sein du groupe. Puis on  se rassure en affirmant que la grogne est circonscrite à ses adversaires habituels ou en exprimant des doutes sur le bon 'timing' de ce remplacement, souligne d'ailleurs l’issue incertaine : "Cela aurait du sens si le président de la République pouvait imposer quoi que ce soit. Ce n’est pas le cas. Si l’on organise un vote, c’est du sans pilotage; on ne sait absolument pas quel nom peut sortir et cela pourrait être tout aussi effrayant." La belle affaire ! Les ambitieux LREM sont-ils devenus aussi rares que les masques de protection en avril ? 
 

jeudi 4 juin 2020

Oubliée l'hémorragie socialiste de 2017: Faure condamne les accords LREM-LR aux municipales

Le gardien des vestiges du PS s'inquiète des alliances de ses rivaux 

Les accords de second tour entre La République en marche et Les Républicains irritent le patron du Parti socialiste Olivier Faure

Ils constituent "un moment de clarification qui était attendu"
a-t-il commenté, doux-amer, mercredi, appelant au rassemblement à gauche.
"Partout La République en marche fait alliance avec Les Républicains", a déploré O. Faure, évoquant notamment les accords conclus mardi avec les juppéistes, à Strasbourg, Bordeaux ou Clermont.  Pour son information, Bianchi, le maire de Clermont est PS et mène officiellement une liste d'union de la gauche...

"C'est d'ailleurs logique car le premier ministre en est issu," concède-t-il, comme Le Drian, ministre des Affaires étrangères, est issu du PS. Mieux, il serait pressenti pour l'intérim de l'Edouard, s'il était élu. "Et ceux qui dominent la scène du côté de La République en marche, ce sont M. Darmanin [le ministre du Budget], M. Le Maire [le ministre de l'Economie], qui portent des propositions que portait autrefois la droite. Voilà un moment de clarification qui était attendu", a-t-il conclu.
Propos sexistes qui humilient la Garde des Sceaux, N. Belloubet, ex-adjointe socialiste de Pierre Cohen, maire PS de Toulouse, la Radicale Annick Girardin, qui fut secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie de Manuel Valls, puis sa ministre de la Fonction publique, ou de Florence Parly, ministre des Armées de Macron, qui fut secrétaire d'Etat au Budget (2000-2002) de Jospin.   

De quoi Faure se plaint-il ?
Pour le premier secrétaire du PS, ces unions vont provoquer un électrochoc pour la gauche, sans qu'il s'en réjouisse pour autant. Et d'assurer qu'elle "comprend qu'il y a face à elle un bloc qui se constitue: le bloc des libéraux, des droites, de La République en marche jusqu'aux Républicains". Sans le Rassemblement républicain de Marine Le Pen, alors qu'il existe des alliances similaires avec le PCF... Et dès le premier tour à Paris ! 

"Et même, on comprend que de La République en marche aux Républicains, il n'y a qu'un pas et il a été franchi". Où était-il pendant ces trois années écoulées, puisque plusieurs juppéistes sont au gouvernement : personne ne lui a dit ?... Maintenant, à la gauche d'être responsable et de montrer qu'un autre avenir est possible", a plaidé le député de Seine-et-Marne.

O. Faure cofond politiques nationale et communale

Ila ainsi notamment trouvé un paradoxe entre le discours de Macron promettant un tournant politique et les alliances de second tour des municipales.
"On a eu un président de la République qui a tenu un discours qu'on aurait presque pu tous signer aux premiers jours de la crise du coronavirus. (...) C'était là un président qui se faisait le chantre de la sociale-démocratie, de l'écologie politique", a rappelé Faure, visiblement le cocu de l'affaire.

"Et qu'est ce que l'on observe ? Qu'aujourd'hui, ce sont ses propres amis qui expliquent qu'il faut faire barrage à l'écologie dans les villes [celle punitive des ayatollahs verts] car cela serait dangereux d'avoir des pistes cyclables", a-t-il expliqué, un soupçon réducteur. 

L'union entre socialistes et écologistes a achoppé dans certaines villes et Faure en est profondément mortifié. A Strasbourg, notamment où les écolos étaient extrêmement exigeants. Faure a admis que des "dissensions n'ont pas été dépassées", en raison de... "dilemmes locaux".

Mais "on a partout des listes qui se constituent avec des gens qui ont envie de travailler ensemble, ce qui est la moindre des choses dans tous les états-majors, car (...) nous avons à lutter contre les mêmes prédateurs sur le plan social et sur le plan écologique, et nous protégeons les mêmes victimes", a-t-il encore insinué. Veut-il parler de la politique de Hollande pendant cinq ans ?