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lundi 5 novembre 2018

Nouvelle-Calédonie : l'indépendance, c'est non dans les urnes

Les Calédoniens choisissent par référendum de laisser flotter le drapeau tricolore

Les résultats du référendum sur l'autodétermination sont clairs et nets.


La victoire du "'Non" est plus modeste qu'annoncée par les sondages et les partisans du Oui en tirent des conclusions. 56,4% des électeurs ont préféré rester Français, mais ils font un pas vers les indépendantistes. "Il faudra qu'on tende la main à ceux qui ont perdu, parce que nous respectons le combat qui est le leur", expliquent les vainqueurs par la voix de Sonia Backès, présidente du groupe Les Républicains calédoniens.
Depuis l'Élysée, Emmanuel Macron appelle d'ailleurs aussi au dialogue entre toutes les parties.

Référendum : les Calédoniens disent "non" à l'indépendance
Les militants indépendantistes donnent en revanche l'impression d'avoir gagné. Ce n'est pas le cas, mais s'ils ont perdu cette bataille, ils n'ont pas perdu la guerre.
Les accords de Nouméa prévoient en effet l'organisation d'autres référendums, alors les indépendantistes donnent rendez-vous au prochain scrutin. 

Avec une participation exceptionnelle de plus de 80% des électeurs, ce scrutin marquera quoiqu'il arrive l'avenir de la Nouvelle-Calédonie.

Macron devra gérer la "lèpre nationaliste" dans les territoires français

"Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur," a déjà conclu le président autonomiste du Conseil exécutif de Corse, Gilles Simeoni, qui "prend acte du résultat démocratique" en Nouvelle-Calédonie, mais ajoute que "les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu".

franceinfo :
Que pensez-vous des résultats de ce référendum ?

Gilles Simeoni : Je pense qu'il faut prendre acte du résultat démocratique, qui intervient au terme d'un processus qui a été validé par toutes les parties. Un résultat qui a toute sa légitimité. J'ai une pensée pour celles et ceux qui ont eu le courage il y a 30 ans de choisir le chemin de paix. Je pense notamment à Michel Rocard, à Jean-Marie Tjibaou à Jacques Lafleur et dix ans après à Lionel Jospin. Maintenant, que faire avec ce résultat ? Parce que l'écart est beaucoup plus mince que ce qui avait été annoncé.

On se rend compte, si on affine un peu la lecture, que les Kanaks représentent environ 40% de la population totale de la Nouvelle-Calédonie, cela veut dire que la quasi-totalité des Kanaks a voté en faveur de l'indépendance. Ce que démontrent ce résultat et la réalité de l'état actuel de la société en Kanaky [Siméoni va un peu vite en besogne : ce terme désigne la Nouvelle Calédonie, et c'est le nom du futur Etat indépendant rêvé par le Front de libération nationale kanak et socialiste, FLNKS], c'est que les mécanismes d'aliénation coloniale n'ont pas disparu. Je pense notamment aux disparités économiques et sociales, en matière d'éducation. Le combat du peuple kanak va continuer. Les Corses, celles et ceux qui partagent nos idées, sommes solidaires de ce peuple.

Que doit-on faire et de quelle manière pour garantir le respect de la dignité du peuple kanak et de toutes les composantes de la Nouvelle-Calédonie ?

Dans le discours du président Emmanuel Macron, pas une fois il n'a cité le peuple kanak. Je pense que c'est une omission qui est regrettable. Il suffit de voir les statistiques, notamment le taux de jeunes qui accède à l'enseignement supérieur, je crois que c'est 4% sur les dernières statistiques. On disait que les jeunes Kanaks allaient se désintéresser de ce scrutin et manifestement ils s'y sont largement investis pour revendiquer leur fierté d'appartenir à ce peuple. Les Kanaks, très majoritairement, ont envie de construire ce pays qui est le leur.

