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vendredi 26 juillet 2019

Lycéens interpellés à Mantes-la-Jolie : l’IGPN blanchit les policiers qui les ont humiliés

L’enquête de l’IGPN classée sans suite, malgré une scène rappelant "les heures sombres de notre Histoire"

Oubliées les "années 30" fustigées par Macron et la "peste brune", par Darmanin

Scène filmée en France, le 6 décembre 2019 :
des lycéens interpellés sont mis à genoux face à un mur
Certains y avaient vu des propos appelant au devoir de mémoire, d'autres à un bourrage de crâne, mais aucun organe de presse ne stigmatise l'IGPN. Avec son classement sans suite des mesures disproportionnées et humiliantes de la police de Macron contre des mineurs de Mantes-la-Jolie, la coupe est pleine. 
Il fait suite en effet aux blanchiments de deux comportements de François de Rugy comme président de l'Assemblée qui fait bombance entre amis, lequel a pourtant récidivé comme ministre d'Etat. Point commun de ces trois jugements : ils sont prononcés par des instances qui sont juges et parties, puisque des députés ont statué sur des dépenses somptuaires du premier des leurs et la "police des polices", sur des humiliations imposées par ses collègues. 

Ces organismes de contrôle, IGPN ou commission d'enquête parlementaire, toutes agissent en interne. 
Ils ne servent visiblement qu'à dédouaner leurs pairs (leur président, des repas "professionnels" qui ont eu lieu à l’hôtel de Lassay lorsqu’il était au perchoir de l’Assemblée nationale. Concernant les travaux effectués dans son appartement, c'est Matignon qui diligente une enquête sur les dépenses de son numéro 2, ministre d'tat, mais nous sommes toujours dans le même cas de figure.
La tendance à la déresponsabilisation des acteurs politiques au sommet de l'Etat est pareillement à l'oeuvre avec des instances comme la CRE (Commission de régulation de l'énergie), l'ARCEP (autorité de régulation des communications électroniques et de postes) ou le CSA. A l'instar de Macron, nos responsables politiques n'ont qu'un mot à la bouche "j'assume", ce qui n'a aucun sens dans la mesure où ils se défaussent sur ces autorités et autres commissions qu'on dit "indépendantes", mais qui ont à leur tête des président désignés ou recommandés par l'Elysée ou Matignon...
     
Une vidéo de la rafle de 151 lycéens en décembre dernier avait fait scandale

On voyait ces adolescents à genoux, mains sur la tête, encerclés de policiers.

A l'IGPN, le malaise est passé...
Enquête classée sans suite, le 26 juillet, jour de grands départs en vacances estivales. La conclusion de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) après les investigations lancées au sujet, non pas de la vidéo, comme l'écrit une certaine presse, mais des faits choquants qu'elle révèle. 
Le document montre l'arrestation le  6 décembre ...2018 de dizaines de lycéens à Mantes-la-Jolie (commune UMP-LR des Yvelines, depuis 1995) par des militaires en armes. Les adolescents - dont le plus jeune avait 12 ans - étaient filmés à genoux, encerclés par les forces de l'ordre casquées, équipées de matraques et de boucliers.

Le syndicat lycéen association lycéenne UNL, puis dix mineurs, avaient déposé plainte, notamment pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle, violences volontaires par dépositaire de l'autorité publique ainsi que pour diffusion illégale de l'image de personnes.

Violences urbaines plus graves qu'ailleurs ?

L'enquête avait été ouverte le 12 février et concernait 12 plaintes. Ce vendredi 26 juillet, la procureure de Nanterre, où a été dépaysé le dossier a conclu que " le fait de retenir les personnes interpellées en position à genoux ou assise, entravées pour certaines d'entre elles, apparaît justifié par le contexte exceptionnel de violences urbaines graves et le nombre de personnes devant être conduites dans les locaux de police, nécessitant une organisation matérielle incompressible".

