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mardi 28 avril 2020

Pourquoi les Agences Régionales de Santé s'attirent-elles la critique ?

Les toutes-puissantes ARS dans le collimateur pour leur gestion de la crise du coronavirus

En matière de Santé publique, le gouvernement est pieds et mains lié à ses "intendants royaux de province"

Coronavirus : pourquoi les Agences Régionales de Santé sont-elles sous le feu des critiques ?
Bordeaux: siège de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine 


Suspectées d'un avenir d'usines à gaz dès leur création, le 1er avril 2010, les toutes-puissantes ARS concentrent les rancoeurs pour leur gestion autoritaire - voire sectaire - et étriquée de l’épidémie de Covid-19, mais Macron aux abois c les soutient plus que jamais envers et contre tout car c’est son action qui est visée à travers elles.

Quelle est la fonction des ARS ?

Créées par la loi Bachelot du 21 juillet 2009 (dite 'Hôpital, patients, santé et territoire') pour "assurer un pilotage unifié de la santé en région, mieux répondre aux besoins de la population et accroître l’efficacité du système". les ARS ont remplacé les anciennes agences régionales de l’hospitalisation (ARH) en avril 2010, mais aussi les directions des affaires sanitaires et sociales (Drass, Ddass) et certaines caisses d’assurances maladie (Urcam, Cram). Leur vaste champ d’action englobe hôpitaux, cliniques, soins de ville, médico-social (personnes âgées et handicapées), prévention et environnement (qualité de l’eau et de l’air). Concrètement, un des rôles des ARS était de moderniser et rationaliser l'offre de soins et de veiller à la bonne gestion des dépenses hospitalières et médicales. Au-delà de ces aspects régaliens (tutelle financière, droit des autorisations), ces agences étaient plus largement chargées de transformer le système de santé en développant la coopération, la transversalité et les parcours de santé. Missions accomplies, mais avec une rigueur pointilleuse et une rigidité intransigeante telles que les ARS se reçoivent aujourd'hui une succession de violents "orages cévenoles". 


S’ils n’en ont pas le titre, leurs directeurs sont de véritables préfets sanitaires à l’échelle de leurs régions.
Les ARS "jouent en quelque sorte un rôle de chef d’orchestre", tout en traduisant "une volonté de reprise en main par l’Etat du pilotage des politiques de santé", résume Henri Bergeron, directeur de recherches au CNRS. Elles ont notamment le pouvoir administratif d’ouvrir ou de fermer des services (maternité, chirurgie, urgences) et d’autoriser certains équipements (scanner, IRM). 
Surtout, elles tiennent les cordons de la bourse, distribuant les crédits de fonctionnement des établissements, ainsi que des aides en tous genres à des projets locaux ou des soignants installés dans les déserts médicaux.

Cette tutelle omnipotente a nourri une décennie de frustration et de ressentiment du corps médical.

Il n'a jamais accepté d'être supplanté par une administration sans contre-pouvoir, sans contrôle, sans comptes à rendre. Des griefs renforcés par les restrictions budgétaires de l’époque : nées en temps de crise financière internationale, les ARS ont dès l’origine été accusées de mettre en œuvre une politique d’austérité.

Bras armé de l’Etat centralisateur, les ARS partagent avec lui les reproches: lourdeur bureaucratique, manque de réactivité, communication fluctuante. "On a probablement pris du retard dans la gestion de crise [sanitaire du coronavirus] parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires qu’à des logisticiens de crise", affirmait ainsi début avril le président de la région Grand Est, le docteur Jean Rottner. Fin mars, au plus fort de l’épidémie, un observateur en première ligne disait son effarement de voir l’armée évacuer des malades de Mulhouse, alors que des hôpitaux et cliniques pouvaient les accueillir à proximité. Décision ubuesque d'un directeur tout-puissant pris de panique et soucieux d'alléger sa charge.

"Les discussions au niveau des ARS sont une catastrophe", affirmait-il, dénonçant "des grosses guerres d’ego", avec des directeurs d’agence qui "règnent en maître sur leur territoire", à tel point que même "le directeur de cabinet du ministre de la Santé n’est pas au courant des décisions prises régionalement". Vindicatifs, les médecins ne les épargnent pas. Ainsi François Honorat, président du Syndicat des anesthésistes libéraux : "Les ARS n’ont pas été à la hauteur. Elles empêchent les gens de fonctionner, il va falloir réformer tout ça".

Colosses aux pieds d'argile, les directeurs d’agence se savent désormais sur un siège éjectable, notamment depuis le limogeage de Christophe Lannelongue, potentat du Grand Est. En pleine crise sanitaire, ce haut fonctionnaire avait exercé son pouvoir absolu en annonçant en pleine crise sanitaire - liée à l'imprévoyance: sous-effectifs, pénuries de lits, de masques et de respirateurs - le maintien du plan de restructuration du CHU de Nancy et ses 600 suppressions de postes, déclenchant l’indignation des élus locaux et des partis d’opposition.

