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jeudi 20 février 2020

Réforme à trous des retraites: vers un blocage, dès l'examen à Assemblée

Les Républicains réclame des précisions et la gauche, un véritable examen des amendements

L'examen de la réforme des retraites ont piétiné à l'Assemblée, virant au blocage 


Dès le troisième jour des débats mercredi, rappels au règlement de LR et suspensions se sont succédé dans une grande tension, empêchant l'avancée des travaux sur les milliers d'amendements. A l'ouverture de la séance, LR a réclamé des éclairages sur le financement de la réforme, et de la gauche dénonçant les règles en vigueur pour l'examen des 41.000 amendements. 

Dans une atmosphère houleuse, les trois groupes de gauche -PS, PCF et LFI- ont contesté les mesures prises la veille en conférence des présidents de l'Assemblée pour quadriller le débat, prévoyant notamment un seul orateur sur les amendements identiques. 
Pour la gauche, il est en particulier inacceptable que des amendements placés à différents endroits du texte tombent au motif qu'ils auraient le même objet. "C'est grave ce qui se passe", a lancé Sébastien Jumel (PCF), accusant le président de l'Assemblée "d'autoritarisme".
Dans un souci de respect de la pensée officielle, l''hebdomadaire Le Point ou Actu.Orange.fr Actualité reprennent d'ailleurs à l'identique et servilement la dépêche de l'AFP, 

Au perchoir, Richard Ferrand (LREM) est resté sourd aux revendications, défendant l'application d'une "règle constante" et exclu toute nouvelle conférence des présidents estimant, avec une insolente légèreté, que "les humeurs changeront".
Le patron de LR Christian Jacob a affirmé qu'avec une telle règle, "on arrive à quelque chose de ridicule".

Plusieurs suspensions de séance ont suivi, entrecoupées de l'examen d'une poignée d'amendements, rappelant la paralysie de juillet 2018 lors de l'examen du projet de révision constitutionnelle, victime collatérale de l'affaire Benalla.
Lors d'une des multiples pauses, à la veille d'une nouvelle journée de mobilisation syndicale interprofessionnelle, jeudi 20, plusieurs insoumis et communistes ont entonné le chant des Gilets Jaunes "On est là".

Des élus disent leur "honte"
"Quelle image donnons-nous de nos travaux? C'est de l'anti-parlementarisme de base", s'est offusqué le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem), qui colle aux basques de LREM, applaudi comme un seul homme par la majorité, debout (contre la phlébite), tandis que le secrétaire d'Etat Laurent Pietraszewski plaidait pour en revenir au débat. Sur Twitter, des élus - que Le Point, Orange ou 20 Minutes ne nomment pas plus que l'AFP - disaient leur "honte" que l'Assemblée "se transforme en cirque" ou déploraient "un concours Lépine de l'obstruction désolant".
 
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"Attention, vous jouez avec le feu", a aussi lancé Gilles Le Gendre, le chef de file des députés LREM menaçant l'opposition, mais bien incapable de maintenir la cohésion de ses propres troupes, à qui le chef de l'exécutif a dû faire la leçon en convoquant ses députés à l'Elysée

"La question n'est plus celle du débat sur les retraites mais celle de la défense des institutions", s'est égosillé un Le Gendre dans l'emphase, comme pour défendre la démocratie mise en danger par la diffusion des selfies de masturbations de Griveaux, dans une: intervention conclue par une standing ovation des robots En Marche et une énième suspension de séance.


Depuis lundi,
les débats patinent sur cette réforme pleine de zones d'ombre où les élus LREM et UDI-Agir avancent à tâtons en s'encourageant de la voix, tentant de créer un système "universel" de retraites par points. Après de longues discussions sur le titre même du projet de loi, les députés n'ont entamé qu'en soirée l'examen de l'article 1er, consacré aux "principes généraux".

Avec Annie Genevard (LR) à la présidence de séance, la tension est un peu retombée, dans un hémicycle toujours assez fourni. Droite et gauche ont dénoncé des objectifs de réforme qui ne sont pas l'"équité", la "solidarité" ou encore la "liberté de choix pour les assurés", comme mis en avant dans le projet de loi dans un pur "geste littéraire", loin "de la réalité", selon les mots d'Eric Woerth (LR). 

A la co-rapporteure Corinne Vignon (LREM) - une décoratrice d'intérieur appropriée à cette fonction ! -  qui n'hésitait pas à se prévaloir du soutien à la réforme des Français rencontrés par les "marcheurs", le communiste Sébastien Jumel a demandé qui elle avait pu rencontrer dans ces "réunions Tupperware", s'attirant aussitôt claquements de pupitre et accusations de sexisme par la majorité et une nouvelle suspension de séance. 
Dans l'espoir que le calendrier puisse tenir, les députés siègeront au moins jusqu'au 6 mars, avec des travaux ce week-end. 

