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mercredi 30 janvier 2019

Les ménages ont réduit leur consommation en décembre

Elle avait déjà reculé en novembre avant le phénomène Gilets jaunes

Difficile donc d'accuser les Gilets jaunes ? 
C'est ce que n'hésitent pourtant pas à faire le pouvoir et sa presse...

Elle a fortement reculé en décembre.
La consommation des ménages en biens s'est repliée de 1,5% en décembre, après avoir déjà légèrement reculé en novembre (-0,1%): l'INSEE fait l'annonce et la presse met en cause mercredi "un contexte de perturbations liées au mouvement des Gilets jaunes", selon un communiqué.

La période de Noël ne serait donc plus un temps de grandes dépenses...

Au-delà de la propagande en Une des journaux et des sites de presse inféodés,
d'après l'organisme public, cette baisse s'explique notamment par une forte baisse des consommations énergétiques, qui ont reculé de 4,3% en raison "d'un mois de décembre relativement doux", et des achats de biens fabriqués, en repli de 1,9%. 
Est-ce que les Français ne seraient pas plutôt inquiets de l'avenir et portés à se serrer la ceinture, voire carrément en difficultés budgétaires ?

La consommation de biens durables a elle aussi fortement diminué (-3,8%)

La baisse est particulièrement notable dans les biens d'équipement et des achats de voitures, "sans doute en partie par anticipation d'une prime à la casse plus favorable à partir de janvier", suppute l'Insee.

Les dépenses en habillement-textile se sont elles aussi légèrement repliées (-0,3%), à l'inverse de la consommation alimentaire, qui a rebondi (+0,5% après -0,4%), en raison des fêtes de Noël. Les ménages auraient réveillonné en gilets jaunes...

Sur l'ensemble du quatrième trimestre, les dépenses de consommation en biens ont diminué nettement (-0,7%)

En intégrant les services (+0,5%), la consommation a connu une croissance nulle, après avoir augmenté de 0,4% au trimestre précédent.

Selon l'Insee, le résultat a fortement pesé sur le chiffre de croissance du dernier trimestre, qui a plafonné à 0,3%.
Et en octobre, les Gilets jaunes étaient où ?


vendredi 21 septembre 2018

Peur de l'austérité: la croissance du 2e trimestre confirmée faible à 0,2%


Le pouvoir d'achat des Français n'a aucune chance de se redresser

Le rythme de croissance reste inchangé depuis le début de l'année

Les retraités sont moins concernés que les actifs : ils ne sont que 37 % à redouter de tomber dans la pauvreté, contre 60 % de ceux qui travaillent (Illustration).

La croissance de l’économie française au 2e trimestre a stagné à 0,2%, le même rythme que sur les trois premiers mois de l’année, a confirmé vendredi l’INSEE, leur niveau de pouvoir d’achat n'a donc pas incité les ménages à consommer davantage.

Au 30 juin, l’acquis de croissance pour l’ensemble de 2018 s’établit à 1,3%, à savoir l’évolution du PIB, si l’activité stagnait complètement au deuxième semestre, comme dans les deux précédentes estimations fournies par l’institut statistique, sans amélioration.

A ce niveau bas, l’objectif d’une croissance annuelle moyenne de 1,7% cette année paraît compliqué à atteindre : à moins d’une très forte accélération en fin d’année, le gouvernement s'y est résigné, après avoir envisagé au printemps de la voir monter jusqu’à 2,0%.

La Banque de France et l’OCDE viennent d'ailleurs de revoir leurs prévisions respectives  2018 à 1,6%.

Les composantes de la croissance du 2e trimestre sont quasiment inchangées
Elles restent identiques à la précédente estimation publiée fin août, à savoir 0,2 point provenant de la demande intérieure et 0,2 point de la variation des stocks des entreprises, la contribution du commerce extérieur étant négative à hauteur de 0,2 point.
Les trois mois du printemps ont bien été marqués par une reprise de l’investissement des entreprises (+1,2%), après sa quasi-stagnation (+0,1%) du premier trimestre.

