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vendredi 21 septembre 2018

Peur de l'austérité: la croissance du 2e trimestre confirmée faible à 0,2%


Le pouvoir d'achat des Français n'a aucune chance de se redresser

Le rythme de croissance reste inchangé depuis le début de l'année

Les retraités sont moins concernés que les actifs : ils ne sont que 37 % à redouter de tomber dans la pauvreté, contre 60 % de ceux qui travaillent (Illustration).

La croissance de l’économie française au 2e trimestre a stagné à 0,2%, le même rythme que sur les trois premiers mois de l’année, a confirmé vendredi l’INSEE, leur niveau de pouvoir d’achat n'a donc pas incité les ménages à consommer davantage.

Au 30 juin, l’acquis de croissance pour l’ensemble de 2018 s’établit à 1,3%, à savoir l’évolution du PIB, si l’activité stagnait complètement au deuxième semestre, comme dans les deux précédentes estimations fournies par l’institut statistique, sans amélioration.

A ce niveau bas, l’objectif d’une croissance annuelle moyenne de 1,7% cette année paraît compliqué à atteindre : à moins d’une très forte accélération en fin d’année, le gouvernement s'y est résigné, après avoir envisagé au printemps de la voir monter jusqu’à 2,0%.

La Banque de France et l’OCDE viennent d'ailleurs de revoir leurs prévisions respectives  2018 à 1,6%.

Les composantes de la croissance du 2e trimestre sont quasiment inchangées
Elles restent identiques à la précédente estimation publiée fin août, à savoir 0,2 point provenant de la demande intérieure et 0,2 point de la variation des stocks des entreprises, la contribution du commerce extérieur étant négative à hauteur de 0,2 point.
Les trois mois du printemps ont bien été marqués par une reprise de l’investissement des entreprises (+1,2%), après sa quasi-stagnation (+0,1%) du premier trimestre.

Mais un pouvoir d'achat en berne a produit une consommation des ménages en baisse (-0,1%), une première depuis l’automne 2016. Outre le manque d'incitation des ménages, l'INSEE incrimine les grèves dans les transports (SNCF et Air France) - sans pour autant mettre en cause la réforme SNCF - qui ont affecté les dépenses de services, et l’impact de la météo clémente sur les achats d’énergie.
Les tarifs du gaz ont d'ailleurs été augmentés de 0,2% en août (la Commission de régulation de l’énergie a en revanche "recommandé" de réduire ceux de l'électricité de 0,5 % pour les ménages, tout en augmentant de 1,1 % pour les petits professionnels), tandis que les prix du gazole ne cessent de progresser pour tous.
Au final, la peur des Français dans leur avenir se répercute dans le gel de la croissance

L'INSEE avance une raison politique à ce rebond. L'officine de Bercy fait valoir que le pouvoir d’achat de certains Français s’est nettement repris (+0,7%), après sa forte baisse (-0,5%) du premier trimestre qui tenait notamment à la hausse de la fiscalité (CSG et carburants) et à l’inflation. 
La baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine, principalement due au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), et une hausse des prix moins marquée dans le sillage de la facture énergétique.

Les évolutions opposées de la consommation et du pouvoir d’achat ont débouché sur un bond de 0,6 point du taux d’épargne des ménages qui, à 14,3%, retrouve son niveau de fin 2017. Début juillet 2018, Le Point indiquait qu'un sondage IFOP révélait que 55 % des Français ont plus peur que par le passé de tomber dans le dénuement.

Le taux de marge des entreprise, quant à lui, dégradé de 0,5 point, à 31,5%. Il accuse les effets négatifs d’un recul des gains de productivité, d’un léger rebond des salaires réels et de la poursuite de la dégradation des termes de l’échange, raconte l’INSEE.

Par ailleurs, le déficit des administrations publiques a "légèrement" augmenté au deuxième trimestre, selon l'INSEE qui évite d'évoquer des taux cumulés, 2,5% du PIB après 2,4% à fin mars.
Matière à commentaires de "fact-checkers", s'ils cessaient de viser (exclusivement) les réseaux sociaux...

dimanche 29 juillet 2018

Assemblée : de Rugy a-t-il acheté un vélo elliptique pour Benalla?

Et où le président de l'Assemblée trouve-t-il les crédits pour s'offrir un troisième chauffeur ?

Les petits caprices du président de l’Assemblée nationale interpellent. 

François de Rugy, qui s'ingénie par ailleurs à traquer les économies de fonctionnement du Palais Bourbon, s’est montré quelque peu laxiste pour ce qui le concerne. Il reste dans le cadre légal, mais manque un peu de cohérence : tout pour sa pomme, ça finit par faire jaser...

Dans les couloirs de l’Assemblée, les manières hautaines de François de Rugy irritent d'autant plus qu'il ne s'applique pas l'austérité qu'il entend imposer à tout autre. En cette période de disette budgétaire et d’injonctions à se serrer la ceinture, au Parlement, élus et fonctionnaires s’avouent parfois désarçonnés par certaines dépenses effectuées par leur président. L’ancien écologiste propulsé quatrième personnage de l’Etat en juin 2017 avait-il d'ailleurs besoin d'être parvenu à ce poste de vassal pour se distinguer avec ostentation des "gens qui ne sont rien" ? De l'avis général, l'homme est infect de naissance.  Mais à l’heure où le "nouveau monde" affiche ses exigences de probité, à l’heure où le couple présidentiel s’enorgueillit de régler ses menues dépenses personnelles, les caprices de l'individu interpellent, au-delà des couloirs du Palais Bourbon : la famille Rugy fut ennoblie par Louis XVI quatre ans avant qu'il fut envoyé à l'échafaud, mais celui-ci ne sent pas venir sa fin.

