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samedi 18 avril 2020

Le Conseil d’Etat réduit les pouvoirs des maires dans leur lutte contre le coronavirus

Les juges administratifs renforcent le pouvoir central contre la décentralisation

Les maires "ne peuvent, de leur propre initiative, prendre d’autres mesures destinées à lutter contre la catastrophe sanitaire" que celles décidées par l’Etat
Vendredi 17 avril, le Conseil d’Etat a ainsi limité le pouvoir des maires dans la lutte contre le coronavirus, dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire... La plus haute juridiction administrative se prononçait en référé sur un arrêté municipal imposant le port du masque dans la commune de Sceaux (Hauts-de-Seine).De nombreux élus attendaient cette décision, espérant que les communes ne seraient pas pénalisées plus longtemps par l'absence de prises de décisions au sommet de l'Etat, mettant des vies en danger, du fait des lourdeurs administratives et au nom du respect de protocoles anciens, devenus inappropriés.

Ce sont en fait
plusieurs maires qui ont décidé de prendre les devants pour rendre obligatoire le port de masques de protection, sans attendre de directives nationales.
C’est le cas à Nice, notamment, où le maire Christian Estrosi (LR), lui-même guéri du coronavirus, a annoncé, lundi 6 avril, que la ville allait livrer des masques réutilisables aux habitants à partir du 20 avril, et qu'il prendrait, dans la foulée, un arrêté "pour imposer un masque à chaque sortie".

Les magistrats du Conseil d'Etat ont un rôle consultatif et n'émettent que des voeux.
Cette haute autorité administrative théoriquement indépendante est présidée par ... le président de la République. Son vice-président qui joue le rôle de président au quotidien est nommé par le président en Conseil des ministres: nommé le 16 mai 2018, Bruno Lasserre est un homme du président. Comme directeur général des postes et télécommunications, entre 1993 et 1997. Il est l'un des principaux architectes des réformes des années 1990 du secteur des télécommunications en France, qui se sont traduites par une libéralisation du secteur, l'instauration d'une autorité de régulation indépendante et la privatisation de l'opérateur historique France Télécom.

Le Conseil d'Etat n'a aucun pouvoir: les juges administratifs parisiens conseillent le président.
Comme premier fonctionnaire de l'Etat, le vice-président présente au président de la République les vœux de l'ensemble des corps constitués, parlant au nom des trois fonctions publiques (de l'Etat, ...territoriale et hospitalière), de la magistrature, des autres agents publics et des services publics.
Mais ces magistrats se comportent en matière réglementaire comme le "conseil scientifique" en matière médicale: dans l'urgence de l'épidémie mortelle du coronavirus tueur, l'un et l'autre entravent la mise en oeuvre d'initiatives responsables adaptées aux situations locales.

Seules exceptions à ce principe posées par le Conseil d’Etat "des raisons impérieuses liées à des circonstances locales"...
Mais encore est-ce, "en même temps", "à condition de ne pas compromettre la cohérence et l’efficacité [des mesures] prises par les autorités de l’Etat". Les tribunaux ont donc du virus sur la planche jusqu'à la fin de la pandémie, et au-delà !

Le juge des référés a donc confirmé l’annulation de l’arrêté du maire de Sceaux.
Ainsi un voeu du Conseil d'Etat prend-il force de loi, sans débat ni vote du Parlement., puisque ce juge affirme solitairement que les circonstances invoquées par l’élu "ne constituent pas des raisons impérieuses."
C'est ce juge administratif de l'urgence qui, bien que non élu, impose la volonté du pouvoir central à un élu du peuple. Et, en l'occurrence, il décide  - contre l'avis du maire, lequel n'e peut faire valoir ses motifs de sa décision initiale -  que rien ne justifie que soit imposé le port du masque dans l’espace public de la commune [de Sceaux], alors que les autorités de l’Etat n’ont pas prévu une telle mesure à l’échelle nationale".

