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lundi 20 mai 2019

'Renaissance' (LREM) réclame un 'fact-checking' en direct pendant les débats télévisés des Européennes

Fébrile, LREM craint la contestation et recherche une aide extérieure pour encadrer l'expression libre de ses pairs


La suspicieuse quinquagénaire vit dans la crainte de ne pas être à la hauteur des argumentaires de ses brillants jeunes pairs


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Après avoir d'abord refusé un débat public télévisé avec tous les 'premiers de cordée' adverses, elle a fait une exception pour Jordan Bardella, RN, considérant qu'elle ne pouvait zapper la liste qui lui dam le pion. De François-Xavier Bellamy, tête de liste LR, la capricieuse exigera finalement le huis-clos de l'Institut Montaigne, le 13 mai., mais aussi un médiateur sûr,  un homme de confiance, Dominique Seux (Les Echos, site du groupe LVMH propriété de l'homme d'affaires Bernard Arnault).
Lien PaSiDupes - Européennes : Loiseau (LREM) décline deux débats avec Bellamy (LR)La tête de liste LR cherche à qui parler mais la cage LREM est vide.

La liste du président va maintenant demander un "dispositif anti-fake news" aux chaînes de télévision.


Avec sa requête de dimanche, visant  les trois débats télévisés qui seront organisés d'ici aux élections européennes du 26 mai, la liste de La République en marche et du MoDem cultive le soupçon à l'encontre de ses listes d'opposition traitées comme des tricheurs 

Numéro 2 de la liste du mouvement présidentiel, l'ex-journaliste Pascal Canfin a révélé que LREM s'apprête à adresser cette demande insultante aux chaînes organisatrices France 2, LCI et BFMTV. "Nous allons, dès aujourd'hui, envoyer un courrier aux trois chaînes qui organisent ces trois débats pour leur demander officiellement de mettre en place un dispositif anti-mensonge, un dispositif anti-fake news en direct", a déclaré l'ex-eurodéputé écologiste, ex-ministre au Développement sous François Hollande,et tout récent ex-directeur général du WWF France, lors du Grand Rendez-vous Europe 1-CNEWS-Les Echos.


Une opération de la majorité macronienne pour jeter le discrédit sur l'ensemble des listes d'opposition

C
e dimanche après-midi, les trois chaînes ont fait observer aux manipulateurs de l'électorat que ces dispositifs de vérification en direct sont déjà en place lors de leurs émissions précédentes et le seront encore lors des derniers débats.


Une cellule de "trois, quatre journalistes", évidemment indépendants (Benjamin Duhamel, fils de Patrice Duhamel et de Nathalie Loiseau Saint-Cricq, neveu d’Alain, pour le service public, Ruth Elkrie,  SFR Group, propriété de l'homme d'affaires maroco-franco-libanais Patrick Drahi) et Jannick Alimi (Le Parisien, groupe LVMH) pourrait être chargée de repérer les fausses informations émises par tel ou telle responsable politique, puis de les dénoncer, via un bandeau affiché à l'écran. "Parce que la démocratie, c'est le débat sur des opinions, certes, mais aussi sur des faits qui, eux, sont incontestables", a commenté Pascal Canfin, en visant spécifiquement le Rassemblement national (RN) qui, accuse-t-il, s'est fait une "grande spécialité" des infox. 

Parmi les infox de Nathalie Loiseau, tête de liste de la majorité, ancienne candidate opposée à la liste Simone Veil aux Européennes de 1989, citons cette affirmation de ce dernier dimanche avant le scrutin, appelant à la fin d'un mouvement qui "tourne en rond", selon laquelle "le débouché politique des Gilets jaunes est plutôt à l'extrême droite".
Loiseau et Castaner n'ont pas accordé leurs pipeaux.
3Ce que j'ai vu, moi, dans les meetings où des 'gilets jaunes' se sont infiltrés, c'est que, quand nous leur avons demandé de sortir, ils ont toujours crié: 'Vive Marine' (Le Pen)", a accusé l'ex-ministre de Macron aux Affaires étrangères, dont la liste est régulièrement devancée dans les sondages par celle du Rassemblement national (RN), à une semaine des élections européennes, comme prévu par les stratèges de l'Elysée qui ont recommandé aux media et aux sondeurs, comme à leurs troupes, de répandre le slogan "Macron ou le chaos en Europe", rejouant ainsi l'acte 4 des présidentielles de 2007 et 2012, quand la stratégie de républicains serait en faveur de la "troisième voie" représentée par François-Xavier Bellamy (LR), tête de liste "Union de la droite et du centre". 
"Il y a une similitude, une proximité forte entre certains 'gilets jaunes' et le Rassemblement national", a insisté ce drôle de Loiseau, ex-candidate engagée en 1984 sur une liste de l’Union des étudiants de droite (UED), un syndicat issu du GUD (Groupe union défense), une organisation étudiante d’extrême droite aujourd’hui dissoute, qui accuse aujourd'hui, avec constance et véhémence, l'extrême droite de "jouer avec la violence". Macron va devoir vite accorder les discours de ces deux-là...

