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mardi 7 janvier 2020

Retraites: la CFDT et l'UNSA lancent un ultimatum à Macron

Ces syndicats "réformistes" veulent un retrait de l'âge pivot d'ici vendredi

Le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, ainsi que celui de l’Unsa, Laurent Escure, souhaitent que l’âge pivot soit retiré du projet

Résultat de recherche d'images pour "bras de fer"Ils fixent la date-butoir à vendredi, date de la réunion prévue sur la mise en place d’une "conférence de financement".
A l’issue d’une réunion multilatérale au ministère du Travail, ce mardi, Laurent Berger a déclaré : "Dans l’état de tension dans lequel est notre pays, ce serait de bon ton d’avoir une annonce que l’âge pivot est retiré du projet de loi actuel, sinon la CFDT ne s’inscrira pas durablement dans cette discussion."
"Si l’objectif de cette conférence de financement, c’est de recycler l’âge pivot, la réponse est non", a-t-il catégoriquement affirmé, alors que le secrétaire d'Etat Fesneau a révélé qu'un projet de loi est déjà rédigé et entre les mains du Conseil d'Etat (lien PaSiDupes)

Le coût de la réforme n'est pas chiffré; les financeurs ne sont pas désignés

Le numéro 1 de la CFDT résume la situation : "Ce que l’on demande, c’est que l’on prenne le temps de réfléchir au financement du système de retraite, au calendrier de l’équilibre recherché et que l’on regarde toutes les possibilités sur la table, mais qu’on ne s’inscrive pas dans une volonté d’équilibre de court terme qui consiste à travailler plus longtemps."

Sa confédération sera "mobilisée" en régions samedi prochain, a-t-il également précisé.  C'est la date de manifestation choisie par l’intersyndicale qui demande le retrait pur et simple du projet (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFE-CGC et organisations de lycéens).

Le secrétaire général de l’Unsa  a dit espérer "que vendredi on aura une réponse définitive", Laurent Escure laissant au gouvernement "trois jours" pour décider.

mercredi 3 juillet 2019

Fuite des sujets au bac: la fraude est plus importante qu'annoncée

Faute ou sabotage ?

Treize lycéens, dont six mineurs, ont été interpellés ce mardi

Les candidats non initiés se sont sentis pénalisés pour les accès aux mentions et à l'enseignement supérieur.

Résultat de recherche d'images pour "FUITE AU BAC" La rumeur avait circulé avant le démarrage des épreuves, mais la presse assure qu'elle "s’était répandue comme une traînée de poudre quelques heures à peine après la fin de l’épreuve de mathématiques du bac". Elle concède finalement que "certains candidats étaient en possession des sujets la veille au soir". 
Près d’une semaine et demie après l’épreuve, treize lycéens, dont six sont mineurs, ont été placés en garde à vue à Paris,​ ce mardien Ile-de-France et à Marseille pour "fraude aux examens, abus de confiance et recel de ce délit". Plusieurs perquisitions ont également été menées au domicile des gardés à vue.

Confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne de la police judiciaire parisienne, l'enquête a permis d’établir que les sujets ont principalement été relayés via la messagerie WhatsApp (propriété de Facebook) ou par SMS. 
"Mon client a reçu la veille au soir le sujet de l’épreuve de maths par un ami, alors qu’il n’avait rien demandé", assure Me Daniel Fellous, qui défend un des gardés à vue, lycéen dans un établissement réputé du 15e arrondissement de Paris. Selon le conseil, son client, tout juste majeur, a reconnu au cours de l’audition avoir fait un corrigé de l’épreuve qu’il a transmis à son tour. "Il ignore comment les sujets ont fuité", jure l’avocat. On ignore encore si l’auteur de la fuite a été pris dans le coup de filet de la PJ.

Reste à déterminer quelle est l’ampleur de la fraude

Nul doute qu'elle sera minimisée, qu'il s'agisse de l'accès à l’épreuve ou aux corrigés avant le début de l’épreuve. Le ministère de l’Education qui s’était d'ailleurs refusé à annuler l’épreuve, estima  que les tricheries étaient extrêmement limitées. "Ces suspicions [sic] de fuite concernent une zone géographique limitée : trois à quatre établissements d’Ile-de-France, dans lesquels des candidats auraient reçu par réseaux privés les sujets et non pas par des réseaux sociaux, en amont [!] des épreuves", avait déclaré Jean-Marc Huart, directeur général de l’enseignement scolaire au ministère de l’Education nationale, lors d’un point presse. Et Marseille ?

