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mercredi 24 juin 2020

Municipales à Paris: Dati (LR) refuse toute contamination par Buzyn (LREM)

LREM a en revanche accepté la candidate Florence Berthout venue à Paris de la "droite conservatrice" ou le soutien de la "droite dure" à Lyon  

La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes


Invitée de Franceinfo ce mardi 23 juin, Agnès Buzyn, candidate aux Municipales à Paris, avoue que Dati rejette une alliance avec elle, alors que, dans plusieurs villes de France, des alliances entre candidats La République en marche et Juppéistes de LR se sont noués pour le second tour des élections municipales. Mais la conversation téléphonique qu'a eu mercredi 3 juin Emmanuel Macron avec la candidate Les Républicain Rachida Dati n'a pas convaincu la candidate LR.

A la peine dans les sondages, derrière Anne Hidalgo (PS, 45% des intentions de vote) et Rachida Dati (LR, 34%), Agnès Buzyn (LREM, 18%) a nié catégoriquement vouloir faire alliance avec sa rivale de droite. A quelques jours du second tour des Municipales de ce dimanche 28 juin, la candidate du parti présidentiel était sur le plateau de franceinfo ce mardi 23 juin où elle a expliqué qu'elle "souhaite que la voix du gouvernement soit entendue et existe à Paris".

Réplique méprisante d'une arrogante blessée
"Je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris (...) il y a une différence de valeurs fondamentales", assure Agnès Buzyn, comme dans une pub pour les rillettes...



"Nous sommes la majorité présidentielle, nous défendons le bilan du gouvernement et du président de la République, nous préparons également l'élection présidentielle à venir, indique-t-elle, se trompant se scrutin, et je n'avais aucune envie de faire une alliance avec une droite qui est une droite conservatrice à Paris", a martelé Agnès Buzyn. 
Puis de justifier : "Je rappelle le positionnement de madame Dati sur un certain nombre de sujets qui me tiennent à coeur, notamment sur les sujets LGBT et la PMA, que j'ai portés au Parlement avec la loi bioéthique. Il y a une différence de valeurs fondamentale avec cette droite conservatrice. Madame Dati a soutenu Sens commun pendant la Manif pour tous", a aussi raconté l'ancienne ministre de la Santé, qui ne mentionne pas l'abstention de sa rivale sur ce vote.


La figurante LREM aux municipales, c'est une Nathalie Loiseau aux Européennes

A Lyon, Gérard Collomb, maire depuis 2001, déçu par Macron après seulement quelques mois de pouvoir et candidat LREM aux Municipales, s'est allié avec la droite pour faire barrage à la gauche. Or, Agnès Buzyn l'a taclé : elle ne compte pas l'imiter ! Facile: personne ne veut d'elle... "C'est une alliance que je n'ai pas souhaitée. Je pense qu'il y a une place pour une autre alternance. (...) Je ne suis pas venue faire campagne pour Paris pour m'allier avec cette droite conservatrice et je l'ai dit je ne voterai ni pour madame Dati, ni pour madame Hidalgo", a fait savoir celle qui fut l'épouse d'un fils de Simone Veil.
<br>Dès fin mai,Dati avait rejeté toute idée de « fusion » avec LREM

Vendredi 29 mai, la candidate Les Républicains avait déjà balayé les supputations de L'Express, lui répétant qu'il n'y aurait pas de fusion" avec la liste LREM de la maire sortante du 5e arrondissement, Florence Berthout, juppéiste si flexible qu'elle a rallié LREM pour le second tour... 

Les Parisiens "veulent un changement profond à Paris", avait alors souligné Dati.
Et l'ancienne Garde des Sceaux de vilipender "les hésitations et les états d'âme" de l'ancienne ministre controversée de Macron à la Santé.
Buzyn n'est en campagne "que pour pouvoir se justifier" de sa gestion catastrophique de l'épidémie de coronavirus. Ses états d'âme "ne sont pas un projet pour Paris et n'intéressent pas les Parisiens", a-t-elle asséné.

"Toute abstention favorisera le déclin de Paris"

Dati a également dénoncé la politique d'Anne Hidalgo, qualifiant la socialiste de "maire du béton".
"Je veux des espaces de respiration et d'apaisement pour les Parisiens", a-t-elle réaffirmé. 

"La dynamique est pour notre équipe et notre projet", a ajouté Rachida Dati, en reprenant ses thématiques de campagne sur la propreté, la lutte contre la délinquance et le maintien des familles à Paris. 
Mais "toute abstention ou dispersion des voix favorisera l'immobilisme et même le déclin de Paris", a-t-elle mis en garde.
 

jeudi 4 juin 2020

Oubliée l'hémorragie socialiste de 2017: Faure condamne les accords LREM-LR aux municipales

Le gardien des vestiges du PS s'inquiète des alliances de ses rivaux 

Les accords de second tour entre La République en marche et Les Républicains irritent le patron du Parti socialiste Olivier Faure

Ils constituent "un moment de clarification qui était attendu"
, a-t-il commenté, doux-amer, mercredi, appelant au rassemblement à gauche.
"Partout La République en marche fait alliance avec Les Républicains", a déploré O. Faure, évoquant notamment les accords conclus mardi avec les juppéistes, à Strasbourg, Bordeaux ou Clermont.  Pour son information, Bianchi, le maire de Clermont est PS et mène officiellement une liste d'union de la gauche...

