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samedi 23 mai 2020

Covid-19, la leçon de la Grèce à Macron, dès mars

La France querelleuse n'a pas mis toutes les chances de son côté : Macron a échoué à rassembler et à tracer la voie

En agissant tôt, le gouvernement grec a évité que l'épidémie ne se propage sur son sol et affiche jusqu'à présent un bilan rassurant

Histrion et/ou hystérique,
un bouffon aussi prétentieux que verbeux pour conduire le pays ...
"Quand tout sera terminé, peut-être qu'on ne s'en souviendra pas seulement comme d'un mauvais moment, mais plutôt comme du jour où on s'est dit: “Regarde comme on peut être bons." Et alors, peut-être que tous auront à apprendre sur nous, de nous, les Grecs." C'est mal connaître Macron.

C'est par ces mots que se termine le clip vidéo diffusé le 8 avril par la protection civile grecque, très réactive dans la lutte contre le Covid-19. Un hommage aux travailleurs et travailleuses du pays, après les humiliations de la crise économique. Bien que fragile encore, la Grèce et ses dirigeants peuvent être fiers du combat mené et exprimer leur satisfaction collective avec cette pointe d'orgueil.
Il faut rappelé qu'au socialiste Alexis Tsipras et à sa coalition avec l'extrême gauche (Syriza) a été virée à temps et que son successeur conservateur, Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle Démocratie) lui a succédé comme premier ministre le 8 juillet 2019. Hautain, Macron n'a pas daigné jeter le moindre regard sur ce pays d'à peine plus de 10 millions d'habitants. La crise économique a placé ce réseau dans une situation "désespérée". Avec un réseau de seulement 63 hôpitaux, la Grèce n'a enregistré que 2.874 cas confirmés de Covid-19 et , au 22 mai, n'a eu à déplorer que 169 décès.

Le "mouton noir" de l'Europe a gagné son statut de bon élève.

Dans la crise du Covid-19, la Grèce s'est distinguée en exemple. Lors d’une discussion avec les membres du Parti populaire européen (PPE), Kyriakos Mitsotakis, le premier ministre grec, a proposé d'accueillir leur prochaine réunion en Grèce. L’idée a immédiatement séduit ses interlocuteurs, qui l’ont actée, ce qui n'aurait sans doute jamais eu la moindre chance si la Grèce avait géré la crise du Covid-19 avec la même arrogance que la France, et si ses professeurs en médecine ne s'étaient livrés à une insupportable querelle d'ego, doublée d'un profond mépris des patients atteints du coronavirus qu'ils ont condamnés à une mort certaine en refusant un traitement précoce - une bi-thérapie à base d'hydroxychloroquine -  comme le prescrit le professeur Didier Raoult. Ce cénacle des mandarins français outragés que leurs avis de prudence (leurs protocoles pesants, leurs tergiversations, leurs divergences internes et leurs contre-essais cliniques infructueux) a poussé des hauts cris et mené une cabale diffamatoire qui prend désormais une dimension internationale.

Le message s'adresse aussi bien à la nation grecque qu'à l'Europe

Pas sûr pourtant que le donneur de leçons Macron soit prêt à en recevoir ! Après des années à se faire pointer du doigt et mépriser comme la mauvaise élève de l'UE, 
aujourd'hui la Grèce se révèle pourtant exemplaire dans la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19.

Réaction rapide.


Les mauvais élèves malveillants de l'Europe accusent l'Etat grec d'avoir peu testé sa population, malgré les recommandations de l'OMS, et d'avoir faussé les résultats sur le nombre de personnes contaminées. Ils portent les mêmes coups bas à la Russie. 
A propos des USA, la presse anti-Trump se délecte du chiffre de 1.260 morts en 24h, le 23 mai, se gardant de rappeler que la population américaine s'élève à 330 millions et que la France (qui en est 28.289 morts à la même date) déplorait 1210 morts dès le 16 mars, pour 66 millions d'habitants...Et encore 1.104 décès en France, le 5 mai.
Nombreux sont les pays qui s'en sortent moins bien que les Hellènes.
Certains indicateurs grecs ne trompent pas. 
Avec seulement 102 décès et 2.192 cas d'infection au 16 avril, la Grèce fait figure d'exception dans une Europe frappée de plein fouet par la pandémie. Qu'ils soient géographiquement proches (Italie, Turquie), économiquement plus puissants (France, Royaume-Uni), aux proportions équivalentes (Belgique, Pays-Bas), 

Si l'ensemble des Balkans voisins est relativement épargné, ce bilan peut objectivement être attribué à une réponse rapide et efficace du gouvernement conservateur de Kyriákos Mitsotákis, 52 ans, un analyste financier, dans les années 90, et ancien ministre des Réformes administratives entre 2013 et 2015.