Libre à de Rugy de changer de femme à chaque promotion
Pour son re-mariage à la mairie du 7e arrondissement de Paris, avec la journaliste de Gala, Séverine Serva, ce père de deux enfants a réquisitionné les lambris de Lassay, le 17 décembre 2017. "Il a tout réglé avec son propre argent. Et la réception a eu lieu dans un salon privé de son logement de fonction", se défend son entourage, en présentant les copies des factures et des chèques signés de la main de François Goullet de Rugy pour le prouver. Y compris la location de la salle ? A l’exception des bouteilles de vin "issues de sa réserve personnelle", a-t-on assuré…

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Résultat de recherche d'images pour "raclette party Rugy Assemblee"Le choix du prestigieux hôtel particulier pour abriter ces festivités a toutefois fait l’objet d’un débat interne au sein de son cabinet. "Je n’y étais pas favorable", indique ainsi un de ses collaborateurs.

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Avec une insistance qui force le soupçon, les proches, eux, maintiennent que le maître des lieux aurait eu le souci du moindre denier public, évoquant en guise d’exemple ce billet d’avion qu’il a payé de sa poche à son épouse qui l’a accompagnée au mois de juin en déplacement au Japon, au risque de faire passer la journaliste pour une femme moins libre et indépendante qu'entretenue. "A titre personnel, je m’interroge [sur l’opportunité de payer de sa poche le billet de son épouse], relève un de ses proches collaborateurs. Je ne suis pas sûre que Madame Macron ou Madame Philippe remboursent leurs frais."
Sa première femme, Emmanuelle Bouchaud, a été embauchée en qualité de collaboratrice parlementaire par une députée LREM, ce qui avait suscité une vive polémique. Alors que le père des ses enfants était candidat écologiste à la primaire citoyenne, elle l'avait taclé sur Twitter après une déclaration sur la politique familiale, singulièrement ses propositions relatives à l'égalité homme-femme dans les ménages. : le candidat écologiste avait émis l'idée d'un congé paternel avant la naissance, pour permettre aux pères de se former à la parentalité. Son objectif est, qu'à terme, "il n'y ait pas que la maman qui s'occupe des enfants". Une proposition que François de Rugy n'a visiblement pas suivi dans la vie privée...
Dans Gala, Serva assura : "Passion cordon bleu : Emmanuel Macron adore manger à la cantine"", une contre-vérité notoire.

Raclette party au cabinet. 
Quand le lieu de travail n'est pas un entrepôt, on y mène plus facilement sa vie extra-professionnelle. Et, au cabinet de François de Rugy, on décida d’organiser un dîner festif de fin d’année, qui se déroulerait en l’absence du patron, au mois de décembre. Parallèlement, on fera pourtant pleurer dans les chaumières sur la quantité de travail abattu par les députés et les innombrables heures supplémentaires non payées. Ci-contre, on voit Servat et Rugy passer du bon temps à Roland Garros...

L’un de ses collaborateurs a une idée : raclette party ! Le problème ne réside pas, bizarrement, dans la difficulté de trouver un créneau dans les agendas surchargés, mais dans la cuisine de la présidence qui ne dispose pas des ustensiles requis. Quatre appareils à raclette "multicolores" et trois jeux de huit spatules pour verser le fromage sont donc achetés par la présidence pour un montant total de 200,57 euros. Une somme passée en note de frais et remboursée par l’Assemblée nationale, au titre des frais de fonctionnement ? " C’était assez décalé dans un tel cadre, une raclette ! C’est un repas simple et populaire, ce n’est pas du foie gras", minimise un participant pour qui cet achat représente « un détail". L'essentiel est de s'encanailler sous les ors de la République.

Un vélo pour garder la forme. 
Image associéeLe jeune marié doit assurer. Au titre de ses fonctions, François de Rugy perçoit un salaire de 5.599,80 euros ainsi qu’une indemnité spéciale de 7.267,43 euros bruts, ce qui ne permet pas de faire face aux frais de son entretien physique et de son bien-être : aïkido, barre au sol ou danse contemporaine ainsi qu'un atelier "arts et spectacles" ! 
Outre ces émoluments, le maître du Perchoir dispose d’une résidence de fonction et ses frais de bouche sont pris en charge par la présidence qui dispose de 450.000 euros pour les denrées alimentaires (privées et officielles) dans son budget. Il faut vivre avec ça !

En janvier 2018, pourtant, c’est la facture d’un vélo elliptique que l’élu s’est fait défrayer par l’Assemblée. Montant : 768,99 euros. Raison invoquée par son entourage, visiblement indigné par les questions de la presse: "Les horaires du président de l’Assemblée sont peu compatibles avec la salle de sport. Il a donc fait acheter un elliptique. Mais il rendra le vélo à son départ !" A supposer que son successeur, éventuellement une femme, n'ait pas les mêmes impératifs de ligne, sinon politique, du moins esthétique. Ce perchoir ne supporte pas l'a-peu-près : question de dignité... Située dans les sous-sols de l’Assemblée et ouverte de 8h30 à 19h30, pendant les heures de travail parlementaires, la salle était partagée avec ...Alexandre Benalla qui a expliqué avoir demandé un badge de l’Assemblée pour la fréquenter !

Jamais deux sans trois… chauffeurs. 
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Le cabinet de François de Rugy a soumis une demande pour un chauffeur supplémentaire. Ils ne sont donc plus deux, mais trois à son service. Raison invoquée ? "Les distances pour se rendre à son domicile personnel à Nantes ne sont pas les mêmes que celles de son prédécesseur, Claude Bartolone [élu en Seine-Saint-Denis]", nous indique son entourage, avant d’expliquer qu’une autre option a un temps été envisagée par le président de l’Assemblée. 
"Il a demandé s’il pouvait prendre un taxi" entre Nantes et Paris, relève un de ces proches. Une option écartée, non pas en raison de son coût (entre 655 et 890 euros, tarif de jour), mais "pour des raisons de confidentialité et de sécurité". Le train, lui, n’a pas été évoqué...

vendredi 14 octobre 2016

Primaire de la droite : bromure pour tous !

