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dimanche 15 mars 2020

Coronavirus : le malheur des Français peut faire le bonheur de Macron

Le Coronavirus, une chance pour Emmanuel Macron ? 

N'importe quel ambitieux peut profiter du chaos et Macron se profile

Dans un contexte de crise de gouvernance en Europe, le président français, qui peut asseoir ses ambitions sur une majorité de députés redevables et soumis, devrait en profiter pour étoffer sa stature politique. 
Responsable de la recherche et de la stratégie macroéconomique à la Financière de la Cité, Nicolas Goetzmann voit ainsi dans la menace économique représentée par le Coronavirus une épreuve  pour l’Union européenne et un défi majeur à relever par le premier arriviste sans scrupules, pour peu que ses partenaires ne le voient pas venir dans le sillage du virus. 

Voici, selon lui, les opportunités que l'Union européenne offre aujourd'hui aux aventuriers politiques en situation 

La crise du Covid-19 se résume à une décision politique: procéder à des blocages afin de préserver, au mieux, une situation sanitaire dont l’évolution semble imprévisible. Puis, au-delà des effets dus aux mesures prises par les gouvernements, l’incertitude entourant l’ampleur de l’épidémie projette les marchés boursiers au tapis, et provoque un coup d’arrêt aux ambitions de développement des entreprises. Investissements, recrutements et dépenses subissent un coup d’arrêt.

Les conséquences économiques du choc en cours doivent dès à présent être anticipées et traitées, afin d’éviter d’ajouter une nouvelle récession à la décennie perdue européenne. Non pas parce que la récession est certaine mais parce qu’elle est simplement probable.

Il ne suffit que de quelques mois pour qu’une récession balaye les résultats de plusieurs années de croissance.

Le rapport de force, entre croissance et récession, est en ce sens asymétrique. Lorsque le gouvernement se félicite du retour au taux de chômage «le plus bas depuis 10 ans», il confirme qu’une décennie a été nécessaire pour corriger - facialement seulement - les effets d’une crise survenue il y a 12 ans.

Éviter une récession apparaît alors comme l’acte le plus déterminant de toute politique économique. La difficulté de la tâche étant d’agir avant la réalisation du mal, ce qui suppose d’assumer le risque de surréaction. Un risque dérisoire comparativement aux conséquences d’un défaut de réaction. Ainsi, derrière l’évidente priorité sanitaire, la menace économique indirecte que fait peser le Covid-19, en ce début de mois de mars 2020, est un test grandeur nature de la capacité européenne à ne pas répéter ses erreurs de la décennie passée.

Paradoxalement, la situation actuelle d’une crise en gestation est une seconde chance politique pour Emmanuel Macron. Tandis que l’OCDE, le FMI, et certains organismes privés revoient d’ores et déjà leurs prévisions de croissance à la baisse en zone euro, laissant déjà présager une récession en Italie et possiblement en Allemagne, la réaction européenne se résume pour le moment à l’habituelle stratégie des bras ballants. Ce qui traduit une faille claire en matière de gestion du pouvoir européen.

Mais cette sclérose de l’action européenne doit tout à celle des gouvernements de ses pays membres. Le budget total de la Commission européenne - soit 150 milliards d’euros - est en soi une marque de faiblesse, le manque de moyen révèle son absence de pouvoir dans de telles circonstances. Tout comme cela a été le cas en 2008, c’est aux exécutifs nationaux de prendre l’initiative, aussi bien à titre individuel que dans le cadre du Conseil européen, organe de la réalité intergouvernementale de l’UE.

Or, après avoir heurté le mur de la réalité à la suite de son approche transactionnelle avec l’Allemagne Emmanuel Macron dispose aujourd’hui de l’opportunité de se déplacer - en toute légitimité - vers la diplomatie du rapport de force avec Berlin. La complaisance allemande face à la situation actuelle, perceptible au travers des déclarations de ses dirigeants politiques mais également de ses institutions économiques, ouvre la voie à un rappel à l’ordre français pour la mise en place d’une politique d’anticipation à la hauteur des enjeux.

Un rappel à l’ordre qui pourrait prendre la forme d’une remise en cause du pacte de stabilité européen, c’est-à-dire «la règle des 3%», ce qui ne refléterait finalement, que les recommandations de soutien à la croissance formulées par l’OCDE ou le FMI, mais également les propos mêmes d’Emmanuel Macron lorsqu’il déclarait, à l’hebdomadaire britannique The Economist le 7 novembre dernier: «Dans ce contexte, on doit repenser notre schéma macroéconomique. Nous avons besoin de plus d’expansionnisme, de plus d’investissement. L’Europe ne peut pas être la seule zone à ne pas le faire. Je pense que c’est pour ça aussi que le débat autour du 3% dans les budgets nationaux, et du 1% du budget européen, est un débat d’un autre siècle.»