Les décrypteurs et analystes de presse française qui prétendent tout nous expliquer  ont fait l'impasse sur le modèle grec où des mesures ont été prises vite et tôtle premier ministre grec a ainsi empêché que le virus ne se propage sur l'ensemble du territoire et ne mette à mal un système de santé ébranlé par une décennie d'austérité.

L'ensemble de la société, et la classe politique en premier lieu, est consciente de l'appauvrissement d'un secteur affaibli par des coupes budgétaires et le départ à l'étranger de près de 20.000 médecins depuis 2010. Mais elle adopte aussi une attitude responsable.

Fermeté du gouvernement : ni mensonges, ni zigzags...

Macron a attendu le 23 mars 2020 pour instaurer l'état d'urgence sanitaire (article 4 de la loi n° 2020-290) pensant faire face en deux mois à l'épidémie de Covid-19: "l'état d'urgence sanitaire est déclaré pour une durée de deux mois à compter de l'entrée en vigueur de la présente loi". Or, publiée en catastrophe au JO du 24 mars 2020, cette loi est entrée "en vigueur immédiatement" en vertu de son article 22.
Beaucoup d'esprits supérieurs français ont souri lorsque le carnaval de Patras, le plus important du pays, a été annulé par les autorités, fin février. Les festivaliers ont alors bravé l'interdiction de se réunir, se riant d'un excès de précaution. Mais le gouvernement conservateur a fait preuve d'autorité et n'a pas dévié de sa ligne de conduite.
Dès le 10 mars, alors que la Grèce ne compte encore aucun décès et moins de 100 cas de Covid-19 recensés, les établissements scolaires sont fermés (le 12 mars en France). 
Tokyo 2020 : La flamme olympique désormais entre les mains du ...
Les commerces, musées, sites archéologiques, théâtres, restaurants, plages et tous les lieux propices aux rassemblements publics sont soumis aux mêmes restrictions le 14 mars.
Evénement hautement symbolique et porteur d'espoir, la cérémonie de la flamme olympique est maintenue le 12 mars à Olympie, mais se tient à huis clos pour la première fois depuis plus de trente ans.
Le 15 mars, les liaisons avec l'Espagne et l'Italie sont coupées et les zones les plus touchées par l'épidémie dans le nord du pays sont rapidement mises en quarantaine stricte, pour endiguer la propagation du virus. Le confinement général est mis en place le 23 mars.

Même la puissante Eglise orthodoxe est contrainte de suivre les mesures de restriction. Dans un pays pourtant particulièrement croyant et pratiquant, où les querelles de laïcité et de séparation entre l'Eglise et l'Etat évitent tout sectarisme, les messes sont interdites au public et les portes des édifices religieux se sont rapidement refermées pour éviter qu'ils ne deviennent des foyers de contagion.
Plus grande fête nationale et moment de déplacements et de regroupements familiaux de la population grecque, la Pâque orthodoxea eu une valeur de test ultime d'unité nationale pour maintenir cette dynamique, dimanche 19 avril.

Pas d'atteinte politique aux libertés individuelles des Grecs

Loin du cliché de peuples du Sud indisciplinés et réfractaires, les Grecs respectent en grande majorité les mesures de confinement. Malgré une opposition de gauche au pouvoir politique, les citoyens suivent les consignes des autorités.

Celles de Sotirios Tsiodras, directeur des maladies infectieuses devenu voix de l'information sur le Covid-19 en Grèce, ne souffrent d'aucune contestation. Sa figure de professionnel de la santé - et non pas un haut-fonctionnaire qui n'aurait plus vu de malade depuis plusieurs dizaines d'années, comme Jérôme Salomon - a permis d'éradiquer tout caractère politique et soupçon de mensonge dans la gestion de la crise.
La crise économique traversée par les Grecs a laissé des traces durables et la population comprend l'urgence de la situation: elle vit courageusement cette nouvelle séquence de résilience et ne prend pas le risque d'aggraver la situation d'une société toujours fragile.

