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dimanche 26 mai 2019

Européennes 2019 : Macron a joué au premier de cordée, mais s'est pris une châtaigne

Macron échoue dans sa prise de pouvoir, mais l'Elysée salue "un score honorable"...

Le parti du président s'est fait déborder par l'extrême-droite

L'impopularité de Macron et de sa politique se confirme dans les urnes après deux ans,
 dans un scrutin européen marqué par un regain surprise de la participation qui profite aux écologistes sectaires. Mais dans le duel qu'il a organisé, Macron a la lourde responsabilité d'avoir fait monter Marine Le Pen. L'épouvantail n'a pas été celle que le stratège surfait de l'Elysée avait désignée.

Premier scrutin depuis les législatives qui ont donné la majorité à Emmanuel Macron, et tous les pouvoirs, les élections européennes avaient valeur de test électoral pour le président contesté dans la rue.  Il a même tenté d'en faire un référendum personnel et la réponse est non.
La liste Loiseau, portée par le parti de la majorité La République en marche (LREM), est finalement arrivée deuxième du scrutin derrière le Rassemblement national, mené par le benjamin du scrutin Jordan Bardella, 23 ans, ce dimanche 26 mai. La tête de liste LREM a récolté 22,5% des voix, à un point et demi derrière le mouvement de la droite radicale, crédité de 24% des suffrages, selon les dernières estimations d'Harris-interactive/Epoka à 20 heures.
 
Le duel au sommet des européennes entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a tourné en faveur du Rassemblement national et l'engagement personnel du président  - qu'on a vu prendre la place de sa tête de liste et s'afficher seul sur des affiches sauvages et en entretien à huis-clos avec la presse régionale, exception faite de deux réfractaires aux méthodes autocratiques d'un président prétentieux - s'est avéré inopérant.

Sa politique sociale vaut au chef de l'Etat une impopularité qui se maintient depuis près de sept mois avec le mouvement des Gilets jaunes, La République en marche ne fait pas mieux que le Parti socialiste en 2014 et perd sa position de premier parti de France, voyant son score abaissé de 24%, lors du premier tour de l'élection présidentielle de 2017, à 22,3% en 2019. Mais, en même temps, Marine Le Pen a gagné deux points (23,2%) en 2019 contre 21,3% en 2017.

Jupiter est dans le déni

Dès l'annonce des résultats, à 20 heures, l'Elysée n'a pas hésité à saluer un "score honorable" qui montre que "la majorité présidentielle tient bon". "Le chef de l'Etat s'estime conforté et gardera son cap en France, comme en Europe, "assure le palais présidentiel. 
Mais si Loiseau trompette la victoire, le premier ministre a accueilli "avec humilité" les résultats des élections européennes ce dimanche 26 mai. "Quand on termine deuxième à une élection, on ne peut pas dire qu'on a gagné", a-t-il estimé lors d'une courte allocution. 

Macron s'enfonce dans l'autisme. 
Chercherait-il à relancer le mouvement des Gilets jaunes qu'il ne s'y prendrait pas autrement ?

mercredi 22 mai 2019

Européennes : en se jetant dans la mêlée, Macron s'expose à un mauvais coup !

Le chef de l'Etat s'ingère inutilement dans la campagne par le biais d'un entretien avec la presse régionale

Ses propos n'apportent rien : ils sont nuls et non-avenus

Le président est nu : est-ce de l'exhib ?

La peur de l'Elysée grandissant alors que l'échéance approche, Macron a imposé à la presse quotidienne régionale un entretien à huis-clos et non désiré: deux journaux lui ont posé un lapin, crime de lèse-majesté...

