Législatives: trente-cinq triangulaires dont 29 avec le FN pour le second tour
Droitisation du paysage politique
La progression de la gauche est un trompe-l'oeil
Tandis que le centre se vide et que le PCF (FG) déçoit les travailleurs, le FN tire les marrons du feu.
Maintien d'une socialiste face à Marion Le Pen-Maréchal et à l'UMP dans le Vaucluse, retrait d'un UMP au profit du FN dans les Bouches-du-Rhône et inversement dans les Pyrénées-Orientales et le Vaucluse: des scénarios imprévus se présenteront dans une poignée de circonscriptions pour le second tour des législatives dimanche.
Globalement toutefois les consignes des états-majors parisiens ont été respectées, alors que les candidats avaient jusqu'à 18h00 pour se déclarer officiellement à la préfecture.
Trente-cinq triangulaires, au lieu des 46 envisagées au soir du premier tour, auront lieu, dont 29 mettant aux prises la gauche ou la droite au Front national.
Mardi, les regards étaient braqués sur le département du Gard et sa 2e circonscription, où était très attendue la décision du député sortant UMP Etienne Mourrut, arrivé dimanche en troisième position, de se maintenir ou non dans la triangulaire face à l'avocat Gilbert Collard (FN) et Katy Guyot (PS).
Hésitant après l'appel de Me Collard à se désister en sa faveur, E. Mourrut a finalement décidé de se maintenir pour "porter haut et dignement les valeurs de la droite et du centre". Il a qualifié le FN d'"allié objectif de la gauche tout au long de ces dernières années". Son maintien rend très ouvert le sort de cette circonscription.
Cas par cas
Du coup,dans la circonscription voisine (la 3e) du Gard, Gilles Caïtucoli, le candidat FN a décidé de se maintenir contre le candidat UMP-Droite populaire.
A l'UMP, seul Roland Chassain, dans la 16e circonscription des Bouches-du-Rhône (Arles) aura donc enfreint la consigne du bureau politique du parti donnée lundi à tous ses candidats de se maintenir chaque fois que possible.
M. Chassain s'était retiré au nom du "tous contre Michel Vauzelle", président socialiste de la région PACA, le candidat PS et président de la région PACA, ouvrant la voie à une possible élection de la candidate du "Rassemblement bleu marine" Valérie Laupies.
Les deux retraits FN vont faciliter la tâche de l'UMP et fragiliser l'élection de Vauzelle, député sortant, qui n'a pas mobilisé l'état-major parisien. Mais Jean-François Copé a «condamné»i la décision de l'UMP Roland Chassain.
Dans la circonscription de Perpignan-Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), le vice-président du FN Louis Aliot, lui-même candidat dans ce département, a annoncé le retrait de la candidate frontiste Irina Kortanek, "sans aucune contrepartie".
Il a invoqué la personnalité du candidat UMP et le "risque de voir la gauche l'emporter".
Dans la 5e du Vaucluse également, la candidate FN s'est retirée, là aussi "pour faire barrage à la gauche", laissant face à face UMP et PS, un choix condamné "fermement" par Marine Le Pen.
Couacs
A gauche, la première secrétaire du PS Martine Aubry a fait pression dans la matinée sur la candidate socialiste dans la 3e circonscription du Vaucluse, arrivée 3e, pour qu'elle fasse barrage à Marion Le Pen-Maréchal, petite-fille de Jean-Marie Le Pen. Le candidat UMP restant en lice appartient à la Droite populaire.
Or, partisane du "ni-ni", la candidate socialiste, Catherine Arkilovitch, a décidé ce soir de se maintenir : " Je ne veux ni du Front national ni de la droite populaire, il n'y a pas de front républicain ", a-t-elle dit.
Dans la 6e circonscription du Pas-de-Calais,jugeant sa victoire "impossible", Hervé Poher, le DVG, s'est désisté au profit de la socialiste Brigitte Bourguignon, qui sera donc seule en lice face à Frédéric Wacheux (UMP).
En revanche, dans l'Aisne, le candidat officiel du PS au premier tour dans la 1ère circonscription, Fawaz Karimet, conseiller municipal de Laon et vice-président du Conseil général, s'est vu retirer le soutien du PS au profit de René Dosière arrivé en tête, mais il a confirmé son maintien. Dosière, le député sortant, connu pour son épluchage des comptes de l'Elysée, part néanmoins favori du 2e tour.
Parmi les autres défis aux consignes ou accords d'états-majors, Patrick Braouezec, député sortant (Front de gauche) de la 2e circonscription de Seine-Saint-Denis, se maintient face au seul autre candidat, le socialiste Mathieu Hanotin, malgré un accord départemental de désistement à gauche.
A Roubaix dans le Pas-de-Calais, en plein accord avec le PS selon ce parti, Slimane Tir, candidat EELV-PS soutenu le 1er juin par la paire diabolique Martine Aubry et Cécile Duflot mais devancé le 10 juin par un maire socialiste dissident, a choisi de l'affronter en duel.
Six triangulaires sans le FN
Quatre verront s'affronter deux candidats de droite ou du centre et un candidat de gauche, et deux seulement deux candidats de gauche et un de droite.
Dans la 2e circonscription des Pyrénées-Atlantique, où François Bayrou (23,6%) sera opposé à Nathalie Chabanne (PS, 34,9%) et Eric Saubatte (UMP, 21,7%).
Dans la 3e des Yvelines, le dissident UMP Olivier Delaporte a laissé le champ libre à Henri Guaino, ex-conseiller spécial de Nicolas Sarkozy.
L'amère Royal et Maxime Bono, son escort boy, passent sans un regard devant une affiche de Falorni
Notons pour mémoire, au passage, que Sa Cynique Majesté Royal, investie fin novembre par le bureau national du PS sans passer par une primaire locale et parachutée sur La Rochelle, est tombée sur un bec : le candidat désigné par les militants et Olivier Falorni se maintient.
La " liste noire" du FN
La présidente du FN a donné les noms des deux responsables socialistes qu'elle souhaite voir battus: François Pupponi, candidat PS à Sarcelles (Val d'Oise) et Jack Lang (PS, parachuté du Pas-de-Calais sur les Vosges), lequel a opéré au premier tour un atterrissage à risques.
Et un coup de pied de l'âne du MoDem (Centre pour la France)
Damien Guttierez, (Alliance centriste), l'un des sept candidats, dont trois députés sortants, investis par le MoDem dans la 7e circonscription du Var, où il a obtenu ...1,13%, a annoncé lundi qu'il appelle à voter pour le FN au second tour afin de faire battre le candidat de l'UMP Jean-Sébastien Vialatte.
Contacté par Francetv 2012, le secrétaire général du MoDem, Marc Fesneau, a indiqué que la ligne du parti centriste était sans appel : "Aucun accord, aucune compromission avec le FN".