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mercredi 27 novembre 2019

France : prévision de croissance abaissée de 1,3% à 1,2% par le FMI pour 2019

La France n'atteindra pas son objectif de 2019 et, en 2020 et 2021, le FMI ne mise que sur le 1,3% de... 2019


Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir revu à la baisse ses prévisions de croissance

Si ce n'est pas pour 2019, peut-être pour 2021 ?
Dans la zone euro, les principaux pays membres ne font pas mieux que l'ensemble et le FMI basé à Washington prévient que l'impact des tensions commerciales risque même de se propager du secteur de l'industrie à celui des services. 

L'organisation internationale prévoit désormais une hausse de 1,2% seulement du produit intérieur brut (PIB) des 19 pays de la région cette année, contre 1,3% prévu en avril, après 1,9% en 2018. 
Le PIB de la zone euro devrait croître moins qu'annoncé : le FMI le prévoit à 1,4% en 2020 et en 2021, alors qu'auparavant il attendait 1,5% de croissance pour chacune des deux prochaines années.

1,3% de croissance en France pour 2020

Le PIB français ne devrait quant à lui progresser que de 1,2% en 2019, une prévision réduite de 0,1 point de pourcentage par rapport à celle d'avril. Et le FMI n'attend qu'une légère accélération à 1,3% pour 2020 comme pour 2021. Soit un objectif supposé atteint avec trois années de retard.

L'ex-ministre des Finances de Macron ne se sent évidemment pas responsable.
Et encore moins ses chantres qui se produisent sur les antennes et dans la presse de France. 
Ce ralentissement serait principalement dû à une croissance anémique en Allemagne, première économie de la région si longtemps décriée pour sa domination de l'économie européenne,  explique-t-il, et à la stagnation de l'Italiedu fait de Salvini, probablement, et non pas de la déstabilisation de l'économie du pays accablée par un déferlement de migrants. 

L'Allemagne "anémique" fera mieux que la France.
Le Fonds compte désormais sur une croissance de 0,5% seulement en Allemagne cette année, contre 0,8% prévu en avril, après 1,5% l'an dernier, avant un rebond à 1,2% en 2020 et 1,4% en 2021. 
Pour contrer ce ralentissement, le  FMI réitère son appel en faveur d'une "réponse budgétaire synchronisée" des gouvernements de la zone euro.

mercredi 13 novembre 2019

Vers un tassement de la croissance, annoncé par la Banque de France


Elle met en garde pour le 4ème trimestre à 0,2%

Ce n'est la faute ni à Voltaire, ni à Macron, 
mais d'un ralentissement de l'économie mondiale...

La Banque de France abaisse à 1,3% sa prévision de croissance pour 2019.


Cette prévision reposant sur un repli possible de l'activité en novembre - les Gilets Jaunes peuvent-ils être incriminés ? - est fondée sur l'enquête mensuelle de conjoncture menée par la Banque de France auprès des chefs d'entreprises.

La croissance économique française devrait atteindre 0,2% au quatrième trimestre, soit un niveau inférieur au rythme de 0,3% par trimestre observé depuis le début de l'année, selon une première estimation dévoilée mardi par la Banque de France.

Cette prévision impute la responsabilité de ce désaveu des prévisionnistes à un repli possible de l'activité en novembre dans le bâtiment et l'industrie, après un mois d'octobre plutôt dynamique, a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon la banque centrale française, après avoir repris de la vigueur en octobre, la production industrielle pourrait se tasser en novembre, les chefs d'entreprises interrogés anticipant un ralentissement, en particulier dans l'automobile
De même, "la croissance serait moins forte" dans le bâtiment en novembre qu'en octobre. 

A l'inverse, dans les services, l'activité devrait poursuivre "au même rythme" en novembre, après avoir «progressé modérément» en octobre, .

L'INSEE préfère s'en tenir aux trois premiers trimestres de l'année, quand la croissance française avait augmenté de 0,3% par trimestre, marquant sa résistance face au ralentissement économique mondial. Mais l'INSEE est un service de Bercy...

Même pour l'INSEE, au 30 septembre, l'"acquis de croissance" était de 1,2% - c'est-à-dire le niveau que le PIB atteindrait à la fin de l'année si la croissance restait nulle au cours du dernier trimestre. Et, au vu des chiffres connus de novembre, la croissance pourrait en effet être nulle à la fin de l'année .