La prudence et la réserve font le bonheur de la gauche et de l'Etat islamique

Le premier débat de la primaire à droite ? BCBG

Le leurre de la gauche et des sondeurs a donné le ton: la prudence

Les sept candidats à la primaire de la droite exposaient hier leurs propositions dans un débat télévisé corseté où aucune sortie de route n'était guère possible. Sur plusieurs grands thèmes, le spectateur a pu juger du comportement des prétendants et d’une partie de leur programme, sans ennui.

La première impression  dominante est que la droite la plus bête du monde est plus maligne qu'il y paraît. Les échanges sont restés relativement corrects. Il semble qu’étant donnée la situation du pays, intelligemment mise en valeur en début d’émission, chacun des intervenants ait compris qu’il fallait gommer les querelles personnelles et souligner les différences. Chacun des candidats s’est d'ailleurs engagé à respecter le résultat de la primaire et à soutenir le vainqueur. On peut y croire, tout en s'attendant à un service minimum des perdants: Juppé et Fillon, aigris de nature, ne feraient pas de zèle, et les blessés, tel Copé, pourraient lâcher quelques flèches pour tracer leur route future, mais le débat est enregistré et les engagements resteront opposables.

En choisissant une primaire ouverte, la droite privilégie donc :
- son image, face à une gauche qui n’aurait pas manqué de lui reprocher un défaut de démocratie avec une primaire fermée,

- l'avenir, en préservant indirectement le vote centriste, rassembleur en vue du premier tour où, a priori, il suffira d’être deuxième pour l’emporter,

- l’exposition médiatique entretenue par la possibilité pour tout le monde ou presque de participer à la désignation du candidat qui s'imposera à toutes et tous: la mobilisation du plus grand nombre assure une large implication populaire et le respect des media acquis à la gauche.

Les favoris, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, se sont montrés très prudents
 
Entre un ancien premier ministre attentif, mais frileux et un ancien président qui maîtrise jusqu'à sa diction et ne laisse rien passer de la caricature de ses propositions, il n’y a pas eu de grande prise de risque: rien qu'une grande fermeté sur les convictions. Les poursuivants sont, quant à eux, suffisamment loin derrière, qu'il leur a suffi de poser des jalons, quitte à risquer de perdre une place au second tour.

Les poursuivants doivent fournir l’effort derrière Juppé, le leurre de la presse 
Mais, eux aussi, ils se sont gardés de toute attaque à risque, si bien que leur ancien a pu paraître dominer le lot. 
Ainsi, Bruno Le Maire s’est présenté sans cravate, pour se donner une image plus jeune et détendue, mais son comportement sans compromission, notamment avec les journalistes, a pu agacer la profession. 
François Fillon s’est montré pugnace mais sans agressivité, tranquille et sûr de lui, quant il n'était pas en cause, avec la bonne connaissance des dossiers d'un gestionnaire resté dans le mouvement. Sentencieux, aussi.  
Bien que souriante, Nathalie Kosciusko-Morizet a souffert d’une image hautaine, peut-être trop policée et trop peu naturelle pour réellement convaincre, mais c'est surtout son discours binaire opposant les hommes du passé aux jeunes pleins d'avenir qui a souligné ses limites. 
On a retrouvé le Jean-François Copé des batailles à la tête de l’UMP, celui qui est pugnace et sans peur. 
Enfin, l'inconnu du lot, Jean-Frédéric Poisson avait tout à gagner et il a montré une réelle proximité d'homme de terrain avec le peuple et ne s'est pas laissé impressionner par les "éléphants".

Économie et sécurité : de la demande de libéralisme à la tentation de l'austérité

Au plan économique, l’idée que tout ou partie des solutions libérales est parmi les meilleures fait clairement son chemin. 
Si Alain Juppé a raté sa réponse à la spectatrice qui l’interrogeait sur la différence avec 1995, il présente certaines mesures plutôt libérales comme la baisse de l’impôt sur les sociétés, tout en renforçant les fonctions régaliennes de l’État.
Nicolas Sarkozy propose une baisse de l’impôt sur le revenu de tous, ainsi que de ramener la dépense publique à 50% du PIB
La maîtrise de la dépense publique et la gestion des retraites tient aussi une place importante pour François Fillon. 
Dans ce domaine, c’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui est la grande innovante avec une proposition de flat-tax, pas de nouveaux fonctionnaires en dehors du régalien, la retraite par points et l’incitation au travail indépendant.
Bruno Le Maire propose aussi une baisse du nombre de fonctionnaires et une maîtrise de la dépense publique, mais marque sa volonté d’emprise forte de l’État sur l’économie
Les autres candidats se sont révélés plutôt étatistes (J.F. Poisson) ou plutôt dans un registre pragmatique, proche des aspirations du Medef (J.F. Copé).

Sur le terrain sécuritaire, on note une abondance de propositions contraignantes. 
Alain Juppé s’est prononcé pour le renseignement, la prison et l’État de droit, dans l’optique la plus traditionnelle qui soit vis-à-vis de ces questions. 
Face à lui, expulsion de fichés S, retraits de nationalité, interdiction du salafisme et autres mesures de grande fermeté se sont affrontées. Les candidats de la gauche devront jongler avec leur idéologie pour manifester toute la fermeté qu'impose l'époque.

Les élections approchent : les germes du libéralisme renaissent

Aucun des candidats ne s'affiche strictement libéral. Mais lorsque la droite a la possibilité de gagner, elle répond à l'attente de libéralisme économique du monde de l'entreprise et de production de richesse et de pouvoir d'achat pour tous.