"C'est d'ailleurs logique car le premier ministre en est issu," concède-t-il, comme Le Drian, ministre des Affaires étrangères, est issu du PS. Mieux, il serait pressenti pour l'intérim de l'Edouard, s'il était élu. "Et ceux qui dominent la scène du côté de La République en marche, ce sont M. Darmanin [le ministre du Budget], M. Le Maire [le ministre de l'Economie], qui portent des propositions que portait autrefois la droite. Voilà un moment de clarification qui était attendu", a-t-il conclu.
Propos sexistes qui humilient la Garde des Sceaux, N. Belloubet, ex-adjointe socialiste de Pierre Cohen, maire PS de Toulouse, la Radicale Annick Girardin, qui fut secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie de Manuel Valls, puis sa ministre de la Fonction publique, ou de Florence Parly, ministre des Armées de Macron, qui fut secrétaire d'Etat au Budget (2000-2002) de Jospin.   

De quoi Faure se plaint-il ?
Pour le premier secrétaire du PS, ces unions vont provoquer un électrochoc pour la gauche, sans qu'il s'en réjouisse pour autant. Et d'assurer qu'elle "comprend qu'il y a face à elle un bloc qui se constitue: le bloc des libéraux, des droites, de La République en marche jusqu'aux Républicains". Sans le Rassemblement républicain de Marine Le Pen, alors qu'il existe des alliances similaires avec le PCF... Et dès le premier tour à Paris ! 

"Et même, on comprend que de La République en marche aux Républicains, il n'y a qu'un pas et il a été franchi". Où était-il pendant ces trois années écoulées, puisque plusieurs juppéistes sont au gouvernement : personne ne lui a dit ?... Maintenant, à la gauche d'être responsable et de montrer qu'un autre avenir est possible", a plaidé le député de Seine-et-Marne.

O. Faure cofond politiques nationale et communale

Ila ainsi notamment trouvé un paradoxe entre le discours de Macron promettant un tournant politique et les alliances de second tour des municipales.
"On a eu un président de la République qui a tenu un discours qu'on aurait presque pu tous signer aux premiers jours de la crise du coronavirus. (...) C'était là un président qui se faisait le chantre de la sociale-démocratie, de l'écologie politique", a rappelé Faure, visiblement le cocu de l'affaire.

"Et qu'est ce que l'on observe ? Qu'aujourd'hui, ce sont ses propres amis qui expliquent qu'il faut faire barrage à l'écologie dans les villes [celle punitive des ayatollahs verts] car cela serait dangereux d'avoir des pistes cyclables", a-t-il expliqué, un soupçon réducteur. 

L'union entre socialistes et écologistes a achoppé dans certaines villes et Faure en est profondément mortifié. A Strasbourg, notamment où les écolos étaient extrêmement exigeants. Faure a admis que des "dissensions n'ont pas été dépassées", en raison de... "dilemmes locaux".

Mais "on a partout des listes qui se constituent avec des gens qui ont envie de travailler ensemble, ce qui est la moindre des choses dans tous les états-majors, car (...) nous avons à lutter contre les mêmes prédateurs sur le plan social et sur le plan écologique, et nous protégeons les mêmes victimes", a-t-il encore insinué. Veut-il parler de la politique de Hollande pendant cinq ans ?

Second tour des municipales: les oppositions en confiance, En Marche en carafe

Le parti du président ne s'enracine pas: sera-t-il rejeté? 

Une seconde vague de "dégagisme" se forme, comme pour la présidentielle 2017

LREM, plus que jamais hors-sol
Les Français refusent d'installer des arrogants dans leur paysage quotidien.
Le bon sens populaire et la logique des élections locales reprennent leurs droits au moment du second tour des municipales, le 28 juin, avec des sortants de droite comme de gauche solidement implantés et des macroniens qui ne prennent pas racine.

La droite sur son terrain

Les Républicains ont retrouvé la confiance des électeurs et ont engrangé les succès dès le premier tour dans les villes de plus de 9.000 habitants: la prime aux sortants est arrivée à temps, récompensant le travail effectif. "Au vu des résultats de 2014, ce sont eux qui avaient le plus à perdre et ce sont ceux qui s'en sortent le mieux", reconnaît Jean-Daniel Lévy, directeur Politique/Opinion de Harris Interactive. La dynamique en faveur des sortants a joué à fond et pourrait s'amplifier au second tour. 
Plusieurs grandes villes se singularisent, telles Strasbourg, Bordeaux, Clermont-Ferrand, où les candidats de La République en Marche sont venu pondre dans le nid des juppéistes de LR, ce qui permet à LREM de faire illusion. 
A Paris, Rachida Dati (LR, 22,7%), arrivée deuxième derrière Anne Hidalgo (PS, 29,3%), est confiante, puisque l'électorat LREM d'Agnès Buzyn pourrait bien se détourner de l'ancienne ministre de la Santé et que  l'ancienne garde des Sceaux a ramené la maire du 5e arrondissement au bercail LR, sans compter les abstentionnistes du 15 mars pour renforcer la dynamique de la droite.

Les macroniens refoulés

Dans la majorité, les projecteurs seront braqués sur Le Havre, où le LREM Edouard Philippe pourrait profiter des désaccords entre les écologistes et le candidat communiste Jean-Paul Lecoq (deuxième avec 35,8%). Maire sortant en 2017, le premier ministre était largement en tête à l'issue du premier tour (43,6%) et la presse, comme les entreprises de sondages, travaillent pour lui.