Le spectre de l'utilisation du "49-3", épée de Damoclès sur les débats

La Constitution permet au gouvernement d'y recourir et il ne s'en est pas privé lors du passage en force de la Loi Travail, pour contourner le Parlement en court-circuitant les débats pour faire adopter un projet de loi sans vote. "On va vers l'inconnu total", admet une source gouvernementale, qui dit assister "à ce triste spectacle bras ballants".
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Alternative au 49.3 préconisée à l'Assemblée
 par les députés Communistes et Insoumis 
Ex-socialiste strauss-kahnien, Florian Bachelier (LREM) soutient que d'avoir recours au "49-3" ne serait pas l'aveu d'une une défaite : "Pas du tout"; il ne faut pas que la majorité s'enferme dans le piège tendu par l'extrême gauche". Et d'ajouter cette phrase creuse : "chacun prendra ses responsabilités", variante du "j'assume" de Macron...
Lundi soir, un "marcheur" faisait du La Palisse: "soit c'est pénible mais on y arrive (...), soit ils font du Benalla et ça bloque complètement..."
Et Macron passera son Emmental par ordonnances. Une raclée raclette pour tous !

vendredi 10 mai 2019

Européennes : Macron et la bande à Loiseau se retrouvent dans un restaurant de luxe parisien

Macron avait tenu secrète sa visite aux candidats LREM désemparés par les bourdes de Loiseau

A moins de vingt jours d’un scrutin difficile, le chef de l’Etat a officialisé sa prise de pouvoir sur la liste

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Déjà connu pour son mépris des Gilets jaunes, le président de la République a rejoint ses candidats dans un restaurant parisien ultra-chic, s'affichant désormais clairement en chef de parti. Le nouveau monde de Macron ? 
En prenant la relève de Nathalie Loiseau, Macron part au combat contre les 33 autres listes et leurs électeurs.

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Scène du théâtre macronien aux Européennes 2019

Cette participation à la campagne des élections européennes est la première, mais non la dernière. A l’heure où l’ensemble du gouvernement et de la majorité s'agite fébrilement pour mobiliser l’électorat macronien en vue du scrutin du 26 mai, les candidats de la liste du président ont eu la surprise de voir apparaître l'ex-banquier, mardi soir, volant la vedette à Nathalie Loiseau, laquelle n'a pas dissimulé son irritation.
Pour cet entre-soi, les gens du Palais qui tirent les ficelles de la marionnette Loiseau avaient choisi un lieu que les "bénéficiaires" des mesures Macron consécutives au mouvement social des Gilets jaunes ne risquent pas de fréquenter jamais. Les stratèges déconnectés de la vraie vie et de la campagne avaient choisi un restaurant tendance aux murs de marbre - "bourgeois, gastronome, dandy et arty" à la fois - du Palais de Tokyo, donnant sur la tour Eiffel, "Monsieur Bleu", dans le 16e arrondissement de Paris.
Il y a un an presque jour pour jour, le 5 mai 2018? Le Palais de Tokyo a accueilli une visite naturiste gratuite pour découvrir l'exposition 'Discorde, fille de nuit', une initiative inédite lancée par l'Association des naturistes de Paris (ANP). Seulement 161 personnes avaient pu obtenir une place et se pavaner dans les allées, qui, pour l'occasion, avaient déjà été fermées au public. Les visiteurs sont entrés par une porte dérobée et se sont déshabillés une fois à l'intérieur. Vigiles et guides, eux, ont gardé leurs vêtements.
C'est sur cet énorme site dédié à la création contemporaine, le plus grand d’Europe, que s’est installé 'Monsieur bleu'. Après un appel d’offre où s’étaient positionnés plusieurs acteurs importants du secteur et même un grand chef français, c’est finalement Gille Malafosse, déjà propriétaire du Flandrin et du Pétrus, les deux dans le 16e arrondissement, et Laurent de Gourcuff, roi des nuits parisiennes (fondateur du Groupe Noctis, société spécialisée dans l'événementiel et propriétaire de 24 établissements, dont une douzaine de boîtes de nuit, dont Castel, avec 2 associés, son petit frère et Jennifer Johns, une ancienne banquière d’affaires de chez ...Rothschild : suivez mon regard !), qui obtiendront l’emplacement si convoité face à la Seine et à la vue imprenable sur la Tour Eiffel.

Un lieu qui "porte chance", rappelle un "stratège" anonyme, puisque c’est là, en février 2017, qu’Emmanuel Macron avait scellé son alliance avec François Bayrou, MoDem, un autre amateur de lieux d'exception où ils ne risquent pas de croiser "les gens" au nom desquels ils parlent si volontiers.

