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mardi 25 juillet 2017

Baisse des aides au logement : l'ex-ministre du Logement, Emmanuelle Cosse, se décharge sur Gérald Darmanin

Cosse n'assume pas et charge Darmanin

La politique de coupes budgétaires de Macron ne frappe pas seulement les Armées 

Suite à la confirmation par Matignon de son intention de réduire les APL, aides (sociales) au logement pour tous les bénéficiaires, samedi 22 juillet, Emmanuelle Cosse (ex-EELV), l'ancienne ministre du Logement, est montée au créneau.
Le président Macron a choisi de diminuer toutes les aides au logement, sans distinction de bénéficiaires, dès la rentrée prochaine. Matignon a confirmé que les APL (Aides personnalisées au logement) seront baissées de 5 euros par mois dès le 1er octobre 2017. La mesure qui concernait les 800.000 étudiants qui y ont le droit - sera même étendue aux autres allocations logement que sont l'allocation de logement familiale (ALF) et l'allocation de logement sociale (ALS). 

L’ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse a vivement critiquée la décision prise par le gouvernement d’Edouard Philippe.

"Je suis scandalisée," assure-t-elle. La ministre du logement s’est montrée très sévère à l’égard de cette baisse de 5 euros des APL. "Je suis scandalisée par cette mesure parce que les APL bénéficient à des personnes qui ont des faibles revenus (…) C’est une restriction très importante qui va fragiliser ces personnes qui reçoivent des aides pour payer leur loyer", dénonce-t-elle.
"Je ne vous cache pas qu’en tant qu’ancienne ministre du Logement, je suis scandalisée que la première grande mesure sur le logement du gouvernement d’Edouard Philippe, ce soit de baisser les APL et de toucher les plus pauvres", poursuit-elle.

L'ex-ministre de Hollande charge Darmanin

Cette baisse avait été "actée par François Hollande et intégrée dans les calculs budgétaires sans que la mesure ait été mise en place" (le temps des campagnes des primaires et des présidentielles n'étant pas propice), précise Matignon pour justifier cette nouvelle coupe budgétaire. 

Un rappel qu'a déjà fait valoir Gérald Darmanin lors de son audition par la commission des Finances de l’Assemblée Nationale le 12 juillet dernier : "La baisse des APL a été votée par la précédente majorité mais n’a jamais été mise en place. Nous prendrons les mesures votées par le Parlement." 

"Il raconte n’importe quoi et ça suffit que Monsieur Darmanin essaye toujours de trouver des cache-sexes pour défendre des mesures d’économies", accuse Emmanuelle Cosse. 
VOIR et ENTENDRE
 l'ancien patronne d'Europe Ecologie-les Verts charger les juppéistes du gouvernement Philippe, singulièrement Gérald Darmanin  : 

Contrairement à ce qu’affirme Gérald Darmanin, un décret réformant les APL est paru le 16 octobre 2016 au Journal Officiel. Il disposait que les nouveaux allocataires se verraient appliquer cette mesure de non-versement de l'APL à partir du moment où leur patrimoine financier, mobilier et immobilier (hors résidence principale) dépassait 30.000 euros. A contrario, les allocations des anciens bénéficiaires devaient attendre un nouveau calcul nécessitant une déclaration de patrimoine.

"Il y a eu des mesures d’économies, qui ont été prises par le gouvernement dans lequel j’étais et qui concernaient des personnes avec des patrimoines très élevés mais en aucun cas il ne s’agissait d’une baisse massive des APL", se défend Emmanuel Cosse, destinatrice d'une lettre-cadre de Manuel Valls visant les APL. Courant 2016, François Hollande avait bien engagé une réforme des aides au logement pour qu’elle frappe les classes moyennes et supérieures.

"Maintenant ça suffit ! Que le gouvernement d’Edouard Philippe et le ministre Gérald Darmanin assument leur baisse des APL et qu’ils assument que leur politique n’est pas une politique d’aide au logement, contrairement à ce que racontait le président de la République pendant la campagne", dénonce l’ancienne ministre.

Les APL coûtent 18,5 milliards d'€, soit 3 fois le budget du ministère de la Justice.

