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vendredi 24 mai 2019

Hamon accuse les autres partis "de ne pas prendre au sérieux" les européennes

Crédité de moins de 5% aux européennes, Hamon est-il pris au sérieux ?

Monsieur 6,4% à la présidentielle et tête de liste "Printemps européen" de Génération.s aux européennes

Résultat de recherche d'images pour "Hamon varoufakis"Les autres partis ne "prennent pas au sérieux" cette élection, estime-t-il  jeudi, dans un entretien à Ouest-France, assurant qu'ils se sont "mal préparés aux questions et aux votes de demain"
"La plupart y vont avec un programme national, qu'ils ne pourront pas mettre en œuvre à Strasbourg parce qu'ils y siégeront au sein d'un groupe dont la majorité des membres ne partageront pas forcément leurs idées. C'est comme si, en France, vous vous présentiez aux législatives avec un programme de municipales !", a estimé le candidat, qui était vendredi à Rennes pour son dernier meeting.

Le programme de sa liste "le Printemps européen", présente dans 14 pays, est le fruit de "longues discussions" avec ses partenaires européens
Résultat de recherche d'images pour "Hamon montebourg"
fait valoir Hamon, 51 ans, citant le député de SYRIZA (sans en être membre) lors des élections anticipées de janvier 2015, Yannis Varoufakis, économiste et ancien ministre des Finances dans le gouvernement d'Alexis Tsípras, dont il démissionnera au bout de six mois, au lendemain du référendum du 5 juillet 2015. En mars, il se définit comme marxiste libertaire...

"Nous avons élaboré un vrai projet transnational, un programme de 43 pages, composé de propositions sur lesquelles nous nous sommes mis pleinement d'accord", a-t-il précisé, ajoutant que le programme des socialistes européens tient lui "en quatre pages". Il se dit d'ailleurs convaincu qu'il fera "plus que le Parti socialiste le 26 mai". La liste Glucksmann (Place publique-PS) tourne autour de 5%; la sienne, deux fois moins...

Résultat de recherche d'images pour "Hamon montebourg"
Compte tenu du "niveau d'incertitude" dans lequel se trouvent aujourd'hui les Français, B. Hamon,  ci-contre vautré à droite, veut croire qu'ils ne feront leur choix qu'au tout dernier moment.

"Chaque jour de campagne compte. Jusqu'au bout. On est même dans ce qu'on appelle le 'money time' en basket", a-t-il plaisanté. Il évoque ainsi la période de jeu durant laquelle la possession du ballon devient cruciale au basket.

Résultat de recherche d'images pour "pasidupes Hamon doigt d'honneur"
Il a toutefois réitéré ses critiques envers une campagne électorale d'une "médiocrité absolue", se plaignant ne pas avoir pu défendre ses idées, la faute, selon lui, à Emmanuel Macron, un autre prétentieux dépassé par sa "pensée complexe".
 
C'est "une faute politique grave pour l'Europe, accuse gravement le comique, surpris ci-contre adressant un doigt d'honneur à son interlocuteur. Avoir résumé cette élection à un scrutin intermédiaire qui reproduit l'élection présidentielle dans un affrontement de second tour entre Marine Le Pen et lui", a-t-il ajouté. Sa liste, intitulée "Printemps européen", comporte un nombre record de candidats issus de la diversité - 1 sur 3 parmi les trente premiers - rivalisant ainsi avec la liste communautariste présentée par les musulmans en France.

Selon un sondage Ipsos publié jeudi, le RN et LREM sont en hausse, respectivement à 24% et 23,5%, et Génération.s menée par Hamon est à 2,5% derrière la liste de Place Publique et du PS (5,5%).

lundi 6 mai 2019

Européennes: le PS pourrait n’avoir aucun élu le 26 mai

Le PS tombe sous les 5%, annoncent les sondages

La liste emmenée par Raphaël Glucksmann chute à 4,5%...

Olivier Faure, PS, Raphaël Glucksmann, Place publique,
et Claire Nouvian, écologiste sectaire, à Paris, le 16 mai 2019
Un appel au ralliement : le RN progresse et talonne LREM, qui perd deux points, prévient aussi Harris Interactive-Epoka, dans sa dernière enquête pour RTL, Le Figaro, et LCI-TF1, notoirement pro-Macron.

Les premières fois s’enchaînent pour le PS. 
En avril 2017, le candidat socialiste Benoît Hamon a recueilli le plus faible score de l’histoire récente du parti à une présidentielle, avec 6,36% des voix au premier tour. 
En mars 2019, le Parti socialiste a choisi de se ranger derrière Place Publique pour les européennes, renonçant ainsi à présenter son propre candidat comme il le faisait pourtant depuis 1979. 
En mai 2019, enfin, l'ex-parti de la Rue de Solférino pourrait n’obtenir aucun élu à envoyer au Parlement européen, ce qui serait un coup de grâce, à la fois politique et financier.

Selon ITWP Acquisitions Ltd., société d'investissement privée et actionnaire unique du français Toluna, Harris Interactive Europe, la liste PS - Place Publique emmenée par Raphaël Glucksmann vient en effet de chuter à 4,5%. Elle passe donc sous la barre capitale des 5%, qui est le seuil minimal pour faire élire des eurodéputés à Strasbourg. 
A titre de comparaison, le Parti socialiste compte aujourd’hui huit eurodéputés sortants, parmi lesquels l’ancien ministre de l’Education Vincent Peillon, promoteur de la théorie des genres, ou encore l’ex-syndicaliste Edouard Martin, fossoyeur de Florange, ex- socialiste et ex-porte parole de la délégation du parlement européen de Génération.s, la danseuse de Benoît Hamon.