Reste à passer des mots aux actes. Au regard de l’écart existant aujourd’hui entre l’impulsion budgétaire américaine pré-crise, soit un déficit de 5%, et celui de la zone euro - soit un déficit inférieur à 1% - l’Europe dispose d’une très importante marge de manœuvre en la matière. La chute des taux d’intérêt en territoire négatif ne fait que démontrer l’attente du marché pour une telle réponse.

Emmanuel Macron doit également imposer un débat politique concernant le rôle de la Banque centrale européenne, tant l’action de cette dernière sera primordiale pour les mois à venir, et tant son absence a été à l’origine de la gravité de la crise de 2008. La tenue actuelle d’une «revue de stratégie de politique monétaire», dont le résultat doit être publié avant l’été, est également une opportunité pour inciter les membres du directoire à orienter leur stratégie vers une croissance maximale en zone euro.

Depuis son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron a vu fondre sa popularité de moitié auprès des Français, passant de 66% en mai 2017 à 33% [plutôt 29% !] au mois de mars 2020, selon l’institut de sondage IFOP. La politique économique menée, soutenue à 64% en juin 2017 est désormais perçue négativement par 64% des Français. Les circonstances actuelles lui offrent la possibilité de changer d’approche et de véritablement soutenir l’économie française. Il suffit de saisir l’opportunité.

mercredi 27 novembre 2019

France : prévision de croissance abaissée de 1,3% à 1,2% par le FMI pour 2019

La France n'atteindra pas son objectif de 2019 et, en 2020 et 2021, le FMI ne mise que sur le 1,3% de... 2019


Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé avoir revu à la baisse ses prévisions de croissance

Si ce n'est pas pour 2019, peut-être pour 2021 ?
Dans la zone euro, les principaux pays membres ne font pas mieux que l'ensemble et le FMI basé à Washington prévient que l'impact des tensions commerciales risque même de se propager du secteur de l'industrie à celui des services. 

L'organisation internationale prévoit désormais une hausse de 1,2% seulement du produit intérieur brut (PIB) des 19 pays de la région cette année, contre 1,3% prévu en avril, après 1,9% en 2018. 
Le PIB de la zone euro devrait croître moins qu'annoncé : le FMI le prévoit à 1,4% en 2020 et en 2021, alors qu'auparavant il attendait 1,5% de croissance pour chacune des deux prochaines années.

1,3% de croissance en France pour 2020

Le PIB français ne devrait quant à lui progresser que de 1,2% en 2019, une prévision réduite de 0,1 point de pourcentage par rapport à celle d'avril. Et le FMI n'attend qu'une légère accélération à 1,3% pour 2020 comme pour 2021. Soit un objectif supposé atteint avec trois années de retard.

L'ex-ministre des Finances de Macron ne se sent évidemment pas responsable.
Et encore moins ses chantres qui se produisent sur les antennes et dans la presse de France. 
Ce ralentissement serait principalement dû à une croissance anémique en Allemagne, première économie de la région si longtemps décriée pour sa domination de l'économie européenne,  explique-t-il, et à la stagnation de l'Italie, du fait de Salvini, probablement, et non pas de la déstabilisation de l'économie du pays accablée par un déferlement de migrants. 

L'Allemagne "anémique" fera mieux que la France.
Le Fonds compte désormais sur une croissance de 0,5% seulement en Allemagne cette année, contre 0,8% prévu en avril, après 1,5% l'an dernier, avant un rebond à 1,2% en 2020 et 1,4% en 2021. 
Pour contrer ce ralentissement, le  FMI réitère son appel en faveur d'une "réponse budgétaire synchronisée" des gouvernements de la zone euro.

vendredi 21 juin 2019

Budget de la zone euro : les eurodéputés de gauche soulignent "l’échec personnel de Macron"

La presse française a-t-elle perdu tout sens critique ?

Le budget de la zone euro est un "ectoplasme" et Macron, un "illusionniste", observent des eurodéputés français du groupe Socialiste & Démocrate

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Raphaël Glucksmann et les eurodéputés socialistes français dénoncent l'accord obtenu par Emmanuel Macron sur le budget de la zone euro.