Une "cellule" de journalistes et un bandeau d'avertissement

Nathalie Loiseau, tête de liste de La République en marche aux élections européennes, enchaîne les couacs dans sa campagne.

Sans crainte d'une lourde responsabilité dans ce nouveau discrédit jeté sur la classe politique,
la majorité présidentielle assume sa contribution à la forte abstention annoncée au scrutin à un seul tour du 26 mai prochaine.
"Parce que la démocratie, c'est le débat, sur des opinions certes, mais aussi sur des faits incontestables, a estimé l'accusateur de ses propres collègues. Sinon le débat est tué, la démocratie souffre du fait que certains candidats, particulièrement ceux du RN, puissent dire absolument n'importe quoi", a-t-il insisté. Selon l'ancien allié de Hollande et Macron lorsqu'ils étaient à l'Elysée, les fact-checking que l'on trouve après les débats dans la presse arrivent trop tard et "personne ne [les] lit", a-t-il encore argué. 

Très concrètement, selon Pascal Canfin, ce dispositif doit se traduire par une "cellule de trois, quatre journalistes qui, en live, pendant le débat, vérifie si le chiffre ou l'affirmation qui viennent de sortir sont vrais ou faux". "Si c'est factuellement complètement faux, et c'est quand même une grande spécialité du RN, alors nous suggérons un bandeau en direct pendant l'émission", qui viendrait avertir les téléspectateurs que telle ou telle prise de parole est erronée. "Cela permettra d'améliorer la qualité du débat démocratique", avance le candidat LREM, posant en paragon du savoir et de la vertu. 
Tentant d'associer les autres candidats à cette initiative, Canfin a précisé que sa liste dresserait les participants contre l'orateur ou l'oratrice qui se mélangerait les pinceaux. Ce qui risque de coûter cher à sa tête de linotte, une 'serial-gaffeuse'...
Lien PaSiDupes - "Européennes : Macron et la bande à Loiseau se retrouvent dans un restaurant de luxe parisien : Macron avait tenu secrète sa visite aux candidats LREM désemparés par les bourdes de Loiseau

Addendum au florilège non-exhaustif des bourdes de Loiseau

Macron l'a sélectionnée, mais l'a répudiée. 
Difficile en effet de se tenir à jour de la somme des bulles de Nathalie Loiseau. Pourtant, elle va siéger au Parlement européen...
Lien PaSiDupes - "Européennes : Macron a-t-il chassé Loiseau et revêtu sa dépouille ? " : Macron compte-t-il aussi siéger au Parlement de Strasbourg ?

Lundi 29 avril sur France Cultureelle fit écho à la volonté de Macron de suppression de l'ENA dans une contorsion qui aurait dû être douloureuse à une ancienne directrice de l'ENA. Mais celle-ci est coutumière des reniements. La tête de liste 'Renaissance', qui n'avait pas hésité un peu plus tôt sur Radio J à se dire "soulagée qu'on donne un coup de pied dans la fourmilière", s'enfonce l'instant d'après dans la coquille de Calimero pour pointer à son tour l'entre-soi de l'école des hauts fonctionnaires : "Disons les choses : je n'ai pas été accueillie avec des fleurs, en n'étant pas ancienne de l'ENA, femme de moins de cinquante ans, j'avais l'impression d'être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l'ENA".
Lien PaSiDupes : "Nathalie Loiseau a laissé en vrac les comptes de l'ENA" La cheffe de file de la liste présidentielle aux Européennes n'était déjà pas une affaire à la tête de l'ENA

