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samedi 18 avril 2020

Le Conseil d’Etat réduit les pouvoirs des maires dans leur lutte contre le coronavirus

Les juges administratifs renforcent le pouvoir central contre la décentralisation

Les maires "ne peuvent, de leur propre initiative, prendre d’autres mesures destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire" que celles décidées par l’Etat
Vendredi 17 avril, le Conseil d’Etat a ainsi limité le pouvoir des maires dans la lutte contre le coronavirus, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire... La plus haute juridiction administrative se prononçait en référé sur un arrêté municipal imposant le port du masque dans la commune de Sceaux (Hauts-de-Seine).De nombreux élus attendaient cette décision, espérant que les communes ne seraient pas pénalisées plus longtemps par l'absence de prises de décisions au sommet de l'Etat, mettant des vies en danger, du fait des lourdeurs administratives et au nom du respect de protocoles anciens, devenus inappropriés.

Ce sont en fait
plusieurs maires qui ont décidé de prendre les devants pour rendre obligatoire le port de masques de protection, sans attendre de directives nationales.
C’est le cas à Nice, notamment, où le maire Christian Estrosi (LR), lui-même guéri du coronavirus, a annoncé, lundi 6 avril, que la ville allait livrer des masques réutilisables aux habitants à partir du 20 avril, et qu'il prendrait, dans la foulée, un arrêté "pour imposer un masque à chaque sortie".

Les magistrats du Conseil d'Etat ont un rôle consultatif et n'émettent que des voeux.
Cette haute autorité administrative théoriquement indépendante est présidée par ... le président de la République. Son vice-président qui joue le rôle de président au quotidien est nommé par le président en Conseil des ministres: nommé le 16 mai 2018, Bruno Lasserre est un homme du président. Comme directeur général des postes et télécommunications, entre 1993 et 1997. Il est l'un des principaux architectes des réformes des années 1990 du secteur des télécommunications en France, qui se sont traduites par une libéralisation du secteur, l'instauration d'une autorité de régulation indépendante et la privatisation de l'opérateur historique France Télécom.

Le Conseil d'Etat n'a aucun pouvoir: les juges administratifs parisiens conseillent le président.
Comme premier fonctionnaire de l'Etat, le vice-président présente au président de la République les vœux de l'ensemble des corps constitués, parlant au nom des trois fonctions publiques (de l'Etat, ...territoriale et hospitalière), de la magistrature, des autres agents publics et des services publics.
Mais ces magistrats se comportent en matière réglementaire comme le "conseil scientifique" en matière médicale: dans l'urgence de l'épidémie mortelle du coronavirus tueur, l'un et l'autre entravent la mise en oeuvre d'initiatives responsables adaptées aux situations locales.

Seules exceptions à ce principe posées par le Conseil d’Etat "des raisons impérieuses liées à des circonstances locales"...
Mais encore est-ce, "en même temps", "à condition de ne pas compromettre la cohérence et l’efficacité [des mesures] prises par les autorités de l’Etat". Les tribunaux ont donc du virus sur la planche jusqu'à la fin de la pandémie, et au-delà !

Le juge des référés a donc confirmé l’annulation de l’arrêté du maire de Sceaux.
Ainsi un voeu du Conseil d'Etat prend-il force de loi, sans débat ni vote du Parlement., puisque ce juge affirme solitairement que les circonstances invoquées par l’élu "ne constituent pas des raisons impérieuses."
C'est ce juge administratif de l'urgence qui, bien que non élu, impose la volonté du pouvoir central à un élu du peuple. Et, en l'occurrence, il décide  - contre l'avis du maire, lequel n'e peut faire valoir ses motifs de sa décision initiale -  que rien ne justifie que soit imposé le port du masque dans l’espace public de la commune [de Sceaux], alors que les autorités de l’Etat n’ont pas prévu une telle mesure à l’échelle nationale".