Alors que les ministres des Finances européens ont accouché d'un fragile compromis sur le principe d'un budget de la zone euro, les eurodéputés français du groupe S&D Eric Andrieu, Raphaël Glucksmann, Sylvie Guillaume, Aurore Lalucq et Pierre Larrouturou en critiquent sa présentation fallacieuse par Macron. 

Dans une tribune, ils reprochent ainsi à Macron d'avoir céder à l'Allemagne et aux Pays-Bas. "Plutôt que de continuer à convaincre, Emmanuel Macron préfère faire semblant d’avoir abouti, tel un illusionniste, et avec son ministre des finances accepter un projet qui n’a de budget de la zone euro que le nom", estiment-ils.
"Ce vendredi 21 juin, les chefs d’Etat et de Gouvernement vont finaliser un "instrument budgétaire pour la convergence et la compétitivité", que le président français présente, très abusivement, comme un budget pour la zone euro. 

L’impératif d’un budget de la zone euro est une idée portée bien avant l’actuel président de la République. Pendant la législature précédente, le Parlement européen avait dessiné un véritable budget de la zone euro dans le rapport de Pervenche Berès et Reimer Böge. Nous avions su réunir une majorité derrière des propositions ambitieuses, jugées indispensables par le FMI, la BCE ou l’OCDE. Les membres de la délégation française du groupe S&D savent enregistrer les avancées, considérer le verre à moitié plein lorsque le résultat des négociations marque des améliorations ; mais là, force est de constater que le verre ne contient que quelques gouttes de ciguë pour l’Union économique et monétaire.

Cet instrument budgétaire est le résultat d’une série de renoncements et d’erreurs stratégiques masqués par des discours enflammés

Emmanuel Macron a adressé une tribune aux citoyens européens.
Le président de la République française est comptable de ce fiasco : il avait tout en main, il ruine ce projet. Cet instrument budgétaire est un ectoplasme, le résultat d’une série de renoncements et d’erreurs stratégiques masqués par des discours enflammés. Ce n’est pas parce qu’il faut savoir terminer une bataille qu’il faut le faire comme ça!

Plutôt que de continuer à convaincre, Emmanuel Macron préfère faire semblant d’avoir abouti, tel un illusionniste, et avec son ministre des Finances accepter un projet qui n’a de budget de la zone euro que le nom. Ce dernier est en réalité calqué sur les propositions des opposants à une telle idée, menés par le gouvernement des Pays-Bas, auxquels l’Allemagne voulait faire plaisir pour se débarrasser du "problème français". C’est contraire aux intérêts de la zone euro et donc de l’Union européenne, aux aspirations de tous les alliés de la France dans ce combat, comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce.

L'accord valide la contractualisation des réformes structurelles souhaitée par l’Allemagne

Sans l’essentiel, la fonction de stabilisation, et sans ressources propres, avec un budget au rabais, cet instrument ne permettra pas de faire face aux prochaines crises qui menacent, ni de financer les investissements au niveau européen. Pire, il valide la contractualisation des réformes structurelles souhaitée par l’Allemagne et provoque les pays non membres aujourd’hui de la zone euro, puisqu’il projette des investissements stratégiques qui n’ont pas de spécificités liées à l’euro.

Au Parlement européen, nous continuerons de plaider pour un véritable budget pour la zone euro, qui permette d’atténuer les chocs économiques qui concernent l’ensemble de la zone euro, ou ceux qui ne concernent qu’un ou plusieurs pays, mais ont des répercussions sur les autres. Pour y parvenir, nous devons transformer le Mécanisme européen de stabilité – qui permet de faire face à des crises financières - en un véritable fonds de stabilité - qui permettrait de soutenir les pays confrontés à une récession profonde. Parce que rien ne peut se faire sans contrôle démocratique, ce nouveau fonds serait contrôlé par le Parlement européen, et géré par un ministre des Finances de l’eurozone qui assumerait les fonctions actuelles du commissaire à l’économie et du président de l’Eurogroupe.

L’Union européenne doit être capable de dégager, chaque année, un budget de 100 milliards d’euros

Nous nous battrons également pour que le Pacte de stabilité et de croissance soit réformé afin de permettre des investissements publics compatibles avec les Objectifs de développement durable des Nations-Unies. Parce qu’il est aujourd’hui reconnu que l’Europe, dans son ensemble, de l’Allemagne à l’Italie, souffre de sous-investissement chronique, nous proposons en parallèle un plan d’investissement public notamment à travers un Green New deal européen afin de concrétiser l’Europe écologique et sociale. L’Union européenne doit être capable de dégager, chaque année, un budget de 100 milliards d’euros pour investir dans l’enseignement, les infrastructures, la transition écologique et in fine dans la création d’emploi.

