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vendredi 24 mai 2019

Macron ne renonce pas à taxer (à 60%) nos carburants.

L'essence, au plus haut depuis 2013, et le diesel continuent de grimper

Macron ne fait rien pour arrêter la montée en flèche de Super SP95

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Paris (XVIe), le 5 mai. Le prix des carburants, gazole, diesel, essence avec ou sans plomb, est très élevé,
 en particulier à la station d’essence BP de l’avenue de Versailles. 
Le pouvoir a encore autorisé l'augmentation du SP 95, la semaine dernièrebien qu'il soit déjà au plus haut depuis 2013 : il s'affichait en moyenne à 1,5810 euro/l, selon les statistiques publiées ce lundi par le gouvernement. 
Le diesel s'est, lui aussi,  renchéri, mais à un rythme qui le tient encore à distance du pic de l'an dernier.

Le prix de l'essence bat un nouveau record récent. 
Le super sans plomb 95 trouvait en effet acheteur à 1,5810 euro le litre, la semaine dernière, selon les moyennes publiées ce lundi 13 mai par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce carburant se vendait à la pompe à 1,5802 euro/l la dernière semaine d'avril, comme la première de mai, un niveau jamais vu depuis le printemps 2013. Il faut en effet remonter à la première semaine d'avril 2013 - quand le Super SP 95 coûtait en moyenne 1,5968 euro/l - pour trouver des prix plus élevés qu'actuellement.

Le diesel, proposé pour sa part en moyenne à 1,4809 euro/l la semaine dernière, a augmenté d'un tiers de centime sur sept jours. Il retrouve ainsi un niveau similaire à celui atteint pendant la deuxième semaine de novembre 2018 (1,4840 euro/l). Même si son prix est marqué par une tendance à la hausse depuis le début de l'année, il n'a pas encore retrouvé les cîmes du début octobre, quand il se situait en moyenne à 1,5331 euro/l, juste avant de déclencher la crise des Gilets jaunes.

Comme le montre le graphique ci-dessus, les courbes des prix des carburants suivent celle du cours du pétrole. Le baril de Brent (159 litres), qui sert de référence en Europe, était coté ce lundi à 72,5 dollars contre 50,4 dollars la semaine de Noël, soit une envolée de 35% en cinq mois. Plus précisément, l'or noir a évolué en dents de scie ces derniers jours : après avoir atteint 75,6 dollars le 24 avril, il a chuté à 69 dollars mardi, avant de remonter tout récemment. Pour le moment, le pic à 86,7 dollars observé en octobre est donc encore tenu à distance.

Rappelons que les prix des carburants publiés par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-services d'afficher leurs propres tarifs, plus élevés ou plus bas. Pour trouver le pompiste proposant les meilleurs prix à côté de chez vous, on pet trouver des applis fournissant une carte interactive. 



Quelle est la part des taxes dans le prix de l'essence à la pompe ?

D'après Total,
les taxes représentent "la part la plus importante du prix du carburant". L'an dernier, selon l'entreprise française, les taxes perçues par l'Etat représentaient par exemple "63% du prix du Sans Plomb 95-E10 et 60% de celui du gazole"
L'essence est en fait taxée deux fois : la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la taxe sur la taxe (TVA) ! On retrouve également la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).

La TICPE est, aussi, plus importante sur l'essence que sur le gazole. Plus le prix du diesel augmente, mieux se remplissent les caisses de Bercy, par deux arrivées, TICPE et TVA, frappant indistinctement les "riches" et les "pauvres"... En mars 2019, la TICPE représentait près de 70 centimes sur l'essence, 60 centimes sur le prix d'un litre de gazole.
En 2019, la TVA sur l’essence est déductible à 40 % – contre 20 % en 2018 et 10 % en 2017. Ce taux de 40 % est applicable aux véhicules de tourisme, comme aux utilitaires. Mais, les particuliers - retraités, défavorisés et demandeurs d'emploi ne doivent pas rêver : le carburant doit être utilisé pour les besoins de l’entreprise et doit concerner une activité assujettie à la TVA. De plus, une facture qui atteste le montant de la taxe doit être établie. 

