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dimanche 8 mars 2020

Municipales: Macron va-t-il encore plumer Les Républicains ?

Juppé a convaincu Macron: Les Républicains est soluble dans LREM...

A LR, certains dénoncent des investitures trop favorables à des candidats Macron-compatibles
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Ceci n'est pas une alliance "bonnet blanc et blanc bonnet"
Plus souple que la ligne de Wauquiez, celle de Christian Jacob leur apparaît mortifère. Quant à l'électorat, il réclame plus de clarté... Outre que tous se planquent en fonction de l'histoire politique locale et des chiffres aux scrutins passés, les candidats investis découvrent parfois tardivement quels sont les accords passés d'un état-major parisien à l'autre. Puisque le parti du président est démasqué (cf. circulaire Castaner : lien 1 : Municipales: la circulaire scélérate de Castaner ; Lien 2 : politique des listes aux municipales : Castaner doit battre en retraite) et sa stratégie de dissimulation éventée - les logos du parti doivent disparaître des professions de foi et les listes se drapper de toutes les nuances de flou cher à Macron.  e candidat encarté chez LR se souvient de la scène. Peu ancré en région, l'ex-banquier a calculé qu'il a tout à gagner à placer ses quelques oeufs dans le nid attitré des partis fragilisés qui ont la faiblesse de croire que, puisqu'ils sont installés, le renard de l'Elysée ne peut pas à nouveau les dépouiller et les chasser.  A un candidat qui apprit qu'il bénéficierait du soutien de LREM aux municipales, Christian Jacob répondit: "La règle, c'est qu'il n'y a pas d'alliance entre LR et LREM". "Au niveau national?", interroge le sortant perplexe. "Tu as compris", lui assène le patron de LR… sous-entendant qu'au niveau local, chaque candidat est libre de composer ses listes comme il l'entend. D'autant plus si Paris en a ainsi décidé. Et notamment avec des candidats issus du parti de Macron, face auquel LR s'affiche pourtant en opposant.

Alors que, dans une stratégie très claire, Laurent Wauquiez avait clairement fixé la ligne rouge à ne pas franchir vers des candidats Macron-compatibles, Christian Jacob adopte une conduite beaucoup plus flexible et déroutante. "A Provins (où il a été maire pendant quatorze ans), j'ai toujours gagné sur mon projet, pas sur mon logo LR, UMP ou RPR", a coutume de répéter le chef de la droite. L'aurait-il été avec l'étiquette socialiste ? La ville est à droite depuis 1965 et Alain Peyrefitte, ministre de de Gaulle, notamment.

Cas le plus dérangeant, celui de Toulouse (Haute-Garonne)
Le maire sortant CDS (Union du centre, apparue en 1976 pour soutenir les gouvernements d'ouverture de centre-gauche de Michel Rocard, d'Edith Cresson, puis de Pierre Bérégovoy du socialiste François Mitterrand) Jean-Luc Moudenc a d'abord bénéficié du soutien de LREM le 28 octobre, avant de recevoir celui de LR le lendemain ! "S'il y a 45 % de conseillers municipaux LREM à Toulouse, dans les faits, c'est une alliance avec En marche", s'inquiète un LR désireux de plus de limpidité. 

A Nice, le maire LR sortant Christian Estrosi devrait avoir également la "double nationalité", le double soutien LR-LREM, situation troublante. Si les candidats sont compatibles avec un autre parti ou mouvement, sont-ils bien clairs dans leur tête et leurs intentions?

"Les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement"
"La réalité, c'est que chez LREM, ils sont incapables de composer des listes. Ils se mettent sur le porte-bagages en essayant de faire croire que ce sont eux qui pédalent!", attaquait Christian Jacob fin novembre, dans Le Parisien.  

Le mois suivant, le même, 
nouveau président de LR, déclarait: "Les Républicains ne doivent pas baisser la tête". Il assurait alors qu'il ne se résolvait pas à l’effacement de son parti. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir son premier conseil national, il expliquait vouloir miser sur le travail de fond, l’implantation locale et la jeunesse. Autant dire qu'il laboure le terrain pour Macron.

A Chelles et à Rosny-sous-Bois, LREM a en effet décidé de soutenir les maires LR sortants : confortable... Mais les situations où LR a désigné des chefs de file pour négocier le soutien des candidats Macron-compatibles ne sont pas rares : un marché gagnant-gagnant où il y aura un perdant sur le moyen et le long terme. 

La direction de LR ne voit pas monter le danger

Résultat de recherche d'images pour "cheval de troie en Marche"C'est le cas notamment à Rouen (PS) où le responsable LR local crie à la " trahison", Niort (PS-MR) ou Angoulême (UMP, mais en alternance avec le PS)... 

En juin dernier, 72 maires de droite et du centre ont fait sensation en annonçant leur soutien clair et sans ambiguïté à Macron.


Les signataires :