MONSIEUR BLEU - MEZZANINE 8 copie

Un symbole personnel, donc, au moment où la campagne de La République en marche "a besoin de reprendre le sprint à zéro", selon un membre de l’équipe 'Renaissance' qui croyait rompre avec l'"Age sombre" du Moyen-Age, n'imaginant pas que Loiseau et ses 30 semblables connus l'y replongeraient. Le chef de l’Etat a échangé pendant près d’une heure trente avec ses affidés, réunis, comme chaque semaine, en comité politique. Emmanuel Macron a pris place entre sa tête de liste Nathalie Loiseau et le numéro 2, l’écologiste Pascal Canfin, tout juste rentré d'une semaine de vacances... 

Image associée

"C’est notre affaire à tous. La question est simple: c’est stop ou encore", a résumé Emmanuel Macron. Les chefs de partis de la majorité, Stanislas Guerini (LREM), François Bayrou (MoDem), Franck Riester (Agir) et Laurent Hénart (Mouvement radical) ont ainsi dû encaisser ce coup de semonce.  Après les avoir tous les remerciés pour leur "mobilisation" - bien qu'insuffisante - le président de la République a en effet confirmé qu’il ne les lâcherait pas d'une semelle. 
Et Macron de décliner les trois axes prioritaires, à savoir la biodiversité et le climat, la protection et les frontières, le modèle économique et social.
"Il faut remettre du positif, de la bienveillance et de l’envie, a-t-il exigé. On doit démontrer la cohérence et continuer à expliquer l’enjeu aux Français" ( Emmanuel Macron)
Une occasion aussi pour lui de jouer les directeurs de campagne.

Macron a fait passer quelques messages et adressé ses consignes entre la poire et le fromage...
"Il faut remettre du positif, de la bienveillance et de l’envie, a-t-il exigé des autres. On doit démontrer la cohérence et continuer à expliquer l’enjeu aux Français". En creux, la campagne LREM est négative, malveillante, rébarbative et incohérente...

VOIR et ENTENDRE les perles alignées lors de la présentation des premiers membres de la liste LREM par Stéphane Séjourné, imbécile heureux qui sert de directeur de campagne (un montage, certes, mais sans 'infox') :

Ce type, un ancien militant PS et UNEF, était conseiller parlementaire de Macron au ministère de l'Economie. Jupiter aurait pu se débarrasser de Pollux, son fils de 28 ans, en accédant à l'Elysée, mais il l'a gardé... En juillet 2017, L'Opinion l'identifiait comme "l'un des trois principaux conseillers d'Emmanuel Macron à l'Elysée, aux côtés d'Alexis Kohler, secrétaire général, et d'Ismaël Emelien, conseiller spécial" et, depuis l'affaire Benalla, on sait quel désordre ils ont mis au Château. Pour tout dire, Séjourné appartient à la bande Sacha Houlié, Pierre Person, Aurélien Taché et Guillaume Chiche et Macron arrive à faire avec ! En octobre 2018, l'avocat Juan Branco fait mention de la relation de Gabriel Attal avec Stéphane Séjourné, avec lequel il est pacsé.
De Attal, secrétaire d'Etat à la ...jeunesse, Branco écrit:"Lointaines paraissent alors les années lors desquelles le jeune garçon parsemait les réseaux sociaux de messages outranciers et insultants, fleurant bon l’extrême-droite et la misogynie la plus crasse, incendiant la majorité socialiste à Paris et ses dirigeants. Gabriel Attal, 23 ans, est, par effets de proximités successives, soudain doté d’un salaire qui le propulse parmi les 5% les plus favorisés du pays [près de six mille euros par mois], doté de deux secrétaires, d’un chef gastronomique, de voitures de fonction, et peut même se permettre de passer un arrangement avec la direction de SciencesPo pour obtenir sa diplomation. L’affaire, théoriquement exceptionnelle, lui permet d’obtenir son master l’année suivante sans avoir redoublé, grâce notamment à une validation d’acquis. Discret mais habituel, ce genre d’accords permet à l’institution de couver ceux qui auront le surlendemain à en avoir la tutelle, et ainsi d’en prolonger la domination."

Et de préciser à propos de Pollux, 28 ans, fils de Jupiter: "La mort de son père libère Attal d’une tutelle oppressante et lui permet d’officialiser sa relation avec Stéphane Séjourné (conseiller politique d’Emmanuel Macron), par le truchement d’un PACS qui scelle l’alliance de deux capitaux."
"C’était un moment de joie, de mobilisation bien sûr", a raconté Nathalie Loiseau après s'être fait souffler dans les bronches. L'ex-ministre prit d'ailleurs fort mal les remontrances.

Au moment où la liste du RN devance celle président dans les sondages, Macron a déploré que son électorat soit moins mobilisé que celui de Marine Le Pen. 
De la liste LR magistralement menée par François-Xavier Bellamy il nie la progression, la qualifiant de "chorégraphie", faute de pouvoir la diaboliser : ce n'est pas une façon de lui chauffer les fesses qui lui convient. 