Le poids des impôts et taxes a tendance à augmenter gouvernement après gouvernement, à tel point que la France est le deuxième pays dans le classement mondial des pays ayant les plus fortes pressions fiscales.

Voici l’évolution des prix du diesel et du sans plomb 95 depuis 1990 :
Alors que le mouvement des Gilets jaunes avait démarré notamment en raison des prix des carburants, cette hausse fait tache. Sous la pression, le gouvernement avait suspendu, puis annulé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Si le gouvernement ne peut agir sur les cours du pétrole, en revanche, il est maître de ses taux de taxation. 

lundi 1 avril 2019

Hollande pointe les stratégies de Macron et du PS dans l'arrivée de Marine Le Pen au pouvoir

Hollande dénonce le face-à-face que Macron installe avec le RN, ainsi que  les errements du PS

"A vouloir tout bousculer, tout s'est arrêté," tacle Hollande

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L'ancien président François Hollande n'accorde aucune excuse à son ancien ministre et successeur Emmanuel Macron.

"Diriger la France, je l'ai éprouvé, est un exercice difficile qui suppose de bien comprendre notre pays.
Le résultat au bout de deux ans n'est bon ni pour la vitalité économique, ni pour la cohésion sociale", affirme F. Hollande dimanche, dans un entretien avec Le Parisien.

"A vouloir tout bousculer, tout s'est arrêté"
, poursuit-il. "Mais un mandat dure cinq ans; évitons de porter des jugements définitifs. Tout président peut toujours opérer des corrections. Moi-même, j'en ai fait. Pour ma part, si j'interviens, c'est pour alerter".

Pour l'ancien chef d'Etat, "les partis de gouvernement qui ont animé le débat démocratique pendant des décennies doivent prendre conscience de leur responsabilité"

Il les appelle, notamment le Parti socialiste, à "être de nouveau des alternatives crédibles et mobilisatrices
, sinon le face-à-face entre le pouvoir actuel et l'extrême droite peut mal finir".

Ne "confond(ant) pas" l'extrême-droite et la France insoumise,  Hollande met en garde.
"La menace vient de l'extrême droite. Je l'affirme, un jour elle arrivera au pouvoir en France. En 2022 ou plus tard si l'on ne fait rien...". "C'est un danger, ça n'est pas une fatalité. Ca dépend de nous", a précisé Hollande.

Hollande rappelle qu''il a été confronté à une crise sociale semblable à celle des Gilets jaunes 

François Hollande et Emmanuel Macron se renvoient mutuellement la responsabilité de la crise des Gilets jaunes depuis novembre.
En déplacement sur la tombe de Jean Ferrat en Ardèche, François Hollande avait rencontré des Gilets jaunes. "Il faut continuer à prendre la parole et faire que ça puisse déboucher", leur a-t-il dit, défendant notamment son bilan et rappelant avoir mis en place le CICE (Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi), qui a permis de baisser les charges pesant sur les entreprises, et donné un coup de pouce au SMIC, au début de son quinquennat.

Macron avait répliqué depuis Buenos Aires. "J’entends comme vous les voix qui s’élèvent. J’entends aussi souvent les voix qui parfois n’avaient pas même réussi à bouger les choses, et qui sont sans doute plus à la racine de cette situation que nous vivons que le gouvernement qui n'est aux affaires que depuis 18 mois", avait-il commenté, bien qu'il fût au G20, visant François Hollande à mots couverts. Avant d'asséner : "Que voulez vous? Le cynisme fait partie de la vie politique."

A Montauban, François Hollande l'avait retoqué lors d'une rencontre avec une délégation de ...Gilets jaunes. "Ce qui s'est fait depuis dix-huit mois ne relève pas de ma responsabilité. C'est un gouvernement, un président, qui ont choisi et c'est leur droit de supprimer l'Impôt sur la fortune et d'augmenter des impôts sur tous les Français", a-t-il déclaré. "Aujourd'hui ils doivent réfléchir aux conséquences de cette politique", a conclu l'ancien chef de l'Etat.