Par ailleurs, les plaignants "placés en garde à vue ont bénéficié des droits légaux attachés au régime de la garde à vue", souligne-t-elle, comme si le respect de la loi était chose extraordinaire. 

Les "violences aggravées" dénoncées par quatre mineurs "ne sont corroborées, ni par leurs déclarations ou les observations de leurs conseils, ni par les examens médicaux des médecins légistes, ni lors de leur présentation à un magistrat dans le cadre de la prolongation de leur garde à vue."
Conclusion : il ne s'est rien passé, ni usage du LBD, ni mutilations physiques...

Une "non-enquête"

Des lycéens interpellés par les forces de l'ordre jeudi 6 décembre 2018 à Mantes-la-Jolie (Yvelines)
Des adolescents traités comme des résistants sous l'Occupation
L'affaire n'est pas close pour autant. 
Cette décision du Parquet placé sous l'autorité du ministère de Nicole Belloubet  "n'a pas de sens, ni factuel, ni juridique, et elle est sans conséquence sur l'enquête qui se mène", a réagi Me Arié Alimi, avocat des familles et de l'UNL. 

Me Alimi a indiqué qu'une vingtaine de nouvelles plaintes a été déposée et qu'un juge d'instruction va être saisi du dossier.
L'avocat a en effet déposé, dès le 6 mai, une plainte avec constitution de partie civile , qui doit aboutir prochainement à l'ouverture d'une information judiciaire. Au milieu de l'été, "cela ressemble plus à des effets d'annonce qu'à des annonces", a-t-il estimé. 
Seules "4 victimes" ont été entendues, a précisé l'avocat, qui parle d'une "non-enquête".

"Là encore, il n'y a pas de surprise", a déclaré Yessa Belkhodja, dont le fils est scolarisé au lycée Jean Rostand, porte-parole du Collectif de défense des jeunes du Mantois . Elle évoque elle aussi la saisine prochaine d'un juge. "Concernant les enquêtes préliminaires, la police qui enquête sur la police, on n'y croit pas vraiment".

Une vidéo choc

Le 6 décembre dernier, comme plusieurs villes en France, Mantes-la-Jolie est le théâtre de manifestations lycéennes contre la réforme de l'université. Ce jour-là, le blocus du lycée Saint-Exupéry suscite l'interpellation de 151 adolescents par la police de Macron et Castaner.
Une vidéo de l'arrestation, filmée par un auteur dont on ignore l'identité, est postée sur les réseaux sociaux. On y voit des lycéens à genoux, certains face au mur, les mains sur la tête. D'autres ont les bras attachés dans le dos. "Voilà une classe qui se tient sage", lance une voix moqueuse derrière la caméra.

L’auteur de la vidéo, un "fonctionnaire de police, fait l’objet d’une procédure de sanction administrative, et une action disciplinaire est sollicitée auprès du procureur général de Versailles", a précisé vendredi  26 la procureure de Nanterre. 
En revanche, la personne ayant diffusé la vidéo n’a pas été identifiée, "le site hébergeur refusant de répondre à la réquisition judiciaire, au nom de la protection des “droits et libertés des utilisateurs” ".

Dans cette affaire, deux autres enquêtes ont été ouvertes. 
Une enquête administrative a conclu à l’absence de "faute" ou de "comportements déviants de la part des policiers"à la mi-juin, selon Brigitte Jullien, la patronne de l’IGPN depuis janvier 2019. 
L’enquête du Défenseur des droits, qui s’est lui-même saisi du dossier, est quant à elle toujours en cours.

dimanche 3 février 2019

Acte XII : des Gilets jaunes pacifiques par milliers contre les violences policières sur ordre de Castaner

Plus de 60.000 manifestants ont encore défilé en France contre les violences ordonnées par le ministre de l'Intérieur

58.600 Gilets jaunes" ont défilé dans le pays, ce samedi, selon le ministère de l’Intérieur

Patrick Vignal (LaREM) aux gilets jaunes :
Au lendemain de la décision du Conseil d'Etat de maintenir l'usage des lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une "grande marche des blessés", en hommage aux victimes des violences policières sur ordre de Castaner s’est mise en route dans le calme vers midi à Paris, deux mois et demi après le début de ce mouvement  inédit de contestation sociale.