Après un tour de table, le chef de l’Etat s’est éclipsé par une sortie dérobée, pour rejoindre l’Élysée où il devait poursuivre la discussion avec les responsables de la majorité pour un dîner consacré au scrutin du 26 mai. "C’était une ambiance à la fois volontaire et grave", a conté François Bayrou, l'allié qui a besoin d'élus pour sortir de l'ornière les finances du MoDem. "Il a voulu montrer qu’il était présent, mais sans s’afficher", souligne l’un des convives, anonyme et insignifiant, un ravi repu.


Envisagée plusieurs fois depuis le début de la campagne, l'idée de rencontres "barbecue-merguez au rond-point" a dû être abandonnée

Un nouveau format a donc été adopté.
Parce que le locataire de l'Elysée ne peut plus sortir que sous haute protection de plusieurs rangs de gardes du corps, de nuit et en milieu sûr et confiné, cette première rencontre a été organisée dans le plus grand secret par la direction de campagne et l’Elysée. 

Image associéeL’engagement personnel du chef de l’Etat doit permettre de relancer une campagne poussive, plombée par une tête de liste devenue tête de turc à force de vannes méchantes et de bourdes plus grosses qu'elle. Elle partait avec le handicap de son charisme de bonnet de nuit et son absence de programme. 
L'Elysée n'a pas remis son programme à la liste “Renaissance” avant le mercredi 8 mai, quand elle a mis en ligne son projet pour reprendre “en main le destin de l’Europe”, soit vingt-quatre heures avant la présentation officielle, et pour l'entrée en lice de Macron. Edouard Philippe et le gouvernement étaient alors sommés de mettre les mains dans le cambouis de la campagne électorale pour sauver le soldat Nathalie Loiseau en perte de vitesse dans les sondages. Ce programme doit avoir la vertu d’endiguer les critiques en amateurisme faite à la liste LREM, longtemps accusée de retarder la présentation de ses propositions pour désarmer ses opposants.
Contrairement à ce qui avait été envisagé, Macron devrait privilégier une expression dans la presse plutôt qu’une intervention dans un meeting, pour des raisons de sécurité. C'est d'ailleurs à l'étranger, en Roumanie, qu'il est allé prendre la parole  sur le sujet de la biodiversité et du changement climatique...

Alors qu’il s'est arrogé l'exclusivité de l’engagement pro-européen, le président  sait qu'en faisant des Européennes en France un référendum personnel sur sa personne et sa politique, son quinquennat peut chavirer dans les urnes, d'un coup, le 26 mai.

jeudi 7 février 2019

Gilets jaunes : 77% des sondés (+3 points) estiment que la mobilisation est justifiée

Près de deux Français sur trois soutiennent toujours le mouvement

Une large majorité de Français (64%) conserve toujours son soutien aux "gilets jaunes". 

A son troisième mois, le soutien repart même à la hausse, gagnant deux points en un mois, selon un sondage YouGov publié jeudi 7 février.
Alors que près de deux Français sur trois continuent de soutenir le mouvement des "gilets jaunes", 77% (+3 points) estiment que la mobilisation est justifiée, indique l'enquête, diffusée par le HuffPost et CNews. 
A l'inverse, seuls 32% des personnes interrogées ne soutiennent pas l'action des "gilets jaunes", qui manifestent depuis la mi-novembre pour réclamer des mesures en faveur du pouvoir d'achat.

Concernant le grand débat mis en place par l'exécutif en réponse à la colère de la rue, 52% de la population estiment les "gilets jaunes" ne doivent pas cesser leur mobilisation pendant la durée de cette consultation nationale. 
Autre enseignement de ce sondage, près de six Français sur dix (58%) trouvent qu'ils ne sont pas suffisamment informés sur l'organisation de ce grand débat.
Vers un référendum ?

Egalement, 58% des Français pensent que les propositions qui ressortiront des débats n'infléchiront pas la politique du gouvernement, tandis que 71% souhaitent que les "décisions prises suite au grand débat" soient soumises à un référendum.
Selon ce sondage, la cote de popularité d'Emmanuel Macron ne décollerait pas de 21% d'opinions favorables. 
Celle du premier ministre, Edouard Philippe, stagne également à 22% d'avis positifs, quand 75% des Français jugent défavorablement l'action du gouvernement.

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : les syndicats avaient cautionné le rassemblement du 1er décembre qui a tourné à l'émeute

Après leur rencontre avec Edouard Philippe, les syndicats dépités avaient appelé la population à se joindre au rassemblement

La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à grossir les rangs de la manifestation prévue le samedi 1er à Paris 

Appel  de la CGT, avec mots d'ordre particuliers (image) 
Comme d’autres, les organisations syndicales ont été reçues, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation de la concertation décentralisée que l’exécutif accepte sous la pression de mettre en place. Et comme d’autres, elles sont reparties déçues de ce rendez-vous censé apporter un élément de réponse au sujet controversé de la sur-fiscalité sur les carburants, élargi au pouvoir d’achat défendu par mouvement des 'gilets jaunes'.