Mais un pouvoir d'achat en berne a produit une consommation des ménages en baisse (-0,1%), une première depuis l’automne 2016. Outre le manque d'incitation des ménages, l'INSEE incrimine les grèves dans les transports (SNCF et Air France) - sans pour autant mettre en cause la réforme SNCF - qui ont affecté les dépenses de services, et l’impact de la météo clémente sur les achats d’énergie.
Les tarifs du gaz ont d'ailleurs été augmentés de 0,2% en août (la Commission de régulation de l’énergie a en revanche "recommandé" de réduire ceux de l'électricité de 0,5 % pour les ménages, tout en augmentant de 1,1 % pour les petits professionnels), tandis que les prix du gazole ne cessent de progresser pour tous.
Au final, la peur des Français dans leur avenir se répercute dans le gel de la croissance

L'INSEE avance une raison politique à ce rebond. L'officine de Bercy fait valoir que le pouvoir d’achat de certains Français s’est nettement repris (+0,7%), après sa forte baisse (-0,5%) du premier trimestre qui tenait notamment à la hausse de la fiscalité (CSG et carburants) et à l’inflation. 
La baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine, principalement due au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), et une hausse des prix moins marquée dans le sillage de la facture énergétique.

Les évolutions opposées de la consommation et du pouvoir d’achat ont débouché sur un bond de 0,6 point du taux d’épargne des ménages qui, à 14,3%, retrouve son niveau de fin 2017. Début juillet 2018, Le Point indiquait qu'un sondage IFOP révélait que 55 % des Français ont plus peur que par le passé de tomber dans le dénuement.

Le taux de marge des entreprise, quant à lui, dégradé de 0,5 point, à 31,5%. Il accuse les effets négatifs d’un recul des gains de productivité, d’un léger rebond des salaires réels et de la poursuite de la dégradation des termes de l’échange, raconte l’INSEE.

Par ailleurs, le déficit des administrations publiques a "légèrement" augmenté au deuxième trimestre, selon l'INSEE qui évite d'évoquer des taux cumulés, 2,5% du PIB après 2,4% à fin mars.
Matière à commentaires de "fact-checkers", s'ils cessaient de viser (exclusivement) les réseaux sociaux...

vendredi 28 juillet 2017

La consommation des ménages est repartie à la baisse en juin en France

La plupart des secteurs sont frappés, annonce l'INSEE

La consommation des ménages a baissé 
de 0,8% en juin

Image associée
Après deux mois consécutifs de hausse, cette baisse touche la quasi-totalité des secteurs, selon les données publiées vendredi par l'INSEE, une direction générale du ministère des Finances.

L'INSEE a également revu l'évolution de l'indicateur du mois de mai à la baisse de 0,1 point  à +0,9%.

Résultat de recherche d'images pour "baisse de biens consommation"Sur l'ensemble du deuxième trimestre, la consommation des ménages en biens affiche une hausse de 0,4% après un repli de même ampleur au premier trimestre. Seul le moyen terme indiquera la tendance.

La consommation de produits alimentaires a diminué de 0,8% mais celle de tabac a progressé.

En juin, les achats de biens fabriqués (de consommation) ont reculé de 1,0%, tirés à la baisse par l'habillement (-4,7%), avant l'ouverture des soldes d'été. Mais les achats d'automobiles sont restés quasi stables (+0,1%), mais grâce aux véhicules d'occasion et aux deux-roues.

En hausse soutenue les deux mois précédents, la consommation d'énergie s'est repliée de 0,2%, les produits raffinés (+0,7%) faisant exception du fait de la "très forte hausse" des achats de fuel/fioul, en prévision de l'hiver, indique l'Insee.

