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lundi 24 septembre 2018

"Avec Macron, ça risque de très mal finir", prévient Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, influenceur politique de haute volée 

L'ancien chef de l'Etat déplore qu'Emmanuel Macron soit "entouré de gens inexpérimentés"

L'ex-président de la République a toujours un avis éclairé sur l'actualité politique, mais le quadra saura-t-il écouter son aîné qui l'a mis en garde dans Le Figaro, ce dimanche 23 septembre ? "La politique, c'est la vie, mais ce n'est pas ce que vous croyez", explique Nicolas Sarkozy qui s'intéresse notamment à l'actualité internationale. 

L'ancien chef de l'Etat (2007-2012) s'inquiète de voir "l'Occident en danger" au profit de l'Est, estimant qu' "à force d'être délaissé, Poutine se tourne vers la Chine"

Il désapprouve également le Brexit, jugeant "scandaleux qu'on ait laissé partir les Anglais". Mais, encore une fois, ce n'est pas ce qui le fera revenir sur le devant de la scène politique. N'a-t-il pas en effet refusé en juin dernier la proposition du président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, de se porter candidat à la présidence de la Commission européenne ?

"Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ?"

L'ancien ministre de l'Intérieur préfère le rôle de "Sage". Dans ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil, il reçoit des "anciens ministres, ex-conseillers, maires et députés, conseillers régionaux et sénateurs, ténors de la droite" et même le président du Sénat, Gérard Larcher, révèle Le Figaro. S'agit-il, comme l'espère un fidèle soutien, "d'entretenir ses soutiens et de s'assurer qu'au-delà d'une envie personnelle de peser, il serait soutenu, si jamais, dans des circonstances exceptionnelles, il y avait une demande"? "Vous ne pouvez pas avoir consacré autant d'énergie à la politique et ne pas vous tenir au courant", souligne un proche, assurant qu'il ne s'agit en aucun cas d'une stratégie de reconquête. 


"J'ai tellement aimé la politique, ça m'a donné tant de satisfaction. Ça a été une partie de ma vie. Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ? Les sentiments, ça existe", explique de son côté Nicolas Sarkozy, à l'issue d'un déjeuner entre élus LR, avec notamment le maire de la cité phocéenne Jean-Claude Gaudin et le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier. "C'est de ne pas voir mes amis qui serait suspect. Il n'y a aucune raison que je me coupe d'eux. Mais ce n'est pas pour cela que je me projette politiquement", insiste-t-il. 

L'ancien président de la République reste par ailleurs très proche du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a été exclu des Républicains en raison de son ralliement à Emmanuel Macron. Alors que beaucoup au sein de LR dénoncent sa "trahison", il tempère : "On ne peut pas refuser d'être ministre du Budget à son âge", sourit-il.

Les précieux conseils de Sarkozy

Nicolas Sarkozy observe que l'actuel locataire de l'Elysée est "entouré de gens inexpérimentés". "Avec Macron, ça risque de très mal finir", a-t-il même lâché devant des élus. Des propos que tenaient déjà l'époux de Carla Bruni en octobre dernier

Ces funestes prédictions sont-elles susceptibles d'interpeller Jupiter ? 
Les conseillers inexpérimentés de Macron lui réclament régulièrement des conseils, révèle Le Figaro. "On veut faire comme vous", confieraient certains membres de la garde rapprochée du président à Nicolas Sarkozy. 

Ce ne sont pas les seuls. Selon le quotidien, l'entourage de François Hollande a demandé l'an dernier conseil à ses équipes pour savoir s'il faut se rendre au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en tant qu'ex-président.

dimanche 6 août 2017

"Avec Emmanuel Macron, c'est Mardi gras tous les jours"

Eric Woerth soumet le président Macron à l'analyse

Éric Woerth révèle un Emmanuel Macron "autocentré" et une majorité "caporalisée"
Woerth dénonce
En harmonie avec deux chutes successives dans les sondages de la confiance de la population dans le nouveau président, le Président LR de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale "dresse un bilan pour le moins mitigé" de cette première session parlementaire, à la veille de sa clôture estivale, mercredi. 
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Un protège-dents devient indispensable
Dans les colonnes du JDD dimanche 6 août, Éric Woerth dénonce un discours "néopoujadisme" qui dresse les nouveaux élus contre les anciens. "On jette à la vindicte populaire des gens qui, en réalité, ont sacrifié une bonne partie de leur vie professionnelle et familiale à leurs électeurs avec beaucoup de sincérité", gronde le député de l'Oise. 
Porter aux nues "l'inexpérience" cache en réalité "la volonté assez claire du président de la République d'affaiblir le Parlement", explique l'ancien maire de Chantilly (1995-2017). 