"Romanichelle", un terme dépréciatif désignant un membre de la communauté tsigane ou rom... Ballot, pour la candidate d'un mouvement d' arrogants, qui, dans la même émission, dénonce par ailleurs "la montée des nationalismes en Europe", prenant en exemple le "recul des libertés" et la montée de l'antisémitisme dans
la Hongrie de Viktor Orban. Or, devinez qui fait aussi l'objet d'une stigmatisation dans ce même pays ? La communauté rom !
Lien PaSiDupes - "Loiseau (LREM) reconnaît s'être sentie "une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l'ENA" : Nathalie Loiseau, tête de liste LREM, lance une nouvelle boule puante stigmatisante

Il n'a pas 
pourtant échappé non plus  à Canfin et ses semblables que la bécasse a été confrontée à une autre de ses contradictions, au sujet de la Pologne cette fois, quand des photos de sa dernière publication, "L'Europe en BD", auteure et formateuse des jeunes esprits prise en flagrant délit d'abus de faiblesse, Nathalie Loiseau, publiée le 17 avril aux éditions Casterman, ont surgi sur les réseaux sociaux. Pour prôner la tolérance vis-à-vis des différences culturelles entre les 28 pays membres de l'Union européenne, l'auteure du texte a choisi la question du mariage des homosexuels. Faisant dire à un enfant : "Moi, je suis Polonais. Eh bien, deux garçons qui se marient, en Pologne, même pas en rêve !". Les autres personnages prennent acte de cette déclaration, avec la bénédiction du professeur qui conclut, en toute neutralité déontologique et respectueuse : "Nous avons des différences, c'est sûr, et il faut les respecter. D'ailleurs, voici la devise de l'Europe : 'Unie dans la diversité'". Oops !

Une banalisation de l'opinion homophobe que Twitter n'a pas manqué de pointer, puisque la presse sous influence des lobbies LGBT l'a tue. "Présenter des propos et comportements homophobes dans un livre destiné aux jeunes comme relevant de la diversité de l’Union européenne, c’est contribuer à la banalisation de l’homophobie. Ceci est incompréhensible et très maladroit", a notamment réagi SOS homophobie. "Triste baffe aux personnes LGBT de toute Europe qui veulent l'égalité", a écrit de son côté l'avocat et député socialiste Boris Vallaud demandant, du haut de son 1,69m : "Cette démonstration absurde marche avec tout ? L'IVG ? L'accueil des réfugiés? Avec de tels "progressistes", à quoi servent les conservateurs ?".

Pour sa défense, Loiseau se targue de l'homosexualité de ses propres frères.
Pas de quoi faire douter la reine de la brêle, qui rétorque : "Décrire la Pologne telle qu'elle est ne veut pas dire qu'on l'approuve". Un message accompagné d'un passage d'une autre de ses œuvres, son livre écrit en 2014 ("Choisissez tout"), censé la dédouaner de tout soupçon d'homophobie : "Gais, il l'étaient tous et ils étaient tous gays. Le Paris de la mode, c'est eux, leur fantaisie, leur lucidité parfois noire et souvent drôle, leur capacité à jouer à fond la comédie de la mode et à en connaître la vanité… J'ai commencé avec eux un bout de chemin que je n'ai plus jamais arrêté [arr^ter un chemin?]. Minorités extralucides, mes frères homosexuels observent, analysent décryptent le mainstream comme personne"… Soit plus de clichés en une page que dans un livre entier de Yann Arthus-Bertrand, n'admettra jamais Canfin...
Constatant la faible adhésion à sa laborieuse démonstration, revoilà l'ancienne ministre qui s'enferre, s'en prenant dans un tweet solennel à Jaroslav Kaczynski - soupçonné d'homosexualité - pour manifester son opposition au leader du parti conservateur nationaliste polonais (PiS) dont est issu l’actuel président polonais : "L’homophobie de Jaroslav Kaczynski, qui désigne les LGBT comme une 'menace contre la Pologne', est en réalité une menace contre les valeurs de l’Europe. Ne laissons pas l’obscurantisme gagner en Europe". Estime-t-elle qu'à l'instar de son 'ami' polonais, les conservateurs nationalistes en sont tous ? Et que reste-il de "l'union dans la diversité des opinions" ?