APL : vive réaction d'une députée LREM contre la "corporation des étudiants"

Les étudiants n'ont pas la cote dans le parti du président

Alors que les Français ont misé sur la jeunesse du président, les mesures de Macron rompent avec la priorité de Hollande aux jeunes


Un mythe parmi d'autres
La députée de l'Eure  Claire O'Petit (La République en Marche, parti du président)s'est emportée contre les étudiants qui protestent contre la baisse de 5€ des APL. 
Son manque de qualification a conduit cette commerçante retraitée à occuper de nombreux emplois différents depuis l'âge de 17 ans : vendeuse de chaussures sur les Champs-Élysées, toiletteuse, ambulancière, VRP, patronne d'une boutique de lingerie, démonstratrice de robots de cuisine...

Ex-présidente d'un collectif de commerçants et d'artisans, le tribunal de commerce de Bobigny l'a condamnée le 2 novembre 2016 à "une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale [...] pour une durée de cinq ans", le tribunal la jugeant coupable de fautes de gestion ayant contribué à la liquidation de la SARL ADCP. Elle a fait appel de ce jugement.

Au plan politique, en 2000, Claire O'Petit était élue municipale socialiste à Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis). Elle démissionna au bout de six mois à la suite de l'accord passé entre le PS avec les communistes.
Elle adhéra ensuite à l'UDF et au MoDem (2007-2015) à Saint-Denis. Qui sait si, dans cinq ans, elle ne sera pas au FN. Ou dans six mois.

La retraitée demande aux étudiants "d'arrêter de pleurer"


"Les étudiants qui touchent les APL touchent aussi une bourse normalement, et c'est très bien", a ajouté Claire O'Petit, comme pour mieux faire passer son message. Mais les étudiants qui perçoivent les APL ne sont pas nécessairement boursiers. 

Le plus important pour elle, c'est que la "corporation" des étudiants participe à l'effort collectif pour redresser le pays et éponger la dette. "C'est ou ça, ou on augmente les impôts", a-t-elle aussi prévenu.

Les étudiants s'accrochent à ces 5€ d'APL.
Résultat de recherche d'images pour "APL"Ils sont 800.000 à bénéficier de cette aide, parfois la seule à laquelle ils ont droit, si on ne prend pas en compte les gros avantages attachés à la carte d'étudiant : des réductions dans les transports collectifs (50% à Lyon ou voyager toute l'année pour seulement 100 euros, pour les moins de 26 ans), ainsi qu'à la SNCF pour les élèves, les étudiants et les apprentis et sur certains logiciels souvent onéreux et sur les photocopies et de nombreux sites internet recensent les enseignes signalant aux étudiants des tarifs réduits (www.tarif-etudiant.com ou www.bons-plans-etudiant.fr, etc), les entrées à tarifs réduits dans les théâtres, les cinémas, les musées et les salles de sport, un sandwich supplémentaire dans certaines enseignes de fast-food, tout cela sans réelle obligation de réussite aux examens.

Le gouvernement a annoncé une baisse nette de 5€ pour tous dès la rentrée prochaine. 
Résultat de recherche d'images pour "dessin APL"
De nombreux syndicats étudiants ont d'ores et déjà appelé à la mobilisation. Pourtant, dans la majorité, cette baisse est perçue comme nécessaire et quasiment indolore. 

Valls, alors Premier ministre, l'avait déjà inscrite dans ses projets. Une lettre de cadrage, préparée par Christian Eckert alors en charge du Budget , datée du 25 juillet 2016 et adressée à Emmanuelle Cosse (ex-EELV), alors ministre du Logement, opportunément arrivée entre les mains de BFMTV qui l'a publiée, détaille, entre autres, les ambitions du gouvernement pour faire des économies.
Ainsi, la députée Claire O'Petit, connue pour ses nombreuses polémiques - elle avait notamment décrit les enseignants habillés de "jeans dégueulasses" et aux "cheveux pas possibles" dans les Grandes Gueules de RMC - s'agace d'entendre les étudiants protester. 
"Faites bien le calcul quand vous êtes étudiant. C'est quand même aussi avec nos impôts, faut pas l'oublier, a-t-elle lancé. Il y a les transports moins chers, il y a la carte étudiant, il y a l'APL, il y a les bourses. Ça ne suffit pas, vous avez beaucoup d'étudiants qui sont obligés de travailler encore, c'est vrai. Mais bon sang, regardez un petit peu ailleurs ! Si à 18, 19 ans, 20 ans, 24 ans, vous commencez à pleurer pour 5 euros... Qu'est-ce que vous allez faire de votre vie ?" a déclaré au Huffington Post cette 'self-made woman' comme les aime le banquier Macron.
Résultat de recherche d'images pour "APL"L'aide personnalisée au logement (APL) s'élève en moyenne à 225 euros par mois. 
Le versement de cette aide représentait un chèque de 20 milliards d'euros pour la solidarité nationale des contribuables, l'année dernière. 
Une baisse de 5 euros par mois et par ménage représenterait une économie mensuelle de 32,5 millions d'euros, soit plus de 350 millions d'euros sur une année pleine.