LFI progresse aux dépens de EELV et des listes Gilets jaunes 

La liste du président Macron, Renaissance (LREM), emmenée par Nathalie Loiseau, ne parvient pas à prendre son envol.  Cette liste se tasse en tête de peloton, parallèlement à la dégringolade du PS. Ex-diplomate aussi creuse qu'hargneuse, l’ex-ministre des Affaires européennes perd deux points et plafonne désormais à 21,5%. L’écart avec la liste du Rassemblement national est donc plus serré que jamais, puisque Jordan Bardella gagne quant à lui 0,5%, et émarge désormais à 21% d’intentions de vote. Dimanche, Ipsos avait donné des sueurs froides : le Rassemblement national était passé en tête, à 22 %.

La liste Les Républicains de François-Xavier Bellamy continue de faire peur.
Pour preuve, l'entreprise commerciale Macron-friendly du jour fige LR dans sa progression à 14% (il est parti de 8%...), après lui avoir retiré 0,5%. La veille, Ipsos Sopra Steria pour Radio France et France Télévisions plaçait d'ailleurs la liste LR à 13,5 %...

Derrière, la liste de la France Insoumise et de Manon Aubry gagne 0,5%, et s’approche de la barre symbolique des 10%. Une progression qui semble se faire aux dépens de la liste Europe Ecologie-Les Verts de Yannick Jadot, qui perd un point et recule à 8%. 

Côté Gilets jaunes, la liste de Francis Lalanne est créditée de 2% d’intentions de vote. Nicolas Dupont-Aignan tombe quant à lui à 3%.

Les intentions de vote ne constituent pas une prévision de résultat, mais une indication du rapport de forces au jour de la réalisation du sondage.

45 % des électeurs pourraient changer d’avis.
A trois semaines du scrutin à un seul tour du 26 mai, seulement 55 % des personnes sondées ont figé leur choix : 45 % peuvent encore changer d’avis, selon cette étude. Les plus déterminés sont ceux ayant l’intention de voter RN et LREM : respectivement 75 % et 73 % sont sûrs de leur décision.
A l’inverse, EELV n'est pas audible et souffre d’une grande volatilité de son électorat potentiel : 74 % de ceux ayant l’intention de voter pour la liste de Yannick Jadot disent pouvoir encore changer d’avis.
Enfin, l’enquête montre que Benoît Hamon (Générations) est la tête de liste bénéficiant du plus fort taux de notoriété : 95 % des personnes sondées ont " entendu parler" de l’ancien candidat PS à la présidentielle. Or, seulement 3,5 % ont l’intention de voter pour lui...

Ni LREM, ni le PS, associé à Place publique, n’a encore fait connaître sa liste, ni son programme. Les petits soldats du parti du président ne s'étonnent évidemment de rien, mais les portes claquent au PS.
Ainsi la députée européenne sortante Christine Revault d’Allonnes a-t-elle mis la clé sous la porte de son bureau de Strasbourg. Elle a en effet décidé de ne pas figurer sur la liste Place publique-PS' après avoir attendu trois semaines des informations sur le contenu de cette liste. "Je refuse de signer un chèque en blanc; j’ai donc décidé de jeter l’éponge." Celle qui fut proche du premier secrétaire Olivier Faure, estime qu' "une campagne aussi bancale et impréparée, cela s’est peut-être vu dans d’autres partis, jamais au PS." 

Taubira peut-elle sortir la tête du PS de l'eau ?
L’ancienne garde des Sceaux de Hollande s’affiche derrière la liste du Parti socialiste-Place publique menée par Raphaël Gluscksmann. "Rendez-vous le 15 mai à 19h à Rouen pour un banquet républicain en présence de Raphaël Gluscksmann, Olivier Faure et Christiane Taubira. Venez nombreux !", peut-on lire dans un tweet du Parti socialiste daté du 5 mai. 
Fraîchement entré en campagne mi-mars, l’essayiste de 39 ans - fils de... (du philosophe André Glucksmann) - ne craint pas que l'Histoire se répète : candidate du Parti radical de gauche (PRG) à l'élection présidentielle de 2002, Taubira arriva en treizième position du premier tour de scrutin, avec 2,32 % des voix. Il lui sera reproché d'avoir favorisé l'échec de Lionel Jospin arrivé troisième derrière Jacques Chirac et Jean-Marie-Le Pen. A 67 ans, compte-t-elle payer en 2019 sa dette d'il y a 17 ans ?
La liste Place publique-PS vient à nouveau de s'illustrer

Invité de L'Heure des pros sur CNews ce matin, l'une des fondatrices de Place publique et candidate aux Européennes, la fondatrice et directrice de BLOOM, association loi de 1901 qui milite pour la protection des écosystèmes marins, mais dont les scientifiques de l'association 'Blue Fish' dénonce les thèses radicales, et ex-journaliste, Claire Nouvian a fait étalage de son mépris de ceux qui démontent ses déclarations prétendument scientifiques, haussant le ton et accaparant la parole, pour finalement traiter les chroniqueurs de "ringards" pour les uns, et de "réacs" pour les autres.
Puisque le fameux “réchauffement climatique” se solde par des températures hivernales en France au mois de mai (!) 2019, les climatolâtres ont changé leur fusil d’épaule : ils nous ordonnent désormais de parler de "dérèglement climatique". Face à la réactivité et à l’humour d'Elisabeth Levy, Claire Nouvian, l’une des prêtresses de cette nouvelle religion intégriste, a vite tombé le masque ; au programme : promesses de respect et d'écoute suivies de logorrhée, condescendance et mépris, insultes frontales, rire hystérique et gestes désordonnés, incapacité totale à débattre et bouderie. Tout cela fait mauvais genre, mais comment s'étonner que l'écologiste Claire Nouvian soit présente sur la liste des espèces socialistes en voie de disparition.