Son interventionnisme a en effet scandalisé les démocrates et les comparaisons anciennes de l'Elysée avec tel ou tel prédécesseur n'ont fait qu'abattre de nouvelles pierres du "monde nouveau" qu'il annonce depuis plus de deux années. Il n'a en effet réussi qu'à détruire ses efforts de construction d'un "référendum pro-Macron" : des heures durant, sur les chaînes d'information plus que jamais en continu, on a vu le maçon au pied du mur pendant toutes ces semaines de "grand" débat national, en réplique au mouvement historique des Gilets jaunes contre sa politique sociale autoritaire - depuis la réforme imposée du Code du Travail en passant par la réforme du statut des cheminots et le blocage des pensions de retraite de ses aînés -, pour un bilan annoncé de "référendum anti-Macron" à l'occasion rêvée de ces élections européennes. 
Dans la semaine du scrutin, le chef de l'Etat a craqué, imposant, lundi après-midi, un entretien à la presse quotidienne régionale. Il a ainsi cherché à peser sur les consciences politiques de pas moins de 41 millions de lecteurs mensuels, sur 51 . En 2012, 37 % des Français , essentiellement des adultes en âge de voter, lisaient au moins un titre de presse quotidienne régionale. Et en 2000, une étude de l’INSEE montrait que plus de la moitié des 70 ans (et plus) lisaient au moins deux fois par semaine un quotidien régional, contre moins d’un quart chez les moins de trente ans. Ainsi a-t-il cyniquement tenté de récupérer le vote de ceux et celles dont il a gelé le point d'indice de calcul de leurs retraites, lesquelles ne leur assurent plus le pouvoir d'achat auquel ils ont travaillé à construire toute leur vie de salariés.
Parce qu'un journal peut prendre parti pour un candidat, ce que ne peut pas faire une télévision nationale (la presse écrite n’est pas tenue par les règles imposées aux radios et chaînes télé, notamment le décompte du temps de parole), le président sans limites a fait violence à certains organes de presse et à peu de frais. Transformer un lectorat en électorat n'est donné à aucun des rivaux de LREM. c'est en quoi la démarche du président est une atteinte à la démocratie. 
Ils sont venus; ils étaient presque tous là, "libres et indépendants"! Sont coupables de soumission au pouvoir macronien : le groupe SIPA - Ouest-France, propriété de l'Association pour le soutien des principes de la démocratie humaniste (ASPDH), ça ne s'invente pas !, le groupe EBRA (Les Dernières Nouvelles d'Alsace, DNA, ou Le Dauphiné libéré dont l'éditorial annonce : "Le libre journal des hommes libres"..., ce qu'il ne démontre pas, à la différence de l'Est républicain, du même groupe, pourtant), de même que dans la famille Rossel, la Voix du Nord fait de la résistance, tandis que Le Courrier picard ou La Montagne se couche), le groupe La Dépêche du Midi, propriété de la famille Baylet, des radicaux de gauche, qui possède Le Midi libre, sans compter le Groupe Sud Ouest (famille Lemoîne, de Charente libre à La République des Pyrénées, en passant par Bordeaux). Cerises sur le gâteau, La Provence de Bernard Tapie s'est déplacé, tandis que le groupe Macron-compatible Nice-Matin ne s'est pas fait prier et que le journal communiste La Marseillaise a accouru quand l'Elysée l'a sifflé). 
L'entretien a été relu par l'Elysée, seuls les quotidiens La Voix du Nord et Le Télégramme ont refusé cette humiliation. De fait, les réponses de Macron sentent le lissage postérieur par les "spin doctors", les réponses sont argumentées, mais convenues. On ne retrouve pas la créativité lexicale dont le président est coutumier ni son talent pour la joute. À vouloir trop polir les aspérités de son discours, l'interview en devient un peu ennuyeuse...

Macron n'hésite pas à fausser cette élection

"Le président français n'est pas un chef de parti", admet-il, tendant les verges pour se faire battre, ajoutant "en même temps" estimer "normal qu'il s'implique dans des choix fondamentaux"! Une fois de plus, bien que le scrutin ne mobilise toujours pas les Français, il le dramatise en enjeu vital pour la construction européenne, comme si le 26 mai au soir, l'Union européenne allait s'arrêter du jour au lendemain, submergée par la vague populiste que le cynique a lui-même propulsée. 

Ce débat réducteur qu'il a monté en duel "progressistes versus nationalistes" ne reflète pas la réalité de la carte politique européenne. Il en est une composante - nouvelle et isolée, faute d'alliés établis, et donc fragile - car les eurosceptiques peuvent atteindre 25 % des sièges du Parlement européen, mais la matrice du débat européen repose tout de même sur bien d'autres ressorts, dont le clivage traditionnel centre droit/centre gauche qui a disparu en France, mais survit ailleurs en Europe et dans bien des pays.