Le 2 novembre 2016, Claire O'Petit fut condamnée par le tribunal de Commerce de Bobigny à "une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler directement ou indirectement toute entreprise commerciale ou artisanale [...] pour une durée de cinq ans" le tribunal la jugeant coupable de fautes de gestion ayant contribué à la liquidation de la SARL ADCP. 

Delevoye a sélectionné une condamnée en appel. Le président trentenaire a validé la candidature de cette femme de 68 ans et les électeurs de la REM l'ont jugée apte à 'gérer' la législation de la France.

vendredi 14 avril 2017

Les frais de sondages sur Manuel Valls à Matignon

Valls, un (très) bon client des entreprises commerciales de sondages

Les commerçants du sondage sont-ils redevables au pouvoir socialiste ?

Un service rattaché au Premier ministre a commandé des dizaines d'enquêtes d'opinion centrées sur son image et sa popularité, rapporte l'émission "Envoyé spécial", ce jeudi 13 avril sur France 2L'image et la popularité de Manuel Valls semblent avoir viré à l'obsession chez Valls. Dès sa prise de fonction de Premier ministre en 2014, Valls a passé commande de nombreux sondages discrets, par l'entremise d'une officine rattachée à son cabinet, dont la mission principale est officiellement axée sur des sujets de fonds.

"Envoyé spécial" évoque notamment une enquête d'opinion payée plus de 50.000 euros.

En juin 2014, le service d'information du gouvernement (SIG) aurait commandé un "bilan d'image du Premier ministre" auprès de l'institut de sondages Ipsos, qui fournit in fine un document de plus de 100 pages sur le ressenti d'un panel de Français à propos du chef du gouvernement. "Énergie exceptionnelle" pour certains, "énergie mal maîtrisée, incontrôlée, agressive" voire "dangereuse" pour d'autres, Manuel Valls dispose alors d'un outil précieux, qui a coûté 53.520 euros selon "Envoyé spécial".
Le fondateur d'IPSOS est un homme de gauche, proche de François Mitterrand.
Lors de la présidentielle de 1988, François Mitterrand alla jusqu’à commander 'un sondage par jour' à l’institut dont l'équipe de campagne s'attacha même les services. Ses actionnaires principaux restent aujourd'hui Didier Truchot, son premier président-directeur général (118e place des plus grandes fortunes de France ), et Jean-Marc Lech, son successeur. Ce dernier rapporte dans ses mémoires comment, payé avec l'argent des fonds secrets, il repartait de l'Élysée avec des valises de billets de banque.
Truchot, le cofondateur du no 3 mondial des sondages (CA : 1,7 milliard) a racheté les parts des héritiers de feu Jean-Marc Lech, et contrôle plus de 50 % du capital.
En 2016, le SIG a accéléré le mouvement. Plus de la moitié des sondages commandés à des instituts était consacrée à l'image et la popularité de Manuel Valls, qui avait alors des ambitions présidentielles, avant d'être battu par Benoît Hamon au second tour de la primaire de la gauche en janvier dernier. 

Cette profusion de sondages centrés sur Manuel Valls a alerté le Sénat

La Haute assemblée "s'interrogeait sur l'intérêt de certains d'entre eux pour la conduite de l'action gouvernementale", dans un rapport parlementaire publié en 2015. Contacté par "Envoyé spécial", l'ancien premier ministre n'a pas souhaité réagir.

À son arrivée à l'Élysée, François Hollande avait promis de stopper les commandes intempestives de sondages. Les commandes de sondages ont, semble-t-il, disparu de l'Élysée. Mais se développées à Matignon.
L'argent de ces sondages a-t-il circulé dans des valises, échappant au fisc ?Plusieurs dizaines de milliers d'euros.

dimanche 24 juillet 2016

La chef de la vidéosurveillance de Nice dénonce des pressions du ministre de l'Intérieur

Les méthodes des hommes de Valls démasquées

La chef du Centre de supervision urbain (CSU) de Nice révèle des interventions du ministère de l'Intérieur


De service aux commandes de la vidéosurveillance le soir de la tuerie du 14 juillet, Sandra Bertin, chef du CSU de Nice, a confié un harcèlement des services de Cazeneuve... Elle a informé le JDD des pressions qu'elles a subies de la part de la place Beauvau.  