VOIR et ENTENDRE l'arrogance de l'intolérante écologiste : 


jeudi 28 mars 2019

Européennes: Hamon saisit la justice pour participer au débat de France 2, comme la paire Faure-Glucksmann

Hamon veut être le ...10e débatteur

La chaîne publique de télévision travaille pour la liste Glucksmann-
PS

Image associée
Liste commune Glucksmann-Salamé
France 2 respecte-t-elle sa déontologie professionnelle? 

Le CSA va-t-il jouer son rôle de gendarme de l'audiovisuel ?
Le candidat de Génération.s pour les européennes, Benoît Hamon, a annoncé avoir saisi la justice administrative mercredi pour contraindre France 2 à l'inviter à son débat sur les européennes du 4 avril.

Son avocat Me Philippe Bluteau a saisi le tribunal Administratif de Paris en référé-liberté, arguant de l'atteinte à une "liberté fondamentale" commise par la chaîne de service public, en l'espèce "le respect du principe du caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", et de l'obligation pour France 2 d'une "égalité de traitement" entre les candidats.
Le dernier sondage sur les élections européennes - La dernière étude a été effectuée par Ifop Opinion, publiée le 18 mars 2019.
Voici les résultats par formation politique : Lutte ouvrière (LO) : 0,5% ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : 1% ; Parti communiste (PCF) : 2% ; La France Insoumise (LFI) : 7,5% ;
Génération.s : 3% ; Parti socialiste (PS) : 6% ; Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : 8% ; La République en Marche (LREM) : 23,5% ; Union des démocrates indépendants (UDI) : 1,5% ; Les Républicains (LR) : 13,5% ; Debout la France (DLF) : 4,5% ; Les Patriotes : 0,5% ; Rassemblement national (RN) : 20,5% ; Union populaire républicaine (UPR de François Asselineau) : 1% ; Gilets jaunes : 4% ; Résistons! : 1,5%
Le défenseur du candidat affirme que rien ne justifie que M. Hamon ne soit pas invité, notamment au regard de la situation du candidat du PCF Ian Brossat et celui de l'UDI Jean-Christophe Lagarde.
La liste Génération.s est en effet "créditée de deux fois plus d'intentions de vote que la liste du PCF et la liste de l'UDI (4% dans l'étude IPSOS de mars 2019 portant sur 10.000 électeurs, contre 2% pour ces deux autres listes)".
De plus, le PCF ne compte "que deux députés européens sortants dans ses rangs et l'UDI aucun, au lieu de trois" pour Générations.
Enfin, Benoît Hamon est "la personnalité la plus populaire parmi l'ensemble des candidats tête de liste à l'élection du 26 mai", en recueillant par exemple l'adhésion de 21% des électeurs dans une étude Odoxa du 26 mars.


Hamon a lâché (dans le désordre) une trentaine de noms (des 79 requis) sur sa liste.
Si plusieurs figures politiques (un peu) connues apparaissent (les eurodéputés Isabelle Thomas et Guillaume Balas, l’ancien député Michel Pouzol, les conseillers régionaux Naïma Charaï -Nouvelle Aquitaine- et Pierre Serne -Île-de-France-, etc...), le mouvement a également mis en avant des responsables associatifs. Ainsi l’ancienne présidente de Médecins du Monde-France  Françoise Sivignon; Eric Pliez, le président du Samu social; Salah Amokrane, le cofondateur de l’association Tactikollectif, ont décidé de s’investir aux côtés de Benoît Hamon, qui sera tête de liste. Seront aussi en lice des proches de l’ex-ministre de Hollande (les deux porte-parole du mouvement Génération.s Aurore Lalucq et Mehdi Ouraoui, et son ancienne porte-parole pendant la présidentielle, Laura Slimani). Enfin, Benoît Hamon a rallié à lui l’ancienne oratrice de la France insoumise et ex-championne du monde de kick-boxing, Sarah Soilihi. 

France 2 a annoncé le 18 mars que neuf candidats seraient invités à son débat
du 4 avril: 
Résultat de recherche d'images pour "Patrick Cribouw"
Manon Aubry (LFI, jeune porte-parole de l'ONG Oxfam France), Jordan Bardella (RN), François-Xavier Bellamy (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS, avec Sylvie Guillaume, Eric Andrieu, Nora Mebarek, Christophe Clergeau, Pernelle Richardot, Jean-Marc Germain, mari d'Anne Hidalgo), Yannick Jadot (EELV) et Nathalie Loiseau (LREM), ainsi donc que I. Brossat et J-C. Lagarde, repêchés après avoir été écartés. Aucun des Gilets jaunes (de Patrick Cribouw, 64 ans, ci-contre, ou d'Ingrid Levavasseur) n'est sélectionné.

Le 24 mars 2019, la liste PS-PLace Publique était créditée de 7% des suffrages dans le sondage Harris INterractive / Epoka. Le Parti socialiste revenait dans les intentions de vote à hauteur de EELV et à un point de La France Insoumise, mais le flan Glucksmann s'est depuis affaissé et, bien que la 5e place soit réservée au fondateur de Nouvelle Donne et promoteur du 'Pacte finance climat', Pierre Larrouturou, sa pâte molle se situe entre 7 et 5%.

Dans un courrier adressé aux militants de Génération.s qui l'ont interpellée, et publié par le parti sur Twitter mercredi, la chaîne publique répond avoir tenu compte de la représentation des différents partis au Parlement européen et au Parlement français, des intentions de vote - donc des préférences des entreprises de sondages - et de "l'exigence de pluralisme dans l'exposition des courants de pensée politique".

France 2 ne distingue pas les "courants de pensée"  Glucksmann et Hamon.
"En effet, le courant de pensée PS incarné par Benoît Hamon à la présidentielle en 2017 est représenté par la liste commune PP-PS", argue l'auteur du courrier.