Cerise sur le plantain de l'étourneau
Lien PaSiDupes - " 1989-2019 : quand Nathalie Loiseau (LREM) fut candidate sur une liste opposée à Simone Veil " Aujourd'hui, un fils Veil s'affiche sur la liste conduite par Loiseau

jeudi 28 mars 2019

Européennes: Hamon saisit la justice pour participer au débat de France 2, comme la paire Faure-Glucksmann

Hamon veut être le ...10e débatteur

La chaîne publique de télévision travaille pour la liste Glucksmann-
PS

Image associée
Liste commune Glucksmann-Salamé
France 2 respecte-t-elle sa déontologie professionnelle? 

Le CSA va-t-il jouer son rôle de gendarme de l'audiovisuel ?
Le candidat de Génération.s pour les européennes, Benoît Hamon, a annoncé avoir saisi la justice administrative mercredi pour contraindre France 2 à l'inviter à son débat sur les européennes du 4 avril.

Son avocat Me Philippe Bluteau a saisi le tribunal Administratif de Paris en référé-liberté, arguant de l'atteinte à une "liberté fondamentale" commise par la chaîne de service public, en l'espèce "le respect du principe du caractère pluraliste de l'expression des courants de pensée et d'opinion", et de l'obligation pour France 2 d'une "égalité de traitement" entre les candidats.
Le dernier sondage sur les élections européennes - La dernière étude a été effectuée par Ifop Opinion, publiée le 18 mars 2019.
Voici les résultats par formation politique : Lutte ouvrière (LO) : 0,5% ; Nouveau parti anticapitaliste (NPA) : 1% ; Parti communiste (PCF) : 2% ; La France Insoumise (LFI) : 7,5% ;
Génération.s : 3% ; Parti socialiste (PS) : 6% ; Europe Ecologie-Les Verts (EELV) : 8% ; La République en Marche (LREM) : 23,5% ; Union des démocrates indépendants (UDI) : 1,5% ; Les Républicains (LR) : 13,5% ; Debout la France (DLF) : 4,5% ; Les Patriotes : 0,5% ; Rassemblement national (RN) : 20,5% ; Union populaire républicaine (UPR de François Asselineau) : 1% ; Gilets jaunes : 4% ; Résistons! : 1,5%
Le défenseur du candidat affirme que rien ne justifie que M. Hamon ne soit pas invité, notamment au regard de la situation du candidat du PCF Ian Brossat et celui de l'UDI Jean-Christophe Lagarde.
La liste Génération.s est en effet "créditée de deux fois plus d'intentions de vote que la liste du PCF et la liste de l'UDI (4% dans l'étude IPSOS de mars 2019 portant sur 10.000 électeurs, contre 2% pour ces deux autres listes)".
De plus, le PCF ne compte "que deux députés européens sortants dans ses rangs et l'UDI aucun, au lieu de trois" pour Générations.
Enfin, Benoît Hamon est "la personnalité la plus populaire parmi l'ensemble des candidats tête de liste à l'élection du 26 mai", en recueillant par exemple l'adhésion de 21% des électeurs dans une étude Odoxa du 26 mars.


Hamon a lâché (dans le désordre) une trentaine de noms (des 79 requis) sur sa liste.
Si plusieurs figures politiques (un peu) connues apparaissent (les eurodéputés Isabelle Thomas et Guillaume Balas, l’ancien député Michel Pouzol, les conseillers régionaux Naïma Charaï -Nouvelle Aquitaine- et Pierre Serne -Île-de-France-, etc...), le mouvement a également mis en avant des responsables associatifs. Ainsi l’ancienne présidente de Médecins du Monde-France  Françoise Sivignon; Eric Pliez, le président du Samu social; Salah Amokrane, le cofondateur de l’association Tactikollectif, ont décidé de s’investir aux côtés de Benoît Hamon, qui sera tête de liste. Seront aussi en lice des proches de l’ex-ministre de Hollande (les deux porte-parole du mouvement Génération.s Aurore Lalucq et Mehdi Ouraoui, et son ancienne porte-parole pendant la présidentielle, Laura Slimani). Enfin, Benoît Hamon a rallié à lui l’ancienne oratrice de la France insoumise et ex-championne du monde de kick-boxing, Sarah Soilihi. 