Une semaine après l'attentat de Nice, on cherche à éclaircir les conditions qui ont permis au tueur de commettre un tel carnage prémédité sans être arrêté. Plusieurs dispositifs de sécurité ont connu des failles ou n'ont pas été activés, produisant un bilan sécuritaire désastreux.

Le 14 juillet, un camion de 19 tonnes a foncé sur la foule en liesse lors du feu d'artifices de la Promenade des Anglais à Nice, faisant 84 morts et plusieurs centaines de blessés parmi plus de 30.000 personnes présentes. Une semaine après, la question des failles de sécurité se pose de manière polémique: plusieurs dispositifs normalement nécessaires à la tenue d'un événement festif de cette ampleur étaient absents. Manuel Valls et Bernard Cazeneuve livrent à ce sujet une bataille sans fin face à Estrosi, président de la région PACA, chacun se renvoyant la responsabilité des erreurs, et l'IGPN, la "police des polices", saisie par Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur pris dans la tourmente de ses mensonges, a dû ouvrir une enquête sur le dispositif policier après les révélations accusatrices de Libération. 
Quand le camion de Mohamed Laouhaiej-Bouhlel entre sur la Promenade des Anglais, ce 14 juillet, que voyez-vous sur vos écrans? 

Je me rappellerai toute ma vie de cette heure-là : 22h33. J’étais devant les écrans du CSU avec les équipes. Nous recevons alors des policiers municipaux positionnés sur la Promenade le signalement d’un camion fou. Nous récupérons tout de suite son image à l’écran et nous demandons son interception. Le camion était lancé à 90 km/h, sans phares, sans qu’on l’entende à cause du bruit. Il contourne le barrage de la police municipale. Les équipes n’ont pas pu l’arrêter. On ne crève pas les pneus d’un 19 tonnes avec un revolver ! 
A ce moment-là, d’autres policiers municipaux sont en civil dans la foule, qui se retrouvent face à lui. S’ils avaient été armés comme nos collègues de la police nationale, une de nos revendications, ils auraient pu le stopper. 

Le poids-lourd se retrouve finalement face aux policiers nationaux, qui tirent et le neutralisent. Il est 22h34. 

"J’ai été harcelée pendant une heure. On m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran" 

La sous-direction anti-terroriste vous a demandé, le 20 juillet "l’effacement complet des enregistrements de vidéosurveillance" sur la Promenade pour cette nuit du 14 juillet afin d’éviter les fuites. Ce à quoi s’oppose la ville de Nice…. 

Le lendemain des attentats, le cabinet du ministre de l’Intérieur a envoyé un représentant au CSU qui m’a mis en ligne avec la place Beauvau
J’ai alors eu affaire à une personne pressée qui m’a demandé un compte-rendu signalant les points de présence de la police municipale, les barrières, et de bien préciser que l’on voyait aussi la police nationale sur deux points dans le dispositif de sécurité. Je lui ai répondu que je n’écrirais que ce que j’avais vu. 

Or, la police nationale était peut-être là, mais elle ne m’est pas apparue sur les vidéos.
Cette personne m’a alors demandé d’envoyer par email une version modifiable du rapport, pour "ne pas tout retaper". 

J’ai été harcelée pendant une heure, on m’a ordonné de taper des positions spécifiques de la police nationale que je n’ai pas vu à l’écran. A tel point que j’ai dû physiquement renvoyer du CSU l’émissaire du ministère ! 

J’ai finalement envoyé par email une version PDF non modifiable et une autre modifiable (...) 
Jeudi, Bernard Cazeneuve a saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, le service d'inspection de la Police nationale française, rattachée au ministère de l'Intérieur, et de la préfecture de police de Paris, sous l'autorité du ministre de l'Intérieur) pour une "évaluation technique du dispositif de sécurité et d'ordre public". Les conclusions de l'enquête doivent être rendues  la semaine prochaine au ...ministre qui défend le dispositif de sécurité défaillant mis en place
De son côté, vendredi, François Hollande a promis une transparence totale dans l'analyse du dispositif de sécurité déployé ce soir-là. Ancien maire (2001-2012) de la ville de Cherbourg-Octeville (37.000 habitants dans la Manche), absorbée par Cherbourg-en-Cotentin, l'ex-député Bernard Cazeneuve disposait d’une petite police municipale qui n’était pas équipée de vidéoprotection.