Une fois au pouvoir, il y a toujours le risque de l'apparaître moins que prévu. Mais, cette fois-ci, la gauche a échoué dans la générosité à-tout-va, si bien que ses gaspillages sont vécus comme de lourdes pertes pénalisant gravement et durablement l'ensemble
Quel que soit le vainqueur, il devra réussir le tour de force de satisfaire cette demande libérale, même partiellement, tout en redressant l'économie et en rétablissant la sécurité du pays, en sorte que puissent être mesurés tous les effets positifs du libéralisme.

dimanche 20 décembre 2015

Le secteur public ne connaît pas la crise et l'austérité

Enquête sur un mal très français, le train de vie du secteur public

Un article de Philippe Eliakim dans capital.fr du 18 décembre 2015

Nos finances ont beau être à l’agonie, beaucoup d’élus et de [hauts] fonctionnaires continuent de mener grand train avec l’argent public. 

Tout le monde au sol !
Le bouton va péter...
[L'alternance socialiste n'y a-t-elle rien fait ? A-t-elle même enkysté plus profond les vilaines habitudes ?]

Les naïfs convaincus que nos élus et nos [hauts] fonctionnaires sont devenus économes avec les deniers publics feraient bien d'aller flâner un peu dans les sous-sols de Paris. Pas dans les égouts ni les catacombes, rassurons-les, juste sous l'esplanade des Invalides [lieu de compassion de l'Etat-PS], dans le très chic quartier des ministères et de l'Assemblée nationale.
Là, en contrebas du gazon (la terrasse est quand même à l'air libre !), ils tomberont sur le fameux restaurant Chez Françoise (ci-contre) cantine attitrée de nos hommes politiques et de leurs conseillers de cabinet.  [Outre Chez Laurent (lien PaSiDupes) ou aussi La Maison de l'Amérique latine (lien PaSiDupes) ]. Comme eux, ils pourront y déguster une Poêlée de cèpes à la pointe d'ail (22 euros), suivie d'une Sole meunière entière (45 euros) 
accompagnée d'un Rully Clos de Bellecroix (40 euros) [désolé pour les "sans dents" du si 'compassionnel' Hollande]. Mais eux devront régler avec leur propre argent, pas avec celui des ministères, ni avec l'indemnité de 2.500 euros que l'Assemblée accorde tous les mois à chaque député pour ses menues dépenses [et plaisirs].

Après quoi, nos enquêteurs seront en forme pour rejoindre la station Total, enterrée elle aussi sous l'esplanade à une petite centaine de mètres de là. On leur conseille de s'y boucher le nez et les oreilles, car le ballet des grosses berlines officielles qui viennent y faire le plein au tarif fort (1,485 euro le litre de SP 98 à la mi-septembre) ne cesse pas de la journée. Et les chauffeurs font volontiers tourner l'appareil de lavage, pour tromper l'ennui en attendant leur directeur de cabinet ou leur député... On pourra toujours objecter que les tarifs de "Françoise" sont relativement raisonnables (le quartier abrite des tables nettement plus onéreuses), qu'il faut bien mettre de l'essence dans les voitures et que, de toute façon, les choses se sont toujours passées comme ça aux abords de l'Assemblée. Peut-être. Mais c'est justement cela le problème.

[A 'bling bling', bling bling et demi]  

Lorsque les finances de la République se portaient à peu près bien, on pouvait à la rigueur [?] accepter [ou tolérer] que nos élus, nos hauts fonctionnaires et pas mal d'autres agents publics prennent leurs aises avec l'argent du contribuable. Mais maintenant que le pays croule sous les déficits, que les impôts battent des records et qu'une bonne partie de la population peine à boucler ses fins de mois, leurs frasques deviennent difficiles à supporter. 

La lecture de ces lignes fera sans doute bondir plus d'un fonctionnaire. Entre le gel de l'indice, imposé depuis quatre ans par les gouvernements successifs, la réduction généralisée des crédits et les coupes claires dans les effectifs des ministères non prioritaires (2.500 postes ont encore été supprimés à la direction des impôts l'an dernier), beaucoup d'entre eux subissent la rigueur de plein fouet. Et travaillent dans des conditions qui frôlent la misère. Les policiers condamnés à officier [disons même à "s'éclater' ?] dans des commissariats aux murs lézardés avec des voitures de service hors d'âge en savent quelque chose. Les enseignants des maternelles, qui doivent faire des pieds et des mains pour obtenir un simple lot de crayons de couleur, aussi [mais c'est une affaire entre le SNUipp -étrangement patient- et les communes, tandis que les lycées, sous le joug de Najat Vallaud-Belkacem, n'ont guère d'autre priorité que la causette à bas coût (compassionnelle mais aussi idéologique), à hauteur des crédits réellement palpables sur le terrain, avec la diversité -réduite à telle ou telle communauté, notamment homosexuelle- en passant par le néo-colonialisme ou l'anti-libéralisme et l'anti-mondialisation, sans oublier le manque de considération -voire de respect- dus par les adultes aux jeunes].   

Mais à côté de ça, quels gâchis ! 
Et quelle désinvolture dans l'utilisation des fonds publics ! Un exemple entre mille. Il y a quelques mois, deux élus de Saint-Laurent-du-Maroni, un minuscule port de Guyane [chérie de Christiane Taubira], se sont offert un voyage de 16.500 kilomètres jusqu'à Durban, en Afrique du Sud, avec l'argent de leurs électeurs. [Bon, peut-être ne devons-nous pas être si mesquins: ils suent sang et eau pour nous servir...] Officiellement, il s'agissait d'assister au congrès de l'Association internationale des villes portuaires, mais nos deux amis ont dû se sentir bien petits aux côtés des représentants d'Anvers, de Buenos Aires ou de Rotterdam ! Et bien seuls aussi, car le délégué aux affaires portuaires de Saint-Laurent-du-Maroni n'était pas du voyage... Le plus inquiétant, c'est que cette affaire, révélée par le site Guyaweb, n'a donné lieu à aucun scandale [dans Le Monde ou Libération], à aucune sanction [du très sourcilleux Manu Valls], ni à aucune reprise, même dans la presse locale [BFMTV a tant à faire pour lutter pour le muticulturalisme et contre le pluralisme de l'information]. Trop banal, sans doute. Comme le dit le député apparenté PS René Dosière, "la France n'a pas rompu avec la culture de la dépense"[Son patron, Bartolone, n'est pourtant pas tendre avec certains, s'ils ne sont pas des siens]. 

