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vendredi 27 décembre 2019

La réforme des APL à nouveau reportée par le gouvernement

Les apprentis du gouvernement ne tiendront encore pas leurs engagements

Denormandie, un proche de Macron, reporte la mise en vigueur des nouvelles règles de calcul du 1er janvier comme prévu au 1er...avril !

Denormandie se fait dessus quand le chien du Macron s'oublie.
Quand le ministre s'oublie, le président se fait-il dessus ?

La Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) a demandé plus de temps pour faire face à une évolution du mode de calcul des aides personnalisées au logement. 
La Nouvelle année du "monde nouveau" de Macron va s'ouvrir sous de mauvais auspices. Jeudi 26 décembre, lendemain de Noël, lgouvernement a annoncé, avoir repoussé du 1er janvier au 1er avril l’entrée en vigueur de la réforme des aides personnalisées au logement (APL), après déjà  un premier report en juillet dernier, la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF) ayant demandé plus de temps pour sa mise en œuvre.

Sur la sécurité et la fiabilité, l'exécutif accumule les difficultés.
Evitant les micros et caméras, Julien Denormandie, ministre chargé tardivement de la ville et du logement  des secteurs oubliés au moment de la formation du gouvernement en juin 2017 ! -, a eu recourt à un communiqué, pour faire part de ce deuxième report. 
Cet ancien directeur de cabinet adjoint de Macron quand il était ministre de l'Economie de Hollande justifie le nouveau report par sa volonté de permettre l’application de la réforme "avec un meilleur niveau de sécurité et de fiabilité pour les allocataires".

"Cette réforme n’est pas remise en cause [à la bonne heure !] et permettra de déterminer de façon plus juste le montant d’APL à verser en fonction de la situation des allocataires et de la réalité de leurs ressources", a-t-il promis.

"Il est de ma responsabilité d’assurer à tous les allocataires le juste versement de leurs aides au logement, c’est pourquoi j’ai acté ce décalage d’un trimestre", s'est vanté le ministre, clown triste (ci-contre par Bernard Buffet).

La CNAF avait eu également recours à un communiqué pour informer Juju Denormandie.
Elle lui faisait part, à lui et aux bras cassés de son cabinet, du besoin de "décaler la date d’entrée en vigueur de la réforme d’un trimestre afin de s’assurer des meilleures qualité et fiabilité possibles dans la mise en œuvre de cette réforme pour ses six millions d’allocataires" en souffrance. 

L'exécutif refait le coup de ParcourSup !
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Denormandie est-il un jeune sinistré?
Selon la Caisse, les "travaux techniques relatifs" à l’évolution du mode de calcul des allocations logement "montrent encore des zones d’incertitude". "D’ultimes travaux de fiabilisation sont donc indispensables, nécessitant un décalage du calendrier prévu pour assurer la bonne mise en œuvre de la réforme", a expliqué la CNAF dont le zèle et les scrupules honorent le ministre à la triste figure, l'un des fondateurs du mouvement En marche !, dont il fut secrétaire général adjoint...

Cette réforme vise à mettre en œuvre la "contemporanéité" (sic) des APL...
On comprend qu'un tel langage puisse faire bugger les calculs ! En clair, on parle d'actualisation des modes de calcul à partir des revenus actuels du bénéficiaire et non plus de ceux qui remontent à deux ans, comme c’est le cas actuellement.

Au mois de juillet, Matignon avait estimé à "un peu au-dessus d’un milliard d’euros" les économies réalisées grâce à cette réforme.

Le socialiste Macron a demandé au socialiste Denormandie - ex-collaborateur de Moscovici - de réaliser des économies sur le dos des allocataires, par définition les plus plus défavorisés. Mais la presse aux ordres assure que ça s'explique  par l’idée que les revenus actualisés seront globalement plus élevés que ceux qui étaient observés deux ans auparavant, grâce à la croissance, et que cela réduira mécaniquement le montant des aides leur étant conditionnées. 
Evidemment, ceux qui anticipent le coup-bas ne comprennent rien...


lundi 15 juillet 2019

Parcoursup : plus de 70.000 candidats sont toujours considérés "indésirables" au-delà du Bac 2019


Cet article est frappé par la CENSURE exercée par LE FIGARO qui mobilise son service juridique contre ce blog et qui menace de poursuites, considérant que cet article en rappelle un autre, sur la base de chiffres disponibles à tous et malgré un point de vue différent.