La terrible réalité italienne a également joué un rôle dans l'imaginaire grec. 
"Una faccia, una razza" (Même visage, même race), se plaisent à répéter les Grecs aux Italiens, pour dire la ressemblance et la proximité entre les deux peuples.
En s'identifiant à sa voisine, en la voyant souffrir, la population grecque a pris conscience de la situation bien plus rapidement que les pays du nord de l'Europe. Ou que tel merle noir au chant trompeur... 

Les camps de clandestins constituent des "clusters" de la Covid-19
Plusieurs cas ont été enregistrés dans deux camps de réfugiés sur le continent. Les malades ont été placés en quarantaine stricte, car le danger en Grèce vient désormais de l'étranger.

La satisfaction d'avoir évité un drame sanitaire ne cache pas l'inquiétude de voir surgir une nouvelle période critique, à la fois économique, intérieure, que sociale, importée.

jeudi 23 avril 2020

Violences urbaines dans les quartiers: Castaner donne des consignes de laisser-faire

Le ministre de l'Intérieur trouve des excuses aux contaminateurs potentiels

Toujours socialiste, Castaner tremble des genoux


Les tensions actuelles dans certains quartiers populaires sont dues notamment à "l'effet de la dureté du confinement," a-t-il assuré jeudi, confirmant que la loi et les décrets ne s'appliquent pas également à tous.

Le ministre de l'Intérieur a théorisé sur BFMTV/RMC, distinguant "plusieurs causes" aux agressions de sapeurs pompiers et de policiers attirés dans des guet-apens, depuis le week-end de Pâques et pendant plusieurs nuits dans les banlieues, notamment en Ile-de-France, mais aussi bien à Longwy, par exemple.

Le théoricien du maintien de l'ordre - LBD 40 et gaz, pour les uns, mais indulgence et compassion, pour les autres -  "l'effet du confinement, la dureté du confinement pour ces jeunes gens, la plupart sont jeunes". "Ce sont des petits groupes qui pensent que ce serait ludique d'attaquer les forces de police, de brûler des poubelles. Ce n'est pas ludique, c'est dangereux à commencer pour eux-mêmes," a décrypté le joueur de poker noctambule entre deux virées.

La vie en confinement (II)Le ministre a en outre mis l'accent sur la "galère, (...) cette pauvreté dans laquelle ils vivent auprès de leurs proches et qui peut provoquer de la colère". "Mais, a-t-il développé dans un même souffle, pour conclure contre toute attente que "la bonne réponse, ce n'est pas de casser, de brûler la voiture du voisin". Encore un "en même temps" désarmant qui ne règle rien mais encourage à continuer à casser du flic.

Le gouvernement donne l'illusion du maintien de l'ordre en zone "sensible".
La vie en confinement (III)
Si Macron donne la consigne de taper dur sur les salariés opposés à ses réformes, il recommande la mollesse face aux incendiaires,  tireurs de mortiers . Alors Castaner exécute le grand écart de l'en même temps", assurant que les forces de l'ordre interviennent "systématiquement" mais que le gouvernement se doit aussi "d'accompagner ces jeunes", entre 10 et trente ans, perturbés dans leur "économie souterraine" que ni Macron, ni son inspecteur Javert en petits godillots ne veut voir. 

Comprenne qui peut

Après avoir fait son Jean Valjean, le misérable Castaner a "condamné" les violences
Illustration de Gustave Brion, 1862.
Il a réaffirmé que "l'ordre républicain (devait) être présent partout"
Il a ensuite sorti ses chiffres officiel et incontrôlables: "220.000 contrôles" ont eu lieu "en Seine-Saint-Denis" depuis le début du confinement, "soit un peu plus du double de la moyenne nationale". Sauf que "contrôle" n'a jamais voulu dire "verbalisation". 
Autre exemple comptable destiné à embrouiller les Français: "300 PV" sont dressés à Marseille - il nous entraîne hors des banlieues qui flambent - chaque soir, "dont les deux tiers dans les quartiers", a-t-il poursuivi.
Au total, selon le ministre, depuis le début du confinement le 17 mars, il y aurait eu - et on est loin tout-à-coup de Grigny ou Villeneuve-la-Garenne - "15,5 millions contrôles et 915.000 PV dressés" en France, tous groupes d'âge et régions confondus.