[La presse détourne son regard impitoyable sur le gaspillage alimentaire et tacle la grande distribution ]

Notre enquête ne fait que le confirmer. Entre les logements de complaisance distribués à la pelle [S'ils étaient de droite, on saurait que des élus, recteurs d'académie ou diplomates, plusieurs milliers de personnes -y compris des gendarmes, militaires ou des directeurs d'école communale- habitent toujours dans des appartements de prestige aux frais des contribuables], les flottes de voitures de fonction un peu trop généreuses et les incroyables privilèges de certains systèmes de retraite, plusieurs milliards d'euros s'envolent chaque année [Rendant évidemment la suppression des taux réduits de TVA inéluctables]. 
Havre de paix de style Renaissance
pour ronds de cuir bien-pensants
[L'AP-HP, qui met gratuitement plus de 1.100 logements à disposition de ses employés -dont certains ne travaillent plus dans l'institution-, et loge une demi-douzaine de hauts cadres dans le prestigieux hôtel Scipion, à Paris [sis au 13, rue Scipion dans le 5e arrondissement de Paris [quartier Sorbonne et Panthéon], qui n'héberge donc pas seulement l'administration de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) depuis 1983, au temps du président Mitterrand, icône socialiste].

Dans ce concert de gaspis, l'Elysée fait figure d'exception. Compressé comme jamais sous les ordres de François Hollande, son budget est repassé l'an dernier sous la barre des 100 millions d'euros. Comme quoi on peut laisser dériver un pays et s'appliquer à soi-même une discipline de fer. 
[Un arbre de vertu (médiatique) peut cacher une forêt de turpitudes]

dimanche 6 décembre 2015

La politique économique de Hollande atterre les économistes

Budget 2016 : le gouvernement intensifie une politique qui ne fonctionne pas 

Un collectif de chercheurs et experts en économie explique pourquoi le gouvernement fait fausse route

Le contribualbe apprécierait
que ce soit vrai
L'Assemblée nationale a pourtant adopté le projet de loi de finances 2016. Des économistes, Philippe Légé, Christophe Ramaux, Henri Sterdyniak et Sébastien Villemot, dénoncent l'entêtement du gouvernement et notamment de Michel Sapin qui a présenté le projet de loi de finances à l'Assemblée nationale le 13 octobre 2015.

Le gouvernement s’entête ? 
L
e projet de loi de finances (PLF) 2016 s’acharne à prolonger et même à intensifier une politique qui ne fonctionne pas, au motif, selon eux, qu'il réduit -ou tente de contrôler- les dépenses publiques pour baisser les impôts des entreprises et encourager la reprise économique et le redressement de la courbe de l'emploi. La situation est en effet extrêmement préoccupante : plus de 6,3 millions de personnes inscrites à Pôle emploi, soit 1,2 million de plus qu’en mai 2012. 

Or, ce collectif soutient que la dépense publique n’a jamais été aussi utile 
La présentation du PLF est symptomatique de cet aveuglement... libéral : au lieu de commencer par exposer ce qu’apporte -mais coûte- la dépense publique, et les éventuelles réorientations nécessaires pour qu’elle remplisse plus efficacement ses missions - ce que le pays attend, promesse après promesse, depuis bientôt quatre ans - , la réduction de la dépense publique et des déficits est devenu l’objectif central à atteindre, ce que conteste ce collectif, Les Économistes Atterrés.
Les "Atterrés", c'est qui? 
Ce sont des économistes radicaux qui se disent "atterrés" par l'absence de solidarité entre partenaires européens, par les cures d'austérité imposés en guise de "sauvetage" à des pays à peine sortis de récession, par un "pacte pour l'euro" qui assujettit les Etats à la loi des marchés financiers. Bref, par ce libéralisme honni auquel il reproche de résister à une crise qui dure et a pourtant failli engloutir l'Europe et les Etats-Unis. 
Le coprésident d'ATTAC, Thomas Coutrot, proche de la Fédération des Finances CGT, la FSU ou Solidaires, 
a lancé le mouvement au début de 2010. Il mobilisa une poignée d'économistes irrités par le retour de la pensée unique et l'absence de débat, comme Philippe Askenazy et André Orléan du CNRS et Henri Sterdyniak de l'OFCE le rejoignirent. 
Nul ne se doutait du succès qu'allait remporter leur "manifeste" à sa mise en ligne. Le texte recueillit 3.500 signatures, dont celles de 800 économistes universitaires: c'est dire combien l'Université française est orientée... Thomas Coutrot a beau être un militant altermondialiste, leur message intéresse au-delà de l'extrême gauche. 
Fort de ce succès, les "atterrés" sont sollicités par les internationalistes  pour animer des conférences en France mais aussi en Espagne au Portugal, en Belgique, au Royaume-Uni... Ils ont donc entamé un "Tour de France pour une autre Europe". Une vingtaine d'économistes signataires anime ce groupe d'activistes. 
Ils misent sur la dépense publique qui, selon eux, n’aurait jamais été aussi utile. Idéologues nostalgiques du temps où les dévaluations du franc permettaient de relancer artificiellement l'activité, comme au début des années 80 avec le premier mandat présidentiel de François Mitterrand, ils continuent de penser que la dépense publique a permis d’amortir considérablement le choc de la crise débutée en 2008. Ainsi, si le PIB français a augmenté de 2008 à 2014 d’un maigre 2%, cette hausse est à mettre au crédit de la consommation publique (éducation, santé…), au temps de Nicolas Sarkozy. Si cette dernière était restée constante, le PIB aurait au contraire diminué. Les prestations sociales (retraites, allocations familiales, chômage, RSA…) ont en outre permis de maintenir la consommation des ménages et de compenser partiellement l’effondrement de l’investissement privé. La brutalité de la crise justifiait un soutien social des plus défavorisés, au prix d'une augmentation de la dette publique.
Ce collectif accuse le pouvoir socialiste de n'avoir tiré aucune leçon des débuts de crise, sept années plus tard. Le gouvernement se fixe désormais pour objectif de réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros de 2014 à 2017. Certes, il s’agit d’une baisse par rapport à une tendance d’évolution spontanée, et non pas par rapport au niveau de 2014, mais l’austérité n’en est pas moins installée. 
Pour 2016, le gouvernement est contraint de réduire la dette publique qui s'est envolée et prévoit de limiter la progression des dépenses publiques à seulement 0,3% en volume, soit un taux historiquement bas, inférieur à la croissance anticipée. Un revirement politique s'imposait du fait de l'échec des mesures prises sur près de quatre années. L’investissement public est donc encadré, mais le collectif d'économistes anti-libéraux ne peuvent s'y résoudre, le déclarant sacrifié par les nouvelles orientations de Bercy. 

