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mardi 28 avril 2020

Pourquoi les Agences Régionales de Santé s'attirent-elles la critique ?

Les toutes-puissantes ARS dans le collimateur pour leur gestion de la crise du coronavirus

En matière de Santé publique, le gouvernement est pieds et mains lié à ses "intendants royaux de province"

Coronavirus : pourquoi les Agences Régionales de Santé sont-elles sous le feu des critiques ?
Bordeaux: siège de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine 


Suspectées d'un avenir d'usines à gaz dès leur création, le 1er avril 2010, les toutes-puissantes ARS concentrent les rancoeurs pour leur gestion autoritaire - voire sectaire - et étriquée de l’épidémie de Covid-19, mais Macron aux abois c les soutient plus que jamais envers et contre tout car c’est son action qui est visée à travers elles.

Quelle est la fonction des ARS ?

Créées par la loi Bachelot du 21 juillet 2009 (dite 'Hôpital, patients, santé et territoire') pour "assurer un pilotage unifié de la santé en région, mieux répondre aux besoins de la population et accroître l’efficacité du système". les ARS ont remplacé les anciennes agences régionales de l’hospitalisation (ARH) en avril 2010, mais aussi les directions des affaires sanitaires et sociales (Drass, Ddass) et certaines caisses d’assurances maladie (Urcam, Cram). Leur vaste champ d’action englobe hôpitaux, cliniques, soins de ville, médico-social (personnes âgées et handicapées), prévention et environnement (qualité de l’eau et de l’air). Concrètement, un des rôles des ARS était de moderniser et rationaliser l'offre de soins et de veiller à la bonne gestion des dépenses hospitalières et médicales. Au-delà de ces aspects régaliens (tutelle financière, droit des autorisations), ces agences étaient plus largement chargées de transformer le système de santé en développant la coopération, la transversalité et les parcours de santé. Missions accomplies, mais avec une rigueur pointilleuse et une rigidité intransigeante telles que les ARS se reçoivent aujourd'hui une succession de violents "orages cévenoles". 


S’ils n’en ont pas le titre, leurs directeurs sont de véritables préfets sanitaires à l’échelle de leurs régions.
Les ARS "jouent en quelque sorte un rôle de chef d’orchestre", tout en traduisant "une volonté de reprise en main par l’Etat du pilotage des politiques de santé", résume Henri Bergeron, directeur de recherches au CNRS. Elles ont notamment le pouvoir administratif d’ouvrir ou de fermer des services (maternité, chirurgie, urgences) et d’autoriser certains équipements (scanner, IRM). 
Surtout, elles tiennent les cordons de la bourse, distribuant les crédits de fonctionnement des établissements, ainsi que des aides en tous genres à des projets locaux ou des soignants installés dans les déserts médicaux.

Cette tutelle omnipotente a nourri une décennie de frustration et de ressentiment du corps médical.

Il n'a jamais accepté d'être supplanté par une administration sans contre-pouvoir, sans contrôle, sans comptes à rendre. Des griefs renforcés par les restrictions budgétaires de l’époque : nées en temps de crise financière internationale, les ARS ont dès l’origine été accusées de mettre en œuvre une politique d’austérité.

Bras armé de l’Etat centralisateur, les ARS partagent avec lui les reproches: lourdeur bureaucratique, manque de réactivité, communication fluctuante. "On a probablement pris du retard dans la gestion de crise [sanitaire du coronavirus] parce que nous avions affaire plutôt à des acteurs budgétaires qu’à des logisticiens de crise", affirmait ainsi début avril le président de la région Grand Est, le docteur Jean Rottner. Fin mars, au plus fort de l’épidémie, un observateur en première ligne disait son effarement de voir l’armée évacuer des malades de Mulhouse, alors que des hôpitaux et cliniques pouvaient les accueillir à proximité. Décision ubuesque d'un directeur tout-puissant pris de panique et soucieux d'alléger sa charge.

"Les discussions au niveau des ARS sont une catastrophe", affirmait-il, dénonçant "des grosses guerres d’ego", avec des directeurs d’agence qui "règnent en maître sur leur territoire", à tel point que même "le directeur de cabinet du ministre de la Santé n’est pas au courant des décisions prises régionalement". Vindicatifs, les médecins ne les épargnent pas. Ainsi François Honorat, président du Syndicat des anesthésistes libéraux : "Les ARS n’ont pas été à la hauteur. Elles empêchent les gens de fonctionner, il va falloir réformer tout ça".

