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lundi 6 février 2017

Affaire Penelope : conférence de presse de la dernière chance pour Fillon, à 16h

Une semaine décisive s'ouvre devant Fillon, 

Fillon doit à nouveau s'exprimer à 16h

François Fillon, ferré par les journalistes à la curée dans l'affaire de supposés emplois fictifs de son épouse, contestée dans son rôle d'assistante parlementaire, répondra  sur le sujet aux questions des journalistes, au départ d'une "semaine cruciale" pour son avenir politique, annonce la presse ce lundi. 

L'ancien Premier ministre va jouer une partie décisive face à la presse déchaînée qui joue contre le candidat désigné de la droite à la présidentielle la carte de la vertu, alors même que Fillon se lance dans une opération transparence de la dernière chance à la télévision, à la radio ou dans un autre média.

La presse militante participera-t-elle à un hallali  frontal ?
François Fillon "dos au mur", a "décidé de s'adresser aux Français pour "renouer le lien" et "convaincre" de sa légitimité" ", confirme Le Figaro. Le journal de centre droit avait pressenti cette "contre-offensive" après "un week-end de consultations".
Il est "obligé de nous convaincre encore et toujours de sa probité", fait mine de déplorer Jean-Claude Souléry de La Dépêche du Midi, journal du grand Sud appartenant au groupe de presse de la famille Baylet. Le Radical Jean-Michel Baylet, entré au gouvernement Valls en 2016, est resté ministre de l'Aménagement du territoire, de la Ruralité et des Collectivités territoriales de Cazeneuve.

Le vainqueur de la primaire de la droite et du centre "joue son va-tout pour sortir de la crise" et "pour reprendre la main", explique Les Echos du groupe LVMH détenu par la famille Pinault. Ce soutien de Hollande en 2012 souligne "qu'il joue gros".

"Il est aujourd'hui en grand danger", juge même Bruno Dive, de Sud-Ouest, deuxième quotidien régional dont le siège est à... Bordeaux.
Le 30 janvier 2004, Alain Juppé, jugé au tribunal de Nanterre, a été reconnu coupable de prise illégale d’intérêt et condamné à dix-huit mois de prison assortis de sursis et à 10 ans d’inéligibilité. Il était poursuivi pour avoir cautionné la présence de 7 salariés de la ville de Paris au sein du RPR. Acrimed accusa alors le quotidien Sud Ouest d'une appréciation compatissante de la condamnation... Selon l’édito, "la main des juges n’a pas tremblé. Faisant fi de l’immense responsabilité politique à laquelle ils se trouvaient involontairement confrontés, ils ont appliqué la loi dans toute sa rigueur et prononcé des attendus d’une rare sévérité".
Et donc "cette semaine devrait être cruciale" pour François Fillon, renchérit Jean-Michel Helvig, de la République des Pyrénées. "Son objectif" est de "sauver sa peau de candidat", ajoute l'éditorialiste, au pays de François Bayrou qui a été particulièrement virulent au sujet de la rumeur lancée par le Canard enchaîné, journal anarchiste. Sans jamais accuser François Fillon directement, il s'est interrogé: "Est-ce que la loi est la même pour tous ou y a-t-il une loi pour les puissants et une loi pour ceux qui n'ont pas ces avantages?" et "comme on le soupçonne, demande-t-on des sacrifices à ceux qui ont le moins d'avantages et on préserve ou on renforce les privilèges de ceux qui en ont le plus ?"

Pour Christophe Bonnefoy, du Journal de la Haute-Marne, François Fillon, a "réfléchi sans doute à la moins mauvaise manière de sortir des sables mouvants".

"Le passionné de courses automobiles qu'est François Fillon a beau enfoncer l'accélérateur, sa candidature ne répond plus", estime Pierre Fréhel dans le Républicain Lorrain, propriété du Crédit Mutuel, groupe bancaire détenteur du CIC et du Groupe Ebra (dont Le Dauphiné libéré, Le Progrès, Dernières Nouvelles d'Alsace ou L'Est républicain) et de Cofidis ou de téléphonie mobile (NRJ mobile). Ce dernier voit l'ancien Premier ministre "mal embarqué". "Il a 72 heures pour échapper à la mise hors course par ses propres amis", décide-t-il. 

"François Fillon ne pourra plus tenir longtemps", assure pour sa part Maurice Ulrich, dans l'Humanité, quotidien communiste qui ne tient, quant à lui, qu'avec les subventions de l'Etat - les Français, quelle que soit leur préférence politique - à la presse.

"La semaine qui vient sera capitale pour son calendrier, marquant d'une manière ou d'une autre son retour dans l'arène", juge encore Bernard Stéphan, dans La Montagne, dont le directeur général est Alain Védrine, ancien ministre de François Mitterrand.

"Le toujours candidat de la droite envisage une opération vérité. Un peu tard. C'était il y a quinze jours, au moment où l'affaire éclatait, qu'il fallait la dire, plutôt que de faire mine de se draper dans une dignité blessée", assène Patrice Carmouze, de l'Eclair des Pyrénées. 

Comme vainqueur de la primaire de la droite et du centre, François Fillon est l'homme à abattre de la gauche, faisant jusqu'ici figure de favori pour l'élection présidentielle d'avril.