Le Conseil d'Etat ne veut voit qu'une seule tête.
Cette juridiction napoléonienne - bras armé de l'Administration - va même au-delà d'une appréciation des faits, puisqu'il anticipe que l’arrêté du maire "risque de nuire à la cohérence [?] des mesures prises, dans l’intérêt de la santé publique, par les autorités sanitaires compétentes"
La cohérence est-elle démontrée? Et si elle l'est, qui sont ces magistrats qui peuvent affirmer que vérité en-deçà de Paris est une erreur au-delà, d'après la pensée de Pascal ?
Un avis en forme de condamnation
L’arrêté du maire de Sceaux est "de nature à introduire de la confusion dans les messages délivrés à la population par les autorités sanitaires", accuse le Conseil d’Etat.

"Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens"

La Ligue des droits de l’homme (LDH), qui avait saisi le tribunal contre l’arrêté, a, elle, salué cette décision de suspension de l'arrêté.
"La LDH constate avec satisfaction que le Conseil d’Etat consacre son interprétation de loi en limitant le pouvoir de police général des maires durant l’état d’urgence sanitaire", a réagi son avocat, Patrice Spinosi. "Cette décision fait jurisprudence et a vocation à être déclinée sur l’ensemble du territoire, a-t-il estimé. Elle condamne définitivement les multiples initiatives des maires pour aggraver les mesures prises par le gouvernement dans le cadre du confinement et du déconfinement."

"Le Conseil d’Etat éradique la capacité des maires à pouvoir protéger leur population mieux que ne le fait l’Etat en disant que l’Etat est seul juge de sa capacité à protéger les gens. C’est quand même assez grave", a réagi Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF). "Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens et le Conseil d’état ne reconnaît pas ça", a-t-il déclaré.

A la suite de Sceaux, d’autres villes avaient envisagé de prendre des arrêtés similaires. Début avril, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait fait part de son opposition à ce type de décision.

jeudi 9 avril 2020

Castaner s'en prend aux maires qui veulent rendre les masques obligatoires

Le ministre de l'Intérieur veut obliger les maires à retirer leurs arrêtés rendant le port du masque obligatoire

Castaner a demandé aux préfets impliqués "de faire retirer les arrêtés sur le port du masque obligatoire" contre le coronavirus

Sécurité: Christophe Castaner favorable à un «partenariat» avec le ...
Nunez et Castaner s'obstinent à rejeter le masque
A Sceaux (UDI) ou à Royan (LR), le port du masque est désormais obligatoire. 
Certains maires n'en pouvaient plus d'attendre des consignes nationales en la matière et ils ont mis à profit les revirements incessants de doctrine sanitaire pour rendre les protections du visage obligatoire, suivant ainsi plusieurs avis scientifiquesdont celui de l'Académie de médecine qui a conseillé vendredi qu'un masque "grand public" soit rendu obligatoire pour les sorties pendant et après le confinement.
Lundi, le maire de Sceaux (Hauts-de-Seine), Philippe Laurent, a été le premier à annoncer avoir pris un arrêté obligeant les habitants de plus de dix ans à se couvrir le nez et le visage avant de sortir. Plus précisément, la mairie oblige au port d'un masque artisanal, d'une écharpe ou d'un foulard, "à défaut d'un masque chirurgical ou d'un masque FFP2", toujours indisponibles à la majorité des Français.
“Nous avons considéré qu’il était temps d’obliger nos concitoyens à se protéger la bouche et le nez. S’ils ne le font pas pour eux, qu’ils le fassent pour les autres afin d’éviter le plus possible la projection des postillons des gens qu’ils sont amenés à croiser”, explique-t-il à BFMTV.
Les contrevenants recevront une amende de 38 euros en cas de non respect de l'arrêté municipal, loin des 135 euros assénés par le gouvernement. Le maire, également secrétaire général de l'Association des maires de France (AMF), espère ainsi que l’arrêté agisse comme une "incitation morale" auprès des autres maires de France. Le message semble avoir été entendu puisque d’autres élus locaux lui ont depuis emboîté le pas, comme à Paris, Cannes, Nice ou Bordeaux.