Le gouvernement a pris conscience qu’à travers les ARS, c’est son incurie qui est visée
Sur les conseils d'Olivier Véran, politicien isérois - suppléant issu de la société civile de Geneviève Fioraso, PS, nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche par Jean-Marc Ayrault et soutien du socialiste Jean-Jack Queyranne lors de la campagne des élections régionales de 2015 - , mais aussi urologue de terrain - ex-porte-parole de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux, et ex-conseiller titulaire à l'Ordre départemental des médecins de l'Isère - appelé de Grenoble à la rescousse pour remplacer la ministre "démissionnaire" de la Santé liée par son mari Yves Lévy impliqué avec l'INSERM au laboratoire P4 de Wuhan d'où s'est échappé le virus Covid-19, membre de la caste des mandarins parisiens qui mènent le monde de la médecine, Edouard Philippe a ainsi salué leur "travail remarquable pour permettre la montée en puissance des capacités de réanimation", passées  de 5.000 à plus de 10.000 lits, soulignant "en même temps" une pénurie de 50%. Et Olivier Véran ne perd jamais une occasion de rappeler leur "mobilisation" décisive dans la neutralisation du foyer épidémique de Haute-Savoie début février, ou dans les "644 évacuations sanitaires" réalisées "par train, avion et hélicoptère".
A Grenoble, le patron de l'ARS, qui compte près d'un millier d'agents, Aymeric BOGEY est un politique qui a débuté sa carrière en 2001 à la mairie PS de Paris où il était le collaborateur de Dominique Bertinotti, maire PS du 4e arrondissement, chargé notamment du suivi de l'Hôtel-Dieu et des relations avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AH-HP).
Palmarès du député socialiste Olivier VéranDéputé de 2012 à 2015 dans les rangs du PS, il suit les dossiers relatifs à la santé à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Il prend position en faveur de l’ouverture expérimentale de "salle de shoot" (site d'injection supervisée) à Paris, ainsi que l'ouverture du droit de vote des étrangers aux élections locales.En mars 2013, chargé par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'une mission sur la filière sang, il s'engage pour le don du sang, anonyme, gratuit et volontaire et milite pour le don du sang par des homosexuels.En décembre 2013, il alerte sur l'impact sanitaire et financier du recours croissant aux médecins intérimaires par les ARS, dénonçant une attractivité hospitalière de très bas niveau.En 2014, en tant que rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, volet assurance maladie, il défend notamment la création d'hôtels hospitaliers, ainsi que la suppression des franchises médicales pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (réservée aux personnes dont les ressources sont légèrement supérieures au plafond d'attribution de la CMU-C, elle donne droit, durant un an, à une aide financière pour payer un contrat de complémentaire santé).En 2015, il est rapporteur du volet prévention et promotion de la loi de modernisation de la santé, comprenant le plan anti-tabac, la lutte contre le binge drinking, les salles de consommation à moindres risques, mais il ne préconise pas l'ouverture de lits d'hôpitaux, ni la reconstitution des stocks de masques ou de gants anti-infectieux ou de kits de prélèvement: son orientation est uniquement sociale et sa priorité est l'anorexie, tant qu'elle est dans l'actualité...En 2016, la ministre socialiste de la Santé, Marisol Touraine, celle qui prétend toujours avoir bouché le trou de la Sécurité sociale avant de partir, le charge du pilotage du comité de réforme du mode de financement des établissements de santé. Ancien rapporteur du projet de "loi santé", il s'oppose alors à une suppression de la T2A - tarification à l’activité, un système de cotation des actes médicaux qui régit depuis les années 2000 le financement des hôpitaux, autrement dit l'indexation du budget des hôpitaux sur leur activité réelle qui cristallisait déjà pourtant le mécontentement des personnels hospitaliers et agite toujours le milieu hospitalier -, mais aussi à un retour à la "dotation financière globale".
Quelle que soit l’accusation, le ministre de la Santé protège son administration. 

Incurie dans les Ehpad ? 
Les ARS ont reçu "des instructions très claires pour dresser jour après jour l’état des lieux", mais les médecins sont actionnaires d'Ehpad... 

Pénurie de médicaments ?
 
Elles "établissent les priorités dans la répartition des stocks indispensables". Christophe Lannelongue ? "Un serviteur de l’État qui a cru bien faire". 
Dans un communiqué, le ministre Olivier Véran ajoute que, lors de la conférence de presse donnée vendredi 3 avril, les termes employés par Lannelongue "ont été mal interprétés"...