"Moi ou le chaos en Europe" : 

une stratégie aussi éculée peut-elle encore faire recette ?

Pour sauver sa mise, Macron se présente en boxeur groggy et velléitaire à qui il tarderait, 
avec ses petits bras trop courts, de rendre les coups reçus des 'populistes', non pas dans un face-à-face viril, mais dans un meeting organisé par lui, avec une presse subventionnée souvent endettée. Maître dans l'art du double-jeu, il feint de constater que "toutes les autres listes en font un référendum contre le président de la République et le gouvernement. Il ne s'agirait pas que je sois le seul à ne pas pouvoir prendre la parole", a gémi Jupiter. En fait, refaisant les combats douteux de Mitterrand, puis Hollande, il n'a jamais cessé de doper le Rassemblement national pour mieux apparaître en recours et faire obstacle au "serpent qu'il a réchauffé dans son sein" en défendant des idées qu'il partage pourtant avec bien d'autres en France. 

Personne n'a oublié qu'il a rédigé une lettre aux Européens (diffusée dans tous les pays de l'UE) avant l'ouverture officielle de la campagne (dès mars) et qui a indiqué à (très) grands traits ce que serait le programme des candidats de la liste "Renaissance". Les membres de sa liste  - et les Français - n'ont pas pu avoir connaissance de son programme réel avant le lundi 20 mai, il y a trois jours, moins d'une semaine avant le scrutin du 26 : combattre à armes égales lui pose problème !

La semaine dernière encore, il méprisait tout ce qui n'est pas RN, caricaturant le bilan du Rassemblement national - jusqu'à aujourd'hui isolé et diabolisé - au Parlement européen. "Sur tout un tas de sujets, leur bilan est une catastrophe pour le pays et pour l'Europe, lançait ce parvenu du monde politique, vendredi 17 mai. (...) On a plus parlé de lui pour des affaires d'assistants que pour des réussites politiques," a polémiqué celui dont on attend qu'il soit le président de tous les Français. Marine Le Pen répondit à l'agression, réclamant que l'engagement personnel du chef de l'Etat dans la campagne des européennes s'accompagne de son départ en cas de défaite... Elle omettait de demander la déduction de ses prestations du temps de parole de son mouvement dans les débats télévisés à venir... 
Pendant qu'on mélange tout, le référendum, le plébiscite, les européennes, on ne parle ni de bilan des macroniens au pouvoir, ni de programmes. Macron a plongé ses rivaux dans le chaos démocratique qu'il prétend éviter.

Une certaine presse diffuse son message de connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers.
Pour redynamiser sa liste avec les moyens de la présidence, le chef de parti tente de reprendre la direction des opérations en déclarant à la presse régionale : "La question de ces élections européennes est simple : voulons-nous la division face aux Etats-Unis et à la Chine ou préférons-nous l'unité pour bâtir notre avenir européen  ?" La "pensée complexe" du quadragénaire se révèle binaire et manichéenne : est-elle susceptible de renverser les tables et ré-enchanter l'Europe?  "Je vois pour la première fois une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers, dont l'objectif est le démantèlement de l'Europe, martèle Macron. Est-il meilleur en diseur de mauvaise aventure que Loiseau en "romanichelle" ?

Macron profite de cet entretien forcé digne des années 20 pour adresser un message aux nombreux abstentionnistes. Il ne les menace pas du goulag, rassurons-nous. Comme en 2014, les sondeurs indiquent en effet que la participation sera aussi faible (aux alentours de 40 %). "Quand il y a de l'abstention, c'est un échec pour la démocratie, souligne le président par défaut. Il y a un paradoxe : on a passé des mois à dire qu'il fallait redonner de la vigueur à notre démocratie [qui est "on"? Macron n'en est manifestement pas pas, lui qui a fait passer en force sa Loi Travail en court-circuitant la représentation nationale] et l'on considérerait qu'il n'est pas important d'aller voter  ? [Quel parti rival a dit ça ?] Décider de ne pas aller voter, c'est décider de donner sa voix à ceux qui ne veulent que détruire," estime le Macron subjectif et caricatural.