Parties de la place Félix-Eboué dans le XIIe arrondissement de Paris, plusieurs milliers de personnes ont d’abord rallié la place de la Bastille en milieu d’après-midi derrière un kaléidoscope de visages tuméfiés et des banderoles réclamant "l’interdiction" des grenades et des LBD. 10.500 ont participé au défilé, selon la Préfecture de police, contre 13.800, selon le cabinet Occurrence (qui se dit indépendant, ce que conteste Agoravox), un comptage rendu possible puisqu'un seul cortège était organisé dans la capitale, alors que les services du ministère de l'Intérieur peut les minorer les chiffres de participation partout ailleurs en France. 

Jérôme Rodrigues, après sa blessure samedi 26 janvier 2019.
Le cortège, dédié aux victimes de violences policières, a réservé un accueil de rock star au Gilet jaune  Jérôme Rodrigues, gravement blessé à l’œil droit, ci-contre, le 26 février, soit par un Flash-ball (LBD 40), soit par une grenade de désencerclement, ce que déterminera peut-être l'enquête de l'IGPN.
"Ce sont des blessures qui mutilent, qui détruisent des vies alors que nous sommes des pacifistes", a souligné Antonio, un des organisateurs de la marche, lui-même blessé par une grenade GLI-F4.

En pleine polémique sur les LBD 40 qui blessent et mutilent des manifestants, plusieurs dizaines de milliers de Gilets jaunes ont dénoncé ce samedi les violences policières à travers la France, lors d’un acte 12 pacifique, finalement de nouveau marqué par des heurts avec la police, principalement à Paris et Bordeaux.
Les chiffres officiels de participation concoctés par le ministère de l’Intérieur (58.600 personnes) permettent au gouvernement des comparaisons qui l'arrangent (69.000 la semaine dernière, pour l'acte XI) et de faire de la désinformation, mais ses estimations sont contestés par les Gilets jaunes. 

Provocations et heurts à Paris et Bordeaux

A Paris, des échauffourées ont éclaté peu après l'arrivée de la tête du cortège place de la République. Au moins 10 interpellations ont eu lieu, selon des chiffres communiqués par la préfecture de police de Paris.
Une centaine de manifestants vêtus de noir, masqués ou cagoulés et identifiés comme des "Black bloc" ont jeté des projectiles sur les forces de l'ordre stationnées à proximité, lesquelles ont riposté avec des gaz lacrymogènes, des charges et en utilisant un camion lanceur d'eau. 
Des Gilets jaunes ont dû chasser les "Black bloc" (activistes violents anticapitalistes, internationalistes et anarchistes) que la police de Castaner (un ex-membre des cabinets ministériels de Catherine Trautmann et de Michel Sapin, sous le gouvernement PS de Lionel Jospin.) avait laissé s'infiltrer dans le cortège, en sorte de  discréditer le mouvement social entier.
Quand le site "revolutionpermanente" livre sa version des faits, ça donne ça:

"Nous relatons ci-dessous, le compte rendu de la scène est très brutale. En plein interview, un homme habillé de noir, cagoulé, surgit et crie : « Pas de partis politiques ici, vous dégagez ! », avant que d’autres hommes, une vingtaine, eux aussi cagoulés et vêtus des Gilets Jaunes pour la plupart, se ruent sur le cortège du NPA pour l’attaquer à coups de poings et de pieds. Une agression clairement revendiqué par ces militants d’extrême-droite crient « Antifa ah ah. »