L'ancien ministre du Budget, puis du Travail de Nicolas Sarkozy met en évidence la superficialité de la politique d'Emmanuel Macron

Woerth pointe les contradictions dans la politique d'Emmanuel Macron.
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"Quand on dépense 350.000 pour une soirée d'autopromotion à Las Vegas, on est loin des discours sur la moralisation publique", fustige l'ancien ministre. C'était l'époque où le ministre de l'Economie arborait une barbe de trois jours dans un rôle épisodique de jeune cadre dynamique et que ses communicants l'avaient fait interpeller par une journaliste complice qui lui demanda s’il arborait "un nouveau look pour une nouvelle année." Il a réussi son coup de com', c’est parfait", l'avait raillé Marylise Lebranchu. 

Et de dénoncer les mises en scène sans fond du chef de l'Etat.
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"Avec Emmanuel Macron, c'est Mardi gras tous les jours : il s'habille en aviateur, mais il demande aux militaires de prendre en charge le surcoût des opérations extérieures". Le grotesque du président en costume de Tom Cruise n'échappe qu'au président d'opérette.  

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Aux limites de l'indécence
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"On nous a explique que les coups de rabot, c'était la vieille politique. En réalité, on constate que le gouvernement rabote les dépenses publiques", tance Éric Woerth qui regrette l'absence, pour l'heure, du "début d'un processus de réforme en profondeur".

vendredi 26 mai 2017

Les Français préfèreraient des députés inexpérimentés, dixit un sondage OpinionWay

Macron veut faire de la France un laboratoire d'essais. Et des Français, des cobayes ? 

Le mouvement du président 
est contraint de revoir ses prétentions à la baisse
Macron peine à tenir sa double promesse de recomposer et renouveler la scène politique : après la polémique provoquée par la colère publique de François Bayrou sur le nombre d'investis Modem aux élections législatives, précédée par les couacs des premières investitures concédées sans l'accord des nominés, le président néophyte de la politique découvre à quel point il est difficile de faire table rase du passé tout en cherchant à constituer une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
 
Delevoye a attribué quelque 153 investitures soit à des socialistes ou ex-socialistes, à quelques écologistes pro-gouvernement ou encore à des radicaux de gauche. Sur les 23 parlementaires ou suppléants sortants investis, tous appartenaient à la majorité sortante, dont une très nette part (16) de socialistes. Dans le lot, une ministre écologiste de François Hollande, Barbara Pompili, est investie dans sa circonscription de la Somme.
A cela, il faut ajouter le choix d'En Marche! de ne pas investir de candidat contre des membres ou d'anciens membres du gouvernement, dont le très contesté Manuel Valls, le bourrin Jean-Marie Le Guen, l'impuissant Stéphane Le Foll, la sournoise Marisol Touraine, l'incompétente Myriam El Khomri ou l'insignifiante Ségolène Neuville.
Pour se défendre de "recycler" les sortants du PS, le parti présidentiel met en avant le fait que 70 à 100 députés PS sortants avaient à l'origine sollicité leur investiture, dont de nombreux proches de Manuel Valls.  Ce choix ne s'est donc pas fait sans difficulté, entre des candidats qui n'avaient pas demandé à l'être et ceux qui ont dû céder la place à des ténors ou à des personnalités médiatiques, comme le champion des maths Cédric Villani ou le juge Eric Halphen.

La société civile apporte-t-elle du sang neuf ou pauvre ?
Si la recomposition macronienne s'apparente bien à un grand jeu de vases communicants, l'effort de renouvellement des candidatures En Marche! aboutit à l'arrivée de candidats néophytes et/ou sans appartenance partisane. 
L'inexpérience est vendue aux Français comme un plus, que dis-je, un must... La direction du parti présidentiel annonce l'entrée en scène de 197 candidats sans aucun passé politique notable jusqu'ici.