A Nice, le LR Christian Estrosi, qui a annoncé la distribution durant une dizaine de jours de masques à tous ses habitants, avant de rendre également le port obligatoire:
“Nous serons en mesure de donner à chaque Niçois un masque lavable et réutilisable pendant un mois. Dès lors, que je puisse prendre un arrêté qui impose que tous ceux à l’extérieur aient l’obligation de le porter”, nous indique-t-il.
Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes)
A une quarantaine de kilomètres, la ville de Mandelieu-la-Napoule a pris la même décision.
"J'ai demandé à disposer dans les plus brefs délais de réserves suffisantes pour être en mesure d'équiper en masques toute la population de notre ville. La distribution sera effectuée par nos services et gratuite pour les citoyens. Je prendrai ensuite un arrêté pour imposer le port du masque à tous les citoyens se trouvant sur la voie publique. Cette mesure durera le temps nécessaire à la sortie de cette crise", a affirmé sur Twitter lundi le maire LR Sébastien Leroy qui vient d'être ré-élu au premier tour avec 81,54% des voix.
Bordeaux (Gironde)
Le maire juppéiste s’apprête aussi à rendre obligatoire le port du masque dans toute la métropole. Après trois semaines de confinement, la ville et la métropole vont enfin commander les masques auprès d’une dizaine d’entreprises françaises et étrangèresL’obligation entrera en vigueur lorsque les masques auront été reçus et distribués auprès des 800.000 habitants.

Mais Christophe Castaner y voit une stigmatisation de sa mollesse.
Ailleurs dans le monde, plusieurs pays ont fait un choix semblable pour tout leur territoire national. 
C’est le cas du Maroc, où le port du masque est ainsi devenu obligatoire "à partir de mardi pour l'ensemble des personnes autorisées à se déplacer" pendant le confinement décrété par le royaume.
La Slovénie a également rendu obligatoire le port d'un masque de protection. Les Slovènes doivent désormais porter des gants et des masques de protection quand ils se rendent dans les magasins d'alimentation et autres espaces encore ouverts au public.
En Italie, la Lombardie, région a plus touchée par le coronavirus, le port du masque est désormais obligatoire.

Le ministre de l'Intérieur s'est fait menaçant envers les élus prenant de tels arrêtés
 
Auditionné ce jeudi matin par la mission d'information de l'Assemblée nationale consacrée à la réponse du gouvernement face à l'épidémie de Covid-19Christophe Castaner les a recadrés. "Sur les arrêtés de communes qui prévoient le port du masque obligatoire, (...) j'ai demandé aux préfets de prendre langue avec ces maires pour qu'ils retirent leurs arrêtés pendant toute la période du confinement," a déclaré le noctambule aux députés.

L'ancien socialiste s'est ensuite justifié. 
"C'est à la fois pas cohérent par rapport à l'exigence qu'implique le confinement parce que ça peut laisser penser qu'on peut sortir". Ce qui n'est pourtant pas faux, pour les achats de première nécessité...
"Et c'est aussi un sujet d'égalité territoriale parce que certaines communes peuvent avoir les moyens d'équiper l'ensemble de leur population en masque, quand d'autres ne l'auraient pas", a-t-il argué. Estimant au passage que "c'est un sujet qui n'est pas médicalement démontré".

"Ces arrêtés posent des principes pour le moins contestables", a-t-il conclu, rappelant que les gens sont autorisés à sortir de chez eux quand ils respectent l'une des dérogations édictées par le gouvernement. Par exemple à Sceaux, l'arrêté pris par le maire UDI Philippe Laurent "s'appuie sur deux articles du Code général des collectivités territoriales, ainsi que sur le décret du 23 mars 2020 lequel précise que, dans cet état d'urgence sanitaire, chacun doit pouvoir lutter contre la pandémie à son niveau."

Il a ensuite rappelé le rôle des élus locaux auxquels il les a invités à se cantonner : la nécessité de travailler en coordination avec le ministère quand il y avait constatation d'un "relâchement de la population" quant au confinement, pour durcir les règles.