Sur l'ensemble de l'année 2019, l'INSEE, comme la Banque de France, maintient ses prévisions optimistes de croissance à 1,3% en France, après 1,7% enregistré l'an dernier. 
Bien dans son rôle, le gouvernement n'hésite pas à tabler, quant à lui, sur une hausse du produit intérieur brut (PIB) de 1,4%, tandis que le FMI a revu mi-octobre sa prévision de croissance à la baisse à 1,2%. Contre 1,7% en 2018...

mardi 11 juin 2019

Post-européennes : le déficit de la Sécurité sociale va se creuser en 2019

Macron et son gouvernement n'y sont pour rien. La faute aux Gilets jaunes, selon Radio France !

Une semaine après les élections, Bercy a revu à la hausse le montant du déficit de la Sécurité sociale

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Raison du trou de la Sécu qui se creuse toujours, des recettes plus faibles, le mouvement des Gilets jaunes ou encore une croissance de la masse salariale ralentie. Aucun souci donc du côté de sa gestion et de la politique menée à l'aveugle par Agnès Buzyn, ministre béate de la Santé...

La Sécurité sociale s'enfonce de 1,7 à 4,4 milliards d'euros, selon la synthèse de la Commission des comptes, au lendemain de la journée de solidarité en faveur, dit-on, de nos seniors, un trou soudain et immense, voire suspect. 
Pourtant, en septembre 2018, le déficit était fièrement affiché au plus bas depuis 2001 (-1,2 milliard d'euros) par Agnès Buzyn et Gérald Darmanin, le ministre polémiste de l'Action et des Comptes publics : enfin, le retour à l'équilibre pour 2019. Mais le vent a tourné et la promesse s'est fracassée sur les concessions légitimes des Gilets jaunes et la réalité du ralentissement économique, après deux années de ce macronisme qui fait trembler dans leurs convictions des élus de la droite et du centre, inquiets de leur réélection si Gilles Boyer leur applique sa menace de les traiter en "ennemis" du pouvoir.

Cette rechute "résulte pour l'essentiel d'une croissance de la masse salariale (...) nettement inférieure à la prévision initiale" du gouvernement, explique la Commission des comptes. Au lieu des 3,5% espérés à l'automne, Bercy ne table plus que sur une progression de 3,1%, selon le programme de stabilité transmis à Bruxelles en avril. Mais à cause de la "prime Macron" votée en décembre (exonération totale de cotisations et d'impôts jusqu'à 1.000 euros), la Sécu devra se contenter de 2,9%. Soit, au bout du compte, des "recettes plus faibles qu'attendu", de l'ordre de 1,7 milliard d'euros, l'équivalent du montant du déficit prévu, dans le meilleur des cas.

L'exécutif regrette ses concessions sociales. 
Après avoir affirmé qu'il suivait sa ligne avec détermination, il rend les Gilets jaunes responsables de l'addition, du fait des autres "mesures d'urgence" adoptées en fin d'année, au plus fort du mouvement revendicatif qui en est à son 30e samedi de mobilisation. Sont en cause, l'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires dès le 1er janvier, et la baisse du taux CSG pour une partie des retraités, qui coûteront "respectivement 1,2 et 1,5 milliard d'euros", estime la Commission des comptes. De quoi aggraver le "creusement" du déficit "qui atteindrait alors 4,4 milliards", poursuit-elle, ajoutant que "la trajectoire de retour à l'équilibre de la sécurité sociale pourrait être remise en cause". On avait entendu la socialiste Marisol Touraine assurer en son temps qu'elle avait réussi à combler ce trou, mais que Buzyn l'avait à nouveau comblé en moins de deux ans : nul doute qu'elle y parvienne encore avant les municipales !

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Au fond du trou, on s'amuse...
L'avenir s'annonce moins drôle qu'espéré, avec ou sans Gilets jaunes : avec une croissance économique revue de 1,7% à 1,4% cette année, le scénario d'une Sécu en excédent en 2020 "risquerait également d'être compromis". En plus de quoi il faudra financer les nouveaux gestes en faveur des retraités, et Macron les a déjà annoncés en avril : réindexation d'une majorité de pensions sur l'inflation et augmentation du "minimum contributif" à 1000 euros pour une carrière complète. 