Près de 52% des candidats sont issus de la société civile.
Sur les 428 candidats investis sélectionnés à partir de "19.000 dossiers" déposés, il y a "52% de candidates et candidats issus de la société civile au sens qu'ils n'ont jamais exercé de mandat électif", a précisé Richard Ferrand, au cours d'une conférence de presse. Il a aussi fait état d'une "parité réelle" avec 214 candidats hommes et 214 femmes, se fondant sur l'idée fausse dans l'air du temps qu'un(e) incompétent(e) vaut un(e) responsable politique expérimenté(e). Il faudra d'ailleurs attendre  le 18 juin, date du second tour des législatives, pour pour mesurer l'ampleur véritable du renouvellement annoncé et savoir si les Français sont tombés dans le panneauEt il faudra vérifier que les circonscriptions les plus favorables n'ont pas été réservées aux seuls sortants ou à un genre plutôt qu'à un autre. Les candidats de la diversité avaient fait les frais d'une campagne socialiste de propagande laissant penser qu'ils avaient une chance.

Si le renouvellement promis par Macron permet l’émergence de nouveaux visages, les profils des candidats de la 'République en marche' (REM) ne reflètent pas la réalité de la population française

La liste complète et définitive n’a visiblement pas été facile à boucler. Les six derniers sélectionnés sont tombés à la dernière minute : trois hommes, tous des élus, dont l’un affrontera le numéro 2 du FN, Florian Philippot, en Moselle ; et trois femmes, issues de la société civile. Au total, ce ne sont pas 577, mais seulement 526 candidats qui seront alignés pour défendre le programme d’Emmanuel Macron et, peut-être, pour lui offrir la majorité nécessaire pour l'habiliter globalement à passer ses réformes sans contrôle de la majorité à l’Assemblée nationale. 

Sans surprise, pour mener la "révolution" telle que la promet l’ouvrage de Macron, on retrouve parmi les impétrants volontaires une bonne vingtaine de sortants ainsi que de nombreux élus locaux, dont des dizaines de maires, conseillers municipaux, départementaux ou régionaux issus des rangs socialistes, du Modem ou accessoirement de la droite, et qui aspirent à grimper un nouvel échelon électoral. Pour assurer le renouvellement de la classe politique, et pour ne rien changer, Macron actionnera le levier de l'ambition.

Sur les 526 candidatures, 271 ont été accordées à des personnes n’ayant effectivement jamais eu de mandat électoral. A l’instar du président soi-même, qui ne s’était jamais présenté à un aucun scrutin avant l’élection présidentielle tout en ayant fréquenté les arcanes du pouvoir pendant les cinq années désastreuses de François Hollande. Tous les candidats estampillés 'société civile' ne sont pas des novices en politique pour autant, mais ce sont des subalternes : plus d’une dizaine (!) ont par exemple été collaborateurs auprès de députés, de sénateurs ou d’eurodéputés, le plus souvent socialistes. D’autres ont travaillé dans des cabinets d’élus, dans les ministères ou les mairies, au cœur des rouages administratifs, mais trop souvent à des échelons inférieurs.
Ainsi, d'obscures référents départementaux d’En marche qui ont mené localement la campagne présidentielle derrière Macron ces derniers mois ont-ils également été récompensés, puisqu’une dizaine d’entre eux seront aussi candidats au titre de la société civile.

A bien observer le profil des nouveaux venus, on constate qu’Emmanuel Macron a voulu mettre en avant "la France qui réussit" : les cadres ou les chefs d’entreprise sont massivement représentés, mais aussi des professions intellectuelles, improductives. 
Sur 219 candidats de la société civile, on retrouve une large majorité (57 %) de quadragénaires et de quinquagénaires, mais aussi 37 % (82 candidats) qui, à l’image du président de la République, 40 ans en décembre, ne sont pas encore des quadras. Cette 'société civile' entrepreneuriale refléterait mieux, nous dit-on, la variété sociologique du pays que les bancs de l’Assemblée de la dernière législature, si on considère que les avocats, les médecins et les enseignants la représentent mal. Elle reste en outre un miroir déformant d’une France sans chômeurs ni retraités ou presque, sans ouvriers et avec des représentants sur-qualifiés d'un monde privilégié. 