Enfin, nous appelons à la création d’une banque européenne du climat et de la biodiversité qui fournirait à tous les pays de l’Union des prêts à taux zéro, exclusivement consacrés à la transition énergétique et à la protection du vivant. Cela garantirait ainsi à chaque pays une enveloppe correspondant à 2% de son PIB : la France disposerait par exemple de 45 milliards d’euros par an.

C’est avec ces objectifs que les eurodéputés français du groupe S&D s’engagent dans cette législature."
Par Éric Andrieu, Raphaël Glucksmann, Sylvie Guillaume, Aurore Lalucq et Pierre Larrouturou.

samedi 20 octobre 2018

Brexit: la gauche remet en question le vote populaire majoritaire

Une foule géante demande un second référendum sur le Brexit

La gauche britannique, mais aussi européenne, s'est rassemblée à Londres, se déclarant trompée par les termes du Brexit


Des dizaines de milliers de citoyens se disant vigilants et éclairés ont commencé à manifester bruyamment ce samedi 20 octobre 2018 à Londres pour réclamer un référendum sur l'accord final sur le Brexit, toujours en négociation entre Londres et Bruxelles à cinq mois du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.


Le cortège des nostalgiques de l'Union européenne - 700.000, mais c'est selon The Guardian - venus des quatre coins du pays et amenés par plus de 150 cars a parcouru le centre de la capitale britannique à la mi-journée, en direction du Parlement.

Parmi eux figurent notamment de nombreux citoyens européens, représentés notamment par The3Million, un groupe de pression (on dit 'lobby', outre-Manche !) défendant les intérêts des quelque 3,7 millions d'Européens installés au Royaume-Uni. 
Ils répondaient à l'appel de People's Vote ('Le Vote du peuple', appellation surréaliste pour les battus d'un vote populaire), un mouvement militant pour un "vote populaire" et réunissant plusieurs associations europhiles.

"Les gens ont été trompés", assurent-ils, méprisant du jugement de leurs concitoyens pro-Brexit

Lors du dernier défilé de ce genre, en juin, environ 100.000 personnes s'étaient rassemblées et les organisateurs espèrent bien dépasser ce nombre, avec la manifestation "la plus grande" et la plus "bruyante" jamais organisée en faveur d'un tel scrutin.

Les Britanniques se sont prononcés à 52 % en faveur de la sortie de l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, mais les organisateurs assurent qu'ils auraient voté différemment s'ils avaient eu conscience des réels enjeux du Brexit. La presse a-t-elle failli à sa tâche d'information ? Les travaillistes n'ont-ils pas plutôt échoué à convaincre la population ?

Ils veulent les avantages de l'UE, sans les inconvénients

"Rester ensemble", mais en dehors de  la "zone euro" !
"Je pense que les gens ont été trompés de plusieurs manières", raconte l'entrepreneur Peter Hancock, alors qu'il noue un drapeau européen, étoiles jaunes sur fond bleu, autour du cou de son grand chien de berger George. 

"Nous voulons rester européens", ajoute sa femme Julie, en fauteuil roulant. "Nous ne voyons pas du tout les bénéfices d'un retrait."