  1. Christophe Béchu, Maire d’Angers (49)
  2. Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement (75)
  3. Philippe Augier Maire de Deauville (14),
  4. Frédéric Augis Maire de Joué les Tours (37),
  5. Dominique Baert Maire de Wattrelos (59),
  6. Jérôme Baloge Maire de Niort (79),
  7. Daniel Benquet Maire de Marmande (47),
  8. Éric Berdoati Maire de Saint-Cloud (92),
  9. Pascal Blanc Maire de Bourges (18),
  10. Jean-Luc Bléher Maire de Guer (56),
  11. Yves Bleuven Maire de Grand-Champ (56),
  12. Luc Bouard Maire de la Roche-sur-Yon (85),
  13. Christophe Bouchet Maire de Tours (37),
  14. Pierre Breteau Maire de Saint-Grégoire (35),
  15. Laurent Brosse Maire de Conflans-Saint-Honorine (78),
  16. Olivier Carré Maire d’Orléans (45),
  17. Pierre-Marie Charvoz Maire de Saint-Jean-de-Maurienne (73),
  18. Gwendoline Chaudoir Maire de Portiragnes (34),
  19. Alain Chrétien Maire de Vesoul (70),
  20. François Commeinhes Maire de Sète (34),
  21. Nicolas Criaud Maire de Guérande (44),
  22. Gérard Daniélou Maire de Cléder (29),
  23. Grégoire de Lasteyrie Maire de Palaiseau (91),
  24. Guillaume Delbar Maire de Roubaix (59),
  25. Grégoire de la Roncière Maire de Sèvres (92),
  26. François Decoster Maire de Saint-Omer (62),
  27. Laurent Degallaix Maire de Valenciennes (59),
  28. Rodrigue Desmet Maire de Roncq,
  29. Chantal Eyméoud Maire d’Embrun (05),
  30. Anne-Marie Forgeoux Maire de Monêtier-les-Bains (05),
  31. Brigitte Fouré Maire d’Amiens (80),
  32. François Gernigon Maire de Verrières-en-Anjou (49),
  33. Marie-Cécile Gessant Maire de Sautron (44),
  34. François Goulard Président du Conseil départemental du Morbihan (56),
  35. Jean-Jacques Guillet Maire de Chaville (92),
  36. Stéphanie Guiraud-Chaumeil Maire d’Albi (81),
  37. Laurent Hénart Maire de Nancy (54),
  38. Hubert Honoré Maire de Courménil (61),
  39. Ludovic Jolivet Maire de Quimper (29),
  40. Fabian Jordan Président de Mulhouse Alsace agglomération (68),
  41. Yvan Lachaud Président de Nîmes Métropole (30),
  42. Marc Laffineur Maire d’Avrillé (49),
  43. Gérard Lebas Premier adjoint au Maire de Châlons-en-Champagne (51),
  44. Franck Le Bohellec Maire de Villejuif (94),
  45. Gwenn Le Nay Maire de Plouay (56),
  46. Olivier Lepick Maire de Carnac (56),
  47. Franck Leroy Maire d’Epernay (51),
  48. Frédéric Leturque Maire d’Arras (62),
  49. Ronan Loas Maire de Ploemeur (56),
  50. Nicolas Meary Maire de Brétigny-sur-Orge (91),
  51. Yves Métaireau Maire de la Baule (44),
  52. Jean-Paul Michel Maire de Lagny-sur-Marne (77),
  53. Philippe Nolland Maire de Pithiviers (45),
  54. Karl Olive Maire de Poissy (78),
  55. Joseph Parpaillon Maire d’Orvault (44),
  56. Arnaud Péricard Maire de Saint-Germain-en-Laye (78),
  57. Teddy Regnier Maire de Chateaubourg (35),
  58. Claude Renoult Maire de Saint-Malo (35),
  59. Franck Reynal Maire de Pessac (33),
  60. Franck Reynier Maire de Montélimar (26),
  61. Christian Robache Maire de Montévrain (77),
  62. David Robo Maire de Vannes (56),
  63. Jean-Louis Roger Maire de Sucé-sur-Erdre (44),
  64. Marie-Hélène Thoraval Maire de Romans-sur-Isère (26),
  65. Jean-Michel Tobie Maire d’Ancenis (44),
  66. Frédéric Valletoux Maire de Fontainebleau (77),
  67. Francisque Vigouroux Maire d’Igny (91),
  68. Louis Vogel Maire de Melun (77),
  69. Alain Vogel-Singer Maire de Pezenas (34),
  70. Jean-Marie Vuylsteker Maire de Tourcoing (59),
  71. Stéphanie Yon-Courtin Maire de Saint-Contest (14),
  72. Pierre Yvroud Maire de La Rochette (77)
Parmi eux, certains ont depuis reçu l'investiture… des Républicains .
(à Sète, Saint-Germain-en-Laye, Poissy, Conflans-Sainte-Honorine, Vannes ou Albi. "On suit les propositions de la fédération départementale, les positions de nos militants sur le terrain. Et les élus qui ont notre soutien nous l'ont demandé clairement", certifie le Chiraquien Christian Jacob. 
À Sèvres, dans l'Ouest parisien, le bureau départemental de LR a même décidé de soutenir le maire Grégoire de la Roncière qui a officiellement rejoint LREM en juillet dernier.

La droite fait tout pour déboussoler son électorat.


Macron veut régner au-dessus des partis, sans ligne ni limites et ni dieu ni maître, au gré de ses pulsions : il "assume", mais seuls sont responsables, les autres. Il est imprévisible et on ne sait jamais où l'attendre. Il est donc ingérable : normal, il gère seul !  
Mais comment fait-on pour faire alliance avec un ami sans foi ni loi? 
"La vérité, c'est que ce sont les élus locaux qui ont pris le pouvoir dans le parti ", analyse un crâne d'oeuf de droite. La mission qu'ils ont confiée à Jacob, c'est de dépolitiser le plus possible les enjeux jusqu'aux municipales." Faire du Macron ! Sont-ils tous déjà macronisés, carbonisés ?

Bénéficiant d'un nombre de maires sortants conséquent, Les Républicains croit aseptiser le débat et dépolitiser le paysage politique... LR prend le risque de décérébrer son électorat en lui disant que traverser la rue n'est pas si grave. Un jeu dangereux auquel se prête le président Larcher, peu soucieux que, lors des sénatorieles de 2023, des grands électeurs (95% des conseillers municipaux) de Macron fasse entrer des PlayMobil au Sénat.

La stratégie du bureau LR est pourtant contestée en interne. 
Une dizaine de membres du bureau politique - dont l'ancien candidat à la présidence de LR Julien Aubert - a envoyé une lettre à tous les membres de ce bureau pour dénoncer "des alliances locales avec des candidats investis par le parti présidentiel". "Si de telles alliances sont formées pour les municipales, rien n'empêchera que d'autres ententes de ce genre soient formées aux élections départementales, puis aux régionales. […] La conclusion logique de ce processus d'alliances ne pourra être qu'une satellisation de notre parti par LREM, et un soutien apporté à Emmanuel Macron au moment de l'élection présidentielle" de 2022, dénoncent les signataires. 