L’heure des comptes viendra-t-elle jamais ?
Pour le chercheur Henri Bergeron, un "bilan" de l'action des ARS devra bel et bien être mené. "On a pensé un peu naïvement qu’à partir du moment où on créait un organisme de coordination, la coopération entre les acteurs allait s’améliorer". Or, la crise "a révélé des problèmes majeurs de coordination, au niveau national comme au niveau local", souligne-t-il. Mais, si les problèmes de coordination sont réels, ils ne doivent pas masquer les autres et notamment la nécessité d'un contrôle par les élus régionaux de l'activité des agences, ce qui implique également l'introduction d'organismes paritaires dans la prise de décisions. 
Actuellement, les directeurs d'ARS sont des hauts-fonctionnaires ministériels recasés en régions lors des alternances politiques, parfois d'anciens directeurs des DRASS, de l'ARH et URCAM, IGAS, CPAM. D'autres proviennent du monde de la santé (Directeur d'hôpital), de la mutualité, mais certains arrivent du top management de... la grande distribution. 
En Midi-Pyrénées, l'intersyndicale critiqua à demi-mot les "méthodes de management d'un directeur général de l'ARS, DG issu du privé, arrivé tout droit de la grande distribution [Carrefour et Procter & Gamble France] et de la sidérurgie" (UNICEM, et IBM France, usine de Montpellier), Xavier Chastel.

lundi 20 avril 2020

Coronavirus: Air France en flagrant délit de non-respect des mesures de distanciation sociale

Combien de vols Air France remplis au mépris de la santé publique en pleine épidémie ?

La priorité accordée par la compagnie nationale à la rentabilité interpelle des passagers
 
Image

Ils se sont retrouvés côte à côte sur un Paris-Marseille rempli à bloc, comme on peut le voir sur une photo publiée par une journaliste.

La scène contraste avec les propos tenus par Edouard Philippe qui annonçait dimanche 19 avril  aux Français qu'ils ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps" leur "vie d’avant” la crise du coronavirus...

L'exécutif est une fois de plus déconnecté de la réalité : le discours officiel n'est pas en adéquation avec ce que vivent les Français et, ce week-end, sur Twitter, une journaliste de France 3 le démontre, si besoin était, avec sa photo d'une cabine pleine, avec une absence de distanciation sociale entre passagers, contraints de passer une longue heure au coude à coude avec les inconnus d'un vol Air France du matin le 18 avril. 

Après avoir fait la queue en respectant la distanciation sociale, l
e vol est complet et les passagers se retrouvent à touche-touche, sans aucun contrôle d’attestation pour vérifier les motifs de déplacement.
Dans le même temps, un senior est verbalisé dans son quartier pour être allé chercher son pain sans cette attestation et une nonagénaire se fait réprimander par des gendarmes, dans son jardin à Gap, Hautes-Alpes. Ils n'avaient pas reçu l'ordre de s'inquiéter de la santé de cette dame âgée!  

Seul vol quotidien restant sur la ligne, il avait été pris d'assaut, samedi 18 avril, et la compagnie nationale n'avait pas hésité à remplir ses caisses après ces derniers jours d'interdiction de circuler.

L'Edouard dit compter sur le sens des responsabilités des Français, mais ne peut miser sur celui d'une entreprise publique
 
Dans l’aérogare, Air France a bien respecté les mesures sanitaires avec des marquages au sol. Mais ces mesures ne sont pas obligatoires dans l’avion, pas plus que le port d’un masque de protection, et Air France n'a pas pris les initiatives de bon-sens qu'on est en droit d'attendre d'elle.

Air France a précisé que l’air de la cabine était renouvelé toutes les trois minutes en étant traité et recyclé par des filtres identiques à ceux utilisés dans les blocs opératoires, rapporte RTL.
Vogue la galère...

mercredi 26 février 2020

Epidémie de coronavirus : un "plan blanc", pourquoi faire et quand ?

Qu’est-ce que le "plan blanc" ? Virtualité ou prévention ?

De vastes pouvoirs que le Covid-19 ne réussit pas à mobiliser. 

Ce dispositif exceptionnel offre les pleins pouvoirs aux autorités, mais elles ne l'ont pas activé depuis les émeutes de 2005.
Ces émeutes dans les banlieues ont commencé à Clichy-sous-Bois à la suite de la mort de deux adolescents, Zyed Benna et Bouna Traoré, le 27 octobre 2005, électrocutés dans l'enceinte d'un poste électrique fermé au public, alors qu'ils cherchaient à échapper à un contrôle de police.
Le politique est-il plus motivant que la santé publique ?
 
L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a annoncé le déclenchement du 'plan blanc' dans tous ses hôpitaux après les attaques meurtrières qui ont frappé Paris, vendredi 13 novembre 2005.

Mis en place depuis 2004, le système des 'plans blancs' au niveau de chaque hôpital est, depuis 2014, réuni dans le cadre du dispositif Orsan, pour "organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles", qui coordonne et supervise les divers plans blancs définis pour chaque établissement hospitalier.