Veulent-ils aussi intégrer la 'zone euro' et abandonner la livre sterling ?
Le 5 juin 1975, 67.2% de l'électorat et tous les pays ou régions membres du Royaume-Uni, sauf deux, votèrent pour le maintien dans l'Union européenne. En 1983, le Labour Party (travailliste) fit campagne pour le retrait, sans référendum. En 1985, sans référendum, le gouvernement Thatcher ratifia le 'Single European Act', première révision importante du Traité de Rome. Le 1er novembre 1993, le Traité de Maastricht entérina le passage de la 'Communauté européenne' à l' 'Union européenne', actant l'évolution de l'organisation d'union économique en union politique.
En 1993 apparut le UKIP (UK Independence Party), parti eurosceptique qui arriva troisième aux Européennes de 2004 au Royaume-Uni, deuxième en 2009 et premier en 2014, avec 27.5% des suffrages, battant les deux partis historiques pour la première fois à des élections générales depuis 1910. Le succès de UKIP aux Européennes de 2014 annonçait le vote majoritaire pour le retrait de l'UE au référendum de 2016.
Le Royaume-Uni n'avait déjà pas voulu entrer dans la "zone euro"
La zone euro, zone monétaire qui regroupe les Etats membres de l'Union européenne qui ont accepté d'adopter l'euro (EUR, €) comme monnaie dont la création fut officialisée lors du traité de Maastricht ; sur les vingt-huit Etats membres de l'UE, dix-neuf utilisent l'euro. Le Royaume Uni l'a refusé... 
Le Royaume-Uni possède une dérogation permanente qui lui permet de ne pas adhérer à la zone euro. Pour l'heure, le pays n'envisage pas de se lancer dans une démarche d'adhésion... En effet, cet Etat poursuit depuis mars 2017 des négociations en vue de quitter l'Union européenne. Les zones souveraines britanniques de Chypre utilisent cependant l'euro par dérogation à ce principe et la législation locale a été mise en conformité avec le droit de l'Union européenne.
Les ministres des Finances des états membres de la zone euro constituent l'Eurogroupe, où le Royaume-Uni n'est donc pas présent. Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) est l'instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d'éviter l'apparition de déficits publics excessifs. Le Royaume-Uni n'en fait pas partie.

Les groupes de pression principaux en faveur du maintien sont :

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'Britain Stronger in Europe', communément appelé 'Remain' (Restons), dont les militants, dirigés par Stuart Rose, sont caricaturés en "Remoaners" (mot porte-manteau qualifiant de "geignards" les partisans du maintien).
Les autres groupes opposés au retrait sont 'Conservatives In', 'Labour in for Britain', '#INtogether' (Liberal Democrats), 'Scientists for EU', 'Greens for a Better Europe', 'Environmentalists For Europe', 'Universities for Europe' et 'Une Autre Europe est possible' (Another Europe is Possible), ces derniers prétendant infléchir la politique européenne de l'intérieur.
Quant aux groupes officiels en faveur du retrait, ce sont 'Vote Leave' ou "Leave.EU".

Les derniers groupes de pression en date s'opposent à un "hard Brexit" et militent pour des aménagements qui perpétueraient le régime particulier du Royaume-Uni
  
The3million' est un groupe de pression qui veut sauvegarder les intérêts des étrangers vivant au Royaume-Uni. Il est animé par Chuka Umunna, député travailliste du Grand Londres, 40 ans, né d'un père nigérian et d'une mère anglo-irlandaise, membre du cabinet fantôme, en tant que secrétaire d'Etat au Commerce, à l'Innovation et au Savoir-faire, réélu en 2015, lors du scrutin au profit des conservateurs de David Cameron.

Le groupe de pression populiste 'People's Vote' appelle à un nouveau vote, avec des conditions en faveur d'un 'soft Brexit', c'est-à-dire un régime special... 
Sadiq Khan November 2016.jpgLancé en avril 2018, il a le soutien de Chuka Umunna, ainsi que démocrates libéraux et de Verts.
Le parti travailliste instrumentalise le mouvement contre un "hard Brexit", espérant y récupérer des électeurs. Ainsi la marche du 20 octobre 2018 en faveur d'un nouveau référendum avant la décision finale, en mars prochain, était menée par le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ci-contre, né à Londres de parents pakistanais. 

Theresa May n'est pas une girouette

Mais ce rassemblement du weekend risque peu de convaincre la Première ministre Theresa May, fermement opposée à cette idée de référendum à répétition. "Il n'y aura pas de second référendum. Les gens ont voté", a déclaré la cheffe du gouvernement britannique mercredi 17 octobre, déterminée à "mettre en œuvre" le choix du peuple souverain en 2016.

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De leur côté, les organisateurs soulignent qu'à quelques mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, les négociations entre Londres et Bruxelles restent complexes et ardues, en particulier sur la question de la frontière sur l'île d'Irlande et que l'incertitude demeure sur la façon dont le Royaume-Uni quittera l'UE.

"Les problèmes les plus importants restent à négocier, de nombreuses conséquences restent cachées", estime Carmen Smith, partisane du mouvement 'For Our Future's Sake', FFS (Pour notre avenir, groupe étudiant en faveur d'un nouveau vote, lancé par la 'National Union of Students', syndicat étudiant dominant, dominé par le 'Labour party'), citée dans un communiqué. "Le temps presse. C'est un sujet urgent. L'élite du Brexit a montré qu'elle était incapable de résoudre le problème. Mais vous, vous pouvez, en demandant un vote du peuple." Démagogie populiste...