Il évoque 
la fronde fiscale des bonnets rouges qu'il avait subie au mois d'octobre 2013.
Il fait une étude comparée qui n'est pas à l'avantage de Macron, qui fut son conseiller avant de devenir son ministre de l'Economie: "L'écotaxe dont j'avais hérité de mon prédécesseur n'était pas comprise, dans ses modalités comme dans sa gestion par un opérateur privé. J'ai donc pris la décision de la suspendre. Le recul est parfois préférable à l'entêtement. Ça m'a été reproché par certains à cette époque. Je constate que le gouvernement actuel a battu en retraite. Mais trois semaines trop tard."
Il faut toutefois rappeler que dès 1999, le gouvernement Lionel Jospin avait cherché à instaurer une écotaxe pour financer le passage aux 35 heures de Martine Aubry, mais que son projet avait été invalidé par le Conseil constitutionnel. Pour mémoire encore, en août 2007, une proposition d'aquataxe avait été faite par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, au début du Grenelle de l'environnement. Incluse dans le prix des pesticides, elle aurait pu servir à aider les agriculteurs à "changer leurs pratiques dans le domaine de l'eau".
Quant à l'écotaxe, elle ambitionnait de passer dans les actes le principe vertueux du pollueur-payeur en cas de dommages environnementaux. Le système de "bonus-malus écologique" sanctionna les véhicules émetteurs de CO2 et cette fiscalité écologique punitive rapporta 1,1 Md € de recettes en 2011.
Le 1er avril 2014, une taxe carbone fut incluse dans les taxes intérieures de consommation sous la forme d'une "composante carbone" proportionnelle aux émissions de CO2. D'un montant initial de 7 €/t de CO2, elle est passée à 14,50 € en 2015, 22 € en 2016 et 30,50 € en 2017. Elle devait atteindre 100 € en 2030. Or, en octobre 2018 sur RTLSégolène Royal a accusé le gouvernement de la hausse des prix des carburants qui a déclenché la colère des Gilets jaunes. Elle a dénoncé "un matraquage fiscal par l’écologie", mais plusieurs membres du gouvernement ont rafraîchi la mémoire de l’ancienne ministre de l’Environnement de Hollande. Ainsi Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances de Macron a jugé que Ségolène Royal avait été "triplement malhonnête" et notamment "par rapport à ses engagements passés". "Elle devrait être fière d'avoir mis en place, une taxe sur le carbone dont dépend l'avenir de notre planète. Elle est malhonnête par rapport à cet engagement passé." Sur RTL Le Maire a rappelé que Ségolène Royal est à l’origine de cet impôt sur les émissions de dioxyde de carbone. Comme le président Hollande qui donne aujourd'hui des leçons sur la base de  sa gestion de la crise des Bonnets rouges... 
Résultat de recherche d'images pour "Marianne est dechainee""Un ancien président ne devrait pas dire ça", a réagi Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat à l'égalité des genres, sur BFMTV, évoquant le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui a mis Hollande à l'équerre dans l'opinion à la fin de son quinquennat. "Je crois que ce n'est pas à la hauteur de la fonction d'un ancien président de la République", a fustigé la garde chiourme de la politique.
Le livre du cynique sera publié mercredi en édition de poche, avec trois nouveaux chapitres, dont un aborde le mouvement des Gilets jaunes.

Dans son bouquin à rallonges comme un "grand débat" de Macron, Hollande croit encore à sa capacité à "contribuer à (la) renaissance" de la sociale-démocratie face au libéralisme "dans les mois et années à venir". Face à la liste de bric et de broc montée par LREM et intitulée  "Renaissance", il critique la stratégie d'effacement devant 'Place publique' acceptée par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "A chercher à tout prix le rassemblement avant de poser clairement la question de leur identité, les socialistes perdent un temps précieux pour formuler leur nouveau projet et réaffirmer leur volonté de gouverner un jour le pays en tirant les leçons des erreurs d'hier", cingle-t-il.

