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mercredi 8 juin 2016

A Nice, une serveuse giflée pour avoir servi de l'alcool pendant le ramadan

La gauche au pouvoir ignore ces violences sur une femme musulmane. 
Et les associations féministes ?

Lundi 6 juin, premier jour du ramadan, deux individus ont "violemment agressé" [ils auraient pu l'agresser en douceur, selon l'AFP, reprise en choeur par ses confrères ?] une jeune femme musulmane dans un bar du centre de Nice,
parce qu'elle servait de l'alcool. 
Cet "incident" ["agresser violemment" une femme n'est qu'un détail] a suscité de multiples réactions politiques, mais uniquement sur une partie de l'échiquier politique.

Abel, le propriétaire-gérant de l'établissement situé rue Lamartine a confirmé l'information de Nice-Matin. Cette serveuse, qui présente un hématome important à l'arcade sourcilière, a porté plainte pour agression, de même que le propriétaire de l'établissement, qui a également porté plainte pour menaces, les mêmes individus ayant déjà tenté, trois jours auparavant, de le dissuader de vendre des boissons alcoolisées pendant le mois de jeûne. Une enquête est en cours et a été confiée à la sûreté départementale des Alpes-Maritimes.

La consommation d'alcool est réprouvée en islam, et en particulier pendant ce mois sacré où les musulmans sont invités à jeûner pendant la journée, cela en république laïque. Sur les images vidéo enregistrées par l'établissement, on voit très nettement deux individus, dont l'un serait un étranger en situation irrégulière, bien connu dans le quartier, selon le propriétaire du bar, menacer longuement la serveuse, qui elle-même pratique le ramadan, sur la terrasse du café. 
La serveuse a raconté les circonstances de son agression dans L'Obs : "J'étais toute seule dans le bar quand deux passants ont fait irruption. Ils ont pointé du doigt les bouteilles d'alcool qui se trouvaient derrière le comptoir, puis l'un d'entre eux m'a dit en arabe: 'Tu devrais avoir honte de servir de l'alcool en période de ramadan'. Puis, il a ajouté: ‘Si j'étais Dieu, je t'aurais pendu'." "Tu n'es pas Dieu pour me juger", lui répond sans ambages la jeune femme, qui reçoit des insultes en monnaie de sa pièce.


Les deux hommes ont fait semblant de partir, puis l'un d'entre eux est revenu et a "giflé violemment" [car 'gifler' peut être également fait en douceur] la jeune femme à l'intérieur du bar, laquelle s'est écroulée. 

La jeune femme se dit d'autant plus choquée qu'elle est elle-même musulmane et, qu'à titre privé, elle pratique le ramadan. "Ce n'est pas parce que je sers de l'alcool que je n'accomplis pas mon devoir. Si je le fais, c'est parce que je suis serveuse. En Tunisie, j'exerçais le même métier et je n'ai jamais eu le moindre problème. Je ne pensais pas qu'en France, pays de libertés, je puisse être agressée pour ça"...

Aucune réaction politique indignée à gauche

Ces violences religieuses ont déclenché de nombreuses réactions politiques, sauf à gauche. 
Eric Ciotti, député Les Républicains et président du conseil départemental a estimé que "cette agression s'inscrit dans un contexte national de progression continue du fondamentalisme religieux et de montée du communautarisme". "Aucun acte de cette nature n'est anodin; chaque agression de la sorte porte un coup sévère aux valeurs républicaines", insiste-t-il.

Pour Philippe Vardon, conseiller régional FN, "cette situation est le résultat de la faiblesse des dirigeants politiques, Christian Estrosi et les siens en tête, s'étant empêtrés dans des compromis inacceptables et dangereux". "La France glisse dans l'obscurantisme", a pour sa part réagi le numéro 2 du FN Florian Philippot.

Mais tout va bien: ce n'est pas la première fois !
Une telle agression n'est donc pas un fait exceptionnel. Cet acte d'intimidation n'est pas en effet sans rappeler la "mésaventure" d'un boulanger d'origine tunisienne, dans ce même secteur du centre-ville. 
En octobre 2014, en effet, trois hommes, dont le responsable d'un établissement halal baptisé La Nosra, fermé depuis par les services de la préfecture, reprochaient  à ce boulanger de vendre des sandwiches au jambon et l'accusaient de ne pas être "un bon musulman". Ils avaient été condamnés à six mois de prison avec sursis en janvier 2015.
Le 29 octobre, Issam, gérant d'un snack, s'était rendu dans cette boulangerie voisine, accompagné de son cuisinier, fiché par la police comme susceptible de quitter la France pour rejoindre le djihad, ainsi que du frère de ce dernier, régler un différend avec le boulanger. Les trois hommes reprochaient à Loïc, un Français d'origine tunisienne - qui a abandonné son prénom Lotfi lors de sa naturalisation - d'avoir fait des avances sexuelles à une vendeuse qu'ils lui avaient recommandée, des faits pour lesquels cette dernière a d'ailleurs porté plainte, mais ...après l'altercation dans la boulangerie. Dans la foulée, les trois hommes accusèrent Loïc de vendre de la viande non halal et du porc et de consommer de l'alcool. 

Les deux hommes auraient été identifiés, mais non encore interpellés.
"J’ai eu tellement peur. J’ai du mal à comprendre. Pourquoi m’ont-ils insulté ? Pourquoi cette gifle ? Je me suis sentie rabaissée, humiliée, salie. Je ne veux pas que d’autres femmes puissent être victimes d’une telle agression."
Or, ce quartier a déjà connu des intimidations
"Ce n’est la première vague d’intimidation que nous rencontrons dans le quartier. La plupart du temps, la personne est interpellée mais relâchée car elle n’a pas de papiers. Je sais que la police fait son travail, mais cette situation ne peut pas durer", souligne Abel.

Le MRAP, SOS Racisme et la LDH sont absents pour cause de ramadan ?

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