Le Conseil d'Etat ne veut voit qu'une seule tête.
Cette juridiction napoléonienne - bras armé de l'Administration - va même au-delà d'une appréciation des faits, puisqu'il anticipe que l’arrêté du maire "risque de nuire à la cohérence [?] des mesures prises, dans l’intérêt de la santé publique, par les autorités sanitaires compétentes"
La cohérence est-elle démontrée? Et si elle l'est, qui sont ces magistrats qui peuvent affirmer que vérité en-deçà de Paris est une erreur au-delà, d'après la pensée de Pascal ?
Un avis en forme de condamnation
L’arrêté du maire de Sceaux est "de nature à introduire de la confusion dans les messages délivrés à la population par les autorités sanitaires", accuse le Conseil d’Etat.

"Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens"

La Ligue des droits de l’homme (LDH), qui avait saisi le tribunal contre l’arrêté, a, elle, salué cette décision de suspension de l'arrêté.
"La LDH constate avec satisfaction que le Conseil d’Etat consacre son interprétation de loi en limitant le pouvoir de police général des maires durant l’état d’urgence sanitaire", a réagi son avocat, Patrice Spinosi. "Cette décision fait jurisprudence et a vocation à être déclinée sur l’ensemble du territoire, a-t-il estimé. Elle condamne définitivement les multiples initiatives des maires pour aggraver les mesures prises par le gouvernement dans le cadre du confinement et du déconfinement."

"Le Conseil d’Etat éradique la capacité des maires à pouvoir protéger leur population mieux que ne le fait l’Etat en disant que l’Etat est seul juge de sa capacité à protéger les gens. C’est quand même assez grave", a réagi Philippe Laurent, maire UDI de Sceaux et secrétaire général de l’Association des maires de France (AMF). "Il y a une raison impérieuse qui est de sauver des gens et le Conseil d’état ne reconnaît pas ça", a-t-il déclaré.

A la suite de Sceaux, d’autres villes avaient envisagé de prendre des arrêtés similaires. Début avril, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait fait part de son opposition à ce type de décision.

mercredi 19 février 2020

Accusé de clientélisme, l'UDI Jean-Christophe Lagarde tente de se défendre

L'accusé s'en prend à l'hebdomadaire qui publie les bonnes feuilles du livre "Le Maire et les Barbares" de Seine-Saint-Denis.

Au moment de l'annonce de l'ouverture des hostilités contre le "séparatisme islamiste" à un mois des municipales, comme par hasard... 

Le patron de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, a exprimé sa colère contre l’hebdomadaire Le Point, magazine de la famille Pinault, ce jeudi 13 février, à la suite de la Une sur laquelle l’élu apparaît sous le titre "Ces élus qui ont vendu leur âme". Son dernier numéro ouvre ses colonnes à Eve Szeftel, journaliste à l’AFP et auteure du livre 'Le Maire et les Barbares' (ci-contre), ouvrage dans lequel elle affirme que Jean-Christophe Lagarde a instauré un clientélisme auprès de criminels et d’islamistes pour bouter les communistes hors de la ville de Bobigny et se constituer une base électorale solide dans le 93. "Je n’ai jamais rien cédé aux intégrismes religieux," assure le maire sortant et candidat à sa propre succession.“Après un an d’enquête, je montre que, dans notre République, un pouvoir peut s’installer en pactisant avec la voyoucratie et le communautarisme”, accuse l'auteure.

Le député UDI a versé "pas loin de 400.000 euros de sa réserve parlementaire" à des associations locales "dont certaines sont des coquilles vides"

Savoir, donc, où sont allées ces sommes ?
Le magazine l'accuse en fait d'avoir ainsi pactisé avec des réseaux islamistes, les séparatistes dénonccés par Macron.

L'hebdomadaire publie en outre les bonnes feuilles de ce livre établissant un lien entre Jean-Christophe Lagarde et le "gang des barbares" qui désigne le commando crapuleux qui avait assassiné Ilan Halimi sur fond d’antisémitisme en janvier 2006.




De son côté, l’intéressé clame haut et fort son indignation et dément les intentions qui lui sont prêtées. “Je ne peux trouver les mots pour dire ma colère contre la Une aussi calomnieuse que grotesque du Point, en contradiction avec le combat de toute ma vie politique et personnelle”, se défend le patron de l’UDI, annonçant des poursuites judiciaires contre les journalistes.