Un succès du premier ministre (un juppéiste), qui a dirigé la ville de 2010 à 2017, serait une satisfaction pour les macroniens à la peine dans une campagne des municipales qui marqueront la débandade du parti présidentiel. "Il y a une logique de scrutin intermédiaire où généralement le parti au pouvoir est lourdement handicapé lorsque l'exécutif est impopulaire", raconte Jérôme Sainte-Marie, de l'institut PollingVox. 
Les candidats LREM se dispersent au gré des alliances et les macroniens sont prêts à compter leurs morts au front de ces municipales qui ont pu évaluer l'impopularité profonde du président arrogant mais incapable de tenir une ligne politique, entrave principale à leur  s'implantation dans les territoires.

La gauche tient bon

Inaudible au niveau national, la gauche se bunkerise dans ses fiefs. 
"Il n'y a pas beaucoup de villes où le maire socialiste sortant est en vrai danger. Le PS a des chances sérieuses de faire mieux qu'en 2014 où ils avaient perdu beaucoup de villes", selon Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop: difficile d'en perdre plus... 
A Dijon, Clermont-Ferrand, Nantes, Rennes ou même Lille, les socialistes abordent le second tour en confiance. Et conserver Paris, où Anne Hidalgo a renforcé sa position en faisant finalement des concessions aux écologistes, serait pour le PS un sujet de satisfaction. 

Confiance également au Parti communiste, qui estime pouvoir garder l'essentiel de ses 61 villes de plus de 10.000 habitants.

Les prétentions des écologistes d'EELV en progrès au premier tour ont en revanche créé des tensions lors des discussions d'entre deux tours et le rassemblement PS/écolos a échoué à Lille ou au Havre. "Ils ont fait des scores élevés dans des villes où ils étaient très peu implantés, comme Lille, Marseille, Strasbourg", et sont en situation de confirmer leurs bons résultats dans un scrutin où les thèmes écologiques parlent aux électeurs, selon Jean-Daniel Lévy.

Le RN mise sur Perpignan

Le Rassemblement national l'a emporté dès le 15 mars dans la plupart des dix villes qu'il détenait. La cerise sur le gâteau serait son score à Perpignan (120.000 habitants), où son candidat Louis Aliot, sorti en tête avec 35,6% des voix, sera confronté à une sorte de front du refus autour du maire LR sortant Jean-Marc Pujol (18,5%). 
Ailleurs, le RN est fortement handicapé dans un scrutin où dans nombre de communes l'offre se limite à des listes d'intérêt local.

Trois semaines pour convaincre

Pour tous, l'enjeu est désormais de mobiliser les abstentionnistes du premier tour (55,3%). Mais les sondeurs restent prudents. "Si le déconfinement continue à bien se passer, si les Français mettent à distance la question du Covid-19 et si on retrouve des thématiques de campagne, peut-être que la participation sera plus forte qu'au premier tour", avance Frédéric Dabi, qui distingue "les ferments d'un rebond" dans les récentes enquêtes.

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mardi 2 juin 2020

Municipales: PS et EELV joignent leurs faiblesses pour résister dans plusieurs grandes villes

Les maires sortants socialistes ne sont pas tranquilles

Le PS assurait que les alliances avec les Verts ne seraient plus automatiques...

Les candidats aux mairies achèvent les dernières tractations pour les municipales dans 5.000 communes le 28 juin. Le candidats ont en effet jusqu'au mardi  3 juin à 18h00 pour déposer leurs listes.<br>Lille (Nord), Dijon (Côte-d’Or), Grenoble (Isère), Strasbourg (Bas-Rhin) sont des villes a priori acquises à la gauche, mais à quelle gauche ? S'ils n'y prennent garde, les électeurs risquent de se retrouver avec des coalitions improbables de socialistes laxistes et d'écolos totalitaires. Encouragés par leur score aux européennes et des sondages flatteurs, les candidats écologistes sont souvent partis sans ménagement à l'abordage des villes dirigées par leurs traditionnels partenaires socialistes, stratégie arrogante assumée par leurs leaders Yannick Jadot et Julien Bayou, mais jugée aggressive par les socialistes imbus de leur grandeur passée.

L’alliance traditionnelle PS-écologistes ne devait plus être automatique, mais elle est de retour. A Dijon comme à Lille, les listes PS sont arrivées en tête, mais les deux anciens ministres échouent à éviter l'humiliation d'un second tour. Les deux maires sortants ne souhaitaient pas faire de place aux Verts et François Rebsamen comme Martine Aubry harcelés, sans les nommer, par le secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts, n'ont pas d'autre choix. 
"Certains barons ou baronnes se disent qu’ils veulent faire sans les écologistes, comme s’il n’y avait pas eu de premier tour, comme si à certains moments on n’avait pas fait 20, 25% ou plus", explique Julien Bayou, secrétaire national EELV et ancien conseiller de Christiane Taubira.  Les écologistes arrivent en tête notamment à Lyon, Besançon ou Strasbourg. Si certains élus socialistes refusent de fusionner avec les Verts, c’est non seulement pour des raisons idéologiques et comportementales, mais aussi arithmétiques. Ces compromis promettent des mairies chaotiques.
<br>Paris: PS et EELV trouvent un accord

La liste 'Paris en commun' de la maire socialiste Anne Hidalgo et les Verts emmenés par David Belliard ont trouvé un accord de coalition dans la nuit de lundi à mardi pour le second tour des municipales à Paris.