On est dans une logique de paix et pas dans une logique d'hostilité, de rejet, mais simplement d'affirmation de la dignité de ce peuple, des prises en compte d'une histoire qui a été injuste, qui a été une histoire coloniale. Il y a aussi la volonté de redéfinir librement le rapport à la France et à la République. L'indépendance ne peut se concevoir en 2018 comme elle pouvait se concevoir dans les années 50.

La Nouvelle-Calédonie est la collectivité la plus autonome de France avec des pouvoirs régaliens, notamment sur les programmes scolaires. Cela explique-t-il le choix exprimé aujourd'hui ?

Je dirais, avec un petit sourire, souvent lorsqu'on revendique pour la Corse l'autonomie, on dit que l'autonomie, c'est l'antichambre de l'indépendance. Or, je note qu'en Nouvelle-Calédonie, il y a une autonomie très large et pour autant les électeurs n'ont pas choisi l'indépendance

La situation corse et la situation en Nouvelle-Calédonie ne sont pas identiques, même si il y a des traits de similarité entre les deux peuples et un grand respect. En ce qui concerna la Corse, une très large autonomie comme celle que connaissent actuellement les Kanaks nous suffirait largement, mais la situation n'est pas la même. Nous allons continuer, nous aussi de façon démocratique, pour faire prendre en compte ces attentes. 


jeudi 18 janvier 2018

Catalogne: le parti nationaliste de Carles Puigdemont s'est financé illégalement

Le parti nationaliste catalan s'est mis dans l'illégalité

Carles Puigdemont aurait perçu 6,6 millions d’euros d’un groupe de BTP et services 

Résultat de recherche d'images pour "Carles Puigdemont Manuel Valls"Les déboires des indépendantistes de 'Convergence démocratique de Catalogne'  (CDC) ne sont pas terminés. Dans une décision publiée ce lundi, un tribunal de Barcelone a des preuves que le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne, Carles Puigdemont et Artur Mas, s’était financé illégalement. 

Résultat de recherche d'images pour "Palais de la musique catalane"
Palais de la musique de Barcelone
D’après la justice, CDC aurait conclu un deal "en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics"… lui garantissant au moins 6,6 millions d’euros du groupe espagnol de BTP et services Ferrovial. Une commission de 4 % avait été négociée sur le total des marchés publics obtenus. 
En février 2015, l’entreprise de transports Meridiam signa un contrat de concession réunissant les ports de Boulogne-sur-Mer et Calais et comprenant le projet Calais Port 2015, dans le cadre du plan Juncker, et bénéficia de la participation de la Banque européenne d’investissement (BPI), à hauteur de 30 millions d’euros.
En décembre 2015,
Ferrovial s'allia avec le français Meridiam pour répondre à l'appel d'offres sur les aéroports de Nice-Côte d'Azur et de Lyon-Saint-Exupéry.
Résultat de recherche d'images pour "Palais de la musique catalane"Le parti prenait 2,5 % et les dirigeants du Palais de la musique de Barcelone le reste. Les fonds transitaient, en effet, par cette prestigieuse institution culturelle (photo ci-dessus) dont les responsables ont déjà été condamnés à une peine de prison pour avoir détourné 23 millions d’euros entre 2000 et 2009. 

Le parti indépendantiste catalan va devoir rendre l'argent.

Résultat de recherche d'images pour "PDeCAT"
Le parti qui s’appelle désormais le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) va finalement devoir rembourser ces 6,6 millions d’euros. L’ancien trésorier, Daniel Osacar, a été condamné à quatre ans et demi de prison.

Cette décision de justice intervient deux jours avant la constitution du nouveau parlement catalan, où les indépendantistes ont à nouveau obtenu la majorité absolue (seulement en sièges) aux élections régionales anticipées du 21 décembre. 
Mais le parti est en difficulté pour former un gouvernement, car l’ex-président régional, Carles Puigdemont, préfère fuir la justice espagnole et reste réfugié en Belgique: il ne peut pas revenir en Espagne où il est accusé de rébellion, sédition et détournement de fonds…

samedi 28 octobre 2017

Indépendance de la Catalogne : les indépendantistes corses applaudissent

La classe politique française, partagée sur le respect du droit et des institutions

Le président de la République française s'est montré très légaliste 

Indépendance de la Catalogne : la classe politique française divisée

Depuis la Guyane insurrectionnellesuite à la proclamation d'indépendance de la Catalogne, il a affirmé que son seul interlocuteur restait Madrid après la proclamation de l'indépendance de la Catalogne, les élu-e-s français ont une appréciation variable du respect de la loi et des institutions.

