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vendredi 24 août 2018

Sondage Elabe : Macron meurtri par les doutes sur son efficacité

L'ego surdimensionné de Macron en a pris un coup

Le pessimisme s'impose et le doute s’installe, confirme une enquête Elabe 

Le sentiment d'une majorité nette de Français est étayé par les derniers indicateurs économiques, mal orientés : la croissance économique en berne et le chômage en hausse, le pouvoir d'achat en baisse continue et le déficit public reparti de plus belle, l'insécurité ne peuvent que conforter les inquiétudes. D’autant plus que le chef de l’Etat avait promis une efficacité comme jamais...

Seuls 14% des Français jugent l'action de Macron satisfaisante, après plus d'un an de pouvoir sans partage

C'est sur le terrain de l'efficacité promise que Macron trébuche. L'efficacité devait inspirer sa politique, pour rebooster l'économie, créer un choc de confiance, réduire le chômage, relancer la construction de logements, diminuer les inégalités… 
Ainsi, la réduction des aides sociales ou des aides au logement proclamée par le président, ne visait pas à faire des économies, mais l'efficacité! Même la réduction du nombre de députés a été présentée comme un moyen de gagner en efficacité.

L'efficacité est au cœur du discours du chef de l'Etat et de son identité politique. 
Macron a d'ailleurs cité le mot quinze fois lors de son discours devant le Congrès en juillet dernier. Et, il y a un an dans un entretien fleuve avec Le Point, l'ex-banquier déclarait: "Nous avons tourné la page de trois décennies d'inefficacité pour nous engager sur la voie de la reconstruction". Las ! 
Depuis son arrivée à l'Elysée, il n'a eu de cesse de vanter la culture du résultat, promettant de soumettre ses ministres à des évaluations chaque année, voulant même transformer le Parlement en un vrai organe de contrôle et d'évaluation. Par souci d'efficacité. Toute son action se justifie par la promesse de résultats concrets. Finis l'idéologie, les grands desseins, l'ambition du gouvernement, comme l'a répété Edouard Philippe à de nombreuses reprises, est de réparer la machine France.

Macron a besoin de plus de temps que prévu...

Quinze mois après son élection sur la base de 24% au premier tour,
les chiffres de cette rentrée ne sont guère porteurs : les indicateurs économiques condamnent la politique d'efficacité dont il nous a rebattu les oreilles. 

La croissance est plus faible que prévue en 2019, 1,7% et non les 1,9 promis, inférieure à celle de nos voisins européens, impactant gravement l'équilibre des finances publiques, singulièrement le pouvoir d'achat. Le chômage ne baisse que si les analystes ne valorisent que la catégorie la moins négative du moment, en fonction de la période de référence considérée et en excluant l'Outre-mer. 

L'inflation pointe son nez, mettant à mal l'espoir d'un pouvoir d'achat juste, singulièrement pour les retraités, cibles constamment visées. 

Le commerce extérieur est toujours aussi peu compétitif.

La construction de logements ne tient pas ses promesses. 

La machine Parcoursup régurgite des milliers de lyséens, un étudiant sur cinq n'a toujours pas d‘affectation… 

Et la perception qu'ont les Français de l'action du gouvernement est désormais très négative
 
Selon une enquête Elabe, seulement 6% des sondés estiment que la politique de l'exécutif améliore leur situation personnelle et 16% la situation du pays. 

Seulement 14% jugent son action efficace !
Un seul Français sur trois (34% des Français, soit +6 points par rapport au mois de juillet) garde patience. Les réformes structurelles engagées par le chef de l'Etat n'auront d'effets qu'à long terme. Or, ce n'est que l'accumulation de réformes qui peut transformer le pays en profondeur. 

Le chef de l'Etat arrive à la date-butoir qu'il s'était fixée. 
Lui-même avait parlé de résultats au bout de dix-huit mois, décembre 2018. "La France is back", s'exaltait-il à Davos, en janvier dernier, après huit mois. Slogan repris en écho par Edouard Philippe lors de son déplacement dans les Emirats.
Mais, près de deux fois huit mois plus tard, la France de Macron est encore à la traîne, en matière de croissance, de chômage, de déficits, de pression fiscale…. 