"On a trouvé un accord sur les trois thèmes sur lesquels on travaillait depuis plusieurs jours: le projet, la gouvernance et les listes", a indiqué  le directeur de campagne de la maire, Emmanuel Grégoire. "Nous avions un projet écologique et social et nous savions qu'une coalition était nécessaire. Nous la faisons aujourd'hui avec Anne Hidalgo", a souligné David Belliard dans un entretien avec Le Parisien.

Belliard D et Najdoski Ch
9 sept 2013
Anne Hidalgo était arrivée en tête du premier tour des municipales avec 29,3% des voix et David Belliard, seulement quatrième, avec 10,8%. Il n'était pas en position de force, mais Hidalgo ne peut faire sans cet apport, puisqu'il ne suffit encore pas. En 2014, elle avait obtenu 34,4 % des suffrages et avait déjà dû signer un accord programmatique avec Europe Ecologie Les Verts pour obtenir la fusion des listes, alors que la droite LR avait gagné quatre arrondissements dès le premier tour (elle en aura six à l'arrivée).

Les écologistes "demandaient à avoir une mairie après le 28 juin", "on a dit oui et on en discutera", avoue E. Grégoire.

Par ailleurs "il était question que David Belliard entre dans l'exécutif, s'il le souhaite, c'est à lui de l'exprimer", a-t-il ajouté. 
"Il y aura au minimum une mairie écologiste durant la prochaine mandature si les électeurs et les électrices nous accordent leur confiance pour gérer Paris. A cette heure, je ne peux pas encore vous dire laquelle, mais si nous remportons l'élection, les écologistes seront parties prenantes de la gouvernance de la capitale à tous les niveaux, et je m'en réjouis", a confirmé M. Belliard.
"Je suis satisfait que nous partagions avec les équipes d'Anne Hidalgo une large part du diagnostic, sur la nécessité de 'dédensifier' la capitale ou de renforcer les solidarités notamment", a-t-il commenté sur le fond.

Sur les projets d'aménagement urbains ou encore la question de la place de la publicité à Paris, "nous sommes parvenus à trouver de nombreux compromis importants", a-t-il souligné.

"Le projet Bercy-Charenton (XIIe) va être remis à plat : le nouveau projet, qui reste à discuter, fera l'objet d'une concertation citoyenne. Nous nous engageons à ce qu'il comporte la création d'un troisième bois à Paris. Sur le TEP Ménilmontant, comme sur la friche Ordener, nous avons obtenu des garanties de refonte de ces projets avec pour objectif de préserver ou d'augmenter la part de parcs et de jardins", a précisé D. Belliard.

"Il y a eu de bonnes avancées, c'est une bonne nouvelle", s'est réjoui Julien Bayou, le secrétaire national d'EELV, au micro de Sud Radio. Les électeurs partageront-ils cette joie ?
Dans la majorité présidentielle, le dissident Villani refuse toute alliance - et compromission - avec Agnès Buzyn, candidate LREM et ex-ministre de la Santé, Agnès Buzyn, au coeur de conflits d'intérêts avec les laboratoires internationaux qui combattent la bi-thérapie du professeur Raoult contre le coronavirus responsable de la Covid19.

La maire PS de Nantes conclut un accord avec EELV

Quand, à Paris, l'équipe de la maire sortante PS peinait encore à s'allier avec le candidat EELV, à Nantes, l'accord était déjà signé dans la nuit de dimanche à lundi 1er juin entre le PS de la maire sortante Johanna Rolland et les écologistes de la liste EELV menée par Julie Laernoes, arrivée deuxième au premier tour. Johanna Rolland, que Jean-Marc Ayrault avait posé derrière lui à la mairie de Nantes, est arrivée en tête avec 31,36% le 15 mars, largement devant Julie Laernoes (19,58%).

"L'accord de fond entre les listes de Johanna Rolland et Julie Laernoes ne nie pas les divergences entre leurs programmes respectifs. Mais il choisit de se concentrer au contraire sur des valeurs partagées et renforcées face à la crise", écrivent dans un communiqué commun les états-majors des candidates, sans prendre l'avis des militants. Les électeurs seront en revanche appelé à dire leur mot...

"Le rassemblement de la gauche et des écologistes est la réponse aux enjeux fondamentaux qui se posent pour l'avenir de Nantes, s'est félicitée la maire, en langue de bois. La crise du Covid dont nous sortons progressivement donne une acuité encore plus forte à cette nécessité du rassemblement", ajoute-elle, pour ne pas aborder les questions qui gênent. 
La tête de liste écologiste a, quant à elle, estimé qu'"il aurait été, dans ce contexte, irresponsable de passer notre tour, de ne pas essayer d'influer sur les mesures à prendre". "Il ne faut pas s'y tromper: il est en train de se passer quelque chose de fort", a-t-elle assuré. Nantais, Nantaises, vous voilà prévenu(e)s, avant l'ouverture de la pochette-surprise...

Leur accord programmatique reste flou. 
Les deux candidates affirment qu'il porte "l'ambition" - ce qui n'engage à rien - d'une "rupture dans l'élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques municipales" - ce qui paraît plutôt confus -  et "d'une action municipale profondément renouvelée pour agir à la transformation profonde de notre modèle". ous voilà renseigné(e)s !