Colosses aux pieds d'argile, les directeurs d’agence se savent désormais sur un siège éjectable, notamment depuis le limogeage de Christophe Lannelongue, potentat du Grand Est. En pleine crise sanitaire, ce haut fonctionnaire avait exercé son pouvoir absolu en annonçant en pleine crise sanitaire - liée à l'imprévoyance: sous-effectifs, pénuries de lits, de masques et de respirateurs - le maintien du plan de restructuration du CHU de Nancy et ses 600 suppressions de postes, déclenchant l’indignation des élus locaux et des partis d’opposition.

Le gouvernement a pris conscience qu’à travers les ARS, c’est son incurie qui est visée
Sur les conseils d'Olivier Véran, politicien isérois - suppléant issu de la société civile de Geneviève Fioraso, PS, nommée ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche par Jean-Marc Ayrault et soutien du socialiste Jean-Jack Queyranne lors de la campagne des élections régionales de 2015 - , mais aussi urologue de terrain - ex-porte-parole de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux, et ex-conseiller titulaire à l'Ordre départemental des médecins de l'Isère - appelé de Grenoble à la rescousse pour remplacer la ministre "démissionnaire" de la Santé liée par son mari Yves Lévy impliqué avec l'INSERM au laboratoire P4 de Wuhan d'où s'est échappé le virus Covid-19, membre de la caste des mandarins parisiens qui mènent le monde de la médecine, Edouard Philippe a ainsi salué leur "travail remarquable pour permettre la montée en puissance des capacités de réanimation", passées  de 5.000 à plus de 10.000 lits, soulignant "en même temps" une pénurie de 50%. Et Olivier Véran ne perd jamais une occasion de rappeler leur "mobilisation" décisive dans la neutralisation du foyer épidémique de Haute-Savoie début février, ou dans les "644 évacuations sanitaires" réalisées "par train, avion et hélicoptère".
A Grenoble, le patron de l'ARS, qui compte près d'un millier d'agents, Aymeric BOGEY est un politique qui a débuté sa carrière en 2001 à la mairie PS de Paris où il était le collaborateur de Dominique Bertinotti, maire PS du 4e arrondissement, chargé notamment du suivi de l'Hôtel-Dieu et des relations avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AH-HP).
Palmarès du député socialiste Olivier VéranDéputé de 2012 à 2015 dans les rangs du PS, il suit les dossiers relatifs à la santé à la commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale. Il prend position en faveur de l’ouverture expérimentale de "salle de shoot" (site d'injection supervisée) à Paris, ainsi que l'ouverture du droit de vote des étrangers aux élections locales.En mars 2013, chargé par le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, d'une mission sur la filière sang, il s'engage pour le don du sang, anonyme, gratuit et volontaire et milite pour le don du sang par des homosexuels.En décembre 2013, il alerte sur l'impact sanitaire et financier du recours croissant aux médecins intérimaires par les ARS, dénonçant une attractivité hospitalière de très bas niveau.En 2014, en tant que rapporteur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2015, volet assurance maladie, il défend notamment la création d'hôtels hospitaliers, ainsi que la suppression des franchises médicales pour les bénéficiaires de l'aide à la complémentaire santé (réservée aux personnes dont les ressources sont légèrement supérieures au plafond d'attribution de la CMU-C, elle donne droit, durant un an, à une aide financière pour payer un contrat de complémentaire santé).En 2015, il est rapporteur du volet prévention et promotion de la loi de modernisation de la santé, comprenant le plan anti-tabac, la lutte contre le binge drinking, les salles de consommation à moindres risques, mais il ne préconise pas l'ouverture de lits d'hôpitaux, ni la reconstitution des stocks de masques ou de gants anti-infectieux ou de kits de prélèvement: son orientation est uniquement sociale et sa priorité est l'anorexie, tant qu'elle est dans l'actualité...En 2016, la ministre socialiste de la Santé, Marisol Touraine, celle qui prétend toujours avoir bouché le trou de la Sécurité sociale avant de partir, le charge du pilotage du comité de réforme du mode de financement des établissements de santé. Ancien rapporteur du projet de "loi santé", il s'oppose alors à une suppression de la T2A - tarification à l’activité, un système de cotation des actes médicaux qui régit depuis les années 2000 le financement des hôpitaux, autrement dit l'indexation du budget des hôpitaux sur leur activité réelle qui cristallisait déjà pourtant le mécontentement des personnels hospitaliers et agite toujours le milieu hospitalier -, mais aussi à un retour à la "dotation financière globale".
Quelle que soit l’accusation, le ministre de la Santé protège son administration. 

Incurie dans les Ehpad ? 
Les ARS ont reçu "des instructions très claires pour dresser jour après jour l’état des lieux", mais les médecins sont actionnaires d'Ehpad... 