Le "président des riches" va devoir faire avec ses obligations de protection sociale. Or, "le coût total" de ces deux mesures incontournables "est estimé à 1,5 milliard d'euros et détériorera d'autant le solde de la sécurité sociale", prévient la Commission des comptes. 

A cette "détérioration" durable s'ajoute un autre engagement que l'exécutif ne peut évacuer : la reprise et le remboursement d'un reliquat de 15 milliards de dette sociale, impossible avec des comptes dans le rouge, ce qui exposerait la Sécu au risque d'une remontée des taux d'intérêt. Une mise en garde identique à celle du Haut conseil du financement de la protection sociale, qui jugeait dès le mois de mars que la sortie des déficits était "remise en question" et évaluait alors les pertes pour 2019 à 3,6 milliards d'euros. 
La propagande officielle devient compliquée, consistant à clamer dans LCI que " la Sécurité sociale affiche son plus faible déficit depuis 2001...

Le gouvernement sait en réalité depuis plusieurs mois que sa projection de départ est devenue intenable. 
Sourire aux lèvres, Agnès Buzyn l'avait reconnu en janvier : "Le retour à l'équilibre en 2019 est compromis". Mais les chiffres n'ont toujours pas été révisés, laissant planer le doute sur une volonté de laisser filer le déficit de la Sécu pour ne pas accroître celui de l'Etat qui doit rendre des comptes à l'Union européennes. "Nous allons travailler tous ensemble pour améliorer ce déficit de façon à reprendre la trajectoire initialement prévue", a seulement indiqué la ministre des Solidarités et de la Santé début mai devant le Sénat, en renvoyant le sujet au budget 2020, qui sera présenté fin septembre.
Le banquier Macron va-t-il enfin se soucier des questions d'intendance ?

vendredi 21 septembre 2018

Peur de l'austérité: la croissance du 2e trimestre confirmée faible à 0,2%


Le pouvoir d'achat des Français n'a aucune chance de se redresser

Le rythme de croissance reste inchangé depuis le début de l'année

Les retraités sont moins concernés que les actifs : ils ne sont que 37 % à redouter de tomber dans la pauvreté, contre 60 % de ceux qui travaillent (Illustration).

La croissance de l’économie française au 2e trimestre a stagné à 0,2%, le même rythme que sur les trois premiers mois de l’année, a confirmé vendredi l’INSEE, leur niveau de pouvoir d’achat n'a donc pas incité les ménages à consommer davantage.

Au 30 juin, l’acquis de croissance pour l’ensemble de 2018 s’établit à 1,3%, à savoir l’évolution du PIB, si l’activité stagnait complètement au deuxième semestre, comme dans les deux précédentes estimations fournies par l’institut statistique, sans amélioration.

A ce niveau bas, l’objectif d’une croissance annuelle moyenne de 1,7% cette année paraît compliqué à atteindre : à moins d’une très forte accélération en fin d’année, le gouvernement s'y est résigné, après avoir envisagé au printemps de la voir monter jusqu’à 2,0%.

La Banque de France et l’OCDE viennent d'ailleurs de revoir leurs prévisions respectives  2018 à 1,6%.

Les composantes de la croissance du 2e trimestre sont quasiment inchangées
Elles restent identiques à la précédente estimation publiée fin août, à savoir 0,2 point provenant de la demande intérieure et 0,2 point de la variation des stocks des entreprises, la contribution du commerce extérieur étant négative à hauteur de 0,2 point.
Les trois mois du printemps ont bien été marqués par une reprise de l’investissement des entreprises (+1,2%), après sa quasi-stagnation (+0,1%) du premier trimestre.

Mais un pouvoir d'achat en berne a produit une consommation des ménages en baisse (-0,1%), une première depuis l’automne 2016. Outre le manque d'incitation des ménages, l'INSEE incrimine les grèves dans les transports (SNCF et Air France) - sans pour autant mettre en cause la réforme SNCF - qui ont affecté les dépenses de services, et l’impact de la météo clémente sur les achats d’énergie.
Les tarifs du gaz ont d'ailleurs été augmentés de 0,2% en août (la Commission de régulation de l’énergie a en revanche "recommandé" de réduire ceux de l'électricité de 0,5 % pour les ménages, tout en augmentant de 1,1 % pour les petits professionnels), tandis que les prix du gazole ne cessent de progresser pour tous.
Au final, la peur des Français dans leur avenir se répercute dans le gel de la croissance

L'INSEE avance une raison politique à ce rebond. L'officine de Bercy fait valoir que le pouvoir d’achat de certains Français s’est nettement repris (+0,7%), après sa forte baisse (-0,5%) du premier trimestre qui tenait notamment à la hausse de la fiscalité (CSG et carburants) et à l’inflation. 
La baisse des impôts sur le revenu et le patrimoine, principalement due au remplacement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) par l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), et une hausse des prix moins marquée dans le sillage de la facture énergétique.