Par ailleurs, le ministre a annoncé que 9,5 millions de contrôles et 568.000 verbalisations avaient été réalisés depuis le début du confinement. 
A chacun sa méthode, brutale ou bienveillante...

mardi 21 janvier 2020

Municipales à Paris et dans les capitales régionales: état des lieux

L'heure de rendre des comptes a sonné

Quels sont les candidats déclarés à Paris et dans les principales capitales régionalesà moins de deux mois du premier tour des élections municipales.
 

La campagne des élections municipales s'accélère à l'approche du premier tour, le 15 mars prochain.
  
A Toulouse, le maire LR sortant Jean-Luc Moudenc est candidat à sa succession. Le caméléon trouvera face à lui trois listes de gauche, deux listes de droite, une liste d'extrême-droite et des listes Lutte ouvrière, NPA et Parti animaliste. 
Qu'en est-il ailleurs en France ? Les grandes villes ont-elles autant de listes ? Tour de France des capitales régionales et de la campagne municipale de Paris avec les enjeux et les principaux candidats.
 
A Bordeaux, le maire qu'Alain Juppé s'est choisi pour successeur.
Nicolas Florian compte bien conserver son fauteuil, dans une ville où aucun second tour n'a jamais été nécessaire depuis 1947
Fauteuil que convoitent Thomas Cazenave, un haut fonctionnaire investi par LREM et le chef de file historique des écologistes bordelais Pierre Hurmic. Figure de la politique bordelaise, Pierre Hurmic vient de conclure un accord avec le PS, le PCF, le PRG, Génération.s, Nouvelle Donne et Place Publique. Toujours à gauche, Vincent Feltesse, ex-PS, ancien président de Bordeaux Métropole, a finalement jeté l'éponge et Mathieu Rouveyre, leader de l'opposition à la mairie, quitte la vie politique. Un sondage Ipsos/Sud-Ouest/TV7 en décembre donne 33 % à Nicolas Florian, 30 % à Pierre Hurmic et 16 % à Thomas Cazenave au premier tour. Trois autres listes ne dépassent les 10 %. 
 
A Dijon, l'ex-ministre du Travail de François Hollande, François Rebsamen est et veut rester maire de Dijon. 
Le socialiste (associé au PCF et au Modem) ne sera pas, cette fois, allié aux écologistes qui présentent leur propre candidate, actuelle adjointe au maire, Stéphanie Modde. Les Dijonais pourront aussi voter pour Sylvain Comparot (LREM, UDI), Emmanuel Bichot (Agir), FlorenceGauche/Arnaud Guvenatam (LFI), Damien Cantin (Rassemblement national) ou Bruno Louis (sans étiquette).

A Lille, la maire socialiste Martine Aubry est candidate à un quatrième mandat. 
Dans cette terre de gauche, quatre autres listes de gauche présenteront un candidat. : LREM qui a investi l'ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, Violette Spillebout, mais aussi Génération.s le parti de Benoît Hamon, Europe écologie les Verts et la France Insoumise. Dans la course au beffroi, il y aura aussi un candidat LR, le sénateur Marc-Philippe Daubresse, un candidat divers droite et un candidat Rassemblement National. Un sondage Ipsos en décembre 2019 donnait 30 % à Martine Aubry au premier tour, 18 % aux Verts et 15 % au parti d'Emmanuel Macron. 

A Lyon, il y aura deux élections en mars : pour la mairie et pour la Métropole.
 