Dans quels cas chaque dispositif est-il impliqué dans la mise en alerte des hôpitaux, services d’urgence et de tout le dispositif de santé publique ?
Résultat de recherche d'images pour "plan blanc"Accueil massif de victimes non contaminées; prise en charge de nombreux patients après un phénomène climatique; gestion d’une épidémie ou pandémie sur le territoire national, pouvant comprendre l’organisation d’une campagne de vaccination exceptionnelle par le système de santé - si un vaccin est disponible (!); prise en charge d’un risque biologique connu ou émergent; prise en charge d’un risque NRC (nucléaire, biologique, chimique). 

Réquisitions de personnel et de blocs chirurgicaux.
Résultat de recherche d'images pour "plan blanc"
Concrètement, les 'plans blancs' sont des protocoles "prévus à l’avance" (sic !) par les autorités de santé pour faire face à ces situations exceptionnelles, et impliquent de nombreux acteurs, des services d’urgence aux autorités de santé qui doivent répartir au mieux les patients dans les lits disponibles, transports ambulanciers, hôpitaux.
Les plans prévoient la coordination entre les services d’urgence, un renforcement des moyens de communication et de coordination, mais aussi la réquisition des personnels médicaux et hospitaliers.
Un volet important du plan blanc, particulièrement dans des cas d’afflux soudain de nombreux blessés, est la gestion des places hospitalières, avec des sorties anticipées de patients, si nécessaire; et des blocs chirurgicaux, qu’il faut libérer des opérations non urgentes prévues. Les plans prévoient aussi la mise en place de cellules psychologiques.

Ces plans s’appliquent de manière graduée en fonction de la gravité de la situation. A condition qu'ils soient déclenchés...
Ils peuvent ne concerner qu’un hôpital, dans le cas d’une épidémie très virulente, par exemple, comme l’intégralité du territoire, en cas d’état d’urgence grave.

mercredi 20 novembre 2019

Hôpitaux : un "plan d'urgence" à bas coût, 500 millions pendant trois ans

Juste de quoi ralentir la décroissance et anesthésier certains personnels

Les mesures gouvernementales tant attendues ont été annoncées 
pour répondre au mouvement social de l'hôpital public



Un plan "fort et conséquent", selon le premier ministre et sa ministre de la Santé, pensant répondre aux revendications des personnels des hôpitaux, après depuis huit mois de conflitPrésenté ce mercredi 20 novembre par Edouard Philippe et Agnès Buzyn, au sourire de Joconde, version niaiseuse, sont déjà déclarées insuffisantes. les mesures du plan gouvernemental.
Résultat de recherche d'images pour "plan urgence hopitaux"



Les revendications du personnel hospitalier s'articulaient autour de deux points : hausse des salaires et effectifs, arrêt des fermetures de lits. Partout en France, "on doit être bien soignés. ce n'est plus toujours le cas", a t-il d'abord concédé, avant d'assurer que "nous les avons entendues"... 

Le premier ministre a présenté un plan articulé autour de trois "objectifs forts" :
1) Restaurer l'attractivité de l'hôpital en "redonnant l'envie de s'engager dans l'hôpital public"
2) Dégager des moyens supplémentaires
3) Déverrouiller le fonctionnement des hôpitaux en facilitant la prise de décision.



Dans le détail

La restauration de l'attractivité de l'hôpital" passera par la "reconnaissance sociale et matérielle à la hauteur de l'engagement", un besoin qu'Agnès Buzyn a évoqué en disant sa volonté de "récompenser cet engagement" par des primes à certains et dans certains lieux:
Hôpitaux : ce qu'il faut retenir du "plan d'urgence" du gouvernement

► Prime annuelle d'environ 300€ qui "pourra concerner jusqu'à 600.000 professionnels de santé".
► A Paris et en petite couronne : prime annuelle de 800 euros par an aux 40000 infirmiers et aides soignants qui gagnent moins de 1900€/mois.
► Pour les aides-soignants : prime de 100€ nets mensuels.

L'investissement dans l'hôpital sera assuré par une augmentation de budget de l'Assurance maladie, qui "sera proposée dès la semaine prochaine", a annoncé Edouard Philippe.

► Budget de l'assurance maladie : 1,5 milliard sur trois années, à commencer par seulement 300 millions en plus en 2020
"Cet argent vient en plus de la trajectoire budgétaire prévue par le gouvernement" a précisé l'Edouard, indiquant par ailleurs que "l'intégralité" des 400 millions d'euros de crédits gelés en début d'année serait "débloquée dans les prochains jours". 

Reprise de dette de 10 milliards d'euros sur 3 ans.
Décrite comme "l'une des causes de la crise actuelle", cette reprise de la dette doit permettre "réduire les déficits" et "retrouver les moyens d'investir", estime le Premier ministre.

► 150 millions par an au soutien à l'investissement courant.
Edouard Philippe veut que ces enveloppes "soient mises à la main des chefs de service et de pôles", évoquant l'exemple d'achat de petit matériel ou de travaux légers.