"On a redit qu’il fallait des mesures concrètes. On ne rentre pas dans un processus s’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des mesures réelles pour les travailleurs", a expliqué, pour la CFDT, Laurent Berger, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), à sa sortie de Matignon. Il est pourtant celui qui se montre le plus ouvert à cette idée de dialogue au plus près du terrain entre associations, corps intermédiaires, élus, Etat et protestataires dont il a lui-même proposé l’idée. Mais "à une seule condition", a-t-il prévenu, sur la défensive, "que ça ne soit pas un jeu de dupes".

Ses homologues sont plus réticents. 
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"Les grand-messes qui associent tout le monde, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’ai peur qu’on noie le poisson dans l’eau", considère Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), ci-contre, à gauche, qui ne pouvait être présent vendredi. 

Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC),

François Hommeril, est aussi critique (ci-contre, à droite): "Je ne suis jamais contre discuter, mais on est comme les médecins de Molière : on va se retrouver autour du corps malade de la société française pour parler de la taille du bouton ou de la marque du thermomètre. Si c’est ça, ça n’a aucun intérêt. Ça doit se faire sur la politique économique du gouvernement avec laquelle nous sommes en total désaccord."

Le gouvernement jugé "hors sol"

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La Confédération générale du travail (CGT) est hostile. "On veut des réponses immédiates et pas des comités Théodule, explique Fabrice Angei, ci-contre en noir, membre du bureau confédéral de la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le gouvernement ne peut pas jouer la montre jusqu’à ce que le mouvement s’épuise. Il ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans le pays. Il est hors sol et le montre." Pour lui, "seule la mobilisation peut le contraindre à changer son fusil d’épaule". La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à venir, samedi, grossir une manifestation prévue de longue date à Paris contre le chômage et pour le pouvoir d’achat.


Les syndicats en ont aussi profité pour pousser leurs revendications. 
Comme le président de l'UDI et la député LREM, Brigitte Bourguignon, ou les présidents de région, FO a réclamé un "moratoire" sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. 
Avec la CFDT, elle a aussi demandé la généralisation de la prime pour les transports pour les salariés contraints de prendre leur voiture pour aller au travail. 

A la différence de Philippe Portier, CFDT, qui estime qu’Edouard Philippe s’est montré "ouvert", Michel Beaugas, FO, souligne que "le premier ministre n’a pris aucun engagement" sur le sujet. 

Entre rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et suppression de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la question de la revalorisation des salaires a également été très présente. Mais, déplore M. Beaugas, "le premier ministre a rappelé qu’il ne faut pas augmenter le coût du travail". Une fin de non-recevoir, selon lui. 

Ces derniers jours, plusieurs confédérations ont regretté l’absence de "coup de pouce" sur le SMIC. Le salaire minimal sera seulement revalorisé de façon automatique au 1er janvier, comme c’est le cas depuis années, a déclaré E. Philippe mardi.

Au-delà du fond, la forme a aussi dérangé. 
D’ordinaire, ce type d’annonce survient après qu’un avis consultatif a été donné par une instance réunissant les partenaires sociaux. Au moment où l’exécutif veut signifier qu’il ne dédaigne pas les corps intermédiaires, comme cela lui a été reproché, c’est au mieux "maladroit" de la part du premier ministre, pointe M. Veyrier. "Cela montre la réalité du mépris que le gouvernement a envers les acteurs sociaux", estime pour sa part M. Angei.

S'il est reproché au mouvement des "gilets jaunes" de ne pas être structuré, voire trop divers, et d'être un interlocuteur insaisissable, que dire des syndicats qui avancent en rangs dispersés malgré leurs cotisations, leur presse et leurs subventions ?

Qui a appelé à se joindre au rassemblement du 1er décembre ?
Outre l'association lycéenne UNL, proche de l'UNEF, FO Transports (FO-UNCP), troisième syndicat du secteur, a appelé à rejoindre le mouvement, contrairement à la CFDT Transports, majoritaire. 

De son côté, la CGT avait appelé les "gilets jaunes" à manifester le 1er décembre.
Sortant de sa réserve, la CGT cherche à reprendre la main sur le combat pour les «attentes sociales» des Français. Mardi, la première organisation syndicale a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à manifester le 1er décembre en vue d'exiger "des réponses immédiates et précises" du gouvernement et du patronat sur les thématiques de pouvoir d'achat. L'organisation formule des revendications précises: elle exige notamment une hausse du SMIC à 1800 euros, une prise en charge des transports par les employeurs, une TVA réduite à 5,5% pour les "produits de première nécessité", ainsi qu'une "fiscalité juste, tenant compte des revenus".
Dans son entreprise de récupération du mouvement citoyen, la CGT critique également la politique fiscale sur les carburants, et considère, à l'instar d'autres personnalités comme l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal, que le gouvernement ..."instrumentalise les enjeux environnementaux" dans le cadre de sa politique fiscale.
Benjamin Cochin, porte-parole du mouvement à Toulouse, s'est dit "heureux que les corps intermédiaires bâillonnés depuis 18 mois sortent du bois; ça nous fait plaisir mais on ne veut pas voir les drapeaux et les pancartes FO (...) Les organisations syndicales sont les bienvenues, mais il ne faut pas se tromper :  les "gilets jaunes" veulent eux-aussi discuter avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