Les évolutions opposées de la consommation et du pouvoir d’achat ont débouché sur un bond de 0,6 point du taux d’épargne des ménages qui, à 14,3%, retrouve son niveau de fin 2017. Début juillet 2018, Le Point indiquait qu'un sondage IFOP révélait que 55 % des Français ont plus peur que par le passé de tomber dans le dénuement.

Le taux de marge des entreprise, quant à lui, dégradé de 0,5 point, à 31,5%. Il accuse les effets négatifs d’un recul des gains de productivité, d’un léger rebond des salaires réels et de la poursuite de la dégradation des termes de l’échange, raconte l’INSEE.

Par ailleurs, le déficit des administrations publiques a "légèrement" augmenté au deuxième trimestre, selon l'INSEE qui évite d'évoquer des taux cumulés, 2,5% du PIB après 2,4% à fin mars.
Matière à commentaires de "fact-checkers", s'ils cessaient de viser (exclusivement) les réseaux sociaux...

mardi 10 juillet 2018

La France est rétrogradée septième de l'économie mondiale

L'Inde émerge au sixième rang devant la France

La reprise de l''économie indienne, ces derniers mois, a été portée par l'industrie manufacturière et la demande des consommateurs.

Bibi Fricotin ravi en Inde, en mars 2018
Le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a dépassé, pour la première fois, celui de l'Hexagone en 2017, reléguant la France au septième rang des économies mondiales, selon le site de la Banque mondiale

La France de Hollande et Macron à l'Economie doivent s'incliner. Le PIB de l'Inde a atteint 2.597 milliards de dollars en 2017, contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Ce chiffre confirme le rebond de l'économie indienne entamé à partir de juillet 2017, après plusieurs trimestres de ralentissement imputé à des mesures choc du gouvernement Modi. 

L'Inde a doublé son PIB en 10 ans
 
Image associéeLa croissance économique du géant indien est attendue à 7,4% en 2018 et 7,8% en 2019, selon le FMI. En l'espace de dix ans, l'Inde a doublé son PIB. A l'inverse d'une Chine dont le rythme de croissance ralentit, l'Inde devrait faire figure de nouveau moteur de la région.

L'Inde pourrait  briguer la troisième place en 2032. Une étude du Centre for Economics and Business Research, un cabinet de consultants basé à Londres, a prédit, en décembre 2017, que l'Inde supplanterait le Royaume-Uni et la France pour devenir la cinquième économie mondiale dès 2018. 

mardi 31 janvier 2017

Quand la croissance rebondit en 2016, elle recule !

Le "rebond" du quatrième trimestre: une farce, à l'heure de la primaire socialiste ?

A quoi ça sert une "accélération" de la croissance de l'économie française au quatrième trimestre, si elle est artificielle ? 

Hypnose gouvernementale de Sapin
par l'entremise des media
A la vérité, 2016 ne s'achève pas sur une meilleure note que 2015 mais déjà les marchands de sable de la presse partisane ont repris leur vente de rêves en entrevoyant "des éléments positifs en termes de consommation et d'investissement qui augurent d'un début d'année 2017 solide". On verra bien après les législatives...

L’Institut national de la statistique et des études économiques, l'INSEE, officine de Bercy, a resservi mardi la hausse de 0,4% du produit intérieur brut (PIB) du dernier trimestre 2016, bien qu'elle n'ait aucun sens sur le moyen terme, en ligne avec les attentes des économistes. Certains d'entre eux...

En charge de la production (gouvernementale), de l'analyse (politique) et de la publication des statistiques officielles en France, l'institut a confirmé dans le même temps le niveau de croissance du troisième trimestre, +0,2%, ce qui fait que, sur l'ensemble de l'an passé, le PIB de la France a progressé en moyenne de 1,1%, après +1,2% en 2015: une "progression" qui constitue une baisse.