Résultat de recherche d'images pour "SAINT CRICQ Salamé"
La responsable du service politique de France 2 est Nathalie Saint-Cricq. Elle est l'un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest (présent dans cinq départements des régions Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine) et, depuis septembre 2017, elle est chroniqueuse dans L'Emission politique sur ...France 2, présentée par ...Hala (dite Léa) Salamé, laquelle vient d'avoir un petit garçon de ...Raphaël Glucksmann (Place publique).

mercredi 23 janvier 2019

Européennes : Le Drian pour mener la liste LREM ?

Le "monde nouveau" de Macron prend un coup de vieux...

Ou comment se débarrasser de Le Drian en douceur

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A l'approche des élections européennes, LREM se cherche toujours une tête de liste. Selon les informations de RTL, celle-ci pourrait être incarnée par l'actuel ministre des Affaires étrangères et de l'Europe. 


Mais le septuagénaire est, comme qui dirait, "usé, vieilli, fatigué" (de Jospin à Chirac, 2002). Impliqué dans l'affaire des passeports diplomatiques que le Quai d'Orsay - comme l'Elysée -  a négligé de récupérer auprès de Benalla, Le Drian semble au bout du rouleau. 
Peut-il encore servir à porter la liste  présidentielle aux Européennes et débarrasser le gouvernement ? C'est ce qu'espèrent quelques impétrants à sa succession. Si la liste ne brillait pas autant que promis par les entreprises commerciales de sondages, la faute incomberait au renégat socialiste. Un pari gagnant-gagnant de l'Elysée. 

L'idée aurait été suggérée par la désignation du trio de chefs de file annoncés par les adversaires politiques de LREM, suppute la journaliste de RTL, Pauline de Saint-Rémy. Il s'agirait de prendre le contre-pied des adversaires en opposant un vieux grigou aux candidats jeunes et peu expérimentés que sont: Jordan Bardella, 23 ans, pour le Rassemblement national (RN), François-Xavier Bellamy, 33 ans, pressenti pour Les Républicains (LR) et Manon Aubry, 29 ans, tête de liste pour la France insoumise (LFI), qui font le pari de la jeunesse et de la reconstruction de partis ébranlés par l'illusion Macron. Le parti majoritaire à l'Assemblée pourrait "jouer la carte de l'expérience", envisage la journaliste, dans sa tête, comme on parie aux courses.



Ce raisonnement trouve aussitôt ses limites, si on n'écarte pas d'office Benoît Hamon. En décembre 2018, le candidat de Génération.s, 52 ans, a annoncé sa candidature à la tête d'une liste d' "alliance citoyenne" : avec LFI, le Front de gauche et le PCF ?

"Il [Le Drian] serait un super choix car il peut 'junioriser' les têtes de liste de l'opposition", confie un ministre de tout premier plan, dont Le Monde voile l'identité. L'ancien ministre de François Hollande reste la personnalité préférée des Français au gouvernement Philippe. Selon un sondage Opinionway pour LCI publié dimanche, Jean-Yves Le Drian recueillerait 48 % d'opinions positives et progresserait de deux points, sans qu'on sache pourquoi : il suffit sans doute que son nom soit connu, depuis  28 ans (1991); son visage l'est déjà beaucoup moins.



Le Drian a pour habitude de se déclarer "non intéressé"

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Après Fabius, la place des narcoleptiques est plutôt
au Conseil constitutionnel
L'entourage de l'intéressé assure que le sujet n'est pas à l'ordre du jour : "il a déjà été candidat à treize élections, il en a gagné douze, ce n'est pas le sujet". Le raisonnement est-il cohérent ? Ca ressemble plutôt à un encouragement à concrétiser la demande...

A l'été 2018, Jean-Yves Le Drian avait balayé l'idée, près d'une année à l'avance : "J'ai lu ça; ce n'est pas dans mes projets. Je suis ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Cette tâche m'a été confiée par le président Macron; j'essaye de l'assurer le mieux possible," avait-il juré sur franceinfo, en langue de bois


Parallèlement, les noms de deux femmes auraient été opposés aux hommes de LR et du RN :  Brune Poirson, secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique, et de la navigatrice Maud Fontenoy auraient également été cités. Cette dernière serait toutefois jugée trop proche du maire de Nice, Christian Estosi. 
Reste Marlène Schiappa. S'il vous plaît, envoyez-la loin, si Strasbourg est assez loin...

samedi 19 janvier 2019

"Le grand débat n'est qu'une mise en scène pour faire diversion," souligne Dupont-Aignan

Et les maires ruraux se sont laissé prendre au piège 

Le grand débat national une opération de communication d'un "pouvoir aux abois", dénoncé par le leader de 'Debout la France'.

Suspecté de vouloir récupérer le mouvement en souhaitant, notamment, les intégrer dans sa liste, il tente de reprendre la main. La société commerciale de sondages Ifop-Fiducial le crédite d'un score supérieur à celui du Parti socialiste d'Olivier Faure et de Génération·s de Benoît Hamon, réunis pour les prochaines européennes, où l'ex-candidat PS à la présidentielle sera tête de liste, malgré son score (6,36 %) historiquement catastrophique en 2017. 

Tout semble donc sourire à Nicolas Dupont-Aignan
Naguère à la marge de la droite, le voilà presque au coude à coude avec Les Républicains, que les lobbies macroniens continuent de diaboliser ou de mépriser tour à tour. Celui qui a obtenu près de 5 % à la dernière présidentielle a réussi à surfer sur la crise qui touche le pays depuis le mois de novembre. Quitte à parfois en faire trop : omniprésence médiatique, sorties contestées, coups permanents. 