Pas de chance en effet pour les hommes de Cazeneuve mis en place par Manuel Valls avant de passer à Matignon, Sandra Bertin est secrétaire générale du Syndicat autonome de la Fonction publique territoriale (SAFPT) Métropole-Ville de Nice...
En avril 2014, le nouveau ministre de l'Intérieur - ancien ministre du ...Budget (il est ancien juriste à la Banque populaire) et nouveau "premier flic de France" inconnu des professionnels de la sécurité-
a dévoilé la composition de son cabinet. Suite aux départs de plusieurs collaborateurs de son prédécesseur Manuel Valls à Matignon, Cazeneuve a dû le renouveler à 50%, mais le préfet Thierry Lataste est resté directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur. Celui-ci avait été préfet de la région Languedoc-Roussillon, directeur général des services de la région Rhône-Alpes, ainsi que directeur de cabinet de Pierre Mauroy, à la mairie de Lille (1983-1985).

jeudi 21 juillet 2016

La Libye accuse Hollande, Valls et Le Drian de "violation" de son territoire

La mort de trois membres de la DGSE en Libye déclenche une accusation d'ingérence par le gouvernement libyen

La présence française est "une violation du territoire libyen"

Les manifestants et leurs pancartes ont surgi spontanément...
C'est l'accusation par le GNA dans un message sur son compte Facebook, soulignant que rien ne "justifie une intervention" étrangère sans qu'il en soit informé.
Le GNA s'est dit "mécontent de l'annonce du gouvernement français concernant la présence française dans l'est de la Libye". Un secret de polichinelle et une "annonce" tardive du pouvoir socialiste, sous la pression d'un article du journal Le Monde. 

Des centaines de personnes ont manifesté (spontanément) mercredi dans plusieurs villes de Libye pour protester contre la présence militaire française. Des rassemblements ont notamment été organisés dans la capitale Tripoli - aux main de l'Etat islamique - mais aussi à Misrata (à 200 km à l'est de Tripoli), selon plusieurs organes de presse.

Le "chef de guerre" de l'Elysée tente de justifier son ingérence en se présentant en "gendarme du monde"

Mercredi matin, Paris a annoncé que trois soldats français étaient morts en Libye. Preuve que "la Libye connaît une instabilité dangereuse". A moins que la présence française n'attise le conflit entre les deux factions qui fracturent la Lybie, la seule autorité reconnue par les membres de la coalition (les gouvernements français, italien, allemand, britannique et américain )étant basée à Tobrouk.

"C'est à quelques centaines de kilomètres seulement des côtes européennes", explique Paris. "Et en ce moment même, nous menons des opérations périlleuses de renseignement" dans ce pays, a déclaré le président François Hollande.
Sans préciser si c'est -ou non- avec l'accord de Tobrouk. 
"Trois de nos soldats qui étaient justement dans ces opérations viennent de perdre la vie dans le cadre d'un accident d'hélicoptère", a rappelé le locataire compassionnel de l'Elysée.

Selon des sources libyennes, l'appareil aurait été pris pour cible dimanche par des islamistes équipés de systèmes sol-air portatifs de type SA-7. Les militaires français ont "probablement été visés par des groupes islamistes dans le secteur de Magroun, à environ 65 kilomètres à l'ouest de Benghazi" (est), a déclaré un commandant relevant des forces du général Khalifa Haftar, basé dans l'est de la Libye et représentant le pouvoir de Tobrouk.

Dans un contexte aussi tendu que confus, la France a agi dans le sillage des Etats-Unis qui ont envoyé quelques forces spéciales en Libye, afin de mieux connaître le terrain et identifier les différentes forces en présence. Leur rôle reste cantonné au renseignement, assure le Pentagone.
Des media britanniques ont aussi évoqué la présence de forces spéciales du Royaume-Uni en Libye, fait encore valoir la presse à la solde de l'Elysée.