"Notre ligne est claire [sic]: on apporte notre soutien à des maires sortants LR ou DVD avec qui on avait fait alliance en 2014 et qui ne sont pas En marche", répond-on, agacé, dans l'entourage de Christian Jacob où l'on cite en contre-exemples Orléans ou Vesoul. Dans ces deux villes, LR a investi des candidats contre des maires Macron-compatibles. 
Chez LR, on conteste l'idée d'un deux poids-deux mesures: "La ligne est la même" et "quand des maires de chez nous ont parlé à En marche!, on a mis un candidat LR contre lui", ajoute M. Jacob, en donnant les exemples d'Orléans, Vesoul, Melun... Ce qui ne peut convaincre tout le monde. "A force d'investir des maires soutenus par LREM, l'Intérieur va finir par nous considérer comme des divers droite !", grince un parlementaire.

Pour le député du Vaucluse Julien Aubert, d'ailleurs, "la qualification de chef de file ne trompe personne: il s’agit pour ces candidats de négocier des alliances locales avec ceux investis par le parti présidentiel". Et ça ne passe pas.

jeudi 31 octobre 2019

Municipales: à Toulouse : le maire sortant Les Républicains, objet du désir de LR et de... LREM

Le coucou Macron pond dans le nid des autres: sera-t-il fécond ?

Le maire LR sortant, Jean-Luc Moudenc, également soutenu par LREM

Résultat de recherche d'images pour "Moudenc Philippe Macron"Elu en 2014 sous l'étiquette UMP, le tombeur du maire PS de Toulouse Pierre Cohen a des relations fluctuantes avec son parti: démocrate-chrétien "Macron-compatible", comme Arnaud Robinet à Reims ou Christian Estrosi à Nice, il a affiché sa proximité avec Edouard Philippe mais, "en même temps",  a pourtant pris position en faveur de la liste LR menée par François-Xavier aux Européennes.

Cahin-caha, le parti présidentiel investit ses têtes de listes pour les municipales de 2020. 
Lundi, le parti présidentiel, La République en Marche (LREM), a ainsi apporté son soutien au maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, adhérent du parti Les Républicains (LR).

A deux jours d'intervalle, mercredi, c'était au tour du premier parti de la droite républicaine de se prononcer également en faveur de l'édile sortant, candidat à sa propre succession depuis la fin du mois de septembre dernier. 
 
Une double investiture:  cohérence ou opportunisme ?

Interrogé mercredi par Le Parisien sur cette double investiture, le ministre de la Ville et du Logement Julien Denormandie a justifié cette décision:
"La cohérence se mesure à travers le projet politique de progressisme local [?]. Cela ne veut pas dire que l'on est d'accord sur tout, mais sur un socle", a déclaré ce proche d'Emmanuel Macron.

Une double investiture qui "montre simplement la faiblesse des Marcheurs, qui sont incapables de trouver leurs propres candidats"
Résultat de recherche d'images pour "sexe triade deux hommes une femme"
tacle un membre de l'entourage du nouveau président de LR, Christian Jacob, dans les colonnes du Figaro mercredi. "Personne n’est dupe. Jean-Luc Moudenc est un maire sortant LR, soutenu par une majorité LR écrasante", rappelle-t-on opportunément aux parasites LREM de la vie publique depuis trois années. Ils pondent leurs œufs dans le nid d'autres oiseaux, signe de paresse, car incapables de bâtir eux-mêmes leur propre nid. 
Quant à la mariée, a-t-elle conclu un contrat, en l'occurrence universel, à plusieurs plutôt qu’à deux ? Et compte-t-elle vivre en... trouple (version moderne de la "triade", communément appelé "ménage à trois"?

Le nid de Moudenc, une auberge espagnole ?

Proche de Juppé et donc du premier ministre Edouard Philippe, Jean-Luc Moudenc, déjà premier magistrat de Toulouse entre 2004 et 2008, compte dès à présent des élus LREM dans sa majorité municipale.

Officiellement candidat à sa propre succession, Moudenc se présente, comme en 2014, sans étiquette politique. 
"Je suis candidat aux prochaines élections municipales des 15 et 22 mars 2020 pour initier ces nouveaux progrès que nous devons réussir ensemble", écrit-il dans une lettre de deux pages envoyée aux Toulousains. Cette candidature était un secret de polichinelle depuis plusieurs semaines.

Toujours membre de LR, 
Jean-Luc Moudenc s'était consacré à sa ville, puisqu'il a renoncé à son mandat de député, mais a toutefois soutenu - à distance -  la liste conduite par François-Xavier Bellamy aux élections européennes.


Plusieurs raisons expliquent ce cas de figure

1 - Il a soutenu Bellamy, de loin.

Centré sur Toulouse, Moudenc n'a pas mené une campagne active pour l'Europe. C'est ce qu'ont apprécié les cadres d'En marche! "Il a témoigné d'un vrai esprit constructif avec le gouvernement ces derniers mois", affirmait un proche de l'Elysée  dans le JDD en août.
Pour faire la distinction entre ceux qui avaient apporté un soutien actif au candidat LR, genre Arnaud Robinet (Reims) ou Christian Estrosi (Nice), un cadre du parti résumait la situation en ces termes avant l'été : "Ce n'est pas la même chose de se faire étreindre par quelqu'un qu'on n'a pas envie d'embrasser que d'embrasser."

L'élu avait prévenu de sa stratégie. "Pour mieux rassembler, je ne sollicite l'investiture d'aucun parti politique", écrivait-il dans sa lettre de deux pages aux Toulousains.

2 - Des élus LREM ont déjà infiltré sa majorité.

Le parti du président a déjà un pied dans la porte. "C'est une décision logique, dans la mesure où il y a déjà des élus LREM dans ma majorité", a admis le maire de Toulouse, assurant qu'il s'agit de "la continuité du travail entrepris". Trois adjoints au maire ou conseillers municipaux - Franck Biasotto (Logement), Sylvie Rouillon Valdiguié (Politique touristique) - dont Laurent, le mari journaliste, est depuis la rentrée 2018 reporter chargé de l’investigation à l’hebdomadaire Marianne -  et Elisabeth Toutut-Picard - siègent en effet dans le groupe "Alliance majorité présidentielle", qui appartient à la majorité. 