Des candidats En marche! d'origines variées, mais toujours des hyperdiplômés.
Si on se réfère aux chiffres de l’Insee, selon lesquels les immigrés et leurs descendants directs (hors Europe) représentent 11 % de la population, la promesse de Macron sur la diversité est tenue, sur le papier. Car en se fondant sur les patronymes à consonances maghrébine, africaine et asiatique, on recense qu’environ 13 % des 219 candidats LREM issus de la 'société civile' sont d’origine étrangère. Pour mémoire, une précédente ébauche de statistiques ethniques relevait qu’en 2015, seuls 9 des 577 députés siégeant à l’Assemblée étaient d’origine étrangère. Cette nouvelle évaluation, qui reste approximative, ne prend pas en compte les candidats issus des territoires d’outre-mer. Mais qui dit candidat ne dit pas élu.
Médecins, avocats, cadres du privé et hauts fonctionnaires… la majorité de ces candidats de la diversité ont à leur compteur entre trois (licence) et cinq ans (DESS, journalisme) d’études. Le profil de l'avocate Laetitia Avia, candidate dans la 8e circonscription de Paris (une partie du 12e arrondissement, comprenant Bercy, ainsi qu'une partie du 20e arrondissement, côté boulevard de Charonne), incarne cette réussite professionnelle et le bon fonctionnement de l'échelle sociale française, nuançant la propagande de la gauche et les documentaires de la presse engagée sur la ligne de la pensée unique internationaliste. Outre leur niveau de diplôme élevé, ces candidats multiplient les casquettes. Par exemple, Jean-Baptiste Djebbari, qui se présente dans la 2e circonscription de Haute-Vienne, est à la fois pilote de ligne, entrepreneur et contributeur au quotidien les Echos. Sera-t-il opposé au cumul des mandats et des fonctions ? S’ils n’ont jamais été élus, certains, comme Alexandre Aïdara, se sont déjà frottés à la politique. L’énarque d’origine sénégalaise, qui candidate dans la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis, est passé par l’Ecole centrale, élite des ingénieurs français, avant de prendre sa carte au PS. Son diplôme de l’ENA en poche, il est devenu administrateur civil à la direction du Budget, puis a travaillé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sous Hollande et entra deux ans plus tard au cabinet de la ...Guyanaise Taubira.

La République en Marche ! arriverait pourtant largement en tête des intentions de vote au premier tour des élections législatives

Le futur parti du président  progresserait même, devant Les Républicains et le Front national, selon un sondage OpinionWay/Orpi diffusé ce vendredi.
Avec 28% d'intentions de vote (+1% par rapport au dernier sondage diffusé le 18 mai), les apprentis de La République en Marche ! devanceraient de huit points Les Républicains (LR), allié aux centristes de l'UDI (20%, stable), et le Front national, 19% (-1%), selon cette enquête pour Les Echos et Radio classique.
Les candidats de La France insoumise recueilleraient 15% (+1%) d'intentions de vote, ceux du Parti socialiste et de ses alliés 10% (-1%). 2% des voix iraient à des candidats du Parti communiste et également à des divers droite, 1% à candidats de l'extrême gauche et 3% à "un autre candidat".

La République en Marche !, le parti politique que Emmanuel Macron compte former à partir de son mouvement 'En marche!', "obtiendrait entre 310 et 330 sièges dans les 535 circonscriptions de France métropolitaine (hors Corse) où il présente un(e) candidat(e), alors que la majorité se situe à 289 sièges pour 577 circonscriptions au total. Un résultat qui serait nettement supérieur à celui obtenu en 2012 par le PS et ses alliés", s'enthousiasme Les Echos, . 
"La droite aurait entre 140 et 160 députés. Le PS serait crédité de 25 à 30 députés, tout comme la France insoumise/PCF. Le FN aurait 10 à 15 députés", détaille encore le quotidien économique. 
Il reste deux semaines déterminantes jusqu'au premier tour des élections législatives, le 11 juin. Nous saurons alors si, après les "bras ballants", nous aurons des novices.

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 23 au 24 mai auprès de 2.103 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d'un échantillon de 2.176 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. 

mardi 5 mars 2013

Opinion : Hollande, président inapproprié à la crise

Hollande détient le record d'impopularité sous la Ve République

Le changement, c'est déjà !

La cote de confiance de Hollande a crevé tous les planchers au mois de mars
Seulement 30 % des Français  lui font encore confiance, soit le résultat, dans le baromètre TNS Sofres pour Le Figaro Magazine, le plus faible pour un président depuis 1981, dix mois après son élection. 

François Hollande au Salon de l'agriculture, le 23 février.
 Hollande, la pire cote de confiance 
avec seulement 30%
après dix mois aux affaires

Alors que le président "normal" se croit proche de la population, un militant PS sur deux s'est détourné de lui. 