Le maire sortant Gérard Collomb, revenu à la tête de la mairie après son départ du ministère de l'Intérieur en 2018, est le candidat de LREM pour la Métropole de Lyon. Or l'actuel président LREM de l'agglo David Kimelfeld compte bien conserver son fauteuil. 
Pour lui succéder à la mairie, Gérard Collomb compte sur l'ancien gymnaste Yann Cucherat. Les autres candidats à la mairie de Lyon sont : Etienne Blanc (Les Républicains), Grégory Doucet (EELV), Aline Guitard (PCF), Georges Képénékian (LREM dissident), Eric Laffont (100 % citoyens), Denis Broquilier (Les Centristes), Agnès Marion (Rassemblement national), Nathalie Perrin-Gilbert (Lyon en commun) et Sandrine Runel (PS). 
Un sondage OpinionWay de décembre a placé le candidat EELV à la mairie Grégory Doucet en tête des intentions de vote au premier tour avec 21 % des voix. Pour la Métropole, le sondage crédite Gérard Collomb de 27 % des voix et le Vert Bruno Bernard de 25 % d'intentions de vote au premier tour. LR présente le premier adjoint de Laurent Wauquiez à la région Etienne Blanc.  

Le charismatique maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ne se représente pas pour un cinquième mandat 

Une femme sera candidate des Républicains, à la succession de Jean-Claude Gaudin.  
Martine Vassal a fait ses preuves à la présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence. Un candidat LR dissident, le sénateur Bruno Gilles, joue toutefois les trouble-fêtes. 
LREM a investi Yvon Berland, ancien président de l'université d'Aix-Marseille.
Le PS, la France Insoumise et le PCF partent groupés derrière Michèle Rubirola. Le président de l'opposition au conseil municipal de Marseille Benoît Payan renonce finalement à sa candidature.
Il y a de multiples candidatures à gauche : un candidat EELV, un candidat de l'union des écologistes, la sénatrice PS Samia Ghali et une candidate divers gauche. Stéphane Ravier, le sénateur Rassemblement National, est candidat. 
Selon un sondage Ipsos France Bleu/la Provence, publié la semaine dernière, la LR Martine Vassal arrive en tête des intentions de vote du premier tour avec 23 %, talonnée par le Rassemblement National Stéphane Ravier avec 22 %, la liste d'union de Michèle Rubirola est à 16 %, les Verts à 14 %. Le candidat LR dissident est à 7 %. 

Elu en 2014, le maire divers-gauche de Montpellier Philippe Saurel compte bien conserver son fauteuil 

Même s'il ne s'est toujours pas officiellement déclaré candidat, il fait des envieux. Tout d'abord Mohed Altrad le président de la société du même nom - leader mondial des services industriels - et du MHR, le club de rugby de Montpellier. Il est candidat sans étiquette. Face à eux, ils trouveront aussi le député Patrick Vignal, investi la semaine dernière par LREM. Autres candidats : le PS Mickaël Delafosse, Clothilde Ollier qui avait gagné la primaire d'Europe écologie les Verts mais à qui EELV a retiré son soutien le week-end dernier, le vert Jean-Louis Roumegas, le LR Alex Larue et le Rassemblement national Olaf Rokvam. 
Un sondage Harris Interactive/Europe écologie les Verts, publié la semaine dernière avant le coup de théâtre chez les Verts, place Clothilde Ollier en tête avec 19 % d'intentions de vote, 18 % au maire sortant divers gauche Philippe Saurel et 10 % aux candidats Mohed Altrad, Alenka Doulain (LFI), Mickaël Delafosse (PS) et Olaf Rokvam (RN). 
 
La maire sortante de Nantes, la socialiste Johanna Rolland, se représente
 
Elle trouve face à elle de nombreuses femmes prêtes à ravir le fauteuil de maire : une candidate LREM Valérie Oppelt, une candidate Verte Julia Laernos (actuellement vice-présidente de la Métropole), une candidate LR Laurence Garnier, une candidate du jeune mouvement "Nantes en commun" Margot Medkour et une candidate Rassemblement national Eléonore Revel. Le NPA, Lutte ouvrière et l'UPR veulent aussi monter des listes. 
Un sondage Ifop commandé en juin dernier par le PS indique que Johanna Rolland serait réélue. Elle obtiendrait 33 % des voix au premier tour contre 23 % à Europe Ecologie les Verts, 15 % à la liste Les Républicains, 14 % à LREM et 8 % au Rassemblement national. Lors d'un débat organisé entre les quatre principales candidates le 14 janvier, le thème de la sécurité est apparu comme central. 