lundi 5 novembre 2018

Nouvelle-Calédonie : l'indépendance, c'est non dans les urnes

Les Calédoniens choisissent par référendum de laisser flotter le drapeau tricolore

Les résultats du référendum sur l'autodétermination sont clairs et nets.


La victoire du "'Non" est plus modeste qu'annoncée par les sondages et les partisans du Oui en tirent des conclusions. 56,4% des électeurs ont préféré rester Français, mais ils font un pas vers les indépendantistes. "Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu, parce que nous respectons le combat qui est le leur", expliquent les vainqueurs par la voix de Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens.
Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron appelle d'ailleurs aussi au dialogue entre toutes les parties.

Référendum : les Calédoniens disent "non" à l'indépendance
Les militants indépendantistes donnent en revanche l'impression d'avoir gagné. Ce n'est pas le cas, mais s'ils ont perdu cette bataille, ils n'ont pas perdu la guerre.
Les accords de Nouméa prévoient en effet l'organisation d'autres référendums, alors les indépendantistes donnent rendez-vous au prochain scrutin. 

Avec une participation exceptionnelle de plus de 80% des électeurs, ce scrutin marquera quoiqu'il arrive l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Macron devra gérer la "lèpre nationaliste" dans les territoires français

"Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur," a déjà conclu le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui "prend acte du résultat démocratique" en Nouvelle-Calédonie, mais ajoute que "les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu".

franceinfo :
Que pensez-vous des résultats de ce référendum ?

Gilles Simeoni : Je pense qu'il faut prendre acte du résultat démocratique, qui intervient au terme d'un processus qui a été validé par toutes les parties. Un résultat qui a toute sa légitimité. J'ai une pensée pour celles et ceux qui ont eu le courage il y a 30 ans de choisir le chemin de paix. Je pense notamment à Michel Rocard, à Jean-Marie Tjibaou à Jacques Lafleur et dix ans après à Lionel Jospin. Maintenant, que faire avec ce résultat ? Parce que l'écart est beaucoup plus mince que ce qui avait été annoncé.

On se rend compte, si on affine un peu la lecture, que les Kanaks représentent environ 40% de la population totale de la Nouvelle-Calédonie, cela veut dire que la quasi-totalité des Kanaks a voté en faveur de l'indépendance. Ce que démontrent ce résultat et la réalité de l'état actuel de la société en Kanaky [Siméoni va un peu vite en besogne : ce terme désigne la Nouvelle Calédonie, et c'est le nom du futur Etat indépendant rêvé par le Front de libération nationale kanak et socialiste, FLNKS], c'est que les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu. Je pense notamment aux disparités économiques et sociales, en matière d'éducation. Le combat du peuple kanak va continuer. Les Corses, celles et ceux qui partagent nos idées, sommes solidaires de ce peuple.

Que doit-on faire et de quelle manière pour garantir le respect de la dignité du peuple kanak et de toutes les composantes de la Nouvelle-Calédonie ?

Dans le discours du président Emmanuel Macron, pas une fois il n'a cité le peuple kanak. Je pense que c'est une omission qui est regrettable. Il suffit de voir les statistiques, notamment le taux de jeunes qui accède à l'enseignement supérieur, je crois que c'est 4% sur les dernières statistiques. On disait que les jeunes Kanaks allaient se désintéresser de ce scrutin et manifestement ils s'y sont largement investis pour revendiquer leur fierté d'appartenir à ce peuple. Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur.

On est dans une logique de paix et pas dans une logique d'hostilité, de rejet, mais simplement d'affirmation de la dignité de ce peuple, des prises en compte d'une histoire qui a été injuste, qui a été une histoire coloniale. Il y a aussi la volonté de redéfinir librement le rapport à la France et à la République. L'indépendance ne peut se concevoir en 2018 comme elle pouvait se concevoir dans les années 50.

La Nouvelle-Calédonie est la collectivité la plus autonome de France avec des pouvoirs régaliens, notamment sur les programmes scolaires. Cela explique-t-il le choix exprimé aujourd'hui ?