Le magazine Le Point qui l'interroge a la courtoisie de ne pas évoquer sa tentative avortée d'alliance avec le RN (alors encore FN) de Marine Le Pen, lors de l’entre-deux-tours de l'élection de 2017. A l'heure où le président de la République a donné le coup d'envoi du grand débat national, comment le leader de 'Debout la France' compte-t-il s'engager  ? Quelle est sa stratégie pour les européennes  ? Comment imagine-t-il l'union des droites  ? Le Point a publié son entretien avec le député de l'Essonne et tête de liste pour le scrutin européen.





Le Point : Comptez-vous contribuer au grand débat national  ?

Nicolas Dupont-Aignan : En démocratie, le débat est permanent ! Je n'ai pas besoin d'un grand débat national encadré et sur-dirigé pour contribuer. J'ai été le premier, dès le début de la crise des Gilets jaunes, à déposer, avec les sénateurs Jean-Louis Masson et Claudine Kauffmann, une proposition de loi avec une quarantaine d'articles apportant des réponses à la crise d'identité, la crise sociale et démocratique de notre pays. Ce grand débat est bancal depuis le départ, car Emmanuel Macron a prévenu qu'il ne changerait pas de politique ! Le seul débat qui peut exister doit s'organiser autour d'un référendum et d'une question précise. Tout cela n'est finalement qu'une mise en scène destinée à gagner du temps et à faire diversion. Emmanuel Macron demande « une minute de plus, Monsieur le bourreau ». La seule solution pour ce pouvoir aux abois est de revenir devant les Français afin de retrouver sa légitimité. Il peut le faire de trois façons : le référendum, la dissolution ou une nouvelle présidentielle. Il n'y a pas d'autres moyens de s'échapper. Le général de Gaulle a toujours osé le recours au peuple  !

La question de l'Algérie ou de l'élection présidentielle était autrement plus fondamentale que celle de l'ISF…

La justice fiscale n'est pas une question fondamentale  ? Le rapport à l'Union européenne n'est pas une question fondamentale  ? La politique migratoire en général et le pacte de Marrakech en particulier ne le sont pas  ? Emmanuel Macron n'a consulté ni les Français ni les parlementaires sur le Ceta, le pacte de Marrakech ou le traité d'Aix-la-Chapelle. Il nous fait un show avec les maires, mais n'aborde jamais les causes profondes et structurelles de la crise actuelle. Les Français ne sont pas dupes.

Ne surestimez-vous pas les implications du traité d'Aix-la-Chapelle ou du pacte de Marrakech, par exemple  ?

On est libre d'en discuter  ! Ce traité a fait chuter le gouvernement belge, il ne doit pas être si anecdotique que le pouvoir le prétend ! Si les États-Unis, Israël, la Pologne, la Hongrie ont refusé ce pacte, si ce débat a été décisif, même en Allemagne, ce n'est pas un hasard. Qu'on arrête, dès qu'on aborde un vrai sujet, de nous dire que ce n'est pas important. Le président de la République n'a pas compris qu'on ne peut pas gouverner éternellement contre tout un peuple. L'entêtement du président bloque le pays, l'économie est à l'arrêt. Il faut en sortir vite. J'attends de sa part des décisions rapides, idéalement légitimées par un référendum. Ce n'est pas avec de vieilles ficelles de communicant et des images de meeting dans un gymnase qu'il va résoudre la crise démocratique de tout un pays.

Les européennes qui arrivent sont une possibilité d'expression démocratique…

Elles tombent très bien. Très peu de gens relient la crise sociale et démocratique actuelle à la manière dont on a construit l'Europe. Reconnaissez que je suis l'un des rares qui depuis des années expliquent que la façon dont nos différents dirigeants ont imposé l'Union européenne aux peuples ne pouvait être qu'une source de divisions, d'appauvrissement, de pertes d'identité. Elle aboutit à une crise dans chaque pays. L'impasse technocratique de l'Union européenne défigure la belle idée européenne à laquelle je souscris. Je ne suis pas anti-européen. L'élection tombe au meilleur moment pour changer radicalement d'orientation européenne. C'est un enjeu historique : nous pouvons changer de majorité au Parlement. C'est d'ailleurs pourquoi je suis tête de liste de Debout la France.


Je ne rejette pas par avance tout ce que fait Emmanuel Macron. Cette réunion avec les maires aurait dû avoir lieu depuis longtemps, d'ailleurs. Cependant, s'il ne change pas parallèlement sa politique fiscale, ses orientations économiques, notamment la désindexation des pensions de retraite par rapport à l'inflation, s'il ne met pas en place le référendum d'initiative citoyenne ou ne propose rien sur l'immigration – il ne suffit pas de parler de quotas  ! –, tout cela ne sert à rien. Emmanuel Macron ouvre le débat en fermant les portes. C'est une contradiction structurelle.

Il a pourtant fait un geste en décembre avec des mesures de près de 10 milliards d'euros  !

Ce n'est pas en se contentant d'un énième chèque avec l'argent des Français que l'on répondra à cette crise. Ses « mesurettes » de 10 milliards ne sont pas financées et ne sont pas à la hauteur. Il ne fait pas d'économies parallèles, ce qui aboutira à des impôts nouveaux. Moi, je suis pour la récompense du travail. Je suis pour que l'on s'attaque aux gaspillages, notamment la fraude à la carte Vitale (un magistrat a évoqué 2 millions de fausses cartes Vitale, pour un montant de 14 milliards d'euros de fraudes). Je vais proposer 32 milliards d'euros d'économies, sans compter les 20 milliards d'euros de fraude internationale à la TVA que nous pourrions récupérer comme ont réussi nos voisins européens.