"Tout montre que je n’ai jamais rien cédé aux intégrismes religieux. D’ailleurs, il faudrait être cohérent: comment pourrais-je être l’ami (pour ne pas dire vendu) aux salafistes alors que je subis la haine de ces derniers pour ma collaboration avec l’imam de Drancy, M. Chalgoumi, qu’ils appellent ‘l’imam des Juifs’ parce qu’il accepte le dialogue avec les autres religions?”, s’indigne-t-il.

Avant de conclure: “l’absence de cohérence échappe à des gens qui font honte au métier de journaliste”. Et de citer Goebbels, pour qui "plus le mensonge est gros, mieux il passe".


Je ne peux trouver les mots pour dire ma colère contre la Une aussi calomnieuse que grotesque du Point, en contradiction avec le combat de toute ma vie politique et personnelle.

J'ai chargé mon avocat d’engager des poursuites judiciaires pour rétablir mon honneur et la vérité.

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mercredi 2 octobre 2019

Fréjus: vers un mariage de la carpe et du lapin aux municipales ?

Un "front républicain" uni peut-il abattre un bon maire ?

Fréjus est la plus grande ville dirigée par le Rassemblement national et tous veulent donc la peau de son maire sortant, dès le premier tour
La prise de Fréjus, symbole RN, serait un coup de maître. 
Candidat à sa propre succession, l'ex-sénateur David Rachline, 31 ans, pourrait avoir à faire face à un front républicain. LREM, le MoDem, LR, EELV et le PS cherchent à conclure une alliance contre nature dès le premier tour. "Si on est divisés, ce sera impossible de le sortir. Tous ensemble, on a une chance", lance le député MoDem Philippe Michel-Kleisbauer, un bien violente exhortation, de la part d'un centriste! D'autant que le va-t-en-guerre est un collègue du macronien Bayrou, démissionnaire du gouvernement, suite à l'affaire des emplois fictifs de son parti satellite de LREM, est un ancien assistant parlementaire de François Léotard, que la Cour de justice de la République a mis en examen en juillet 2017 pour complicité d'abus de biens sociaux dans l'affaire Karachi... Le MoDem qui hurle au loup serait bien avisé de ronronner dans la garrigue macronienne.

Ce front uni a-t-il d'ailleurs la moindre chance de ravir la mairie à ce proche de la présidente du Rassemblement national ? 
Effacer une des plus belles victoires du Rassemblement national​ aux municipales 2014, ce serait casser la "vitrine" du fonds politique de Marine Le Pen, du travail de 'Black bloc'. 
La mairie FN et son maire, David Rachline, n'envisagent pas de renoncer à un second mandat sous la menace. 
Un front "républicain" se constitue pourtant à Fréjus et, sur Facebook, des militants s’exaltent : "Ensemble, nous allons sauver Fréjus comme Saint François de Paule l’a sauvé de la peste il y a 2000 ans." Les habitants de Fréjus ont-ils envie d'être sauvés? 

Philippe Michel-Kleisbauer rêve de revanche.
Mais, seul, il part de loin : aux élections municipales de Fréjus de 2014, avec seulement 7,65 % des voix au premier touril n'est pas allé au second. Depuis quelques mois, il négocie donc avec les autres partis. "Les négociations avancent très bien, assure le député du Var. Je profite de la période de l’examen budgétaire pour laisser chacun consulter ses bases – ou ses hiérarchies – et à partir de novembre, je remettrai tout le monde autour de la table."

Sa liste a eu cinq ans pour élaborer une base de programme (commun) : valoriser le patrimoine de la ville antique et le patrimoine naturel (forêts, étangs et littoral) de Fréjus. Elle n’a en revanche pas encore de leader pour l’incarner...

"Le choix de la tête de liste, c’est toujours le problème, souffle Françoise Cauwel, sénateur-maire de Fréjus, conseillère municipale et patronne de l’opposition à Fréjus, une ex-LR passée à LREM, une personne aux convictions solidement chevillées au corps, donc. "On ne pourra battre le FN si personne n’est capable de mettre son ego dans ses baskets !" clame-t-elle. "Tout le monde veut faire un front républicain, mais tout le monde veut en prendre la tête," bougonne cet ancien membre (adjointe à la culture) de l'équipe Elie Brun, maire-sortant à qui l'UMP avait refusé l'investiture : le 30 janvier 2014, il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Draguignan à cinq ans d'interdiction des droits civiques et à 20.000 euros d'amende pour prise illégale d'intérêts dans une affaire de concession de plage privée. F. Cauwel se pose pourtant en promotrice locale de "l’éthique en politique"...