« Ils ont gueulé : « la bise à Clément », témoigne un manifestant [anonyme] interviewé par Révolution Permanente. Par cette référence à Clément Méric il s’agit clairement d’une allusion à , assassiné par un militant-d’extrême. Dans la vidéo, filmée en direct, on aperçoit un militant du NPA, le nez en sang, après avoir reçu des coups de poing de la part de plusieurs militants d’extrême-droite [la vidéo existe-t-elle ? Elle n'est pas produite : le 24 novembre 2014, le magazine Spécial Investigation de Canal+ diffuse un documentaire de Thierry Vincent, « Violences de l'extrême droite : Le retour ». Le film divulgue la vidéo, objet de controverses, et confirme ainsi qu'il est impossible d'en déduire de quelle façon s'est déroulée l'agression.]. Une agression clairement revendiquée par les militants d’extrême-droite [sic]. Outre les slogans « Bisous à Clément », assassiné par un militant d’extrême-droite, on peut entendre en partant les agresseurs dire « Antifa ah ah »." [Le procès en appel est en attente]
Trente-trois manifestants ont été interpellés dans la capitale, selon la Préfecture de Police, dont 21 personnes étaient à ce stade en garde à vue, a indiqué le Parquet de Paris.

L’un des activistes a été atteint au visage par un tir de LBD 40 et évacué par les pompiers, rapporte l’AFP. 
Louis Boyard, le président du syndicat lycéen UNL, a déclaré avoir été lui-même victime d’un tir de LBD au pied. "Tout le pied semble cassé", écrit-il sur Twitter, photo à l'appui.

Autre ville-cible du mécontentement social, Bordeaux, la ville de Juppé, a été de nouveau le théâtre d’incidents en fin de manifestation.
17 personnes ont été interpellées. Visées par toutes sortes de projectiles, les forces de l’ordre ont répliqué en faisant notamment usage de LBD 40, a constaté la presse.

A Nantes, ville de Jean-Marc Ayrault, deux policiers ont été blessés lors d’une mobilisation émaillée d’incidents et de dégradations. 
Un autre policier a été blessé et quatre personnes interpellées à Morlaix (Finistère). Peu avant le début d’une manifestation, Claudie 56 ans, saisonnière au chômage, l’œil bandé, expliquait être là pour "une vie meilleure, vivre et non survivre".

Dans l’Est, à Strasbourg et Nancydes affrontements ont eu lieu entre forces de l’ordre et Gilets jaunes et trente-deux personnes au total ont été interpellées.

A Toulouse, autre place forte du mouvement, plusieurs milliers de personnes ont défilé.

Des marches ont également eu lieu à Lille (1.400 personnes selon la police, 2.000 selon les organisateurs), Marseille (2.000 selon la police), Tours ou Lyon. Partout, les manifestants arboraient cache-oeil, bandages et faux sang.

A Rennes, Pascale est venue dénoncer l’usage des LBD, expliquant avoir vu un jeune perdre un œil lors "d’une manif contre la loi travail en 2016". "Ça aurait pu être moi", explique cette dame de 59 ans.

"Si moins d’incidents sont à déplorer, je condamne fermement les dégradations et violences qui ont été commises", a tweeté Castaner, le ministre de l’Intérieur, en soirée.
Pour cette gilet jaune,
Le risque de violences rend "nécessaire de permettre aux forces de l’ordre" de pouvoir y recourir," avait estimé vendredi le Conseil d’Etat, à la stupéfaction générale, à la suite d’une demande d’interdiction du LBD.
Castaner avait pourtant reconnu que cette arme -utilisée plus de 9.200 fois depuis le début de la contestation- pouvait "blesser", tout en en défendant l’utilisation "face aux émeutiers".

Forte mobilisation à Valence

Ce samedi, les manifestants avaient également appelé à se mobiliser en masse à Valence, où le président Emmanuel Macron s’était rendu la semaine dernière pour le grand débat national. Selon la préfecture, 18 personnes ont été interpellées à Valence et "une centaine d’armes blanches ou par destination" saisies. 