Ces mauvais chiffres mettent en cause la crédibilité du prétentieux. 
Pourquoi son soutien fiscal accordé aux entreprises et aux plus riches n'a pas eu l'effet attendu en matière de dynamisme économique? Pourquoi, en dépit des réformes El Khomri, puis Pénicaud, le chômage est-il toujours aussi élevé? Pourquoi certaines professions connaissent-elles une telle pénurie de main d'œuvre? 
Emmanuel Macron a-t-il actionné les bons leviers ? La suppression du statut de la SNCF était-elle la priorité? Ne fallait-il pas être plus volontariste en matière de baisse de la dépense publique? Sa méthode autoritaire et son Assemblée nationale servile ont fait comprendre aux Français qu'ils avaient misé sur le mauvais cheval, toque dorée et casaque argentée, singulièrement depuis les ordonnances pour imposer la réforme du Travail ou lors de sa réforme du statut des cheminots, sans concertation, ni dialogue.  

Macron va avoir la rentrée mouvementée qu'il a cherchée

L'illusion créée par la jeunesse de ce nouveau venu, vierge de tout passé clairement impliqué dans les turpitudes publiques passées, n'a pas fait long feu. 
Rapidement, la principale faiblesse de l'ex-banquier a été son image de "président des riches". Cette réalité lui colle à la peau, comme les sparadraps de l'affaire Benalla, comme le dilettantisme du président ou ses insultes aux "gens qui ne sont rien", illettrés" ou "cyniques", et désormais les caprices révélés du couple présidentiel qui a besoin de vaisselle de Sévres ou d'une piscine au fort de Brégançon, sans compter les affaires qui ont discrédité des proches: Ferrand, Bayrou, Schiappa ou Nyssen. 

Avec l'affaire Benalla, ses pouvoirs et ses privilèges, c'est l'arrogance de sa gouvernance qui a été pointée du doigt. Trop centralisée, trop solitaire, trop opaque, trop arrogante. Lui qui promettait un nouveau monde, horizontal, comme sa campagne En marche! n'a eu de cesse de se camper dans une posture verticale, jupitérienne. "Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir," avertit Nietzsche dans "La volonté de puissance"...

Et de gouverner dans le culte du secret, avec une poignée de fidèles et de favoris. Le dérapage d'Alexandre Benalla et la gestion du scandale ont mis à nu un fonctionnement très clanique, très ancien monde.

Désormais donc, selon Elabe, 80% des Français le jugent autoritaire. Ce reproche serait subalterne, si la manière, le ton, le style déplaisants du quadra permettaient d'atteindre à l'efficacité. Et si Macron ne donnait raison à Nietzche qui écrit : "On veut la liberté aussi longtemps qu'on n'a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie. "
Qu'importerait son culte nietzchéen du "premier de cordée", s'il n'affichait pas le mépris de ses concitoyens dans des petites phrases blessantes opposant ceux qui réussissent à "ceux qui n'existent pas" ou concernant le "pognon dingue" des aides sociales… 

Si Emmanuel Macron réussit à redresser la barre, en mettant sous le boisseau la gauche qui entraîne la France dans une spirale décliniste, et surtout en tenant à distance les populistes, qu'ils soient de gauche ou de droite, à la Die Linke ou à l'italienne, les critiques et les oppositions n'auront pas prise. Mais là, comment accepter de subir un pouvoir autoritaire, une politique jugée socialement injuste, si la situation du pays ne s'améliore pas?

La rentrée s'annonce compliquée. Le chef de l'Etat s'apprête à lancer des réformes difficiles: retraites, chômage, prélèvement à la source, hôpital… Il devra argumenter le bien-fondé de ces réformes. Les justifier et convaincre, ce qui n'est pas gagné, puisqu'il semble avoir renoncé à sa réforme des institutions. 

Ses deux atouts maîtres semblent d'ailleurs éventés. 
En Europe comme en France, son image de leader volontariste est abîmée par les derniers indicateurs économiques, quand l'Espagne et l'Italie font mieux. Les Français conservent l'espoir en son dynamisme et sa sincérité affichés.
Mais les Français cherchent encore l'alternative proposée. Mais cet l'autocrate est le seul véritable acteur apparent et encore est-il ébranlé par ses  propres contre-performances et les doutes des Français, jusqu'à l'intérieur de son mouvement En marche!  
Tout reste à faire. Pire, il doit maintenant détourner une part de son énergie pour le redressement de son empreinte personnelle.  Mais l'arrogant a mis le terrain sens dessus dessous et le chef de l'Etat va devoir changer de ton, de manière. Or, les comportements du couple au fort de Brégançon augurent mal de cette nécessaire mutation. 
Ni les corps intermédiaires décriés, ni les collectivités territoriales malmenées, ni les syndicats en colère ne sont disposés à lui faire crédit.