La France reconnaissait jusqu'ici que ses avions militaires survolaient le pays.
Ils l'ont notamment fait à partir du porte-avions Charles de Gaulle - pour collecter également du renseignement sur les positions du groupe djihadiste Etat islamique (EI). Les USA rechignent en effet à partager leurs informations avec des margoulins.
Hollande n'avait en revanche jamais avoué de présence militaire française au sol - forces spéciales et/ou agents du Service action du Renseignement extérieur (DGSE), opérant dans la clandestinité.
Un membre des forces spéciales du général Khalifa Haftar a donc dû affirmer que les soldats français tués étaient des "conseillers". Les combattants [islamistes] qui ont visé l'hélicoptère M17 "essaient de nous attaquer depuis l'ouest de Benghazi afin de pénétrer dans la ville et d'y stopper notre avancée", a raconté un autre commandant opérant sous les ordres du général Haftar, aux ordres du chef de l'État de transition, Aguila Salah Issa (gouvernement de Tobrouk), qui ne revendique aucune appartenance politique, mais a occupé plusieurs postes dans le système judiciaire en Libye, sous Mouammar Kadhafi.

Le général Haftar, chef  de l'Armée nationale libyenne (ANL) que les islamistes considèrent comme "l'homme des Américains", est missionné par le pouvoir de Tobrouk pour lutter contre les islamistes - dont le groupe Etat islamique - à Benghazi, principale ville de l'est du pays, avec un succès mitigé.
Il s'oppose en outre toujours à l'autorité du gouvernement libyen d'union nationale (GNA, Conseil présidentiel du gouvernement d'union nationale ou simplement Conseil présidentiel)  et il est resté loyal aux autorités parallèles qui siègent dans l'est du pays (tandis que l'Ouest est aux mains des islamistes).
Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est ainsi livrée aux milices armées et minée par des luttes de pouvoir et des violences qui ont favorisé la montée en puissance des djihadistes de l'EI.

La France est le seul membre de la coalition internationale à s'être fait prendre sur le fait



Les Européens s'inquiètent de cette menace directe au sud de la Méditerranée
, même si l'EI est sous la pression des forces du gouvernement d'union nationale dans son fief de Syrte (centre-nord).
Le groupe, qui cherche à étendre son influence au-delà de la Syrie et de l'Irak, où il est sur la défensive, compterait 1.000 à 1.500 combattants en Libye, selon une source sécuritaire française, soit beaucoup moins que les 3.000 à 5.000 évoqués jusqu'ici.

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU, redoute toutefois que des cellules de l'EI, chassées de leur fief de Syrte, ne s'implantent ailleurs en Libye ou ailleurs en Afrique du nord.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens veulent éviter tout engagement formel en Libye tant que le gouvernement d'union nationale n'en fait pas la demande, l'opinion publique libyenne restant farouchement opposée à une nouvelle intervention étrangère.

Le chef de ce gouvernement d'union, désormais installé à Tripoli depuis le printemps, Fayez al-Sarraj, a toutefois reconnu fin juin que ses forces reçoivent de l'aide étrangère en "expertise et logistique". Elles pourraient notamment être assistées pour la localisation et le ciblage de combattants de l'EI.

Dans ce contexte troublé et toujours instable,
l'effondrement de l'État libyen - suite au "printemps arabe" - contribue à faire du pays l'une des principales zones de transit de l'immigration clandestine à destination de l'Europe.

mercredi 22 juin 2016

Manifestation contre la loi travail : interdiction le matin, autorisation à midi...

Cafouillage gouvernemental: Valls, l'"homme fort" qui avale des couleuvres

Le premier ministre ne devait rien lâcher, mais son ministre de l'Intérieur lui impose du n'importe quoi 

Mardi soir, Hollande hésitait, mercredi midi, le président opte pour un compromis dont Valls ne voulait pas entendre parler... Le pouvoir socialiste se disloque au somment.

Valls a dû céder et il ne décolère pas. L'interdiction de la manifestation des sept syndicats hostiles au projet de réforme du code du travail, c'était sa volonté. Il a été une nouvelle fois désavoué par François Hollande qui a choisi l'eau tiède... En fait, dès mardi soir, Bernard Cazeneuve avait cédé à la CGT et FO, mais Valls n'en démordait pas: un tracé de 500 mètres décidé par ses services de manière à pallier la mauvaise volonté du service d'ordre du syndicat marxiste, à assurer un maximum de protection aux biens et aux personnes et à mettre la manifestation contre la loi travail à l'abri des "casseurs", comme on nomme l'ultra gauche qui se déchaîne tout au long des cortèges, comme ce fut le cas le 14 juin, sans attendre la dislocation. Mais les leaders syndicaux s'arc-boutaient encore sur leur idée d'un défilé mobile, de la République à la Bastille.