Macron arrive au bout du non-raisonnement
Pour le reste du programme de sa liste, rien de neuf qui rachèterait le début: l'espoir de Renaissance s'arrête là. Nathalie Loiseau et ses colistiers, mais plutôt les proches de l'Elysée, développent leurs attaques dans tous les media et aucun ne contribue mieux que l'autre à l'éclairage des "illettrés", "mafieux" et alcooliques" ou autres porteurs de la "peste brune". 
Même quand l'agitateur du spectre des années 1930 affirme qu'Edouard Philippe ne sera pas démis de ses fonctions en cas de mauvais résultat dimanche, éventualité qu'il n'exclut pas, Macron oublie ce qu'a déclaré Manu. Une part du Dr Jekyll et Mr Hyde avait dit, notamment au Point, que le premier ministre serait à Matignon "pour cinq ans", mais ça, c'était en août 2018. Or, pendant la campagne présidentielle, le candidat assurait que le gouvernement, donc l'Edouard, serait renouvelé à mi-mandat. Le praticien du "en même temps" se considérait comme le "maître des horloges", le seul responsable. Au four et au moulin, toujours au travail, du matin au soir, quand il n'est pas aux sports d'hiver pour oxygéner la sexagénaire, alors que les LBD 40 éclatent des yeux de manifestants en colère... Les 80 kilomètres-heure, c'est lui (et non Philippe). Le grand débat, c'est lui. Les européennes, c'est lui. L'Etat, c'est lui.
Dimanche, le grand remplacement, c'est pour lui ?

dimanche 19 mai 2019

1989-2019 : quand Nathalie Loiseau (LREM) fut candidate sur une liste opposée à Simone Veil


Aujourd'hui, un fils Veil s'affiche sur la liste conduite par Loiseau

Jean Veil est 78e, et avant dernier, sur la liste présidentielle conduite par Loiseau

S'est-il laissé circonvenir ?

Ce fils de Simone Veil est l'avocat de 71 ans qui a assuré la défense de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire de la MNEF, la Société générale contre Jérôme Kerviel et dans l'affaire des Panama Papers, Jérôme Cahuzac, Didier Lombard, ancien dirigeant de France Télécom, poursuivi pour "harcèlement moral", ou David Hallyday. 
Simone Veil décédée le 30 juin 2017 a-t-elle pu mettre en garde son fils contre Macron ? Toujours est-il qu'à peine est-elle partie, il passe l'éponge sur l'irrespect d'une proche de Macron, sa chargée des relations presse à l'Elysée, la grossière Sibeth Ndiaye, qui avait confirmé le décès en ces termes : "Yes, la meuf est dead". De la très folklorique Sibeth, Macron a même fait la secrétaire d'Etat auprès du premier ministre chargée du porte-parolat du gouvernement...Résultats de recherche


Or, Nathalie Loiseau était, de surcroît, sur une liste aux Européennes concurrente de Simone Veil en 1989.

L’ancienne ministre des Affaires européennes de Macron et tête de la liste 'Renaissance' aux européennes, Nathalie Loiseau (LREM), qui se réclame régulièrement de Simone Veil, a fait partie d’une liste concurrente de l’ex-académicienne en 1989.
Fin mars, le Huffington Post a révélé qu'aux européennes de 1989, Nathalie Loiseau - Nathalie Ducoulombier de son nom de jeune fille - avait été 49e sur la liste fédéraliste intitulée "Initiative pour une démocratie européenne" menée par le politologue Franck Biancheri qui présida Newropeans, un parti politique européen d'inspiration supranationale. La liste était arrivée dernière du scrutin, avec 0,17% des voix (quelque 31.000 votes), derrière la liste de Jacques Cheminade. Au HuffPost, elle raconte que l’aventure a été menée "avec zéro sou mais l’ardeur de la jeunesse". Elle s'était déclarée âgée de 24 ans, mais en avait 25. Son rival RN en 2019, Jordan Bardela, est tête de liste à 23 ans. 