Dans la ville de la Drôme où les autorités et la presse avaient créé une psychose de la peur, des mesures de sécurité exceptionnelles avaient été prises, mais les quelque 5.400 manifestants ont défilé dans une ambiance bon enfant

Dans chaque ville où se rendra Macron, des Gilets jaunes prévoient d'organiser des contre-manifestations chaque week-end suivant ses meetings de campagne des Européennes, sous couvert de Grand débat national.

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : les syndicats avaient cautionné le rassemblement du 1er décembre qui a tourné à l'émeute

Après leur rencontre avec Edouard Philippe, les syndicats dépités avaient appelé la population à se joindre au rassemblement

La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à grossir les rangs de la manifestation prévue le samedi 1er à Paris 

Appel  de la CGT, avec mots d'ordre particuliers (image) 
Comme d’autres, les organisations syndicales ont été reçues, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation de la concertation décentralisée que l’exécutif accepte sous la pression de mettre en place. Et comme d’autres, elles sont reparties déçues de ce rendez-vous censé apporter un élément de réponse au sujet controversé de la sur-fiscalité sur les carburants, élargi au pouvoir d’achat défendu par mouvement des 'gilets jaunes'.

"On a redit qu’il fallait des mesures concrètes. On ne rentre pas dans un processus s’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des mesures réelles pour les travailleurs", a expliqué, pour la CFDT, Laurent Berger, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), à sa sortie de Matignon. Il est pourtant celui qui se montre le plus ouvert à cette idée de dialogue au plus près du terrain entre associations, corps intermédiaires, élus, Etat et protestataires dont il a lui-même proposé l’idée. Mais "à une seule condition", a-t-il prévenu, sur la défensive, "que ça ne soit pas un jeu de dupes".

Ses homologues sont plus réticents. 
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"Les grand-messes qui associent tout le monde, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’ai peur qu’on noie le poisson dans l’eau", considère Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), ci-contre, à gauche, qui ne pouvait être présent vendredi. 

Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC),

François Hommeril, est aussi critique (ci-contre, à droite): "Je ne suis jamais contre discuter, mais on est comme les médecins de Molière : on va se retrouver autour du corps malade de la société française pour parler de la taille du bouton ou de la marque du thermomètre. Si c’est ça, ça n’a aucun intérêt. Ça doit se faire sur la politique économique du gouvernement avec laquelle nous sommes en total désaccord."

Le gouvernement jugé "hors sol"

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La Confédération générale du travail (CGT) est hostile. "On veut des réponses immédiates et pas des comités Théodule, explique Fabrice Angei, ci-contre en noir, membre du bureau confédéral de la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le gouvernement ne peut pas jouer la montre jusqu’à ce que le mouvement s’épuise. Il ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans le pays. Il est hors sol et le montre." Pour lui, "seule la mobilisation peut le contraindre à changer son fusil d’épaule". La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à venir, samedi, grossir une manifestation prévue de longue date à Paris contre le chômage et pour le pouvoir d’achat.


Les syndicats en ont aussi profité pour pousser leurs revendications. 
Comme le président de l'UDI et la député LREM, Brigitte Bourguignon, ou les présidents de région, FO a réclamé un "moratoire" sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. 
Avec la CFDT, elle a aussi demandé la généralisation de la prime pour les transports pour les salariés contraints de prendre leur voiture pour aller au travail. 

A la différence de Philippe Portier, CFDT, qui estime qu’Edouard Philippe s’est montré "ouvert", Michel Beaugas, FO, souligne que "le premier ministre n’a pris aucun engagement" sur le sujet. 

Entre rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et suppression de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la question de la revalorisation des salaires a également été très présente. Mais, déplore M. Beaugas, "le premier ministre a rappelé qu’il ne faut pas augmenter le coût du travail". Une fin de non-recevoir, selon lui. 

Ces derniers jours, plusieurs confédérations ont regretté l’absence de "coup de pouce" sur le SMIC. Le salaire minimal sera seulement revalorisé de façon automatique au 1er janvier, comme c’est le cas depuis années, a déclaré E. Philippe mardi.