Pénurie de médicaments ?
 
Elles "établissent les priorités dans la répartition des stocks indispensables". Christophe Lannelongue ? "Un serviteur de l’État qui a cru bien faire". 
Dans un communiqué, le ministre Olivier Véran ajoute que, lors de la conférence de presse donnée vendredi 3 avril, les termes employés par Lannelongue "ont été mal interprétés"...

L’heure des comptes viendra-t-elle jamais ?
Pour le chercheur Henri Bergeron, un "bilan" de l'action des ARS devra bel et bien être mené. "On a pensé un peu naïvement qu’à partir du moment où on créait un organisme de coordination, la coopération entre les acteurs allait s’améliorer". Or, la crise "a révélé des problèmes majeurs de coordination, au niveau national comme au niveau local", souligne-t-il. Mais, si les problèmes de coordination sont réels, ils ne doivent pas masquer les autres et notamment la nécessité d'un contrôle par les élus régionaux de l'activité des agences, ce qui implique également l'introduction d'organismes paritaires dans la prise de décisions. 
Actuellement, les directeurs d'ARS sont des hauts-fonctionnaires ministériels recasés en régions lors des alternances politiques, parfois d'anciens directeurs des DRASS, de l'ARH et URCAM, IGAS, CPAM. D'autres proviennent du monde de la santé (Directeur d'hôpital), de la mutualité, mais certains arrivent du top management de... la grande distribution. 
En Midi-Pyrénées, l'intersyndicale critiqua à demi-mot les "méthodes de management d'un directeur général de l'ARS, DG issu du privé, arrivé tout droit de la grande distribution [Carrefour et Procter & Gamble France] et de la sidérurgie" (UNICEM, et IBM France, usine de Montpellier), Xavier Chastel.

jeudi 20 février 2020

Réforme à trous des retraites: vers un blocage, dès l'examen à Assemblée

Les Républicains réclame des précisions et la gauche, un véritable examen des amendements

L'examen de la réforme des retraites ont piétiné à l'Assemblée, virant au blocage 


Dès le troisième jour des débats mercredi, rappels au règlement de LR et suspensions se sont succédé dans une grande tension, empêchant l'avancée des travaux sur les milliers d'amendements. A l'ouverture de la séance, LR a réclamé des éclairages sur le financement de la réforme, et de la gauche dénonçant les règles en vigueur pour l'examen des 41.000 amendements. 

Dans une atmosphère houleuse, les trois groupes de gauche -PS, PCF et LFI- ont contesté les mesures prises la veille en conférence des présidents de l'Assemblée pour quadriller le débat, prévoyant notamment un seul orateur sur les amendements identiques. 
Pour la gauche, il est en particulier inacceptable que des amendements placés à différents endroits du texte tombent au motif qu'ils auraient le même objet. "C'est grave ce qui se passe", a lancé Sébastien Jumel (PCF), accusant le président de l'Assemblée "d'autoritarisme".
Dans un souci de respect de la pensée officielle, l''hebdomadaire Le Point ou Actu.Orange.fr Actualité reprennent d'ailleurs à l'identique et servilement la dépêche de l'AFP, 

Au perchoir, Richard Ferrand (LREM) est resté sourd aux revendications, défendant l'application d'une "règle constante" et exclu toute nouvelle conférence des présidents estimant, avec une insolente légèreté, que "les humeurs changeront".
Le patron de LR Christian Jacob a affirmé qu'avec une telle règle, "on arrive à quelque chose de ridicule".

Plusieurs suspensions de séance ont suivi, entrecoupées de l'examen d'une poignée d'amendements, rappelant la paralysie de juillet 2018 lors de l'examen du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla.
Lors d'une des multiples pauses, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation syndicale interprofessionnelle, jeudi 20, plusieurs insoumis et communistes ont entonné le chant des Gilets Jaunes "On est là".

Des élus disent leur "honte"
"Quelle image donnons-nous de nos travaux? C'est de l'anti-parlementarisme de base", s'est offusqué le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem), qui colle aux basques de LREM, applaudi comme un seul homme par la majorité, debout (contre la phlébite), tandis que le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski plaidait pour en revenir au débat. Sur Twitter, des élus - que Le Point, Orange ou 20 Minutes ne nomment pas plus que l'AFP - disaient leur "honte" que l'Assemblée "se transforme en cirque" ou déploraient "un concours Lépine de l'obstruction désolant".
 