3 - LREM n'a pas d'implantation locale; or, Moudenc a de bons sondages 

Deux sondages d'intentions de vote réalisés sur la ville  avant les européennes ont été rendus publics par deux organes de presse 'Macron-friendly'. Pour La Tribune, proche du quotidien gratuit 'Metro'devenu une filiale de la chaîne de télévision LCI qui appartient au groupe TF1, BVA en a publié un début mai, alors que l'IFOP avait déjà étudié le terrain électoral pour CNews (groupe Canal+) en avril. A chaque fois, le maire sortant Jean-Luc Moudenc (36%) est loin devant les candidats LREM, que ce soit le député En Marche! du coin, Jean-François Portarrieu (9%), ou Mickaël Nogal, 28 ans, ex-adhérent au Parti socialiste, devenu l'un des principaux responsables des Jeunes avec Macron, (8%). Loins du comptepour se maintenir au second tour. 

Le jeunot - qui a préféré se retirer de la course avant la rentrée - explique : "Face au risque de l'extrême-gauche, il nous faut aller aux municipales rassemblés. Il s'agit d'un accord de fond avec Jean-Luc Moudenc, et pas d'une alliance de circonstance."
Testée dans l'enquête BVA, une liste emmenée par le maire sortant et soutenue par Les Républicains, l'UDI, En marche, le MoDem et les Radicaux obtiendrait 40% des suffrages au premier tour du scrutin en mars prochain.
Pour l'instant, le MoDem n'a pas encore officiellement arrêté sa stratégie en vue de l'élection municipale.

4 - La gauche divisée présentera deux listes.

Sauf surprise, il y aura "au moins" deux listes de gauche au premier tour du scrutin municipal.
D'un côté, Europe Ecologie - Les Verts, puis La France insoumise se sont insérés dans un processus citoyen intitulé "Archipel citoyen", rejoint également par l'ancien socialiste Romain Cujives. L'ordonnancement de la liste (70 noms ont été retenus) sera connu à la mi-novembre.
De l'autre, la vice-présidente de la région Occitanie Nadia Pellefigue - qui est la belle-fille de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, dont la candidature avait un temps été évoquée à Toulouse - a été investie par le Parti socialiste début octobre.
Elle espère mener une liste d'union citoyenne composée du PCF et du PRG et attaque Moudenc - et sa belle-mère (mère de trois fils, de 22, 34 et 35 ans), qui fut première adjointe au maire socialiste de Toulouse Pierre Cohen - sur le front de l'insécurité à Toulouse, après six années d'enfer socialiste (2008-2014) avec Pierre Cohen, lequel a quitté le PS en avril 2018, pour rejoindre Génération.s de Benoît Hamon...
"On verra dans l'entre-deux-tours ce qu'il est possible de faire avec l'équipe du PS de Nadia Pellefigue", indique au JDD Hélène Cabanes, la porte-parole d'EELV dans 'Archipel Citoyen' et candidate. Or, si on se réfère aux deux sondages BVA et Ifop du printemps, en cas de rapprochement au second tour, l'union de la gauche pourrait avoisiner les 45% des voix.

samedi 10 juin 2017

Les Modernes de Macron ne font pas mieux que les Anciens

Quand la République en Marche ne change rien à la "vieille politique"

Le parti présidentiel, La République en marche, n'a pas mis fin aux accords d'appareils

Moralisation : les ministres MoDem Bayrou (ci-dessus) et Sarnez,
en délicatesse avec police et justice 
Les cadres du parti de Macron, La République en Marche (LREM), ont déjà mis le champagne au frais. Peu leur chaut l'occasion manquée du renouvellement de la vie publique lors des législatives des 11 et 18 juin. Le 29 mai, Gérard Collomb, le nouveau ministre de l'Intérieur, entouré de ses quatorze candidats dans le Rhône,vendait allègrement la peau de l'ours avant de l'avoir tué, sur la terrasse d'un immeuble proche du musée Confluences, à Lyon.  A eux, s'était joint le mathématicien Cédric Villani, professeur à l'université Claude-Bernard de Lyon, et pourtant parachuté dans l'Essonne. "Nous sommes en train d'étonner le monde" , s'était rengorgé le ministre septuagénaire, acclamé par ses partisans. 

Les macroniens sont grisés par les sondages
Ils annoncent la majorité absolue à l'Assemblée pour un parti créé il y a un peu plus d'un an ! Selon la dernière enquête OpinionWay et Les Echos (groupe LVMH, libéral), LREM recueillerait 30 % des suffrages et obtiendrait entre 370 et 400 sièges, soit plus que le PS en 2012, qui comptait 312 élus. 
Cette vague Macron tient certes à l'effet de souffle présidentiel - les Français ont toujours donné la majorité absolue au président depuis que les législatives ont lieu dans la foulée de la présidentielle, d'autant que les débuts du quinquennat sont jugés réussis, mais à un engouement irraisonné entretenu par la presse mercantile aux mains d'hommes d'affaires qui veulent croire au banquier entré à l'Elysée.
Le jeunisme du candidat Macron explique aussi cette probable victoire aux législatives, par lesquelles le président veut donner un vrai coup de jeune à la politique. Il a privilégié des candidatures ouvertes à tous (19.000 ont été déposées : en nombre toutefois insuffisant pour prétendre à tous les sièges...), une stricte parité hommes-femmes et une entrée en force de la société civile, qui représente la moitié des candidats, aux dépens de la mixité sociale et de la diversité.  "Nous avons suscité des candidatures de grande qualité qui n'auraient jamais passé le filtre des partis", se flatte Jean-Paul Delevoye, à la tête de la Commission d'investiture. 