Fillon fera connaître sa vérité,
 lundi à 16h00

Fillon joue-t-il sa dernière carte en tenant cette conférence de presse?  
Alors qu'après avoir tergiversé Alain Juppé a finalement "clairement et définitivement" exclu lundi matin de servir de recours en cas de renonciation de son vainqueur de la primaire, François Fillon compte s'exprimer "devant tous les Français" à 16H00 à son QG de campagne porte de Versailles à Paris, selon son entourage.
La riposte médiatique et politique a été gravement mûrie tout le week-end, avec l'idée d'être "plus offensif", à la suite de deux semaines d'insatisfactions de l'opinion consécutives aux premières accusations, ensuite revues et corrigées du Canard Enchaîné, dont on attend de savoir, s'il est si bien renseigné, d'où il tient ses informations. Lundi, Le Monde publie en effet des extraits de son audition par les policiers au cours de laquelle il a expliqué que sa fille et un de ses fils avaient travaillé sur son propre livre - et pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 - lorsqu'ils les salariaient comme assistants parlementaires au Sénat.
Salarié du journal Le Monde, journal officieux du PS, et qui se dit journaliste d'investigation, malgré son badge d'entrées nocturnes à l'Elysée, Fabrice Lhomme -qui fut chargé de développer le pôle enquête du site trotskiste Mediapart, a de nouveau montré sa face, ce jour précisément, sur les chaînes de télévision accueillantes pour développer ses accusations, après la thèse sournoise, l'antithèse soupçonneuse et la synthèse confiant à la justice la charge de la condamnation.
Le candidat dénonce un nouveau complot fomenté par la gauche au pouvoir, comme à chaque campagne présidentielle. A moins de trois mois de l'élection présidentielle, les media anarcho-révolutionnaires se sont encore livrés à leur agit-prop avec cette affaire. 
"Une crise sans doute la pire depuis très longtemps", selon le député LR Éric Ciotti, qui a appelé ses collègues à "garder leur sang froid". Les parlementaires sont en effet secoués par les remontées du terrain, à quatre mois d'élections législatives perturbées par la rumeur. 

Mercredi dernier, François Fillon leur avait demandé de "tenir 15 jours" derrière lui. Ils seront de nouveau réunis mardi matin au QG, tandis que les media assurent, avec une insistance bien peu républicaine et innocente, que des ténors de la droite (si le juge Fennech ou Gosselin en étaient !) déclarent de plateau en plateau très ouvert à tout que le candidat est "mort".
Soutien de Royal, puis Hollande, le très peu centriste François Bayrou a expliqué dimanche que Fillon n'a "pas d'autre solution" que de se retirer. 

Fillon sortira-t-il de son bunker intellectuel ?
"Il va traîner cette campagne comme un chemin de croix, lui qui avait été quasiment intronisé président de la République après sa victoire extraordinaire à la primaire", a taclé son ex-ministre du Parti radical dit 'Parti radical valoisien', Rama Yade, une centriste aussi pusillanime envers la majorité de gauche que vindicative envers la droite républicaine.  

Le député LR Damien Abad assure à l'inverse qu' "on n'est pas dans l'épisode de la dernière chance". "On est simplement dans un épisode-vérité. C'est la première étape du dispositif. Aujourd'hui, François Fillon est déterminé à aller jusqu'au bout et nous devons faire en sorte qu'il aille jusqu'au bout. Parce que le plan B, ce sera un plan bancal pour la droite", a-t-il ajouté, en direction de Juppé, alors que la presse continue néanmoins d'alimenter les spéculations sur un plan B. Alain Juppé a pourtant été enfin clair, écartant une nouvelle fois l'idée de jouer les recours de la droite. "J'ai dit quelle était ma position: clairement et définitivement, c'est non. Et vous me connaissez, non c'est non!", a insisté le maire de Bordeaux auprès de journalistes décidément sourds aux déclarations qui ne leur conviennent pas. 

"Aujourd'hui, on va écouter François Fillon", a ajouté Alain Juppé.
Il a déjà exclu par deux fois  l'idée répandue par les media d'un "ticket" avec François Baroin ou un autre, non pas en coulisses, comme disent les complotistes de la presse, mais en pleine lumière.   
"Celui qui derrière François Fillon, si François Fillon est empêché, a le plus de légitimité, c'est Alain Juppé", a lancé il y a huit jours l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, ancien ministre de Raffarin lequel soutient aussi Juppé, suggérant ainsi d'"appliquer la règle qui s'applique dans le domaine sportif: (...) si le premier est disqualifié, c'est le numéro deux" qui prend sa place.

Georges Fenech (LR), d'origine maltaise, regrette que François Fillon soit "dans une forme de bunker", "entouré par ses affidés". Et le député du Rhône a annoncé qu'il publiera dans l'après-midi "une liste de parlementaires" appelant Fillon à "un sursaut".
"Pour que Fillon soit débranché, il faut aussi qu'il accepte le plan B", juge un élu centriste, probablement modéré par ailleurs et qui préfère garder l'anonymat, alors que les quadras de la droite, notamment le chiraquien François Baroin et Laurent Wauquiez.

mardi 9 août 2016

Surpopulation carcérale : le triste bilan de Taubira à la Justice

Le bilan des années Taubira fait débat

Les peines alternatives à l’enfermement qu'elle a défendues pour désengorger les prisons ont-elles encore de l’avenir ?