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"Attention, vous jouez avec le feu", a aussi lancé Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM menaçant l'opposition, mais bien incapable de maintenir la cohésion de ses propres troupes, à qui le chef de l'exécutif a dû faire la leçon en convoquant ses députés à l'Elysée

"La question n'est plus celle du débat sur les retraites mais celle de la défense des institutions", s'est égosillé un Le Gendre dans l'emphase, comme pour défendre la démocratie mise en danger par la diffusion des selfies de masturbations de Griveaux, dans une: intervention conclue par une standing ovation des robots En Marche et une énième suspension de séance.


Depuis lundi,
les débats patinent sur cette réforme pleine de zones d'ombre où les élus LREM et UDI-Agir avancent à tâtons en s'encourageant de la voix, tentant de créer un système "universel" de retraites par points. Après de longues discussions sur le titre même du projet de loi, les députés n'ont entamé qu'en soirée l'examen de l'article 1er, consacré aux "principes généraux".

Avec Annie Genevard (LR) à la présidence de séance, la tension est un peu retombée, dans un hémicycle toujours assez fourni. Droite et gauche ont dénoncé des objectifs de réforme qui ne sont pas l'"équité", la "solidarité" ou encore la "liberté de choix pour les assurés", comme mis en avant dans le projet de loi dans un pur "geste littéraire", loin "de la réalité", selon les mots d'Eric Woerth (LR). 

A la co-rapporteure Corinne Vignon (LREM) - une décoratrice d'intérieur appropriée à cette fonction ! -  qui n'hésitait pas à se prévaloir du soutien à la réforme des Français rencontrés par les "marcheurs", le communiste Sébastien Jumel a demandé qui elle avait pu rencontrer dans ces "réunions Tupperware", s'attirant aussitôt claquements de pupitre et accusations de sexisme par la majorité et une nouvelle suspension de séance. 
Dans l'espoir que le calendrier puisse tenir, les députés siègeront au moins jusqu'au 6 mars, avec des travaux ce week-end. 

Le spectre de l'utilisation du "49-3", épée de Damoclès sur les débats

La Constitution permet au gouvernement d'y recourir et il ne s'en est pas privé lors du passage en force de la Loi Travail, pour contourner le Parlement en court-circuitant les débats pour faire adopter un projet de loi sans vote. "On va vers l'inconnu total", admet une source gouvernementale, qui dit assister "à ce triste spectacle bras ballants".
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Alternative au 49.3 préconisée à l'Assemblée
 par les députés Communistes et Insoumis 
Ex-socialiste strauss-kahnien, Florian Bachelier (LREM) soutient que d'avoir recours au "49-3" ne serait pas l'aveu d'une une défaite : "Pas du tout"; il ne faut pas que la majorité s'enferme dans le piège tendu par l'extrême gauche". Et d'ajouter cette phrase creuse : "chacun prendra ses responsabilités", variante du "j'assume" de Macron...
Lundi soir, un "marcheur" faisait du La Palisse: "soit c'est pénible mais on y arrive (...), soit ils font du Benalla et ça bloque complètement..."
Et Macron passera son Emmental par ordonnances. Une raclée raclette pour tous !

dimanche 2 février 2020

Xavier Bertrand dénonce la politique sécuritaire de Macron

Le président n'a pas "réconcilié les Français" mais les a "dressés les uns contre les autres". 

Macron ne tient pas ses promesses, notamment la réconciliation des Français 

Image associéeDe l'avis général, la politique et les comportements de Macron développent la haine, contre sa personne et ses soutiens, au premier rang desquels ses ministres et élus, au point que les membres du gouvernement rechignent à se présenter comme têtes de liste aux municipales ou, à l'inverse, pour échapper au guêpier LREM dans lequel ils se sont fourrés, et encore,  en dissimulant leur appartenance derrière des sigles flous. Une douzaine de députés a plaqué le parti du président, singulièrement des femmes qui, pour nombre d'entre elles, reprochent l'autoritarisme ambiant qui dénie à tous le droit de penser et agir par eux-mêmes.

"En même temps", la politique sécuritaire d'Emmanuel Macron est "un fiasco", déplore le président (ex-LR) de la Région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, dans le JDD. 
"Le pays est sous tension, divisé comme rarement," met en garde l'ancien ministre des Affaires sociales
"Nos rues sont le théâtre de violences depuis plus de quinze mois,"déplore-t-il encore  dans un entretien avec le Journal du Dimanche.

"Attention ! Le tissu français se déchire sous nos yeux et vous en êtes responsable, Monsieur le Président"

"Pendant les deux ans de mandat qu'il vous reste, votre priorité doit être de protéger les Français", demande Xavier Bertrand, un possible candidat à la présidentielle de 2022.
Le chef de l'Etat est "mal à l'aise avec ces questions régaliennes," constate-t-il. 