Quant au fonctionnement des hôpitaux, la ministre de la Santé dit vouloir... "faire confiance aux équipes hospitalières, "donner plus de liberté aux professionnels au quotidien", et "lutter contre des processus trop bureaucratiques". Le défi que le gouvernement ne relève pas sera désormais celui des personnels...

Renforcer le rôle des chefs de pôle et de service. "Il faut que "les directeurs décident sur tous les domaines de compétence partagée", note Agnès Buzyn.

"Choc de simplification" pour accélérer les recrutements.

Buzyn met en garde les "mercenaires"

La ministre de la Santé par ailleurs annoncé un renforcement des contrôles sur l'intérim médical. "Dans certains cas on se retrouve face à des mercenaires, et ce n'est plus acceptable", avertit la ministre.



"L'idée de ce plan est de redonner de l'oxygène à cette communauté des soignants", a résumé Edouard Philippe en fin d'allocution.

vendredi 23 août 2019

Santé : avec les migrants, l'hôpital de Nice redécouvre le scorbut

Le berger altermondialiste de la vallée de la Roya compte-t-il régler la facture à la Sécu ? 

Quatre cas de scorbut ont été décelés dans la vallée de la désobéissance

Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le "berger" activiste Cédric Herrou y accueille des migrants passés clandestinement par l'Italie et la maire de Breil (une employée de 51 ans, 270 habitants en 2014) veut payer des billets de trains aux illégaux (photo ci-dessous)

Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le scorbut est une maladie provoquée par une carence en vitamine C. 
La maladie, disparue il y a deux siècles, est de nouveau signalée dans des pays développés comme la France, les Etats-Unis, pays d'immigration. Dans le passé, elle ne frappait guère que les marins au cours d'une longue campagne en mer, si bien qu'on l'appelait "peste des mers", sans rapport avec la "peste brune" évoquée en novembre dernier par Gérald Darmanin, ministre de Macron. 
Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Aujourd'hui, elle ne touche plus que les personnes fragiles. Elle s'ajoute aux maladies jusqu'à ces dernières années oubliées en Europe, telles  la gale, la rougeole ou la tuberculose, les trois étant contagieuses. Le vaccin BCG contre la tuberculose n'est même plus obligatoire depuis 2006.

Quant à la gale, une maladie contagieuse sans réelle gravité qu'on a crue éradiquée, elle est causée par un parasite qui se développe en milieu malpropre. Cette maladie de la peau souffre donc d'une mauvaise image. Maladie stigmatisante depuis toujours, elle est spécifique à l’homme. La femelle de ce parasite microscopique creuse des galeries dans l’épiderme où elle dépose ses œufs. La gale provoque des démangeaisons constantes, causées par la réaction allergique de l’organisme aux excréments des acariens. C’est le soir au coucher, ou après un bain chaud, qu’elles sont les plus fortes. L’étape suivante de la maladie est l’apparition d’éruptions qui prédominent entre les doigts et sur les poignets. "Chez les enfants, la gale est plus atypique; elle peut ressembler à de l’eczéma et être présente sur le visage", souligne le Dr Arezki Izri, parasitologue à l’hôpital Avicenne de Bobigny (Seine-Saint-Denis). 
La gale nécessite cependant des contacts très rapprochés, intimes, de peau à peau. Elle fait d’ailleurs partie des maladies sexuellement transmissibles. "C’est pourquoi la contamination est principalement intra-familiale. Les épidémies dans les écoles sont plus rares", rassure le Pr Olivier Chosidow, dermatologue à l’hôpital Henri Mondor, à Créteil (Val-de-Marne ).

La rougeole n’appartient plus non plus au passé. 
Au contraire. Plusieurs foyers épidémiques sont régulièrement signalés en France, et des décès sont à déplorer. La vaccination, devenue obligatoire pour les nouveau-nés, reste le seul moyen de se prémunir contre cette maladie virale très contagieuse, potentiellement grave.
Or, la rougeole est bien en recrudescence en France. Plusieurs flambées épidémique touchent régulièrement l'Hexagone depuis plusieurs années (852 cas de rougeole déjà déclarés entre le 1er janvier 2019 et le 2 mai 2019, selon Santé Publique France). Une hospitalisation peut être nécessaire (31% des cas en 2019), et des décès sont à déplorer.
La France partage le triste privilège du retour de la rougeole avec plusieurs pays européens : l'Autriche, l'Italie ou le Royaume-Uni, qui accueillent ou ont vu transiter des flux importants de clandestins), sont traversés de poussées épidémiques régulières depuis 2016.
Or, la rougeole est une maladie infectieuse très contagieuse, pour laquelle il n’existe pas de traitement curatif spécifique. Elle se transmet facilement, quelles que soient les mesures d’hygiène mises en place a posteriori. Quasiment quiconque est exposé se retrouve affecté : un malade peut ainsi contaminer de quinze à vingt personnes non vaccinées.