Plusieurs villes, principalement en banlieue parisienne, connaissent des "tensions" 
https://www.valeursactuelles.com/sites/default/files/styles/image_article/public/2020-04/Capture_0.PNG?itok=BVzYgy88
depuis l'accident d'un motard - "perturbateur" sans casque et voyou connu des services de police (ci-contre) - samedi soir à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) lors d'un contrôle de police.

Alors que les émeutes se poursuivaient en banlieue, l’avocat de la "victime" (sic!) de Villeneuve-la-Garenne, maître Stéphane Glas, a adressé à plusieurs journalistes une vidéo du perturbateur à ses fans pour les appeler au calme depuis son lit d’hôpital. 
Voir, ci-dessous, le film re-tweeté par le rédacteur en chef de TPMP présenté par Cyril Hanouna (groupe Canal+):  
 

A Gennevilliers, PCF depuis 1944, une quinzaine d'engins incendiaires artisanaux ont été découverts, selon la préfecture de police, et cinq interpellations ont eu lieu à Clamart pour détention de bouteilles incendiaires.
 
Saint-Martin: L'ex-braqueur photographié avec Macron condamné pour ...
En Ile-de-France, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)PCF depuis 1950, le commissariat de police a été la cible de tirs de mortiers. Aucune interpellation...

Les forces de l'ordre ont interpellé une personne à Poissy (Yvelines), PS ou PCF de 1977 à 2014, et une à Corbeil-Essonnes (Essonne), SFIO ou PCF de 1951 à  1995, selon la police.

Des incidents ont eu lieu également à Roubaix, Tourcoing et à Limoges, a-t-on ajouté de même source.

Le comptable de Beauvau ne fait état d'aucune mise en garde-à-vue. Pas même d'amendes.

lundi 6 avril 2020

Mais où est donc soudain passée la conseillère santé de Macron ?

La protectrice des "vieux" et des Ehpad auprès de Macron a déserté au milieu de la bataille

Au moment où l’OMS déclare "l’urgence de santé publique de portée internationale," la conseillère santé du président de la République, Marie Fontanel, fait ses cartons, le 31 janvier. Elle n’a été remplacée qu’un mois plus tard. 

Cette débandade interpelle à nouveau sur la capacité de l'Elysée à gérer la crise sanitaire, au moment où la menace pandémique se profilait déjà.

Le motif officiel de son abandon de poste est la campagne LREM de son strasbourgeois de mari, le socialiste  Alain Fontanel. 
Le couple avait une bonne chance de mettre la main sur la mairie de la capitale alsacienne. La presse macronienne le présentait comme le "grand favori" du scrutin et le "dauphin naturel" du maire PS sortant, Roland Ries. BVA le situait néanmoins aux coude à coude avec EELV.
Son épouse a-t-elle lâché la proie pour l'ombre, sachant que la victoire n'était pas assurée, puisque desservi par le mouvement de contestation de la réforme des retraites", à laquelle l'épouse est associée. Il sera d'ailleurs devancé de huit points par les Ecologistes au premier tour, ne devançant LR que de 1,5 points.

Enarque, spécialiste des questions sociales comme membre de l’IGAS (niche dorée pour serviteurs hors d'usage du pouvoir), elle fut durant toute la première moitié du quinquennat l'experte en questions de santé du président Macron et Madame "personnes âgées", accessoirement, puisqu'elle cumulait la protection sociale, la lutte contre les inégalités, la dépendance et le handicap.
Marie Fontanel, 43 ans, connaît bien Emmanuel Macron, puisqu'ils sont tous les deux issus de la promotion Léopold-Sedar-Senghor (2004) de l'ENA. Elle a également été membre du comité d'experts qui a travaillé sur le programme du candidat En Marche!, sur les questions de santé également.
Marie Fontanel est mariée au premier adjoint PS au maire socialiste de Strasbourg, Alain Fontanel.
Des coïncidences troublantes

A la Une | Marie Fontanel, conseillère du président, à L'ElyséeC'est une ancienne n°2 de l’ARS Grand Est, d'où est partie l'épidémie de Covid 19... Marie Fontanel (ci-contre) a quitté la Présidence de la République le 22 janvier dernier.  On attend maintenant avec impatience le nom de son remplaçant : celui ou celle qui, dans les mois qui viennent, devrait être au cœur des arbitrages d’une loi Grand Age.