Qui sont les soutiens politiques ?

L'idée d'un nouveau référendum a gagné en popularité ces derniers mois au Royaume-Uni, avec la crainte de l'avenir et de son "splendide isolement", et des personnalités politiques de tous bords - mais singulièrement à gauche -  la soutiennent, comme l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, était au nombre des orateurs entendus samedi dans le centre de Londres figurent , ainsi que des députés des partis conservateur, travailliste, libéral-démocrate, vert, et du SNP (parti indépendantiste écossais). 

"Le Brexit divise les générations. Une grande majorité de ma génération a voté pour partir. Une grande majorité des jeunes ont voté pour rester. Votre génération [les jeunes] est trahie par la mienne", n'hésite pas à dire le chef des libéraux-démocrates, Vince Cable, à l'intention des jeunes manifestants.

Ils remettent ça le 5 novembre prochain.

vendredi 13 juillet 2018

Royaume-Uni : les profiteurs de l'UE font la leçon à Trump

"Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?" s'emporte la classe politique britannique

Le président américain Donald Trump a vivement dénoncé la stratégie de confiscation du Brexit par Theresa May, la Première ministre britannique.


La vérité sur les efforts de Theresa May pour  circonvenir l'UE dérange outre-Manche. 

Les dénonciations par le président américain des négociations de la Première ministre britannique sur le Brexit ont provoqué des cris d'orfraie dans la classe politique solidaire de sa dirigeante, vendredi.

Mauvaise foi des contre-attaques britanniques

"Où sont vos bonnes manières, Monsieur le président ?", a tweeté le ministre des Universités, Sam Gyimah, un homme de couleur dont les parents sont originaires du Ghana, déplaçant vers la bienséance la question de la confiscation sournoise du Brexit qu'a voté le peuple.

Second depuis 1975, ce référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne a lieu le 23 juin 2016. 51,89 % des votants avaient clairement exprimé leur volonté de "Quitter l'Union européenne".

La classe politique défend May contre la volonté populaire

Les politiciens reprochent à Trump de dire haut et fort ce qui se trame. 
Dans le tabloïd The Sun, il a en effet souligné que la position britannique sur le Brexit "tuera probablement l’accord" spécial de libre-échange auquel souhaite parvenir Londres avec Washington, comme avec l'Union européenne, après le Brexit.

Or, le peuple n'a pas demandé un régime special, mais la rupture.
La députée conservatrice Sarah Wollaston est dans le déni en répondant avec une véhémence voisine de l'insulte : " Si adopter la vision du monde de Trump est le prix à payer pour un accord, cela n’en vaut pas le prix. " Arrogance méprisante de ceux qui comptent arracher des avantages, tout en refusant toute contre-partie.

Sa collègue Anna Soubry a estimé, avec une parfaite subjectivité, que " plus Donald Trump insulte Theresa May, plus il renforce la crédibilité " de la Première ministre. Ce qui fait le plus défaut à May, c'est précisément la sincérité...

" Une fois de plus, il porte atteinte à la réputation du grand pays qu’il est censé conduire, " ajoute Soubry, tentant cette fois, dans en entreprise de division, de distinguer le président de ses compatriotes. 
Mais, en 2016, cette journaliste devenue avocate avait fait campagne contre le Brexit et, après le vote en faveur de la sortie de l'Union européenne, cette ex-secrétaire d'Etat des affaires et de l'entreprise adjointe au ministre des Affaires, de l'Innovation et des Compétences dirigé par Sajid Javid (ministre de l'Intérieur depuis 2018), avait hypocritement milité pour un "retrait mesuré"... ce qui n'est pas le choix du peuple.

Theresa May confisque au peuple britannique son vote pour le Brexit.
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Déclarant ouvertement que l’ex-ministre des Affaires étrangères Boris Johnson ferait " un grand Premier ministre ", quelques jours seulement après sa démission sur fond de désaccord avec Theresa May sur le Brexit, le président americain n'a encore pas ménagé les "stratèges".
" Non Monsieur le président, Boris Johnson ferait un épouvantable Premier ministre ", a riposté Margot James, secrétaire d’Etat au ministère de la Culture et des Media et première femme ouvertement lesbienne à représenter le Parti conservateur au Parlement.

Les femmes liguées contre Trump, des élues de tous ou des féministes ?