vendredi 28 octobre 2016

L'économie ne renoue pas avec la croissance au troisième trimestre: Sapin tire encore sur la ficelle

Le ministre de l'Economie, Michel Sapin, tire encore sur la ficelle

Pas de rebond spectaculaire, tout juste un tressaillement

L'économie française est repartie de l'avant au troisième trimestre, raconte Bercy, repris par l'AFP et ses photos-copieurs de la presse militante. Elle n'atteint toutefois pas un niveau suffisant pour espérer "combler le trou d'air du printemps", commente l'agence de presse française. Plus gravement, sans espoir d'atteindre l'objectif annoncé de 1,5% de croissance, tout juste 1,3, voire 1,2, avec les conséquences: le gouvernement n'obtiendra pas les rentrées d'argent espérées et le rééquilibrage des comptes de la nation.

Selon une première estimation publiée vendredi par l'Institut national de statistiques et des études économiques (Insee), le produit intérieur brut (PIB) a progressé de 0,2% entre juillet et septembre, à la faveur de la rentrée et du tourisme estival. Au troisième trimestre 2015, le PIB en volume avait déjà   augmenté également - de 0,3 %, d'ailleurs - après une stabilité au deuxième trimestre (0,0 %).

Les éléments de langage de l'AFP
"Ce chiffre, "conforme aux dernières prévisions", traduit "une légère embellie" après le "repli inattendu" de l'activité économique au deuxième trimestre (-0,1%), qui a douché les "espoirs de franc redémarrage" de l'activité né[s] des "bons résultats du début d'année (0,7%)".

Cette éclaircie reste décevante au vu des attentes du gouvernement, qui vit de l'espoir d'une croissance de 1,5% cette année, résultat nécessaire pour faire reculer durablement le chômage.
Avec 0,2% de croissance au troisième trimestre, il devient de plus en plus "difficile d'atteindre" cet objectif, a d'ailleurs reconnu le ministre de l'Economie et des Finances, à trois mois de la fin de l'année et d'une hasardeuse déclaration de candidature de Hollande.

Ce résultat ne remet toutefois pas en cause "la dynamique de reprise", assure le ravi de Bercy, ci-dessous. 
Michou tire même sur la ficelle en estimant que cette déception "ne change rien sur le front du chômage qui baisse nettement, comme sur le front du déficit qui recule et atteindra les objectifs fixés".

Depuis 1996, année où les statistiques ont commencé à être collectées sous ce format, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a connu en août sa plus forte baisse mensuelle (-66.300) s'établissant en métropole à 3,49 millions de personnes. 

Monsieur Pipeau n'aurait donc pas été informé par ses services des vrais chiffres du chômage en septembre 2016, 37600 chômeurs de moins, 316700 radiés.
Demandeurs d'emploi par catégories :
A : 3.490.500 -1,9 % ( - 1,7 % sur 1 an ).
B : 738.500 + 1,8 % ( + 3,1 % sur 1 an ) travailleurs pauvres moins de 78 heures.
C : 1.251.200 + 1,2 % ( + 7,9 % sur 1 an ) travailleurs pauvres de + de 78 heures.
D : 324.700 -0,2 % ( + 16,4 % sur 1 an ) stages parking, formation occupationnelle, etc.
E : 433.900 + 0,3 % ( + 6,1 % sur 1 an ) contrats aidés etc.
TOTAL : 6.238.800 ( données corrigées ), hors DOM TOM, soit + 2,1 % sur 1 an, 37.600 chômeurs de moins, par rapport à août.
TOTAL, dom-tom compris : 6.573.100

Le plus scandaleux: le chômage invisible,
complètement en dehors des statistiques.