Hollande a tout fait et son contraire, mais la gauche radicale lui reproche son abandon de la social-démocratie

Ce collectif atterrant de ringardise vante la qualité des infrastructures de la France pour affirmer que, s'il est l’un des atouts traditionnels de la France, ce patrimoine collectif est aujourd’hui menacé par la baisse des dotations de l’État aux collectivités locales, qui assurent l’essentiel de l’investissement public. Concrètement, cela signifie moins de logements sociaux, de crèches, d’écoles, d’équipements sportifs et culturels, d’investissements dans la transition écologique… sans compter l’effet sur les PME (notamment dans le BTP). Or ces dépenses sont décidées par les collectivités territoriales... Quand le gouvernement s'engage en 2014 à créer 100.000 places de crèches d'ici 2017, c'est médiatiquement valorisant, mais son objectif est en fait menacé par un plan de rigueur imposé aux caisses d'allocations familiales: l'Etat leur demande de trouver 1,4 milliard d'euros sur les trois prochaines années... Il en va de même pour le logement social (par l’octroi de cessions foncières par la commune et de subventions complémentaires à celles de l’État), pour l'école (pour le 1er degré, les communes et le Conseil départemental pour les collèges) et pour la transition énergétique (le Conseil régional est chef de fille en matière de biodiversité, de qualité de l'air, de climat et d'énergie).

Sur les sept derniers trimestres, parce qu'il manque de rentrées financières, conséquence du chômage et de la croissance proche de la décroissance, l'Etat n'a d'autre choix - sous la pression de l'Union européenne - qu'un baisse de l’investissement public de l'ordre de 10% et la tendance devrait se poursuivre avec les baisses de dotations prévues par le PLF. 

Le collectif annonce une future dégradation de l'offre médicale. La Sécurité sociale subira également une coupe importante de 7,4 milliards d’euros, conséquence de la politique social-démocrate de Hollande et Ayrault, laquelle profite peu aux Français et davantage aux nouveaux venus, notamment les clandestins qui ont droit và l'école gratuite et obligatoire ou aux soins médicaux financés par la solidarité nationale. 
Ces dernières années, le système de santé a déjà été soumis à une très forte pression après les multiples réformes libérales, solutions obligées que ne peut indéfiniment financer la dette publique. Dans ces conditions, exiger de "faire plus avec moins" engendrera une nouvelle dégradation des conditions de travail et du service rendu aux patients, un sacrifice que refusent les démagogues, quand ils ne s'en emparent pas pour mener leur entreprise de subversion politique. Il obligera de plus en plus les Français à recourir aux complémentaires santé. 
Le gouvernement va devoir en outre modifier les règles de revalorisation des prestations au détriment des bénéficiaires. C'est déjà notamment le cas, il faudrait le dire, en matière de politique familiale. Laccord entre le patronat et certains syndicats sur les retraites complémentaires retirera environ 1 milliard d’euros aux retraités, non pas par une volonté de nuire, mais par nécessité; et le gouvernement table "cyniquement" (sic) sur des baisses de prestations chômage à l’issue des prochaines négociations à l’Unedic. La fraude aux allocations n'y est pas totalement étrangère... 

Le gouvernement multiplie les cadeaux aux entreprises, assurent les extrémistes... Parallèlement, le gouvernement amplifie les cadeaux aux entreprises. Et le collectif ne cite pas les entreprises de presse qui -subventionnées ou non - taxent néanmoins tous les lecteurs de leurs sites, riches et défavorisés également...

Ces "cadeaux" sont coûteux et inefficaces, mais c'est l'avis des militants de l'extrême gauche anti-libérale et militante, économistes inclus, puisqu'on fait dire aux chiffres ce qu'on veut. En 2016, les réductions d’impôts et de cotisations sociales au titre du CICE et du Pacte de responsabilité s’élèveront à 33 milliards d’euros. En septembre, les effets du CICE n'étaient pas encore vraiment spectaculaires: créés en décembre 2012, en dépit d'une montée en puissance, le CICE peine à remplir les objectifs fixés en matière d'emploi, d'investissement et de salaires. 
A la rentrée également, le Conseil économique, social et environnemental (Cese) publia ses recommandations dans son projet de rapport sur l’état de la France: " La fragile reprise que connaît la France s’appuie avant tout sur des facteurs extérieurs, alors que les effets attendus des mesures telles que le CICE ou le pacte de responsabilité tardent à se faire sentir. Elle reste fragile, car le chômage demeure massif et l’investissement peine à reprendre", estime le Cese dans ce projet de rapport sur l’état de la France en 2015. Les Economistes atterrés doivent tout lire...

Contre le raisonnement libéral, les préventions des économistes idéologues ont la vie dure. Ils pointent un accroissement des marges des entreprises qui permettrait seulement d’augmenter leurs investissements et, partant, la croissance et l’emploi. Mais pas plus qu’hier, cela n’a été vérifié dans les faits, refusent-ils d'admettre. L’investissement des entreprises reste désespérément atone et n’a toujours pas retrouvé le niveau de 2008. On attend toujours les centaines de milliers d’emplois qui devaient résulter de cette politique de l’offre. 