Le président de l'Assemblée de Corse, dirigeant de Corsica Liberamouvement indépendantiste, Jean-Guy Talamoni a salué la "naissance de la République de Catalogne" vendredi dans un communiqué publié sur son compte Twitter. 


Les présidents indépendantiste et autonomiste corses posent devant l'emblème du Pays basque 
Dirigeant de Corsica Libera, cet élu de Corse en a appelé à "tous les démocrates européens" qui,"doivent soutenir un peuple qui ne demande qu'à exercer librement ses droits naturels et inaliénables,selon lui.

"C'est une illusion"

L'ancien premier ministre Manuel Valls estime que l'indépendance proclamée vendredi repose sur des fausses promesses enracinées depuis de nombreuses années dans la population. "La société catalane est très divisée. Elle a été travaillée pendant plusieurs années par les mouvements indépendantistes", rappelle le natif de Barcelone au micro d'Europe 1. Catalan français de fraîche date, puisqu'il n'a pas demandé sa naturalisation avant 1982, à l'âge de 20 ans, il n'évoque pas l'impact de l'endoctrinement scolaire.

"Il y a des gens à qui on a fait croire que l'indépendance était possible, sans conséquences, qu'on pouvait sortir de l'Espagne en restant membre de l'UE et de la zone euro, que les entreprises locales resteraient et que d'autres viendraient même s'installer en Catalogne. C'est une illusion", dénonce encore ce "sécessionniste" du Parti socialiste qui, en juin 2017, a sollicité son adhésion au groupe présidentiel (LREM) à l'Assemblée nationale,  où il a un strapontin d'apparenté.

"Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique"

L'Andalouse Anne Hidalgo évoque, de son côté, une décision "dangereuse" pour la Catalogne, pour l'Espagne et pour l'Union européenne : "Franchement, est-ce qu'aujourd'hui le problème des Catalans et des Espagnols est vraiment l'indépendance, le séparatisme, alors qu'il y a des problèmes majeurs qui doivent amener l'Europe et les pays européens à être unis ?".

Sans afficher de soutien total au gouvernement Rajoy, Anne Hidalgo appelle  à une reprise du dialogue entre les deux camps : "Il faut retrouver le chemin d'un dialogue politique, institutionnel, dans le respect du droit, qui doit se faire dans le cadre des institutions démocratiques espagnoles qui font toute sa place, aujourd'hui, à la représentation de la Catalogne".

La forfaiture catalane

"Tous ceux qui souhaitent une issue pacifique et démocratique ne peuvent que s'alarmer de la situation de ce soir. La Catalogne espagnole doit-elle être indépendante ou pas ? C'est au peuple espagnol de le dire. C'est à eux de trouver leur point d'équilibre", estime de son côté Jean-Luc Mélenchon.


Lors de la manifestation indépendantiste catalane du 11 septembre dernier,  l’organisation Arran (membre de La Cup, 10 députés d'extrême gauche indépendantiste au parlement catalan, qualifiée d'ultra-gauche, pour la stigmatiser en la situant plus à gauche que Podemos), a brûlé un drapeau français, espagnol et européen. Comme déjà lors de la Diada de 2016, impunément. Une action qui a scandalisé la députée LREM des Français de l'étranger, Samantha Cazebonne.

Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup  accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone.


Anti-Union européenne dont elle fustige l'ultra-libéralisme, la Cup accuse la France et l'Espagne de "coloniser les pays catalans" de Perpignan à Tarragone. La Franche-Comté et la Gagaouzie ?