Ne sont pas comptés dans ces 6.573.100 demandeurs d'emploi et travailleurs pauvres occasionnels :
1.000.000 foyers bénéficiaires du RSA, en effet sur 1 870 000 environ de foyers (dernier chiffre connu), seuls 870 000 environs sont inscrits à Pôle Emploi, les autres bénéficient d'autres suivis (associations, collectivités locales, etc.) en sachant qu'un foyer bénéficiaire, comporte parfois + d'un demandeur d'emploi en son sein, donc si on parle en nombre d'individus c'est pire.
1.000.000 de bénéficiaires de la prime d'activité (qui remplace le RSA activité qui sont donc sortis des statistiques RSA) environ, sur les 2 millions au total (dernier chiffre connu) de bénéficiaires de cette prime, sont en recherche d'emploi stable et non précaire.
+ encore 1.100.000 au bas mot, sur les environs 2 millions de bénéficiaires de l'AAH (Allocation aux adultes handicapés) ou d'une pension d'invalidité, qui ne sont pas inscrits à Pôle emploi, malgré une aptitude et un désir d'accès à un emploi adapté.
+ encore 1.400.000 de sans droits, qui sont principalement :
des jeunes de moins de 25 ans, primo demandeurs d'emploi, qui comme vous le savez n'ont même pas droit au RSA. (quasi unique en Europe), favorisant délits, crimes, trafics, prostitution, esclavagisme moderne, radicalisations etc.
des sans droits, pour motif, dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, exemple, votre conjoint(e) perçoit 700€ d'allocation chomage, ou 808,46€ d'allocation adulte handicapé, vous n'aurez même pas droit au RSA, car vous dépasserez le plafond couple qui est de 679,43€ par mois, si vous êtes NON SDF.
des bénéficiaires de pensions de reversions ( veufs, veuves ) de 55 ans et +, qui dépassent les plafonds du RSA ( 473,50€ pour une personne seule ), et qui n'ont pas l'âge pour prendre leur propre retraite ou pour percevoir le minimum vieillesse ( 65 ans ) qui s'appelle aujourd'hui "A-S-P-A" (allocation solidarité aux personnes âgées), qui est récupérable sur le patrimoine, au décès.
des bénéficiaires de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA (plafonds 2 fois inférieurs aux seuils de pauvreté, une véritable honte)
des étudiants, boursiers ou non, qui cherchent des petits jobs alimentaires, qui sont donc bien demandeurs d'emploi, en concurrence avec les autres (même si beaucoup sont aussi exploités en stages sous payés, voire gratuits).
des auto-entrepreneurs, qui ne gagnent rien ou presque, et sont demandeurs d'emploi en parallèle.
- on peut parler également de retraités qui cherchent un emploi car leur retraite ne couvre pas les charges fixes pour survivre ( loyer, énergie, assurances, voiture, téléphone, eau, nourriture, santé (lunettes, dentiste ..) incalculable.
Faites le calcul vous même, on arrive au total, à + de 11 MILLIONS demandeurs d'emploi en France, et travailleurs pauvres occasionnels.
Source : Rapport complet de la DARES de 13 pages (lien; et non pas le simple communiqué de presse envoyé aux médias)
La consommation a stagné 

"La reprise, au deuxième trimestre, avait été entravée par une série de facteurs exogènes", selon le gouvernement et l'AFP, son porte-parole, comme les intempéries (ci-contre) ou la politique gouvernementale ( mouvement de grève contre la loi Travail), qui aurait coûté 0,1 point de croissance à la France, selon l'Insee, satellite de Bercy.

Au troisième trimestre, l'activité a retrouvé son cours normal, clament les trois compères, suivis par la presse aux ordres : la production totale de biens et de services a ainsi augmenté de 0,4%, se félicite l'institut statistique de Sapin.
L'accélération est particulièrement nette dans le secteur des services (0,6% après 0%), de la construction (1,0% après "0,4%) et du raffinage (13,7% après -12,8%), affecté au deuxième trimestre par les manifestations contre la loi Travail. Les syndicats, mal-aimés du gouvernement ? Que serait-ce si Hollande et Sapin avaient dû affronter la crise des sub-primes de 2008 !

La production s'est à l'inverse "repliée" 

Les secteurs "affectés"? Les matériels de transport (3,3% après 1,5%) et dans l'énergie (2,7% après 0,7%), la production générale de biens s'étant pour sa part quasiment stabilisée (-0,1% après -0,7%).

Cette "dynamique générale" s'explique ! L'INSEE voit un "rebond" de l'investissement des ménages (0,8% après 0,4%, sous l'effet des vacances et de la rentrée) et de meilleurs résultats au niveau des exportations, qui ont grimpé dans une moindre mesure de 0,6%, après 0,2% lors du trimestre précédent.