Les premiers éléments de l'enquête laissent penser que la fraude est plus importante qu’estimée au départ. 
Le ministère de l’Education nationale​ "prend note de l’évolution de l’enquête", mais, pour l’heure, Blanquer ne souhaite pas commenter ces interpellations.

Et si il commentait plutôt les fuites de ses services. 
Qui est à l'origine : un salarié de l'imprimerie, un enseignant, membre de la commission de sélection des sujets ou un ? On ne peut exclure aucune hypothèse, ni même que le ou les auteurs des fuites puissent être des militants de la gauche hostile au bac national. Mais, si on élimine la facilité de désignation d'un "déséquilibré", reste la plus plausible, très prisée de Macron, Castaner ou Darmanin, celle du "facho"...

jeudi 11 avril 2019

Progressisme : Anne Hidalgo, prête à n'importe quelle innovation

La maire sortante veut expérimenter à Paris le vote dès 16 ans: populisme ?

Hidalgo cherche-t-elle à prouver qu'à 16 ans on est également pénalement responsable de ses actes ?...


Favorable au vote dès 16 ans, la maire de Paris Anne Hidalgo  dit jeudi vouloir l'expérimenter dans des lycées parisiens, et ce, dès les élections européennes du 26 mai.
"Si la participation au grand débat national a été importante, on a constaté partout en France une sous-représentation des jeunes. Cela doit nous interroger et appelle à mon sens un acte fort à l'attention des lycéens. Je suis favorable au vote dès 16 ans", déclare-t-elle dans un entretien en ligne sur le site du Monde.

Elle recycle ainsi l'idée, proposée selon elle par "un collectif de Sciences Po", d'une expérimentation "dans les conditions du réel". "Dans notre projet, les jeunes de 16 à 18 ans scolarisés dans les douze lycées municipaux voteraient dans leurs établissements un peu avant le 26 mai, avec des bulletins et dans des isoloirs comme dans tous les bureaux de vote", précise-t-elle.

"Les jeunes sont très sensibles à la question européenne," selon elle...

"Mais évidemment, leurs voix ne seront pas intégrées dans le scrutin national. Et les résultats seront publiés après le 26 mai, pour ne pas interférer avec l'élection officielle". C'est en somme une équivalence du "grand" débat: on participe, mais ça compte pour du beurre...

Pour que l'initiative soit "la plus consensuelle possible", elle doit être menée "conjointement avec l'Etat, le rectorat, les chefs d'établissement", estime la maire de Paris, qui dit avoir écrit "en ce sens au ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer". La vérité, c'est que ce serait une opération politicienne à moindre frais pour la Ville de Paris, mais "populiste" en faveur de l'Andalouse et au détriment des lycéens et de leurs épreuves du baccalauréat.

Elle considère les Européennes comme "une bonne occasion" d'expérimenter le vote à 16 ans, car "les jeunes sont très sensibles à la question européenne", et cet âge-là est "le bon pour prendre de bonnes habitudes en matière de démocratie", raconte-t-elle à qui veut l'entendre. 
Elle nie pourtant vouloir avec cette expérimentation séduire de futurs électeurs, assurant au contraire vouloir "permettre à la démocratie de fonctionner et à la République de ne pas s'effondrer". Balivernes et mensonges.

samedi 15 décembre 2018

Prison ferme pour un lycéen armé face aux forces de l'ordre

Le lycéen n'a donc pas été incarcéré 

Un jeune majeur de 18 ans a été condamné de six mois de prison ferme pour sa participation à des violences lors d'une manifestation lycéenne

Oise : un lycéen condamné à six mois de prison ferme après une manifestationlundi 10 décembre. 
La justice n'a toutefois pas émis de mandat de dépôt.