Hollande esquisse de nouvelles idées, proposant, notamment pour mettre en oeuvre la transition écologique, "un triptyque (...): planification, nationalisation et autogestion". De vieilles recettes pour un coup de barre à gauche !

mardi 26 février 2019

Macron laisse grimper les prix des carburants

+ 2 centimes en une semaine pour le diesel et l'essence: Macron confirme ainsi qu'il écoute bien et comprend la colère sociale... 

Même que le parti qu'il promeut serait en tête aux Européennes,
selon des sondeurs !
blog -carburants-affichage trompeur
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Affichage trompeur :  les flèches - toutes tournées vers le bas -
 n'indiquent pas des baisses de prix !...
En dépit de la révolte populaire contre la fiscalité discriminante et injustifiée, le prix des carburants poursuit sa hausse entamée au début de l'année. 
Le litre de diesel a ainsi augmenté de 1,89 centime en une semaine et celui du SP95 de 1,74 centime, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi par le gouvernement. En deux mois, ils ont grimpé respectivement de 7 et 5 centimes. 

La tendance à la baisse des cours du Brent depuis octobre ne justifie pas cette hausse soutenue et constante : le prix du pétrole brut  avait fini 2018 à son plus bas de l'année. Mais centime après centime, le prix du carburant remonte pourtant, au mépris des automobilistes furieux d'avoir été incités à l'achat de véhicules diesel, puis rackettés par l'Etat. Le litre de diesel, gazole B7, comme d'essence SP95-E10, distribuée en France depuis 2009 - carburant pourtant sans plomb et pouvant incorporer du bioéthanol à hauteur de 10% en volume - , vient ainsi de prendre près de deux centimes en une semaine, selon les moyennes hebdomadaires publiées ce lundi 25 février par le ministère de la Transition écologique et solidaire.


Parce qu'il a été révélé que le produit de la hausse n'allait pas au financement de la transition écologique - mensonge énoncé pour justifier la surtaxation de certains automobilistes - , mais été versé au budget général, le gouvernement a finalement décidé de geler sa hausse pour endormir la grogne des Gilets jaunes.

Le pic de la semaine du 1er janvier est dépassé

Précisément, le diesel s'est affiché à 1,4503 euro/litre la semaine dernière (contre 1,4314 euro sur la moyenne des sept jours précédents, soit + 1,89 centime). Depuis le début de l'année, et sans même que la taxe carbone n'ait été majorée, ce carburant a finalement augmenté de 7,43 centimes. 

Il y a près de deux mois, le diesel s'affichait à "seulement" 1,3769 euro/litre. 
A l'exception de trois semaines de quasi stagnation entre fin janvier et début février, il n'a cessé d'augmenter. Il ne reste plus que quelques jours encore pour qu'il retrouve son record à 1,5331 euro/litre enregistré début octobre quand il a mis le feu au pays. 

Pour le super sans plomb 95, la courbe est semblable. Toujours selon les chiffres du gouvernement, il s'affichait la semaine dernière en moyenne à 1,4586 euro/litre (contre 1,4412 euro/litre une semaine plus tôt, soit +1,74 centime). Il a ainsi augmenté de 5,15 centimes/litre en près de deux mois, puisqu'il coûtait 1,4071 euro/litre la semaine du 1er janvier.

Carburant : faut-il réhabiliter le diesel ?

La hausse de la part de la fiscalité est en cause
Seule peut être prise en compte à la pompe la tendance à la hausse des cours du pétrole :


Le cours du baril de Brent de 159 litres, la référence européenne, est reparti à la hausse - moindre toutefois que celle du prix du baril - après avoir atteint fin décembre un prix plancher de 50 dollars. L'or noir a clairement augmenté jusqu'au 9 janvier pour atteindre 61 dollars. Puis, après avoir stagné jusqu'au 11 février, il a de nouveau augmenté jusqu'à un pic à près de 68 dollars le 15 février. Stagnant plus ou moins depuis dix jours, il était coté à 69 dollars ce lundi à l'ouverture du marché, mais les prix à la pompe ont poursuivi leur ascension. 