Un fait confirmé par tous les instituts de sondages où après un répit de courte de durée en raison de l'intervention au Mali, les courbes sont toutes reparties à la baisse. Jamais, avant Hollande, un président n'avait connu un tel niveau dans le baromètre TNS Sofres. Après dix mois de présidence, alors que l'Europe doutait encore de la crise et de son impact sur l'économie, la dette et le chômage, Nicolas Sarkozy conservait encore 37 % de Français qui lui faisaient confiance quand Jacques Chirac en obtenait 40 % en 1995 et François Mitterrand 58 % en 1981.



De fait, le décrochage annoncé du président socialiste s'est produit très vite 
Ses premiers jours en dilettante et son été passé à serrer des mains sur les plages ont d'abord stupéfait.  Il pensait être populaire en donnant de lui une image de simplicité et de proximité, mais confirmait son inexpérience du pouvoir et son inconscience du poids de la tâche présidentielle. 
Dès le 3e mois, le désenchantement s'amorçait avec une première cote d'alerte à 41 % en septembre, soit -14 points depuis son élection.  A la rentrée, il pensait encore que ses bisous aux petits enfants des écoles redresseraient son image de paresseux.

Équations économique et personnelle



Hollande n'est pas plus lucide
en lunettes 3D
Certains cherchent à lui trouver des excuses pour expliquer une telle inadéquation avec la charge. Ses tergiversations, voire sa passivité, ont d'abord  entamé la base électorale du candidat Hollande. Hollande n'a pas  su mettre à profit la période traditionnelle d'état de grâce. Aux électeurs de droite, il n'a donné aucune raison de lui accorder leur confiance: loin de les attirer à lui, il les a méprisés au même titre que la gauche extrême comme on disait pendant la campagne. Son arrogance, sous des apparences bonhommes, explique son démarrage très moyen à 55 % en juin 2012 quand Mitterrand en 1981 partait de 74 % ou Sarkozy de 64 %.

En mars, c'est chez les salariés du public que Hollande chute le plus lourdement (-18 points). 
Il lache 8 points chez les sympathisants PS, 15 chez les écologistes et 16 au Front de gauche. "On est rentré très tôt dans une polarisation de l'opinion, raconte Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'IFOP. Très tôt, le PCF s'est opposé au gouvernement. Le pacte de compétitivité, la réforme bancaire et le budget ont accéléré les clivages entre Hollande et la partie la plus à gauche de sa majorité. Pour cette gauche, le compte n'y est pas." 
A la vérité, Hollande a tout fait pour braquer ses oppositions, à gauche comme à  droite et, détenteur de tous les pouvoirs, il s'est enhardi, mais a révélé mesquinerie, voire sa bassesse, et affichant de surcroît sa totale incapacité à respecter ses engagement éthiques.

François Hollande a construit sa chute de popularité

Son incompétence a éclaté dans deux grands registres: ses dépenses et ses décisions économiques désastreuses et une équation plus personnelle
L'Europe est confrontée à la crise la plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, mais après l'avoir niée et avoir accablé ses prédécesseurs, il a amené le chômage proche de son record absolu. Or, les travailleurs du monde entier jugent la valeur et la compétence des politiques à leur capacité à faire baisser le chômage et à préserver leur pouvoir d'achat. 
Hollande et son équipe ont stigmatisé les créateurs d'emplois et la finance au lieu de s'en faire des alliés pour le bien commun. Le chômage explose logiquement et les salariés  se sentent opprimés par la fiscalité confiscatoire et discriminatoire. Ils paient la note en niveau de vie et en désenchantement: tandis que Hollande comptabilise ses points de popularité, les Français, avant la fin de chaque mois, comptent  leurs derniers euros.

Hollande ne peut s'en prendre quà lui-même
Outre qu'il a vite donné l'image d'un président indécis qui diffère les décisions difficiles, il a eu recours aux vieilles ficelles, comme celle de l'intervention au Mali. Les Français ont pris conscience des stratagèmes et ses promesses économiques martelées pendant des mois sur le déficit contenu à 3 % et un chômage inversé dès 2013 se sont effondrées devant le mur de la réalité. Du coup,  "Hollande a installé le doute dans l'opinion, affirme Fourquet. Les Français savent désormais que le déficit dépassera les 3 % et que la courbe du chômage ne s'inversera sans doute pas. Bien plus, les perspectives de sortie de crise sont quasi inexistantes."
Hollande porte la responsabilité de cette spirale économique infernale
Peu nous chaut sa chute de popularité: c'est le redressement de la France et du niveau de vie des Français qui importent.