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mercredi 1 mai 2019

Macron ment-il sur la création de 500.000 emplois depuis deux ans ?

Macro a triché en conférence de presse: sera-t-il collé aux Européennes ?

Son baratin n'a pas pris auprès des experts



Le quinquennat de Macron n'aura apporté aucune amélioration
L'économie française a créé un demi-million de postes de travail depuis son arrivée au pouvoir, selon le président de la République la semaine dernière, lors de sa conférence de presse du 25 avril : "Les premiers résultats sont là : nous avons créé des emplois, plus de 500.000 ces deux premières années"
Or, en se félicitant des fruits de la politique économique déployée sous son impulsion depuis mai 2017, Macron va vite en besogne 
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Après le grand oral, les résultats...
Car, alors que nous sommes encore en attente des chiffres du premier trimestre 2019, le compte n'y est encore pas. Rien n'autorise ni le président, ni le gouvernement, pas plus que les godillots de la majorité parlementaire, à se tresser une telle couronne de laurier ?

Lors des trente minutes introductives qu'il s'est octroyées devant la presse impatiente de poser les questions pour lesquelles elle était à sa conférence dite de presse, Macron a précisé, au risque d'être désobligeant envers ses prédécesseurs: "Y compris dans le secteur industriel, où depuis plus de 10 ans nous étions en train de détruire constamment des emplois en France".

Macron a simplement choisi la période à prendre en compte qui lui est la moins défavorable. Pas de quoi crier au génie, plutôt hurler au manipulateur.
En effet, si Emmanuel Macron est officiellement entré en fonction le 14 mai 2017, soit quasiment deux ans avant sa conférence de presse du 25 avril 2019, il est impossible de mesurer les créations d’emplois de mai 2017 à mai 2019.
Les données les plus récentes sur l’emploi salarié s’arrêtent en effet au dernier trimestre 2018... Concernant le 1er trimestre 2019, la prochaine "estimation flash" de l’emploi salarié, ne sera pas dévoilée avant le 10 mai prochain. Sauf à prendre ses désirs pour des réalités, il est donc encore impossible d’intégrer les 5 derniers mois. La borne maximale, à ce jour, pour apprécier les créations d’emplois sous Macron, sera donc le 4e trimestre 2018.

Même le point de départ choisi par Macron est fallacieux

Les données, en effet, sont trimestrielles, alors que la prise de fonction d’Emmanuel Macron date du 14 mai, soit pile au milieu du deuxième trimestre 2019. Le président des riches n'a pas hésité à trancher à son avantage. 
Quelle que soit la méthode, partir soit du deuxième trimestre inclus, et donc le créditer d’un mois et demi dû à Hollande, soit du troisième trimestre, et donc ne pas prendre en compte le premier mois et demi de son action, le locataire de l'Elysée repeint sa façade à bon compte, mais frauduleusement. 
© Politis
La période retenue n'est pas indifférente, puisque ce seul second trimestre 2017 représente plus de 20% de l’ensemble des créations d’emplois sur la période large (fin mars 2017/fin 2018), une période faste partout en Europe.
Et si on fait commencer la période de référence à début avril 2017, on recense 400.000 emplois créés dans le secteur privé jusqu’au dernier trimestre 2018, soit sur 21 mois. Un chiffre qui se situe 100.000 en dessous du demi-million d’emplois que s'attribue le président lors de sa conférence de presse. D’autant que l’on exclut l’emploi public, qui, s’il était pris en compte, réduirait le solde à 382.000 postes créés.
Si on part du début du troisième trimestre, soit à compter du 1er juillet 2017, les créations d’emplois jusqu’à fin 2018 dans le secteur privé chutent alors à 315.000.
Or, cette deuxième période - 1er juillet 2017/31 décembre 2018 - paraît la plus appropriée, puisqu'elle lui est plus directement imputable. En effet, sauf à considérer que Macron seul à l’Elysée ait pu influer sur les créations d’emplois en France, le début du troisième trimestre est ce qui se rapproche le plus de la prise de fonction des députés à l’Assemblée nationale pour cette quinzième législature, c’est-à-dire le 21 juin.
Il faudra en réalité attendre de connaître les données du premier, puis du deuxième trimestre 2019, pour apprécier le chiffre des créations d’emplois sur deux ans complets depuis l’arrivée au pouvoir de la majorité "En Marche".

A noter, par ailleurs, que sur les emplois industriels,Macron a raison de pointer une (légère) embellie. Sur la période de 18 mois entre juillet 2017 et décembre 2018, ils ont effectivement augmenté de 12 000 (16 000 créations CDI/CDD - 4000 destructions dans l’intérim). Même si cela ne représente qu’une hausse de 0,4%, il faut ainsi remonter au début des années 2000 pour retrouver des créations nettes d’emplois dans ce secteur

En revanche, depuis le début du quinquennat Macron, les créations d’emplois dans le privé ralentissent.
Au cours des deux dernières années du mandat Hollande, il y a eu 448.000 créations d’emplois dans le privé.
Mais, à titre de comparaison partielle, il y en a eu 50.000 au dernier trimestre 2018, contre 106.000 un an plus tôt, au dernier trimestre 2017 : moitié moins ! 