Les idées de l’ancienne ministre démissionnaire de la Justice font polémique au regard de leurs conséquences en période de terrorisme islamiste. Le premier ministre paraît avoir tranché lundi en vantant les qualités de son successeur, Jean-Jacques Urvoas, un proche de Manuel Valls  lequel a annonçé pour l’automne un plan "spécifique, concret, précis" et surtout "financé" pour le parc pénitentiaire. "Le gouvernement agit, a-t-il martelé, en réponse aux murmures de passivité, et tout particulièrement depuis que Jean-Jacques Urvoas est garde des Sceaux", a assuré le premier ministre à Nîmes, taclant clairement Christiane Taubira. 

Il se trouve pourtant des partisans de la ministre pour positiver

Qui a dit "cabinets ministériels 
blancs" ?
"A quelques jours des deux ans de la loi Taubira qui promeut les alternatives à l’enfermement", certains construisent la légende de son passage Place Vendôme: "résoudre la surpopulation carcérale par la seule création de places de prison est une gageure", assure le quotidien économique du groupe LVMH, Les Echos
"On ne mettra pas fin à la surpopulation carcérale seulement en ouvrant de nouveaux lieux de détention, mais aussi en mettant fin à l’excès d’incarcérations", estime encore La Croix (marqué par la direction de l'ancien directeur de la rédaction du journal Le Monde) dans son éditorial signé Dominique Greiner. 
Sous influence de l'AFP, Sud-Ouest défend expressément les projets de "l’ancienne garde des Sceaux (qui) plaidait à juste titre pour une extension des peines de substitution. Mais celles-ci coûtent aussi de l’argent et, dans ce climat post-attentats [à moins que nous ne soyons encore dedans...], l’opinion française est plus tentée par les mesures d’enfermement", admet Christophe Lucet, éditorialiste de politique... étrangère.
Jean-Louis Hervois plaide dans La Charente libre (appartenant au groupe de presse précédent) pour "limiter la détention préventive et favoriser les alternatives à la prison plutôt que durcir des sanctions qui ne répondent qu’à nos peurs". 

L'idéologie à l'épreuve de la réalité

"Des mots et des promesses. Comme toujours", déplore l'observateur vigilant et échaudé Yves Thréard dans Le Figaro, qui fait valoir que quatre années ont été "perdues", "quatre années marquées par le fiasco de la politique de Christiane Taubira".
  
"Tragique erreur": A la différence des tenants de la pensée unique que n'ébranlent pas même les drames ni la légèreté ombrageuse du ministère de l'Intérieur, "il est vrai que la tragique erreur commise au bénéfice d’un des tueurs du père Hamel, en liberté conditionnelle [et sous bracelet électronique], ne favorise guère la promotion des peines alternatives", estime Bernard Maillard dans Le Républicain lorrain, confronté à des difficultés financières, aux destructions d'emplois et à la montée du FN. 
"Dans une société où la violence ne recule pas, les citoyens attendent des réponses humaines mais fortes et fermes afin que la prison conserve un effet dissuasif et soit un vrai vecteur de sanction", insiste Hervé Chabaud dans L’Union/L’Ardennais
"Faute d’une politique résolue et expliquée à la population, le problème s’aggrave d’année en année. Pour notre honte… et notre insécurité !", prévient l’écrivain Jean-François Bouthors dans les colonnes du premier quotidien français en termes de diffusion, Ouest-France, détenu à 100 % par une association loi 1901 et soumis à l'Etat, comme le démontrent les résultats des élections, alors que l'économie de la Bretagne, notamment agro-alimentaire (porc et volaille) est en souffrance. 

Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un
nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places.
Valls est donc allé faire de la comm' en passant à Nîmes sur la route des vacances.

Au-delà des effets d'annonce de Valls, Hollande ne change rien

Alors que les prisons sont des "cocottes-minutes", la contrôleure des prisons continue de plaider pour des alternatives à l'incarcération et un numerus clausus départemental. Créer de nouvelles places en prison n'est pas la solution magique pour résoudre la question de la surpopulation carcérale, réaffirme la contrôleure général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, une créature de Taubira...
Les électeurs de cette proche de Martine Aubry ne l'ont pas gardée en otage au parlement européen et ils l'ont également libérée de la mairie de Reims en 2014. Circule-t-elle depuis sous bracelet électronique? 
Juste un dernier détail Adeline Hazan a été présidente du Syndicat de la magistrature, (SM) de 1986 à 1989. Celui des "juges rouges": une surprise, de la part de Taubira ?


jeudi 31 mars 2016

Révision constitutionnelle: Hollande renonce; la presse l'étrille

"Gâchis", "fiasco", "déroute", "Waterloo", la presse étrille Hollande

La presse de jeudi étrille le zozo pour ce nouveau "fiasco" 

Le Figaro ménage tout le monde
Il voit dans ce renoncement une "déchéance d'autorité" et Paul-Henri du Limbert dénonce "le gâchis", estimant que "le premier - et principal - coupable est évidemment à chercher à l'Élysée". Mais il demande malgré tout aux Républicains de "s'abstenir de triompher trop bruyamment." L'éditorialiste, comme nombre de ses confrères, pense qu'il "est à craindre que l'opinion publique mette dans le même sac tous ceux qui ont applaudi [dans sa globalité,] le discours du 16 novembre à Versailles [sous le coup de l'émotion des attentats islamistes] - la gauche et la droite réunies - et [mais] qui ont mis quatre mois pour gâcher ce rare moment d'unité nationale". Quant au temps perdu par l'exécutif dans la lutte pour l'emploi,le pouvoir d'achat et les publiques, ce ne serait pas un immense gâchis ?