C'est encore une députée, travailliste cette fois, qui s'emporte. Féroce critique du gouvernement, Emily Thorneberry s'est rangée du côté de son sexe et de Theresa May pour nier le bien-fondé des déclarations du locataire de la Maison Blanche. Il est " extraordinairement impoli de la part de Donald Trump de se comporter de cette manière ", a jugé cette partisane du maintien dans l'UE. " Elle est son hôte. Qu’est-ce que sa mère lui a appris ? Ce n’est pas une manière de se comporter," a grondé la féministe.
" Le comportement effroyable de Trump me fait compatir avec Theresa May " lui a fait écho sa collègue travailliste Yvette Cooper. Les deux élues ont exhorté la Première ministre à " tenir tête " à l'homme de la Maison blanche.
Le Brexit est-il une affaire de femmes, mieux, de donneuses de leçons de maintien par des Tartufe ?

Un impact sur les marchés financiers

Haut fait des négociations en faveur d'un régime spécial de libre-échange qui priverait le peuple de son Brexit, le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Alan Duncan, a dû, quant à lui, tenté d'apaiser les anti- américains et les pro-Hillary Clinton. " Donald Trump aime la controverse, c’est son style, sa couleur […] Je ne pense pas que ce soit grossier ", a-t-il affirmé sur la BBC, anéantissant la campagne actuellement menée contre Trump.

Le coup de gueule du président américain a néanmoins eu un impact sur les marchés financiers. " Cela a fait baisser la livre pendant la nuit ", a commenté Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group, pour expliquer la perte de valeur de la monnaie britannique, qui reculait de 0,59 % par rapport au dollar vendredi à 9h45.

Michel Barnier est le  négociateur en chef de l'UE sur le Brexit,
depuis 2016
Pour mémoire, rappelons que le Royaume-Uni - tout en se disant européen - n'a jamais été membre de la zone euro... Elle a été créée en 1999 par onze pays : Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal, rejoints par la Grèce en 2001, par la Slovénie en 2007, par Chypre et Malte en 2008, par la Slovaquie en 2009, par l'Estonie en 2011, par la Lettonie en 2014 et par la Lituanie en 2015. 
Le Royaume-Uni n'a pas eu besoin de voter sa sortie de la 'zone euro' : comme la Polynésie française et la Nouvelle-Calédonie, il n'a pas été obligée de la rejoindre : il dispose d'une dérogation permanente, alors qu'une zone souveraine britannique comme Chypre utilise cependant l'euro, par dérogation à ce principe et la législation locale, en conformité avec le droit de l'Union européenne.

Le Royaume-Uni dispose de son propre réseau.
Logo de l'organisation
Le 4 janvier 1960, le Royaume-Uni a signé la convention de Stockholm avec les ministres des Affaires étrangères britannique, norvégien, danois, suisse, portugais, suédois et autrichien, donnant naissance à l'Association européenne de libre-échange, AELE. Le but était de créer une zone de libre-échange, alors que la CEE se fondait sur une union douanière et un marché commun, ainsi que des politiques communes (agriculture, transports, etc), avec un objectif d'approfondissement progressif et d'union politique. 
Le Royaume-Uni en est sorti de l'AELE (ou EFTA, en anglais) en 1973. Il peut reprendre bouche avec la Norvège, la Suisse, l'Islande et le Lichtenstein.

vendredi 8 septembre 2017

Les manifestants contre la loi Travail, des "fainéants", selon Macron

Macron ne veut "rien céder aux fainéants" 

Emmanuel Macron a promis de réformer la France sans "rien céder"
  
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Macron, actif et déterminé, 
en tenue de banquier, pantalon noir rayé...
"Je serai d'une détermination absolue et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes," a lancé le "président de tous les Français" depuis l'étranger, Athènes ce vendredi, à quelques jours du premier mouvement social de son quinquennat.

Commentant la politique intérieure de la France au cours de son voyage en Grèce, le chef de l'Etat a ajouté au second jour de sa visite à Athènes, que de la capacité de la France à se transformer dépendra son aptitude à convaincre les Européens de réformer la zone euro. 

Réformer le droit du travail, l'assurance chômage, la politique du logement et des transports, "nous allons le faire, sans brutalité [mais par ordonnances], avec calme [malgré les invectives adressées aux "fainéants"], avec explication [au risque d'accaparement de la parole publique], avec sens [en dépit de sa "pensée complexe"]", a assuré Emmanuel Macron devant la communauté française à Athènes. 