Cet élève du lycée Lavoisier de Méru dans l'Oise a été sanctionné de dix mois de prison, donc quatre avec sursis, a-t-on appris vendredi 14 décembre. En début de semaine, le jeune homme avait pris part à une mobilisation contre la réforme du baccalauréat et de l'entrée à l'université. Il avait été arrêté à la suite d'un affrontement avec les gendarmes aux abords du lycée.

Le jeune homme détenait une arme au moment de son interpellation. Il a été reconnu coupable de "participation avec arme à un attroupement en dissimulant son visage", "violence et outrage sur une personne dépositaire de l'autorité publique" et "détention de substance ou produit explosif". 

Malgré la gravité des charges, aucun mandat de dépôt n'a été émis. 
Le jeune homme est donc reparti libre, mais a obligation de suivre un stage de ...citoyenneté et il n'a plus le droit désormais de se déplacer avec ...une arme !

Deux autres individus, soupçonnées d'avoir participé aux violences lors des manifestations, doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Beauvais les 26 décembre et 11 janvier prochains.


Depuis le début du mois, lycéens et étudiants se mobilisent à travers tout le pays pour réclamer le retrait de la réforme du bac. En marge de cette mobilisation, 150 jeunes, âgés de 12 à 21 ans, avaient été interpellés jeudi 6 décembre près d'un lycée de Mantes-la-Jolie (Yvelines) après des incidents. La vidéo de leur arrestation, genoux au sol et mains sur la tête, avait provoqué un tollé.

vendredi 7 décembre 2018

L'AFP participe à l'intimidation des lycéens par le pouvoir macronien

L'agence titre: "700 interpellations après une nouvelle journée de mobilisation et d'incidents"

Si la presse est "indépendante", ça se voit à quoi ?


Interpellation de dizaines de lycéens à proximité du lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie (Yvelines), le 6 décembre.

France de Macron et Castaner : interpellation de dizaines de lycéens
à proximité du lycée Saint-Exupéry de Mantes-la-Jolie (Yvelines),
 le 6 décembre 2018
L'AFP diffuse auprès des organes de presse les dépêches qui relaient les "éléments de langage" officiels.
Ce pré-mâché est ensuite digéré par les pseudo-"décrypteurs" des salles de rédaction.

Or, l'AFP met en exergue les sanctions que les juges couchés ont infligé aux mineurs en colère. Environ 280 lycées et collèges en France ont été de nouveau perturbés jeudi, dont 45 bloqués, par des élèves et plusieurs incidents ont été recensés, conduisant à plus de 700 interpellations au total.

"On est sur des chiffres à peu près similaires aux jours précédents", a indiqué dans la journée le ministère de l'Education nationale à sa courroie de transmission, l'AFP. "Selon les établissements, les situations sont très hétérogènes, entre les blocages totaux, partiels, les barrages filtrants, des feux de palettes...".
Rouge et noir...

Plusieurs syndicats (FO, Sgen-CFDT) ou la fédération de parents d'élèves FCPE, (proche du PS ou de l'extrême gauche, selon les lieux) demandent au ministre d'"entendre" les revendications exprimées par les lycéens, qui appellent notamment à l'abandon des réformes du bac, de la voie professionnelle ou de l'accès à l'université.
Au lieu de cela, cette video montre comment l'Etat macronien traite les minsurs des lycées de Mantes-la-Jolie

Les syndicats lycéens [des associations, faut-il le rappeler aux professionnels de la (dés)information], ont appelé jeudi à maintenir la pression et intensifier le mouvement par une "mobilisation générale" avant des manifestations vendredi.

Mais l'AFP s'attache à relayer la peur 
Dans les Yvelines, 153 personnes ont été interpellées (contrôle de police ou interrogatoire) à Mantes-La-Jolie, selon le procureur de la République de Versailles Vincent Lesclous, essentiellement devant un lycée, pour "participation à un attroupement armé" après des heurts et dégradations a indiqué à l'AFP le commissaire de la ville, assurant vouloir ainsi "interrompre un processus incontrôlé".