A suivre, Ensemble pour le oui (en catalan : Junts pel Sí), une coalition politique indépendantiste catalane formée de l'ERC (Gauche républicaine de Catalogne) qui réintégra le gouvernement de Catalogne à l'occasion de la victoire indépendantiste de 2015, Convergence démocratique de Catalogne (CDC, mouillé dans une affaire de pots-de-vin versés en échange de l'attribution de travaux publics), Démocrates de Catalogne (DC, aucun siège en 2016) et Mouvement des gauches (MES, issu du PS espagnol), ainsi que de groupuscules Assemblée nationale catalane, Òmnium Cultural et Association de communes pour l'indépendance en vue des élections régionales de 2015 en Catalogne.

Conseiller municipal de Perpignan, dernière grande ville catalan de France avant la frontière espagnole, Louis Aliot, député FN des Pyrénées-Orientales s'est dit assez "inquiet pour la paix civile". 
Sur France Info, il qualifie le référendum de "totalement irresponsable", chiffres à l'appui : "c'est quand même 90% de 46% de votants, paraît-il, sans aucun contrôle, ni quoi que ce soit. Et cet après-midi, le vote du Parlement, c'est quand même 70 pour, 10 contre, sur 135 élus, c'est-à-dire c'est un vote minoritaire. En droit, on appelle cela une forfaiture".
Quand Talamoni s'afficha devant le drapeau indépendantiste kanak

Trois drapeaux se disputent l'occupation des rues catalanes. 
Quatre bandes rouges sur un fond or, drapeau officiel catalan (la senyera), parfois accompagnées d’un triangle rouge (volonté de création d’un Etat indépendant communiste ou socialiste), ou bleu (fusion de la senyera et du drapeau de ...Cuba !). Il n’est pas toujours simple de s’y retrouver : les drapeaux nationaux sont des symboles conventionnels qui représentent des pays à l' intérieur comme à l’extérieur. Mais, dans les états pluriethniques, d’autres drapeaux peuvent apparaître et deviennent à leur tour des symboles distinctifs, plus ou moins utilisés, selon l’intérêt du groupe à revendiquer son identité comme distincte.
Pourquoi les quatre bandes rouges ? 
Selon la légende, l’origine des couleurs rouge et jaune remonte au roi Charles II le Chauve (IXe siècle). Il aurait rendu visite à Guifred le Velu, premier Comte de Catalogne, à l’agonie après un duel. Charles II lui aurait demandé ce qu’il désirait. Le mourant a alors affirmé vouloir l’unification pour son peuple. Charles le Chauve aurait trempé ses doigts dans la plaie de Guifred et laissé quatre bandes verticales ensanglantées sur un bouclier doré, donnant ainsi une armoirie à la Maison d’Aragon. Plusieurs versions de la légende circulent, mais toutes conservent l’idée de sacrifice et de richesse transmise par ces couleurs solaires. Un motif supplémentaire de griefs contre la France...

mardi 24 octobre 2017

Elections territoriales : les nationalistes corses s'unissent pour obtenir l'autonomie

Après le Brexit et la Catalogne, la Corse. Et la Nouvelle Calédonie et la Guyane ?

Les Corses pourraient poursuivre leur marche vers l'autonomie

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Appelés au urnes pour de nouvelles élections territoriales en décembre,  porteront-ils à nouveau au pouvoir les candidats nationalistes qui se présentent unis pour obtenir un statut d'autonomie, alors que le Brexit pose problème et que le spectre de l'indépendance catalane agite l'Espagne.

Pour cette élection, le mot d'ordre des autonomistes et indépendantistes unis est simple: "construire un pays". Pas question pour eux de rater la marche des élections démocratiques des 3 et 10 décembre, qui donneront naissance en 2018 à une Collectivité unique qui remplacera les deux départements et la collectivité territoriale (CTC). 

Depuis deux ans, les nationalistes accumulent les succès: après avoir gagné les élections territoriales des 6 et 13 mars 2015, décroché la direction de la CTC en décembre 2015, ils ont obtenu en juin dernier trois sièges de députés sur les 4 que compte l'île. "Le nationalisme en Corse a symbolisé ce que le vote Macron a symbolisé sur le continent: le dégagisme", assène Jean-Charles Orsucci, candidat LREM à ces élections. 