L'activité a en revanche été pénalisée par un nouveau recul de l'investissement des entreprises (-0,3%, comme au printemps), tandis que la consommation des ménages - moteur traditionnel de la croissance française - a continué de stagner.

Le commerce extérieur, talon d'Achille de l'économie française, a pour sa part de nouveau pesé sur l'activité, en raison d'une forte hausse des importations (2,2% après 1,7%). 
Matthias Fekl, avait pourtant été pressenti pour succéder à Fabius aux Affaires étrangères et au Tourisme... Il est le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur de Valls, et considère que Hollande n'est pas "le candidat naturel" du PS ! Fekl vient de s'offrir le temps de créer de l'activité économique>/strike> son mouvement politique, baptisé Movida.
Début octobre, l'INSEE, qui veut croire à une accélération de la croissance au dernier trimestre (0,4%), a abaissé de 0,3 point sa prévision de croissance pour 2016, à 1,3% du PIB. Pour un renouement, c'est un renouement...

Ces derniers mois, outre l'Insee, plusieurs organisations internationales ont corrigé à la baisse leurs hypothèses de croissance pour l'Hexagone, à l'image de l'OCDE (1,3%) ou bien du FMI (1,3%).
Si ce chiffre était confirmé, la France ferait à peine mieux cette année qu'en 2015 (1,2%). Elle ferait en outre moins bien que la moyenne de la zone euro (1,6%), pour la troisième année consécutive.


jeudi 3 mars 2016

Suite aux sanctions anti-russes, Hollande, traité de "Connard", "Fumier", "Bon à rien"... au Salon de l'Agriculture:

Hollande s'était tenu à l'écart du conflit: il n'a pu esquiver la confrontation obligée du Salon

Les agriculteurs attendaient donc le président de pied ferme


Hollande vient de se faire enc..orner par les agriculteurs
et a une petite mine pâlotte !
Arrivé de nuit, François Hollande a été hué et insulté par des éleveurs peu après son arrivée samedi au Salon de l’Agriculture.
Le calme imposé par un déploiement exceptionnel de forces de l'ordre n’a pas duré: une heure après le début de sa visite, des éleveurs, revêtus pour certains de t-shirts noirs, ont hué le président en scandant 'Démission', rapporte l’AFP.

"C’est l’état d’urgence pour l’élevage !", lance l’un d’eux. "Bon à rien", "on n’est pas des migrants", "connard", "fumier" et autres insultes ont fusé, tandis que le président progressait au milieu d’une haie d'officiels et un cordon de journalistes. Les éleveurs hostiles étaient tenus à distance, 60m, selon une éleveuse, sur Twitter.

Le président a réduit sa visite à moins de cinq heures.
"Il s’en fout complètement de nous", crie un autre agriculteur méprisé. "Ca fait un an qu’on mène des actions en France, personne ne nous écoute", renchérit un troisième.

Hollande ne se remet pas en cause et accuse tous les autres acteurs

Bien qu'inadaptées aux éleveurs en difficulté qui réclament des prix justes et non pas une assistance de l'Etat, le président socialiste - accompagné de son ministre intermittent de l’Agriculture, Stéphane Le Foll - a rappelé les mesures gouvernementales qui les conduisent au désespoir. 

Le chef de l'Etat a fait porter la responsabilité de la crise agricole principalement sur les groupes de distribution, leur réclament de "faire un effort de solidarité", alors que les négociations tarifaires annuelles avec leurs fournisseurs s’achèvent dans deux jours.
Avec l’effondrement généralisé des cours agricoles qui frappe en particulier les éleveurs, plus de 40.000 exploitations sont en situation d’extrême urgence, constate Stéphane Le Foll, les bras ballants. Plus de 60.000 (sur 490.000) ont réclamé des mesures d'urgence, alors qu’un éleveur de porcs, en Bretagne, perd jusqu’à 6.000 euros par semaine.

