Le virus va-t-il infecter les résultats du scrutin ?
Effet viral de l'allocution de Macron
| "Geste barrière" de Macron ? Est-il porteur du Covid-19 ? |
Elabe et l'AFP clament : "près de six Français sur dix (59%) font confiance à Emmanuel Macron et au gouvernement pour lutter efficacement contre l'épidémie de coronavirus." "En même temps," les manipulateurs de l'opinion mettent toutefois un bémol à cet enthousiasme suspect de veille des élections municipales: "l'inquiétude monte dans le pays, " admet Elabe.
Elabe - relayé par l'AFP - assure que Macron a tout bon !
Il est critiqué pour sa politique molle de "freinage" de la propagation du virus et pour son attitude de retrait derrière les numéros 1 et 2 du ministère de la Santé, ainsi que pour son silence énigmatique de Sphinx craintif entouré de précautions sanitaires, mais l'enquête servile d'Elabe ne pose pas les questions qui dérangent le maître.
Une même proportion (58%) penserait que le locataire confiné de l'Elysée aurait eu raison de maintenir les élections municipales des 15 et 22 mars, contre 42% d'un avis contraire.
Le taux d'abstention au 1er tour déterminera les niveaux réels d'inquiétude et de rejet des listes LREM
L'abstention pourrait atteindre 42% au premier tour:
un pourcentage fixé à un niveau élevé laissant toute latitude pour vanter - si possible - la force de persuasion de Macron.
un pourcentage fixé à un niveau élevé laissant toute latitude pour vanter - si possible - la force de persuasion de Macron.
C'est dans un contexte inédit d'épidémie mondiale et d'intox nationale que les Français se rendront ou non aux urnes dimanche pour le premier tour des élections municipales, un scrutin qu'ils jugent important. En 2014, les abstentionnistes étaient pourtant 37,8 %: Elabe a prévu une marge comfortable pour l'émerveillement... Mais ce scrutin fut une défaite pour la gauche, qui perdit 121 villes de plus de 15.000 habitants, tandis que l'extrême droite gagnait 14 villes, un niveau jamais atteint sous la Ve République.
Le retard tactique de Macron à l'allumage face au Covid-19 fait que la crise sanitaire écrase un peu davantage un scrutin aux enjeux pourtant multiples, d'heure en heure. Après une mise en scène malsaine d'une possible annulation sur fond de contamination, Macron s'est retranché derrière la science et les scientifiques pour déclarer le scrutin sanitairement sécure et le maintenir in extremis, malgré l'inquiétude croissante savamment entretenue de la population et le risque d'une abstention massive (mais une excuse, en cas de gamelle de LREM), au bout d'une campagne qui s'est confinée.
Partie prenante, Macron en a profité pour limiter les rassemblements à 100 participants, une pénalité pour les grands partis avec un fonds copieux de militants, ce dont le parti présidentiel ne peut se targuer. Tout juste peut-il se dissimuler dans des listes à la ramasse...
A l'approche du vote, le premier ministre Edouard Philippe a martelé sa "conviction" sur la bonne tenue des élections, y compris du second tour, le 22 mars, lorsque l'épidémie, qui a fait environ 90 morts morts en France, aura encore progressé dans le pays. Au Havre, l'Edouard ne peut d'ailleurs espérer passer au premier, comme en 2014, quand la liste juppéiste qu'il menait fut élue dès le premier tour, avec 52,04 % des suffrages exprimés. Il a expliqué que, du fait de ses fonctions ministérielles, il ne souhaite pas pour autant devenir maire, sans exclure cette possibilité pour la suite: de nouvelles ambiguïtés qui n'arrangent pas son cas de représentant de Macron au Havre...
Le sondage Elabe diffusé vendredi, à deux jours du premier tour, 58% des Français estiment que Macron a eu raison de maintenir les élections...
La décision de Macron avait-elle besoin de la validation d'un sondage? C'est encore Elabe qui se prête à cette mascarade... Posture malaisée, puisqu'ils sont désormais aussi 61% à se dire "inquiets" de la propagation du virus, soit 13 points de plus que lors d'une précédente enquête réalisée les 10 et 11 mars.
Dans les bureaux de vote, on se prépare à entourer les électeurs des meilleures mesures possibles de protection: poignées de porte, tables, isoloirs... tout doit être nettoyé avant le vote et des mesures sont prises pour éviter les files d'attente et faire respecter les distances de sécurité.
Cela suffira-t-il à convaincre les électeurs de se mettre en danger - près de 47,7 millions d'électeurs, dont 330.000 ressortissants d'autres pays de l'UE sont appelés aux urnes - à se déplacer ? Notamment les plus âgés que le chef de l'Etat a justement encouragés jeudi à rester chez eux ?
- Record d'abstention ?
L'urgence sanitaire laisse présager un nouveau record d'abstention, alors que le taux de participation aux municipales - 63,55% au premier tour en 2014 - diminue déjà depuis 30 ans.
Pour les spécialistes des mobilisations électorales, une nouvelle baisse toucherait en particulier un électorat âgé et pénaliserait plutôt la droite.
Le coronavirus a relégué les enjeux politiques du vote, avec des candidats macronens masqués derrière des logos opaques ou au sein de listes paravents et l'occasion pour les partis traditionnels de gauche et de droite de redresser la tête, après trois années de faux-semblants et d'oppression par une macronie arrogante et peu respectueuse des personnes et des institutions.