Agnès Buzyn a révélé avoir alerté Macron et Philippe dès le mois de janvier de la gravité de la crise sanitaire qui se profilait . Sans effets : ni commande massive de masques et de gel hydroalcoolique de protection, ni de créations de lits d'hôpitaux en début de semaine quant à 
"Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine, déclara-t-elle au Monde  : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir", a confié au quotidien du soir celle qui, en janvier, était encore ministre de la Santé.Quant à Marie Fontanel, sachant que le second tour ne pourrait avoir lieu, elle quitte l'Elysée avant la tempête pour faire campagne dans une élection dont elle sait qu'elle n'aura pas lieu...
Ces gens ne raisonnent vraiment pas comme nous !

samedi 4 avril 2020

L'exécutif fait taire les ministres spécialistes des bavures verbales

Les membres du gouvernement devront obtenir l'autorisation de parler

Matignon leur accorde ou non la permission, uniquement dans leur domaine de compétence

Ils ne pourront plus s'exprimer sur tous les sujets et enfiler couacs sur bavures.
Ndiaye, la première porte-parole priée de la boucler... Elle a dû s'excuser pour avoir déclaré que les enseignants ne travaillent pas pendant le confinement,
Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture, s'est pareillement vu privé de la parole, après avoir appelé les Français à aller travailler dans les champs en plein confinement... 
Après une semaine de mensonges (carabistouilles, dans le langage daté du promoteur d'un "monde nouveau" à son image, et de couacs de membres de son gouvernement, le premier ministre a appelé ses ministres à plus de vigilance, voire de maîtrise de leurs propos.
En Conseil des ministres, ce vendredi, Edouard Philippe a sommé ses troupes d'arrêter de dire n'importe quoi. Les ordres sont clairs, selon Le Figaro: à Olivier Véran seul l’expression sur les sujets sanitaires, et une parole restreinte pour les autres ministres. "Plus vous multipliez les canaux de communication, plus vous êtes dans le risque de la contradiction. Or, nous n’avons aucun droit à l’erreur", abonde un député anonyme de La République en marche. "Il faut concentrer la parole sur Edouard Philippe et Olivier Véran, c’est le système mis en place", valide Erwan Balanant, député MoDem du Morbihan.

Les divagations des uns et des autres passent d'autant plus mal en temps d'épidémie mortelle. 

Plusieurs "imbéciles heureux" dans le viseur

Épinglé sur city
Immaturité ou infantilisation ?
En visio-conférence, le locataire de Matignon a coupé le sifflet aux prétentieux je-sais-tout: c'est le cas de la secrétaire d'Etat Sibeth Ndiaye, qui commence toutes ses phrases par un "nous" semblant l'inclure, en toute modestie, dans la prise des décisions du gouvernement, mais qui n'a pas craint d'avoir à présenter des excuses après plusieurs prises de parole foirées.
Ou Jean-Michel Blanquer qui change son fusil d'épaule à vue: le matin, il menace d'un zéro les bloqueurs d'une quarantaine de lycées où enseignants, parents et élèves s'opposent aux épreuves du nouveau baccalauréat, les E3C (épreuves communes de contrôle continu), en vigueur dans les classes de premières, mais l'après-midi, il lève la sanction de "bulle".
Le même, qui s'était cru maître de ses décisions à l'Education nationale, a dû revoir sa copie. Le 13 mars, il a d'abord refusé d’envisager une fermeture des écoles, mais ne les fermait plus quelques heures plus tard... "Il y a eu une réunion de scientifiques autour du président de la République et ils ont estimé qu’il fallait qu’on passe à une nouvelle étape, qui nécessite de fermer les écoles, les collèges, les lycées et les universités. C’était une façon de mettre fin à l’accélération de l’épidémie." Pour lui, du point de vue de l’école, "on est au stade 3, on a changé de paradigme". 