Parmi les autres candidates susceptibles de se maintenir au second tour, Laurence Garnier, ancienne directrice des ressources humaines à PSA Peugeot-Citroën, puis à la Direction des achats, à la tête de la liste LR, avait recueilli 19,93% et  une auto-entrepreneuse dans l'éclairage d'intérieur, la député LREM, où elle est tout naturellement membre de la... commission des Lois, Valérie Oppelt, 13%. 
Où sont les hommes, Marlène Schiappa ?
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dimanche 8 mars 2020

Municipales: Macron va-t-il encore plumer Les Républicains ?

Juppé a convaincu Macron: Les Républicains est soluble dans LREM...

A LR, certains dénoncent des investitures trop favorables à des candidats Macron-compatibles
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Ceci n'est pas une alliance "bonnet blanc et blanc bonnet"
Plus souple que la ligne de Wauquiez, celle de Christian Jacob leur apparaît mortifère. Quant à l'électorat, il réclame plus de clarté... Outre que tous se planquent en fonction de l'histoire politique locale et des chiffres aux scrutins passés, les candidats investis découvrent parfois tardivement quels sont les accords passés d'un état-major parisien à l'autre. Puisque le parti du président est démasqué (cf. circulaire Castaner : lien 1 : Municipales: la circulaire scélérate de Castaner ; Lien 2 : politique des listes aux municipales : Castaner doit battre en retraite) et sa stratégie de dissimulation éventée - les logos du parti doivent disparaître des professions de foi et les listes se drapper de toutes les nuances de flou cher à Macron.  e candidat encarté chez LR se souvient de la scène. Peu ancré en région, l'ex-banquier a calculé qu'il a tout à gagner à placer ses quelques oeufs dans le nid attitré des partis fragilisés qui ont la faiblesse de croire que, puisqu'ils sont installés, le renard de l'Elysée ne peut pas à nouveau les dépouiller et les chasser.  A un candidat qui apprit qu'il bénéficierait du soutien de LREM aux municipales, Christian Jacob répondit: "La règle, c'est qu'il n'y a pas d'alliance entre LR et LREM". "Au niveau national?", interroge le sortant perplexe. "Tu as compris", lui assène le patron de LR… sous-entendant qu'au niveau local, chaque candidat est libre de composer ses listes comme il l'entend. D'autant plus si Paris en a ainsi décidé. Et notamment avec des candidats issus du parti de Macron, face auquel LR s'affiche pourtant en opposant.

Alors que, dans une stratégie très claire, Laurent Wauquiez avait clairement fixé la ligne rouge à ne pas franchir vers des candidats Macron-compatibles, Christian Jacob adopte une conduite beaucoup plus flexible et déroutante. "A Provins (où il a été maire pendant quatorze ans), j'ai toujours gagné sur mon projet, pas sur mon logo LR, UMP ou RPR", a coutume de répéter le chef de la droite. L'aurait-il été avec l'étiquette socialiste ? La ville est à droite depuis 1965 et Alain Peyrefitte, ministre de de Gaulle, notamment.

Cas le plus dérangeant, celui de Toulouse (Haute-Garonne)
Le maire sortant CDS (Union du centre, apparue en 1976 pour soutenir les gouvernements d'ouverture de centre-gauche de Michel Rocard, d'Edith Cresson, puis de Pierre Bérégovoy du socialiste François Mitterrand) Jean-Luc Moudenc a d'abord bénéficié du soutien de LREM le 28 octobre, avant de recevoir celui de LR le lendemain ! "S'il y a 45 % de conseillers municipaux LREM à Toulouse, dans les faits, c'est une alliance avec En marche", s'inquiète un LR désireux de plus de limpidité. 

A Nice, le maire LR sortant Christian Estrosi devrait avoir également la "double nationalité", le double soutien LR-LREM, situation troublante. Si les candidats sont compatibles avec un autre parti ou mouvement, sont-ils bien clairs dans leur tête et leurs intentions?

"Les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement"
"La réalité, c'est que chez LREM, ils sont incapables de composer des listes. Ils se mettent sur le porte-bagages en essayant de faire croire que ce sont eux qui pédalent!", attaquait Christian Jacob fin novembre, dans Le Parisien.  

Le mois suivant, le même, 
nouveau président de LR, déclarait: "Les Républicains ne doivent pas baisser la tête". Il assurait alors qu'il ne se résolvait pas à l’effacement de son parti. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir son premier conseil national, il expliquait vouloir miser sur le travail de fond, l’implantation locale et la jeunesse. Autant dire qu'il laboure le terrain pour Macron.

A Chelles et à Rosny-sous-Bois, LREM a en effet décidé de soutenir les maires LR sortants : confortable... Mais les situations où LR a désigné des chefs de file pour négocier le soutien des candidats Macron-compatibles ne sont pas rares : un marché gagnant-gagnant où il y aura un perdant sur le moyen et le long terme. 

La direction de LR ne voit pas monter le danger

Résultat de recherche d'images pour "cheval de troie en Marche"C'est le cas notamment à Rouen (PS) où le responsable LR local crie à la " trahison", Niort (PS-MR) ou Angoulême (UMP, mais en alternance avec le PS)... 

En juin dernier, 72 maires de droite et du centre ont fait sensation en annonçant leur soutien clair et sans ambiguïté à Macron.