Les prix des carburants communiqués par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-service d'afficher des prix différents, plus élevés ou plus bas : ce sont ainsi les distributeurs qui sont incriminés : cherchent-ils - comme Michel-Edouard Leclerc - à récupérer leur manque à gagner sur leurs propositions passées de vente à prix coûtant ?...
Pour trouver le pompiste pratiquant les meilleurs prix à côté de chez vous, il existe des applications pour mobiles.

jeudi 6 décembre 2018

Le gouvernement sur-joue une "très grande violence" social samedi 8 décembre

Par entêtement et cynisme aussi, le pouvoir pourrait conduire à des émeutes xxl

L'Etat tout-puissant convoque le chaos et ... la mort

L'Elysee a fait savoir que la taxe sur les carburants n'augmenterait finalement pas en 2019
Autrefois hélitreuillé depuis un hélicoptère sur un sous-marin,
Macron ne parle plus, ne se montre plus et se cache
Macron va-t-il transformer le colère citoyenne en rage insurrectionnelle ?
Les Gilets jaunes menacent de réinvestir Paris samedi malgré quelques concessions à court terme du gouvernement et du fait du refus obstiné de Macron de rétablir l'ISF (IFI). Le président a ainsi pris le risque d'"une très grande violence" et de pertes humaines. "Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir la présidence. Le 8 décembre, "nous savons que nous aurons des blessés et nous craignons d'avoir des morts parmi nous", explique le syndicat de police Vigi.

Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme"
L'inquiétude de l'exécutif peut paraître surjouée. Surtout, elle implique cyniquement les responsables politiques qui seront incriminés dans le cas d'un déchaînement de violences dans Paris, encore sous le choc des scènes d'émeute vécues samedi 1er décembre. 

Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont d'ailleurs porté un coup à l'économie et au tourisme et l'Etat macronien s'est emparé de cet argument pour accabler les "factieux" et discréditer le mouvement pacifique des Gilets jaunes.

Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées - de part  et d'autre - en marge des manifestations contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, déclenchées le 17 novembre. Et la colère s'étend désormais aux lycéens, aux agriculteurs et aux étudiants.

Jupiter a-t-il renoncé à exercer un pouvoir vertical et solitaire ?

"Le président de la République a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, alors que le président n'est plus apparu en public - si ce n'est de nuit, en catimini au Puy-en-Velay, où il a été copieusement hué et insulté et sa voiture prise en chasse.

Pour le porte-parole Griveaux, cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront". Ce membre du gouvernement, comme Sandra Motin, députée LREM de l'Isère plus haut, discrimine les Français et provoque le passage à la haine insurrectionnelle.
"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a pour sa part dit le premier ministre Edouard Philippe devant l'Assemblée nationale. Humblement et piteusement.

Il a aussi affirmé que le gouvernement sera "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs".
On notera au passage la brutalité de Ruth El Krief, hôtesse maltraitante aux abois, arc-boutée sur sa position menacée de privilégiée sous la critique de la rue pour son mépris de classe:  

Pour tenter de désamorcer la "colère jaune", l'exécutif a reculé mercredi soir, en renonçant pour l'an prochain - 2019 seulement - aux augmentations de taxes sur les carburants. Mais Macron reste inflexible sue l'ISF...
Ces hausses à l'origine prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy. Mais les hausses des dernières semaines - 40 centimes par litre de diesel - continueront de peser sur les budgets de plus défavorisés.

Un premier recul mortifiant pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de "garder le cap" et de ne pas céder à la rue. La majorité des manifestants ne lâchent rien, quant à eux, et multiplient blocages et rassemblements parfois violents - quand ils se laissent infiltrer - depuis trois semaines dans tout le pays.
Seuls deux dépôts pétroliers ont été débloqués, tandis que la plupart des "gilets jaunes" dénoncent des "mesurettes" et promettent de poursuivre leur mouvement.

Le mépris de classe de Macron peut mettre le feu au pays
"Les Français ne veulent pas des miettes; ils veulent la baguette au complet", a déclaré Benjamin Cauchy, l'une des figures du mouvement.