Je dirais, avec un petit sourire, souvent lorsqu'on revendique pour la Corse l'autonomie, on dit que l'autonomie, c'est l'antichambre de l'indépendance. Or, je note qu'en Nouvelle-Calédonie, il y a une autonomie très large et pour autant les électeurs n'ont pas choisi l'indépendance

La situation corse et la situation en Nouvelle-Calédonie ne sont pas identiques, même si il y a des traits de similarité entre les deux peuples et un grand respect. En ce qui concerna la Corse, une très large autonomie comme celle que connaissent actuellement les Kanaks nous suffirait largement, mais la situation n'est pas la même. Nous allons continuer, nous aussi de façon démocratique, pour faire prendre en compte ces attentes. 


samedi 20 octobre 2018

Brexit: la gauche remet en question le vote populaire majoritaire

Une foule géante demande un second référendum sur le Brexit

La gauche britannique, mais aussi européenne, s'est rassemblée à Londres, se déclarant trompée par les termes du Brexit


Des dizaines de milliers de citoyens se disant vigilants et éclairés ont commencé à manifester bruyamment ce samedi 20 octobre 2018 à Londres pour réclamer un référendum sur l'accord final sur le Brexit, toujours en négociation entre Londres et Bruxelles à cinq mois du retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne.


Le cortège des nostalgiques de l'Union européenne700.000, mais c'est selon The Guardian - venus des quatre coins du pays et amenés par plus de 150 cars a parcouru le centre de la capitale britannique à la mi-journée, en direction du Parlement.

Parmi eux figurent notamment de nombreux citoyens européens, représentés notamment par The3Million, un groupe de pression (on dit 'lobby', outre-Manche !) défendant les intérêts des quelque 3,7 millions d'Européens installés au Royaume-Uni
Ils répondaient à l'appel de People's Vote ('Le Vote du peuple', appellation surréaliste pour les battus d'un vote populaire), un mouvement militant pour un "vote populaire" et réunissant plusieurs associations europhiles.

"Les gens ont été trompés", assurent-ils, méprisant du jugement de leurs concitoyens pro-Brexit

Lors du dernier défilé de ce genre, en juin, environ 100.000 personnes s'étaient rassemblées et les organisateurs espèrent bien dépasser ce nombre, avec la manifestation "la plus grande" et la plus "bruyante" jamais organisée en faveur d'un tel scrutin.

Les Britanniques se sont prononcés à 52 % en faveur de la sortie de l'UE lors du référendum du 23 juin 2016, mais les organisateurs assurent qu'ils auraient voté différemment s'ils avaient eu conscience des réels enjeux du Brexit. La presse a-t-elle failli à sa tâche d'information ? Les travaillistes n'ont-ils pas plutôt échoué à convaincre la population ?

Ils veulent les avantages de l'UE, sans les inconvénients

"Rester ensemble", mais en dehors de  la "zone euro" !
"Je pense que les gens ont été trompés de plusieurs manières", raconte l'entrepreneur Peter Hancock, alors qu'il noue un drapeau européen, étoiles jaunes sur fond bleu, autour du cou de son grand chien de berger George. 

"Nous voulons rester européens", ajoute sa femme Julie, en fauteuil roulant. "Nous ne voyons pas du tout les bénéfices d'un retrait."

Veulent-ils aussi intégrer la 'zone euro' et abandonner la livre sterling ?
Le 5 juin 1975, 67.2% de l'électorat et tous les pays ou régions membres du Royaume-Uni, sauf deux, votèrent pour le maintien dans l'Union européenne. En 1983, le Labour Party (travailliste) fit campagne pour le retrait, sans référendum. En 1985, sans référendum, le gouvernement Thatcher ratifia le 'Single European Act', première révision importante du Traité de Rome. Le 1er novembre 1993, le Traité de Maastricht entérina le passage de la 'Communauté européenne' à l' 'Union européenne', actant l'évolution de l'organisation d'union économique en union politique.
En 1993 apparut le UKIP (UK Independence Party), parti eurosceptique qui arriva troisième aux Européennes de 2004 au Royaume-Uni, deuxième en 2009 et premier en 2014, avec 27.5% des suffrages, battant les deux partis historiques pour la première fois à des élections générales depuis 1910. Le succès de UKIP aux Européennes de 2014 annonçait le vote majoritaire pour le retrait de l'UE au référendum de 2016.
Le Royaume-Uni n'avait déjà pas voulu entrer dans la "zone euro"
La zone euro, zone monétaire qui regroupe les Etats membres de l'Union européenne qui ont accepté d'adopter l'euro (EUR, €) comme monnaie dont la création fut officialisée lors du traité de Maastricht ; sur les vingt-huit Etats membres de l'UE, dix-neuf utilisent l'euro. Le Royaume Uni l'a refusé... 
Le Royaume-Uni possède une dérogation permanente qui lui permet de ne pas adhérer à la zone euro. Pour l'heure, le pays n'envisage pas de se lancer dans une démarche d'adhésion... En effet, cet Etat poursuit depuis mars 2017 des négociations en vue de quitter l'Union européenne. Les zones souveraines britanniques de Chypre utilisent cependant l'euro par dérogation à ce principe et la législation locale a été mise en conformité avec le droit de l'Union européenne.
Les ministres des Finances des états membres de la zone euro constituent l'Eurogroupe, où le Royaume-Uni n'est donc pas présent. Le Pacte de stabilité et de croissance (PSC) est l'instrument dont les pays de la zone euro se sont dotés afin de coordonner leurs politiques budgétaires nationales et d'éviter l'apparition de déficits publics excessifs. Le Royaume-Uni n'en fait pas partie.