Il pointe aussi la responsabilité du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et celle de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, qui devrait "donner des directives claires et fortes en matière de justice pénale".

Il faut changer de politique

"Nous avons un triste record en matière de non-recouvrement des amendes et de non-exécution des peines", déplore-t-il en demandant que ne soit pas appliquée la nouvelle échelle des peines prévue par la loi sur la justice.

"Il y a en France un numerus clausus carcéral qui ne dit pas son nom", dénonce  Xavier Bertrand, et "la garde des Sceaux veut vider les prisons car la promesse de Macron de construire 15.000 places ne sera pas tenue," explique-t-il.

Faut-il remplacer ces deux ministres clés ? Oui, "car il faut changer de politique" et "il faut pour cela que le Président change, et déjà de comportement".

Le président des Hauts-de-France condamne le selfie de Macron exhibant cette semaine un T-shirt dénonçant les violences policières: "c'est une insulte aux forces de l'ordre, une remise en cause de ce qu'elles sont : les derniers remparts de la République".

vendredi 24 janvier 2020

Ségolène Royal dénonce "un régime autoritaire" en France

Macron débranche Royal 

Le Conseil des ministres doit acter vendredi  24 le limogeage n de Ségolène Royal au poste d'ambassadrice des pôles.


Ségolène Royal perd sa sinécure aux pôles gagnée au temps oû elle vantait Macron pour entrer au gouvernement. Le Conseil des ministres va entériner cette décision prise à la suite des nombreuses critiques de l'ancienne ministre contre la politique menée par Macron. 

Satisfaite de retrouver sa "liberté d'expression" - dont elle ne s'est jamais vraiment privée - l'ancienne candidate malheureuse laminée de 4 points à l'élection présidentielle de 2007 repart de plus belle et se déchaîne contre Macron. Vendredi, sur BFM TV, elle a jugé que la France est aujourd'hui plongée dans un "régime autoritaire"  

L'amère Royal décrit "un pouvoir qui n'écoute pas, qui n'en fait qu'à sa tête, qui assiste à la souffrance des citoyens sans réagir".

Elle pointe un "vrai problème de crise démocratique".  "Quand on voit dans le monde entier les images de violence, de ce qui se passe en France dans la rue, il y a beaucoup d'interrogations sur la nature de ce régime", a insisté Ségolène Royal, qui estime qu'il y a "un vrai problème de crise démocratique". 

L'ancienne ministre et présidente calamiteuse de Région a notamment fustigé la conduite de la réforme des retraites qui a "été très mal engagée, de façon autoritaire, autocratique, puisque les débats parlementaires n'ont même pas commencé".

Ségolène Royal a également regretté les récents propos du chef de l'Etat. 

Dans l'avion qui le ramenait d'Israël dans la nuit de jeudi à vendredi, Emmanuel Macron a dénoncé au Figaro «les discours politiques extraordinairement coupables» de l'opposition sur les violences en France. «Ses mots sont excessifs. Je crois qu'il faut qu'il reprenne son sang-froid», a jugé Ségolène Royal. Avant d'insister une nouvelle fois : «Dans une démocratie, on peut réformer sans brutaliser».

Royal accuse Macron de «détruire» le patrimoine «aux assurances privées»

Pressentie pour préparer une candidature à la présidentielle de 2022, Ségolène Royal, qui a créé un nouveau mouvement «Désir de France Avenir de la planète», a voulu rappeler que «la sécurité sociale, les retraites et la santé» représentaient «le patrimoine national commun des Français». «On ne doit pas le détruire uniquement pour permettre aux assurances privées d'acheter ces droits et que les Français se retrouvent solitaires, isolés, dressés les uns contre les autres», a-t-elle accusé.

Quant à ses ambitions politiques personnelles, l'ancienne candidate de 2007 a certifié qu'elle croyait «beaucoup à l'union nationale, à la concorde républicaine, à l'apaisement, à la bienveillance». «J'ai créé 'Désir de France Avenir de la planète', parce que le système français est aujourd'hui gravement menacé», a-t-elle souligné. Veut-elle se présenter à la présidentielle? «Si j'arrive à rassembler des hommes et des femmes qui ont envie de travailler sur un modèle alternatif de société où on est heureux de vivre ensemble, je le ferai», a-t-elle promis.

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dimanche 3 mars 2019

Liberté d'expression - Thomas Misrachi vire un Gilet jaune du plateau de BFMTV : le "grand débat", ce n'est pas sur cette chaîne !