Christian Estrosi veut conserver son fauteuil de maire de Nice pour un troisième mandat

L'élu les Républicains trouvera néanmoins sur sa route de nombreux candidats prêts à séduire les Niçois : Cédric Roussel (LREM), Patrick Allemand (PS), Mireille Damiano (Union de la gauche), l'ex-premier adjoint de Chritian Estrosi à la mairie Benoît Kandel (candidat de la droite et des indépendants), Jean-Marc Governatori (écologistes), Jean-Marc Chipot (Debout la France) et Philippe Vardon (Rassemblement national).
 
Un sondage Ifop CNews paru en décembre donne un net avantage à Christian Estrosi avec 49 % des voix, suivi par Philippe Vardon (RN) à 19 %, Jean-Marc Governatori (écologistes) à 13 % et Patrick Lallemand (PS) à 7 %. 


Le maire sortant d'Orléans, Olivier Carré, est candidat à sa succession

LREM lui a apporté son soutien. Il trouve sur sa route l'homme à qui il avait ravi le fauteuil de maire en 2014, le candidat les Républicains Serge Grouard ; Nathalie Kerrien, candidate de centre-gauche (ex-adjointe à la Culture du maire sortant) ; le Vert Jean-Philippe Grand ; le PS Baptiste Chapuis ; le PCF Dominique Tripet. Le Rassemblement national pourrait aussi présenter un candidat. 

 
A Paris, la maire PS Anne Hidalgo brigue un second mandat dans la capitale
 
Venue du 15e, elle se présentera cette fois dans le 11e arrondissement avec le soutien de Génération.s, le parti de Benoît Hamon et de la plateforme "Paris en commun". 
Les principaux autres candidats sont en campagne depuis plusieurs mois : l'exporte parole du gouvernement Benjamin Griveaux pour LREM, Cédric Vilani (LREM dissident + PRG le Centre gauche), Rachida Dati pour les Républicains et le Vert David Belliard. Le candidat dissident LR Pierre-Yves Bournazel a rejoint Benjamin Griveaux il y a quelques jours. L'ex-conseiller communication de François Hollande à l'Elysée Gaspard Gantzer maintient sa candidature. 
Selon un sondage Ifop/JDD publié ce dimanche, Anne Hidalgo, la maire sortante, arriverait en tête du premier tour avec 25 % des voix. Elle devancerait la LR Rachida Dati à 19 %, le candidat LREM Benjamin Griveaux à 15 %, l'écologiste David Belliard à 14 % et le dissident LREM Cédric Villani à 13 %. 

 A Rennes, la maire Nathalie Appéré brigue un second mandat


Elle est soutenue par le PS, le PC, Génération.s, le PRG et Place publique. Europe écologie les Verts fait bande à part avec la candidature de Mathieu Theurier. Les autres candidats : Carole Gandon (LREM), Charles Compagnon (droite et centre-droit), Enora Lepape (LFI), Emeric Salmon (Rassemblement national) et le candidat régionaliste Franck Darcel (Rennes Bretagne Europe). 

Qui succédera à Yvon Robert à la mairie de Rouen ? 

Une seule femme est candidate, Marine Caron (UDI), déjà vice-présidente du département. Le maire sortant soutient Nicolas Mayer-Rossignol, ex-président de la région Haute-Normandie. Les Normands auront le choix entre les candidatures de Jean-Louis Louvel (LREM, Modem, Agir), Jean-François Bures (Les Républicains, battu de 1600 voix en 2014), Jean-Michel Bérégovoy (Europe écologie les Verts), Lionel Descamps/Farida Madjoub ("Rouen notre commune") et Guillaume Pennelle (Rassemblement national). 