Le mouvement a gagné le soutien de la population :  près de huit Français sur dix (78%), estiment que les premières annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes, selon un sondage Elabe qui confirme que l'approbation de la mobilisation reste élevée, avec 72% des Français.

Celui qui disait "entendre" et "comprendre" est en revanche resté sourd sur une autre revendication des "gilets jaunes": le rétablissement de l'Impôt sur la fortune (ISF), qui frappait les ménages les plus fortunés avant d'être supprimé dès son arrivée au pouvoir, en plein mois de juillet 2017. Il a filtré dans l'entourage présidentiel que Macron a déclaré en Conseil des ministres mercredi qu'il ne veut "rien détricoter de ce qui a été fait depuis dix-huit mois". Un entêtement qui le rend d'avance responsable des gestes de colère et de désespoir que la presse dit craindre, surjouant la peur. 

Signe des tensions dans la France profonde, mardi soir au Puy-en-Velay (Haute-Loire, Auvergne), où un bâtiment officiel avait été incendié samedi, le chef de l'Etat a été hué et insulté frontalement au cours de sa visite surprise nocturne. Venu de Paris en avion, il est resté deux heures, sans autre contact avec la population. Et sans plus manifester aucune volonté de pédagogie avec des Gilets jaunes.

L'un des plus connus des "gilets jaunes", Eric Drouet, qui se déroba au débat dans l'émission spéciale de BFMTV, 'Sortir de la Crise' - destinée d'une part à ridiculiser les quatre Gilets jaunes présents face à une Marlène Schiappa frontalement agressive (mais prise en flagrant délit de mensonge) et à un de Rugy, faux-cul et soucieux de son image, et d'autre part, à convaincre de ne pas participer au rassemblement du 8 décembre à Paris, sous la pression de la peur de débordements - mercredi soir animée par Ruth El Krief, tour à tour cinglante et condescendante, et Bruce Toussaint, narquois, a appelé à "retourner à Paris" samedi, "près des lieux de pouvoir, les Champs-Elysées, l'Arc de Triomphe, (la place de la) Concorde". On dit que des blindés de l'Armée les y attendent.

La contestation a gagné les lycéens, qui protestent notamment contre la réforme du baccalauréat. Au lendemain de heurts parfois violents, le fonctionnement de quelque 200 lycées restait perturbé mercredi et des associations lycéennes appelaient à une mobilisation générale à partir de jeudi. 

Certains étudiants commençaient à rejoindre le mouvement. "Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a averti mercredi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Dramatisation de dissuasion ?

Les agriculteurs ont quant à eux annoncé qu'ils manifesteront la semaine prochaine, contre l'"agri-bashing".



mercredi 5 décembre 2018

Crise sociale: les annonces improvisées d'Edouard Philippe sont-elles appropriées ?

Les "gilets jaunes" se satisferont-ils d'annonces floues et incomplètes ?

Edouard Philippe persiste à assurer qu'il "entend la colère" qu'il a méprisée pendant quatre semaines 

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La révolte citoyenne incarnée par les Gilets jaunes a mis sous pression le gouvernement. Lors d'une allocution télévisée à la mi-journée, ce mardi 4 décembre, Edouard Philippe s'est résolu à annoncer  la suspension - pour six mois - de trois mesures fiscales qui devaient entrer en vigueur au 1er janvier prochain : la hausse de la taxe carbone sur l'essence, le fioul et le diesel, la convergence de la fiscalité du diesel avec celle de l'essence et la hausse du gazole pour les professionnels.

Le premier ministre de Macron n'a fait que repousser à plus tard les mesures impopulaires de Macron : la hausse de la fiscalité sur le carburant est suspendue pour six mois. Les hausses des tarifs de l'électricité et du gaz sont gelées et le durcissement du contrôle technique automobile suspendu.

En actant un moratoire général sur les prix de l'énergie, l'exécutif espère s'offrir six mois de répit sans renoncer à sa ligne politique.
Résultat de recherche d'images pour "Maître Puntila et son valet Matti"Il fait des concessions pour ne pas capituler, misant sur la négociation pour sauver la face et ce qui peut l'être encore. Après avoir opposé sa volonté de "garder le cap" face au mouvement des gilets jaunes en révolte depuis trois semaines contre les atteintes à leur pouvoir d'achat qui creusent le fossé entre les Français, le président des riches, son chambellan et ses serviteurs semblent s'être résolus à changer de logiciel pour que la crise politique et sociale ne tourne pas à la crise de régime.