Résultat de recherche d'images pour "chomage des migrants"

vendredi 14 octobre 2016

Primaire de la droite : bromure pour tous !

La prudence et la réserve font le bonheur de la gauche et de l'Etat islamique

Le premier débat de la primaire à droite ? BCBG

Le leurre de la gauche et des sondeurs a donné le ton: la prudence

Les sept candidats à la primaire de la droite exposaient hier leurs propositions dans un débat télévisé corseté où aucune sortie de route n'était guère possible. Sur plusieurs grands thèmes, le spectateur a pu juger du comportement des prétendants et d’une partie de leur programme, sans ennui.

La première impression  dominante est que la droite la plus bête du monde est plus maligne qu'il y paraît. Les échanges sont restés relativement corrects. Il semble qu’étant donnée la situation du pays, intelligemment mise en valeur en début d’émission, chacun des intervenants ait compris qu’il fallait gommer les querelles personnelles et souligner les différences. Chacun des candidats s’est d'ailleurs engagé à respecter le résultat de la primaire et à soutenir le vainqueur. On peut y croire, tout en s'attendant à un service minimum des perdants: Juppé et Fillon, aigris de nature, ne feraient pas de zèle, et les blessés, tel Copé, pourraient lâcher quelques flèches pour tracer leur route future, mais le débat est enregistré et les engagements resteront opposables.

En choisissant une primaire ouverte, la droite privilégie donc :
- son image, face à une gauche qui n’aurait pas manqué de lui reprocher un défaut de démocratie avec une primaire fermée,

- l'avenir, en préservant indirectement le vote centriste, rassembleur en vue du premier tour où, a priori, il suffira d’être deuxième pour l’emporter,

- l’exposition médiatique entretenue par la possibilité pour tout le monde ou presque de participer à la désignation du candidat qui s'imposera à toutes et tous: la mobilisation du plus grand nombre assure une large implication populaire et le respect des media acquis à la gauche.

Les favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, se sont montrés très prudents
 
Entre un ancien premier ministre attentif, mais frileux et un ancien président qui maîtrise jusqu'à sa diction et ne laisse rien passer de la caricature de ses propositions, il n’y a pas eu de grande prise de risque: rien qu'une grande fermeté sur les convictions. Les poursuivants sont, quant à eux, suffisamment loin derrière, qu'il leur a suffi de poser des jalons, quitte à risquer de perdre une place au second tour.

Les poursuivants doivent fournir l’effort derrière Juppé, le leurre de la presse 
Mais, eux aussi, ils se sont gardés de toute attaque à risque, si bien que leur ancien a pu paraître dominer le lot. 
Ainsi, Bruno Le Maire s’est présenté sans cravate, pour se donner une image plus jeune et détendue, mais son comportement sans compromission, notamment avec les journalistes, a pu agacer la profession. 
François Fillon s’est montré pugnace mais sans agressivité, tranquille et sûr de lui, quant il n'était pas en cause, avec la bonne connaissance des dossiers d'un gestionnaire resté dans le mouvement. Sentencieux, aussi.  
Bien que souriante, Nathalie Kosciusko-Morizet a souffert d’une image hautaine, peut-être trop policée et trop peu naturelle pour réellement convaincre, mais c'est surtout son discours binaire opposant les hommes du passé aux jeunes pleins d'avenir qui a souligné ses limites. 
On a retrouvé le Jean-François Copé des batailles à la tête de l’UMP, celui qui est pugnace et sans peur. 
Enfin, l'inconnu du lot, Jean-Frédéric Poisson avait tout à gagner et il a montré une réelle proximité d'homme de terrain avec le peuple et ne s'est pas laissé impressionner par les "éléphants".

Économie et sécurité : de la demande de libéralisme à la tentation de l'austérité

Au plan économique, l’idée que tout ou partie des solutions libérales est parmi les meilleures fait clairement son chemin. 
Si Alain Juppé a raté sa réponse à la spectatrice qui l’interrogeait sur la différence avec 1995, il présente certaines mesures plutôt libérales comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, tout en renforçant les fonctions régaliennes de l’État.
Nicolas Sarkozy propose une baisse de l’impôt sur le revenu de tous, ainsi que de ramener la dépense publique à 50% du PIB
La maîtrise de la dépense publique et la gestion des retraites tient aussi une place importante pour François Fillon. 
Dans ce domaine, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui est la grande innovante avec une proposition de flat-tax, pas de nouveaux fonctionnaires en dehors du régalien, la retraite par points et l’incitation au travail indépendant.
Bruno Le Maire propose aussi une baisse du nombre de fonctionnaires et une maîtrise de la dépense publique, mais marque sa volonté d’emprise forte de l’État sur l’économie
Les autres candidats se sont révélés plutôt étatistes (J.F. Poisson) ou plutôt dans un registre pragmatique, proche des aspirations du Medef (J.F. Copé).

