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mardi 7 juin 2016

Un Français arrêté en Ukraine avec un arsenal de guerre, suspecté de terrorisme

Le ministère de l'Intérieur français a-t-il imaginé un complot à l'occasion de l'Euro ? 

Les autorités françaises jouent désormais la précaution

"Un gars sympathique, discret, travailleur". 
Sans casier judiciaire. Que ce soit pour les voisins du petit village de Nant-le-Petit dans la Meuse, où il a son domicile, ou pour la justice française, le jeune homme était au-dessus de tout soupçon. Sauf que celui-ci a une identité: les autres sont anonymés. Avec un nom pareil, celui-là serait un mécréant, un "kafir" (kouffar, au pluriel).
En attendant que les inscriptions des auditions de ce Français arrêté  à la frontière ukraino-polonaise, le 21 mai, par  les services secrets ukrainiens (SBU) - dont la France est l'alliée contre Poutine - , avec un arsenal de guerre dans son véhicule utilitaire soient accessibles, les autorités françaises invitent à la plus grande prudence.

Ainsi, la thèse selon laquelle le kafir fomentait une quinzaine d'attentats en France pendant l'Euro 2016, dont certains sur "une mosquée ou un centre des impôts", est pour l'heure totalement écartée par les enquêteurs français. Reste que quelque 125 kg d'explosifs, deux lance-roquettes, cinq kalachnikovs, 100 détonateurs, des milliers de munitions ont été retrouvés. La cargaison du Français peut aussi suggérer sinon un trafic, une livraison d'armes. Mais là encore, le profil atypique du jeune homme intrigue les enquêteurs.
Un jeune homme bien sous tout rapport

Hébergé dans une maison appartenant à son grand-père,
"Grégoire" exerçait le métier d'inséminateur pour plusieurs exploitations agricoles du Bas-Rhin. Loin des clichés du grand banditisme, il ne menait pas la grande vie. Réservé, il entretenait de bonnes relations avec les 84 âmes [selon David Namias pour BFMTV] du petit village où il résidait. Yves, le père du jeune homme qui a grandi à Ménil-sur-Saulx, distant de 4 km, y exploite toujours une ferme.

D'après son entourage, son rêve aurait été de s'établir dans une ferme en Ukrainepays où le Lorrain a effectué plusieurs voyages. Très tôt passionné par les animaux, ce "fou de vaches" est titulaire d'un "BTS 'productions animales' acquis au lycée Edgard Pisani de Chamarandes-Choignes". Et il a été "sélectionné en 2013, parmi les 'meilleurs bergers' de l'établissement dans le cadre d'un concours régional".
Militant d'extrême droite ou réplique aux violences "antifa" ? 
Un Français âgé de 25 ans
Les enquêteurs n'auraient trouvé aucun élément déterminant, lors des perquisitions réalisées à son domicile: un t-shirt portant le sigle d'un groupuscule d'extrême droite. Mais comment est-il arrivé là ? "Il n'y a jamais eu une revendication, un mot quelque chose qui m'ai fait penser qu'il pouvait y avoir une idée extrême", témoigne un voisin.
De son côté, selon la presse gouvernementale, le journal Le Parisien avance -sans conditionnel- que Grégoire "est proche de la mouvance d'extrême droite ET radicale",  et notamment, croit-elle savoir, du Renouveau français, un groupuscule nationaliste, catholique, contre-révolutionnaire et social", défenseur du droit du sang: "un veau qui naît dans une écurie ne sera jamais un cheval". Tourné vers la jeunesse, ce mouvement de "renaissance nationale" organise des camps d'été, cette année en Bourgogne, dans l'Yonne, du 24 au 28 août.
A la tête d'un DEA, un spécialiste auto-proclamé du djihadisme -avec l'onction du site Rue89 (créé par Pierre Haski et Arnaud Aubron - lequel est directeur de la publication de l'hebdomadaire Courrier international du groupe Le Monde -, mais propriété de L'Obs, propriété de Xavier Niel, Pierre Bergé, Matthieu Pigasse) s'est emparé de l'affaire. 
Au sujet de ce complotiste français, Romain Caillet, marié à une Franco-marocaine, il faut savoir qu'il est converti à l'islam depuis 1997 et qu'il a fricoté avec des salafistes et des Frères musulmans au cours des années 2000. Un expert digne de s'exprimer sur les chaînes d'information ? Après son éviction de BFMTV, il a reçu le soutien du journal socialiste Libération, qui estime que "BFMTV a réussi à torpiller une des rares compétences que la télévision offrait sur le sujet".
Le contraste est grand entre le profil du terroriste de grande envergure dépeint par les services ukrainiens et la réalité de la vie quotidienne de Grégoire. Mais, d'après les Ukrainiens, le Lorrain aurait noué des contacts, dès décembre 2015 avec des "groupes militaires clandestins": sans précisions. Du soutien humanitaire proposé par le jeune homme au départ, il en serait venu au trafic d'armes. 
Pour valider une hypothèse ou l'autre, le parquet de Nancy, saisi de l'affaire, attend d'en savoir plus sur les circonstances de l'arrestation de ce modeste travailleur.
Tweet d'un chercheur et consultant sur les questions islamistes:
Inconnu, mais suspect, piégé par des services secrets alliés de la France
"Le SBU a réussi à empêcher quinze actes terroristes qui étaient planifiés en France à la veille et pendant le championnat d'Europe de football", a assuré à Kiev le chef du SBU Vassil Grytsak. L'arrestation a eu lieu le 21 mai, en Ukraine, alors que le jeune homme tentait de franchir la frontière ukraino-polonaise dans le village de Iagodyn.
Grégoire M.,
un inconnu très photographié
Une machination franco-ukrainienne ?
Grégoire M., inconnu des services de police, rappelons-le, aurait fait part, selon le SBU, de son opposition à "la politique de son gouvernement concernant l'arrivée massive d'étrangers en France, la diffusion de l'islam et la mondialisation". D'où la saisie d'un tee-shirt siglé d'un groupe d'extrême droite par les services français lors d'une perquisition à son domicile de Nant-le-Petit. A-t-il été déposé-là pour les besoins de la cause ? "Au début, nous pensions qu'il s'agissait d'une organisation terroriste classique. Mais nous sommes tombés sur une organisation en France qui est mécontente du pouvoir et comptait organiser une série série d'attentats pendant l'Euro", a chargé le chef du SBU à Kiev. Selon M6, qui a révélé toute l'intox vendredi, "d’après des informations concordantes" qui se limitent à celles du SBU (d'où l'importance du "secret des sources" pour la presse et pour le pouvoir), Grégoire M. prévoyait de s'attaquer à des mosquées ou des synagogues. La différence ne paraît pas plus importante au chef du SBU qu'à M6. 250.000 euros d’armes et d’explosifs. Ca ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval...
La victime idéale de manipulation politique
Grégoire M. était"" un voisin discret, poli. "Un bon jeune" selon un agriculteur chez qui il a travaillé cité par l'Est Républicain.
Luc Voidey, le directeur technique de la coopérative Elitest à Brumath, l'entreprise dans laquelle l'homme interpellé en Ukraine travaille, l'a pour sa part décrit comme "un salarié irréprochable".
"Des images incroyables, dignes d'un film hollywoodien au scénario bien ficelé," admet Le Parisien. La bande-son est angoissante à souhait et le suspect semble reconstituer sous la contrainte des services secrets ukrainiens:
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VOIR et ENTENDRE également les non moins incroyables images des services secrets ukrainiens mises à disposition du Parisien:
Pour BFMTV, le jeune homme n'est plus "discret", mais "réservé"