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Fort de la puissance que lui confère son employeur proche du pouvoir actuel, Wally Bordas, un syndicaliste déterminé à nous faire taire, nous contraint à la suppression de l'article qu'il ne conteste pourtant pas sur le fond.

Nous ne nous sentons pas de taille à lutter et n'avons d'ailleurs pas de temps, ni de moyens pour faire valoir nos droits: c'est ainsi qu'en démocratie la liberté d'expression est bafouée. 

Que nos lecteurs veuillent bien nous excuser de plier, mais le droit risquerait de s'avérer une nouvelle fois un instrument aux mains des puissants.

Merci de votre fidélité.
PaSiDupes

lundi 8 juillet 2019

Rétention des notes du bac : Macron prend le parti des élèves contre les fonctionnaires de l'Etat

Le chef de l'Etat sans enfants dénonce "une prise en otage de nos enfants"

En vérité, Macron ne parle que de lui !

Le président de la République s'est mis en avant pour donner son sentiment sur les enseignants qui ont refusé de rendre des copies du bac et obtenir de pouvoir dialoguer avec leur ministre sur la réforme du bac et du lycée.

D'abord 200, puis 300 prétendus, mais 700 finalement avoués.
Des professeurs ont refusé cette semaine de saisir les notes des candidats au baccalauréat et ainsi de les transmettre aux jurys, mais aussi, pour certains, de rendre les copies. 

"On ne pas prendre nos enfants et leurs familles en otage," a vivement réagi dimanche 7 juillet Emmanuel Macron, en des termes violents qui ont heurté les fonctionnaires. 
Le contexte de cette déclaration était léger, de surcroît : un entretien exclusif, annoncé à grands renfort de clairons par une chaîne d'Etat, accordé à Jacques Vendroux et diffusé sur franceinfo, en direct du stade de Lyon, avant la finale de la Coupe du monde féminine de football entre les Etats-Unis et les Pays-Bas, à 17h.

Macron a estimé que son ministre Jean-Michel Blanquer a eu "la bonne réaction" en décidant qu'en l'absence de certaines notes, les notes du contrôle continu de l'année seraient prises en compte pour compléter la moyenne. 
Les syndicats d'enseignants et une association d'élèves, l'UNL, dénoncent au contraire une tripatouillage des notes, une violation du caractère national de l'examen et une rupture d'égalité.

Macron se livre à une instrumentalisation grossière des désagréments vécus par les candidats
"Je respecte chacune et chacun, la liberté d'opinion et la liberté syndicale, mais à la fin des fins, on ne peut pas prendre nos enfants et leurs familles en otage." Emmanuel Macron à franceinfo
Le président a rendu une copie sur un sujet de morale : le devoir !
"Je crois que, quand on est enseignant dans la République française, on a des devoirs aussi, a déclaré le président de la République. Notre devoir à tous, c'est que, quand il y a un examen attendu avec angoisse, qui vient sanctionner la fin des études secondaires et l'entrée dans la vie universitaire [qui ne 'sanctionne' d'ailleurs pas un accès au supérieur, mais qui ouvre des droits] et la suite, le devoir c'est d'être au rendez-vous et de faire ce qu'on doit faire. Pour le reste, il peut y avoir des désaccords, il y a évidemment le droit de grève, de manifestation et j'y tiens beaucoup. mais en aucun cas, ces désaccords ne peuvent s'exprimer en prenant en otage nos jeunes et dans un moment d'angoisse important pour leurs familles."

"99% de celles et ceux qui font chaque jour l'éducation de nos jeunes ont le sens du devoir, a poursuivi Emmanuel Macron. On a des enseignants qui, de la maternelle au supérieur, parfois dans des conditions matérielles difficiles [violon !], avec des rémunérations pas satisfaisantes [concerto pour violon, sans dialogue !], sont là et accompagnent nos jeunes. C'est le plus beau métier. Je ne veux pas le laisser salir, écorner."


Quel était donc les sens du devoir et du respect de Macron lors du chaos provoqué chez "nos jeunes" par l'imposture de Parcoursup 2018 ?