A chaque fois, ces déclarations ont déstabilisé et désorienté les Français. "Il était temps d’y mettre bon ordre", s’agace un conseiller ministériel anonyme, qui déplore que ces sorties de membres du gouvernement brouillent le message de l'exécutif qui se veut 'déflouté', à défaut de transparence réelle. Les règles sont désormais claires : seul Olivier Véran évoque les sujets santé, les autres ministres doivent se cantonner à leur champ  de compétence supposée.

Pas de place pour le 'stand-up" ministériel

Les membres du gouvernement doivent attendre les arbitrages avant de faire des annonces: Edouard Philippe n'est pas un adepte de l'improvisation. Il s'agissait d'un rappel en urgence de Macron que les conseillers d’Edouard Philippe ont relayé sans délai auprès de leurs homologues dans tous les ministères.



Brigitte Macron, personne vulnérable, n'est plus mobilisable
Après le couac du refus par la majorité présidentielle de l'allongement du  congé parental consécutif au deuil d'un enfant, en février dernier, les députés de la majorité et le gouvernement ont fait de la surenchère : le président avait en effet stigmatisé le "manque d'humanité" de ses députés. 
En déplacement à Metz, après l'épisode catastrophique de ce rejet du bout du pied, Brigitte Macron en avait profité pour se propulser sur le devant de la scène. A l'Institut national des jeunes sourds, l'ex-prof de théâtre a incarné le rôle de la bonne fille - air penché et tête dans les épaules, dans l'attitude cauteleuse de l'hypocrite, livrant un message de soutien à... la majorité insensible! 
Confinée, elle ne se montre plus. Mais pourvu qu'elle aussi se taise. 

jeudi 14 novembre 2019

Les députés votent une hausse controversée du budget de l'Elysée

Le budget de l'Elysée ne cesse d'augmenter 

105 millions d'euros, c'est la dotation dédiée à la présidence de la République pour 2020 


Soit une hausse de plus de deux millions d'euros par rapport à 2019.
L'augmentation est de 2,2% par rapport à 2019. Mais, dans la nuit du mardi 12 novembre, l'Assemblée nationale à majorité présidentielle a voté cette hausse, soit une augmentation de 2,136 millions d'euros par rapport à 2019. La dotation allouée à la présidence de la République atteindra ainsi 105,316 millions d'euros l'an prochain.

Cette hausse s'expliquerait, selon la presse aux ordres, notamment par un périmètre budgétaire élargi, avec l'intégration des dépenses des gendarmes et policiers affectés à la sécurité de la présidence. Jusqu'à présent, celles-ci étaient rattachées au budget du ministère de l'Intérieur, a indiqué la majorité. "Un certain nombre de dépenses sont liées à des investissements en termes de télécommunication, de sécurité et de numérique", a raconté le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Marc Fesneau, MoDem, un mouvement bien connu pour son respect de l'argent public, comme on le voit dans les poursuites dont le parti de Bayrou est l'objet, pour des emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés affectés au parti, présumés certes, mais à l'origine de trois démissions de ministres, Bayrou, Sarnez et Goulard.

A périmètre constant, la hausse du budget est de 628.000 euros, ce qui change tout, d'après la rapporteure Patricia Lemoine (UDI-Agir). Parmi les crédits qui augmentent, ceux des déplacements présidentiels prévus en 2020 (+4%), avec les sommets du G7 aux Etats-Unis en juin, du G20 en Arabie saoudite en novembre et un déplacement en Polynésie française. 
L'immobilisation de l'avion présidentiel pendant trois mois pour maintenance pourrait également générer des coûts supplémentaires.

Pour l'opposition, une hausse dans "l'opacité"

L'opposition de droite comme de gauche a dénoncé l'augmentation du budget. Maxime Minot (député LR de l'Oise, 32 ans) a dénoncé une "opacité" et "insincérité" autour de cette augmentation du budget, tandis que Christine Pires Beaune (PS) a fustigé la "grande vie du premier des Français"
Le ministre Marc Fesneau a regretté des "caricatures", "sans discernement", qui ne rendent "pas service à la démocratie".