France 2 a annoncé le 18 mars que neuf candidats seraient invités à son débat
du 4 avril: 
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Manon Aubry (LFI, jeune porte-parole de l'ONG Oxfam France), Jordan Bardella (RN), François-Xavier Bellamy (LR), Nicolas Dupont-Aignan (DLF), Raphaël Glucksmann (liste commune Place publique-PS, avec Sylvie Guillaume, Eric Andrieu, Nora Mebarek, Christophe Clergeau, Pernelle Richardot, Jean-Marc Germain, mari d'Anne Hidalgo), Yannick Jadot (EELV) et Nathalie Loiseau (LREM), ainsi donc que I. Brossat et J-C. Lagarde, repêchés après avoir été écartés. Aucun des Gilets jaunes (de Patrick Cribouw, 64 ans, ci-contre, ou d'Ingrid Levavasseur) n'est sélectionné.

Le 24 mars 2019, la liste PS-PLace Publique était créditée de 7% des suffrages dans le sondage Harris INterractive / Epoka. Le Parti socialiste revenait dans les intentions de vote à hauteur de EELV et à un point de La France Insoumise, mais le flan Glucksmann s'est depuis affaissé et, bien que la 5e place soit réservée au fondateur de Nouvelle Donne et promoteur du 'Pacte finance climat', Pierre Larrouturou, sa pâte molle se situe entre 7 et 5%.

Dans un courrier adressé aux militants de Génération.s qui l'ont interpellée, et publié par le parti sur Twitter mercredi, la chaîne publique répond avoir tenu compte de la représentation des différents partis au Parlement européen et au Parlement français, des intentions de vote - donc des préférences des entreprises de sondages - et de "l'exigence de pluralisme dans l'exposition des courants de pensée politique".

France 2 ne distingue pas les "courants de pensée"  Glucksmann et Hamon.
"En effet, le courant de pensée PS incarné par Benoît Hamon à la présidentielle en 2017 est représenté par la liste commune PP-PS", argue l'auteur du courrier.

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La responsable du service politique de France 2 est Nathalie Saint-Cricq. Elle est l'un des deux actionnaires majoritaires du groupe Nouvelle République du Centre-Ouest (présent dans cinq départements des régions Centre-Val de Loire et Nouvelle-Aquitaine) et, depuis septembre 2017, elle est chroniqueuse dans L'Emission politique sur ...France 2, présentée par ...Hala (dite Léa) Salamé, laquelle vient d'avoir un petit garçon de ...Raphaël Glucksmann (Place publique).

vendredi 14 octobre 2016

Primaire de la droite : bromure pour tous !

La prudence et la réserve font le bonheur de la gauche et de l'Etat islamique

Le premier débat de la primaire à droite ? BCBG

Le leurre de la gauche et des sondeurs a donné le ton: la prudence

Les sept candidats à la primaire de la droite exposaient hier leurs propositions dans un débat télévisé corseté où aucune sortie de route n'était guère possible. Sur plusieurs grands thèmes, le spectateur a pu juger du comportement des prétendants et d’une partie de leur programme, sans ennui.

La première impression  dominante est que la droite la plus bête du monde est plus maligne qu'il y paraît. Les échanges sont restés relativement corrects. Il semble qu’étant donnée la situation du pays, intelligemment mise en valeur en début d’émission, chacun des intervenants ait compris qu’il fallait gommer les querelles personnelles et souligner les différences. Chacun des candidats s’est d'ailleurs engagé à respecter le résultat de la primaire et à soutenir le vainqueur. On peut y croire, tout en s'attendant à un service minimum des perdants: Juppé et Fillon, aigris de nature, ne feraient pas de zèle, et les blessés, tel Copé, pourraient lâcher quelques flèches pour tracer leur route future, mais le débat est enregistré et les engagements resteront opposables.

En choisissant une primaire ouverte, la droite privilégie donc :
- son image, face à une gauche qui n’aurait pas manqué de lui reprocher un défaut de démocratie avec une primaire fermée,

- l'avenir, en préservant indirectement le vote centriste, rassembleur en vue du premier tour où, a priori, il suffira d’être deuxième pour l’emporter,

- l’exposition médiatique entretenue par la possibilité pour tout le monde ou presque de participer à la désignation du candidat qui s'imposera à toutes et tous: la mobilisation du plus grand nombre assure une large implication populaire et le respect des media acquis à la gauche.