Le PIB ressort en fait nettement en dessous de la moyenne de la zone euro

Afficher l'image d'origineAnnoncée à 1,7% en première estimation, le Produit Intérieur Brut est aussi "en deçà de l'objectif": en clair, il n'est finalement pas "en ligne avec les attentes des économistes"... Il a pourtant été revu à la baisse de 1,5% à 1,4% en cours d'année, retenu par le gouvernement. Au final, la croissance moyenne annuelle sur l'ensemble du quinquennat se limite à 0,75% par an.

Dans une déclaration, le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin s'est néanmoins félicité que "2016 se termine sur une note positive, avec une activité qui accélère nettement au 4e trimestre."
"Pour la deuxième année consécutive, l’activité économique aura été dynamique et aura permis de faire reculer le chômage, tout en réduisant le déficit public", dont le niveau sera connu en mars (!), a raconté l'illuminé de Bercy.

"Avec 1,1% de croissance, nous avons créé beaucoup d'emplois", a-t-il assuré par la suite sur France Inter, en dépit des chômeurs déplacés en stage de formation, sans garantie d'embauche. L'illusionniste en gros sabots de Bercy fait référence à l'emploi salarié dans les secteurs marchands qui a augmenté de 178.700 sur les douze mois à fin septembre 2016, mais fait l'impasse sur 

La croissance du quatrième trimestre a été portée par la demande intérieure, qui y a contribué pour 0,6 point.

La prévision de croissance pour 2016 avait été revue à la baisse par l'Insee

Dès le début octobre 2016, l'INSEE ne prévoyait plus qu'une progression de l'activité de 1,3 % en 2016. Ses prévisionnistes avaient battu leur coulpe et Michel Sapin avait admis à demi-mots que l'objectif de 1,5% fixé par le gouvernement Valls ne serait pas atteint. Et il avait même maintenu la prévision de déficit. Au lieu du 0,3 % de hausse attendu de la croissance, l'activité a reculé de 0,1 %, savait-on déjà dans le courant de l'été.
 
A la rentrée, l'INSEE a donc revu à la baisse sa prévision de croissance sur l'année de 1,6 % à 1,3 %. Ce chiffre, sensiblement aussi terne que celui de 2015 (+ 1,2 %), plaçait encore la France à la traîne de l'économie de la zone euro, qui devrait croître de 1,6 % cette année. 

Des faits qui ne devraient pas permettre au gouvernement Cazeneuve, à Sapin et leur presse aux ordres, comme ils tentent encore de le faire, de nous endormir aujourd'hui avec des chiffres appréciés positivement mais sur une base revue à la baisse.

De quoi alimenter les rubriques de "fact-checkers", vérificateurs de faits et chiffres ?
 

mercredi 20 janvier 2016

La Cour des Comptes va encore tancer Hollande sur les dépenses publiques, en pure perte...

Didier Migaud (PS) tance et Hollande danse sur les euros de l'impôt

La Cour des Comptes refuse que la lutte contre le terrorisme serve de prétexte à un ajournement des réformes de fond de la dépense publique

Sous tous les prétextes, la France continue de s'enfoncer dans la dette publique. Lors de l'audience solennelle de rentrée de la Cour des comptes, le 12 janvier, son premier président, Didier Migaud, a engagé le pouvoir à une maîtrise  plus rigoureuse des déficits.
Il estime que la nécessaire lutte contre le terrorisme ne doit pas servir de prétexte à un dérapage de toutes les dépenses.

Hollande tire sur toutes les ficelles,
dont l'état d'urgence (qu'il risque fort de proroger), ne contribue en rien à protéger les contribuables des dérapages du gouvernement en matière de dépenses publiques. En l'associant à ses séances de déploration publique des attentats islamistes, le "protecteur des Français" (sic) a en effet réussi à anesthésier l'Union européenne qui n'a plus osé jusqu'ici réclamer la rigueur.  

Migaud se fera encore plus insistant

Le rapport public annuel de la Cour des Comptes devrait souligner que la sécurité ne peut être rendue responsable (budgets de la Défense, de l'Intérieur et de la Justice) de l'ampleur totale du dérapage des comptes de l'Etat : elle ne représente "que" 65 milliards d'euros (environ), à mettre en balance avec un total de la dépense publique de 1.200 milliards. Et que les crédits supplémentaires en ce domaine, décidés en 2015, sont inférieurs à 2 milliards. 