L'arrogant journaliste a cherché à mettre son invité en difficulté

L
'arrogant présentateur a fait une crise d'autoritarisme, en direct sur l'antenne de BFMTV

Miscrachi a opposé 
son mépris au discours d'un Gilet jaune invité.
Misrachi, l'un des journalistes fossoyeurs de la profession

A 18h30, face à un modeste Gilet jaune, le journaliste a fait étalage de son parti-pris : "Si vous n'êtes pas content, la porte du plateau est là !" On le savait, bien qu'il s'en défende depuis quatre mois, ce présentateur macronien prétentieux occupe ce temps d'antenne davantage du fait de sa soumission au pouvoir que de sa compétence : sa crise en direct en dit long sur son sentiment d'infériorité masqué par une volonté inassouvie de pouvoir. Une névrose dont l'expansion brutale dans le paysage politique s'explique par l'arrivée au Palais Bourbon de députés ambitieux que leur parcours dans la société civile a laissés insatisfaits.  

Ce samedi soir, comme à son habitude, le présentateur ne présentait pas: il débattait. Il ne posait donc pas des questions : il tentait de faire avancer ses arguments par le biais de questions insidieuses, tendancieuses et fallacieuses. Il n'écoutait pas les réponses : il les interrompait. 
Alors, un peu après 18h30, le Gilet jaune en plateau, en direct, a exprimé son agacement à force d'être en permanence coupé par Misrachi, menton prognathe en avant : "Il n'y a que moi que vous coupez sans arrêt comme ça sur votre plateau. Alors laissez-moi finir mes explications."

Une remarque que le controversé Thomas Misrachi ne supporta pas :
"Ecoutez, c'est faux," répliqua le protégé d'Alain Weill (PDG de BFMTV) et Patrick Drahi (propriétaire de Libération, L'Express, BFM TV et RMC), péremptoire, agressif et aussi puissant, par patrons interposés. Mais, incapable de modestie et d'auto-critique, le petit bonhomme trahit son débordement par les événements en ajoutant : "Vous êtes 5 sur ce plateau et chacun doit pouvoir parler et il faut qu'on avance." Misrachi se serait-il surestimé ?

VOIR et ENTENDRE
l'agression du Gilet jaune (liste RIC aux Européennes) par un journaliste cassant Misrachi qui a rassemblée plus d'intervenants qu'il ne peut gérer et l'empêche de développer un raisonnement :

Chez Misrachi, il faut parler dans ses silences... c'est-à-dire répondre par oui ou par non. En effet, Misrachi est mal à l'aise lorsque la maîtrise du "débat" lui échappe.

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"Maintenant, si vous n'êtes pas content, la porte est là !" Se permettrait-il un tel mépris face à un politicien ou un annonceur ?
Sans plus attendre, dignement, le Gilet jaune - Jérémy Clément - décide alors de ne pas se laisser dicter ses comportements et déstabiliser : il quitte aussitôt le plateau de son hôte inhospitalier et intolérant que le peuple indispose...

BFMTV a en revanche offert entre 3 et 15 heures d'antenne au président en pré-campagne électorale, chaque semaine, en une ou en trois fois (une vingtaine d'heures la semaine dernière, sous n'importe quel prétexte), mais sacrifie à contre coeur à son obligation de céder du temps de parole aux opposants, contestataires et manifestants : les valeurs de la démocratie passent évidemment mal chez les totalitaires.

vendredi 24 août 2018

Sondage de rentrée : une majorité de Français doute des capacités du président

Crédibilité et confiance en chute libre...

Les Français sont 54% à juger l'action du chef de l'Etat décevante

confirme un sondage Elabe. 

Seulement 14% l'estiment "satisfaisante".
Diffusé mercredi pour la rentrée de l'exécutif, le sondage Elabe est sans appel. Macron perd encore -5 points par rapport à une précédente enquête mi-juillet et ils ne sont plus que 14% (-1) à la juger "satisfaisante". Pour un Français interrogé sur trois en revanche (32%, +6), "il est encore trop tôt pour se prononcer".

80% des Français le trouvent autoritaire. 
Après l'affaire Benalla et la trêve estivale, l'image d'Emmanuel Macron se dégrade encore par rapport à une enquête de janvier, selon ce sondage pour BFMTV. Huit Français sur dix le trouvent autoritaire, un ressenti en hausse (80%, +7) et ils sont aussi moins nombreux à le juger "dynamique" (72%, -5) et "capable de réformer le pays" (53%, -7).
 
Surtout, seules 28% (-16) des personnes interrogées le jugent "capable de rassembler les Français".