Au-delà du fond, la forme a aussi dérangé. 
D’ordinaire, ce type d’annonce survient après qu’un avis consultatif a été donné par une instance réunissant les partenaires sociaux. Au moment où l’exécutif veut signifier qu’il ne dédaigne pas les corps intermédiaires, comme cela lui a été reproché, c’est au mieux "maladroit" de la part du premier ministre, pointe M. Veyrier. "Cela montre la réalité du mépris que le gouvernement a envers les acteurs sociaux", estime pour sa part M. Angei.

S'il est reproché au mouvement des "gilets jaunes" de ne pas être structuré, voire trop divers, et d'être un interlocuteur insaisissable, que dire des syndicats qui avancent en rangs dispersés malgré leurs cotisations, leur presse et leurs subventions ?

Qui a appelé à se joindre au rassemblement du 1er décembre ?
Outre l'association lycéenne UNL, proche de l'UNEF, FO Transports (FO-UNCP), troisième syndicat du secteur, a appelé à rejoindre le mouvement, contrairement à la CFDT Transports, majoritaire. 

De son côté, la CGT avait appelé les "gilets jaunes" à manifester le 1er décembre.
Sortant de sa réserve, la CGT cherche à reprendre la main sur le combat pour les «attentes sociales» des Français. Mardi, la première organisation syndicale a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à manifester le 1er décembre en vue d'exiger "des réponses immédiates et précises" du gouvernement et du patronat sur les thématiques de pouvoir d'achat. L'organisation formule des revendications précises: elle exige notamment une hausse du SMIC à 1800 euros, une prise en charge des transports par les employeurs, une TVA réduite à 5,5% pour les "produits de première nécessité", ainsi qu'une "fiscalité juste, tenant compte des revenus".
Dans son entreprise de récupération du mouvement citoyen, la CGT critique également la politique fiscale sur les carburants, et considère, à l'instar d'autres personnalités comme l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal, que le gouvernement ..."instrumentalise les enjeux environnementaux" dans le cadre de sa politique fiscale.
Benjamin Cochin, porte-parole du mouvement à Toulouse, s'est dit "heureux que les corps intermédiaires bâillonnés depuis 18 mois sortent du bois; ça nous fait plaisir mais on ne veut pas voir les drapeaux et les pancartes FO (...) Les organisations syndicales sont les bienvenues, mais il ne faut pas se tromper :  les "gilets jaunes" veulent eux-aussi discuter avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

vendredi 30 novembre 2018

Gilets jaunes : convergence des lycéens

Des lycéens se mobilisent : blocages d’établissements et de routes

L'amorce de convergence lycéenne pourrait faire tache d'huile


Des lycéens et étudiants manifestent contre Parcoursup en avril 2018 à Paris (image d'illustration)

Alors qu'Emmanuel occupe sa retraitée en lui faisant faire le tour du monde - ils sont en Argentine, ce week-end - , certaines mobilisations lycéennes qui ont lieu vendredi 30 novembre contre la réforme de l'Education nationale et Parcoursup accueillent aussi quelques protestataires du mouvement "gilets jaunes". 

Plusieurs lycées étaient bloqués ce matin en France : dans certains rassemblements, jeunes et "gilets jaunes" étaient côte à côte.
A Marseille, les lycéens rejoignent le mouvement des gilets jaunes
Sur l'ensemble de la France, une trentaine d'établissements étaient perturbés, d'après une source policière. Les rassemblements autour mobilisaient au total 2.600 participants.


Le syndicat lycéen association lycéenne UNL avait appelé à bloquer les lycées vendredi, pour protester aussi contre Parcoursup, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur mise en place l'année dernière, "les classes surchargées, les suppressions de postes", etc...
L'UNL veut également alerter sur des réformes en cours dans l'Education nationale concernant par exemple le bac et la voie professionnelle. 

