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mercredi 22 juin 2016

Manifestation contre la loi travail : interdiction le matin, autorisation à midi...

Cafouillage gouvernemental: Valls, l'"homme fort" qui avale des couleuvres

Le premier ministre ne devait rien lâcher, mais son ministre de l'Intérieur lui impose du n'importe quoi 

Mardi soir, Hollande hésitait, mercredi midi, le président opte pour un compromis dont Valls ne voulait pas entendre parler... Le pouvoir socialiste se disloque au somment.

Valls a dû céder et il ne décolère pas. L'interdiction de la manifestation des sept syndicats hostiles au projet de réforme du code du travail, c'était sa volonté. Il a été une nouvelle fois désavoué par François Hollande qui a choisi l'eau tiède... En fait, dès mardi soir, Bernard Cazeneuve avait cédé à la CGT et FO, mais Valls n'en démordait pas: un tracé de 500 mètres décidé par ses services de manière à pallier la mauvaise volonté du service d'ordre du syndicat marxiste, à assurer un maximum de protection aux biens et aux personnes et à mettre la manifestation contre la loi travail à l'abri des "casseurs", comme on nomme l'ultra gauche qui se déchaîne tout au long des cortèges, comme ce fut le cas le 14 juin, sans attendre la dislocation. Mais les leaders syndicaux s'arc-boutaient encore sur leur idée d'un défilé mobile, de la République à la Bastille.

Le premier ministre campait donc sur l'interdiction de la manifestation et ni la CGT, ni FO n'acceptait la manifestation statique. Prévenu mardi soir du blocage, François Hollande laissait le gouvernement se déchirer, se préservant. En fait, Hollande n'en démordait pas: si la protection des biens et des personnes ne peut être assurée, alors l'interdiction de manifester se justifie. En somme, le président donnait alors le sentiment de soutenir son premier ministre tant qu'il était démontré qu'on ne pouvait assurer l'ordre public autrement que par l'interdiction. On ne prenait pas en compte des "petites clauses" de réserve du président.

La manifestation interdite aura lieu
Ce ne sera pas le "défilé statique" souhaité par l'exécutif: un rassemblement dans un espace clos, c'est le Bataclan !  FO a refusé que des militants remontés comme des pendules soient parqués sous la surveillance de 2.000 policiers armés. Guantánamo ?
FO s'est opposée à la "cocotte minute" du "meeting" en plein air voulu par le pouvoir socialiste. Les stratèges de l'Intérieur ont alors inventé le circuit court (ci-dessus). Les syndicats ont accepté d'être traité comme de la volaille en batterie.

Cazeneuve passe en faiblesse, Valls lâche en force

Valls croyait pouvoir tenir une position ferme: c'était mal connaître le jésuitisme du président mou. Or, quand, ce matin, le ministre de l'Intérieur adopta la posture rigide d'interdiction du chef du gouvernement, ce fut la bronca ! Même la CFDT se mêla au concert des critiques. La réunification du front syndical marqua alors une étape décisive: les syndicats réformistes pouvaient basculer dans la radicalité. Valls perdrait alors un dernier argument massu : avec le renfort de la CFDT, les sept syndicats hostiles ne seraient plus minoritaires.  

La CGT prend le pouvoir
Cazeneuve ressort alors son compromis rangé la veille : une manif en boucle sur un mini-parcours contrôlé. Le capitaine de pédalo donna son feu vert pour cette sorte de piste de karting. Dans la matinée, le ministre de l'Intérieur quémanda  l'accord des syndicats auprès de Philippe Martinez pour la CGT et de Jean-Claude Mailly pour FO, lequel, à la sortie du rendez-vous, laisse filtrer son sentiment : "Nous ne sommes ni optimistes, ni pessimistes. On est zen, j'aimerais qu'à Matignon ils le soient autant." Ils viennent en effet d'acter les renoncements du ministre de l'Intérieur et du président Hollande contre l'avis du premier ministre, Valls, le psycho-rigide.

La ruse et la sémantique ont trouvé leurs limites. Hollande et Valls ont usé jusqu'à la corde des promesses et du vocabulaire de l'enfumage et de l'intox et abusé de la stratégie du zig-zag, comme des dépenses publiques à crédit et des postures de fermeté molle. Les syndicats veulent, non pas des mots, mais du concret. En grattant le vernis des paroles creuses,  ils ont aussi mis au jour les failles de l'exécutif et s'y sont engouffrés. Au jeu du plus malin, Valls et Hollande ont perdu.

Cette volte-face démontre que le pouvoir ne semble pas apprendre d'aucune de ses nombreuses erreurs passées. 

Le "stop and go" quasiment permanent de l'exécutif confirme qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion. Avec fermeté et détermination, il annonce une décision qu'il retire deux heures plus tard. La France qui attend de l'ordre et du travail est déboussolée; les Français qui manifestent sont confortés dans l'idée qu'une décision s'arrache sous la pression... Et, au passage, dégât collatéral : le premier ministre est discrédité comme il le fut à l'époque de la déchéance de la nationalité, qu'il a soutenue sans réserve, comme sur la première version de la loi travail avant que Hollande et la CFDT s'accordent sur un compromis...

"Le tandem Hollande-Valls est à bout de souffle"
La grosse moustache de Martinez a fait se rétracter le "Ptit Zizi". C'est le constat navré d'un député PS anonyme. "Le premier ministre est tendu comme un arc. Il prend toutes les questions que nous lui posons en réunion de groupe comme un attentat terroriste. Il serait temps qu'il parte et qu'à Matignon, Hollande nous mette un Cazeneuve, plus rond, plus calme.  Voilà qui ne devrait pas arranger le caractère du premier ministre...
Mais, un 'ptit zizi' et deux ventres mous, à Matignon et à l'Elysée, est-ce vraiment ce dont le pays a besoin ?

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