Libération regrette le "désastre" 
Grégoire Biseau a le sentiment qu'il y avait "dans ce pari trop d'arrières-pensées et de calculs". Pour autant, il se retourne contre le "jeu de la droite" qui aurait  a été "tout aussi désolant". Le secret espoir de faire chuter François Hollande l'a finalement emporté sur toute autre considération", polémique-t-il, dans un souci de partage des responsabilités.

L'Opinion moque l'anaphore 
-rétrospectivement grotesque- du candidat Hollande pendant la campagne présidentielle. 
"Moi président de la République, je réaliserai, en matière de réforme institutionnelle, un flop d'une intensité qu'aucun de mes prédécesseurs n'a jamais pu approcher" ironise cruellement Nicolas Beytout.

L'Humanité se dit soulagé
"François Hollande a sifflé hier la fin d'une sinistre comédie. Ouf ! Mais que de dégâts semés sur la route qui devait mener au Congrès de Versailles!", déclare également Patrick Apel-Muller, celui qui relança le journal communiste de bandes dessinées Pif Gadget.

La Croix  pointe des moyens disproportionnés au résultat
"On aura rarement vu cela, dans l'Histoire de la République. Une débauche de déclarations, de prises de position, de débats dans la presse, de joutes parlementaires, tout cela pour aboutir à rien", regrette Guillaume Goubert.

Les Echos pleure sur l'image écornée de Hollande
"François Hollande a bousculé [?] l'image Hollande", d'après une Cécile Cornudet, nostalgique de "l'homme de la synthèse". Une idée fausse ? "On savait où on était. Et puis, tout à coup, on n'a plus su. Le fleuve était sorti de son lit," raconte la désorientée.

La Voix du Nord rit jaune
"Quatre mois [ou quatre ans] et un enterrement," s'amuse Hervé Favre, évoquant les quatre mois de vifs débats qui ont déchiré la gauche. "Finalement, vouloir retourner à Versailles n'était pas une si bonne idée pour un monarque républicain surtout quand la révolution gronde dans ses rangs" et surtout en dehors, conclut-il.

Les Dernières Nouvelles d'Alsace fait les comptes
"Le coût politique de ce fiasco monumental n'est pas encore chiffrable, mais pour François Hollande, il sera à coup sûr extrêmement élevé", commente Pascal Coquis  qui qualifie "l'homme de la synthèse" de "Machiavel aux petits pieds".

Le Courrier picard tente un bilan
Bertrand Meinnel note que "de demi-victoires [exemple?] en défaites à chaque projet important, le chemin présidentiel tourne à la déroute".

Midi Libre n'y voit qu'un raté 
Pour Yann Marec, cet épisode "restera gravé comme un énorme raté".

L'Alsace évoque une bérézina
Raymond Couraud résume l'opinion générale: "tout ça, pour ça?!" et y voit un "Waterloo politique". Waterloo, en Belgique...

Et Sud-Ouest évoque le renoncement de... Taubira
Bruno Dive imagine en effet que l'on puisse "rembobiner le film en arrière [rembobiner en avant serait plus compliqué...], (et) réclamer le retour place Vendôme [les cent jours] de Christiane Taubira, dont il faut rappeler qu'elle a démissionné à grand fracas sur cette question." Hommes de peu de foi...

jeudi 10 mars 2016

La presse élyséenne se mobilise contre les manifestants du 9 mars 2016 opposés à la réforme du droit du Travail

Mais une mobilisation en "demi-teinte", selon... "des éditorialistes" régionaux

La presse partisane dénigre désormais le mouvement de protestation des étudiants et salariés

Qui l'eût cru il y a quatre ans ?...
Au lendemain des manifestations contre le projet de loi de réforme du droit du travail dont Valls a accablé El Khomri, une "grande partie" des quotidiens juge jeudi que la mobilisation pour ce "premier tour de chauffe" a été en "demi-teinte", selon l'AFP, agence de presse clairement officielle, reprise par  . 
Or, ils ont été 224.000 manifestants en France à descendre dans la rue, selon la police et malgré la pluie, et entre 400.000 à 500.000 personnes, selon les sept syndicats.
"Avec quelques dizaines de milliers de manifestants dans le pays, elle a été en demi-teinte", juge Jean-Francis Pécresse, dans Les Echos, du groupe de grand luxe LVMH, propriété de Bernard Arnault, acquéreur en octobre 2015, du quotidien Le Parisien. "La pression de la rue n'est pas si forte qu'elle puisse empêcher l'exécutif de mener à bien sa réforme libérale du droit du travail", estime-t-il. "Mais, pour la gauche, le prix politique à payer en 2017 sera si élevé qu'il risque de rendre impossible ce qui n'est à présent qu'improbable: la présence de François Hollande au second tour de l'élection présidentielle."

Et, Ô surprise, Le Parisien parle d'un "premier round", tandis que, dans Midi Libre (détenu par le radical-socialiste Jean-Michel Baylet qui a délégué la gouvernance à son ex-femme et actuelle concubine du socialiste Laurent Fabius, ex-ministre des Affaires étrangères de Hollande, le temps de sa participation au gouvernement Valls), Jean-Michel Servant, donc, évoque un "premier tour de chauffe plutôt tiède", pronostiquant de surcroît qu' "il n'a aucune chance, dans l'immédiat, de faire reculer le gouvernement".