Le MoDem Philippe Michel-Kleisbauer se voit bien en tête de liste, par exemple : "J’y réfléchis beaucoup, mais oui, c’est l’hypothèse qui émerge. Il faut suffisamment de notoriété pour battre Rachline, il faut être connu et reconnu, et c’est mon cas. Avec ma notoriété et avec une union, je serai le favori !"
  
"Dans un duel, Rachline peut être battu"

A Fréjus, une association, le Forum Républicain, mène la vie dure à la mairie FN depuis 2014. Ses dirigeants ont organisé de nombreuses rencontres entre les personnalités politiques locales et se convainquent de voir cette union émerger, tout en ayant conscience qu’il y aura plus de deux listes candidates au premier tour. En juin dernier, entre Julien Poussin (LFI) et les leaders du groupe local d'EELV, Jacky Giral et Pierre Barbe, le dialogue était rompu, mais Julien Poussin continue de répéter qu'une "liste de rassemblement de gauche et écologiste" est possible.
Quant au centriste Emmanuel Bonnemain, un avocat au barreau de Draguignan, qui a officialisé sa candidature UDI devant l'association Fréjus 2020, il veut croire en une liste sans étiquette fourre-tout. Il dit tenter lui-même de constituer un front républicain derrière lui. 
Julien Poussin, LFI, quant à lui, qualifie de "fourre-tout contre-nature" un éventuel front républicain.

Ces candidats pourraient détenir la clé du scrutin puisqueselon la présidente du 'Forum républicain', Marie-José de Acevedo, "dans un duel au deuxième tour, Rachline peut être battu. Il est sûr de gagner dans une triangulaire, c’est ce que notre étude électorale nous a permis de conclure ! "
URGENT. Le FN David Rachline remporte la mairie de avec 45% des voix, en triangulaire, selon les premiers résultats
C’est dans cette configuration qu’il avait été élu en 2014… Et c’est ce que ses opposants veulent à tout prix éviter, car ils ont conscience de l’importance du vote FN dans leur commune : 39,18 % des voix aux européennes cette année, 33,5 % au premier tour de la présidentielle en 2017. "Le premier levier pour les battre, c’est de faire une union très large, insiste Marie-José de Acevedo. Le deuxième, c’est la participation : le RN a un plafond qui se situe à 10.000 voix environ…"

Les chiens aboient, la caravane passe

Malgré tous les voyants au vert, Acevedo assure  que "Monsieur Rachline est très inquiet", ce qu’il n'infirme, ni ne confirme. Dans l’entourage du maire, on souligne que le 'front républicain' n’a pas encore été officialisé : "On ne va pas réagir à quelque chose qui n’existe pas !" Et ce n’est de toute façon "pas le moment" de débuter la campagne : "Nous avons été élus pour six ans, pas cinq !"

Si le projet de front "républicain" se concrétise, la défense du maire RN est toute trouvée : c’est le fameux "tous pourris." "Une liste d’union de la gauche à la droite serait du pain béni pour Rachline et son discours sur l’ancien UMPS ou les "ripoublicains", assure Jean-François Minardi, ancien secrétaire de la section PS, qui a disparu. Mais je n’ai pas l’impression qu’ils feront cette erreur !"


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Malgré la présence - il est vrai incertaine -  d’écologistes sur la liste, le patron des Républicains locaux, Jérémy Campofranco, assure que "ce sera moins un front républicain qu’un rassemblement de la droite et du centre, puisqu’il n’y a plus de PS et pas vraiment de gauche à Fréjus." Conseiller National Les Républicains et délégué LR de Fréjus, il se voit bien lui aussi dans le fauteuil du maire, comme d’ailleurs Laurence Fradj, elle aussi LR. A Fréjus, le front républicain serait tricéphale.

Mais
les municipales risquent de ne plus être l'élection territoriale d'une personnalité de proximité, mais un scrutin de politique nationale.