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De nombreux points à éclaircir, toutefois...
"Pour l'instant, seuls les services secrets ukrainiens communiquent sur cette affaire, allant jusqu'à diffuser une vidéo présentée comme celle de l'interpellation," admet L'Express.
La France semble vouloir se dégager de ce complot et indique qu'une enquête a été ouverte et confiée à l'Office central de lutte contre la criminalité organisée et au service régional de la police judiciaire de Nancy (est). En effet, les enquêteurs français n'ont "rien pour confirmer ou infirmer une éventuelle piste terroriste" et vont demander "des compléments d'informations" aux Ukrainiens, selon une source policière.
"Nous ne disposons pour le moment d'aucun élément permettant de confirmer la réalité de ces projets d'attentat", a elle aussi confié à L'Express une source proche du dossier, confirmant que le suspect n'est pas connu des services de police pour des faits de terrorisme. Le parquet antiterroriste de Paris n'a d'ailleurs pas été saisi pour l'instant.  Selon BFMTV, la police et la justice française privilégient à ce stade la piste du trafic d'armes.
Le criminologue Alain Bauer, un proche de Manuel Valls, joint par l'Est Républicain, appelle pour sa part à la prudence. "Personne ne sait rien sur rien, si ce n'est ce que disent les services ukrainiens, dont la qualité et l'efficacité restent toujours des mystères", souligne-t-il. Il rappelle que "l'Ukraine reste un gros fournisseur d'armes depuis que la guerre se déroule là-bas, comme l'Albanie avant". La France est également marchand d'armes...
Le complice de Grégoire M.
est-il quant à lui libre ?
Le journal officieux du Parti socialiste, Le Monde, croit savoir que Grégoire M. n'en était pas à son premier voyage en Ukraine. Un trajet qu'il aurait effectué à plusieurs reprises avec une ou plusieurs personnes actuellement recherchées. Une autre zone d'ombre de l'affaire.
La somme des invraisemblances du scénario mis en scène par l'Ukraine fait penser à un montage politicien de nature à justifier l' "état d'urgence" prolongé et à crédibiliser le déploiement de forces de l'ordre pour l'Euro de foot, à point nommé, puisque le complot est révélé à moins d'une semaine de son lancement.

Si les stades et les fan zones sont matériellement prêts, les forces de l'ordre occupent massivement le terrain pour prévenir les risques. Le dispositif a même été modifié et renforcé ces derniers jours.
 

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