Le premier ministre campait donc sur l'interdiction de la manifestation et ni la CGT, ni FO n'acceptait la manifestation statique. Prévenu mardi soir du blocage, François Hollande laissait le gouvernement se déchirer, se préservant. En fait, Hollande n'en démordait pas: si la protection des biens et des personnes ne peut être assurée, alors l'interdiction de manifester se justifie. En somme, le président donnait alors le sentiment de soutenir son premier ministre tant qu'il était démontré qu'on ne pouvait assurer l'ordre public autrement que par l'interdiction. On ne prenait pas en compte des "petites clauses" de réserve du président.

La manifestation interdite aura lieu
Ce ne sera pas le "défilé statique" souhaité par l'exécutif: un rassemblement dans un espace clos, c'est le Bataclan !  FO a refusé que des militants remontés comme des pendules soient parqués sous la surveillance de 2.000 policiers armés. Guantánamo ?
FO s'est opposée à la "cocotte minute" du "meeting" en plein air voulu par le pouvoir socialiste. Les stratèges de l'Intérieur ont alors inventé le circuit court (ci-dessus). Les syndicats ont accepté d'être traité comme de la volaille en batterie.

Cazeneuve passe en faiblesse, Valls lâche en force

Valls croyait pouvoir tenir une position ferme: c'était mal connaître le jésuitisme du président mou. Or, quand, ce matin, le ministre de l'Intérieur adopta la posture rigide d'interdiction du chef du gouvernement, ce fut la bronca ! Même la CFDT se mêla au concert des critiques. La réunification du front syndical marqua alors une étape décisive: les syndicats réformistes pouvaient basculer dans la radicalité. Valls perdrait alors un dernier argument massu : avec le renfort de la CFDT, les sept syndicats hostiles ne seraient plus minoritaires.  

La CGT prend le pouvoir
Cazeneuve ressort alors son compromis rangé la veille : une manif en boucle sur un mini-parcours contrôlé. Le capitaine de pédalo donna son feu vert pour cette sorte de piste de karting. Dans la matinée, le ministre de l'Intérieur quémanda  l'accord des syndicats auprès de Philippe Martinez pour la CGT et de Jean-Claude Mailly pour FO, lequel, à la sortie du rendez-vous, laisse filtrer son sentiment : "Nous ne sommes ni optimistes, ni pessimistes. On est zen, j'aimerais qu'à Matignon ils le soient autant." Ils viennent en effet d'acter les renoncements du ministre de l'Intérieur et du président Hollande contre l'avis du premier ministre, Valls, le psycho-rigide.

La ruse et la sémantique ont trouvé leurs limites. Hollande et Valls ont usé jusqu'à la corde des promesses et du vocabulaire de l'enfumage et de l'intox et abusé de la stratégie du zig-zag, comme des dépenses publiques à crédit et des postures de fermeté molle. Les syndicats veulent, non pas des mots, mais du concret. En grattant le vernis des paroles creuses,  ils ont aussi mis au jour les failles de l'exécutif et s'y sont engouffrés. Au jeu du plus malin, Valls et Hollande ont perdu.

Cette volte-face démontre que le pouvoir ne semble pas apprendre d'aucune de ses nombreuses erreurs passées. 

Le "stop and go" quasiment permanent de l'exécutif confirme qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion. Avec fermeté et détermination, il annonce une décision qu'il retire deux heures plus tard. La France qui attend de l'ordre et du travail est déboussolée; les Français qui manifestent sont confortés dans l'idée qu'une décision s'arrache sous la pression... Et, au passage, dégât collatéral : le premier ministre est discrédité comme il le fut à l'époque de la déchéance de la nationalité, qu'il a soutenue sans réserve, comme sur la première version de la loi travail avant que Hollande et la CFDT s'accordent sur un compromis...