A Strasbourg, Roland Ries, maire PS depuis 2008, laisse son fauteuil

Son premier adjoint actuel Alain Fontanel (déserteur du PS au profit de  LREM, Modem) est candidat. Un second adjoint actuel, chargé de l'Animation, Mathieu Cahn, a été investi par le PS. Une 3e adjointe, Chantal Cutajar, mènera la liste "Citoyens engagés". 
Les Strasbourgeois auront le choix avec les candidatures de Jeanne Barseghian (les Verts), Jean-Philippe Vetter (Les Républicains), Hombeline du Parc (Rassemblement national) ou Kevin Loquais (LFI, Génération.s). 

Et Le Havre ?
Mairie réservée à Edouard Philippe ? 
A suivre...
 

vendredi 23 août 2019

Santé : avec les migrants, l'hôpital de Nice redécouvre le scorbut

Le berger altermondialiste de la vallée de la Roya compte-t-il régler la facture à la Sécu ? 

Quatre cas de scorbut ont été décelés dans la vallée de la désobéissance

Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le "berger" activiste Cédric Herrou y accueille des migrants passés clandestinement par l'Italie et la maire de Breil (une employée de 51 ans, 270 habitants en 2014) veut payer des billets de trains aux illégaux (photo ci-dessous)

Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le scorbut est une maladie provoquée par une carence en vitamine C. 
La maladie, disparue il y a deux siècles, est de nouveau signalée dans des pays développés comme la France, les Etats-Unis, pays d'immigration. Dans le passé, elle ne frappait guère que les marins au cours d'une longue campagne en mer, si bien qu'on l'appelait "peste des mers", sans rapport avec la "peste brune" évoquée en novembre dernier par Gérald Darmanin, ministre de Macron. 
Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Aujourd'hui, elle ne touche plus que les personnes fragiles. Elle s'ajoute aux maladies jusqu'à ces dernières années oubliées en Europe, telles  la gale, la rougeole ou la tuberculose, les trois étant contagieuses. Le vaccin BCG contre la tuberculose n'est même plus obligatoire depuis 2006.

Quant à la gale, une maladie contagieuse sans réelle gravité qu'on a crue éradiquée, elle est causée par un parasite qui se développe en milieu malpropre. Cette maladie de la peau souffre donc d'une mauvaise image. Maladie stigmatisante depuis toujours, elle est spécifique à l’homme. La femelle de ce parasite microscopique creuse des galeries dans l’épiderme où elle dépose ses œufs. La gale provoque des démangeaisons constantes, causées par la réaction allergique de l’organisme aux excréments des acariens. C’est le soir au coucher, ou après un bain chaud, qu’elles sont les plus fortes. L’étape suivante de la maladie est l’apparition d’éruptions qui prédominent entre les doigts et sur les poignets. "Chez les enfants, la gale est plus atypique; elle peut ressembler à de l’eczéma et être présente sur le visage", souligne le Dr Arezki Izri, parasitologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). 
La gale nécessite cependant des contacts très rapprochés, intimes, de peau à peau. Elle fait d’ailleurs partie des maladies sexuellement transmissibles. "C’est pourquoi la contamination est principalement intra-familiale. Les épidémies dans les écoles sont plus rares", rassure le Pr Olivier Chosidow, dermatologue à l’hôpital Henri Mondor, à Créteil (Val-de-Marne ).

La rougeole n’appartient plus non plus au passé. 
Au contraire. Plusieurs foyers épidémiques sont régulièrement signalés en France, et des décès sont à déplorer. La vaccination, devenue obligatoire pour les nouveau-nés, reste le seul moyen de se prémunir contre cette maladie virale très contagieuse, potentiellement grave.
Or, la rougeole est bien en recrudescence en France. Plusieurs flambées épidémique touchent régulièrement l'Hexagone depuis plusieurs années (852 cas de rougeole déjà déclarés entre le 1er janvier 2019 et le 2 mai 2019, selon Santé Publique France). Une hospitalisation peut être nécessaire (31% des cas en 2019), et des décès sont à déplorer.
La France partage le triste privilège du retour de la rougeole avec plusieurs pays européens : l'Autriche, l'Italie ou le Royaume-Uni, qui accueillent ou ont vu transiter des flux importants de clandestins), sont traversés de poussées épidémiques régulières depuis 2016.
Or, la rougeole est une maladie infectieuse très contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement curatif spécifique. Elle se transmet facilement, quelles que soient les mesures d’hygiène mises en place a posteriori. Quasiment quiconque est exposé se retrouve affecté : un malade peut ainsi contaminer de quinze à vingt personnes non vaccinées.