Le parti du président balaie ses propres principes 

Nombre de principes de campagne ont été écornés. 
"Il n'y aura aucun accord d'appareil avec quelque parti que ce soit; ce sont les idées et la volonté de transformer le pays qui doivent nous unir", promettait le candidat Macron, le 19 janvier. Mais, avec  son alliance avec François Bayrou, jugée déterminante pour la victoire, Macron ramène les électeurs à la réalité politicienne. Dès l'annonce de la première liste de candidats En marche !, le 11 mai, le président du MoDem, estimant son accord pré-électoral trahi avec l'attribution par Macron d'une quarantaine de candidats au MoDem, a craint pour la survie de son groupuscule à l'Assemblée. Le chantage du maire de Pau soutenu par Juppé auprès du juppéiste Edouard Philippe et Delevoye, un proche de Raffarin, et les doutes de Macron sur ses propres capacités à gagner avec des inconnu(e), ont finalement permis à Bayrou de doubler le nombre circonscriptions réservées au MoDem.
"C'est une dérogation à nos principes, admet Jean-Paul Delevoye. Nous sommes en transition entre l'ancien et le nouveau monde politique," tente-t-il de se justifier. 
Ironie du sort vertueux, la bande à Bayrou vient de se faire pincer dans une affaire de financement illégal du MoDem par leurs cinq eurodéputés qui faisaient salarier une dizaine d'assistants parlementaires fantômes à Strasbourg mais industrieux (disent-ils) dans les circonscriptions: le MoDem tient en effet beaucoup au maintien de son tissu territorial...
Autre entorse : alors qu'Emmanuel Macron avait promis la présence de son parti dans chaque circonscription, il n'opposera aucun candidat dans 51 circonscriptions.
Le parti présidentiel lui accorde l'excuse de la  "bienveillance" envers des élus qui ont donné des signes d'ouverture à la majorité présidentielle. Les protégés de Macron sont des ...juppéistes, tels Thierry Solère ou Franck Riester (LR), des sortants rodés à l'activité parlementaire dont ses propres troupes auront tout à apprendre, ainsi que des UDI, tel Yves Jégo, qui ont été épargnés, comme les socialistes Marisol Touraine, Stéphane Le Foll et Myriam el-Khomri, qui a porté sa loi Travail quand il tirait les ficelles depuis Bercy. 

Macron a aussi renié son engagement à écarter tout candidat ayant déjà effectué trois mandats de député. 
Cela a permis de repêcher Manuel Valls, déjà trois fois député, rallié au président et redevable, mais trop cumulard pour être sélectionné. L'ancien premier ministre ne s'est vu opposer aucun macronien contre lui dans l'Essonne, alors qu'ailleurs ses soutiens doivent affronter des candidats En marche !... 
Ce cas n'est pas isolé, puisque c'est aussi celui du Tarn où En marche! a investi deux candidats sur trois. Dans la 1ère circonscription (Albi-Castres montagne) le parti du président n'a désigné personne. Le troisième, Philippe Folliot, est un député centriste sortant et rallié à la candidature d'Emmanuel Macron. Or, Philippe Folliot n'est pas une nouvelle tête: ce parlementaire est élu depuis trois mandats. Foin donc encore de la règle de ne pas faire plus de trois mandats successifs.

Pour conquérir la majorité à l'Assemblée, Emmanuel Macron a fait, lui aussi, de la vieille tambouille politicienne… 

vendredi 26 mai 2017

Les Français préfèreraient des députés inexpérimentés, dixit un sondage OpinionWay

Macron veut faire de la France un laboratoire d'essais. Et des Français, des cobayes ? 

Le mouvement du président 
est contraint de revoir ses prétentions à la baisse
Macron peine à tenir sa double promesse de recomposer et renouveler la scène politique : après la polémique provoquée par la colère publique de François Bayrou sur le nombre d'investis Modem aux élections législatives, précédée par les couacs des premières investitures concédées sans l'accord des nominés, le président néophyte de la politique découvre à quel point il est difficile de faire table rase du passé tout en cherchant à constituer une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
 
Delevoye a attribué quelque 153 investitures soit à des socialistes ou ex-socialistes, à quelques écologistes pro-gouvernement ou encore à des radicaux de gauche. Sur les 23 parlementaires ou suppléants sortants investis, tous appartenaient à la majorité sortante, dont une très nette part (16) de socialistes. Dans le lot, une ministre écologiste de François Hollande, Barbara Pompili, est investie dans sa circonscription de la Somme.
A cela, il faut ajouter le choix d'En Marche! de ne pas investir de candidat contre des membres ou d'anciens membres du gouvernement, dont le très contesté Manuel Valls, le bourrin Jean-Marie Le Guen, l'impuissant Stéphane Le Foll, la sournoise Marisol Touraine, l'incompétente Myriam El Khomri ou l'insignifiante Ségolène Neuville.
Pour se défendre de "recycler" les sortants du PS, le parti présidentiel met en avant le fait que 70 à 100 députés PS sortants avaient à l'origine sollicité leur investiture, dont de nombreux proches de Manuel Valls.  Ce choix ne s'est donc pas fait sans difficulté, entre des candidats qui n'avaient pas demandé à l'être et ceux qui ont dû céder la place à des ténors ou à des personnalités médiatiques, comme le champion des maths Cédric Villani ou le juge Eric Halphen.

La société civile apporte-t-elle du sang neuf ou pauvre ?
Si la recomposition macronienne s'apparente bien à un grand jeu de vases communicants, l'effort de renouvellement des candidatures En Marche! aboutit à l'arrivée de candidats néophytes et/ou sans appartenance partisane. 
L'inexpérience est vendue aux Français comme un plus, que dis-je, un must... La direction du parti présidentiel annonce l'entrée en scène de 197 candidats sans aucun passé politique notable jusqu'ici.

Près de 52% des candidats sont issus de la société civile.
Sur les 428 candidats investis sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a précisé Richard Ferrand, au cours d'une conférence de presse. Il a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats hommes et 214 femmes, se fondant sur l'idée fausse dans l'air du temps qu'un(e) incompétent(e) vaut un(e) responsable politique expérimenté(e). Il faudra d'ailleurs attendre  le 18 juin, date du second tour des législatives, pour pour mesurer l'ampleur véritable du renouvellement annoncé et savoir si les Français sont tombés dans le panneauEt il faudra vérifier que les circonscriptions les plus favorables n'ont pas été réservées aux seuls sortants ou à un genre plutôt qu'à un autre. Les candidats de la diversité avaient fait les frais d'une campagne socialiste de propagande laissant penser qu'ils avaient une chance.