Hollande dévalue la fonction gouvernementale

Stéphane Le Foll, accablé par des sondages défavorables (73% des Français jugent qu’il a un bilan négatif, selon OpinionWay pour le Figaro, et 53% disent qu’il est "plutôt un mauvais ministre", selon Odoxa pour Le Parisien et France Info), comme Hollande et le premier ministre Manuel Valls a également négligé la situation de désespérance du monde agricole.
"On y va même si le coeur n’y est pas. C’est souvent la seule semaine de vacances des agriculteurs, mais ils sont à fleur de peau," confie Florent Dornier, secrétaire général de Jeunes agriculteurs (JA). "C’est peut-être un des salons les plus compliqués depuis 20 ou 30 ans". "Les politiques, il va falloir qu’ils fassent très attention à ce qu’ils nous disent. Il y a un risque de douche froide", avait-il prévenu.
Ni Hollande, ni donc sa presse ne mentionne les effets des sanctions européennes anti-russes

Le FMI craignait des "effets négatifs" pour l’économie mondiale; ils sont désastreux. L’Union européenne court derrière les USA et ses sanctions sectorielles contre la Russie ne concernent pas seulement l’accès aux marchés des capitaux, la Défense, des produits à double usage et l’exportation de technologies sensibles. Nos porte-hélicoptères Mistral sont-ils en cours de livraison ?  Le méchant Poutine ne nous a pas coupé le gaz et le pétrole en plein hiver, mais les agriculteurs souffrent non seulement des prix bas imposés par la grande distribution, mais aussi du manque de débouchés de leur production.

Qu'avait la France à gagner aux sanctions contre Poutine ?
L'économie russe pourrait certes enregistrer des pertes (23 milliards d’euros, soit 1,5 % du PIB en 2015, et tripler jusqu’à 75 milliards d’euros, 4,8 % du PIB), mais la revue The Economist estime même, quant à elle, que l’ensemble des pertes subies par les sociétés russes suite aux sanctions pourrait se chiffrer à 744 milliards d’euros.
La Commission européenne hasarde - avant toute riposte russe attendue - 40 milliards d’euros pour 2014 et 50 milliards d’euros de pertes en 2015, causées par des embargos commerciaux adoptés par la Russie en riposte. "Les sanctions imposées par l’Occident à l’encontre de la Russie sont absurdes", estime Anthony Bamford, PDG du groupe britannique JCB, l’un des principaux fabricants internationaux de matériels de construction. 
Les peuples aussi s'indignent des sanctions internationales. Sur Internet, nombreux sont les lecteurs norvégiens qui expriment leur mécontentement après que leur gouvernement a décidé de soutenir les sanctions de l’Union européenne. Selon eux, la Russie n’a rien fait dans la situation actuelle en Ukraine pour mériter d’être sanctionnée.
"Le business allemand ne se sent pas en sécurité suite aux sanctions économiques adoptées par l’UE à l’encontre de la Russie", a déclaré l’expert pour les pays de l’Europe de l’Est de la Chambre de commerce et d’industrie allemande (DIHK), Tobias Baumann.
"La situation en Ukraine et les sanctions américaines et européennes contre la Russie risquent d’avoir des effets négatifs pour l’économie des pays de l’UE et de la CEI, mais aussi pour l’économie mondiale", a déclaré, mardi 29 juillet 2014, le Fonds monétaire international (FMI). Mais Hollande y a souscrit en pensant apparaître, de la scène (inter)nationale à la lucarne des 20h00, en justicier incontournable.
Or, "les sanctions occidentales contre la Russie contribueront à rendre la Russie plus indépendante", avait en substance répliqué le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lundi 4 août 2014 . 
Le mardi 5 août 2014, le président russe Vladimir Poutine avait déjà ordonné au gouvernement d’élaborer des mesures de riposte aux sanctions européennes et américaines, tout juste introduites contre la Russie que l’Occident accuse d’être impliquée dans le conflit de Kiev contre l’Ukraine de l’Est russophone.
L'agriculture française frappée de plein fouet par les sanctions de Hollande contre Moscou