Sur le terrain sécuritaire, on note une abondance de propositions contraignantes. 
Alain Juppé s’est prononcé pour le renseignement, la prison et l’État de droit, dans l’optique la plus traditionnelle qui soit vis-à-vis de ces questions. 
Face à lui, expulsion de fichés S, retraits de nationalité, interdiction du salafisme et autres mesures de grande fermeté se sont affrontées. Les candidats de la gauche devront jongler avec leur idéologie pour manifester toute la fermeté qu'impose l'époque.

Les élections approchent : les germes du libéralisme renaissent

Aucun des candidats ne s'affiche strictement libéral. Mais lorsque la droite a la possibilité de gagner, elle répond à l'attente de libéralisme économique du monde de l'entreprise et de production de richesse et de pouvoir d'achat pour tous.

Une fois au pouvoir, il y a toujours le risque de l'apparaître moins que prévu. Mais, cette fois-ci, la gauche a échoué dans la générosité à-tout-va, si bien que ses gaspillages sont vécus comme de lourdes pertes pénalisant gravement et durablement l'ensemble
Quel que soit le vainqueur, il devra réussir le tour de force de satisfaire cette demande libérale, même partiellement, tout en redressant l'économie et en rétablissant la sécurité du pays, en sorte que puissent être mesurés tous les effets positifs du libéralisme.

jeudi 5 mai 2016

Le pays ne va "pas mieux" selon une majorité de Français

Pour 54% des Français, l'économie ne redémarre pas

Pour la majorité des Français,
l'embellie économique vantée par François Hollande n'est pas perceptible.

Majoritairement, 54% des Français estiment que l'économie française ne redémarre pas, selon un sondage Elabe pour Les Echos, Radio Classique et l'Institut Montaigne ("réservoir d'idées" d'entrepreneurs et universitaires) diffusé jeudi. 

Cette enquête, qui montre un vécu contradictoire avec le sentiment du candidat Hollande pour qui le pays "va mieux", rejoint celle de BVA pour BC Consulting publiée mercredi dans laquelle 15% des sondés pensent que la situation s'améliore.

85% des sympathisants socialistes se disent optimistes...

Les avis sont politiquement contrastés

85% des sympathisants socialistes optimistes...
Dans le sondage Elabe, 45% des personnes interrogées pensent que l'économie redémarre, espérant un niveau comparable à celui d'octobre 2015, mais seuls 3% d'entre eux pensent que l'amélioration sera rapide.

Ainsi les sympathisants de gauche sont une large majorité à estimer que l'économie redémarre (72%), un optimisme largement porté par les sympathisants socialistes (85%).

L'opposition est nettement plus réservée.
Auprès des sympathisants de la droite et du centre, le constat est majoritairement négatif: 58% pensent que l'économie française ne redémarre pas, une proportion qui s'élève jusqu'à 62% auprès des sympathisants Les Républicains

Les sympathisants Front national sont encore plus tranchés sur la question: 76% estiment que l'économie ne redémarre pas.

Ce sondage a été réalisé les 2 et 3 mai auprès d'un échantillon de 1.000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

dimanche 6 décembre 2015

La politique économique de Hollande atterre les économistes

Budget 2016 : le gouvernement intensifie une politique qui ne fonctionne pas 

Un collectif de chercheurs et experts en économie explique pourquoi le gouvernement fait fausse route

Le contribualbe apprécierait
que ce soit vrai
L'Assemblée nationale a pourtant adopté le projet de loi de finances 2016. Des économistes, Philippe Légé, Christophe Ramaux, Henri Sterdyniak et Sébastien Villemot, dénoncent l'entêtement du gouvernement et notamment de Michel Sapin qui a présenté le projet de loi de finances à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2015.

Le gouvernement s’entête ? 
L
e projet de loi de finances (PLF) 2016 s’acharne à prolonger et même à intensifier une politique qui ne fonctionne pas, au motif, selon eux, qu'il réduit -ou tente de contrôler- les dépenses publiques pour baisser les impôts des entreprises et encourager la reprise économique et le redressement de la courbe de l'emploi. La situation est en effet extrêmement préoccupante : plus de 6,3 millions de personnes inscrites à Pôle emploi, soit 1,2 million de plus qu’en mai 2012. 