Si le renouvellement promis par Macron permet l’émergence de nouveaux visages, les profils des candidats de la 'République en marche' (REM) ne reflètent pas la réalité de la population française

La liste complète et définitive n’a visiblement pas été facile à boucler. Les six derniers sélectionnés sont tombés à la dernière minute : trois hommes, tous des élus, dont l’un affrontera le numéro 2 du FN, Florian Philippot, en Moselle ; et trois femmes, issues de la société civile. Au total, ce ne sont pas 577, mais seulement 526 candidats qui seront alignés pour défendre le programme d’Emmanuel Macron et, peut-être, pour lui offrir la majorité nécessaire pour l'habiliter globalement à passer ses réformes sans contrôle de la majorité à l’Assemblée nationale. 

Sans surprise, pour mener la "révolution" telle que la promet l’ouvrage de Macron, on retrouve parmi les impétrants volontaires une bonne vingtaine de sortants ainsi que de nombreux élus locaux, dont des dizaines de maires, conseillers municipaux, départementaux ou régionaux issus des rangs socialistes, du Modem ou accessoirement de la droite, et qui aspirent à grimper un nouvel échelon électoral. Pour assurer le renouvellement de la classe politique, et pour ne rien changer, Macron actionnera le levier de l'ambition.

Sur les 526 candidatures, 271 ont été accordées à des personnes n’ayant effectivement jamais eu de mandat électoral. A l’instar du président soi-même, qui ne s’était jamais présenté à un aucun scrutin avant l’élection présidentielle tout en ayant fréquenté les arcanes du pouvoir pendant les cinq années désastreuses de François Hollande. Tous les candidats estampillés 'société civile' ne sont pas des novices en politique pour autant, mais ce sont des subalternes : plus d’une dizaine (!) ont par exemple été collaborateurs auprès de députés, de sénateurs ou d’eurodéputés, le plus souvent socialistes. D’autres ont travaillé dans des cabinets d’élus, dans les ministères ou les mairies, au cœur des rouages administratifs, mais trop souvent à des échelons inférieurs.
Ainsi, d'obscures référents départementaux d’En marche qui ont mené localement la campagne présidentielle derrière Macron ces derniers mois ont-ils également été récompensés, puisqu’une dizaine d’entre eux seront aussi candidats au titre de la société civile.

A bien observer le profil des nouveaux venus, on constate qu’Emmanuel Macron a voulu mettre en avant "la France qui réussit" : les cadres ou les chefs d’entreprise sont massivement représentés, mais aussi des professions intellectuelles, improductives. 
Sur 219 candidats de la société civile, on retrouve une large majorité (57 %) de quadragénaires et de quinquagénaires, mais aussi 37 % (82 candidats) qui, à l’image du président de la République, 40 ans en décembre, ne sont pas encore des quadras. Cette 'société civile' entrepreneuriale refléterait mieux, nous dit-on, la variété sociologique du pays que les bancs de l’Assemblée de la dernière législature, si on considère que les avocats, les médecins et les enseignants la représentent mal. Elle reste en outre un miroir déformant d’une France sans chômeurs ni retraités ou presque, sans ouvriers et avec des représentants sur-qualifiés d'un monde privilégié. 

Des candidats En marche! d'origines variées, mais toujours des hyperdiplômés.
Si on se réfère aux chiffres de l’Insee, selon lesquels les immigrés et leurs descendants directs (hors Europe) représentent 11 % de la population, la promesse de Macron sur la diversité est tenue, sur le papier. Car en se fondant sur les patronymes à consonances maghrébine, africaine et asiatique, on recense qu’environ 13 % des 219 candidats LREM issus de la 'société civile' sont d’origine étrangère. Pour mémoire, une précédente ébauche de statistiques ethniques relevait qu’en 2015, seuls 9 des 577 députés siégeant à l’Assemblée étaient d’origine étrangère. Cette nouvelle évaluation, qui reste approximative, ne prend pas en compte les candidats issus des territoires d’outre-mer. Mais qui dit candidat ne dit pas élu.
Médecins, avocats, cadres du privé et hauts fonctionnaires… la majorité de ces candidats de la diversité ont à leur compteur entre trois (licence) et cinq ans (DESS, journalisme) d’études. Le profil de l'avocate Laetitia Avia, candidate dans la 8e circonscription de Paris (une partie du 12e arrondissement, comprenant Bercy, ainsi qu'une partie du 20e arrondissement, côté boulevard de Charonne), incarne cette réussite professionnelle et le bon fonctionnement de l'échelle sociale française, nuançant la propagande de la gauche et les documentaires de la presse engagée sur la ligne de la pensée unique internationaliste. Outre leur niveau de diplôme élevé, ces candidats multiplient les casquettes. Par exemple, Jean-Baptiste Djebbari, qui se présente dans la 2e circonscription de Haute-Vienne, est à la fois pilote de ligne, entrepreneur et contributeur au quotidien les Echos. Sera-t-il opposé au cumul des mandats et des fonctions ? S’ils n’ont jamais été élus, certains, comme Alexandre Aïdara, se sont déjà frottés à la politique. L’énarque d’origine sénégalaise, qui candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, est passé par l’Ecole centrale, élite des ingénieurs français, avant de prendre sa carte au PS. Son diplôme de l’ENA en poche, il est devenu administrateur civil à la direction du Budget, puis a travaillé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous Hollande et entra deux ans plus tard au cabinet de la ...Guyanaise Taubira.

La République en Marche ! arriverait pourtant largement en tête des intentions de vote au premier tour des élections législatives

Le futur parti du président  progresserait même, devant Les Républicains et le Front national, selon un sondage OpinionWay/Orpi diffusé ce vendredi.
Avec 28% d'intentions de vote (+1% par rapport au dernier sondage diffusé le 18 mai), les apprentis de La République en Marche ! devanceraient de huit points Les Républicains (LR), allié aux centristes de l'UDI (20%, stable), et le Front national, 19% (-1%), selon cette enquête pour Les Echos et Radio classique.
Les candidats de La France insoumise recueilleraient 15% (+1%) d'intentions de vote, ceux du Parti socialiste et de ses alliés 10% (-1%). 2% des voix iraient à des candidats du Parti communiste et également à des divers droite, 1% à candidats de l'extrême gauche et 3% à "un autre candidat".