A Paris, l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn (LREM) recueille moins de 20% d'intentions de vote, loin derrière la sortante Anne Hidalgo (PS) et sa rivale LR Rachida Dati, virant alternativement en tête avec plus ou moins 25%.
La tête de liste du parti du président est un substitut de Benjamin Griveaux, un rigolo qui envoie des textos pornos de son sexe en action, et une ancienne ministre de la Santé qui a sous-estimé la virulence du Covid-19 et conduit à l'impréparation du pays face à l'épidémie... Buzyn a la responsabilité de l'envoi en Chine du stock stratégique de masques FFP2 français, 17 tonnes qui font cruellement défaut aujourd'hui. Ce qui pourrait devenir une affaire d’Etat. SOS Médecins, plusieurs médecins dans des hôpitaux publics et des médecins généralistes ont fait savoir qu’ils n’avaient pas reçu le matériel nécessaire pour se protéger de l’épidémie de coronavirus dans l’exercice de leurs fonctions.
A Marseille, le macronien Yvon Berland stagne à moins de 10%.
Résultat très incertain au Havre, où le premier ministre de Macron a dû annuler son dernier meeting pour cause de crise sanitaire et joue son avenir à Matignon.
La droite a au contraire les cartes en mains pour faire un pli après avoir été mise capot aux européennes. Les Républicains semblent bien placés pour conserver nombre de leurs villes prises à la gauche en 2014 et récupérer une partie de leurs électeurs partis chez les macroniens depuis 2017. Mais certaines de leurs listes sont infectées de candidats LREM encagoulés, des logiciels malveillants, des virus.
Mais à Marseille, LR part divisé au premier tour et le Rassemblement national espère sortir en tête au premier tour.
- Résultats difficiles à déchiffrer
C'est une volonté de Macron et l'objet de la "circulaire Castaner'
A gauche, les écologistes d'EELV et les socialistes sont engagés dans un rapport de force. Les Verts, qui servent traditionnellement de force d'appoint aux socialistes au second tour, profitent de la prise de conscience de l'urgence écologique et ambitionnent de s'imposer à Besançon, Tours, Rouen (ou après le désastre industriel de Lubrizol, un incendie et une explosion ont été déclenché à l'usine Saipol, autre site Seveso : lien PaSiDupes) ou bien sûr Grenoble, quand le PS tentera surtout de conserver ses bastions, de Paris, Lille, Rennes ou Nantes.
Le RN semble quant à lui en passe de conserver ses mairies conquises en 2014 -parfois dès le premier tour- et pourrait même renforcer son implantation avant les régionales de 2021.
La barre relativement basse (10% des suffrages exprimés au premier tour) au-dessus de laquelle une liste peut se maintenir laisse prévoir une multiplication des triangulaires, voire des quadrangulaires, au second tour.
Avec le chevauchement des lignes droite/gauche et la multiplication des listes "sans étiquette", les résultats du scrutin s'annoncent particulièrement difficiles à décrypter et les tractations d'entre-deux tours cruciales.
Dimanche soir, à l'issue du vote, les candidats autorisés à se maintenir auront jusqu'à mardi 18h00 pour trouver des alliés ou fusionner leurs listes en vue du second tour. Une phase 2 dont la validité républicaine dépendra encore de la gestion de la pandémie du coronavirus.












Nicolas Florian compte bien conserver son fauteuil, dans une ville où aucun second tour n'a jamais été nécessaire depuis 1947.
Dans cette terre de gauche, quatre autres listes de gauche présenteront un candidat. : LREM qui a investi l'ancienne directrice de cabinet de Martine Aubry, Violette Spillebout, mais aussi Génération.s le parti de Benoît Hamon, Europe écologie les Verts et la France Insoumise. Dans la course au beffroi, il y aura aussi un candidat LR, le sénateur Marc-Philippe Daubresse, un candidat divers droite et un candidat Rassemblement National. Un sondage Ipsos en décembre 2019 donnait 30 % à Martine Aubry au premier tour, 18 % aux Verts et 15 % au parti d'Emmanuel Macron.
Le maire sortant Gérard Collomb, revenu à la tête de la mairie après son départ du ministère de l'Intérieur en 2018, est le candidat de LREM pour la Métropole de Lyon. Or l'actuel président LREM de l'agglo David Kimelfeld compte bien conserver son fauteuil.
Une femme sera candidate des Républicains, à la succession de Jean-Claude Gaudin.
L'élu les Républicains trouvera néanmoins sur sa route de nombreux candidats prêts à séduire les Niçois : Cédric Roussel (LREM), Patrick Allemand (PS), Mireille Damiano (Union de la gauche), l'ex-premier adjoint de Chritian Estrosi à la mairie Benoît Kandel (candidat de la droite et des indépendants), Jean-Marc Governatori (écologistes), Jean-Marc Chipot (Debout la France) et Philippe Vardon (Rassemblement national).
Les principaux autres candidats sont en campagne depuis plusieurs mois : l'exporte parole du gouvernement Benjamin Griveaux pour LREM, Cédric Vilani (LREM dissident + PRG le Centre gauche), Rachida Dati pour les Républicains et le Vert David Belliard. Le candidat dissident LR Pierre-Yves Bournazel a rejoint Benjamin Griveaux il y a quelques jours. L'ex-conseiller communication de François Hollande à l'Elysée Gaspard Gantzer maintient sa candidature.