Les signataires :

  1. Christophe Béchu, Maire d’Angers (49)
  2. Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement (75)
  3. Philippe Augier Maire de Deauville (14),
  4. Frédéric Augis Maire de Joué les Tours (37),
  5. Dominique Baert Maire de Wattrelos (59),
  6. Jérôme Baloge Maire de Niort (79),
  7. Daniel Benquet Maire de Marmande (47),
  8. Éric Berdoati Maire de Saint-Cloud (92),
  9. Pascal Blanc Maire de Bourges (18),
  10. Jean-Luc Bléher Maire de Guer (56),
  11. Yves Bleuven Maire de Grand-Champ (56),
  12. Luc Bouard Maire de la Roche-sur-Yon (85),
  13. Christophe Bouchet Maire de Tours (37),
  14. Pierre Breteau Maire de Saint-Grégoire (35),
  15. Laurent Brosse Maire de Conflans-Saint-Honorine (78),
  16. Olivier Carré Maire d’Orléans (45),
  17. Pierre-Marie Charvoz Maire de Saint-Jean-de-Maurienne (73),
  18. Gwendoline Chaudoir Maire de Portiragnes (34),
  19. Alain Chrétien Maire de Vesoul (70),
  20. François Commeinhes Maire de Sète (34),
  21. Nicolas Criaud Maire de Guérande (44),
  22. Gérard Daniélou Maire de Cléder (29),
  23. Grégoire de Lasteyrie Maire de Palaiseau (91),
  24. Guillaume Delbar Maire de Roubaix (59),
  25. Grégoire de la Roncière Maire de Sèvres (92),
  26. François Decoster Maire de Saint-Omer (62),
  27. Laurent Degallaix Maire de Valenciennes (59),
  28. Rodrigue Desmet Maire de Roncq,
  29. Chantal Eyméoud Maire d’Embrun (05),
  30. Anne-Marie Forgeoux Maire de Monêtier-les-Bains (05),
  31. Brigitte Fouré Maire d’Amiens (80),
  32. François Gernigon Maire de Verrières-en-Anjou (49),
  33. Marie-Cécile Gessant Maire de Sautron (44),
  34. François Goulard Président du Conseil départemental du Morbihan (56),
  35. Jean-Jacques Guillet Maire de Chaville (92),
  36. Stéphanie Guiraud-Chaumeil Maire d’Albi (81),
  37. Laurent Hénart Maire de Nancy (54),
  38. Hubert Honoré Maire de Courménil (61),
  39. Ludovic Jolivet Maire de Quimper (29),
  40. Fabian Jordan Président de Mulhouse Alsace agglomération (68),
  41. Yvan Lachaud Président de Nîmes Métropole (30),
  42. Marc Laffineur Maire d’Avrillé (49),
  43. Gérard Lebas Premier adjoint au Maire de Châlons-en-Champagne (51),
  44. Franck Le Bohellec Maire de Villejuif (94),
  45. Gwenn Le Nay Maire de Plouay (56),
  46. Olivier Lepick Maire de Carnac (56),
  47. Franck Leroy Maire d’Epernay (51),
  48. Frédéric Leturque Maire d’Arras (62),
  49. Ronan Loas Maire de Ploemeur (56),
  50. Nicolas Meary Maire de Brétigny-sur-Orge (91),
  51. Yves Métaireau Maire de la Baule (44),
  52. Jean-Paul Michel Maire de Lagny-sur-Marne (77),
  53. Philippe Nolland Maire de Pithiviers (45),
  54. Karl Olive Maire de Poissy (78),
  55. Joseph Parpaillon Maire d’Orvault (44),
  56. Arnaud Péricard Maire de Saint-Germain-en-Laye (78),
  57. Teddy Regnier Maire de Chateaubourg (35),
  58. Claude Renoult Maire de Saint-Malo (35),
  59. Franck Reynal Maire de Pessac (33),
  60. Franck Reynier Maire de Montélimar (26),
  61. Christian Robache Maire de Montévrain (77),
  62. David Robo Maire de Vannes (56),
  63. Jean-Louis Roger Maire de Sucé-sur-Erdre (44),
  64. Marie-Hélène Thoraval Maire de Romans-sur-Isère (26),
  65. Jean-Michel Tobie Maire d’Ancenis (44),
  66. Frédéric Valletoux Maire de Fontainebleau (77),
  67. Francisque Vigouroux Maire d’Igny (91),
  68. Louis Vogel Maire de Melun (77),
  69. Alain Vogel-Singer Maire de Pezenas (34),
  70. Jean-Marie Vuylsteker Maire de Tourcoing (59),
  71. Stéphanie Yon-Courtin Maire de Saint-Contest (14),
  72. Pierre Yvroud Maire de La Rochette (77)
Parmi eux, certains ont depuis reçu l'investiture… des Républicains .
(à Sète, Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Vannes ou Albi. "On suit les propositions de la fédération départementale, les positions de nos militants sur le terrain. Et les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement", certifie le Chiraquien Christian Jacob. 
À Sèvres, dans l'Ouest parisien, le bureau départemental de LR a même décidé de soutenir le maire Grégoire de la Roncière qui a officiellement rejoint LREM en juillet dernier.

La droite fait tout pour déboussoler son électorat.