La France avait-elle les moyens de 
perdre 6% du marché russe ?
Président russe sanctionné par Obama et l'U.E., Vladimir Poutine ordonna "d’interdire ou de limiter" l’importation de produits agroalimentaires en provenance des pays ayant adopté des mesures coercitives contre Moscou. Cet embargo devait durer un an, mais le Kremlin prévint que la durée pourrait être modifiée si les Occidentaux se montraient plus souples à l’égard de la Russie. La propagande française souligna qu'en valeur absolue, ce s'étaient surtout la Pologne, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Danemark qui paieraient le prix des sanctions.
En août 2015, plus de 500 tonnes de denrées en provenance d’Occident ont été détruites par les autorités russes, rien qu’entre le 7 et le 8 août: des tonnes de pêches et de nectarines broyées sous les roues de tracteurs, des centaines de meules de fromage déversées à la décharge, des milliers de carcasses de bœuf brûlées dans un incinérateur… 
En France, le manque à gagner était alors estimé à 200 millions d’euros en août dernier. 
Les exportations de la France, neuvième partenaire commercial de la Russie, ont alors reculé de 23 %. Le blocus de nos produits agricoles touche significativement certains produits français comme le porc, les produits laitiers, mais aussi les fruits et légumes.
Et l’embargo russe a aussi limité notre capacité à exporter dans les autres pays européens, en conséquence de la création d'un surplus d’offre et de l'exacerbation de la concurrence intracommunautaire qui contribue encore à la baisse des prix.
"Pour le porc, on estime que l’embargo coûte 20 centimes du kilo aux éleveurs français [en 2015]. Or, le débouché russe était d’autant plus intéressant qu’il permettait de vendre des abats et autres pièces grasses qui n’intéressent pas forcément les autres marchés", expliquait Paul Auffray, président de la Fédération nationale porcine (FNP).
"Le report des exportations des autres gros producteurs laitiers comme l’Allemagne, la Hollande ou la Finlande a fait plonger le cours du beurre et du lait en poudre de 30%", souligne ainsi Gérard Calbrix, de l’Association française de la transformation laitière (Atla).
Ainsi était posée à la filière agricole française la question de savoir comment, dans un marché mondial où le cours des matières premières ne cesse de fluctuer, retrouver sur le marché intérieur des prix d’achat stables et suffisamment élevés pour garantir l’avenir des producteurs dans la durée. En deux ans depuis le début de la crise ukrainienne, qu'a fait Le Foll, ministre depuis  quatre ans, pour réagir. Le 7 août 2015, L'Expansion (L'Express) titrait: "Sanctions contre la Russie: même pas mal"...

Aujourd'hui, le gouvernement s'en prend à l'Union européenne

Le terrorisme est également coupable, mais Hollande n'est responsable de rien
Par ailleurs le contexte sécuritaire et l’état d’urgence ont réduit les festivités du Salon International de l'Agriculture 2016 nous chante la presse engagée. Et de souligner qu'outre les contrôles renforcés aux entrées, les nocturnes et la soirée des professionnels, le jeudi, ont été annulés. Un avant-goût du bilan final du SIA ?
La presse détourne l'attention en s'attachant à l'anecdotique. En ces circonstances de tensions et de désespoir qui ébranlent le pouvoir socialiste, elle n'hésite pas à polémiquer sur le compte-à-rebours électoral de 2017 et le défilé des candidats — surtout de l’opposition (sic) —  , plus que jamais au rendez-vous, assure cette presse. Fillon a d'ailleurs eu l'occasion de moucher la petite journaliste de BFM  qui ironisait sur la venue de cet habitué, notamment du fait de ses responsabilités à Matignon, pendant cinq années consécutives... Parmi les près de 700.000 visiteurs attendus jusqu’au 6 mars, le premier ministre n'a pas été déçu du voyage. (RE)VOIR et (RE)ENTENDRE le matamore Valls se faire tancer sur son "petit zizi":
Pas de chance, BFM TV a coupé le "ptit zizi," par inadvertance ? Coucou, le revoilou !
Outre "p'tit zizi" Valls lundi matin, les taureaux de compétition et bêtes à concours ont ainsi vu passer Marine Le Pen (mardi), fort bien accueillie, Nicolas Sarkozy et François Fillon (mercredi), toujours très appréciés. Alain Juppé viendra ce jeudi et Bruno Le Maire, ancien ministre de l’Agriculture a prévu un triplé minuté — lundi, mardi, mercredi.
A tous, la FNSEA a adressé un questionnaire en 13 points sur les problématiques agricoles. "Ceux qui n’auront pas répondu feront mieux de ne pas s’arrêter à notre stand," prévient Xavier Beulin. "Le cul des vaches, le petit verre qui va bien et le sourire sur photo... aujourd’hui on est sur autre chose" avertit-il carrément.