A Paris

Sept établissements faisaient l'objet de barrages filtrants (qui laissaient donc passer élèves et professeurs) en matinée, a indiqué le rectorat, qui n'a pas relevé d'incident. 

En Bourgogne

A Marseille, les lycéens rejoignent le mouvement des gilets jaunesQuelque 200 à 250 lycéens à Cosne-sur-Loire (Nièvre), une centaine d'élèves à Tournus (Saône-et-Loire) ou encore à Avallon (Yonne), se sont rassemblés, bloquant parfois partiellement l'accès à leur lycée, selon la police. Quelques convergences spontanées ont eu lieu entre "gilets jaunes" et groupes de jeunes. 

A Dijon, ville universitaire, une quarantaine de jeunes a enfilé des gilets jaunes et s'est un temps installée à un rond-point, a encore indiqué la police. 

L'UNL veut également alerter sur des réformes en cours dans l'Education nationale concernant par exemple le bac et la voie professionnelle. 

Samedi, à Paris et en régions, plusieurs organisations syndicales de l'enseignement supérieur ont appelé à des rassemblements pour protester contre la hausse des frais d'inscription dans les facs françaises pour les étudiants venant de pays hors Union européenne.

L'exemple de PACA (Sud)

Dans le Vaucluse et les Bouches du Rhône, les lycéens se joignent aux mouvements des gilets jaunes. Sur les routes, l'A 8, qui relie Aix à Nice, est perturbée, notamment au niveau du péage de la Barque...

Le péage de Bollène sur l'autoroute A7 restera fermé pendant six jours.
La circulation est interdite jusqu'au mercredi 5 décembre inclus sur l'échangeur de l'A7 à Bollène.  
La banque alimentaire de Vaucluse a pris une décision exceptionnelle : elle reporte sa grande collecte annuelle des denrées alimentaires qui devait avoir lieu ce week-end. C'est en fait l'approvisionnement de l'ensemble des grandes surfaces qui est discontinu : des rayons de denrées de première nécessité ont été pris d'assaut, dans la crainte d'une pénurie.

Si la sortie Avignon Sud est débloquée, quelques rassemblements sont toujours d'actualité, comme l'entrée Orange-Sud (filtré); ou à Cavaillon avec des barrages filtrants aux rond-points Blachère et Melon.

L'A8 est toujours ponctuée de barrages filtrants aux péages, ce vendredi. A Istres, deux ronds-points sont bloqués, à Marcel Dassault et à La Bayanne . 

En solidarité, les lycéens ont décidé de rejoindre le mouvement.
Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes lyceens laprovence"Plusieurs lycées sont bloqués ce vendredi matin, notamment le lycée hôtelier de Bonneveine, dans le 8e, à Marseille et le Lycee Marseilleveyre. Les lycées Langevin et Lurçat à Martigues (ci-dessus). 
Ils protestent contre le Service national universel et la réforme du lycée. 
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Manosque (photo ci-contre)  - à quelques kilomètres de la ville dont Castaner fut le maire - , les lycéens qui bloquaient le rond point ont été délogés par les CRS. Dans le Var, à la Ciotat, 9 personnes en garde à vueCes personnes, dont des mineurs, sont en garde à vue après des incidents cette nuit au péage de la Ciotat, en marge d'un rassemblement des "gilets jaunes". Incendie volontaire, dégradations et violences. 80 policiers sont intervenus. Les faits ne seraient pas liés au mouvement des gilets jaunes. Sept majeurs âgés de 20 à 30 ans et deux mineurs ont été interpellés pour avoir participé à un rassemblement d'environ "180 casseurs", casqués et cagoulés. 




Vidéo intégrée
Le temps est perturbé dans le sud-est avec un épisode pluvio-orageux en cours,comme ici sur le Vieux-port de Marseille où il fera 13°C cet après-midi. Le soleil sera de retour dès demain!

Dans les Bouches du Rhône, encore, un rond-point est bloqué à Fos, un barrage filtrant est installé à La Mède.