Résultat de recherche d'images pour "DEFENSE DE CRACHER"
Maladie infectieuse causée par un bacille et contagieuse, la tuberculose arrive en tête, devant le sida, des causes de mortalité d'origine infectieuse à l'échelle mondiale. Elle s'attaque habituellement aux poumons, mais parfois aussi à d'autres parties du corps, comme les reins. Elle se propage lorsque les personnes atteintes de tuberculose pulmonaire toussent, éternuent ou crachent, projetant les germes de la tuberculose dans l'air. Et nous avons tous pu observer des populations venues d'ailleurs cracher au sol.

Or, en six mois à peine, trois patients se sont présentés au CHU de Nice (Alpes-Maritimes) avec une grave carence en vitamine C. 
Cette substance organique est indispensable à la vie, mais le corps humain ne la fabrique pas et ne la stocke pas, ce qui peut provoquer l'apparition du scorbut.

Le scorbut touche les personnes en grande précarité
Résultat de recherche d'images pour "migrant berger de la vallée de la Roya"Le scorbut survient en cas de graves carences en vitamine C, lorsque l'on en consomme moins de 10 mg par jour, alors qu'il en faut dix fois plus. Cette maladie se manifeste par des saignements sous la peau, sous la membrane qui recouvre l'os, et provoque donc des douleurs.

"Les gens peuvent se présenter avec des douleurs musculaires diffuses, une asthénie, une fatigabilité des troubles du sommeil, des saignements de nez... Plein de petites manifestations qui peuvent être négligées par les patients. Quand elles sont toutes présentes ensemble, cela doit faire penser à des carences en vitamine C", explique Nathalie Tieulié, médecin interne au service rhumatologie du CHU de Nice. 
Il suffit de trois mois sans vitamine C pour être carencé et en danger. Faute de soins, le scorbut peut être mortel, comme jadis. Aujourd'hui, le scorbut apparaît chez des personnes en grande précarité.

mardi 18 septembre 2018

La réforme Macron de la santé publique provoque des malaises

Les prescriptions de Macron : rallonge budgétaire et fin du numerus clausus



Urgences "engorgées", psychiatrie "en crise", étudiants en médecine "qui souffrent". 

Après les diagnostics alarmants posés ces derniers mois, l'exécutif délivre enfin son ordonnance pour remettre sur pied le système de santé. Emmanuel Macron présente mardi une réforme baptisée "Ma santé 2022"  avec un coup de pouce de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022 et la suppression du numerus clausus en 2020, censés renforcer l'offre de soins.

Moins d'une semaine après le plan pauvreté, cet acte II de la rentrée sociale du président de la République comporte une cinquantaine de mesures, dont la suppression de l'emblématique numerus clausus et de la première année commune aux études de santé (Paces) : il était trop sélectif et inadapté, selon ses détracteurs, mais garant d'une médecine de qualité contre la formation au rabais proposée par Buzyn. 
Le redoutable concours qui a traumatisé des générations d'étudiants en santé, ainsi que les quotas de places en médecine, pharmacie, dentaire et maïeutique (sages-femmes), auront disparu en 2020. Des passerelles permettront même à des docteurs en ...philosophie déconnecté de la vie de procéder à des actes médicaux censés tromper la mort.

"Ça ne veut pas dire qu'il n'y aura plus de sélection, certifie la ministre rigolarde, mais qu'on va revenir dans le droit commun", a indiqué l'Elysée, qui veut "qu'il y ait plus de médecins qui soient formés demain". Les étudiants qui n'avaient pas le niveau jusqu'ici pourront désormais se maintenir dans leur cycle d'études.

La disparition de certains contrôles et la certification du niveau requis prennent du temps.
Le symbole est fort, mais ne produira ses effets qu'à long terme. Dans l'immédiat, l'exécutif veut "regagner du temps médical" et va injecter des millions pour y parvenir à marche forcée. 

Les crédits de l'assurance maladie augmenteront ainsi de 2,5% l'an prochain (au lieu des 2,3% prévus), soit près de 400 millions d'euros supplémentaires.

Le plan global sera doté d'un budget de 3,4 milliards d'euros d'ici 2022, a indiqué le ministère de la Santé.
Dans le détail, des crédits de près d'1,6 milliard d'euros seront consacrés à "la structuration des soins dans les territoires", 920 millions à l'investissement hospitalier, 500 millions à la "transformation numérique" et 420 millions à "l'évolution des métiers et des formations".

Une rallonge qui financera notamment la création de 4.000 postes d'"assistants médicaux" bivalents, censés "décharger" les médecins à la fois des tâches administratives et de certains "actes simples, comme une prise de tension ou de température".
En contrepartie, les praticiens devront exercer en groupe (en centre médical, par exemple, ou en pool de cabinets médicaux) ou au sein d'une équipe de soins, mais aussi accepter de nouveaux patients (de nombreux spécialistes les refusent au prétexte qu'ils vont prendre leur retraite sans date) et assurer des consultations sans rendez-vous en journée.