Résultat de recherche d'images pour "consommation des ménages 2017"
Les achats de biens représentent près de la moitié de la consommation totale des ménages, qui contribue à son tour à un peu plus de la moitié du produit intérieur brut (PIB) français. 
Un mauvais signal pour la consommation à venir et mais surtout pour l'ensemble des comptes de la nation : le PIB est l'indicateur économique principal de mesure de la production économique intérieure.

samedi 3 septembre 2016

Déception des ménages: ils ne bénéficieront pas de la baisse de 2 milliards promise pour 2017

La baisse d'impôts devrait être inférieure aux 2 milliards d'euros promis par Hollande en 2017

Sapin ne parvient pas à tenir les promesses aux ménages et à rééquilibrer le budget

Les ménages vont encore souffrir
La promesse de baisse d'impôts pour les ménages en 2017 ne sera pas tenue
Elle sera précisée la semaine prochaine, mais devrait être inférieure aux 2 milliards d'euros espérés, a indiqué vendredi Michel Sapin, le ministre de l'Economie et des Finances. Les détails de la baisse de prélèvements seront annoncés par le président François Hollande à son retour du sommet du G20 en Chine ou par le premier ministre Manuel Valls, "la semaine prochaine", a déclaré de son côté le secrétaire d'Etat au Budget Christian Eckert à l'antenne de la radio RTL.

"La marge n'est pas la même, cessons de parler de 2 milliards, nous sommes en train de regarder à l'intérieur des données actuelles quelles sont les marges", a rectifié Sapin sur Radio Classique/Paris Première.

Alors, "ça va mieux" ?

L'ampleur de la diminution d'impôts jusqu'à présent évoquée tournait autour de 2 milliards d'euros si la croissance avait été cette année supérieure à 1,5% du Produit intérieur brut (PIB).
Bercy a prévu dans le budget une croissance de 1,5% cette année mais le président François Hollande avait assuré fin juin dans un entretien avec Les Echos que la croissance serait "supérieure à 1,6%".

Depuis, l'INSEE a annoncé fin juillet un coup d'arrêt inattendu de la croissance au deuxième trimestre (+0,0%) après un très bon début d'année (+0,7% au premier trimestre).
A l'origine de ce résultat "décevant" (AFP), un ralentissement de la consommation des ménages, une baisse des investissements et un recul de la production affectée par les mouvements sociaux contre la loi travail. Mais pas que... 

L'INSEE qui n'a pas froid aux yeux n'hésite encore pas à prévoir un rebond sur les deux autres trimestres de 2016 (+0,3% et +0,4%). Entretemps, l'attentat de Nice et le référendum sur le Brexit ont ajouté des incertitudes, raconte ce satellite de Bercy.

Pour l'heure, l'acquis de croissance - autrement dit la progression annuelle du PIB en cas de croissance nulle sur les deux derniers trimestres - ne qu's'établit à 1,1%, admet l'Insee.

"Le Président l'a dit au printemps car c'était un moment où on pouvait prévoir plus de croissance, tente de justifier ce pauvre Sapin. Tout le monde est d'accord pour dire aujourd'hui qu'il ne serait pas raisonnable de construire un budget sur une perspective de croissance supérieure à 1,5%", a avoué Michou Sapin, plus occupé à saquer Macron qu'à assumer ses responsabilités.

"Il faut être sérieux, déclare Sapin, avec une croissance qui ne va pas augmenter, on ne peut pas distribuer plus. Il faut qu'il y ait des contreparties. Il n'y a plus la marge de 2 milliards. Nous travaillons sur les données actuelles du budget avec le respect scrupuleux de nos engagements [sic], qui ne sont pas vis-à-vis de l'Europe mais vis-à-vis des Français."

Le ministre avait raconté la veille qu'une baisse des impôts était "nécessaire à la France", se refusant cependant, lors de sa conférence de presse mensuelle, à trancher entre les différentes options étudiées par le gouvernement en vue d'une diminution des impôts des particuliers: impôt sur le revenu, CSG ou prime d'activité. Michou Sapin aurait-il encore parlé plus vite que son cerveau ?