Dans un communiqué, le spécialiste PS du train de vie de l'Etat, l'ancien député René Dosière (PS) s'en est pris au rapport de la commission des finances réalisé par Patricia Lemoine (UDI), y voyant "un copié-collé de la présentation officielle du budget", une "régression, pour ne pas dire plus, du contrôle parlementaire sur le budget de l'Elysée".

VOIR et ENTENDRE
la version de Capital, propriété de Prisma Media, comme Gala ou Voici :

samedi 31 août 2019

Macron, plus réversible que jamais au G7

Formé au théâtre et en école de jésuites

Ebranlé par les mouvements sociaux, Macron adopte une nouvelle posture
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L'individu a la présence d'un histrion de tournée Karsenty animée par Brigitte, 
mais des intonations de jésuite en chaire et des attouchements appuyés de 'back street'

Le G7 à Biarritz a marqué la rentrée de Macron après un été de travail et bronzette, de "discrétion" et sorties régulières médiatisées avec groupies sélectionnées, marquées d'un bracelet vert ou bleu: tout était mis en scène. Une manière de sécuriser un président de la République psychologiquement affaibli par les émeutes de Gilets Jaunes qui, en novembre et décembre, ont assiégé le palais présidentiel où ses locataires sont allés se réfugier dans les sous-sols bunkérisés. Ses services ont tout mis en oeuvre pour l'apaiser et lui permettre de poursuivre sa marche et construire la suite de son quinquennat sur un changement de méthode. "Il se met magnifiquement en scène, c'est un très bon acteur, il est très bon dans la mise en scène de soi-même", estime Eric Zemmour.
 
Pour le G7, il a sorti le grand jeu et produit un numéro habile et efficace. 
Mais il n'a pas craint de faire tout à l'inverse de ce qu'il prônait depuis deux ans. Un retournement qui interpelle les experts de la politique, comme les psychologues, puisqu'il est capable de faire tout et son contraire: stratégie de la surprise, pour les uns, instabilité du bipolaire, aux limites de la schizophrénie, selon les autres. Ses centres d'intérêts étaient soudain devenus les violences faites aux femmes, aussitôt testés par le Brésilien Bolsonaro qui s'en est pris à sa femme âgée, en riposte à son insulte du Brésilien qu'il avait commencé par traiter de "menteur", ou l'écologie, au moment des départs de feux en Amazonie, tout sujet étant monté en épingle pour tenter de lui conférer la stature internationale qui sied à l'hôte des sept puissances les plus puissantes au monde, à l'heure du G7 de Biarritz et à la faveur du désordre politique en Europe, au Royaume-Uni (Brexit), en Italie (débarquements de migrants), et en Allemagne (inquiétudes sur la santé de la Chancelière). Par chance pour Manu, il ne restait plus que lui pour représenter l'Europe.  

"Emmanuel Macron a marqué des points, applaudit Laurent Joffrin, directeur de la rédaction de Libération (détenu par les hommes d'affaires Bruno Ledoux et Patrick Drahi, lequel cumule la propriété de plusieurs organes de presse, dont BFM). Il a survécu à la crise des 'gilets jaunes'. Tout cela est plutôt réussi," estime le thuriféraire appointé, toute honte bue. 

"Le changement de méthode qu'on nous explique, en gros, c'est Hollande. On va négocier avec les corps intermédiaires. On se rabiboche avec la CFDT pour la réforme des retraites. Laurent Berger devient l'allié incommode du gouvernement pour faire passer les réformes."

"C'est exactement ce que faisait Hollande, qui consiste à temporiser, à ne pas brusquer les Français de manière indue, et s'occuper de leurs représentants, analyse le socialiste Laurent Mouchard-Joffrin. La réforme des retraites va prendre du temps. Et on disait dans le quinquennat précédent que c'était trop lent, qu'on prenait trop de temps. Ils ont essayé d'aller vite, à la hussarde au début du quinquennat, ça a débouché sur les 'gilets jaunes' [L'analyse est réductrice: elle occulte en effet la grogne sociale et le combat pour la sauvegarde du pouvoir d'achat]Il y avait un côté arrogant dans ce côté réformateur par le haut."