Les mains entravées dans le dos ou sur la tête, à genoux ou assis au sol, précise l'agence française de presse, des dizaines d'entre eux ont été rassemblés dans le jardin d'un pavillon et dans une maison associative par quelque 70 policiers mobilisés pour cette opération, rapporte une journaliste de l'AFP, sans condamner ces humiliations.
Des lycéens s'agenouillent, mains derrière la tête, place de la République à Paris,
en soutien aux 151 jeunes interpellés hier aux abords d'un lycée de Mantes-la-Jolie
Des arrestations ont eu lieu après de nouveaux incidents à proximité du lycée Saint-Exupéry, qui n'est pas classé en zone d'éducation prioritaire (ZEP), où deux voitures ont été incendiées jeudi et où des heurts ont éclaté avec la police, a constaté la journaliste de l'AFP.
Cette agence de journalistes dresse un état des gardes à vue...

Les statistiques de l'AFP en Ile-de-France et en régions
Dans les Yvelines, au total 189 jeunes, âgés de 12 à 20 ans, ont été placés en garde à vue, selon le procureur de Versailles.

Dans les Hauts-de-Seine, 35 personnes ont été placées en garde à vue après des échauffourées devant des lycées.

En Seine-Saint-Denis, la situation a été tendue dans la matinée devant plusieurs établissements.
Au lycée Henri-Wallon à Aubervilliers (PCF), des élèves ont partiellement bloqué l'entrée de l'établissement dans la matinée. "On bloque pour la nouvelle réforme, Parcoursup, l'état du lycée aussi: il est vieux, on n'a pas de foyer", a déclaré l'un d'eux, Zelal, prénom rare de femme (3 dans le 9.3).

Pour Majid, prénom répandu en Iran, lycéen en Essonne, où 29 personnes ont été interpellées, "si ça finit mal, c'est la faute des flics qui nous empêchent de nous rassembler".
Il est permis de noter que les prénoms qu'affiche l'AFP ne sont pas au calendrier... De quoi interpeller les associations anti-racistes ?
Dans le Val-de-Marne, environ 150 jeunes, dont certains portaient des gilets jaunes, se sont rassemblés devant le lycée polyvalent de Cachan. "La hausse des carburants, c'est nous qui allons la payer plus tard", a dit Inès, en Première.

Au lycée Jacques-Monod, à Orléans (Loiret), où un élève a été grièvement blessé par un tir de lanceur de balles de défense mercredi, la proviseure avait appelé les élèves à "ne pas rejoindre le lycée jeudi et vendredi".

Des tensions ont été constatées à Grenoble (Isère) et son agglomération, ainsi qu'à Annecy (Haute-Savoie), et la police a procédé à des interpellations.

Les blocages se sont poursuivis à Toulouse où une manifestation a été ponctuée de violences: deux policiers ont été blessés et un journaliste (de La Dépêche ?) "bousculé" (regrettable, mais compréhensible), a indiqué la préfecture de la Haute-Garonne.

Un élève a été blessé [par la police ?] à Béziers (Hérault). Selon France Bleu Hérault, ce jeudi matin, entre 400 et 500 élèves ont fait entendre leur colère, dans le cadre de la mobilisation qui touche de nombreux établissements. Des poubelles auraient été incendiées, des véhicules et des abris de bus vandalisés. Puisque l'AFP se désintéresse de l'état de santé du lycéen blessé, nous précisons : "Le rectorat indique qu’un élève "a été blessé à l’œil par un jet de projectile". "Il a rapidement été pris en charge par les secours et transporté au CHU", indiquent les services de l’académie de Montpellier." La police nationale dément l'information.
D’autres lycées de la région - que l'AFP ne mentionne pas, mais elle occulte aussi Bordeaux  - ont fait face à des perturbations plus ou moins importantes, ce jeudi matin, notamment les lycées Jean-Mermoz (polyvalent et supérieur) et le lycée Joffre (secondaire et supérieur), à Montpellier. Selon le rectorat, une trentaine d’établissements sont concernés par des blocages partiels, des tentatives de blocages, des rassemblements ou des manifestations.

Quelques incidents ont éclaté dans l'académie de Strasbourg avec des pétards et fumigènes lancés par endroits, ainsi qu'à Mulhouse.

Quelque 900 lycéens ont manifesté dans les rues de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), selon la police. Des manifestations émaillées de heurts avec la police devant plusieurs établissements de la ville.