Des "hôpitaux de proximité" labellisés
Résultat de recherche d'images pour "Emmanuel Macron à l'hôpital de Rouen en avril 2018"
 Visite sous tension de Macron
au CHU de Rouen (avril 2018) 
"Notre logique, c'est de les inciter tellement qu'ils n'auront plus le choix", a expliqué l'entourage du chef de l'Etat.

Dans la même veine, 400 postes de médecins salariés seront créés dans les déserts médicaux "pour permettre aux patients d'accéder à une consultation généraliste".

Du côté des hôpitaux, l'accent serait mis sur la ...qualité des soins. 
Une promesse douteuse du gouvernement qui vise d'abord et avant tout à prospecter de nouveaux gisements d'économies des actes "inutiles", favorisés par la très décriée "tarification à l'activité" (T2A).
Dès 2019, pour des maladies chroniques comme le diabète et l'insuffisance rénale, de nouveaux financements seront mis en oeuvre faisant obligation hôpitaux et professionnels de santé libéraux à se coordonner et à partager une rémunération forfaitaire. 

"Parfois, bien faire, c'est ne pas faire un acte", a assuré la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui précise que "ce sont les professionnels qui vont définir la qualité" et les futurs "parcours de soins".

Son ministère va par ailleurs rebattre la carte hospitalière, pour "organiser une vraie gradation [administrative] des soins". Un corset pour tous.

Un statut d'hôpital "de proximité" sera créé par une loi en 2019, par déclassement de certains de touts qui ne sont pas des CHU. "On va labelliser entre 500 et 600 hôpitaux de proximité qui auront vraiment des missions dédiées à la proximité", a expliqué Agnès Buzyn sur RMC/BFMTV, citant ses cibles : la "médecine polyvalente, la médecine générale, la gériatrie, les soins de suite".

"On va demander aux médecins de ville et aux hôpitaux de proximité de travailler ensemble", a-t-elle ajouté, soulignant que la France est "le seul pays où il y a une telle différence entre la médecine hospitalière et la médecine de ville". En s'alignant sur l'étranger, tel le Royaume-Uni ou le Portugal, le système de santé français cessera ainsi d'être une référence européenne.

Les blocs chirurgicaux et les maternités seront regroupés dans les plus gros établissements pour leur assurer une activité plus importante, gage de sécurité pour les patients, mais promesse de déshumanisation.
"Cela pourra passer par des fermetures d'activités dans certains cas", a reconnu l'Elysée, assurant sereinement que "rien ne se perd, tout se transforme". Macron "assume" !

mercredi 5 septembre 2018

Le choléra est à Perpignan : un bienfait de l'Algérie à la France

Suspectés d'être porteurs du choléra, des passagers d’un avion en provenance d’Algérie ont été pris en charge à Perpignan

Près de 150 personnes ont été confinées à bord pendant plus d’une heure.

Un enfant, susceptible d’être porteur du choléra, a été hospitalisé pour passer des examens. L'enfant de huit ans souffre de vomissements et de diarrhées. "Un enfant est susceptible d’être porteur du choléra et va être évacué vers l’hôpital pour des examens", ont confirmé les pompiers. 

Les passagers du vol de la compagnie ASL Airlines, arrivé d’Oran (Algérie) à Perpignan à 13 h 45, sont restés confinés à bord un peu plus d’une heure sur le tarmac, ce mercredi  5 septembre, dans l'après-midi, après l'atterrissageLes passagers ont été évacués progressivement le jour même.

L'enfant, âgé de 8 ans, souffrait de vomissements et de diarrhées. "Des prélèvements vont être faits sur l’enfant pour vérifier" si ce cas est avéré, ont ajouté les secours. La suspicion n'est pas confirmée à ce stade, indique une porte-parole de la préfecture des Pyrénées-Orientales, voix officielle. "La procédure réglementaire internationale habituelle a été mise en place et les autres passagers ont pu sortir de l'avion", a-t-elle ajouté. La durée d'incubation peut pourtant être d'un jour à cinq jours.

Une "désinfection des mains" avant de quitter l’avion : quid des futures selles ?
Résultat de recherche d'images pour "cholera"

Les autres passagers et les membres d’équipage, soit un total d'un peu plus de 140 personnes, ont retrouvé la terre ferme après 15 h. Encadrés par les pompiers, ils ont quitté l’avion après une " désinfection des mains " et une prise de renseignements sur leurs adresses et identités, afin de suivre l’évolution de leur état de santé, si le cas de choléra était confirmé, d’après la préfecture.
Les services de secours avaient été prévenus par un appel téléphonique des sapeurs-pompiers de l’aéroport.