"Des citadelles sont tombées", se félicite Jean-Guy Talamoni, président de l'actuelle Assemblée de Corse, et dirigeant de Corsica Libera, indépendantiste. Le prochain scrutin devrait confirmer, selon lui, le vote de 2015, pour cette "collectivité unie", comme il la surnomme, rappelant: "Nous avons plaidé pendant 40 ans pour la suppression des conseils départementaux qui faisaient le jeu du clientélisme". 

Les adversaires des nationalistes manifestent leur inquiétude

L'Assemblée de Corse a reconnu publiquement la légitimité du gouvernement de la Catalogne. "On ne peut pas continuer à laisser penser que seule la voie de l'autodétermination, de l'indépendance soit une voie salutaire", s'est insurgé Jean-Martin Mondoloni, tête de liste LR, sur Corse Net Infos.

"Nos adversaires politiques essaient de dramatiser les enjeux et de construire artificiellement la campagne comme si l'enjeu était l'indépendance d'un côté et le maintien des liens avec la République de l'autre", accuse Gilles Simeoni, qui dirige l'exécutif corse.

"L'objectif, c'est d'obtenir un statut d'autonomie dans les trois ans à venir,"
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Gilles Simeoni confirme même encore que leur volonté est de "le mettre en oeuvre sur une période de dix ans". Pour le leader autonomiste, l'indépendance de l'île de Beauté "n'est pas souhaitable". C'est ce qu'il affirme pour l'heure, comme les tenants du PACS qui ne voulaient pas du "mariage pour tous" ou le passage de la PMA (procréation médicalement assistée) à la GPA (gestation pour autrui)...

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"Je pense rigoureusement le contraire de Simeoni sur ce point", réagit Jean-Guy Talamoni. Mais le leader indépendantiste reconnaît "l'avance qu'a la Catalogne sur le plan institutionnel et économique par rapport à la Corse"

Les deux alliés objectifs s'accordent pour dire que les Corses décideront "plus tard"

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"Notre accord stratégique est la demande d'autonomie, et il n'y a aucun caractère mécanique pour aller plus loin", insiste Gilles Simeoni. Dans leur programme en dix points, les nationalistes se prononcent pour "une autonomie de plein droit et de plein exercice, avec pouvoir législatif, réglementaire et fiscal".

Le chercheur Thierry Dominici, docteur en sciences politiques, ne veut pas croire en un scénario à la catalane pour la Corse, même si les idées nationalistes progressent dans l'électorat - "la 'corsité' touche tout le monde", prévient-il. Mais il compare plutôt l'île de Beauté à l'Ecosse où, "par crainte économique, 55% ont voté contre l'indépendance en 2014". 
Ce socio-politologue auteur d'une étude comparée des forces nationalitaires contemporaines corses estime que les mouvements nationalistes sont plus culturels que politiques et conclut : "Aujourd'hui en Corse, je ne suis pas certain que les insulaires voteraient même pour l'autonomie".

Ce spécialiste de la jeunesse insulaire l'assure, "la plupart des jeunes n'adhèrent pas à la démarche hégémonique de Femu a Corsica (de Gilles Simeoni), et le militant de base ne comprend pas la démarche de l'exécutif". "Ils pensaient qu'en mettant des élus nationalistes au pouvoir, ils auraient un gouvernement corse, alors que ce ne sont que les gestionnaires d'une région", commente-t-il.

Les nationalistes "n'ont pas révolutionné le système, d'autant plus qu'ils ne le peuvent pas : ils sont tenus par le droit", poursuit le chercheur. Jean-Guy Talamoni juge néanmoins que ces deux ans à diriger la CTC ont "rassuré ceux qui n'avaient pas voté pour nous". L'indépendantiste mise manifestement sur la durée.
Aux élections de décembre, un petit parti indépendantiste fera cavalier seul : le Rinnovu promet d'ailleurs aux insulaires un référendum d'autodétermination, en 2032.