Or, ce collectif soutient que la dépense publique n’a jamais été aussi utile 
La présentation du PLF est symptomatique de cet aveuglement... libéral : au lieu de commencer par exposer ce qu’apporte -mais coûte- la dépense publique, et les éventuelles réorientations nécessaires pour qu’elle remplisse plus efficacement ses missions - ce que le pays attend, promesse après promesse, depuis bientôt quatre ans - , la réduction de la dépense publique et des déficits est devenu l’objectif central à atteindre, ce que conteste ce collectif, Les Économistes Atterrés.
Les "Atterrés", c'est qui? 
Ce sont des économistes radicaux qui se disent "atterrés" par l'absence de solidarité entre partenaires européens, par les cures d'austérité imposés en guise de "sauvetage" à des pays à peine sortis de récession, par un "pacte pour l'euro" qui assujettit les Etats à la loi des marchés financiers. Bref, par ce libéralisme honni auquel il reproche de résister à une crise qui dure et a pourtant failli engloutir l'Europe et les Etats-Unis. 
Le coprésident d'ATTAC, Thomas Coutrot, proche de la Fédération des Finances CGT, la FSU ou Solidaires, 
a lancé le mouvement au début de 2010. Il mobilisa une poignée d'économistes irrités par le retour de la pensée unique et l'absence de débat, comme Philippe Askenazy et André Orléan du CNRS et Henri Sterdyniak de l'OFCE le rejoignirent. 
Nul ne se doutait du succès qu'allait remporter leur "manifeste" à sa mise en ligne. Le texte recueillit 3.500 signatures, dont celles de 800 économistes universitaires: c'est dire combien l'Université française est orientée... Thomas Coutrot a beau être un militant altermondialiste, leur message intéresse au-delà de l'extrême gauche. 
Fort de ce succès, les "atterrés" sont sollicités par les internationalistes  pour animer des conférences en France mais aussi en Espagne au Portugal, en Belgique, au Royaume-Uni... Ils ont donc entamé un "Tour de France pour une autre Europe". Une vingtaine d'économistes signataires anime ce groupe d'activistes. 
Ils misent sur la dépense publique qui, selon eux, n’aurait jamais été aussi utile. Idéologues nostalgiques du temps où les dévaluations du franc permettaient de relancer artificiellement l'activité, comme au début des années 80 avec le premier mandat présidentiel de François Mitterrand, ils continuent de penser que la dépense publique a permis d’amortir considérablement le choc de la crise débutée en 2008. Ainsi, si le PIB français a augmenté de 2008 à 2014 d’un maigre 2%, cette hausse est à mettre au crédit de la consommation publique (éducation, santé…), au temps de Nicolas Sarkozy. Si cette dernière était restée constante, le PIB aurait au contraire diminué. Les prestations sociales (retraites, allocations familiales, chômage, RSA…) ont en outre permis de maintenir la consommation des ménages et de compenser partiellement l’effondrement de l’investissement privé. La brutalité de la crise justifiait un soutien social des plus défavorisés, au prix d'une augmentation de la dette publique.
Ce collectif accuse le pouvoir socialiste de n'avoir tiré aucune leçon des débuts de crise, sept années plus tard. Le gouvernement se fixe désormais pour objectif de réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros de 2014 à 2017. Certes, il s’agit d’une baisse par rapport à une tendance d’évolution spontanée, et non pas par rapport au niveau de 2014, mais l’austérité n’en est pas moins installée. 
Pour 2016, le gouvernement est contraint de réduire la dette publique qui s'est envolée et prévoit de limiter la progression des dépenses publiques à seulement 0,3% en volume, soit un taux historiquement bas, inférieur à la croissance anticipée. Un revirement politique s'imposait du fait de l'échec des mesures prises sur près de quatre années. L’investissement public est donc encadré, mais le collectif d'économistes anti-libéraux ne peuvent s'y résoudre, le déclarant sacrifié par les nouvelles orientations de Bercy. 

Hollande a tout fait et son contraire, mais la gauche radicale lui reproche son abandon de la social-démocratie

Ce collectif atterrant de ringardise vante la qualité des infrastructures de la France pour affirmer que, s'il est l’un des atouts traditionnels de la France, ce patrimoine collectif est aujourd’hui menacé par la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, qui assurent l’essentiel de l’investissement public. Concrètement, cela signifie moins de logements sociaux, de crèches, d’écoles, d’équipements sportifs et culturels, d’investissements dans la transition écologique… sans compter l’effet sur les PME (notamment dans le BTP). Or ces dépenses sont décidées par les collectivités territoriales... Quand le gouvernement s'engage en 2014 à créer 100.000 places de crèches d'ici 2017, c'est médiatiquement valorisant, mais son objectif est en fait menacé par un plan de rigueur imposé aux caisses d'allocations familiales: l'Etat leur demande de trouver 1,4 milliard d'euros sur les trois prochaines années... Il en va de même pour le logement social (par l’octroi de cessions foncières par la commune et de subventions complémentaires à celles de l’État), pour l'école (pour le 1er degré, les communes et le Conseil départemental pour les collèges) et pour la transition énergétique (le Conseil régional est chef de fille en matière de biodiversité, de qualité de l'air, de climat et d'énergie).

Sur les sept derniers trimestres, parce qu'il manque de rentrées financières, conséquence du chômage et de la croissance proche de la décroissance, l'Etat n'a d'autre choix - sous la pression de l'Union européenne - qu'un baisse de l’investissement public de l'ordre de 10% et la tendance devrait se poursuivre avec les baisses de dotations prévues par le PLF. 