Sur les Gafa, c'est au niveau européen que cela se décide. La France a été toute seule…

… car la France n'est plus crédible en Europe  ! Emmanuel Macron n'a jamais osé taper du poing sur la table. La France lance toute seule des initiatives, mais elle n'est plus respectée. Nos artisans sont en train de crever à cause de la concurrence déloyale provoquée par la directive des travailleurs détachés. Le président a fait tout un cinéma, mais il n'a quasiment rien obtenu. Mme Merkel s'essuie les pieds sur le paillasson français. 
Sur les Gafa, si la France avait menacé de quitter le marché unique et de ne plus appliquer certaines dispositions en cas de rejet de ses propositions – ou même si elle avait utilisé les négociations sur le Brexit pour tordre le bras du paradis fiscal qu'est l'Irlande –, on aurait peut-être obtenu plus de choses. Nous avons des partenaires, mais Emmanuel Macron traite les gouvernements élus en Hongrie ou en Italie de lépreux. L'insulte comme mode de gouvernement contre les Français ou les partenaires européens, ça ne marche pas !

D'ailleurs, Matteo Salvini s'est exprimé au sujet des Gilets jaunes…N'est-ce pas là une ingérence dans la politique intérieure française  ?

C'était une réponse du berger à la bergère. C'est désastreux. Aucun pays n'a le droit de s'ingérer dans la politique française, mais il faut comprendre que, lorsqu'on a été traité de lépreux, on a envie de réagir. Emmanuel Macron a fait la leçon au monde entier et pense que nos partenaires vont se laisser insulter ?

Vous vous qualifiez de gaulliste. Le gaullisme, c'est l'ordre, le respect des institutions et l'équilibre budgétaire. Peut-on être gaulliste et soutien des Gilets jaunes  ?

D'abord, être gaulliste, c'est respecter le peuple. C'est un ordre juste. Le général de Gaulle s'est toujours appuyé sur le peuple. Le général de Gaulle a toujours privilégié la légitimité à la légalité, a toujours été du côté du progrès social. J'ai appelé les Gilets jaunes à déclarer leurs manifestations, à garder des revendications raisonnables et, bien sûr, à ne pas recourir à la violence. Je propose un plan alternatif concret : moins payer, gagner plus et vivre mieux ! Le tout financé par de vraies économies. J'ai relu le discours du général de Gaulle lors du plan de rigueur lancé en 1958. Quand il a demandé des efforts aux Français, il a aussi augmenté les petites retraites, revalorisé le salaire minimum et exigé que les plus privilégiés contribuent. Il a tout simplement assuré la cohésion de la nation. Il faut que l'État stratège reprenne la main et laisse plus de liberté pour les PME, les artisans, les commerçants et les innovateurs. Je suis exactement dans l'alchimie gaullienne.

Mais reste la question du désordre tous les samedis…

Les Français ont encore le droit de manifester ! Et les Français veulent à 99 % manifester pacifiquement. C'est au gouvernement d'assurer le bon déroulement des événements, n'inversons pas les choses.

Sauf que les manifestations des Gilets jaunes provoquent l'arrivée des casseurs…

Le gouvernement a laissé faire les casseurs pour décrédibiliser sans succès le mouvement. Il a traité les Gilets jaunes de peste brune, a donné des ordres contradictoires à la police sans assurer le maintien de l'ordre. Sur les Champs-Élysées, ce sont souvent les racailles de banlieue et les anarchistes d'extrême gauche qui ont cassé. Et on ne fait rien. Ne mélangeons pas tout. Je ne tomberai pas dans ce petit piège.

Quelles seraient vos questions si un référendum était organisé  ?

Trois questions : une sur un nouveau pacte fiscal (économie et baisse d'impôts), une question sur les institutions (l'instauration du RIC, de la proportionnelle, du casier judiciaire vierge et du vote blanc) et la fin de la submersion migratoire.

Mais les mandats ne vont plus se résumer qu'à dix-huit mois  !

Quand on gouverne n'importe comment, c'est ce qui se passe. Quand on écoute son peuple, on gouverne durablement ! M. Orbán a été réélu trois fois en Hongrie, le gouvernement italien est à 70 % d'opinions favorables. Que je sache, il y a des gouvernements populaires dans le monde. Notre classe politique hypocrite ne veut jamais demander leur avis aux Français. Je vois M. Wauquiez me critiquer, mais c'est lui qui a accentué, comme ministre des Affaires européennes, l'immigration en France. C'est lui qui a refusé depuis des mois le référendum d'initiative partagé que j'ai proposé pour stopper la submersion migratoire. Les Suisses donnent leur avis, et ça marche ! Ce n'est pas la démocratie référendaire qui a ruiné la France, mais le règne des partis ! Je suis convaincu que les Français voteraient une baisse des dépenses publiques et des gaspillages, des incitations fiscales à produire en France, le rétablissement des frontières, l'internement des fichés S… On interne des manifestants, des Gilets jaunes, et on n'interne pas des fichés S islamiques. C'est curieux  !

La problématique n'est-elle pas cette élection présidentielle 2017 qui, avec les affaires de François Fillon, n'a pas laissé le débat s'installer sur tout un tas de grands sujets  ?

Bien sûr. Si vous reprenez les sondages, les gens n'ont pas voté pour le projet d'Emmanuel Macron. Ils ont cru voter pour un homme jeune qui allait changer le système infernal mis en place depuis vingt ans. Or, M. Macron a recyclé dans son gouvernement toute l'oligarchie de droite comme de gauche pour appliquer puissance dix tous les programmes dont les Français ne voulaient plus depuis vingt ans : immigration folle, politique européenne de concurrence déloyale, sacrifice des plus modestes.