Macron veut régner au-dessus des partis, sans ligne ni limites et ni dieu ni maître, au gré de ses pulsions : il "assume", mais seuls sont responsables, les autres. Il est imprévisible et on ne sait jamais où l'attendre. Il est donc ingérable : normal, il gère seul !  
Mais comment fait-on pour faire alliance avec un ami sans foi ni loi? 
"La vérité, c'est que ce sont les élus locaux qui ont pris le pouvoir dans le parti ", analyse un crâne d'oeuf de droite. La mission qu'ils ont confiée à Jacob, c'est de dépolitiser le plus possible les enjeux jusqu'aux municipales." Faire du Macron ! Sont-ils tous déjà macronisés, carbonisés ?

Bénéficiant d'un nombre de maires sortants conséquent, Les Républicains croit aseptiser le débat et dépolitiser le paysage politique... LR prend le risque de décérébrer son électorat en lui disant que traverser la rue n'est pas si grave. Un jeu dangereux auquel se prête le président Larcher, peu soucieux que, lors des sénatorieles de 2023, des grands électeurs (95% des conseillers municipaux) de Macron fasse entrer des PlayMobil au Sénat.

La stratégie du bureau LR est pourtant contestée en interne. 
Une dizaine de membres du bureau politique - dont l'ancien candidat à la présidence de LR Julien Aubert - a envoyé une lettre à tous les membres de ce bureau pour dénoncer "des alliances locales avec des candidats investis par le parti présidentiel". "Si de telles alliances sont formées pour les municipales, rien n'empêchera que d'autres ententes de ce genre soient formées aux élections départementales, puis aux régionales. […] La conclusion logique de ce processus d'alliances ne pourra être qu'une satellisation de notre parti par LREM, et un soutien apporté à Emmanuel Macron au moment de l'élection présidentielle" de 2022, dénoncent les signataires. 

"Notre ligne est claire [sic]: on apporte notre soutien à des maires sortants LR ou DVD avec qui on avait fait alliance en 2014 et qui ne sont pas En marche", répond-on, agacé, dans l'entourage de Christian Jacob où l'on cite en contre-exemples Orléans ou Vesoul. Dans ces deux villes, LR a investi des candidats contre des maires Macron-compatibles. 
Chez LR, on conteste l'idée d'un deux poids-deux mesures: "La ligne est la même" et "quand des maires de chez nous ont parlé à En marche!, on a mis un candidat LR contre lui", ajoute M. Jacob, en donnant les exemples d'Orléans, Vesoul, Melun... Ce qui ne peut convaincre tout le monde. "A force d'investir des maires soutenus par LREM, l'Intérieur va finir par nous considérer comme des divers droite !", grince un parlementaire.

Pour le député du Vaucluse Julien Aubert, d'ailleurs, "la qualification de chef de file ne trompe personne: il s’agit pour ces candidats de négocier des alliances locales avec ceux investis par le parti présidentiel". Et ça ne passe pas.

jeudi 31 octobre 2019

Municipales: à Toulouse : le maire sortant Les Républicains, objet du désir de LR et de... LREM

Le coucou Macron pond dans le nid des autres: sera-t-il fécond ?

Le maire LR sortant, Jean-Luc Moudenc, également soutenu par LREM

Résultat de recherche d'images pour "Moudenc Philippe Macron"Elu en 2014 sous l'étiquette UMP, le tombeur du maire PS de Toulouse Pierre Cohen a des relations fluctuantes avec son parti: démocrate-chrétien "Macron-compatible", comme Arnaud Robinet à Reims ou Christian Estrosi à Nice, il a affiché sa proximité avec Edouard Philippe mais, "en même temps",  a pourtant pris position en faveur de la liste LR menée par François-Xavier aux Européennes.

Cahin-caha, le parti présidentiel investit ses têtes de listes pour les municipales de 2020. 
Lundi, le parti présidentiel, La République en Marche (LREM), a ainsi apporté son soutien au maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, adhérent du parti Les Républicains (LR).

A deux jours d'intervalle, mercredi, c'était au tour du premier parti de la droite républicaine de se prononcer également en faveur de l'édile sortant, candidat à sa propre succession depuis la fin du mois de septembre dernier. 
 
Une double investiture:  cohérence ou opportunisme ?

Interrogé mercredi par Le Parisien sur cette double investiture, le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie a justifié cette décision:
"La cohérence se mesure à travers le projet politique de progressisme local [?]. Cela ne veut pas dire que l'on est d'accord sur tout, mais sur un socle", a déclaré ce proche d'Emmanuel Macron.

Une double investiture qui "montre simplement la faiblesse des Marcheurs, qui sont incapables de trouver leurs propres candidats", 
Résultat de recherche d'images pour "sexe triade deux hommes une femme"
tacle un membre de l'entourage du nouveau président de LR, Christian Jacob, dans les colonnes du Figaro mercredi. "Personne n’est dupe. Jean-Luc Moudenc est un maire sortant LR, soutenu par une majorité LR écrasante", rappelle-t-on opportunément aux parasites LREM de la vie publique depuis trois années. Ils pondent leurs œufs dans le nid d'autres oiseaux, signe de paresse, car incapables de bâtir eux-mêmes leur propre nid. 
Quant à la mariée, a-t-elle conclu un contrat, en l'occurrence universel, à plusieurs plutôt qu’à deux ? Et compte-t-elle vivre en... trouple (version moderne de la "triade", communément appelé "ménage à trois"?

Le nid de Moudenc, une auberge espagnole ?

Proche de Juppé et donc du premier ministre Edouard Philippe, Jean-Luc Moudenc, déjà premier magistrat de Toulouse entre 2004 et 2008, compte dès à présent des élus LREM dans sa majorité municipale.