Le collectif annonce une future dégradation de l'offre médicale. La Sécurité sociale subira également une coupe importante de 7,4 milliards d’euros, conséquence de la politique social-démocrate de Hollande et Ayrault, laquelle profite peu aux Français et davantage aux nouveaux venus, notamment les clandestins qui ont droit và l'école gratuite et obligatoire ou aux soins médicaux financés par la solidarité nationale. 
Ces dernières années, le système de santé a déjà été soumis à une très forte pression après les multiples réformes libérales, solutions obligées que ne peut indéfiniment financer la dette publique. Dans ces conditions, exiger de "faire plus avec moins" engendrera une nouvelle dégradation des conditions de travail et du service rendu aux patients, un sacrifice que refusent les démagogues, quand ils ne s'en emparent pas pour mener leur entreprise de subversion politique. Il obligera de plus en plus les Français à recourir aux complémentaires santé. 
Le gouvernement va devoir en outre modifier les règles de revalorisation des prestations au détriment des bénéficiaires. C'est déjà notamment le cas, il faudrait le dire, en matière de politique familiale. Laccord entre le patronat et certains syndicats sur les retraites complémentaires retirera environ 1 milliard d’euros aux retraités, non pas par une volonté de nuire, mais par nécessité; et le gouvernement table "cyniquement" (sic) sur des baisses de prestations chômage à l’issue des prochaines négociations à l’Unedic. La fraude aux allocations n'y est pas totalement étrangère... 

Le gouvernement multiplie les cadeaux aux entreprises, assurent les extrémistes... Parallèlement, le gouvernement amplifie les cadeaux aux entreprises. Et le collectif ne cite pas les entreprises de presse qui -subventionnées ou non - taxent néanmoins tous les lecteurs de leurs sites, riches et défavorisés également...

Ces "cadeaux" sont coûteux et inefficaces, mais c'est l'avis des militants de l'extrême gauche anti-libérale et militante, économistes inclus, puisqu'on fait dire aux chiffres ce qu'on veut. En 2016, les réductions d’impôts et de cotisations sociales au titre du CICE et du Pacte de responsabilité s’élèveront à 33 milliards d’euros. En septembre, les effets du CICE n'étaient pas encore vraiment spectaculaires: créés en décembre 2012, en dépit d'une montée en puissance, le CICE peine à remplir les objectifs fixés en matière d'emploi, d'investissement et de salaires. 
A la rentrée également, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) publia ses recommandations dans son projet de rapport sur l’état de la France: " La fragile reprise que connaît la France s’appuie avant tout sur des facteurs extérieurs, alors que les effets attendus des mesures telles que le CICE ou le pacte de responsabilité tardent à se faire sentir. Elle reste fragile, car le chômage demeure massif et l’investissement peine à reprendre", estime le Cese dans ce projet de rapport sur l’état de la France en 2015. Les Economistes atterrés doivent tout lire...

Contre le raisonnement libéral, les préventions des économistes idéologues ont la vie dure. Ils pointent un accroissement des marges des entreprises qui permettrait seulement d’augmenter leurs investissements et, partant, la croissance et l’emploi. Mais pas plus qu’hier, cela n’a été vérifié dans les faits, refusent-ils d'admettre. L’investissement des entreprises reste désespérément atone et n’a toujours pas retrouvé le niveau de 2008. On attend toujours les centaines de milliers d’emplois qui devaient résulter de cette politique de l’offre. 

Le gouvernement se refuse à admettre cette leçon keynésienne élémentaire du XXe siècle, grondent-ils: les entreprises n’embauchent que si elles en ont besoin pour produire, et pour cela encore faut-il vendre, ce qui relève de la gageure quand la demande est déprimée par l’austérité.  La dépense publique n'est pas la solution: faut-il en venir à une politique de grands travaux financés par l'Etat, c'est-à-dire par le contribuable, soit 50% des Français ? 

Tout en augmentant la fiscalité des ménages. Mais pas tous les ménages: seulement ceux qui travaillent, produisent de la richesse et des rentrées fiscales. Pour financer la forte baisse de la fiscalité des entreprises, le gouvernement augmente aussi la fiscalité sur les ménages. La baisse de 2 milliards de l’impôt sur le revenu – très critiquable car elle réduit le seul impôt progressif – ne permet pas de compenser les hausses de cotisations sociales des salariés, les augmentations d’impôts locaux (conséquence de la baisse des dotations de l’État), et celles de la fiscalité écologique (qui frappera les plus pauvres faute de mesures compensatoires ciblées). Au total, ce sont près de 3 milliards supplémentaires qui seront prélevés sur les ménages, ce qui ne manquera pas de pénaliser la consommation et le niveau de vie. 

Se libérer du carcan austéritaire, panacée des extrêmes

Comble de l’absurdité,
la politique d’austérité ne permet même pas d’atteindre l’objectif de baisse des déficits et de l’endettement public. Elle ne suffit pas, mais faut-il pour autant y renoncer, tout en accueillant des réfugiés? Depuis quelques semaines, élections régionales obligent, ils sont sortis des radars. Les frontières sont-elles pour autant devenues étanches ? Les dépenses d'aides sociales sont-elles jugulées ?