A un moment, ça pète, c'est tout. Il y a eu un coup d'Etat démocratique, organisé sur une image d'un président jeune et sympathique. Or, il s'avère qu'il mène une vieille politique et qu'il n'est pas sympathique. Donc il y a une déception. [Les ordonnances qui ont permis d'imposer a Loi Travail ont laissé des stigmates et les plaies se sont rouvertes en novembre dernier] Maintenant, il reste quand même trois ans et demi  ! Moi, je suis un être responsable, est-ce qu'on va vivre trois ans et demi dans cette guerre de tranchées  ? Non. Le pays ne doit pas être bloqué. Je demande au président de la République de prendre des décisions pour réorienter sa politique et se faire re-légitimer par le peuple. S'il ne veut pas de référendum de peur que la question se fixe sur sa personne, qu'il dissolve l'Assemblée et qu'il fasse de nouvelles élections législatives  !

Marine Le Pen, dont vous auriez pu être le Premier ministre, a assuré dans Valeurs actuelles que le mouvement des Gilets jaunes met en évidence des convergences entre elle et Jean-Luc Mélenchon. Et vous, voyez-vous des rapprochements possibles  ?

Alors, là, je ne comprends plus Marine Le Pen. Je le dis très clairement. Marine Le Pen ne veut pas faire l'union avec moi et Les Républicains, qui pensent comme nous sur des questions fondamentales. Et, maintenant, elle veut faire l'union avec Mélenchon. J'estime qu'on devrait faire l'union des patriotes, républicains, de droite, et de tous ceux qui aiment la France au-delà de la droite. Donc j'ai dit à Marine Le Pen pendant la préparation de cette campagne européenne, comme je l'ai dit à Laurent Wauquiez, que je serai l'inlassable promoteur d'une coalition de patriotes républicains avec un programme sérieux. Le programme de Jean-Luc Mélenchon est tout sauf sérieux : il a un programme fiscal ruineux et un programme migratoire délirant. De grâce, qu'on arrête les fantasmes  !

Pourquoi a-t-elle prononcé cette petite phrase  ? Uniquement pour déstabiliser Jean-Luc Mélenchon, brouiller son image, désorienter son électorat  ?

Marine Le Pen devrait tirer les leçons de l'échec de la présidentielle. Je trouve dommage qu'elle continue cette politique des coups. L'enjeu pour nous tous, c'est la crédibilité et le sérieux pour gouverner. Le pouvoir est aux abois, les Français veulent une alternative. M. Wauquiez pense qu'il peut l'incarner tout seul sur un programme flou. Personne n'a compris son programme  ! Mme Le Pen croit qu'elle peut gagner toute seule en continuant des coups politiques comme choisir une personne très jeune comme tête de liste, 23 ans, ou dire un mot pour l'électorat de Mélenchon, etc. Je crois que ce n'est pas l'enjeu  ! L'enjeu, c'est de préparer une alternative très sérieuse, avec de l'économie budgétaire, une relance de la production en France, l'arrêt de l'immigration, la fin du communautarisme islamique, une justice sociale alliée à une vraie dynamisation économique de nos entreprises, et une vraie participation démocratique. C'est mon seul objectif. Et je fais une liste parce que je suis convaincu qu'elle sera le laboratoire de cette union sérieuse.

Longtemps, vous avez été à la marge à la droite. Puis vous avez fait près de 5 % à la présidentielle, vous avez été crédité d'environ 7 % dans les intentions de vote aux européennes. Le ressentez-vous comme une forme de revanche  ? Et sentez-vous désormais votre parole plus porteuse  ?

Il n'y a aucun esprit de revanche. C'est simplement la récompense de la cohérence et de la sincérité. A 'Debout la France', nous n'avons jamais changé d'avis. Je pense qu'avec mon équipe nous avons dit les choses avant les autres, que ce soit sur la spoliation des autoroutes, sur la mauvaise Europe, sur le besoin de relocaliser les activités économiques en France, sur l'immigration. Je pense qu'on propose une alternative modérée et sérieuse. Je pense que les Français attendent du sérieux et, petit à petit, l'oiseau fait son nid. Il y a énormément de Républicains qui nous rejoignent. Et, d'ailleurs, c'est curieux, à la suite de la présidentielle, tous les articles de presse se sont focalisés sur les rapports Dupont-Aignan-Le Pen, mais, en vérité, ce sont les électeurs Républicains qui adhèrent chez nous en ce moment. J'insiste aussi sur ce point : nous progressons dans l'opinion, alors que nous avons dix fois moins de moyens et dix fois moins d'exposition médiatique que les autres. Tout cela passe par un travail de terrain, sur les réseaux sociaux, extrêmement profond et très solide.

Et aussi par une présence quasi discontinue de votre part sur les plateaux et duplex des chaînes de télévision…

Non, pas tant que ça. Les chiffres du CSA sont clairs, Debout la France dispose seulement de 2 à 3 % de temps de parole, alors que nous pesons au moins le double dans l'opinion. Sur les grands JT, j'ai beaucoup moins de temps d'antenne. Et je suis content qu'enfin le porte-parole Damien Lempereur commence à être connu des Français. Nous avons des élus comme le sénateur de Moselle Jean-Louis Masson ou la sénatrice du Var Claudine Kauffmann, des députés européens maintenant. Enfin, les médias commencent à voir qu'il n'y a pas que moi et qu'il y a beaucoup de gens derrière.

Vous parlez des ralliements à Debout la France. N'est-ce pas frustrant de voir Thierry Mariani rejoindre le Rassemblement national  ?