A l'occasion de la Fête nationale du 14 juillet, François Hollande n'avait pas hésité à préciser que les impôts pour les ménages ne baisseraient en 2017 que si la croissance était supérieure à celle de 2016 et atteignait 1,7% du PIB.

dimanche 31 juillet 2016

Récession: croissance nulle en France au deuxième trimestre

"Ca va mieux", mais la gauche juge néanmoins la croissance ..."décevante"

"Une mauvaise nouvelle imprévue" ! selon l'AFP et ses copieurs-colleurs

L'activité économique a stagné  à 0,2% au deuxième trimestre -stagnation à zéro signifie 'récession'- , alo
rs qu'elle était attendue en hausse de 0,3%, mais elle ne "ne remet pas en cause la prévision de croissance de 1,5% en 2016", assure ...Sapin, qui a jugé que ce chiffre  de 0,3% de l'Insee publié vendredi 29 juillet, est "décevant au regard des prévisions en particulier de l'Insee et de la Banque de France" et il incrimine la consommation et un recul des investissements, selon de premières estimations. 

Le ministère des Finances a aussitôt assuré que l'économie française reste sur une "dynamique de reprise" 
et que la croissance nulle du deuxième trimestre ne remet "pas en cause la prévision de croissance de 1,5% en 2016".
Du coup, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a révisé légèrement à la hausse la croissance du premier trimestre, à +0,7% au lieu de +0,6%.

Comme par magie,
l'acquis de croissance (progression annuelle du PIB en cas de croissance nulle sur les deux derniers trimestres) s'établit donc à 1,1%, selon les maquilleurs de l'INSEE.

BFMTV participe d'ailleurs à la mascarade.
VOIR et ENTENDRE l''édito Eco du vendredi 29 juillet 2016 - improbable mais vrai - d'Emmanuel Lechypre, en service commandé, optimiste peu convaincant, "sauf catastrophe"...

"Pas une bonne chose"

L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) souligne en revanche que le contrecoup, même s'il était attendu, est "très marqué" et donc "assez surprenant". "Avec un certain nombre de conditions macroéconomiques, l'arrivée à maturité de certains dispositifs comme le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), la sortie de la politique d'austérité, la politique accommodante de la Banque centrale européenne, on pourrait s'attendre à une accélération de la croissance", déclare-t-il. "Or, elle ne se produit pas", ce qui est n'est "pas une bonne chose", poursuit-il.

"La question posée est celle de savoir quelle sera l'ampleur du rebond qu'on peut attendre [maintenant] sur les troisième et quatrième trimestres", souligne pour sa part Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis.
"Quels sont les facteurs qui vont permettre d'inverser la tendance et de retrouver des éléments de croissance qui permettront de tendre vers le 1,5% promis par le gouvernement?", s'interroge-t-il.

L'investissement au coeur des enjeux

Moteur traditionnel de croissance dans l'Hexagone, la consommation des ménages a stagné au deuxième trimestre, après avoir été dynamique [?] au premier (+1,2%).
Du fait du faible pouvoir d'achat des ménages et de leur défiance aux promesses incessantes, les dépenses de consommation alimentaires ont notamment nettement reculé, de 0,7%, après +0,4% sur les trois premiers mois de l'année. La consommation en services a quant à elle chuté à 0,1% contre +0,7%, "contrecoup après l'achat des billets de l'Euro 2016 de football au premier trimestre", ose-ton avancé, "et résultat de l'"infléchissement des dépenses en hébergement-restauration", détaille l'INSEE.

Les dépenses d'investissement ont pour leur part rechuté, de 0,4%, après avoir augmenté de 1,3% au premier trimestre. Dans le détail, celles des entreprises ont baissé de 0,2% et celles des administrations publiques de 1,7%.

"Il y a eu un effet de sur-amortissement fiscal, notamment du côté des entreprises, qui a pu beaucoup jouer", ose l'OCDE qui pointe la pression de l'impôt. Le mécanisme de déduction fiscale exceptionnelle sur les investissements productifs, qui devait prendre fin en avril, a finalement dû être prolongé, mais la décision a été prise tardivement, ce qui pourrait expliquer l'accélération des investissements au premier trimestre.