Comme dans les années 1999- 2001 déjà, la juridiction financière administrative redoute que la gauche au pouvoir ne profite pas de la meilleure croissance espérée en 2016, selon l'INSEE (l'une des directions générales du... ministère de l'Économie, des Finances !) qui assurait faiblement en décembre dernier que la croissance française "ferait preuve de résistance", malgré les attentats de Paris, lesquels pourraient coûter deux milliards d'euros à l'économie tricolore.

La Cour des Compte presse donc le gouvernement Valls de procéder à des réformes de fond de la dépense.
Ajoutons que Didier Migaud n'apprécie guère l'injure que le gouvernement vient de faire au membres du Conseil: quand l'Etat demandera aux Sages chargés du contrôle des comptes publics d'évaluer une politique publique,
Bercy fera désormais une saisine conjointe du Conseil économique, social et environnemental, CESE, dont les membres sont désignés par le pouvoir parmi la représentation socio-professionnelle 
(Gérard Aschiéri, Isabelle Autissier, navigatrice et WWF, Jean-Luc Bennhamias, Françoise Rudetzki, Michel Thomiche pour la presse (SNJ, ci-contre), le président de la MGEN ou le réalisateur Régis Wargnier, pour le cinéma). Il en outre est présidé -depuis décembre 2015- par Patrick Bernasconi, gros chef d'entreprises et syndicaliste breton.



 

jeudi 26 février 2015

L'agence chinoise de notation dégrade la dette française


Dagong abaisse la note de la France à A+ à A 

La France dégradée par une agence de notation semblable aux trois grandes occidentales (Moody's, Standard & Poor's et Fitch)

L'agence chinoise Dagong a justifié sa décision par "la faiblesse de la croissance économique [qui] a retardé le processus de consolidation budgétaire"Même si les investisseurs chinois ne sont pas les plus gros acheteurs de dette française, la nouvelle tombe mal quelques jours après le succès du premier emprunt émis en yuans par la Cades. 

Elle s'interroge aussi sur les capacités du gouvernement français à rembourser la dette. 
Avant ce nouveau conseil de méfiance, la signature française bénéficiait encore de la confiance. L'Agence France Trésor a emprunté 6,785 milliards d'euros lundi à court terme et à des taux d'intérêt toujours négatifs. A un an, la France a notamment levé 1,3 milliard à - 0,121 % contre - 0,117 % une semaine plus tôt. Ce qui ne signifie pas que la France se désendette et que sa jeunesse -priorité de Hollande - n'aura pas la facture socialiste à payer.

La redoutable agence précise de surcroît que la faible croissance économique française a par ailleurs repoussé le processus de consolidation fiscale.

Les Echos laisse transparaître un mépris certain pour cette agence

Agence émergente, Dagong avait fait parler d'elle durant l'été 2011 en dégradant les USA de "A+" à "A", évoquant des menaces de faillites. Cette dégradation coïncidait en effet avec le timing de celle de l'agence Standard & Poor's concernant les Etats-Unis. Dagong avait  encore dégradé les USA fin 2013, à "A-".

Les Echos décrit "une agence chinoise qui essaie de se faire une place au soleil". Le point de vue de Dagong ne mérite pourtant pas tant de condescendance. Il est en effet étayé par de solides arguments en termes de niveau et d'évolution de la dette et de croissance potentielle, comme le souligne Patrick Artus. Mais aussi parce que la Chine est un des principaux créanciers de la planète.

Et les investissements chinois en France décollent.

Le montant total des investissements directs a bondi de 250 millions d'euros en 2005 à 3,5 milliards en 2012 (4,2 milliards en incluant Hongkong), soit 0,8 % du total des investissements étrangers dans l'Hexagone à cette date. 
Ce bond découle pour l'essentiel de la prise de participation du fonds souverain CIC dans la filiale d'exploration-production de GDF Suez fin 2011. La prise de participation de Dongfeng dans PSA Peugeot Citroën va avoir le même effet.