C'est donc le retour de la politique à l'ancienne.
Le "monde nouveau" annoncé peut attendre.

mercredi 28 août 2019

54% des Français estiment que leur pouvoir d'achat s'est plutôt affaibli au cours de ces derniers mois

2 Français sur 3 restent pessimistes sur  l'avenir de la société française 

58% des Français considèrent que la politique de Macron n'a pas changé depuis la fin du mouvement des Gilets Jaunes,
confirme le nouveau sondage Elabe "L'opinion en direct", publié ce mercredi.

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Plus de la moitié des Français estiment que
 Macron et Philippe n'ont pas tiré les leçons du mouvement des Gilets jaunes.
 
D'après l'enquête Elabe, "L'opinion en direct", conduite pour BFMTV, 58% d'entre eux considèrent que la feuille de route de l'exécutif n'a pas changé depuis la crise qui a secoué le pays pendant plusieurs mois.


Ce scepticisme est particulièrement pregnant chez les 35-49 ans, dont 72% des interrogés partagent cet avis. Ce chiffre augmente (73%) chez les catégories sociales populaires et moyennes. A contrario, les retraités sont les plus nombreux (56%) à considérer qu'il y a eu un changement dans la politique menée par le gouvernement.

Le changement de méthode n'est pas sensible
En termes d'affiliation politique, les électeurs de Marine Le Pen (76%) et de Jean-Luc Mélenchon (72%), ainsi que les abstentionnistes (66%), portent logiquement le jugement le plus intransigeant vis-à-vis de l'exécutif. Les Français ayant voté pour François Fillon et Benoît Hamon sont plus partagés, 48% et 51% d'entre eux estimant que le chef de l'Etat et le premier ministre ont modifié leur politique "sur quelques aspects".

66% des personnes interrogées jugent inchangés la méthode et le "style" Macron, depuis la fin du mouvement des Gilets Jaunes, en dépit de "Acte II" bidon de son quinquennat, censé être davantage dans la conciliation. Toutes les catégories d'âge et catégories sociales partagent cet avis. Les plus de 65 ans sont les seuls à se montrer plus partagés, 52% d'entre eux estiment que la méthode du président de la République est restée la même.

Les Français veulent croire en leur avenir personnel

A l'aube d'une rentrée chargée en nouvelles réformes, les Français se disent à  64% pessimistes sur "l'avenir de la société française", un chiffre en recul de trois points par rapport à l'année dernière, mais une notion floue. Les catégories les plus optimistes sur cette question sont les 18-24 ans (51% de pessimistes) et les classes sociales aisées (55%).

Politiquement, les plus pessimistes sont les électeurs de Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle (83%), suivis des abstentionnistes (69%) et des électeurs de Jean-Luc Mélenchon (69%). Les électeurs Macroniens gardent espoir: seuls 44% d'entre eux se disent pessimistes sur l'avenir de notre société.

En revanche, lorsqu'il s'agit de leur avenir personnel, les Français sondés par Elabe 62% se montrent plus optimistes. Cet optimisme décroit avec l'âge, passant de 83% chez les 18-24 ans à 54% chez les plus de 65 ans.

Le pouvoir d'achat, sujet prioritaire

Les Français sont 54% à estimer que leur pouvoir d'achat a été entamé au cours de ces derniers mois, ce qui représente une baisse de 20 points par rapport à ce que relevait Elabe le 31 octobre 2018.

Les femmes (60% des sondées contre 48% des hommes) et les personnes âgées de 65 ans et plus (67%) sont les Français les plus pénalisés par leur pouvoir d'achat.
Ce sujet demeure celui sur lequel Macron et son gouvernement doivent concentrer prioritairement leur action dans les mois à venir. 50% des personnes interrogées mettent le pouvoir d'achat en tête, suivi de la situation des urgences hospitalières (42%), de la lutte contre le dérèglement climatique (36%) et de la lutte contre le chômage (33%)
Moins d'un Français sur trois cite la réforme des retraites comme sujet prioritaire : ils attendent de savoir ce qui les attend.
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Echantillon de 1001 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l’interviewé après stratification par région et catégorie d’agglomération. Interrogation par Internet les 27 et 28 août 2019.