Les groupes de pression principaux en faveur du maintien sont :

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'Britain Stronger in Europe', communément appelé 'Remain' (Restons), dont les militants, dirigés par Stuart Rose, sont caricaturés en "Remoaners" (mot porte-manteau qualifiant de "geignards" les partisans du maintien).
Les autres groupes opposés au retrait sont 'Conservatives In', 'Labour in for Britain', '#INtogether' (Liberal Democrats), 'Scientists for EU', 'Greens for a Better Europe', 'Environmentalists For Europe', 'Universities for Europe' et 'Une Autre Europe est possible' (Another Europe is Possible), ces derniers prétendant infléchir la politique européenne de l'intérieur.
Quant aux groupes officiels en faveur du retrait, ce sont 'Vote Leave' ou "Leave.EU".

Les derniers groupes de pression en date s'opposent à un "hard Brexit" et militent pour des aménagements qui perpétueraient le régime particulier du Royaume-Uni
  
The3million' est un groupe de pression qui veut sauvegarder les intérêts des étrangers vivant au Royaume-Uni. Il est animé par Chuka Umunna, député travailliste du Grand Londres, 40 ans, né d'un père nigérian et d'une mère anglo-irlandaise, membre du cabinet fantôme, en tant que secrétaire d'Etat au Commerce, à l'Innovation et au Savoir-faire, réélu en 2015, lors du scrutin au profit des conservateurs de David Cameron.

Le groupe de pression populiste 'People's Vote' appelle à un nouveau vote, avec des conditions en faveur d'un 'soft Brexit', c'est-à-dire un régime special... 
Sadiq Khan November 2016.jpgLancé en avril 2018, il a le soutien de Chuka Umunna, ainsi que démocrates libéraux et de Verts.
Le parti travailliste instrumentalise le mouvement contre un "hard Brexit", espérant y récupérer des électeurs. Ainsi la marche du 20 octobre 2018 en faveur d'un nouveau référendum avant la décision finale, en mars prochain, était menée par le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, ci-contre, né à Londres de parents pakistanais. 

Theresa May n'est pas une girouette

Mais ce rassemblement du weekend risque peu de convaincre la Première ministre Theresa May, fermement opposée à cette idée de référendum à répétition. "Il n'y aura pas de second référendum. Les gens ont voté", a déclaré la cheffe du gouvernement britannique mercredi 17 octobre, déterminée à "mettre en œuvre" le choix du peuple souverain en 2016.

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De leur côté, les organisateurs soulignent qu'à quelques mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, les négociations entre Londres et Bruxelles restent complexes et ardues, en particulier sur la question de la frontière sur l'île d'Irlande et que l'incertitude demeure sur la façon dont le Royaume-Uni quittera l'UE.

"Les problèmes les plus importants restent à négocier, de nombreuses conséquences restent cachées", estime Carmen Smith, partisane du mouvement 'For Our Future's Sake', FFS (Pour notre avenir, groupe étudiant en faveur d'un nouveau vote, lancé par la 'National Union of Students', syndicat étudiant dominant, dominé par le 'Labour party'), citée dans un communiqué. "Le temps presse. C'est un sujet urgent. L'élite du Brexit a montré qu'elle était incapable de résoudre le problème. Mais vous, vous pouvez, en demandant un vote du peuple." Démagogie populiste...

Qui sont les soutiens politiques ?

L'idée d'un nouveau référendum a gagné en popularité ces derniers mois au Royaume-Uni, avec la crainte de l'avenir et de son "splendide isolement", et des personnalités politiques de tous bords - mais singulièrement à gauche -  la soutiennent, comme l'ancien Premier ministre travailliste Tony Blair.

Le maire travailliste de Londres, Sadiq Khan, était au nombre des orateurs entendus samedi dans le centre de Londres figurent , ainsi que des députés des partis conservateur, travailliste, libéral-démocrate, vert, et du SNP (parti indépendantiste écossais). 

"Le Brexit divise les générations. Une grande majorité de ma génération a voté pour partir. Une grande majorité des jeunes ont voté pour rester. Votre génération [les jeunes] est trahie par la mienne", n'hésite pas à dire le chef des libéraux-démocrates, Vince Cable, à l'intention des jeunes manifestants.

Ils remettent ça le 5 novembre prochain.