Dans leur arrogance, les décrypteurs des Echos n'ignorent pas qu'en janvier 2015 le propriétaire du plus grand conglomérat privé de Chine continentale, Fosun International, a pris possession du Club Med, déboursant près d’un milliard d’euros,  pour tenter de redresser une marque en difficulté, à l'issue d'une bataille boursière historique, la plus disputée qu'ait connue la place de Paris, et qu'en décembre 2014 Sapin, Valls et Hollande ont cédé 49,9% de l'aéroport de Toulouse-Blagnac à deux investisseurs chinois. Il faut que, si perchés qu'ils soient, ils atterrissent...


mercredi 19 novembre 2014

Pas d'impôts supplémentaires en 2015, mais 3 milliards de taxes en plus

Sous pression, Hollande fait des promesses qu'il ne peut tenir

Quoi qu'en dise Hollande, les impôts, taxes et cotisations continueront d'augmenter
Suite à la ristourne accordée aux foyers modestes, les Français vont supporter  pour environ 3 milliards d'euros de  hausses en 2015.
Les yeux dans les yeux des Français, Hollande a promis ne plus alourdir la fiscalité. La "pause fiscale" annoncée par le Président aura lieu, mais le gouvernement ne confirme plus que son "objectif" de "ne plus avoir recours aux prélèvements obligatoires" en 2015... En vérité, les décisions prises depuis 2012, et encore cette année -cotisations de retraite, taxes sur le diesel, les timbres, les impôts locaux - vont continuer de peser sur le pouvoir d'achat.

François Hollande n'a pas craint de nous embobiner, il y a dix jours à la télévision.
"A partir de l'année prochaine, il n'y aura pas d'impôt supplémentaire sur qui que ce soit", a affirmé le président de la République face au "ras-le-bol" fiscal persistant. Pourtant, si on ne joue pas sur les mots, la redevance audiovisuelle va augmenter de 3 euros en métropole et d’1 euro dans les départements d’outre-mer. La taxe intérieure sur le gazole va être relevée de 4 centimes par litre afin de dégager des ressources supplémentaires au profit de l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFITF). Cette mesure compense en partie l’abandon de l’écotaxe, qui devait rapporter 800 millions d’euros en 2015. Les foyers les plus défavorisés cumuleront les taxes. 

Plusieurs membres du gouvernement ont dû corriger le président


Le secrétaire d'État au Budget,
Christian Eckert, a redressé les propos de Hollande, avouant jeudi sur RTL que la situation n'est pas "gravée dans le marbre". L'ancien rapporteur de la Commission des Finances ne pouvait dissimuler l'impact de la série de mesures votées  sur le budget des Français l'an prochain. Et que des accidents de parcours sont toujours possibles. La suppression de l'écotaxe, par exemple, a été compensée par une hausse sur le gazole. Elle ne se fait pas encore sentir du fait de la baisse des cours liée à la production américaine de gaz de schiste... 

Le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, est également passé sur i-télé pour rectifier la promesse présidentielle. Il fallait comprendre que l'exécutif s'engage à ne plus décider de hausse d'impôt au cours de l'année prochaine.

Les dispositions déjà adoptées vont bel et bien s'abattre sur les salariés. 

L'opposition dénonce la supercherie. 
Ainsi, la réforme des retraites de 2013 prévoit que les hausses de cotisations sont étalées jusqu'en 2017. 
Votée l'an passé, la "taxe carbone" a disparu du débat public, mais elle monte en puissance chaque année jusqu'en 2016.

Le gouvernement se défend, arguant qu'aucune hausse générale n'est prévue. Ni la TVA, ni la CSG, ni l'impôt sur le revenu ne doivent bouger. Au contraire, il affiche une baisse pour les catégories modestes, avec la suppression de la première tranche du barème, mais elle a un coût et doit être compensée. Le solde atteint néanmoins près de 3 milliards d'euros en défaveur de l'ensemble des ménages, selon un chiffrage effectué d'après les documents officiels et confirmé au sein de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale.

Cette hausse s'ajoute à celles des années précédentes, tout en étant d'un niveau moindre. Selon un rapport rendu public en juillet par la députée PS Valérie Rabault, banquière et rapporteur du Budget à l'Assemblée, les augmentations sur les ménages ont atteint 11 milliards d'euros entre juillet 2012 et fin 2013, soit  17 mois, et 7 milliards, ces 12 derniers mois. Les frondeurs du PS ressortent les solutions éculées et inadaptées à une situation de croissance proche de zéro, réclamant que les ménages bénéficient d'autant de baisses que les entreprises. L'extrême gauche, elle, a manifesté hier dans une trentaine de villes contre l'austérité.