C'est son choix. Déjà, je trouve ça bien qu'il ait le courage de mettre en accord ses convictions avec son appartenance partisane. Je lui avais proposé il y a dix ans de ne pas voter le traité de Lisbonne, il l'avait fait, je l'avais regretté. Je vais être très clair avec vous, les Français n'en ont rien à faire de savoir si monsieur X ou madame Y vont là ou là. Ils veulent savoir si des équipes sérieuses vont bien travailler. Je ne suis pas dans un mercato de football avec le Rassemblement national, je respecte ce mouvement, nous avons eu une alliance et j'espère qu'il y en aura d'autres en l'élargissant à une partie des Républicains pour bâtir une vaste coalition. On ne va pas jouer à un petit jeu politicien  ! La France est menacée de disparition en tant que grande puissance libre qui offre un niveau de vie à ses enfants. Il y a des défis du XXIe siècle (technologiques, scientifiques) où l'Europe est absente. Alors, monsieur X, madame Y, je m'en fiche complètement. Notre liste va décoiffer  ! Notre liste va surprendre  ! Parce qu'il faut ouvrir aussi sur des personnalités de la société civile. La crise des Gilets jaunes a quand même déprécié le monde politique, donc il est important que notre liste, qui va être présentée fin février ou début mars, soit une liste plus conforme à l'idée que je me fais de la société française.

Pouvez-vous nous en dire plus  ?

Non, car je suis en train de la constituer.

Quel est votre objectif pour ces élections européennes  ?

L'objectif, c'est de ne pas envoyer à Strasbourg des gens qui cherchent un mandat, c'est d'envoyer à Strasbourg des gens qui veulent reconstruire l'Europe, qui amèneront une vraie expérience personnelle et leurs compétences pour bien représenter la France. Je cherche aussi à rassembler la plus grande coalition euroréaliste possible pour changer les choses. Cela ne sert à rien d'être en tête à tête avec un ou deux partis, comme l'a choisi Marine Le Pen. Debout la France travaille avec plus de vingt nationalités représentées à Strasbourg, c'est historique.

Vous êtes allé en Italie cette semaine pour rencontrer des dirigeants politiques italiens. Quel était l'objet de ces rendez-vous  ?

C'était une visite discrète, qui visiblement ne l'est plus, avec des personnalités italiennes…

Qui  ?

Des personnalités italiennes, pour faire connaissance. Je suis aussi allé en Belgique et en Hongrie parce que je suis tête de liste. Pas pour faire un coup politique, mais parce que je pense que la France doit renouer avec des partenaires et que nous préparons une grande alliance au Parlement européen pour changer les choses. Nous sommes les seuls à avoir vingt-deux partenaires puisque nous travaillons avec l'ECR [groupe des Conservateurs et Réformistes européens, NDLR]. Mais pas qu'avec eux  ! Je suis justement allé en Italie pour travailler avec d'autres partenaires. Il est normal que je connaisse des personnes pour que la France fasse passer ses idées sur le contrôle des frontières, sur les travailleurs détachés… Si je suis candidat, ce n'est pas pour faire un score, mais pour être utile à la France. Il faut enfin que ceux qui défendent la France rapportent des résultats concrets aux Français, et pas seulement de la protestation ! Ce n'est pas parce que M. Macron est dans les mains de Mme Merkel que les euroréalistes, ou les souverainistes, doivent se mettre dans la main des autres. Je veux y aller pour jouer un rôle là-bas. J'irai dans tous les pays. C'est aussi une question de sérieux, je suis tête de liste, je le fais sérieusement. Certaines têtes de liste n'ont pas vu un seul dirigeant étranger, si ce n'est dans un meeting… On aura un grand rassemblement à Paris, le 28 février, avec beaucoup de nationalités  !

Sur quels thèmes allez-vous appuyer durant cette campagne  ?

C'est très simple : d'abord rétablir les frontières, contrôler l'immigration, qui est un problème majeur, tout en développant une politique africaine de coopération…

Est-ce la problématique principale, selon vous  ?

Ce n'est pas la seule, mais c'est une des premières problématiques. La deuxième, c'est de faire des économies budgétaires pour rendre leur argent aux Français : l'Union européenne nous coûte 11 milliards net par an, c'était 2 milliards du temps de Chirac, ça fait 9 milliards de gaspillés. Il faut utiliser l'argent sur des projets industriels, pas pour faire des chèques à l'Albanie, à la Turquie, et aux technocrates. Il faut d'ailleurs supprimer la Commission, faire un grand nettoyage, cesser les gaspillages pour remettre l'Union européenne au service de projets technologiques et scientifiques de coopération. Troisième point : rapatrier rapidement des compétences quotidiennes pour que les pays puissent vivre comme ils veulent. Enfin, quatrièmement, travailler sur des projets de coopération dans tous les domaines pour que l'Europe rattrape la Chine et les États-Unis. Vous verrez, nous proposerons des choses intéressantes sur ce point. Vous serez surpris  ! Il faut passer d'une Europe tentaculaire, antidémocratique et bureaucratique à une Europe de projets. On est très loin de la caricature qu'on veut me mettre sur le dos en permanence d'anti-européen : je veux qu'on remette l'Europe sur l'essentiel  ! Qu'on arrête d'embêter les pays, les peuples, et qu'on se mette sur les choses importantes. Ce n'est pas le Frexit !

Justement, quelle analyse tirez-vous des déboires des Anglais en ce moment ?

Une fois encore, l'Union européenne cherche à écarter un vote démocratique ! La situation tragique entre les Anglais et l'Union européenne montre que tout le monde y perd. C'est l'impasse de l'UE qui a abouti au Brexit, ne renversons pas la charge de la preuve. Si les Anglais s'en vont, si le peuple anglais a décidé de partir, et que les peuples votent non à tous les référendums, c'est bien que le système ne marche pas. On n'est pas obligé de choisir entre la peste et le choléra, c'est absurde. Les européistes veulent sauver le mort-vivant qu'est l'Union européenne en pointant du doigt le Brexit, mais le Brexit, c'est leur œuvre  ! Cela montre l'urgence à réconcilier les peuples européens autour d'une Europe utile.