Le "scandale" du tirage au sort dans le système précédent, APB (Admission Post-Bac),
un service accessible via un site web du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche entre 2009 et 2017) a largement servi de fondement et de justification à la mise en place de la loi ORE et du dispositif Parcoursup. 
Lien PaSiDupes : "Les bacheliers sans affectation de Hollande et Vallaud-Belkacem. Et pendant ce temps, Najat Vallaud-Belkacem prend du repos en famille dans les Landes"
En juillet 2017, le journal Le Monde était content de la performance de l'Etat socialiste auquel Macron a apporté sa caution, et titrait : "84,3 % des candidats admis, tirage au sort dans 92 licences", le "recours au hasard" étant ainsi admis, validé et gravé dans le marbre du journal... Lien PaSiDupes : "La ministre de l'Education nationale [Vallaud-Belkacem] a publié une circulaire légitimant le tirage au sort à l'entrée à l'université " 
Le Monde refusait de pointer cette sorte de roulette russe que Frédérique Vidal, la ministre de l’enseignement supérieur, s’était engagée à supprimer à la rentrée 2018. Et pourtant, 169 filières avaient dû recourir au tirage au sort pour éliminer [sic] des candidats lors de la première phase d’APB, début juin.

Il faut d’ailleurs souligner que la presse avait relativisé le désastre en banalisant les effets du tirage au sort, dès lors que le tirage au sort, tout problématique et injustifiable qu’il soit, n’a concerné que 0,4% des affectations dans l’enseignement supérieur en 2017. Grâce à la Plateforme APB, 6.000 étudiants étaient encore sans affectation à l'université, fin août 2017...

Rebelote en septembre 2018 : 120.000 "enfants" de Macron étaient toujours sans-affectation sur Parcoursup... 
Le 18 juillet, l’extrême lenteur de Parcoursup inquiétait déjà les futurs étudiants et établissements d'accueil. Soit 102.606 lycéens et étudiants - les "enfants" de Macron - en réorientation encore inscrits sur Parcoursup.  Lien PaSiDupes : "Un tiers des bacheliers n'est toujours pas fixé sur son sort.
Le sens du devoir de "papa" Macron était cruellement pris en défaut, puisqu'au début septembre 2018, encore un peu plus de 3.000 bacheliers - ses enfants - étaient toujours sans affectation... Lien JDD

Est-ce toujours moins pire aujourd'hui qu'avant ?
"Ce qui se profile aujourd’hui, c’est en réalité la généralisation à très grande échelle de quelque chose de plus pernicieux encore que le recours au tirage au sort," pouvait-on lire dans Libération en mai 2018. Qu’on en juge : dans des filières fréquemment confrontées à la nécessité de retenir [sélectionner?] environ 10% des candidatures (800 places pour 8.000 demandes ; 60 places pour 600 demandes…), le "classement" qu’il est demandé aux universités de réaliser aboutit à tout mettre en chiffres afin d’intégrer les appréciations qualitatives dans les algorithmes de classement : tel type d’appréciation "vaut" un 15/20, tel autre un 10/20… ; telle filière va privilégier les notes dites 'littéraires', telle autre les notes dites 'scientifiques'. Mais cette mise en chiffres, sur de tels volumes, ne suffit pas : il faut encore départager les très nombreux ex-aequo. Pour aboutir à un classement opératoire, il est nécessaire de descendre jusqu’au troisième chiffre après la virgule ! Si la seule différence entre un·e étudiant·e admis·e et un·e étudiant·e recalé·e tient à un millième de point sur une "moyenne" dont la confection soulève de graves questions de fond, n’aboutit-on pas à un système aussi injuste et plus trompeur que le tirage au sort ?
Le tirage au sort, meilleur système de sélection de l'excellence...

vendredi 30 novembre 2018

Gilets jaunes : convergence des lycéens

Des lycéens se mobilisent : blocages d’établissements et de routes

L'amorce de convergence lycéenne pourrait faire tache d'huile


Des lycéens et étudiants manifestent contre Parcoursup en avril 2018 à Paris (image d'illustration)

Alors qu'Emmanuel occupe sa retraitée en lui faisant faire le tour du monde - ils sont en Argentine, ce week-end - , certaines mobilisations lycéennes qui ont lieu vendredi 30 novembre contre la réforme de l'Education nationale et Parcoursup accueillent aussi quelques protestataires du mouvement "gilets jaunes". 

Plusieurs lycées étaient bloqués ce matin en France : dans certains rassemblements, jeunes et "gilets jaunes" étaient côte à côte.
A Marseille, les lycéens rejoignent le mouvement des gilets jaunes
Sur l'ensemble de la France, une trentaine d'établissements étaient perturbés, d'après une source policière. Les rassemblements autour mobilisaient au total 2.600 participants.