L’horizon auquel la France devrait atteindre le seuil de 3% de déficit public ne cesse d’être repoussé d’année en année (du fait de l’insuffisance de l’activité et donc des recettes fiscales), tandis que le ratio dette sur PIB augmente continûment (par "effet dénominateur"). Une augmentation continue des dépenses publiques endiguerait-elle le déficit public?  C’est une tout autre politique qu’il faudrait aujourd’hui mener, libérée du carcan austéritaire inscrit dans les traités européens. 

L'extrême gauche marxisante prône un "pacte social et écologique" 
A la suite des attentats du 13 novembre 2015, Hollande, le président de la République, a déclaré : "Le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité (et de croissance !)". Que ne l’avait-il dit plus tôt ? Ces attentats ont en effet mis en lumière le rôle indispensable des services publics et des fonctionnaires (?) - serviteurs de l'Etat et non producteurs de richesse (!) - qui ont su êre à la hauteur des circonstances malgré les baisses d’effectifs et de dotations. De nouvelles créations d'emplois dans la fonction publique ne paraissent donc pas indispensables, messieurs les économistes "atterrants"... 
Si les besoins de sécurité doivent l’emporter sur un pacte de stabilité mal pensé, il doit en être de même pour les besoins sociaux et écologiques, supputent-ils encore. La France est aujourd’hui en "état d’urgence sociale", avec un chômage de masse et des inégalités sociales et territoriales en hausse, notamment du fait de l'arrivée massive d'étrangers, une donnée qui n'apparaît nullement dans leur raisonnement sectaire. 

Les exigences de plein emploi et de cohésion sociale doivent redevenir les objectifs centraux de la politique économique, soulignent-ils. Il faut bien être experts en économie pour en arriver à cet objectif... Mais ils n'y contribuent en rien: l'unité nationale, ce n'est pas pour eux. Selon ceux qui séduisent l'électorat de la gauche et de la droite extrêmes pareillement, cela passe par une rupture avec les dogmes libéraux. Après l'effondrement des dogmes marxistes à l'épreuve des réalités, que resterait-il ? Ce collectif s'y accroche mais reste inaudible hors des cercles étroits de l'anti-libéralisme bruyant. 

l’heure de la COP21, fi de "l'état d'urgence" contre la menace islamiste. Ils choisissent "l’état d’urgence climatique" et donnent la priorité au lancement dès aujourd’hui des investissements massifs dans la reconversion de l’appareil productif et la transition énergétique. Pour être à la hauteur des enjeux de la période, c’est un "pacte social et écologique" qu’il faudrait mettre en place, l'obsession de l'heure. 
Comment ? Nous le saurons dans un prochain épisode: les attaques des économistes archaïques ne vont pas cesser jusque 2017, au moins.

lundi 8 décembre 2014

Loi Macron: l'arbre du travail du dimanche cache-t-il la forêt des licenciements collectifs ?

Que recèle-t-elle. que cache-t-elle ? 

Le projet de loi Macron vise à "déverrouiller l'économie française" 
De larges pans ont déjà été mis au jour, mais beaucoup de zones d'ombre subsistent et de nouveaux sujets pourraient aussi y surgir. Le ministre de l'Économie affirme lui-même que le contenu du projet de loi, souvent qualifié de "fourre-tout" tant il touche à des thèmes et des secteurs différents, n'est pas figé. "Je veux que, dans les prochains jours, nous fassions encore bouger le texte", a-t-il assuré vendredi.

La "loi sur la croissance et le pouvoir d'achat" initiée par Arnaud Montebourg avant qu'il ne plaque tout, a plusieurs fois changé d'intitulé. Présenté le 15 octobre comme la "loi pour l'activité et l'égalité des chances économiques", le texte devrait finalement être appelé : "loi pour la croissance et l'activité".

Ce qui y figurera

- Côté professions réglementées, le projet de loi prévoit notamment de libéraliser l'installation des nouveaux arrivants chez les huissiers, notaires et commissaires-priseurs, de bouleverser les grilles tarifaires et de permettre l'ouverture du capital des sociétés à d'autres professionnels libéraux (y compris chez les avocats). Les avocats verront aussi leur champ d'action élargi au niveau de la cour d'appel.

- Le travail le dimanche sera assoupli : les commerces non alimentaires pourront ouvrir 5 dimanches par an sur simple demande (et non sur autorisation préalable) et jusqu'à 12 dimanches par an au total. Les conditions de compensation pour les salariés ne sont en revanche pas encore connues. Le ministre a refusé de confirmer une version intermédiaire du projet de loi selon laquelle les PME de moins de 20 salariés n'auraient pas à verser de compensation salariale.

- Les magasins situés en "zone touristique internationale" seront autorisés à ouvrir jusqu'à minuit.

- Le secteur des transports en autocar, aujourd'hui extrêmement limité à l'intérieur des frontières françaises, sera libéralisé.

- Épargne et actionnariat salariaux seront simplifiés pour favoriser leur plus grande diffusion.

- La justice prud'homale sera réformée pour en réduire les délais, éviter le taux d'appel excessif et mieux former les juges, non professionnels, qui tranchent les litiges entre employeurs et salariés.