Pour Philippe Waechter, tout l'enjeu pour le reste de l'année va tourner autour de l'investissement. Brexit, attentats, élection présidentielle aux Etats-Unis..."tous ces phénomènes génèrent de l'incertitude et peuvent inciter les chefs d'entreprises à reporter leurs investissements", craint l'économiste qui occulte le déficit de confiance en l'exécutif.

Comme le reste, la production totale de biens et de services a aussi reculé (-0,2%). En particulier, "la production de biens manufacturés recule nettement (-1,0% après 0,0%), du fait principalement de la chute de la production dans les raffineries, affectées par des mouvements sociaux en mai et juin", souligne l'INSEE, direction, voire officine du ministère des Finances.

Secteur qui commençait tout juste à donner des signes de reprise, selon les experts militants, la construction a gravement baissé de 0,6%, après +0,3% au premier trimestre.

Avec notamment un net repli des importations en produits manufacturés et en hydrocarbures bruts, le commerce extérieur a en revanche contribué positivement au PIB, à hauteur de 0,3 point de PIB. 
Ce petit coup de l'économie internationale est un bienfait que Hollande et Valls ne pouvaient apporter tant ils s'entêtent dans une politique qui plombe toute initiative.  
La nouvelle poussée du chômage en juin confirme en outre que les socialistes ravis n'ont pas renoncé à porter des coups à notre économie. 

dimanche 16 août 2015

Croissance 0% en France, alors que les plus pessimistes comptaient sur 0,3%

Désaveu cinglant pour les menteurs socialistes au pouvoir et dans la presse 

C
roissance nulle en France au deuxième trimestre, mais aussi déprime de la consommation des ménages et de l'investissement des entreprises

sont analysés pour Le Figaro par les économistes Gérard Thoris et Jacques Delpla.

LE FIGARO. -
Comment expliquer le "choc" de ce chiffre de 0%, alors même que les plus pessimistes tablaient encore sur 0,3%?

Gérard Thoris. - On oublie que la France vit une période de déflation latente, avec une hausse des prix d'à peine 0,2% sur un an, ce qui est très faible. Or, quand les prix ont tendance à baisser, les gens ne se précipitent pas pour acheter et,  s'il n'y a pas de demande, il n'y a pas d'investissement. Conséquence que l'on constate dans les chiffres: cette croissance nulle est largement liée au recul de la consommation et de l'investissement des entreprises. Et quand on est dans une situation déflationniste, il est très difficile d'en sortir. On peut d'ailleurs le comprendre aisément avec l'immobilier: si vous pensez que les prix vont baisser, vous n'achetez pas, et même si les taux d'intérêts sont très faibles, cela n'y change rien.

Bien sûr, on peut se réjouir des bons chiffres des exportations (+1,7% au 2e trimestre, ndlr), mais il s'agit, pour beaucoup, de secteurs à l'activité cyclique comme l'automobile. Ce n'est pas cela qui tirera la croissance française vers le haut dans la durée. Et d'ailleurs, je note que l'on ne communique absolument pas sur l'impact de l'embargo russe, qui a forcément des conséquences. [Cet embargo accusé de tous les maux est la conséquence des sanctions prises par Obama, Merkel, Cameron et... Hollande contre la Russie, suite au procès fait à Poutine d'avoir accepté que la Crimée se fédère à la Russie par référendum populaire]

Jacques Delpla. - Ce chiffre est une douche froide. Même si la croissance en fin d'année sera peut-être autour de 1%, on voit que la conjonction d'effets positifs comme la baisse du prix du pétrole [largement du fait de la production de pétrole de schiste par exploitation du gaz de schiste américain par Obama] et le taux de change favorable [aux produits de la zone euro] (qui explique nos bonnes exportations) n'ont guère d'effets globaux dans la durée. J'attends d'ailleurs de voir le chiffre du taux d'épargne des ménages qui n'a pas encore été publié. Je pense qu'il sera à la hausse: les gains de la baisse du pétrole ont été conservés par les ménages qui ne l'ont pas transformé en consommation. Ce n'était qu'un feu de paille.