A Marseille (Bouches-du-Rhône), une vingtaine d'établissements ont été touchés, avec des "blocages plus ou moins filtrants", selon le rectorat. Devant certains lycées, des feux de poubelles ont été allumés et les forces de l'ordre ont été caillassées.
La mobilisation s'est étendue à quelques universités, notamment à Tolbiac (foyer classique de toutes les insurrections qui passent, Paris 1) ou Paris 3-Censier.

"Sous prétexte des 'gilets jaunes', on voit surgir toutes sortes d'individus qui se mêlent à des gens qui sont de bonne foi pour manifester, comme les lycéens, et ceci débouche sur des violences graves", a réagi dans la matinée sur BFMTV le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer.
Contre qui Mélenchon (LFI) veut-il protéger les lycéens ?

jeudi 6 décembre 2018

Le gouvernement sur-joue une "très grande violence" social samedi 8 décembre

Par entêtement et cynisme aussi, le pouvoir pourrait conduire à des émeutes xxl

L'Etat tout-puissant convoque le chaos et ... la mort

L'Elysee a fait savoir que la taxe sur les carburants n'augmenterait finalement pas en 2019
Autrefois hélitreuillé depuis un hélicoptère sur un sous-marin,
Macron ne parle plus, ne se montre plus et se cache
Macron va-t-il transformer le colère citoyenne en rage insurrectionnelle ?
Les Gilets jaunes menacent de réinvestir Paris samedi malgré quelques concessions à court terme du gouvernement et du fait du refus obstiné de Macron de rétablir l'ISF (IFI). Le président a ainsi pris le risque d'"une très grande violence" et de pertes humaines. "Nous avons des raisons de redouter une très grande violence", a fait savoir mercredi soir la présidence. Le 8 décembre, "nous savons que nous aurons des blessés et nous craignons d'avoir des morts parmi nous", explique le syndicat de police Vigi.

Le président Emmanuel Macron a demandé mercredi aux responsables politiques et syndicaux de lancer un "appel au calme"
L'inquiétude de l'exécutif peut paraître surjouée. Surtout, elle implique cyniquement les responsables politiques qui seront incriminés dans le cas d'un déchaînement de violences dans Paris, encore sous le choc des scènes d'émeute vécues samedi 1er décembre. 

Ces images, qui ont fait le tour du monde, ont d'ailleurs porté un coup à l'économie et au tourisme et l'Etat macronien s'est emparé de cet argument pour accabler les "factieux" et discréditer le mouvement pacifique des Gilets jaunes.

Quatre personnes sont mortes et des centaines ont été blessées - de part  et d'autre - en marge des manifestations contre la politique sociale et fiscale du gouvernement, déclenchées le 17 novembre. Et la colère s'étend désormais aux lycéens, aux agriculteurs et aux étudiants.

Jupiter a-t-il renoncé à exercer un pouvoir vertical et solitaire ?

"Le président de la République a demandé aux forces politiques, aux forces syndicales, au patronat, de lancer un appel clair et explicite au calme et au respect du cadre républicain", a déclaré le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, alors que le président n'est plus apparu en public - si ce n'est de nuit, en catimini au Puy-en-Velay, où il a été copieusement hué et insulté et sa voiture prise en chasse.

Pour le porte-parole Griveaux, cet appel s'adresse à "ceux qui font preuve de cynisme, d'opportunisme (...) Inutile de les nommer. Ils se reconnaîtront". Ce membre du gouvernement, comme Sandra Motin, députée LREM de l'Isère plus haut, discrimine les Français et provoque le passage à la haine insurrectionnelle.
"Ce qui est en jeu, c'est la sécurité des Français et nos institutions. Je lance ici un appel à la responsabilité", a pour sa part dit le premier ministre Edouard Philippe devant l'Assemblée nationale. Humblement et piteusement.