- Le texte évoquera aussi la cession de participations de l'État. Y figurera notamment la possibilité d'ouvrir le capital des aéroports de Nice et de Lyon, aujourd'hui détenus à 60 % par l'État. Le gouvernement prévoit de céder pour 5 à 10 milliards d'euros d'actifs au cours des 18 prochains mois, dont 4 milliards seront affectés au désendettement.

Ce qui a été sorti du projet de loi ou n'y figurera pas

- La réforme des tribunaux de commerce est renvoyée au ministère de la Justice et devrait figurer dans le projet de loi sur la "justice du XXIe siècle" de la garde des Sceaux Christiane Taubira.

- La réforme des pharmacies et prothèses dentaires a elle aussi changé de tutelle et devrait être incorporée à la loi santé, portée par la ministre Marisol Touraine.

- Le projet Cigeo (projet d'enfouissement des déchets radioactifs en couche géologique profonde), que le gouvernement a eu un temps la tentation de glisser dans le projet de loi, n'y figurera finalement pas, selon le réseau Sortir du nucléaire

- Le statut d'avocat en entreprise ne sera pas mentionné dans le projet du gouvernement : aux députés de décider s'ils l'ajoutent ou non. Or, ils sont 34 à exercer leur lobbying intérieur. Ce statut autoriserait les avocats à exercer leur profession en tant que salarié d'un autre avocat, d'une association ou d'une entreprise.

- Emmanuel Macron a dit ne pas vouloir légiférer sur le secteur des pièces automobiles (!) pour ne pas fragiliser les constructeurs automobiles.

Ce qui a été évoqué mais pas confirmé

- Le 15 octobre, Emmanuel Macron disait vouloir "piloter de manière plus efficace" les concessions accordées aux sociétés d'autoroute, mais le gouvernement, actuellement en négociation avec les concessionnaires, n'a pas encore précisé ses intentions.

- Le projet de loi pourrait autoriser le gouvernement à réformer par ordonnances la médecine du travail.

- Le texte pourrait aussi revenir sur certaines dispositions de l'accord sur la sécurisation de l'emploi, notamment en assouplissant les règles de licenciements collectifs. Un détail enseveli sous les immondices d'articles ?

- Il a aussi "vocation" à recueillir les conclusions de la négociation toujours en cours entre patronat et syndicat sur le dialogue social (seuils sociaux notamment).

- Emmanuel Macron avait évoqué le 16 octobre des mesures pour "réduire les coûts et les délais" du permis de conduire, précisant que les discussions étaient en cours.

- Des mesures en faveur des industries électro-intensives (sidérurgie et chimie) ont aussi été évoquées, sans plus de précisions.

On l'a compris,
ce fatras d'articles en tout genre ne définit toujours pas une ligne politique.

lundi 15 septembre 2014

Si DSK avait été élu, la France serait alliée de Poutine

DSK, la botte secrète de Poutine

Le président russe fait appel à l’expertise de l'ancien patron du FMI
Dominique Strauss-Kahn aurait accepté la mission d'atténuer l’effet des sanctions internationales.  Après l’affaire du Sofitel, DSK se refait d’abord une santé financière en intervenant dans de nombreuses conférences, dont certaines sont rémunérées jusqu’à 150.000 euros de l’heure. 
Puis il s’associe à un homme d’affaire, Thierry Leyne, et prend la tête d’une banque d’affaire luxembourgeoise baptisée LSK. Ensemble, ils vont créer la première banque d’investissement du Soudan du Sud. Là-bas, Dominique Strauss-Kahn comprend vite que son image n'a pas été entamée par les "affaires". 

Un socialiste social-libéral français pour réformer l’économie russe 

En 2013, DSK est nommé conseiller du gouvernement serbe. 

Puis il prend le pouvoir au conseil de surveillance d’une banque russe qui dépend du géant pétrolier Rosneft, placé aujourd’hui sur la liste noire des sanctions européennes.
Pour Christopher Dembick, économiste chez Saxo Bank, cela signifie que DSK est adoubé par le Kremlin.:
"Ce n'est pas public, il ne s'affiche pas avec Vladimir Poutine, mais on ne peut pas avoir de siège dans un conseil de surveillance d'une grande entreprise sans l'aval du Kremlin. [...] Il faut bien comprendre que la Russie a énormément de potentiel mais que son économie est en grande difficulté sur le court-terme. DSK peut donc apporter son expertise."
Cet engagement de DSK auprès de Poutine intervient alors que l'Union européenne a pris de nouvelles sanctions économiques contre la Russie. En Ukraine, où Kiev gère la partie pro-occidentale sous la tutelle américaine, le cessez-le-feu dans l'est du pays pro-russe, est globalement respecté. Mais l'OSCE réclame d'urgence une solution plus durable. La recherche est en cours d'une solution politique susceptible de résoudre le conflit entre Kiev et les séparatistes russophones, selon l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. L'ONU estime pour sa part que la trêve est une première étape d'un plan de paix censé mettre fin à cinq mois de combats qui ont fait plus de 3.000 morts.
Avec l’aggravation des sanctions internationales, son choix d'apporter son soutien au gouvernement serbe a fait de DSK un expert idéal aux yeux de la Russie. Aujourd'hui, Poutine compte plus que jamais sur l'ancien patron du FMI pour dynamiser son marché intérieur et contre-carrer l'action des alliés de l'Ukraine, notamment celle de François Hollande, le président par défaut de la gauche française. 