Officiellement candidat à sa propre succession, Moudenc se présente, comme en 2014, sans étiquette politique. 
"Je suis candidat aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2020 pour initier ces nouveaux progrès que nous devons réussir ensemble", écrit-il dans une lettre de deux pages envoyée aux Toulousains. Cette candidature était un secret de polichinelle depuis plusieurs semaines.

Toujours membre de LR, 
Jean-Luc Moudenc s'était consacré à sa ville, puisqu'il a renoncé à son mandat de député, mais a toutefois soutenu - à distance -  la liste conduite par François-Xavier Bellamy aux élections européennes.


Plusieurs raisons expliquent ce cas de figure

1 - Il a soutenu Bellamy, de loin.

Centré sur Toulouse, Moudenc n'a pas mené une campagne active pour l'Europe. C'est ce qu'ont apprécié les cadres d'En marche! "Il a témoigné d'un vrai esprit constructif avec le gouvernement ces derniers mois", affirmait un proche de l'Elysée  dans le JDD en août.
Pour faire la distinction entre ceux qui avaient apporté un soutien actif au candidat LR, genre Arnaud Robinet (Reims) ou Christian Estrosi (Nice), un cadre du parti résumait la situation en ces termes avant l'été : "Ce n'est pas la même chose de se faire étreindre par quelqu'un qu'on n'a pas envie d'embrasser que d'embrasser."

L'élu avait prévenu de sa stratégie. "Pour mieux rassembler, je ne sollicite l'investiture d'aucun parti politique", écrivait-il dans sa lettre de deux pages aux Toulousains.

2 - Des élus LREM ont déjà infiltré sa majorité.

Le parti du président a déjà un pied dans la porte. "C'est une décision logique, dans la mesure où il y a déjà des élus LREM dans ma majorité", a admis le maire de Toulouse, assurant qu'il s'agit de "la continuité du travail entrepris". Trois adjoints au maire ou conseillers municipaux - Franck Biasotto (Logement), Sylvie Rouillon Valdiguié (Politique touristique) - dont Laurent, le mari journaliste, est depuis la rentrée 2018 reporter chargé de l’investigation à l’hebdomadaire Marianne -  et Elisabeth Toutut-Picard - siègent en effet dans le groupe "Alliance majorité présidentielle", qui appartient à la majorité. 

3 - LREM n'a pas d'implantation locale; or, Moudenc a de bons sondages 

Deux sondages d'intentions de vote réalisés sur la ville  avant les européennes ont été rendus publics par deux organes de presse 'Macron-friendly'. Pour La Tribune, proche du quotidien gratuit 'Metro', devenu une filiale de la chaîne de télévision LCI qui appartient au groupe TF1, BVA en a publié un début mai, alors que l'IFOP avait déjà étudié le terrain électoral pour CNews (groupe Canal+) en avril. A chaque fois, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (36%) est loin devant les candidats LREM, que ce soit le député En Marche! du coin, Jean-François Portarrieu (9%), ou Mickaël Nogal, 28 ans, ex-adhérent au Parti socialiste, devenu l'un des principaux responsables des Jeunes avec Macron, (8%). Loins du comptepour se maintenir au second tour. 

Le jeunot - qui a préféré se retirer de la course avant la rentrée - explique : "Face au risque de l'extrême-gauche, il nous faut aller aux municipales rassemblés. Il s'agit d'un accord de fond avec Jean-Luc Moudenc, et pas d'une alliance de circonstance."
Testée dans l'enquête BVA, une liste emmenée par le maire sortant et soutenue par Les Républicains, l'UDI, En marche, le MoDem et les Radicaux obtiendrait 40% des suffrages au premier tour du scrutin en mars prochain.
Pour l'instant, le MoDem n'a pas encore officiellement arrêté sa stratégie en vue de l'élection municipale.

4 - La gauche divisée présentera deux listes.

Sauf surprise, il y aura "au moins" deux listes de gauche au premier tour du scrutin municipal.
D'un côté, Europe Ecologie - Les Verts, puis La France insoumise se sont insérés dans un processus citoyen intitulé "Archipel citoyen", rejoint également par l'ancien socialiste Romain Cujives. L'ordonnancement de la liste (70 noms ont été retenus) sera connu à la mi-novembre.
De l'autre, la vice-présidente de la région Occitanie Nadia Pellefigue - qui est la belle-fille de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, dont la candidature avait un temps été évoquée à Toulouse - a été investie par le Parti socialiste début octobre.
Elle espère mener une liste d'union citoyenne composée du PCF et du PRG et attaque Moudenc - et sa belle-mère (mère de trois fils, de 22, 34 et 35 ans), qui fut première adjointe au maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen - sur le front de l'insécurité à Toulouse, après six années d'enfer socialiste (2008-2014) avec Pierre Cohen, lequel a quitté le PS en avril 2018, pour rejoindre Génération.s de Benoît Hamon...
"On verra dans l'entre-deux-tours ce qu'il est possible de faire avec l'équipe du PS de Nadia Pellefigue", indique au JDD Hélène Cabanes, la porte-parole d'EELV dans 'Archipel Citoyen' et candidate. Or, si on se réfère aux deux sondages BVA et Ifop du printemps, en cas de rapprochement au second tour, l'union de la gauche pourrait avoisiner les 45% des voix.