Une épidémie de choléra a tué deux personnes en Algérie depuis son apparition le 7 août. Elle est "maîtrisée", avait pourtant affirmé mardi le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui. 
Le choléra est une infection diarrhéique aiguë provoquée par l’ingestion d’aliments ou d’eau contaminés. Elle est facile à traiter par réhydratation notamment, mais peut tuer en quelques heures faute de traitement.

mercredi 27 décembre 2017

Quimperlé: un médecin absent, mais rémunéré pendant 33 ans par l'hôpital public

L'hôpital public de Quimperlé lui a versé les deniers du contribuable

Aucun élu au conseil de surveillance du centre hospitalier ?



Pendant 30 ans, un médecin a été rémunéré par l’hôpital de Quimperlé sans avoir à travailler
Payé à rester les bras croisés
Un médecin du centre hospitalier de Quimperlé a été payé durant trente ans à ne rien faire, a enfin révélé la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans son rapport rendu public jeudi 21 décembre. 
Depuis 1982, les CRTC sont supposées exercer une triple compétence sur les collectivités territoriales et leurs établissements publics : jugement des comptes des comptables publics, examen de la gestion et contrôle des actes budgétaires...

Résultat de recherche d'images pour "centre hospitalier quimperlé"La ville a été gérée par le socialiste Daniel Le Bras de 2001 à 2008. 
Or, il était médecin anesthésiste-réanimateur : comment aurait-il pu savoir ?... Le maire actuel Michaël Quernez, depuis avril 2014, encore un socialiste et conseiller général (depuis 2008) a-t-il agi au bon usage des deniers publics ?

Cet établissement public de santé multi-sites compte 569 lits et 59 places, touchant un bassin de population de 60.000 habitants. Il appartient au territoire de santé n° 3 dont l’hôpital de référence est le centre hospitalier de Bretagne Sud (CHBS) de Lorient, dont Jean-Yves Le Drian (70 ans) fut le maire PS de 1981 à 1998, en même temps que président du Conseil régional de Bretagne (2004-2012 et 2015-2017), tout en étant ministre de la Défense (2012-2017, puis des Armées (depuis 2017).

Un médecin a pourtant indûment coûté 5,5 millions d'euros à l'hôpital de Quimperlé (12.000 habitants, Finistère) pour la seule période 2012-2016, écrit la Chambre régionale des Comptes de Bretagne dans un rapport publié jeudi.
Photo Le Télégramme
Une délégation fut reçue par Michaël Quernez,
maire et président  du conseil de surveillance
de l'hôpital
 de Quimperlé
Le médecin, dont le nom n'est pas cité avait été nommé chef de service en 1984 au centre hospitalier de Quimperlé. "Depuis cette date, plusieurs rapports émanant de diverses instances (...) ont relevé des problèmes quant à la manière de servir de ce médecin, mentionnant par exemple " 'une incompétence avérée' ", ainsi que des problèmes de comportement, tant vis-à-vis du personnel que des patients, incompatibles avec ses fonctions", indique la chambre dans son rapport.  
"Il faisait des diagnostics et des prescriptions loufoques", confie un salarié de l’hôpital à France Bleu, évoquant un homme "dangereux".

Mais ce dernier est néanmoins resté aux effectifs de l'établissement.
 
"Outre un déficit d'image, il en est résulté un coût salarial de 130.000 euros par an et une privation de recettes annuelles estimée à 980.000 euros, soit un coût total de 5,5 millions d'euros entre 2012 et 2016" pour l'hôpital, résume sobrement la Chambre régionale des Comptes. La direction de l'hôpital ne souhaite pas communiquer. 

Une "situation irrégulière, liée à une volonté de défense du corps des praticiens hospitaliers" pointée par les magistrats 

Programmée hier à 9 h, puis 11 h, puis midi, la rencontre entre le directeur du CHBS et les élus CGT n'a pas eu lieu.
La CGT de Qimperlé s'est-elle mobilisée pour la bonne cause ?
Les magistrats soulignent que cette connivence du milieu "contrevient à l'intérêt général, aux intérêts du système de santé publique et de protection sociale et altère la pérennité financière de l'établissement". 

Malgré plusieurs procédures, le médecin n’a jamais été licencié. "Les instances médicales et les différents responsables médicaux de l’établissement ont, au cours de ces années, manifesté une volonté individuelle de ne pas travailler avec l’intéressé tout en le protégeant, en raison de sa qualité de praticien hospitalier", expliquent les magistrats.

En 2004, l'agence régionale de l'hospitalisation (ARH) a même attribué une enveloppe de 124.000 euros par an à l'hôpital pour "compenser le surcoût lié à ce praticien sans affectation ni activité".
En 2010, le directeur de l'hôpital lui a demandé -en vain - de faire valoir ses droits à la retraite. Au 31 octobre 2016, il percevait une rémunération brute de près de 7.400 euros par mois. Il a finalement pris sa retraite en janvier 2017.