La croissance au 1er trimestre a été révisée à +0,7%. Que s'est-il passé pour expliquer un tel retournement entre le 1er et le 2e trimestre ?

Gérard Thoris. - L'idée que le taux de change favorable allait forcément jouer dans la durée était une vision optimiste qui ne s'est pas réalisée. Mais si vous regardez dans le détail les chiffres des derniers trimestres, vous constatez une tendance nette: le bon chiffre du 1er trimestre 2015 était une exception, tout simplement.

Jacques Delpla. - Une grosse partie de la baisse des prix issue des cours du pétrole et du taux de change a été captée au premier trimestre. Cela a donc conduit à ces bons chiffres. Mais ça ne marche qu'une fois… Et maintenant, on revient aux mauvaises nouvelles habituelles, avec en plus un nouveau facteur: la baisse du secteur du bâtiment, qui parvenait jusque-là à se maintenir malgré la crise. En plus d'être une très mauvaise perspective sur la question de l'emploi pour François Hollande, je pense que la morosité dans ce secteur va durer dans le temps, tirant vers le bas toute possibilité de rebond, comme celle issue par exemple des exportations.
L'autre facteur très inquiétant, c'est le niveau d'investissement des entreprises. Il n'est qu'à +0,2% seulement, alors qu'étant donné le contexte énergétique et de taux de change, il devrait être à +5% au moins ! En fait, nous sommes dans le meilleur contexte possible pour l'investissement. Et malgré tout, après le rebond mécanique du premier trimestre, nous sommes, dans les chiffres, à peu près à zéro.

Le chiffre de croissance allemand pour le deuxième trimestre vient de tomber: +0,4%. Comment expliquer que nos voisins arrivent à se maintenir dans la durée, là où la France dévisse?

Gérard Thoris. - La France n'a fait aucune réforme structurelle, c'est quelque chose de tabou pour le pays. Et ces changements à mener, nous les connaissons tous. On ne fait rien pour le marché du travail. On ne veut pas aller vers des politiques qui pourraient générer de la croissance, comme on l'a bien vu avec Uber. Peut-être que la loi Macron aura un impact, mais j'en doute car elle ne s'attaque finalement à aucun symbole fort.

Jacques Delpla. - L'Allemagne va peut-être souffrir le prochain trimestre du fort ralentissement chinois, sachant que nos voisins se reposent beaucoup sur leurs exportations. L'écart avec la France ne va donc peut-être pas durer. Mais ce n'est pas dramatique pour eux. Au fond, l'Allemagne craint assez peu une période de croissance faible: elle est quasiment au plein emploi et sa population n'augmente quasiment pas. Les Allemands n'ont pas les contraintes de la France.



dimanche 31 mai 2015

La consommation des ménages a presque stagné en avril

Après une forte baisse, un frémissement à la hausse...

Tous les indicateurs seraient passés au beau. Et pourtant...

Après une forte baisse au mois de mars, la consommation des ménages n'a que très légèrement progressé en avril, de 0,1% sur... un an.

Contre le dénigrement, l'INSEE compare avec le pire: la consommation des ménages français en biens a très légèrement augmenté (+0,1%) en avril après avoir chuté de 0,7% en mars, a annoncé l'Institut national de la statistique et des études économiques, lié à ... Bercy: c'est une direction générale du ministère de l'Economie. 
La baisse observée en mars, liée à une chute des dépenses d'énergie, a été révisée à la hausse, passant de 0,6% à 0,7%, positive l'INSEE. A noter que cette statistique ne prend en compte que la consommation de biens et pas celles de services.

Stabilité des achats automobiles

En avril, les achats de biens durables se sont "repliés" (-0,4% après +1% en mars: en clair, "ils se sont fait la malle"), avec un recul des achats en équipement de logement et une stabilité des achats d'automobiles. Les achats de textile, habillement et cuir se sont redressés en avril (+1,3%), après leur net repli de mars (-5,1%). Les dépenses en autres biens fabriqués ont légèrement baissé (-0,2%), notamment en parfumerie, a précisé l'Insee.