Pour une majorité également, la politique conduite par l'exécutif dégrade leur situation personnelle (58%) et celle du pays (57%). 6% pensent qu'elle améliore leur situation personnelle et 16% celle de la France. Pour les autres, elles restent "stables".

Pessimisme et perte de confiance s'ajoutent

Si 60% se disent "optimistes" pour leur avenir personnel, contre 40% d'un avis opposé, les Français sont en revanche "pessimistes" (67%) "sur l'avenir de la société" (contre 33% qui se veulent "optimistes").

Mais la majorité des sondés (55%) fait en revanche encore confiance à l'exécutif pour le prélèvement de l'impôt à la source. 
Mais c'est le seul sujet sur lequel une majorité se dégage en sa faveur. 

59% ne lui font pas confiance pour mener la réforme constitutionnelle, selon Elabe.

La défiance est pire encore sur la réduction des déficits (62%), ou à 68% sur la réforme des retraites.

*Enquête réalisée en ligne les 21 et 22 août auprès de 1.003 personnes de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d'erreur de 1,4 à 3,1 points.

Le président dépité a préféré repartir en vacances à Brégançon !

dimanche 27 août 2017

Chute à 40% de la popularité de Macron en août

En deux mois, la popularité d'Emmanuel Macron aura donc dévissé de 24 points

C'est clair, le trentenaire fait déjà mieux que ses prédécesseurs...
Déjà en juillet, maintenant en août, l'impopularité du chef de l'Etat grandit.  
Soit une chute de 14 points en un mois,  après celle de 10 points déjà observée en juillet. Il récolte plus que 40% d'opinions favorables.

Ses annonces, ses contradictions et ses comportements ont fait fondre la popularité d'Emmanuel Macron. 
Si on passe sur l'effet de saturation de la com' pour Brigitte Macron dans la presse estivale, le souverain républicain a accumulé les faux pas, qu'ils soient psychologiques avec sa crise d'autorité à l'encontre du chef des Armées ("Je suis votre chef": fermeté, autoritarisme ou aveu de faiblesse ?) et la visite de la chanteuse Rihanna à l’Elysée [elle est pas 'dead' 'la meuf' !], politiques avec la réduction des APL, sociaux avec une réforme anxiogène de la législation du travail, l’annonce de la hausse de la CSG et la suppression de l’ISF attisantles soupçons d’injustice sociale, ou diplomatiques avec son arrogance envers la Pologne. Il a donc encore décroché naturellement de son niveau déjà peu jupitérien de juillet, 54% d’opinions favorables, selon le baromètre Ifop-JDD du dimanche 23 juillet.

VOIR et ENTENDRE Alain Juppé citer quelques contradictions et erreurs de Macron, soulignant en outre que "tout finit par se payer" :

Le baromètre mensuel Ifop pour le JDD annonce une nouvelle chute en août.
 
Moins 14 points en un mois... Et il enregistre à peine 40% d'opinions favorables en août, contre 57% de mécontents, dont 20% de "très mécontents", soit un Français sur cinq.

Une chute spectaculaire, dans la logique de celle du mois de juillet (-10%). En deux mois, Emmanuel Macron aura donc perdu 24 points de popularité. C'est un record. Seul Jacques Chirac s'en approche, mais il avait perdu 20 points en quatre mois, entre mai et août 1995.

Selon cette enquête réalisée en ligne et par téléphone les 25 et 26 août, 
le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon est considéré comme la personnalité politique la plus à même (59%) d'incarner l'opposition à Emmanuel Macron dans les années à venir, 
devant la présidente du Front national Marine Le Pen (51%)
Benoît Hamon (ex-PS) et Laurent Wauquiez (LR), à 27% chacun, Valérie Pécresse (LR, 23%), la maire PS de Paris Anne Hidalgo (19%) et l'ancien président François Hollande (14%).

"Minoritaire" avant l'automne


De son côté, Edouard Philippe, premier ministre juppéiste, perd également 9 points en un mois, pour s'établir à 47% d'opinions favorables, contre 45% de mécontents.

Emmanuel Macron bat ainsi les records d'impopularité de son prédécesseur, François Hollande. 
Contrairement à lui, il est "minoritaire", c'est-à-dire en-dessous de la barre des 50%, avant même l'automne. En 2012, l'ancien premier secrétaire du PS bénéficiait toujours de 57% d'opinions favorables en août, soit seulement cinq points de moins qu'en juin. 
En 2007, Nicolas Sarkozy faisait mieux : dans l'été, il avait gagné 4 points, à 69% de satisfaits.

dimanche 23 juillet 2017

La popularité de Macron dégringole de 10 points en un mois.