Le syndicat lycéen association lycéenne UNL avait appelé à bloquer les lycées vendredi, pour protester aussi contre Parcoursup, la plateforme d'accès à l'enseignement supérieur mise en place l'année dernière, "les classes surchargées, les suppressions de postes", etc...
L'UNL veut également alerter sur des réformes en cours dans l'Education nationale concernant par exemple le bac et la voie professionnelle. 

A Paris

Sept établissements faisaient l'objet de barrages filtrants (qui laissaient donc passer élèves et professeurs) en matinée, a indiqué le rectorat, qui n'a pas relevé d'incident. 

En Bourgogne

A Marseille, les lycéens rejoignent le mouvement des gilets jaunesQuelque 200 à 250 lycéens à Cosne-sur-Loire (Nièvre), une centaine d'élèves à Tournus (Saône-et-Loire) ou encore à Avallon (Yonne), se sont rassemblés, bloquant parfois partiellement l'accès à leur lycée, selon la police. Quelques convergences spontanées ont eu lieu entre "gilets jaunes" et groupes de jeunes. 

A Dijon, ville universitaire, une quarantaine de jeunes a enfilé des gilets jaunes et s'est un temps installée à un rond-point, a encore indiqué la police. 

L'UNL veut également alerter sur des réformes en cours dans l'Education nationale concernant par exemple le bac et la voie professionnelle. 

Samedi, à Paris et en régions, plusieurs organisations syndicales de l'enseignement supérieur ont appelé à des rassemblements pour protester contre la hausse des frais d'inscription dans les facs françaises pour les étudiants venant de pays hors Union européenne.

L'exemple de PACA (Sud)

Dans le Vaucluse et les Bouches du Rhône, les lycéens se joignent aux mouvements des gilets jaunes. Sur les routes, l'A 8, qui relie Aix à Nice, est perturbée, notamment au niveau du péage de la Barque...

Le péage de Bollène sur l'autoroute A7 restera fermé pendant six jours.
La circulation est interdite jusqu'au mercredi 5 décembre inclus sur l'échangeur de l'A7 à Bollène.  
La banque alimentaire de Vaucluse a pris une décision exceptionnelle : elle reporte sa grande collecte annuelle des denrées alimentaires qui devait avoir lieu ce week-end. C'est en fait l'approvisionnement de l'ensemble des grandes surfaces qui est discontinu : des rayons de denrées de première nécessité ont été pris d'assaut, dans la crainte d'une pénurie.

Si la sortie Avignon Sud est débloquée, quelques rassemblements sont toujours d'actualité, comme l'entrée Orange-Sud (filtré); ou à Cavaillon avec des barrages filtrants aux rond-points Blachère et Melon.

L'A8 est toujours ponctuée de barrages filtrants aux péages, ce vendredi. A Istres, deux ronds-points sont bloqués, à Marcel Dassault et à La Bayanne . 

En solidarité, les lycéens ont décidé de rejoindre le mouvement.
Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes lyceens laprovence"Plusieurs lycées sont bloqués ce vendredi matin, notamment le lycée hôtelier de Bonneveine, dans le 8e, à Marseille et le Lycee Marseilleveyre. Les lycées Langevin et Lurçat à Martigues (ci-dessus). 
Ils protestent contre le Service national universel et la réforme du lycée. 
Dans les Alpes-de-Haute-Provence, à Manosque (photo ci-contre)  - à quelques kilomètres de la ville dont Castaner fut le maire - , les lycéens qui bloquaient le rond point ont été délogés par les CRS. Dans le Var, à la Ciotat, 9 personnes en garde à vueCes personnes, dont des mineurs, sont en garde à vue après des incidents cette nuit au péage de la Ciotat, en marge d'un rassemblement des "gilets jaunes". Incendie volontaire, dégradations et violences. 80 policiers sont intervenus. Les faits ne seraient pas liés au mouvement des gilets jaunes. Sept majeurs âgés de 20 à 30 ans et deux mineurs ont été interpellés pour avoir participé à un rassemblement d'environ "180 casseurs", casqués et cagoulés. 




Vidéo intégrée
Le temps est perturbé dans le sud-est avec un épisode pluvio-orageux en cours,comme ici sur le Vieux-port de Marseille où il fera 13°C cet après-midi. Le soleil sera de retour dès demain!