L'AFP n'est pas mécontente non plus d'écrire que, dans Le Figaro, centre droit, Yves Thréard estime que "Martine Aubry et ses amis frondeurs, Philippe Martinez et la CGT, le jeune William Martinet et l'Unef, n'avaient pas, hier, de quoi pavoiser", car, selon lui, "la mobilisation ne fut pas à la hauteur de leurs espoirs".

"La France qui se lève tôt n'a pas massivement défilé dans les rues", traduit Raymond Couraud dans L'Alsace, propriété d'une entreprise mutualiste de banque et d'assurance, le Crédit mutuel, également propriétaire du groupe Est Bourgogne Rhône Alpes (EBRA), anciennement groupe Est républicain, leader dans l'Est de la France, comprenant notamment Le Progrès (Lyon, PS) et Le Dauphiné libéré (Grenoble, PS, puis EELV).

Comme Pierre Cavret (Ouest-France, propriété de la société d'investissements Groupe Sipa-Ouest‑France, laquelle est détenue à 100 % par... une association loi 1901 et présidée par Jacques Duquesne, ancien dirigeant de La Croix, Le Point et L'Express), qui écrit, non sans ironie, que "la mobilisation n'a pas crevé les plafonds".

Dans La Croix, chrétien et progressiste, voire tiers-mondiste, Guillaume Goubert fait même mieux en pointant les jeunes. Il les met en effet ces "nouvelles générations"  en garde de ne pas "contribuer, par les manifestations du moment, à renforcer l'immobilisme" d'autant qu'"elles n'en seront pas les bénéficiaires".
Didier Rose (Dernières Nouvelles d'Alsace, DNA, qui fait partie du pôle presse du Crédit Mutuel: cf. supra) est plus protecteur et quelque peu compassionnel, évoquant cette "génération Klenex" qui "se voit stagiaire à vie". 

Elle a "un lourd passif à solder en cette fin de mandat", estime d'ailleurs Florence Chédotal (La Montagne Centre-France, détenu par les héritiers du fondateur, le socialiste Alexandre Varenne), car les nouvelles générations "ne vivront pas mieux en 2017 qu'elles ne vivaient en 2012" et "savent désormais (que) la confiance est rompue, (que) l'espoir a vécu". Le quinquennat n'est pas achevé qu'il y a de quoi se flinguer ?

Mais Bruno Dive (Sud-Ouest, deuxième quotidien régional français,  détenu à 80 % par la famille Lemoîne, accusée de monopole sur la nouvelle grande région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, dans 8 départements sur 12), estime pour sa part que "les manifestations d'hier ont connu un certain succès (qui) en annonce peut-être d'autres" et "devrait inciter le gouvernement à lâcher un peu de lest".
Quoi qu'il en soit, Jean-Louis Hervois pense dans La Charente Libre (même groupe socialiste dominant) que "cette journée de mobilisation renvoie l'image d'une gauche totalement fracturée"
Comme le souligne amèrement Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne (Groupe EBRA, cf. supra): "l''originalité politique de ce conflit" tient au fait que "les attaques viennent surtout d'une partie de la majorité" socialiste.


Et " Oui à la réforme du code du travail !" clame Le Monde en titre

"Oui à une clarification du licenciement à caractère économique : on ne peut vouloir favoriser la négociation collective, la signature d’accords d’entreprise tout en maintenant la primauté du contrat individuel ; on ne peut laisser aux seuls juges l’appréciation du caractère économique ou pas d’un licenciement. [...]
Oui au référendum auprès des salariés lorsque les postures et les doctrines syndicales (nombreux sont les représentants du personnel qui ne représentent qu’eux-mêmes) [sic] sont source de blocage et ne permettent pas de proposer aux salariés des alternatives.
Si la loi doit fixer un cadre pour éviter tout débordement, elle doit également permettre la prise en compte des souhaits des uns et des autres. [...] En ce sens la possibilité de travailler le dimanche n’est pas une hérésie !

Non, ce projet de réforme ne sera pas à lui seul créateur d’emplois.
[...] La modernisation de notre code du travail constitue un levier supplémentaire qui, adossé à d’autres mesures, doit contribuer à fluidifier le marché du travail et à une amélioration progressive du chômage endémique auquel nous sommes confrontés depuis de nombreuses années. [...]
Bien entendu, le projet présenté par le gouvernement n’est pas parfait [sic] et nécessite quelques ajustements. En particulier, le souhait de certaines organisations patronales de plafonner le montant des indemnités dans le cas d’un licenciement abusif est inapproprié et surtout choquant au vu des "parachutes dorés" que certains grands patrons peuvent percevoir sans aucun rapport à leur contribution au sein de l’entreprise. [ils sont d'ailleurs déjà plafonnés]
Pour autant, le projet susvisé est une opportunité que nous devons saisir. N’en déplaise [...] aux représentants d’organisations syndicales qui n’ont pas encore compris que nous n’étions plus dans un monde binaire, qu’il n’est plus possible de promettre à chacun qu’il fera sa carrière dans la même entreprise et dans le même métier, c’est tromper les salariés que de leur faire croire et surtout ne pas les préparer et les armer à faire face aux changements inhérents aux évolutions techniques, technologiques, organisationnelles. [on croirait une tribune de Matignon]
Si un socle commun doit être préservé, si des garde-fous doivent être prévus pour éviter la perte complète de notre modèle social, néanmoins nous devons faire preuve d’agilité et de souplesse pour être plus efficace[s] et lutter contre ce mal qui ronge notre société. 
Ne nous comportons pas comme des dinosaures, car comme eux nous risquons de disparaître."
Si la presse et ses chroniqueurs sont libres et indépendants, ils le cachent bien...