Descente aux enfers avec un indice de satisfaction de 54%

Jupiter chez Hadès 
dans le baromètre Ifop-JDD

La popularité de Macron et Philippe en forte baisse (sondage)
Coup dur pour le prétentieux Macron, sur la rive du Styx, rivière des enfers.  
Encore majoritaire mais en chute libre, le président essuie le premier coup de tabac de son quinquennat. Le chef de l’Etat abandonne la stratosphère pour le plancher des vaches en perdant dix points en un mois dans le baromètre de l’exécutif réalisé par l’Ifop pour le JDD. Hormis Jacques Chirac, qui avait perdu 15 points entre mai et juillet 1995, c'est la plus forte baisse d'un président après trois mois au pouvoir. 
Simultanément, le total des mécontents passe de 35% à 43% de juin à juillet, se répartissant entre "très mécontents" (15% en juillet, contre 12% en juin) et "plutôt mécontents" (de 23% à 28%). 3% des sondés ne se prononcent pas, contre 1% le mois dernier.
Les Français ne sont déjà plus que 54% à porter un regard favorable sur son action. 
"Pour Emmanuel Macron, l’entrée dans l’atmosphère est brutale, commente Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l’Ifop. Il encaisse  le contrecoup de décisions et comportements divers, sanctionnés par différents secteurs  de la société.

Sa crise d'autoritarisme qui a provoqué la démission de son chef d'état-major des Armées qui dénonçait les coupes sombres dans le budget militaire a largement contribué à sa disgrâce, mais n'est pas la cause unique invoquée par les sondés.

La hausse de la CSG inquiète les retraités : -11 points chez les plus de 65 ans, -14 chez les 50-64 ans, 

La future réforme du droit du travail et le rétablissement du jour de carence visant les agents publics déplaisent à l'électorat de gauche et aux fonctionnaires : -12 points chez les sympathisants du PS, -18 parmi les salariés du secteur public, 

La confusion autour des mesures fiscales a également déstabilisé les classes moyennes et l'électorat de droite : -25 points chez les partisans du MoDem, -11 parmi ceux des Républicains.

Et encore les sondeurs n'ont-ils pas interrogé les Français sur
les efforts du nouveau venu pour exister au plan international, une primauté à son image personnelle vécue par la population comme blessante. 

Saturation de "com" et "coups de menton" arrogants 

Ces mesures punitives ont nourri la crainte d'un avenir de plomb confié sans partage à des élus aussi novices que soumis qui entérinent les premières ruptures avec les promesses du candidat Macron. "Certains sondés critiquent à voix haute une présidence fondée sur la com’ ", observe Jérôme Fourquet. D’autres reprochent au Président son "autoritarisme" face au général de Villiers, même si une petite part  continue  d'apprécier l'image du chef de l’Etat et le rythme de son action, en soulignant le contraste facile avec son prédécesseur qualifié de "bras cassé" et de "rétropédaleur". 

Malgré cette dégringolade rapide, Macron se situe encore à un niveau élevé par rapport à ses aînés : Mitterrand ne ­recueillait que 48% de satisfaction en septembre 1981  font valoir les sondeurs qui préjugent ainsi de la popularité de Macron dans deux mois, d'autant qu'en juillet 2012 Hollande était deux points plus haut, à 56% et que Nicolas Sarkozy enregistrait un taux de satisfaction de 12 points supérieur en juillet 2007 (66% )

Le Premier ministre Edouard Philippe perd 8 points à 56% de satisfaits. 
Le Premier ministre enregistre lui aussi un fort recul. Edouard Philippe passe sur la même période de 64% à 56% de satisfaits
52% des sondés se montrent "plutôt satisfaits" (contre 59% un mois plus tôt) et 4% se disent "très satisfaits" (-1%). Chez les mécontents, 27% se disent "plutôt mécontents" (+3%) et 10% "très mécontents" (+2%) : plus d'un sondé sur trois. Le taux des personnes interrogées ne se prononçant pas passe de 4% à 7%.
Selon un connaisseur des tréfonds de l'insatisfaction populaire, Hollande, "l'impopularité est nécessairement au rendez-vous" pour un président. Désormais, aux députés de la majorité, le petit coq promet   "ni caporalisme, ni ordre jupitérien". Mais ils sont maraboutés et, à la rentrée, les Français ne pourront compter que sur eux-mêmes ?

L'enquête a été réalisée par l'Ifop auprès d'un échantillon de 1.947 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas, du 17 au 22 juillet, par questionnaire auto-administré en ligne et par téléphone.