Dans les Bouches du Rhône, encore, un rond-point est bloqué à Fos, un barrage filtrant est installé à La Mède.



vendredi 24 août 2018

Sondage Elabe : Macron meurtri par les doutes sur son efficacité

L'ego surdimensionné de Macron en a pris un coup

Le pessimisme s'impose et le doute s’installe, confirme une enquête Elabe 

Le sentiment d'une majorité nette de Français est étayé par les derniers indicateurs économiques, mal orientés : la croissance économique en berne et le chômage en hausse, le pouvoir d'achat en baisse continue et le déficit public reparti de plus belle, l'insécurité ne peuvent que conforter les inquiétudes. D’autant plus que le chef de l’Etat avait promis une efficacité comme jamais...

Seuls 14% des Français jugent l'action de Macron satisfaisante, après plus d'un an de pouvoir sans partage

C'est sur le terrain de l'efficacité promise que Macron trébuche. L'efficacité devait inspirer sa politique, pour rebooster l'économie, créer un choc de confiance, réduire le chômage, relancer la construction de logements, diminuer les inégalités… 
Ainsi, la réduction des aides sociales ou des aides au logement proclamée par le président, ne visait pas à faire des économies, mais l'efficacité! Même la réduction du nombre de députés a été présentée comme un moyen de gagner en efficacité.

L'efficacité est au cœur du discours du chef de l'Etat et de son identité politique. 
Macron a d'ailleurs cité le mot quinze fois lors de son discours devant le Congrès en juillet dernier. Et, il y a un an dans un entretien fleuve avec Le Point, l'ex-banquier déclarait: "Nous avons tourné la page de trois décennies d'inefficacité pour nous engager sur la voie de la reconstruction". Las ! 
Depuis son arrivée à l'Elysée, il n'a eu de cesse de vanter la culture du résultat, promettant de soumettre ses ministres à des évaluations chaque année, voulant même transformer le Parlement en un vrai organe de contrôle et d'évaluation. Par souci d'efficacité. Toute son action se justifie par la promesse de résultats concrets. Finis l'idéologie, les grands desseins, l'ambition du gouvernement, comme l'a répété Edouard Philippe à de nombreuses reprises, est de réparer la machine France.

Macron a besoin de plus de temps que prévu...

Quinze mois après son élection sur la base de 24% au premier tour,
les chiffres de cette rentrée ne sont guère porteurs : les indicateurs économiques condamnent la politique d'efficacité dont il nous a rebattu les oreilles. 

La croissance est plus faible que prévue en 2019, 1,7% et non les 1,9 promis, inférieure à celle de nos voisins européens, impactant gravement l'équilibre des finances publiques, singulièrement le pouvoir d'achat. Le chômage ne baisse que si les analystes ne valorisent que la catégorie la moins négative du moment, en fonction de la période de référence considérée et en excluant l'Outre-mer. 

L'inflation pointe son nez, mettant à mal l'espoir d'un pouvoir d'achat juste, singulièrement pour les retraités, cibles constamment visées. 

Le commerce extérieur est toujours aussi peu compétitif.

La construction de logements ne tient pas ses promesses. 

La machine Parcoursup régurgite des milliers de lyséens, un étudiant sur cinq n'a toujours pas d‘affectation… 

Et la perception qu'ont les Français de l'action du gouvernement est désormais très négative
 
Selon une enquête Elabe, seulement 6% des sondés estiment que la politique de l'exécutif améliore leur situation personnelle et 16% la situation du pays. 

Seulement 14% jugent son action efficace !
Un seul Français sur trois (34% des Français, soit +6 points par rapport au mois de juillet) garde patience. Les réformes structurelles engagées par le chef de l'Etat n'auront d'effets qu'à long terme. Or, ce n'est que l'accumulation de réformes qui peut transformer le pays en profondeur. 

Le chef de l'Etat arrive à la date-butoir qu'il s'était fixée. 
Lui-même avait parlé de résultats au bout de dix-huit mois, décembre 2018. "La France is back", s'exaltait-il à Davos, en janvier dernier, après huit mois. Slogan repris en écho par Edouard Philippe lors de son déplacement dans les Emirats.
Mais, près de deux fois huit mois plus tard, la France de Macron est encore à la traîne, en matière de croissance, de chômage, de déficits, de pression fiscale…. 