Le gouvernement se refuse à admettre cette leçon keynésienne élémentaire du XXe siècle, grondent-ils: les entreprises n’embauchent que si elles en ont besoin pour produire, et pour cela encore faut-il vendre, ce qui relève de la gageure quand la demande est déprimée par l’austérité.  La dépense publique n'est pas la solution: faut-il en venir à une politique de grands travaux financés par l'Etat, c'est-à-dire par le contribuable, soit 50% des Français ? 

Tout en augmentant la fiscalité des ménages. Mais pas tous les ménages: seulement ceux qui travaillent, produisent de la richesse et des rentrées fiscales. Pour financer la forte baisse de la fiscalité des entreprises, le gouvernement augmente aussi la fiscalité sur les ménages. La baisse de 2 milliards de l’impôt sur le revenu – très critiquable car elle réduit le seul impôt progressif – ne permet pas de compenser les hausses de cotisations sociales des salariés, les augmentations d’impôts locaux (conséquence de la baisse des dotations de l’État), et celles de la fiscalité écologique (qui frappera les plus pauvres faute de mesures compensatoires ciblées). Au total, ce sont près de 3 milliards supplémentaires qui seront prélevés sur les ménages, ce qui ne manquera pas de pénaliser la consommation et le niveau de vie. 

Se libérer du carcan austéritaire, panacée des extrêmes

Comble de l’absurdité,
la politique d’austérité ne permet même pas d’atteindre l’objectif de baisse des déficits et de l’endettement public. Elle ne suffit pas, mais faut-il pour autant y renoncer, tout en accueillant des réfugiés? Depuis quelques semaines, élections régionales obligent, ils sont sortis des radars. Les frontières sont-elles pour autant devenues étanches ? Les dépenses d'aides sociales sont-elles jugulées ?

L’horizon auquel la France devrait atteindre le seuil de 3% de déficit public ne cesse d’être repoussé d’année en année (du fait de l’insuffisance de l’activité et donc des recettes fiscales), tandis que le ratio dette sur PIB augmente continûment (par "effet dénominateur"). Une augmentation continue des dépenses publiques endiguerait-elle le déficit public?  C’est une tout autre politique qu’il faudrait aujourd’hui mener, libérée du carcan austéritaire inscrit dans les traités européens. 

L'extrême gauche marxisante prône un "pacte social et écologique" 
A la suite des attentats du 13 novembre 2015, Hollande, le président de la République, a déclaré : "Le pacte de sécurité l'emporte sur le pacte de stabilité (et de croissance !)". Que ne l’avait-il dit plus tôt ? Ces attentats ont en effet mis en lumière le rôle indispensable des services publics et des fonctionnaires (?) - serviteurs de l'Etat et non producteurs de richesse (!) - qui ont su êre à la hauteur des circonstances malgré les baisses d’effectifs et de dotations. De nouvelles créations d'emplois dans la fonction publique ne paraissent donc pas indispensables, messieurs les économistes "atterrants"... 
Si les besoins de sécurité doivent l’emporter sur un pacte de stabilité mal pensé, il doit en être de même pour les besoins sociaux et écologiques, supputent-ils encore. La France est aujourd’hui en "état d’urgence sociale", avec un chômage de masse et des inégalités sociales et territoriales en hausse, notamment du fait de l'arrivée massive d'étrangers, une donnée qui n'apparaît nullement dans leur raisonnement sectaire. 

Les exigences de plein emploi et de cohésion sociale doivent redevenir les objectifs centraux de la politique économique, soulignent-ils. Il faut bien être experts en économie pour en arriver à cet objectif... Mais ils n'y contribuent en rien: l'unité nationale, ce n'est pas pour eux. Selon ceux qui séduisent l'électorat de la gauche et de la droite extrêmes pareillement, cela passe par une rupture avec les dogmes libéraux. Après l'effondrement des dogmes marxistes à l'épreuve des réalités, que resterait-il ? Ce collectif s'y accroche mais reste inaudible hors des cercles étroits de l'anti-libéralisme bruyant. 

l’heure de la COP21, fi de "l'état d'urgence" contre la menace islamiste. Ils choisissent "l’état d’urgence climatique" et donnent la priorité au lancement dès aujourd’hui des investissements massifs dans la reconversion de l’appareil productif et la transition énergétique. Pour être à la hauteur des enjeux de la période, c’est un "pacte social et écologique" qu’il faudrait mettre en place, l'obsession de l'heure. 
Comment ? Nous le saurons dans un prochain épisode: les attaques des économistes archaïques ne vont pas cesser jusque 2017, au moins.

mardi 17 novembre 2015

La réunion du Congrès à Versailles a coûté environ 200.000 euros

En période d'austérité, le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne n'aurait-il pas fait l'affaire ?

L'exécutif aurait le sens de l'économie des deniers publics

Avant toute contestation du coût de l'opération, la presse aux ordres a pris les devants: "un événement exceptionnel pour un coût relativement faible", clame France Info (radio du service public de Radios France), se faisant aussitôt l'écho du Parisien, dont le groupe industriel LVMH vient de faire l'acquisition, en octobre 2015.
Pour entendre le discours de François Hollande, l'organisation du Congrès après les attentats de Paris, aurait coûté entre 170.000 et 210.000 euros, affirme Le Parisien/Aujourd'hui en France, mardi 17 novembre. Claude Bartolone, qui présidait la réunion des deux assemblées parlementaires, aurait demandé à ses équipes d'organiser l'événement sans "dépense superflue ni faste", précise le quotidien.

Accueillis avec une bouteille d'eau 

Conséquence directe de cette frugalité: en arrivant à Versailles,
les parlementaires n'ont pas eu droit à la moindre collation, mais simplement à une bouteille d'eau. Ce qui aurait provoqué quelques protestations chez certains, affirme Le Parisien.