Longtemps partisan de l'intransigeance face à la masse des "gens qui ne sont rien", "illettrés" ou non, aux syndicats et aux forces de l'opposition républicaine, Jupiter a dû descendre de son piédestal : sans compromis initial, aucun dialogue, aucune sortie de crise n'était plus possible. Une situation hautement inflammable laissant craindre le pire pour la suite du quinquennat, et surtout pour la cohésion de la France toute entière.
"Aucune taxe ne mérite de mettre en danger l'unité de la Nation", a enfin admis Edouard Philippe ce mercredi 5, avant de dévoiler les premières véritables reculades du pouvoir dans cette crise.


Un moratoire : des mesures suspendues mais non mises au rebut. 
Impossible pour autant de renoncer définitivement à toute taxe carbone, point de départ de la mobilisation des gilets jaunes qui dénoncent l'écologie punitive sur les carburants, sans autre raison objective que de combler la dette publique. 
Résultat de recherche d'images pour "Maître Puntila et son valet Matti"
Pris aux pièges de ses arbitrages budgétaires au détriment des travailleurs, même pauvres, et de ses promesses floues de campagne devenues réalité accablante  tombée de l'Olympe, la paire a opté pour une ligne intermédiaire dans l'espoir qu'elle suffise à renouer le dialogue : moratoire général de six mois sur les hausses des taxes touchant les carburants, l'électricité et le gaz, report de l'entrée en vigueur du nouveau contrôle technique automobile. 
Maître Puntila et son valet Matti, le banquier, orgueilleux et calculateur, et le peuple des Gilets jaunes, doté d'un solide bon sens, peuvent-ils se réconcilierLes mesures annoncées par Philippe sont déjà qualifiées de mesurettes.

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : les syndicats avaient cautionné le rassemblement du 1er décembre qui a tourné à l'émeute

Après leur rencontre avec Edouard Philippe, les syndicats dépités avaient appelé la population à se joindre au rassemblement

La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à grossir les rangs de la manifestation prévue le samedi 1er à Paris 

Appel  de la CGT, avec mots d'ordre particuliers (image) 
Comme d’autres, les organisations syndicales ont été reçues, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation de la concertation décentralisée que l’exécutif accepte sous la pression de mettre en place. Et comme d’autres, elles sont reparties déçues de ce rendez-vous censé apporter un élément de réponse au sujet controversé de la sur-fiscalité sur les carburants, élargi au pouvoir d’achat défendu par mouvement des 'gilets jaunes'.

"On a redit qu’il fallait des mesures concrètes. On ne rentre pas dans un processus s’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des mesures réelles pour les travailleurs", a expliqué, pour la CFDT, Laurent Berger, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), à sa sortie de Matignon. Il est pourtant celui qui se montre le plus ouvert à cette idée de dialogue au plus près du terrain entre associations, corps intermédiaires, élus, Etat et protestataires dont il a lui-même proposé l’idée. Mais "à une seule condition", a-t-il prévenu, sur la défensive, "que ça ne soit pas un jeu de dupes".

Ses homologues sont plus réticents. 
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"Les grand-messes qui associent tout le monde, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’ai peur qu’on noie le poisson dans l’eau", considère Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), ci-contre, à gauche, qui ne pouvait être présent vendredi. 

Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC),

François Hommeril, est aussi critique (ci-contre, à droite): "Je ne suis jamais contre discuter, mais on est comme les médecins de Molière : on va se retrouver autour du corps malade de la société française pour parler de la taille du bouton ou de la marque du thermomètre. Si c’est ça, ça n’a aucun intérêt. Ça doit se faire sur la politique économique du gouvernement avec laquelle nous sommes en total désaccord."