Entre 224.000 et 500.000 manifestants contre la loi Travail dans toute la France

Le point de vue est toutefois radicalement différent de ses confrères dans L'Humanité, où Patrick Apel-Muller se félicite notamment du fait que les "jeunes (...) ont fait d'un premier rendez-vous de mobilisation contre la loi de régression sociale un succès remarquable". Il constitue, selon lui, un "précieux atout pour les autres temps forts qui s'annoncent les 17 et 31 mars".


Dans la seule capitale, 100.000 personnes ont défilé à Paris, selon la CGT et francetvinfo.fr. Elles étaient entre 27.000 et 29.000 personnes, selon la préfecture.  
En province. Selon le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet, 195.000 personnes ont pris part à 175 rassemblements et défilés en province.

mardi 26 août 2014

Crise de régime: Valls a pris le risque d'un sabordage en reprenant Montebourg en avril

Hollande s'ampute du bras gauche

Le coup de poker de Montebourg dans Le Monde crée le chaos 
Lundi, la crise d'autorité de Valls précipite le désordre et la presse n'a pas de mots assez durs pour qualifier la cacophonie gouvernementale, véritable "crise de régime", d'un François Hollande qui se "coupe le bras gauche" et doit saisir "la dernière chance" de "sauver son quinquennat".
Les 17 et 20 août, le premier ministre, puis le président de la République avaient réaffirmé leur volonté de ne pas changer de cap économique, quand, dès le samedi 23 dans cet entretien avec Le Monde, le ministre de l'Economie avait plaidé pour "des solutions alternatives". Montebourg appelait plutôt à "faire évoluer nos choix politiques", à "apporter des solutions alternatives", à "donner la priorité à la sortie de crise et faire passer au second plan la réduction dogmatique des déficits, qui nous conduit à l'austérité et au chômage". Le ministre de l'Economie continuait à prendre Angela Merkel, pour cible, lui reprochant de réussir à contenir les dépenses publiques allemandes, là où il échouait, et appelant les états membres de l'U.-E. à "hausser le ton" contre l'intransigeance allemande.

Lundi 25, après 145 jour de gouvernement Valls, un record digne de la IVe République, le premier ministre obtenait du président Hollande la démission de ce gouvernement vérolé par plusieurs ministres contestataires: Montebourg, Hamon et Filippetti notamment.

Les chroniqueurs décrivent un sabordage du régime socialiste 

Jean-Francis Pécresse, dans Les Echos, insiste sur "la longue, spectaculaire litanie des crises politiques jalonnant ce quinquennat depuis l'affaire Cahuzac jusqu'au divorce avec les écologistes", estimant que "si l'exécutif ne change pas de braquet, le pays est condamné à vivre longtemps encore en régime de crise. Et pourquoi pas en crise de régime".

Alexis Brézet (Le Figaro) estime que la France a déjà entré dans une crise de régime: "sur fond de défiance abyssale et de désastre économique, comment ne pas reconnaître dans ce gouvernement devenu fou, ce Parti socialiste fracassé, cette majorité en charpie, tous les ingrédients d'une crise de régime dont les conséquences sont encore incalculables", écrit-il.

Pour Le Monde, la stratégie présidentielle consistant à maintenir le cap d'une politique controversée et d'évincer les ministres qui protestent est  "la dernière chance du président de sauver son quinquennat" et pour le couple de l'exécutif c'est "l'heure de vérité : ont-ils la majorité de leur politique ?"

"Rien ne doit dépasser, alignement total", s'énerve Patrick Apel-Muller dans l'Humanité après le débarquement des mutins. "François Hollande et Manuel Valls ont rapidement et brutalement sanctionné les deux ministres, Arnaud Montebourg et Benoît Hamon, qui avaient finalement dit tout haut ce que pensent une majorité d'électeurs de gauche : l'austérité mène le pays dans le mur..."

"Chacun ou presque sait maintenant que les critiques d'Arnaud Montebourg envers l'austérité européenne sonnent juste", renchérit Laurent Joffrin (Libération). Et d'ajouter, dans une ambiguïté qui lui sied bien comme à la situation, "avec ou sans Montebourg, il faudra répondre aux questions qu'il a posées. L'autorité est nécessaire dans un gouvernement. Elle ne saurait toujours rimer avec austérité."

En se séparant de ministres réclamant une politique plus sociale, Arnaud Montebourg (Economie), Benoît Hamon (Education) et Aurélie Filippetti (Culture), Hollande "se coupe le bras gauche", ironise Hervé Favre (La Voix du Nord) qui ne cherche pas à déplaire à la patronne régionale, l'animatrice socialiste des "frondeurs" du PS.