Depuis l'instauration de la Ve République, le Congrès s'était réuni jusqu'alors 17 fois à Versailles, dont 16 fois pour adopter une révision de la Constitution.

samedi 19 septembre 2015

Les maires de France ont massivement manifesté contre la coupe dans les dotations de l'Etat

Manifestation contre la baisse des dotations de l'Etat: une récupération politique?

L'Express ignore la souffrance des communes et parle de... récupération

Quand -fait exceptionnel qui devrait interpeller -  des centaines de maires descendent dans la rue, comme ce samedi partout en France, une certaine presse jette le discrédit sur l'intention des maires frappés par la baisse des dotations de l'Etat aux mairies. Sans doute des millions d'euros en moins pour les communes sont quantités négligeables vu de Paris, car la droite est accusée d'instrumentaliser l'événement pour contester la politique du gouvernement ! Pour dénoncer la baisse des dotations de l'Etat, le président de l'AMF (Association des Maires de France, Francois Baroin, était tout naturellement aux côtés de 300 maires à Troyes (que le journaliste Ludwig Gallet écrit... 'trois' !) et cela suffit pour dénigrer les élus, leurs difficultés budgétaires  provoquées par une réforme dont le gouvernement socialiste se décharge sur les collectivités territoriales faute d'avoir les moyens du financement de sa politique, et la manifestation de leurs difficultés, comme l'austérité qui s'abat ainsi sur leurs communes et administrés.
La gauche socialiste en perdition salit les succès des autres 
Maires manifestant à Tours
"Un très grand succès", il est vrai. Et c'est par ses mots que l'association des maires de France s'est félicitée de la mobilisation des maires. Ils étaient des centaines à réclamer une révision du calendrier des baisses de dotation, ainsi que de la charge nouvelle de l'effort réclamé aux municipalités.
Une pétition lancée en ligne par l'AMF a déjà récolté plus de 36.500 signatures. Malgré le "danger sans précédent" qui menace le tissu communal, avec une disparition ou une réduction drastique des services publics, dans un post Facebook publié vendredi par l'ancien ministre PS du Travail de retour à Dijon, François Rebsamen explique les raisons pour lesquelles il n'a pas manifesté ce samedi. 
Le ministre déserteur du gouvernement qui ne parvient pas à enrayer la destruction des emplois se permet de fustiger ses collègues maires en les accusant de faire de la récupération politique: le maire de Dijon, commune riche, refuse d'être solidaire des maires ded communes pauvres.

Frère Rebsamen refuse d'entendre le cri d'alarme des maires.
A Colmar, septembre 2015
 Ce membre de la majorité socialiste soupçonne tous les maires descendus dans la rue d'être des élus d'opposition. L'ancien ministre se  livre ainsi à un mauvais jeu anti-démocratique consistant à décrier toute mobilisation de rue et d'en faire une "journée de contestation du gouvernement." 

Rebsamen est de ces socialistes qui nient les faits de désengagement de l'Etat
La baisse est pourtant substantielle. Sur les 50 milliards d'euros d'économies décidés par le gouvernement, la baisse des dotations s'élève à 15,8 milliards d'euros. Avec le président de l'association des Maires de France, l'ensemble des élus municipaux estime que l'effort demandé aux municipalités est bien trop élevé, étalés sur trois ans. "L'Etat ne prend pas la mesure des difficultés pour les communes qui vont se retrouver très vite au ralenti, notamment pour la commande publique, sans compter l'impact sur les PME et TPE", a-t-il tenté de faire comprendre à L'Express et ses lecteurs. L'hebdomadaire accuse les maires d'avoir "une vision quelque peu apocalyptique des conséquences du plan d'économies du gouvernement", formule tordue qui renvoie chacune des parties dans son coin. Au final, la presse de l'entrepreneur franco-israélien Patrick Drahi, propriétaire de L’Express et L’Expansion, ainsi que du quotidien Libération (éhontément socialiste), outre SFR-Numéricable, admet plus qu'implicitement que la réforme territoriale du gouvernement précipite les communes dans l'austérité.

L'Express repart à la charge contre les sacrifiés, épargnant les décideurs irresponsables. 
Selon l'hebdomadaire de Drahi - à qui Arnaud Montebourg a demandé des comptes sur sa situation fiscale, notamment  sa résidence fiscale exacte - l'AMF est dramatiserait la situation de pénurie. "Plus d'eau pour [la] douche, plus d'équipements pour faire du sport, d'écoles, de crèches et de cantines", souligne la pétition. 

Maires ruraux protestataires contre la loi NOTRe
devant l'Assemblée Nationale , le 24 juin 2015
Le gouvernement se défend évidemment d'imposer un trop lourd effort aux maires de France. Bien qu'il ait démonétisé sa parole, le gouvernement Valls prétend, sur Twitter, que les maires peuvent lui faire confiance sur son engagement en faveur des collectivités locales. Ministre de la Décentralisation et porteuse de la loi NOTRe (Nouvelle Organisation territoriale de la République), Marylise Lebranchu raconte de son côté que ses services technocratiques parisiens estiment que la baisse des dotations ne représente "qu'une diminution de 1,84% de leurs recettes de fonctionnement chaque année, soit en moyenne 28 euros par habitant". 

Des maires de gauche contredisent les accusations de Rebsamen, escorté de L'Express

250 élus dans les rues de Gap pour 
sauver "la République au quotidien"
La mobilisation de ce samedi n'a pas rassemblé que des maires de droite. 
Des maires socialistes, partageant les craintes de l'opposition,  ont participé à la mobilisation: tous ne sont pas des godillots inquiets de leurs futures ré-investitures. Des maires de tous horizons ont exprimé leurs craintes. 
Mais L'Express n'a pas jugé utile de donner la parole aux élus de gauche, Front de gauche socialistes: leur témoignages pourraient démontrer que le danger est grand et que la grogne des maires n'est pas politicienne.