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samedi 18 juin 2016

Et si François Hollande n'avait finalement d'autre choix que de se soumettre à une primaire ?

La presse militante voit tout à trac dans une primaire socialiste une opportunité

Longtemps hostile à cette éventualité, le chef de l'Etat semble s'être résigné à participer à une primaire à gauche. 

Et que je laisse la CGT
faire la loi à travers le pays
Vendredi 17 juin, Jean-Christophe Cambadélis a créé la surprise en annonçant l'organisation d'une primaire ouverte à la gauche de gouvernement. Le Premier secrétaire du PS doit officiellement proposer cette option devant le conseil national du parti qui se réunit samedi. Si cette idée soudaine n'est pas saugrenue, pourquoi a-t-il attendu pour s'y résoudre, alors qu'il ne cesse de se porter en avant ?
Près de 3 Français sur 4 (72%, -2 points par rapport à avril 2016) se déclarent favorables à l'organisation d'une primaire de la gauche dans la perspective de 2017 et notamment chez les sympathisants de gauche et du Parti socialiste dont respectivement 86% (+3 points) et 87% (+5) s'y déclarent favorables, alors que Hollande essaie d'y échapper.
Dans un entretien à Libération, Cambadélis assure avoir informé François Hollande de son initiative, sous la pression de l'aile gauche du PS. Jusqu'à présent, le chef de l'Etat n'était pas favorable à une primaire, à laquelle il pensait échapper, en tant que président sortant. Mais c'était sans compter avec la grogne persistante dans l'ensemble de la gauche, divisée comme jamais sous la Ve République. 
La position de Hollande s'est donc dégradée, comme le montre les sondages d'opinion, les uns derrière les autres. Le peuple des travailleurs se soulève et malgré l'"état d'urgence", les tueries se multiplient. Hollande n'a pas : il est cerné et paralysé. Davantage qu'un obstacle, la primaire pourrait lui servir de jalon sur la route d'une éventuelle réélection en 2017. Ilan Caro est journaliste qui a d'abord travaillé au Progrès de Lyon, à l'AFP et au Monde.fr, avant d'arriver à Francetv info en 2011, où il assure régulièrement des live  directs et concocte des contenus de "fact-checking(vérification par les faits -ou la rhétorique !- des chiffres lancés à la volée) qui conduisent à des chroniques de "désintox" visant à donner tort à l'opposition en prétendant démêler "le vrai du faux" en simplement embrouillant l'auditeur ou le lecteur. 

Le président en exercice aurait besoin d'une tribune pour défendre son bilan

Son "Ça va mieux" devrait mobiliser les experts en "vérification des chiffres par les faits", car depuis plusieurs semaines, le chef de l'Etat martèle ce slogan, sans pour l'instant en tirer bénéfice dans les sondages. Et pour cause: ça parole est totalement dévaluée.

En participant à une primaire fin janvier, comme le prévoit Jean-Christophe Cambadélis, pour satisfaire les "frondeurs", Hollande disposerait d'une tribune de choix "pour défendre un bilan régulièrement vilipendé par ses concurrents", écrit Ilan Caro qui n'a pas prix connaissance des sondages, tout spécialiste qu'il soit de la manipulation des chiffres. D'ici la période des voeux et de ses apparitions à tous les micros et écrans, François Hollande fait le pari que la reprise économique en Europe va profiter à la France et que l'inversion de la courbe du chômage se confirmera pour de bon. Un coup de poker. 

Un moyen de regagner une légitimité: après plus de quatre années!

Comment pourrait-il éviter de retourner devant le peuple pour réparer une image largement abîmée ? Discrédité à la tête d'un gouvernement qu'il a mené dans tous les chemins de traverse et que les siens discréditent, tandis que la base militante ne croit plus en lui, Hollande n'a ni le choix, ni grand-chose à perdre à participer à une telle aventure.

Tous les sondages le donnent en extrême difficulté dans tous les cas de figure au premier tour de la présidentielle. Participer à une primaire – s'il la gagnait ! – serait le moyen pour lui de montrer qu'il n'est pas le pire candidat capable de faire gagner la gauche en 2017, alors que les Radicaux de gauche ne pèsent pas lourd et que les ayatollahs écologistes sont impopulaires et exsangues à force de chamailleries et d'inefficacité. Cambadélis a tout dit en rêvant tout haut d' " une primaire loyale et représentative"...

Un sondage TNS Sofres montre d'ailleurs qu'il n'est le meilleur candidat que parmi les sympathisants du PS, devant Manuel Valls et Emmanuel Macron. Mais tout manipulateur de chiffres qu'il soit, Ilan Caro évite d'évaluer leur nombre, sachant qu'il se réduit comme peau de chagrin. En cas de défaite, il n'aura aucun regret à avoir, sinon d'avoir mené le pays au doute, à la gabegie et à l'anarchie. Ainsi, avec une primaire fatale, son objectif secret serait-il de s'éviter l'humiliation d'une élimination au premier tour de la présidentielle.

Un piège pour Macron et Montebourg

Avec François Hollande, la tactique politique est permanente. En se laissant dès à présent imposer une primaire à gauche,
il oblige deux de ses concurrents potentiels à se positionner. Son ministre Emmanuel Macron, qui jure de sa loyauté, répète sur tous les tons ne pas être candidat "aujourd'hui". Alors osera-t-il franchir le pas et s'attaquer frontalement à celui qui l'a promu en politique ? Ou la primaire l'imposera-t-elle?  L'annonce a aussi pour effet de prendre de vitesse Arnaud Montebourg, l'ancien ministre qu'il a viré comme un malpropre et le seul qui à gauche peut démonter Hollande mais qui tablait sur une absence de primaire pour partir en solo à la présidentielle.

Il attendait de savoir si Sarkozy y va

Autre avantage de cette primaire, tente-t-on de nous faire accroire, ne pas laisser le champ libre à la droite, qui domine déjà dans tous les scrutins intermédiaires. Certes, son candidat aura été désigné fin novembre, mais la primaire de gauche fera prendre du retard à la campagne socialiste. Avec le soutien de tous les oligarques de la presse socialiste, le PS réussira certes a attirer l'attention médiatique en décembre et en janvier, alors que le principal parti d'opposition sera en ordre de bataille, mais la cible des grands groupes de presse monopolistiques. Pour qu'elle bénéficie de cette exposition attachée à sa primaire, la gauche devra toutefois éviter l'écueil de la division. Or la fracture est large et profonde. Rien ne serait pire pour elle que de continuer à se déchirer face à une droite rassemblée. Si celle-ci n'a pas elle-même des plaies à panser...

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