Candidat aux élections européennes 2019 sur la liste du Rassemblement national, Thierry Mariani a enfoncé le clou dans un tweet du 10 mai 2019:
"Nathalie Loiseau ne cesse de se réclamer de Simone Veil et essaie de faire une opération de récupération indécente. Mais Nathalie Loiseau était candidate dans une liste opposée à Simone Veil en 1989. C’est vraiment du foutage de gueule à grande échelle !!!!". 

La tête de liste LREM, intitulée 'Renaissance' aux  élections européennes du 26 mai, était effectivement candidate aux élections européennes de 1989 sur la liste "Initiative pour une démocratie européenne", un intitulé suggérant que l'Union européenne n'est effectivement pas démocratique. Cette liste I.D.E. avait tenté de rivaliser avec celle - "Le centre pour l’Europe" (CDS, membre de l'UDF) - sur laquelle Simone Veil avait été réélue députée européenne, avec 8,43 % des suffrages.

L’hebdomadaire 'Valeurs Actuelles' est lui aussi revenu sur l’info, précisant fin avril que l’une de ses colistières de l’époque, à la 72e position était Elisabeth Lévy. La journaliste et directrice du magazine 'Causeur' explique : "Je n’ai aucun souvenir d’une campagne, ni des autres personnes sur cette liste. Mais mon erreur de jeunesse à moi, c’est d’avoir été européiste" (europhile), allusion à l’appartenance en 1984 de Nathalie Loiseau à la liste étudiante du GUD, organisation étudiante d'extrême droite des années 1970.

vendredi 10 mai 2019

Européennes : Macron et la bande à Loiseau se retrouvent dans un restaurant de luxe parisien

Macron avait tenu secrète sa visite aux candidats LREM désemparés par les bourdes de Loiseau

A moins de vingt jours d’un scrutin difficile, le chef de l’Etat a officialisé sa prise de pouvoir sur la liste

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Déjà connu pour son mépris des Gilets jaunes, le président de la République a rejoint ses candidats dans un restaurant parisien ultra-chic, s'affichant désormais clairement en chef de parti. Le nouveau monde de Macron ? 
En prenant la relève de Nathalie Loiseau, Macron part au combat contre les 33 autres listes et leurs électeurs.

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Scène du théâtre macronien aux Européennes 2019

Cette participation à la campagne des élections européennes est la première, mais non la dernière. A l’heure où l’ensemble du gouvernement et de la majorité s'agite fébrilement pour mobiliser l’électorat macronien en vue du scrutin du 26 mai, les candidats de la liste du président ont eu la surprise de voir apparaître l'ex-banquier, mardi soir, volant la vedette à Nathalie Loiseau, laquelle n'a pas dissimulé son irritation.
Pour cet entre-soi, les gens du Palais qui tirent les ficelles de la marionnette Loiseau avaient choisi un lieu que les "bénéficiaires" des mesures Macron consécutives au mouvement social des Gilets jaunes ne risquent pas de fréquenter jamais. Les stratèges déconnectés de la vraie vie et de la campagne avaient choisi un restaurant tendance aux murs de marbre - "bourgeois, gastronome, dandy et arty" à la fois - du Palais de Tokyo, donnant sur la tour Eiffel, "Monsieur Bleu", dans le 16e arrondissement de Paris.
Il y a un an presque jour pour jour, le 5 mai 2018? Le Palais de Tokyo a accueilli une visite naturiste gratuite pour découvrir l'exposition 'Discorde, fille de nuit', une initiative inédite lancée par l'Association des naturistes de Paris (ANP). Seulement 161 personnes avaient pu obtenir une place et se pavaner dans les allées, qui, pour l'occasion, avaient déjà été fermées au public. Les visiteurs sont entrés par une porte dérobée et se sont déshabillés une fois à l'intérieur. Vigiles et guides, eux, ont gardé leurs vêtements.
C'est sur cet énorme site dédié à la création contemporaine, le plus grand d’Europe, que s’est installé 'Monsieur bleu'. Après un appel d’offre où s’étaient positionnés plusieurs acteurs importants du secteur et même un grand chef français, c’est finalement Gille Malafosse, déjà propriétaire du Flandrin et du Pétrus, les deux dans le 16e arrondissement, et Laurent de Gourcuff, roi des nuits parisiennes (fondateur du Groupe Noctis, société spécialisée dans l'événementiel et propriétaire de 24 établissements, dont une douzaine de boîtes de nuit, dont Castel, avec 2 associés, son petit frère et Jennifer Johns, une ancienne banquière d’affaires de chez ...Rothschild : suivez mon regard !), qui obtiendront l’emplacement si convoité face à la Seine et à la vue imprenable sur la Tour Eiffel.