L'Outre-mer a-t-il aussi des velléités d'autonomie ?

Après une troisième et vaine tentative d'élection, la Nouvelle-Calédonie se cherche toujours un chef de l'exécutif.
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Nouvelle caledonie INDEPENDANTISTE"Les onze membres du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ont tenté ce jour - pour la troisième fois depuis le 31 août - d'élire leur président, mais les divisions entre non-indépendantistes ont à nouveau conduit à l'échec. "Il n'y avait qu'un seul candidat en lice, Philippe Germain. Il a recueilli cinq voix et six bulletins étaient blancs", a déclaré à la presse une porte-parole du gouvernement collégial de l’archipel, déjà très autonome. Le président sortant et candidat de la Plateforme, qui réunit les principaux partis de la droite, Philippe Germain, n'a pas obtenu la voix du sixième ministre non-indépendantiste et non membre de la Plateforme.
Selon des sources concordantes, le comité des signataires de l'Accord de Nouméa, qui rassemblera les acteurs locaux début novembre à Matignon sous l'égide d'Edouard Philippe, pourrait amorcer une sortie de crise. La Nouvelle-Calédonie traverse une période politiquement sensible avec la tenue au plus tard en novembre 2018 d'un référendum sur l'indépendance.

Macron favorable au maintien dans la communauté nationale.
"J’ai la volonté de travailler davantage à l’inclusion des territoires d’outre-mer dans leur environnement régional. Dans ce cadre-là, il est important pour la France de rappeler son attachement au Pacifique ", a affirmé, dans un entretien avec Nouvelles Calédoniennes, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin, en déplacement dans l’archipel du Pacifique, cet été. "La France respectera le choix qui sera fait, a-t-elle assuré. 
Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déclaré souhaiter "que la Nouvelle-Calédonie reste dans la communauté nationale. […] Je suis convaincu que la présence de la France est nécessaire pour garantir la paix civile et le développement."
Deux options : Etat associé ou Etat fédéré ?
"Aucun État associé n’est pleinement indépendant, mais les compétences régaliennes qu’il délègue le sont toujours de manière volontaire", expliquait Jean-Jacques Urvoas. Alors ministre, il rappela que l’article 88 de la Constitution autorise la France à "conclure des accords avec des États, qui désirent s’associer à elle". Ils demandent à entrer dans la communauté française et non à en sortir.
La seconde option serait la création d’un État fédéré, une fédération de Nouvelle-Calédonie qui "permettrait de satisfaire les revendications des deux parties - un État pour les indépendantistes, le maintien dans la République pour les non-indépendantistes ". Ce statut nécessiterait une révision constitutionnelle pour créer "un lien de nature fédérale entre la République et un seul de ses territoires", instituant "un fédéralisme asymétrique d’une rare originalité sans équivalent dans le reste du monde !"

Et la Guyane ?
Résultat de recherche d'images pour "mouvement Guyane INDEPENDANTISTE"
Un référendum local sur l'autonomie de la Guyane a eu lieu le 10 janvier 2010, le même jour que le référendum sur l'autonomie de la Martinique, organisé en Martinique. Comme ce dernier, il se solda par une large victoire du Non. Il avait été décidé courant 2009 à la suite de la grève générale aux Antilles en début d'année. Cette consultation proposait une autonomie accrue, en passant sous le statut de collectivité d'outre-mer au lieu de celui de département et de région.
A la suite de ce rejet, un nouveau référendum fut organisé le 24 janvier, proposant simplement un régime d'assemblée unique remplaçant le Conseil général et le Conseil régional. Après ce scrutin, la création de l’Assemblée de Guyane était prévue pour le 1er janvier 2016. C'est l'assemblée délibérante de la collectivité territoriale unique de Guyane (CTG), présidée par Rodolphe Alexandre (DVG) qui fut exclu du PS de Guyane et battit Christiane Taubira aux Régionales de 2010. Lors du référendum de 2010 sur le passage de la Guyane à un statut de collectivité d'outre-mer, bien que critique du caractère flou du projet, cette ministre PRG de Hollande appella à voter "Oui". Cette militante indépendantiste devenue députée de Guyane retournait donc ainsi à ses amours de jeunesse.

samedi 25 juin 2016

Dommages collatéraux du Brexit: la sécession de l'Ecosse, puis de la Catalogne ?