Il a aussi affirmé que le gouvernement sera "intraitable" face aux "factieux" et aux "casseurs".
On notera au passage la brutalité de Ruth El Krief, hôtesse maltraitante aux abois, arc-boutée sur sa position menacée de privilégiée sous la critique de la rue pour son mépris de classe:  

Pour tenter de désamorcer la "colère jaune", l'exécutif a reculé mercredi soir, en renonçant pour l'an prochain - 2019 seulement - aux augmentations de taxes sur les carburants. Mais Macron reste inflexible sue l'ISF...
Ces hausses à l'origine prévues pour le 1er janvier sont "annulées pour l'année 2019", a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy. Mais les hausses des dernières semaines - 40 centimes par litre de diesel - continueront de peser sur les budgets de plus défavorisés.

Un premier recul mortifiant pour Emmanuel Macron qui, depuis le début de son mandat en mai 2017, s'était fait fort de "garder le cap" et de ne pas céder à la rue. La majorité des manifestants ne lâchent rien, quant à eux, et multiplient blocages et rassemblements parfois violents - quand ils se laissent infiltrer - depuis trois semaines dans tout le pays.
Seuls deux dépôts pétroliers ont été débloqués, tandis que la plupart des "gilets jaunes" dénoncent des "mesurettes" et promettent de poursuivre leur mouvement.

Le mépris de classe de Macron peut mettre le feu au pays
"Les Français ne veulent pas des miettes; ils veulent la baguette au complet", a déclaré Benjamin Cauchy, l'une des figures du mouvement.

Le mouvement a gagné le soutien de la population :  près de huit Français sur dix (78%), estiment que les premières annonces du gouvernement ne répondent pas aux attentes, selon un sondage Elabe qui confirme que l'approbation de la mobilisation reste élevée, avec 72% des Français.

Celui qui disait "entendre" et "comprendre" est en revanche resté sourd sur une autre revendication des "gilets jaunes": le rétablissement de l'Impôt sur la fortune (ISF), qui frappait les ménages les plus fortunés avant d'être supprimé dès son arrivée au pouvoir, en plein mois de juillet 2017. Il a filtré dans l'entourage présidentiel que Macron a déclaré en Conseil des ministres mercredi qu'il ne veut "rien détricoter de ce qui a été fait depuis dix-huit mois". Un entêtement qui le rend d'avance responsable des gestes de colère et de désespoir que la presse dit craindre, surjouant la peur. 

Signe des tensions dans la France profonde, mardi soir au Puy-en-Velay (Haute-Loire, Auvergne), où un bâtiment officiel avait été incendié samedi, le chef de l'Etat a été hué et insulté frontalement au cours de sa visite surprise nocturne. Venu de Paris en avion, il est resté deux heures, sans autre contact avec la population. Et sans plus manifester aucune volonté de pédagogie avec des Gilets jaunes.

L'un des plus connus des "gilets jaunes", Eric Drouet, qui se déroba au débat dans l'émission spéciale de BFMTV, 'Sortir de la Crise' - destinée d'une part à ridiculiser les quatre Gilets jaunes présents face à une Marlène Schiappa frontalement agressive (mais prise en flagrant délit de mensonge) et à un de Rugy, faux-cul et soucieux de son image, et d'autre part, à convaincre de ne pas participer au rassemblement du 8 décembre à Paris, sous la pression de la peur de débordements - mercredi soir animée par Ruth El Krief, tour à tour cinglante et condescendante, et Bruce Toussaint, narquois, a appelé à "retourner à Paris" samedi, "près des lieux de pouvoir, les Champs-Elysées, l'Arc de Triomphe, (la place de la) Concorde". On dit que des blindés de l'Armée les y attendent.

La contestation a gagné les lycéens, qui protestent notamment contre la réforme du baccalauréat. Au lendemain de heurts parfois violents, le fonctionnement de quelque 200 lycées restait perturbé mercredi et des associations lycéennes appelaient à une mobilisation générale à partir de jeudi. 

Certains étudiants commençaient à rejoindre le mouvement. "Les circonstances actuelles dans notre pays font que la violence est en train d'envahir les débats et de faire en sorte que nos lycéens soient mêlés à des contextes dangereux", a averti mercredi soir le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer. Dramatisation de dissuasion ?