La démission du gouvernement Valls I consacre la fracture de l'exécutif avec la gauche depuis le PS 

"En agissant ainsi, François Hollande et Manuel Valls prennent évidemment le risque de cristalliser un bloc d'opposition à gaucheles 'frondeurs' du PS, qu'Arnaud Montebourg pourra désormais tenter de fédérer, feraient le pont avec les écologistes et le Front de gauche", souligne Guillaume Goubert (La Croix). Mais "le pouvoir exécutif dispose encore d'une carte: celle de la menace de dissolution en cas de blocage des institutions". Un menace toute théorique, car la majorité présidentielle est trop mince et les rebelles qui ont fait sauter Valls I ne sont pas des kamikazes. 
Pour l'éditorialiste du quotidien de la gauche catholique, "aucun parlementaire de gauche ne peut souhaiter aujourd'hui retourner devant les électeurs tant serait grande la déroute".

samedi 31 août 2013

Frappes sur la Syrie : Hollande en guerre contre l'opinion opposée à la guerre

Revue de presse: Hollande n'écoute pas le peuple de France 

Les récidives d'un autocrate

"La France ne se dérobera pas", mais la France, c'est lui seul 
Sans entendre les Français: 64% des Français sont contre une intervention française. Sans consulter le Parlement : "Parfois, il faut prendre des décisions impopulaires", a riposté hier François Hollande . Le président socialiste a pris des engagements auprès du président démocrate américain, lors d'une conversation téléphonique, à propos de la plus que possible attaque militaire contre la Syrie, rapporte Le Parisien. Le lâchage de Cameron, Premier ministre conservateur respectueux du peuple britannique et de son Parlement, n'a pas inspiré Hollande, malgré une coalition internationale qui s’effiloche, malgré une opinion publique résolument hostile. Le "capitaine de pédalo" est bien décidé à prendre du galon en engageant la France dans une opération militaire, mais sa promotion n'est plus garantie: Washington ne parle plus que d'une action militaire "limitée" et Hollande s'en trouve fort marri !

La com' élyséenne affiche néanmoins le président "en grande conversation téléphonique avec Obama", à ce qu'il paraît, dans son bureau de l'Elysée (ci-dessus), face à des conseillers, la mine grave. 
Bizarrement, la scène se passe hors la présence de ministres sur ce cliché, pas de Le Drian, le ministre de la Défense" Guerre,  ni de Fabius, pourtant omniprésent sur BFMTV, se rengorgeant toute la semaine

Un autre détail n'échappe pas, c'est l'amoncellement de dossiers sur le bureau du président. La presse y va de ses commentaires sous la dictée de l'AFP, en ligne directe avec Elysée: le chef d'Etat aurait potassé sa décision avant de la prendre. Mais, à la vérité, Hollande est tout simplement très désordonné, ce qui est de notoriété publique, sauf lorsqu'il s'agit de construire une légende de "chef de guerre".  

En tous les cas, sur le seul classeur placé en évidence l'intitulé, il est écrit " Cour des comptes". 
Intéressant, combien ça coûte ? Le déficit public est tel qu'il apparaît insensé d'ouvrir une nouvelle ligne de dépenses, ajoutée au recrutement de 10.000 soldats, mais la cohérence de Hollande est au-dessus des contingences matérielles. 

Hollande, comme Obama, n'a rien à faire de l'opinion, ni de tous les experts de la terre.
"Pour Paris, insiste Le Parisien, il s'agit de punir Bachar al-Assad après l'utilisation de gaz mortel contre la population civile le 21 août, dans la banlieue de Damas". La cause est entendue: le chef syrien est coupable, c'est décidé, sans qu'il soit besoin de connaître les conclusions du rapport des experts de l'ONU chargés de l'enquête de terrain. Il semble bien que ce rapport est écrit d'avance. 

En attendant le verdict des inspecteurs de l'ONU et en dépit du sondage BVA qui prévient 64 % des Français sont opposés à toute intervention, le président socialiste ne connaît plus
la présomption d'innocence: elle ne s'applique qu'aux délinquants anonymes de la diversité et à l'extrême gauche anarcho-révolutionnaire. "Un non franc et massif ", selon Le Parisien, n'est pas de nature à enrayer le char de l'Etat français ! Et dans le détail, 37 % des français redoutent que cette intervention fasse basculer la Syrie vers un régime islamiste et 35 % qu'elle embrase la région. 
Peccadilles ? S'il veut se grandir, que Hollande monte plutôt sur des talonnettes...

Un président "chef de guerre" 

Libération  titre en Une, France et Etats-Unis, "l'axe de guerre". 
Malgré la défection britannique,Paris et Washington sont décidés à frapper le régime syrien, y lit-on. Et Libé en profite donc pour trouver de possibles motivations justes chez un président d'opérette que le journal socialiste imagine dans "l’instant belliqueux" de celui qui "espère montrer que la France n’a rien perdu de sa souveraineté. Dans son analyse de la déprime hexagonale, il est convaincu que flotte le sentiment d’un pays en voie de déclassement, qui a perdu la maîtrise de son destin", commente le journaliste autrefois impertinent. 

Libération va-t-il pousser un "cocorico" guerrier? La "souveraineté" (française) serait pour lui, croit savoir Libération, le premier défi à relever d’ici dix ans. Souverainetés diplomatique, militaire, mais également économique", fin de citation. 
En tous les cas, sous cet éclairage de ce qui pourrait inciter le président François Hollande à agir, Grégoire Biseau, l'auteur, ose une réserve: sa décision est à la fois plus simple et beaucoup plus compliquée que celle qu’il avait prise pour le Mali. "A l’époque, la France était militairement seule, mais Hollande était soutenu par son opinion publique et conforté par un mandat de l’ONU... Avec la Syrie, c’est tout l’inverse... et les répercussions sur la région sont potentiellement explosives".