L'Ecosse a lancé les préparatifs d'un référendum d'indépendance

Le gouvernement écossais va présenter une loi autorisant la tenue d'un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse
 

Elle souhaite débuter au plus vite des discussions sur sa place au sein de l'Union européenne, a déclaré samedi la première ministre Nicola Sturgeon, chef du Parti national écossais (SNP). La chef de file du Parti indépendantiste a expliqué qu'une commission consultative en vue d'un référendum sera  mise en place "dans les prochains jours" et indiqué que les autorités écossaises souhaitent parallèlement entamer au plus vite des discussions avec les institutions européennes.
Nicola Sturgeon  a expliqué qu'il est de son devoir de rassurer ses concitoyens, qui ont voté à 62% en faveur du maintien dans l'Union européenne lors du référendum de jeudi. "Nous sommes déterminés à agir sans hésitation afin de bâtir une unité dans toute l'Ecosse", a déclaré Nicola Sturgeon devant la presse.

"L'option d'un second référendum sur l'indépendance est très clairement sur la table et nous allons prendre des mesures pour nous assurer que la législation nécessaire va être adoptée", a-t-elle ajouté, confirmant ses propos tenus la veille.

La Commission européenne a réagi avec prudence aux propos de la dirigeante écossaise, rappelant que l'Ecosse fait constitutionnellement partie du Royaume-Uni et refusant de "spéculer plus avant" sur la question.
Une source proche du gouvernement écossais a déclaré ne pas être découragée par cette réaction qui était simplement "un constat de fait".

Les Ecossais s'étaient prononcés à 55% contre l'indépendance de leur pays lors du référendum de septembre 2014. Les autorités d'Edimbourg estiment que le vote en faveur du Brexit justifie la tenue d'une nouvelle consultation.
Le SNP fait valoir que le résultat du référendum sur l'indépendance s'explique par l'idée que la présence de l'Ecosse dans le Royaume-Uni apparaissait alors comme le seul moyen de garantir son appartenance européenne.

Or, sur le référendum de jeudi 23 juin 2016, les Ecossais se sont très largement prononcés en faveur du "Remain" (maintien) qui a recueilli 62% des suffrages dans le pays.

L'effet dominos du Brexit 

L'Ecosse ne se laissera pas priver de son statut de membre de l'UE sans explorer des solutions de remplacement, a assuré Nicola Sturgeon.
"Nous allons chercher à entamer des discussions immédiatement avec les institutions européennes et avec les autres Etats membres de l'UE pour examiner toutes les options possibles pour protéger la place de l'Ecosse dans l'UE", a-t-elle affirmé.

Elle a précisé qu'une commission d'experts va être constituée afin de conseiller le gouvernement sur les questions juridiques, financières et diplomatiques liées au statut d'Etat membre de l'UE.

Des diplomates européens ont rappelé que de nombreux obstacles se dressent sur la route d'une adhésion de l'Ecosse à une Union européenne largement occupée à gérer la sortie de la Grande-Bretagne.
Plusieurs Etats membres disposant d'un droit de veto pourraient s'opposer à une telle procédure, à commencer par l'Espagne inquiète qu'une sortie de l'Ecosse du Royaume-Uni alimente les revendications des indépendantistes catalans.
"Nous avons pour le moment d'autres problèmes en tête que celui d'alimenter le nationalisme écossais", a dit un diplomate européen. "Ils n'ont qu'à commencer par consulter Madrid".

"Il est encore trop tôt pour dit si et quand doit avoir lieu un nouveau référendum sur l'indépendance de l'Ecosse mais compte tenu du résultat du référendum sur l'UE peu de gens doutent que cela doit être examiné", a dit un porte-parole du parti écologiste écossais, allié de Nicola Sturgeon au parlement.