Les agriculteurs ont quant à eux annoncé qu'ils manifesteront la semaine prochaine, contre l'"agri-bashing".



mardi 17 mai 2016

Regain de mobilisation contre la loi Travail, au premier jour des grèves, ce 17 mai

Nouvelles violences des insurgés dans la plupart des régions, pour cette 6e journée de mobilisations

68.000 personnes auraient manifesté à travers le pays ce mardi
,

Mais c'est selon le gouvernement, soit davantage que la semaine passée. 


Prélude à une semaine marquée par une série de mouvements sociaux, sept syndicats – CGT, FO, FSU, Solidaires, étudiants de UNEF, et les lycéens de UNL et de la Fidl – avaient appelé à une nouvelle journée de mobilisation, mardi 17 mai, contre le projet Valls de loi de réforme du code du Travail. C'est la sixième édition en un peu plus de deux mois, pour réclamer le retrait du texte porté par la ministre-kamikaze du Travail, Myriam El Khomri, adopté sans vote des députés en première lecture, la semaine dernière, après un recours à l’article 49.3 dans l'attente de la seconde lecture, au retour du texte modifié par les sénateurs, lequel est à son tour menacé de passage en force.

"Plus de 220.000" personnes ont manifesté un peu partout en France,  selon la CGT, mais seulement "68.000  selon le ministère de l'Intérieur.
87 personnes ont été interpellées, s'ajoutant aux 1.300 interpellations recensées depuis le début des manifestations contre la loi Travail (dont 819 gardes à vue et 51 condamnations).

Les images filmées à Paris :

Les nervis des services de sécurité des syndicats avaient été musclés
pour "montrer au public et aux pouvoirs publics qu'on fait tout pour éviter les débordements", a expliqué un membre du service d'ordre (SO) phocéen. Ce qui explique que celui de la CGT, attaqué par des manifestants le 12 mai, était particulièrement visible à Paris : fait inhabituel, certains membres des services d'ordre, conspués par des jeunes qui criaient "SO collabos", étaient équipés de matraques ou de bâtons, comme en Afrique du Sud du temps de l'apartheid. Manquaient les chiens... 
Voir cette image diffusée par l'AFP sur Twitter:
Bâtons et battes de baseball chez le service d'ordre des syndicats






Arborant souvent les couleurs de l’un des sept syndicats initiateurs de cette journée d’action, les militants ont fustigé la loi travail et le gouvernement. Le numéro un de la CGT, Philippe Martinez, qui affirmait être opposé aux violences, a confirmé que le mot d’ordre était plus que jamais au retrait du projet de loi. "C’est la colonne vertébrale du texte qui est mauvaise et qui organise le dumping social", a-t-il répété. "On n’a pas été entendus, donc on va se faire entendre encore plus fort," a-t-il menacé.

En régions, affrontements à Nantes, Rennes, Lyon

En dehors de Paris, les opposants à la loi travail étaient entre 3.500 (police) et 10.000 (syndicats) à Nantes, entre 6.800 et 80.000 à Marseille, 2.300 et 8.000 à Toulouse, 1.700 et 7.000 à Lyon, 1.400 et 3.000 à Montpellier, 1.100 et 2.000 à Rennes, ou encore de 1.600 à 7.000 à Grenoble. Au total, 56.300 personnes ont manifesté en province, selon le ministère de l’intérieur.

Des affrontements ont été déplorés à Nantes (photo ci-dessus), à Rennes, mais aussi à Toulouse, ci-dessous, ainsi qu'à Lyon, où "cinq policiers ont été blessés, dont un sérieusement", a ajouté le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet.



Des actions lancées par les fédérations des transports CGT et FO ont conduit à la paralysie de la zone portuaire et industrielle du Havre, du port de Saint-Nazaire et de la raffinerie de Donges, près de Nantes. 
Des routiers et des grévistes ont mis en place des opérations escargot et des blocages de sites, notamment pétroliers, dans le Sud-Est à Fos-sur-Mer, dans l’ouest de la France, notamment en Bretagne socialiste (Rennes, Lorient, Le Mans, Quimper...), provoquant d’importantes difficultés de circulation également au Havre ou à  Caen.