"Je serai d'une détermination absolue," a asséné cet homme de dialogue.
Résultat de recherche d'images pour "Macron detente""Et je ne céderai rien, ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes", a-t-il ajouté.  "Nous allons (...) faire ce pour quoi les Françaises et les Français m'ont élu [à 24% au premier tour], sans hésitation, avec la calme détermination du choix démocratique [tout relatif, après les recours de Manuel Valls à l'article 49.3] et cette certitude chevillée au corps que notre pays en a besoin", a poursuivi Emmanuel Macron, dramatisant la situation en considérant que "la survie du pays" est en jeu.
"Croyez-vous un instant que nos partenaires européens vont regarder la voie que nous ouvrons si, chez nous, nous ne savons pas changer les choses ?", s'est-il inquiété. 
Résultat de recherche d'images pour "Macron  promenade a la campagne""La capacité de la France à se transformer, c'est sa capacité démontrée à transformer l'Europe dans le même temps."  
Emmanuel Macron craint pour sa crédibilité et plaide pour une réforme ambitieuse de la zone euro, avec la création d'un budget, d'un ministre des Finances permanent et d'un contrôle démocratique. 

Il devra, pour y parvenir, convaincre les dirigeants allemands, dont les propositions vont jusqu'à présent bien moins loin et avec lesquels il prévoit d'écrire une feuille de route de réformes européennes d'ici la fin de l'année. 

Le président  Macron maintient que la France "n'est pas un pays qui se réforme"

A Athènes, il a dit "assumer" ses propos polémiques tenus fin août. A l'école française d'Athènes, E. Macron est  revenu sur ses déclarations du 24 août à Bucarest, où il avait dit: "la France n'est pas réformable" et "les Français détestent les réformes". "Je l'ai souvent dit et je le disais il y a quelques semaines en Roumanie. D'aucuns faisaient semblant de découvrir cette forme de provocation que j'assume. la France n'est pas un pays qui se réforme", a-t-il répété au second jour de sa visite d'Etat en Grèce. "Il ne se réforme pas (...) parce qu'on se cabre, on résiste, on contourne. Nous sommes ainsi faits". 

Résultat de recherche d'images pour "Macron  promenade a la campagne"Pour Macron, l'heure n'est de toutes façons plus aux réformes, "mais à une transformation profonde" de la France, en citant notamment sa politique en matière du droit du travail. "Nous allons le faire sans brutalité, avec calme, avec explication, avec sens", a-t-il affirmé. En baisse constante et historique dans les sondages de confiance, Macron 1er n'a pourtant pas hésité à achever sa visite en Grèce en plaidant pour une "refondation démocratique" de l'Europe et a appelé les groupes français à investir en Grèce en profitant du retour de la croissance.  

Bien qu'il n'ait pas été là où il aurait dû être, auprès des sinistrés de l'Outre-mer, il a réaffirmé vendredi que la France apporte "tout son soutien" aux victimes de l'ouragan Irma dans les îles de Saint-Barthélémy et Saint-Martin, où il entend se rendre prochainement. 

Emmanuel Macron ne cesse de provoquer des polémiques 

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Lors de l'inauguration de station F, le méprisant banquier avait opposé  "les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien", aussi lors de la campagne présidentielle à un militant CGT: "Vous n'allez pas me faire peur avec votre t-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", ou à l'encontre des Comoriens : "Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent", sans oublier les travailleuses du volailler breton GAD qu'il humilia en les traitant d' "illettrées"... 

Jean-Luc Mélenchon, député de la France insoumise, n'a pas mis longtemps à réagir sur twitter.
Il appela les "abrutis, cyniques, fainéants, tous dans la rue les 12 et 23 septembre".  Alors que la polémique monte face aux propos d'Emmanuel Macron, l’Élysée a vu le risque et a tenté de désamorcer la situation. Le Château a assuré (sur ...BFMTV, chaîne officieuse de la présidence) que le terme de "fainéants" vise "ceux qui étaient au pouvoir ces quinze dernières années et qui n'ont rien fait". 
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Or, le jeune Macron a été conseiller du président Hollande à l'Elysée, puis ministre de l'Economie de son premier ministre, Manuel Valls - sans brutalité, avec calme, explication et sens -, cinq années durant. 

La CGT, la FSU et Solidaires appellent à manifester mardi contre la réforme du droit du travail. 
La France insoumise invite à faire de même le 23 septembre.