mardi 26 août 2014

Crise de régime: Valls a pris le risque d'un sabordage en reprenant Montebourg en avril

Hollande s'ampute du bras gauche

Le coup de poker de Montebourg dans Le Monde crée le chaos 
Lundi, la crise d'autorité de Valls précipite le désordre et la presse n'a pas de mots assez durs pour qualifier la cacophonie gouvernementale, véritable "crise de régime", d'un François Hollande qui se "coupe le bras gauche" et doit saisir "la dernière chance" de "sauver son quinquennat".
Les 17 et 20 août, le premier ministre, puis le président de la République avaient réaffirmé leur volonté de ne pas changer de cap économique, quand, dès le samedi 23 dans cet entretien avec Le Monde, le ministre de l'Economie avait plaidé pour "des solutions alternatives". Montebourg appelait plutôt à "faire évoluer nos choix politiques", à "apporter des solutions alternatives", à "donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et au chômage". Le ministre de l'Economie continuait à prendre Angela Merkel, pour cible, lui reprochant de réussir à contenir les dépenses publiques allemandes, là où il échouait, et appelant les états membres de l'U.-E. à "hausser le ton" contre l'intransigeance allemande.

Lundi 25, après 145 jour de gouvernement Valls, un record digne de la IVe République, le premier ministre obtenait du président Hollande la démission de ce gouvernement vérolé par plusieurs ministres contestataires: Montebourg, Hamon et Filippetti notamment.

Les chroniqueurs décrivent un sabordage du régime socialiste 

Jean-Francis Pécresse, dans Les Echos, insiste sur "la longue, spectaculaire litanie des crises politiques jalonnant ce quinquennat depuis l'affaire Cahuzac jusqu'au divorce avec les écologistes", estimant que "si l'exécutif ne change pas de braquet, le pays est condamné à vivre longtemps encore en régime de crise. Et pourquoi pas en crise de régime".

Alexis Brézet (Le Figaro) estime que la France a déjà entré dans une crise de régime: "sur fond de défiance abyssale et de désastre économique, comment ne pas reconnaître dans ce gouvernement devenu fou, ce Parti socialiste fracassé, cette majorité en charpie, tous les ingrédients d'une crise de régime dont les conséquences sont encore incalculables", écrit-il.

Pour Le Monde, la stratégie présidentielle consistant à maintenir le cap d'une politique controversée et d'évincer les ministres qui protestent est  "la dernière chance du président de sauver son quinquennat" et pour le couple de l'exécutif c'est "l'heure de vérité : ont-ils la majorité de leur politique ?"

"Rien ne doit dépasser, alignement total", s'énerve Patrick Apel-Muller dans l'Humanité après le débarquement des mutins. "François Hollande et Manuel Valls ont rapidement et brutalement sanctionné les deux ministres, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui avaient finalement dit tout haut ce que pensent une majorité d'électeurs de gauche : l'austérité mène le pays dans le mur..."

"Chacun ou presque sait maintenant que les critiques d'Arnaud Montebourg envers l'austérité européenne sonnent juste", renchérit Laurent Joffrin (Libération). Et d'ajouter, dans une ambiguïté qui lui sied bien comme à la situation, "avec ou sans Montebourg, il faudra répondre aux questions qu'il a posées. L'autorité est nécessaire dans un gouvernement. Elle ne saurait toujours rimer avec austérité."

En se séparant de ministres réclamant une politique plus sociale, Arnaud Montebourg (Economie), Benoît Hamon (Education) et Aurélie Filippetti (Culture), Hollande "se coupe le bras gauche", ironise Hervé Favre (La Voix du Nord) qui ne cherche pas à déplaire à la patronne régionale, l'animatrice socialiste des "frondeurs" du PS.

La démission du gouvernement Valls I consacre la fracture de l'exécutif avec la gauche depuis le PS 

"En agissant ainsi, François Hollande et Manuel Valls prennent évidemment le risque de cristalliser un bloc d'opposition à gaucheles 'frondeurs' du PS, qu'Arnaud Montebourg pourra désormais tenter de fédérer, feraient le pont avec les écologistes et le Front de gauche", souligne Guillaume Goubert (La Croix). Mais "le pouvoir exécutif dispose encore d'une carte: celle de la menace de dissolution en cas de blocage des institutions". Un menace toute théorique, car la majorité présidentielle est trop mince et les rebelles qui ont fait sauter Valls I ne sont pas des kamikazes. 
Pour l'éditorialiste du quotidien de la gauche catholique, "aucun parlementaire de gauche ne peut souhaiter aujourd'hui retourner devant les électeurs tant serait grande la déroute".