Le gouvernement jugé "hors sol"

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La Confédération générale du travail (CGT) est hostile. "On veut des réponses immédiates et pas des comités Théodule, explique Fabrice Angei, ci-contre en noir, membre du bureau confédéral de la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le gouvernement ne peut pas jouer la montre jusqu’à ce que le mouvement s’épuise. Il ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans le pays. Il est hors sol et le montre." Pour lui, "seule la mobilisation peut le contraindre à changer son fusil d’épaule". La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à venir, samedi, grossir une manifestation prévue de longue date à Paris contre le chômage et pour le pouvoir d’achat.


Les syndicats en ont aussi profité pour pousser leurs revendications. 
Comme le président de l'UDI et la député LREM, Brigitte Bourguignon, ou les présidents de région, FO a réclamé un "moratoire" sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. 
Avec la CFDT, elle a aussi demandé la généralisation de la prime pour les transports pour les salariés contraints de prendre leur voiture pour aller au travail. 

A la différence de Philippe Portier, CFDT, qui estime qu’Edouard Philippe s’est montré "ouvert", Michel Beaugas, FO, souligne que "le premier ministre n’a pris aucun engagement" sur le sujet. 

Entre rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et suppression de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la question de la revalorisation des salaires a également été très présente. Mais, déplore M. Beaugas, "le premier ministre a rappelé qu’il ne faut pas augmenter le coût du travail". Une fin de non-recevoir, selon lui. 

Ces derniers jours, plusieurs confédérations ont regretté l’absence de "coup de pouce" sur le SMIC. Le salaire minimal sera seulement revalorisé de façon automatique au 1er janvier, comme c’est le cas depuis années, a déclaré E. Philippe mardi.

Au-delà du fond, la forme a aussi dérangé. 
D’ordinaire, ce type d’annonce survient après qu’un avis consultatif a été donné par une instance réunissant les partenaires sociaux. Au moment où l’exécutif veut signifier qu’il ne dédaigne pas les corps intermédiaires, comme cela lui a été reproché, c’est au mieux "maladroit" de la part du premier ministre, pointe M. Veyrier. "Cela montre la réalité du mépris que le gouvernement a envers les acteurs sociaux", estime pour sa part M. Angei.

S'il est reproché au mouvement des "gilets jaunes" de ne pas être structuré, voire trop divers, et d'être un interlocuteur insaisissable, que dire des syndicats qui avancent en rangs dispersés malgré leurs cotisations, leur presse et leurs subventions ?

Qui a appelé à se joindre au rassemblement du 1er décembre ?
Outre l'association lycéenne UNL, proche de l'UNEF, FO Transports (FO-UNCP), troisième syndicat du secteur, a appelé à rejoindre le mouvement, contrairement à la CFDT Transports, majoritaire. 

De son côté, la CGT avait appelé les "gilets jaunes" à manifester le 1er décembre.
Sortant de sa réserve, la CGT cherche à reprendre la main sur le combat pour les «attentes sociales» des Français. Mardi, la première organisation syndicale a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à manifester le 1er décembre en vue d'exiger "des réponses immédiates et précises" du gouvernement et du patronat sur les thématiques de pouvoir d'achat. L'organisation formule des revendications précises: elle exige notamment une hausse du SMIC à 1800 euros, une prise en charge des transports par les employeurs, une TVA réduite à 5,5% pour les "produits de première nécessité", ainsi qu'une "fiscalité juste, tenant compte des revenus".
Dans son entreprise de récupération du mouvement citoyen, la CGT critique également la politique fiscale sur les carburants, et considère, à l'instar d'autres personnalités comme l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal, que le gouvernement ..."instrumentalise les enjeux environnementaux" dans le cadre de sa politique fiscale.
Benjamin Cochin, porte-parole du mouvement à Toulouse, s'est dit "heureux que les corps intermédiaires bâillonnés depuis 18 mois sortent du bois; ça nous fait plaisir mais on ne veut pas voir les drapeaux et les pancartes FO (...) Les organisations syndicales sont les bienvenues, mais il ne faut pas se tromper :  les "gilets jaunes" veulent eux-aussi discuter avec le gouvernement", a-t-il déclaré.