Un lieu qui "porte chance", rappelle un "stratège" anonyme, puisque c’est là, en février 2017, qu’Emmanuel Macron avait scellé son alliance avec François Bayrou, MoDem, un autre amateur de lieux d'exception où ils ne risquent pas de croiser "les gens" au nom desquels ils parlent si volontiers.

MONSIEUR BLEU - MEZZANINE 8 copie

Un symbole personnel, donc, au moment où la campagne de La République en marche "a besoin de reprendre le sprint à zéro", selon un membre de l’équipe 'Renaissance' qui croyait rompre avec l'"Age sombre" du Moyen-Age, n'imaginant pas que Loiseau et ses 30 semblables connus l'y replongeraient. Le chef de l’Etat a échangé pendant près d’une heure trente avec ses affidés, réunis, comme chaque semaine, en comité politique. Emmanuel Macron a pris place entre sa tête de liste Nathalie Loiseau et le numéro 2, l’écologiste Pascal Canfin, tout juste rentré d'une semaine de vacances... 

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"C’est notre affaire à tous. La question est simple: c’est stop ou encore", a résumé Emmanuel Macron. Les chefs de partis de la majorité, Stanislas Guerini (LREM), François Bayrou (MoDem), Franck Riester (Agir) et Laurent Hénart (Mouvement radical) ont ainsi dû encaisser ce coup de semonce.  Après les avoir tous les remerciés pour leur "mobilisation" - bien qu'insuffisante - le président de la République a en effet confirmé qu’il ne les lâcherait pas d'une semelle. 
Et Macron de décliner les trois axes prioritaires, à savoir la biodiversité et le climat, la protection et les frontières, le modèle économique et social.
"Il faut remettre du positif, de la bienveillance et de l’envie, a-t-il exigé. On doit démontrer la cohérence et continuer à expliquer l’enjeu aux Français" ( Emmanuel Macron)
Une occasion aussi pour lui de jouer les directeurs de campagne.

Macron a fait passer quelques messages et adressé ses consignes entre la poire et le fromage...
"Il faut remettre du positif, de la bienveillance et de l’envie, a-t-il exigé des autres. On doit démontrer la cohérence et continuer à expliquer l’enjeu aux Français". En creux, la campagne LREM est négative, malveillante, rébarbative et incohérente...

VOIR et ENTENDRE les perles alignées lors de la présentation des premiers membres de la liste LREM par Stéphane Séjourné, imbécile heureux qui sert de directeur de campagne (un montage, certes, mais sans 'infox') :

Ce type, un ancien militant PS et UNEF, était conseiller parlementaire de Macron au ministère de l'Economie. Jupiter aurait pu se débarrasser de Pollux, son fils de 28 ans, en accédant à l'Elysée, mais il l'a gardé... En juillet 2017, L'Opinion l'identifiait comme "l'un des trois principaux conseillers d'Emmanuel Macron à l'Elysée, aux côtés d'Alexis Kohler, secrétaire général, et d'Ismaël Emelien, conseiller spécial" et, depuis l'affaire Benalla, on sait quel désordre ils ont mis au Château. Pour tout dire, Séjourné appartient à la bande Sacha Houlié, Pierre Person, Aurélien Taché et Guillaume Chiche et Macron arrive à faire avec ! En octobre 2018, l'avocat Juan Branco fait mention de la relation de Gabriel Attal avec Stéphane Séjourné, avec lequel il est pacsé.
De Attal, secrétaire d'Etat à la ...jeunesse, Branco écrit:"Lointaines paraissent alors les années lors desquelles le jeune garçon parsemait les réseaux sociaux de messages outranciers et insultants, fleurant bon l’extrême-droite et la misogynie la plus crasse, incendiant la majorité socialiste à Paris et ses dirigeants. Gabriel Attal, 23 ans, est, par effets de proximités successives, soudain doté d’un salaire qui le propulse parmi les 5% les plus favorisés du pays [près de six mille euros par mois], doté de deux secrétaires, d’un chef gastronomique, de voitures de fonction, et peut même se permettre de passer un arrangement avec la direction de SciencesPo pour obtenir sa diplomation. L’affaire, théoriquement exceptionnelle, lui permet d’obtenir son master l’année suivante sans avoir redoublé, grâce notamment à une validation d’acquis. Discret mais habituel, ce genre d’accords permet à l’institution de couver ceux qui auront le surlendemain à en avoir la tutelle, et ainsi d’en prolonger la domination."