La République en Marche !, le parti politique que Emmanuel Macron compte former à partir de son mouvement 'En marche!', "obtiendrait entre 310 et 330 sièges dans les 535 circonscriptions de France métropolitaine (hors Corse) où il présente un(e) candidat(e), alors que la majorité se situe à 289 sièges pour 577 circonscriptions au total. Un résultat qui serait nettement supérieur à celui obtenu en 2012 par le PS et ses alliés", s'enthousiasme Les Echos, . 
"La droite aurait entre 140 et 160 députés. Le PS serait crédité de 25 à 30 députés, tout comme la France insoumise/PCF. Le FN aurait 10 à 15 députés", détaille encore le quotidien économique. 
Il reste deux semaines déterminantes jusqu'au premier tour des élections législatives, le 11 juin. Nous saurons alors si, après les "bras ballants", nous aurons des novices.

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 mai auprès de 2.103 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d'un échantillon de 2.176 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. 

vendredi 12 mai 2017

Investitures aux législatives : Berné, Bayrou traite de "secte" le mouvement de Macron

Macron trahit Bayrou, traître de Juppé, lequel est pressenti pour un retour à Matignon : 
vers un assainissement de la vie politique ?

Bayrou en colère, bavures et confusion, premiers pas incertains de l'apprenti président Macron 

Une autre si "Belle Alliance Populaire"
Bayrou, cocu historique du théâtre politique de Guignol.  Bayrou est à nouveau en crise. Cet éternel incompris n'a pas compris que Macron l'avait exploité. Le jeune banquier n'est pas avec les analystes politico-médiatiques sur la même longueur d'ondes éthiques. Tous ont estimé que les quelques points apportés en dot par Bayrou au jeune épousé de l'Elysée avaient fait la différence durant les préliminaires du premier tour, mais l'heureux élu du coeur d'une minorité d'électeurs est persuadé qu'il ne doit qu'à son seul mérite d'être au sommet de la pyramide humaine hexagonale. Il faut un ego sur-dimensionné pour gagner : c'est celui qui a la plus grosse ...estime de soi qui remporte le morceau.  Qui l'eût cru, pourtant ? 

Bayrou est en colère contre Macron 

En Marche ! multiplie couacs et flatulences avec élégance. 
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Bayrou a la narine délicate et il hausse le ton face à Macron. Par voie de presse, toutefois : un porte-feuille de garde des Sceaux reste en jeu. 
Après l'euphorie de la victoire, voici déjà venu le temps des premiers accrochages dont on croyait révolu le temps, à en croire les beaux parleurs du camp Macron, des communicants policés : ses VRP ont le teint hâlé, la barbe finement sculptée et le ton toujours égal aux lèvres, sur des dents acérées, mais étincelantes. 

Le président du machin qu'il appelle MoDem, François Bayrou, se mord déjà les doigts jusqu'au sang d'avoir fait le choix de rallier l'ancien ministre de Hollande dès l'éviction de son vieux compagnon de route à la primaire de la droite et du centre, le maire septuagénaire de Bordeaux. Il n'a pas vraiment apprécié la liste des investitures pour les législatives présentée jeudi par 'La République en marche' (REM). Le maire de Pau a éructé le refus de son "assentiment" et dans la bouche d'un bègue, ça tonne ! "C'est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça", a-t-il promis devant L'Obs, le soir même. 

Le centriste ne digère pas le sort réservé aux candidats de son parti, d'autant moins que d'anciens ministres de François Hollande peuvent désormais compter manger la poule au pot chaque dimanche. Seulement 35 candidats du MoDem ont été investis, au lieu des 120 promis en échange de l’apport qu’il a fourni au candidat pendant sa campagne électorale. 
Le maire de Pau qualifie En Marche ! de... "secte" !

Emmanuel Macron et son mouvement vont devoir  sortir d'une logique sectaireAprès une discussion orageuse avec Richard Ferrand, secrétaire général d’En Marche !, Bayrou a convoqué un bureau politique du MoDem pour ce vendredi soir. Pour mieux faire monter les enchères ? Bayrou est opposé aux tractations de marchands de tapis, mais en chef de parti en voie d'extinction, un sou est un sou et chaque siège peut rapporter gros aux finances du MoDem. 

Porte-parole d'Emmanuel Macron, Christophe Castaner a tenté de calmer le jeu. "Nous avons pris connaissance du souhait de François Bayrou de poursuivre la discussion et nous allons la poursuivre," a déclaré jeudi le maire de Forcalquier, non sans grandeur compassionnelle. "L'importance de François Bayrou au côté d'Emmanuel Macron est essentielle; c'est pour cela qu'il faut trouver des terrains d'entente", a susurré Castaner à l'heure de la berceuse.  "Il y a une discussion, les choses vont se détendre," a-t-il ajouté, comme s'il suçait un bonbon.

François Bayrou : "Macron va devoir changer de logique" 
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En effet, la colère de François Bayrou n'est pas la seule bavure de la journée, pour l'équipe de néophytes : anciens exécutants de l'ombre ou faire-valoir dans la lumière, les rôles d'appoint sont passés acteurs. Et ils cherchent encore comment occuper l'espace scénique et placer leur voix

A peine proclamés sur la liste des investitures, plusieurs personnes investies à l'insu de leur plein gré ont dû aussitôt démentir la fausse information de leur candidature. Alors qu'En Marche ! venait d'annoncer qu'il serait candidat dans la 1re circonscription du Var, Mourad Boudjellal, président du club de rugby de Toulon, s'est ainsi défendu d'avoir fait acte de candidature ! Une bavure loin d'être isolée. 
Investi dans son dos par le mouvement d'Emmanuel Macron, François Pupponi, député PS sortant de la 8e circonscription du Val-d'Oise, dit  lui aussi "être tombé de sa chaise". "Je n'ai ni adhéré à En marche !, ni demandé l'investiture de ce parti. La seule investiture que j'ai demandée est celle du Parti socialiste", a-t-il protesté sur France Info, chaîne amie de Benoît Hamon... Les 'fake news' continuent de polluer l'air aseptisé de Macron, utilisateur compulsif de lingettes (cf. la video ci-dessous), mais ni les réseaux sociaux, ni l'extrême droite américaine ne peuvent être incriminés. Poutine, peut-être ! 