Le secteur industriel aussi est impacté par la politique étrangère de Fabius
L'ex-sinistre des Affaires étrangères a envoyé Hollande voir du pays jusqu'en Inde, mais "c'est vers l'industrie aéronautique russe que se tourne l'Inde après avoir renoncé à son méga-contrat d'achat de 126 Rafale français", remarque Jean-Joseph Boillot: "l'Inde soutient la Russie contre l'occident dans le conflit actuel". Le 31 mai 2015, le ministre indien de la Défense a annoncé que son pays n'achètera pas plus de 36 avions Rafale sur les 126 envisagés...

Le déficit du Commerce extérieur français s'est creusé
Le déficit commercial français s'est creusé d'un peu plus de 500 millions d'euros en juillet 2015 par rapport au mois précédent. Il atteint 3,3 milliards d'euros. Cette détérioration s'explique (!)... principalement par une baisse des exportations (-1,7% sur un mois), après des ventes de matériel de transport qui sont retombées "lourdement" par rapport à juin, explique les Douanes. De plus, "les importations fléchissent légèrement : la baisse de la facture pétrolière et un repli pour l’aéronautique l’emportent sur la fermeté des achats des autres branches industrielles, automobile en particulier." Matthias Fekl a donc la lourde tâche de relancer notre commerce extérieur, mais il a une préférence pour l'enfumage politique. En août 2015, il assurait: "Nous avons le meilleur chiffre du commerce extérieur depuis 2009." Pour cette lumière, malgré un déficit de 500 millions d'euros sur un mois, il n'y a toujours pas péril en la demeure ?...

mercredi 2 mars 2016

Les Etats-Unis s'imposent contre la France comme premier partenaire commercial de l'Allemagne

Nos amis allemands n'ont que faire de la préférence européenne

En 2015, l
es États-Unis ont relégué la France derrière eux comme principal partenaire commercial de l'Allemagne

C'est une première depuis le milieu des années 1970,
selon des chiffres officiels publiés mercredi. Nommé secrétaire d'État au Commerce extérieur en septembre 2014, Matthias Fekl (ci-contre), 36 ans, n'a donc pas rempli son contrat, si délicate soit la tâche derrière Thomas Thévenoud, débarqué en raison de sa situation fiscale liée à une "allergie administrative". La jeunesse du premier n'a rien arrangé, pas plus que le second n'a réglé le conflit entre catégories de chauffeurs de taxis.
Ancien partisan de Dominique Strauss-Kahn, devenu un fidèle de François Hollande et sorti de l'ombre lors de l'affaire Cahuzac, Fekl avait un moment été pressenti comme successeur de Fabius aux Affaires étrangères !
Né à Francfort d'un père allemand et d'une mère française, il a grandi à Berlin avant de rejoindre Paris pour ses études et a conservé la double nationalité française et allemande. La question se pose donc de savoir si a démarché les USA pour l'Allemagne.
"En 2015, des biens d'une valeur de 173,2 milliards d'euros ont été échangés entre l'Allemagne et les États-Unis (exportations et importations)", ce qui fait des États-Unis "le partenaire commercial le plus important de l'Allemagne", devant la France (170,1 milliards d'euros) et les Pays-Bas (167,6 milliards d'euros), détaille l'Office fédéral des statistiques Destatis, dans un communiqué. A seulement 3 milliards derrière, les Pays Bas également doubleront-ils la France en 2016 ? 

Les États-Unis sont les principaux clients de l'Allemagne en Europe

C'est vers le nouveau continent que l'Allemagne a le plus exporté en 2015. La France, premier pays client des produits allemands depuis 1961, est passée au second rang. C'est de Chine que l'Allemagne a le plus importé, la France arrivant en troisième position derrière les Pays-Bas. 

Le recul de la France est général.
Le qualificatif de "premier partenaire commercial" était pourtant très souvent utilisé pour convaincre de la solidité des liens politiques et économiques entre les deux pays et louer la relation privilégiée entre la France et l'Allemagne, moteurs de l'économie européenne. L'un des moteurs est en panne, à l'instar de l'A330 présidentiel cloué au sol à Lima.

Dans la presse, les diseurs de patenôtres à Hollande marmonnent que c'est la faute au dynamisme de l'économie américaine et à la faiblesse de l'euro par rapport au dollar qui ont fortement stimulé les échanges entre l'Allemagne et les États-Unis, sur l'année écoulée. Sauf que l'euro est le même en France et en Allemagne et que sa faiblesse est censée stimuler pareillement les exportations des deux partenaires européens hors de la zone euro, quoi qu'en dise l'AFP.