Ces mauvais chiffres mettent en cause la crédibilité du prétentieux. 
Pourquoi son soutien fiscal accordé aux entreprises et aux plus riches n'a pas eu l'effet attendu en matière de dynamisme économique? Pourquoi, en dépit des réformes El Khomri, puis Pénicaud, le chômage est-il toujours aussi élevé? Pourquoi certaines professions connaissent-elles une telle pénurie de main d'œuvre? 
Emmanuel Macron a-t-il actionné les bons leviers ? La suppression du statut de la SNCF était-elle la priorité? Ne fallait-il pas être plus volontariste en matière de baisse de la dépense publique? Sa méthode autoritaire et son Assemblée nationale servile ont fait comprendre aux Français qu'ils avaient misé sur le mauvais cheval, toque dorée et casaque argentée, singulièrement depuis les ordonnances pour imposer la réforme du Travail ou lors de sa réforme du statut des cheminots, sans concertation, ni dialogue.  

Macron va avoir la rentrée mouvementée qu'il a cherchée

L'illusion créée par la jeunesse de ce nouveau venu, vierge de tout passé clairement impliqué dans les turpitudes publiques passées, n'a pas fait long feu
Rapidement, la principale faiblesse de l'ex-banquier a été son image de "président des riches". Cette réalité lui colle à la peau, comme les sparadraps de l'affaire Benalla, comme le dilettantisme du président ou ses insultes aux "gens qui ne sont rien", illettrés" ou "cyniques", et désormais les caprices révélés du couple présidentiel qui a besoin de vaisselle de Sévres ou d'une piscine au fort de Brégançon, sans compter les affaires qui ont discrédité des proches: Ferrand, Bayrou, Schiappa ou Nyssen

Avec l'affaire Benalla, ses pouvoirs et ses privilèges, c'est l'arrogance de sa gouvernance qui a été pointée du doigt. Trop centralisée, trop solitaire, trop opaque, trop arrogante. Lui qui promettait un nouveau monde, horizontal, comme sa campagne En marche! n'a eu de cesse de se camper dans une posture verticale, jupitérienne. "Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir," avertit Nietzsche dans "La volonté de puissance"...

Et de gouverner dans le culte du secret, avec une poignée de fidèles et de favoris. Le dérapage d'Alexandre Benalla et la gestion du scandale ont mis à nu un fonctionnement très clanique, très ancien monde.

Désormais donc, selon Elabe, 80% des Français le jugent autoritaire. Ce reproche serait subalterne, si la manière, le ton, le style déplaisants du quadra permettaient d'atteindre à l'efficacité. Et si Macron ne donnait raison à Nietzche qui écrit : "On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "
Qu'importerait son culte nietzchéen du "premier de cordée", s'il n'affichait pas le mépris de ses concitoyens dans des petites phrases blessantes opposant ceux qui réussissent à "ceux qui n'existent pas" ou concernant le "pognon dingue" des aides sociales… 

Si Emmanuel Macron réussit à redresser la barre, en mettant sous le boisseau la gauche qui entraîne la France dans une spirale décliniste, et surtout en tenant à distance les populistes, qu'ils soient de gauche ou de droite, à la Die Linke ou à l'italienne, les critiques et les oppositions n'auront pas prise. Mais là, comment accepter de subir un pouvoir autoritaire, une politique jugée socialement injuste, si la situation du pays ne s'améliore pas?

La rentrée s'annonce compliquée. Le chef de l'Etat s'apprête à lancer des réformes difficiles: retraites, chômage, prélèvement à la source, hôpital… Il devra argumenter le bien-fondé de ces réformes. Les justifier et convaincre, ce qui n'est pas gagné, puisqu'il semble avoir renoncé à sa réforme des institutions. 

Ses deux atouts maîtres semblent d'ailleurs éventés. 
En Europe comme en France, son image de leader volontariste est abîmée par les derniers indicateurs économiques, quand l'Espagne et l'Italie font mieux. Les Français conservent l'espoir en son dynamisme et sa sincérité affichés.
Mais les Français cherchent encore l'alternative proposée. Mais cet l'autocrate est le seul véritable acteur apparent et encore est-il ébranlé par ses  propres contre-performances et les doutes des Français, jusqu'à l'intérieur de son mouvement En marche!  
Tout reste à faire. Pire, il doit maintenant détourner une part de son énergie pour le redressement de son empreinte personnelle.  Mais l'arrogant a mis le terrain sens dessus dessous et le chef de l'Etat va devoir changer de ton, de manière. Or, les comportements du couple au fort de Brégançon augurent mal de cette nécessaire mutation. 
Ni les corps intermédiaires décriés, ni les collectivités territoriales malmenées, ni les syndicats en colère ne sont disposés à lui faire crédit.