"Le tandem Hollande-Valls est à bout de souffle"
La grosse moustache de Martinez a fait se rétracter le "Ptit Zizi". C'est le constat navré d'un député PS anonyme. "Le premier ministre est tendu comme un arc. Il prend toutes les questions que nous lui posons en réunion de groupe comme un attentat terroriste. Il serait temps qu'il parte et qu'à Matignon, Hollande nous mette un Cazeneuve, plus rond, plus calme.  Voilà qui ne devrait pas arranger le caractère du premier ministre...
Mais, un 'ptit zizi' et deux ventres mous, à Matignon et à l'Elysée, est-ce vraiment ce dont le pays a besoin ?

vendredi 3 juin 2016

Surnoms de Macron: quand l'hôpital Hollande se moque de la charité

Macron, le ministre submergé par une crue de surnoms déferlant de ses collègues vertueux

Si Macron "doit tout" à Hollande, il a également eu droit à un nouveau surnomEmmanuel Macron, François Hollande, surnom
Le Ministre de l’Economie Emmanuel Macron aura collectionné plusieurs surnoms durant son passage au gouvernement.
Au départ, il était salué comme un "Mozart de la finance". Depuis, les qualificatifs se font de moins en moins amènes…

Si on passe sur "Macaron" qui n'honore pas son découvreur,  il  aura ainsi été traité de "taré du troisième étage" par ce gros lubrique de Michel Sapin, à ses heures ministre des Finances, car le bureau de Macron est, figuré-vous, situé au 3e niveau de Bercy. On a ainsi la preuve qu'au ministère, ça carbure vraiment à tous les étages...

Plusieurs ministres estiment aussi qu'il aurait "la fâcheuse manie de marcher sur leurs plates-bandes et de tenter de s'approprier les sujets de certains" et c'est pourquoi tout le monde connaît le "coucou", "celui qui pond dans le nid des autres", explique Alba Ventura.


Ou encore "le petit marquis poudré", étiquette que Fabius, ministre des Affaires étrangères, lui a collé en janvier dernier, dans un moment d'éveil conscient, quand Emmanuel Macron arbora une barbe de trois jours. sont aussi à ranger au nombre des gracieusetés généreusement distribuées - comme aides et allocations aux "défavorisés" - à ce collaborateur "loyal" envers Hollande," mais "sans être son "obligé". Vous vous demandez pourquoi ?

Autre professionnel de la politique qui n'a jamais travaillé de sa vie, Jean-Christophe Cambadélis a balancé sa boule puante, avec ce surnom de "Brutus". Le nom a été lâché au cours d'un entretien avec le JDD (Journal du Dimanche). Interrogé sur l'indulgence de François Hollande envers Emmanuel Macron, le premier secrétaire du Parti socialiste a expliqué que le ministre "s'imaginait en Sully, il ne faudrait pas qu'il finisse en Brutus, comme certains l'y poussent". A Matignon, mais aussi rue de Solférino, le surnom est resté. Cela fait référence à Marcus Junius Brutus, le sénateur romain, fils de la maîtresse de Jules César, qui lui porta le coup fatidique. Ce qualificatif est d'ailleurs un classique qui ne révèle pas une culture historique exceptionnelle chez le trotskiste, puisqu'il ordinairement accolé aux ministres ambitieux. "De là à l'imaginer trahir son père en politique ? Tout le monde ne peut pas être Brutus. D’abord, François Hollande n’est pas César, on peut en convenir. Mais la trahison assassine est de toutes les époques et il faut y regarder de plus près pour voir si la créature du président de la République lui a échappé au point de lui porter un coup qui pourrait lui être fatal", expliqua à l'antenne de RTL, Nicolas Domenach.

C'est aujourd’hui François Hollande qui s'y colle

A l'Elysée, il est devenu "M. Couac 40"... 
Venant de Hollande, ce dernier petit surnom affectueux est plutôt inattendu de la part d'un gaffeur du gabarit de Hollande ! Ainsi, le président continuerait donc pour le moment à supporter son ministre de l’Economie en public, mais Emmanuel Macron l'insupporterait sérieusement en privé pour ses sorties socio-libérales décapantes qui envoient régulièrement voler les idéologues socio-démocrates du PS cul par-dessus tête.

Le président s'amuse !  
Rien n'a prise sur ce socialiste dilettante (pléonasme), ni la crise sociale en cours qui bloque l'économie, ni les inondations qui paralysent plusieurs régions, ni la dette publique qu'il fait monter, en saison et hors saison, comme crue cévenole, ni les victimes du chômage qu'il met au congélateur comme bébés non désirés. 

Dans cet univers impitoyable des ennemis de la finance, Hollande a donc taillé un "costard" de plus au pauvre banquier après l’affaire de l'élégant costume que lui reprocha un cégétiste, au cours d’un déplacement de campagne de terrain pour son mouvement "En marche!". "La meilleure façon de se payer un costard, c’est de travailler." Lien PaSiDupes