Dans ses pages encore,
la compassion de Libération se porte sur l’angoisse vécue par la population de Damas qui se prépare aux tirs occidentaux. Et apparemment, c’est dans les quartiers résidentiels, donc les plus riches, c’est à dire, ceux les plus proches des bâtiments militaires ou administratifs qu’on a le plus peur. Mais Hollande aime-t-il les riches ? 

La tête d'Assad
Dans sa rubrique Débats, Le Monde oppose plusieurs points de vue. 
D'abord, le journal socialiste, lui aussi, juge "convainquant" [sic: et ce journal est la crème de la presse hexagonale] celui d'un syrien, Sadik al-Azam, un professeur de philosophie invité à l'université d'Harvard, qui juge sans nuances que "le politique, confisqué par le régime alaouite, c'est-à-dire la famille al-Assad, doit retourner au peuple". Un régime de militaires impitoyables, soutenus par une petite secte minoritaireles allaouites [sic] donc [Le Monde y insiste, sans préciser allaouite = chiites, opposés aux sunnites = salafistes], qui selon lui, utilise les armes les plus modernes pour écraser la révolte de la majorité sunnite du pays, commente Le Monde, dans la foulée. Toujours pour ce dernier [revenons-y, sans s'y perdre], on doit aider à faire tomber le régime al-Assad, pour mettre fin à la persécution des sunnites, qui représente la majorité ethnique du pays et qui est selon lui massacrée par Damas, " même au risque de voir remplacer ce régime par des extrémistes religieux"...
Le Monde considère qu'il dit autre chose d'intéressant : il ne dit pas "objectif"!
"Un fragment de la gauche arabe et internationale... voit dans le conflit un complot ou une conspiration du camp occidental contre le seul régime arabe qui continue à se dresser contre Israël". 

Peut-on s'en étonner,
 Le Monde envisage toutefois le risque d'embrassement régional.
La fragilisation d'Israël, c'est,  dans Le Monde, ce que craint aussi, Chady Hage-Ali, qui s'oppose pour sa part à une attaque contre Damas. Ce chercheur en Relations internationales, qui pour le coup n'est pas syrien, estime que le Hezbollah, qui soutien le régime de Damas, pourrait être tenté de se venger contre l'état hébreu. "Il pourrait frapper Israël dans des proportions jamais atteintes, selon lui... Cette montée du terrorisme pourrait alors, faire basculer le Liban et l'Egypte dans le chaos qui suivraient le chemin de la Syrie ".

Un scénario du pire qui fait peur. Il faut selon ce chercheur  de l'université de Valenciennes, "relancer des négociations sérieuses et secrètes".

Israël : le retour de la psychose

En Israël, la population craint de manquer de masques à gaz, indique Le Figaro
. "Hier à Tel Aviv, un millier de personnes jouaient des coudes dans la plus extrême pagaille pour accéder au centre de distribution de masques à gaz ", rapporte le quotidien. Alors "face à cet accès de fièvre, le gouvernement tente de rassurer tout en s’appliquant à ne pas donner le sentiment de négliger la menace". Selon Le Figaro, une attaque d’envergure menaçant la survie même du régime de Damas pourrait déclencher une réaction suicidaire dirigée contre Israël. "Mais les forces armées israéliennes vantent régulièrement l’efficacité de leur défense antimissile - sans pour autant dissiper totalement les craintes du public", lit-on dans ce premier reportage de Cyrille Louis à Jerusalem, où il s'installe comme correspondant du Figaro.

La presse en profite pour vanter la souveraineté de la France

France : la fin de la diplomatie ?
Dans un billet de Michel Schifres, célèbre auteur-journaliste, ancien du Figaro, en une de l'édition d'aujourd'hui. "14 ambassades ou résidences françaises vont être fermées pour des raisons d'économie, 22 centres culturels vont suivre le même destin, sans compter les alliances françaises réduites à leur plus simples expression", déplore-t-il dans L'Opinion. "Des pays comme la Gambie, Sao Tome et la Sierra Leone nous verrons disparaître, nos intérêts n'y sont pas assez suffisants", lit-on. Pourvu que l'Afrique réussisse à prendre toute sa place dans l'Histoire, sans le soutien de Hollande-l'Africain. 
Alors, nostalgique, l'écrivain note qu'officiellement, on préfère parler plutôt "d'évolution du réseau diplomatique": sémantique, sémantique socialiste !  

La tête à l'envers
L'Equipe magazine conclue son feuilleton de l'été sur les grands pilotes de l’histoire, en nous parlant de "l'Acrobate". Demain, ça fera pile cent ans, le 1er septembre 1913, que le premier casse coup [sic] des airs, selon L'Equipe, Adolphe Pegoud, a réalisé un grand huit en altitude, c'était dans la périphérie de Paris.
Pas sûr, lui, qu'il voyait le drapeau français lorsqu'il atteignait difficilement la Grande Bretagne, la tête en bas, mais en tous les cas, il était invité partout dans le monde, en Russie même, pour faire ses cabrioles en l'air. Et bien, cet ancien apprenti boucher, devenu pilote de guerre, mourra, justement en 1915, abattu dans les airs par une balle ennemi, en héros mort pour la France, souveraine...