Résultat de recherche d'images pour "DEFENSE DE CRACHER"
Maladie infectieuse causée par un bacille et contagieuse, la tuberculose arrive en tête, devant le sida, des causes de mortalité d'origine infectieuse à l'échelle mondiale. Elle s'attaque habituellement aux poumons, mais parfois aussi à d'autres parties du corps, comme les reins. Elle se propage lorsque les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, projetant les germes de la tuberculose dans l'air. Et nous avons tous pu observer des populations venues d'ailleurs cracher au sol.

Or, en six mois à peine, trois patients se sont présentés au CHU de Nice (Alpes-Maritimes) avec une grave carence en vitamine C. 
Cette substance organique est indispensable à la vie, mais le corps humain ne la fabrique pas et ne la stocke pas, ce qui peut provoquer l'apparition du scorbut.

Le scorbut touche les personnes en grande précarité
Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le scorbut survient en cas de graves carences en vitamine C, lorsque l'on en consomme moins de 10 mg par jour, alors qu'il en faut dix fois plus. Cette maladie se manifeste par des saignements sous la peau, sous la membrane qui recouvre l'os, et provoque donc des douleurs.

"Les gens peuvent se présenter avec des douleurs musculaires diffuses, une asthénie, une fatigabilité des troubles du sommeil, des saignements de nez... Plein de petites manifestations qui peuvent être négligées par les patients. Quand elles sont toutes présentes ensemble, cela doit faire penser à des carences en vitamine C", explique Nathalie Tieulié, médecin interne au service rhumatologie du CHU de Nice. 
Il suffit de trois mois sans vitamine C pour être carencé et en danger. Faute de soins, le scorbut peut être mortel, comme jadis. Aujourd'hui, le scorbut apparaît chez des personnes en grande précarité.

lundi 5 août 2019

Election à la présidence de LR: Christian Jacob, déterminé à refuser des alliances avec LREM aux municipales

Le candidat à la présidence du principal parti de droite affiche sa fermeté

Le chef de file des députés LR  prévient qu’il n’est "pas question de nouer des accords avec LREM" pour les municipales de mars 2020

Christian Jacob, à gauche, et Eric Ciotti, à droite, ci-dessus
"Les choses sont très claires : nous serons candidats partout sous nos couleurs ", prévient le favori pour l’élection à la présidence du parti en octobre, dans un entretien au Journal du dimanche.

"La composition des listes municipales aura un impact direct sur les sénatoriales. Il n’est donc pas question de laisser se nouer des accords cachés avec LREM qui contribueraient à faire battre nos candidats aux sénatoriales", insiste le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. 
"En revanche, nous avons une tradition d’accords avec les partis de centre droit. Il n’y a pas de raison qu’elle ne perdure pas", réaffirme Christian Jacob, élu de Seine-et-Marne.

Le cas de Marseille ne se pose plus, mais Nice reste une épine

Ces dernières semaines, des acteurs locaux LR, tel le maire sortant de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ont, un temps, plaidé pour une alliance avec le parti présidentiel au premier tour des municipales, mais c'était toutefois quand le populiste Mélenchon (LFI) pouvait encore espérer mettre la main sur la capitale régionale.

Interrogé sur le cas de Nice, où les LR, le juppéiste Macron-compatible Christian Estrosi, et l'orthodoxe Eric Ciotti, sont en compétition interne, Christian Jacob explique que "ce sujet sera posé dans le cadre de la Commission nationale d’investiture". "Il existe à Nice une tension locale que je n’ignore pas. Si Jean Leonetti n’est pas parvenu à une solution d’ici là et si je suis élu, je prendrai mes responsabilités dans les jours qui suivront mon élection", promet-il.