"Personne ne peut s'engager sur l'arrêt de toute mesure. C'est techniquement impossible. La mauvaise communication du Président se retourne contre lui", tacle Gilles Carrez, président UMP de la Commission des Finances à l'Assemblée.

La débandade ne fait que débuter.
Les décisions passées auront en effet des incidences ces prochaines années, sans même préjuger des choix à venir des élus locaux et de ceux des partenaires sociaux. 
Le gouvernement a néanmoins promis de poursuivre les baisses. Sans croissance. Il a prévu de réduire de 5 milliards d'euros d'ici à 2017 la fiscalité sur les ménages. Mais que reversera-t-il en taxes ? A ce jour, 3,2 milliards sont engagés, 1,8 milliard est encore à fixer. Reste à savoir qui bénéficiera des ristournes à venir, mais aussi qui les financera
"Non, ça ne coûte rien, c'est l'Etat qui paye", si ce que dit encore l'autre était vrai !

mardi 4 novembre 2014

Déficit public : Sapin se fait à nouveau remonter les boules par Bruxelles

"Bruxelles n'a pas pris en compte les récentes mesures d'ajustement faites par le gouvernement français", polémique Sapin

La France sera confrontée à une légère hausse de son déficit public l'an prochain, 
estime la Commission européenne dans ses prévisions publiées mardi, alors que le gouvernement promettait une légère baisse. Il serait de 4,4% du PIB fin 2014 et de 4,5% fin 2015. Sans mesure supplémentaire, le déficit progresserait encore à 4,7% en 2016. De son côté, Paris prétendait réduire le déficit public à 4,3% du PIB l'an prochain, puis à 3,8% fin 2016, avec un objectif de 3% en 2017, année électorale.

L'exécutif européen précise qu'il a pris en compte environ 19 des 21 milliards d'euros d'économies annoncées pour l'an prochain par le gouvernement car "certaines de ces mesures, représentant près de 2 milliards d'euros, restent insuffisamment détaillées pour être prises en compte dans la prévision", soulignent les services de ...Pierre Moscovici. Les modifications présentées par le gouvernement français fin octobre - qui visent à réduire le déficit de 3,6 à 3,7 milliards d'euros de plus que prévu auparavant - n'ont pas non plus été prises en compte, du fait qu'elles étaient restées dans le vague au moment où les prévisions ont été arrêtées.

Baisse légère du chômage à partir de ...2016

Michel Sapin a réagi mardi sur ce flou des prévisions françaises pointé par la Commission. Le ministre des Finances a souligné mardi que les prévisions de déficit de la Commission européenne, faisant de la France la lanterne rouge de la zone euro en 2016, ne tiennent pas compte de la totalité des récentes mesures d'ajustement. Et pour cause, puisqu'elles ne sont pas détaillées! Ce qui n'incite pourtant pas Mon beau Sapin à la décence, puisqu'il a déclaré lors d'une conférence de presse que "ces prévisions de déficit public ont été faites avant toute proposition nouvelle". Le déficit 2016 annoncé par Bruxelles est un "calcul purement théorique" qui "ne signifie rien", a lancé l'entourage du ministre, piqué au vif de ses subterfuges.

La courbe de la croissance économique en France sera moins positive, selon la Commission, que celle promise par Bercy : de 0,3% cette année, de 0,7% l'an prochain et de 1,5% en 2016, alors que le gouvernement prévoit de son côté une plus forte accélération : à 1% l'an prochain et 1,7% en 2016, après 0,4% cette année.
Bruxelles estime que le taux de chômage stagnera en France à 10,4% de la population active en 2015, avant de baisser à 10,2% en 2016.

La dette publique ira croissante, atteignant 95,5% du PIB fin 2014, 98,1% fin 2015 et 99,8% fin 2016, poursuit la Commission, des niveaux là encore supérieures à ceux attendus par la France (95,3% fin 2014, 97,2% fin 2015, puis 98% fin 2016).

Faut-il sortir ce Sapin de la forêt gouvernementale socialiste avant Noël ?