Devant la raffinerie Total de Donges, près de Nantes
Loi Travail : de nombreuses permanences PS prises pour cibles

Insurrection politique
Ainsi, à Rouen, c'est le bureau du parti socialiste qui a été vandalisé : tout en scandant le mot "résistance", des militants ont recouvert les murs et le panneau "parti socialiste" de peinture rouge.

Rouen n'est pas le seul bureau du PS à avoir subi des dommages ce mardi. A Mayenne, les mots "RIP démocratie" et 49.3 ont été tagués sur le mur extérieur du local socialiste à l'encre rouge.


A Toulouse enfin, une dizaine de syndicalistes de la CGT a muré l'entrée de la permanence parlementaire du député PS Christophe Borgel, responsable des élections, toujours pour réclamer le retrait de la loi travail.


VOIR et ENTENDRE la video de l'attaque de la permanence socialiste vandalisée ce jour à Rouen:




La justice administrative a donné raison aux activistes contre le gouvernement

Elle a suspendu neuf arrêtés sur dix émis par le préfet de police de Paris qui empêchaient des militants antifascistes (antifa, trop souvent désignés du terme vague et complice de "casseurs") de participer à la manifestation contre la loi travail, a annoncé un avocat de la défense. 
Dans ses ordonnances de rejet, le juge relève que les interdictions constituent une "atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’aller et venir et à celle de manifester". Au total, 53 personnes ont été interdites de manifester par arrêté, a précisé le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve.

Depuis samedi, la préfecture de police a envoyé des arrêtés à plusieurs militants, dont des membres du collectif Anti Fascistes (AFA) Paris-Banlieues et du Mouvement interluttes indépendant (MILI). Considèrent-ils que le pouvoir socialiste, si légitime soit-il, est fasciste ?
Un journaliste évoquait 36 interdictions à Paris sur Twitter, selon une source policière.

Mais quel rôle les gardes mobiles jouent-ils ?

"Une dérive de la démocratie" en état policier
Sur France Info, l'avocat de la Ligue des droits de l'homme, Patrice Spinosi, a vivement critiqué la décision du préfet de police. "Le politique est pris au piège de l'état d'urgence et en profite pour utiliser l'état d'urgence pour faciliter le travail de la police, et cela, c'est une dérive de la démocratie."

"Rappelons que la loi sur l'état d'urgence a été prise et est renouvelée au nom de la lutte contre le terrorisme", assène l'avocat Maître Eolas sur Twitter, suggérant qu'il ne s'applique pas aux activistes politiques, même révolutionnaires.

Rappelons que la loi sur l'état d'urgence a été prise et est renouvelée au nom de la lutte contre le TERRORISME.https://twitter.com/lemondefr/status/731989068779819008 

Ces militants étaient "interdit(s) de séjour" le mardi 17 mai dans les arrondissements concernés par la manifestation, ainsi qu'autour de la place de la République, pour les rassemblements de 'Nuit debout', soit des arrondissements formant un tiers de la ville de Paris. Décision problématique, pour au moins sept d'entre eux qui résident ou travaillent dans cette zone, selon Mediapart, qui a eu accès aux requêtes. Pour l'heure, la préfecture ne leur reproche rien de précis, mais s'appuie sur l'état d'urgence, prévu pour combattre le terrorisme, précise en clair le site trotskiste d'information.

Selon Paris-luttes.info, qui relaie les informations du collectif AFA Paris-Banlieues, "au moins plusieurs dizaines de personnes sont concernées par les interdictions de 'paraître'". Ces arrêtés concerneraient des militants de différents collectifs, "des personnes syndiquées, des blessées lors de violences policières et des non organisées", à Paris, Nantes et Lyon, explique le site.

A moins d'un mois de l'Euro de football en France, d'autres grèves reconductibles sont également annoncées

C''est le cas cas chez les dockers, marins, facteurs, et à partir de mercredi à la SNCF, où des revendications internes s'ajoutent au rejet de la loi travail. 

Jeudi, à l'aéroport d'Orly, 15% des vols seront supprimés. Les syndicats entendent relancer le mouvement, dont l'intensité a baissé depuis la manifestation de 390.000 personnes (1,2 million selon les syndicats) le 31 mars. 
Ce mardi, la mobilisation des mécontents a toutefois doublé par rapport à la fois précédente.