La consommation de produits alimentaires est restée dynamique (+0,4% après +0,5% en mars). Quant à la consommation énergétique des ménages, elle a légèrement diminué (-0,3%) après une forte baisse en mars (-3,3%). L'Insee a précisé qu'"une hausse de la consommation de carburants est en effet presque entièrement compensée par un recul des dépenses de gaz et d'électricité". 
Le printemps est arrivé, mais Météo-France ne l'a pas dit à l'Insee...

vendredi 3 avril 2015

Reprise économique au 1er semestre: une prévision vendue comme un fait

Reprise économique annoncée, mais chômage attendu en hausse

Le gouvernement attend désespérément une
 reprise de l'activité économique

L'INSEE lui offre l'annonce d'une prévision positive lors de la première moitié de l'année 2015, mais elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre (révision légèrement en hausse par rapport à l'estimation de décembre) et de 0,3% au deuxième trimestre.

La gauche saute allègrement de la prévision à la réalité 
Les éléments de langage de l'AFP répandent la confusion  ensuite entretenue par les organes de presse, tel Libération. "Ces prévisions, qui assurent à la France un acquis de croissance" (croissance annuelle s'il n'y a pas de variation les deux trimestres suivants) de 0,8%, confortent la position du gouvernement qui prévoit 1% sur l'année, mais qui espère aussi aller au-delà", écrit l'agence de presse officielle. 
L'INSEE est d'ailleurs présenté comme une arme de propagande. "De plus, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le produit intérieur brut (PIB) à mi-2015 [dans trois mois] aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014."

La voie est ainsi ouverte  au ministre des Finances Michel Sapin qui politise ouvertement le débat. L'économie n'irait-elle donc mal que du fait d'un ressenti mauvais des acteurs? "Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher", a polémiqué devant la presse le marchand de sable de Bercy, rappelant que "l'objectif est de faire plus".

Si les chiffres remontaient, deux nuages très noirs hypothéquent encore la reprise

D'une part, l'INSEE ne dissimule pas que le taux de chômage va encore augmenter et, d'autre part, la confiance des entrepreneurs ne revient pas puisque leurs investissements resteront "atones" au premier semestre, malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises.

- 10,2% de chômage dans la seule métropole
Le taux de chômage, qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de 20 ans,  fin 1997: 10,8 %, un niveau record depuis la fin des Trente Glorieuses, le socialiste Lionel Jospin étant devenu premier ministre en juin. (Pour mémoire, il annonça alors la fermeture du réacteur Superphénix.) Les économistes et le gouvernement estiment qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage: d'où l'intox actuellement développée par l'INSEE, organisme rattaché au ministère de l'Économie.
Comme son prédécesseur, mon beau Sapin, roi de l'intox, le ministre du Travail, François Rebsamen, anticipe le moindre frémissement en prenant ses désirs pour des réalités. Il  "pense" (si, si) que l’année 2015 sera "meilleure que l’année 2014" en matière de lutte contre le chômage, et qu’elle devrait "être le tournant". Le ministre s’attend à "un début de régression" (du nombre des inscrits à Pole emploi), 
à "la fin de l’année." En faisant disparaître certains chômeurs de la photo de l'INSEE 
"On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20.000 emplois, raconte Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee. Mais, il y aurait un 'mais' !  La population active augmente d'environ 60.000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents", a a-t-il tenté de faire comprendre, lors d'une conférence de presse jeudi.

En attendant, si on veut bien inclure l’Outre-mer, le chômage, qui touchait 10,4% de la population active à la fin de l’année 2014, culminerait cet été à 10,6%.
Fin février, Pôle emploi recensait 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité en métropole, flirtant avec son record absolu, atteint fin 2014. Sans exclure les chômeurs ayant exercé une petite activité, le deuxième thermomètre du chômage a atteint de nouveaux records, à 5,26 millions en métropole, 5,56 millions avec l’Outre-mer

Et la méthode Coué se heurte aux réalités têtues. Parallèlement, si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0,0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Et, avant que le gouvernement n'annonce de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir, pour l'Insee, c'est comme si c'était assuré, "les conditions sont réunies" pour une reprise de l'investissement.