VOIR et ENTENDRE Ponce Pilate s'en laver les mains :

Dans la soirée, Anormal 1er a fait publier une liste rectifiée par En marche!. Non, pas d'enrôlement de force, donc; aucun candidat n'a été mis devant le fait accompli. "Un tel climat de confusion est plutôt inhabituel dans l'entourage d'Emmanuel Macron," a aussitôt assuré l'AFP, reprise par la fainéants des salles de presse pléthoriques où personne ne sait ce qu'il a à faire et pour quelle tâche il est payé, sinon diffuser les éléments de langage officiels. Il reste que cette preuve d'amateurisme rappelle les couacs de Hollande, autre président sans expérience, livré à lui-même sans un proche pour lui tenir la main. Et établit la filiation dont la France n'avait pas besoin à nouveau. 

Au-delà de cette désolation de mauvais augure, que faut-il retenir des investitures de la République en marche (REM) ? 

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Ils se sont tellement aimés
Sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, soit 25 postulants par siège, les 428 candidats investis ne couvrent qu'à peu près trois postes sur quatre. Le volant restant, 150 député(e)s virtuels en attente de campagne à quatre semaines de l'échéance, constitue un reliquat qui autorise toutes les tractations et ajustement, mais aussi les marchandages de dernière minute que Macron prétendait éradiquer des moeurs politiques en vigueur.

Suspicion officielle sur les personnels expérimentés (et mûrs) de la République

Il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a indiqué jeudi Richard Ferrand. Ce conseiller régional de Bretagne depuis sept ans et député du Finistère depuis cinq a-t-il une si piètre opinion de ses confrères et -soeurs bretons, tel Le Drian, 70 ans, qu'il ne jure que par la société civile et l'expérience acquise hors du giron de Marianne ? Conseiller général du canton de Carhaix (Finistère), est-il gagné par l'esprit contestataire véhiculé par son maire régionaliste DVG, Christian Troadec, activiste du mouvement des Bonnets Rouges, mouvement protestataire breton apparu en octobre 2013, en réaction aux mesures fiscales contre la pollution des véhicules de transport de marchandise et les nombreuses fermetures d'usines dans l'agroalimentaire.

Le secrétaire général du mouvement a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats femmes et 214 hommes. 

Et, annonçant un quinquennat de comptables, il a sorti toute une série de chiffres : 93% des candidats sont aujourd'hui en activité professionnelle ; 2% en recherche d’emploi ; 4% retraités et 1% étudiants. 

L'âge moyen est de 46 ans, "contre 60 ans pour la moyenne des députés sortants". Le candidat le plus jeune a 24 ans, le plus âgé, 72 ans.

95% ne sont pas des députés sortants. 
Mais tous les députés sortants investis sont socialistes. Ils sont pour l'instant 24. En revanche, pour l'heure, En marche! n'a réussi à débaucher aucun postulant Les Républicains. Le premier qui bougera sera encensé.

Mais des circonscriptions ont été volontairement laissées libres pour investir d'éventuels transfuges d'ici mercredi.
Bien qu'il se défende de prolonger les vieilles pratiques, Macron veille ne pas présenter de candidat face à des personnalités prêtes à travailler avec 'La République en marche.
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Mauvaise année pour les François
Ainsi, Manuel Valls, traître à Hamon, sera récompensé et ne trouvera pas la socialiste annoncée face à lui. Le PS n'a pas voulu priver le président Macron d'un homme d'une telle probité exemplaire. Manuel Valls est absent de cette liste En marche!. La demande de l'ex-Premier ministre, qui quémandait une investiture La République en marche (REM), n'a pas été honorée, sachant que la formation du nouveau chef de l'Etat - qu'il a déclaré "parti mort" - opterait néanmoins pour un compromis ménageant le traître et fossoyeur du parti de Jaurès. Pour éviter toute humiliation, aucun candidat REM ne sera désigné pour le défier – et potentiellement le faire battre – à Evry. Macron règle le cas Valls : ni investiture, ni humiliation. De Hollande, Macron a hérité aussi le sens du compromis...

Dans cette liste, figurent quelques OVNI, comme le mathématicien Cédric Villani, ou des protégés de Hollande, tel, à Rennes, Gaspard Gantzer, conseiller du président sorti François Hollande, chargé à l'Elysée de la brillante communication qui en a fait la risée du monde entier.  Investiture d'ailleurs dénoncée par Jean-Yves Le Drian.

Des candidats En Marche ! que personne ne connaît, une gauche KO, une droite déterminée à la reconquête, des triangulaires en pagaille, voire des quadrangulaires, les Français vont demander grâce...

Reste à connaître le nom du Premier ministre.
On subodore qu'il pourrait être marqué à droite, mais pas trop. Or, après "Les coulisses d'une victoire", documentaire diffusé sur TF1 au lendemain de la victoire d'Emmanuel Macron, le magazine "Envoyé Spécial" de France 2 diffusait à son tour, jeudi soir, un long reportage sur la campagne du leader En Marche !. Un document dans lequel on entend notamment l'ancien ministre de l'Economie expliquer, au lendemain de la victoire de François Fillon à la primaire de la droite et du centre, comment il compte "déstabiliser" une partie de la droite. Une séquence qui éclaire la recomposition politique et les grandes et petites manœuvres actuelles. 
Un Juppéiste ferait l'affaire. Et le nom d'Edouard Philippe circule. Avec d'autant plus d'insistance que Bayrou est prêt à renverser la table.