Les favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, se sont montrés très prudents
 
Entre un ancien premier ministre attentif, mais frileux et un ancien président qui maîtrise jusqu'à sa diction et ne laisse rien passer de la caricature de ses propositions, il n’y a pas eu de grande prise de risque: rien qu'une grande fermeté sur les convictions. Les poursuivants sont, quant à eux, suffisamment loin derrière, qu'il leur a suffi de poser des jalons, quitte à risquer de perdre une place au second tour.

Les poursuivants doivent fournir l’effort derrière Juppé, le leurre de la presse 
Mais, eux aussi, ils se sont gardés de toute attaque à risque, si bien que leur ancien a pu paraître dominer le lot. 
Ainsi, Bruno Le Maire s’est présenté sans cravate, pour se donner une image plus jeune et détendue, mais son comportement sans compromission, notamment avec les journalistes, a pu agacer la profession. 
François Fillon s’est montré pugnace mais sans agressivité, tranquille et sûr de lui, quant il n'était pas en cause, avec la bonne connaissance des dossiers d'un gestionnaire resté dans le mouvement. Sentencieux, aussi.  
Bien que souriante, Nathalie Kosciusko-Morizet a souffert d’une image hautaine, peut-être trop policée et trop peu naturelle pour réellement convaincre, mais c'est surtout son discours binaire opposant les hommes du passé aux jeunes pleins d'avenir qui a souligné ses limites. 
On a retrouvé le Jean-François Copé des batailles à la tête de l’UMP, celui qui est pugnace et sans peur. 
Enfin, l'inconnu du lot, Jean-Frédéric Poisson avait tout à gagner et il a montré une réelle proximité d'homme de terrain avec le peuple et ne s'est pas laissé impressionner par les "éléphants".

Économie et sécurité : de la demande de libéralisme à la tentation de l'austérité

Au plan économique, l’idée que tout ou partie des solutions libérales est parmi les meilleures fait clairement son chemin. 
Si Alain Juppé a raté sa réponse à la spectatrice qui l’interrogeait sur la différence avec 1995, il présente certaines mesures plutôt libérales comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, tout en renforçant les fonctions régaliennes de l’État.
Nicolas Sarkozy propose une baisse de l’impôt sur le revenu de tous, ainsi que de ramener la dépense publique à 50% du PIB
La maîtrise de la dépense publique et la gestion des retraites tient aussi une place importante pour François Fillon. 
Dans ce domaine, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui est la grande innovante avec une proposition de flat-tax, pas de nouveaux fonctionnaires en dehors du régalien, la retraite par points et l’incitation au travail indépendant.
Bruno Le Maire propose aussi une baisse du nombre de fonctionnaires et une maîtrise de la dépense publique, mais marque sa volonté d’emprise forte de l’État sur l’économie
Les autres candidats se sont révélés plutôt étatistes (J.F. Poisson) ou plutôt dans un registre pragmatique, proche des aspirations du Medef (J.F. Copé).

Sur le terrain sécuritaire, on note une abondance de propositions contraignantes. 
Alain Juppé s’est prononcé pour le renseignement, la prison et l’État de droit, dans l’optique la plus traditionnelle qui soit vis-à-vis de ces questions. 
Face à lui, expulsion de fichés S, retraits de nationalité, interdiction du salafisme et autres mesures de grande fermeté se sont affrontées. Les candidats de la gauche devront jongler avec leur idéologie pour manifester toute la fermeté qu'impose l'époque.

Les élections approchent : les germes du libéralisme renaissent

Aucun des candidats ne s'affiche strictement libéral. Mais lorsque la droite a la possibilité de gagner, elle répond à l'attente de libéralisme économique du monde de l'entreprise et de production de richesse et de pouvoir d'achat pour tous.

Une fois au pouvoir, il y a toujours le risque de l'apparaître moins que prévu. Mais, cette fois-ci, la gauche a échoué dans la générosité à-tout-va, si bien que ses gaspillages sont vécus comme de lourdes pertes pénalisant gravement et durablement l'ensemble
Quel que soit le vainqueur, il devra réussir le tour de force de satisfaire cette demande libérale, même partiellement, tout en redressant l'économie et en rétablissant la sécurité du pays, en sorte que puissent être mesurés tous les effets positifs du libéralisme.