- "Redressement spectaculaire" des marges 
En effet, le taux de marge des entreprises s'est nettement redressé, estime l'Institut, retrouvant son niveau de 2011 (31,3%). Il l'explique par l'effet conjugué de plusieurs baisses de l'euro, du crédit d'impôt compétitivité emploi et des premières baisses de cotisations patronales prévues dans le pacte de responsabilité, mais aussi des conditions de financement favorables et d'un prix du pétrole qui reste bas grâce au gaz de schiste américain.

L'INSEE tente de minimiser l'impact négatif de la faiblesse de l'investissement sur la reprise économique



"Le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire", a positivé Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee. "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", a-t-il précisé.

Pour Michel Sapin, si les taux de marge opèrent un "redressement spectaculaire",
le but du gouvernement est de retrouver les niveaux d'avant la crise débutée en 2007 et ressentie en 2008 (32,7%). Et il en profite pour se féliciter de cet... objectif qui justifie, selon lui, "le maintien du cap" de la politique économique du gouvernement, une ligne socio-libérale très contestée à gauche, après comme avant la défaite de la majorité présidentielle aux départementales. "Il faut que le monde économique soit certain que le cap (des baisses de charges et d'impôts) soit maintenu", a insisté le ministre soucieux de rassurer l'entreprise, quitte à irriter les socialo-socialistes. 

Reste que, dans l'immédiat, le pouvoir mise sur une activité portée par la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance en France. Celle-ci ne se fera qu'à la condition d'une "accélération du pouvoir d'achat", selon l'Insee, grâce à la baisse des prix des carburants du fait des cours du baril à l'international, mais aussi au "moindre dynamisme des prélèvements obligatoires". 
Quant au commerce extérieur, il devrait avoir une influence marginale sur la croissance du premier semestre, du fait d'une faible compétitivité de nos entreprises et malgré les bons effets de la baisse de l'euro sur les exportations.

vendredi 29 novembre 2013

Nouvelle baisse de la consommation des ménages en octobre

Octobre confirme la baisse de la consommation des ménages en septembre. 

La consommation de biens et d'énergie a poursuivi son recul global

Conséquence de la baisse de la confiance et du matraquage fiscal
Après un repli de 0,1% en septembre, la consommation de biens a encore reculé de 0,2% en volume au mois d'octobre, du fait de la baisse des dépenses en énergie, annonce l'INSEE ce vendredi.

Les dépenses des ménages en énergie ont baissé de 4,9% en octobre -dont -5,2% en produits pétroliers. En août et septembre, les ménages avaient dépensé 0,7% de moins en énergie. Cela traduit "notamment l'effet de températures au-dessus des normales saisonnières sur les dépenses de chauffage. En outre, les dépenses en carburants se replient fortement", a noté l'INSEE.

La consommation en produits alimentaires s'est ressaisie,
"notamment celle des dépenses en tabac", avec +1,4% en octobre, après -0,6% en août et -0,2% en septembre. 

Progression des biens durables

La consommation en biens durables a, de son côté, continué sa progression (+0,8%, après +0,7% en septembre), grâce notamment à une "accélération" des dépenses en automobiles (+1,5%, après +0,8% en septembre) "peut-être par anticipation de la réduction du bonus écologique en novembre et du durcissement du malus (écologique) en janvier prochain", indique l'INSEE.

Le portique de cette enseigne
n'aurait pas souffert ?
L'Institut constate également une hausse des achats en équipement du logement, tandis que la consommation de textile-cuir a de nouveau baissé, pour le deuxième mois consécutif, avec -0,3% en octobre après -0,9% en septembre. 

Le segment "autres biens fabriqués" a profité (+0,2% après deux mois de stagnation) en partie d'un "rebond" des dépenses en quincaillerie-bricolage.
La boîte à outils de Hollande servirait-elle davantage aux ménages qu'au gouvernement?