Et de préciser à propos de Pollux, 28 ans, fils de Jupiter: "La mort de son père libère Attal d’une tutelle oppressante et lui permet d’officialiser sa relation avec Stéphane Séjourné (conseiller politique d’Emmanuel Macron), par le truchement d’un PACS qui scelle l’alliance de deux capitaux."
"C’était un moment de joie, de mobilisation bien sûr", a raconté Nathalie Loiseau après s'être fait souffler dans les bronches. L'ex-ministre prit d'ailleurs fort mal les remontrances.

Au moment où la liste du RN devance celle président dans les sondages, Macron a déploré que son électorat soit moins mobilisé que celui de Marine Le Pen. 
De la liste LR magistralement menée par François-Xavier Bellamy il nie la progression, la qualifiant de "chorégraphie", faute de pouvoir la diaboliser : ce n'est pas une façon de lui chauffer les fesses qui lui convient. 

Après un tour de table, le chef de l’Etat s’est éclipsé par une sortie dérobée, pour rejoindre l’Élysée où il devait poursuivre la discussion avec les responsables de la majorité pour un dîner consacré au scrutin du 26 mai. "C’était une ambiance à la fois volontaire et grave", a conté François Bayrou, l'allié qui a besoin d'élus pour sortir de l'ornière les finances du MoDem. "Il a voulu montrer qu’il était présent, mais sans s’afficher", souligne l’un des convives, anonyme et insignifiant, un ravi repu.


Envisagée plusieurs fois depuis le début de la campagne, l'idée de rencontres "barbecue-merguez au rond-point" a dû être abandonnée

Un nouveau format a donc été adopté.
Parce que le locataire de l'Elysée ne peut plus sortir que sous haute protection de plusieurs rangs de gardes du corps, de nuit et en milieu sûr et confiné, cette première rencontre a été organisée dans le plus grand secret par la direction de campagne et l’Elysée. 

Image associéeL’engagement personnel du chef de l’Etat doit permettre de relancer une campagne poussive, plombée par une tête de liste devenue tête de turc à force de vannes méchantes et de bourdes plus grosses qu'elle. Elle partait avec le handicap de son charisme de bonnet de nuit et son absence de programme. 
L'Elysée n'a pas remis son programme à la liste “Renaissance” avant le mercredi 8 mai, quand elle a mis en ligne son projet pour reprendre “en main le destin de l’Europe”, soit vingt-quatre heures avant la présentation officielle, et pour l'entrée en lice de Macron. Edouard Philippe et le gouvernement étaient alors sommés de mettre les mains dans le cambouis de la campagne électorale pour sauver le soldat Nathalie Loiseau en perte de vitesse dans les sondages. Ce programme doit avoir la vertu d’endiguer les critiques en amateurisme faite à la liste LREM, longtemps accusée de retarder la présentation de ses propositions pour désarmer ses opposants.
Contrairement à ce qui avait été envisagé, Macron devrait privilégier une expression dans la presse plutôt qu’une intervention dans un meeting, pour des raisons de sécurité. C'est d'ailleurs à l'étranger, en Roumanie, qu'il est allé prendre la parole  sur le sujet de la biodiversité et du changement climatique...

Alors qu’il s'est arrogé l'exclusivité de l’engagement pro-européen, le président  sait qu'en faisant des Européennes en France un référendum personnel sur sa personne et sa politique, son quinquennat peut chavirer dans les urnes, d'un coup, le 26 mai.